Ce que j’en ai pensé…

 

(diffusion us)


longmire

 

J’ai découvert récemment le pilote de Longmire, nouvelle série américaine, et ce pilote m’a plue. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été transportée, que Longmire révolutionne le monde des séries, mais ce premier épisode était intéressant et m’a en quelque sorte proposée un agréable voyage. Alors, de quoi cette série parle-t-elle ? Tout simplement de Walt Longmire, shérif d’un comté du Wyoming, faisant régner la loi dans une contrée qui, si à première vue, a tout l’air d’un coin de paradis, est en réalité loin d’être épargnée par la violence. Le shérif est aidé dans sa tâche par l’adjointe Victoria et doit composer avec un autre adjoint, Branch, qui souhaite prendre sa place en tant que nouveau shérif.

 

L’enquête était correcte, sans forcément se démarquer par l’intensité du suspens. On passait d’un cadavre retrouvé dans la forêt à un secret de famille, avant d’atterrir sur une histoire de prostitution. Les retournements de situation étaient bons, pas mauvais. Cependant, l’enquête en elle-même n’est pas ce qui m’a le plus séduite. Ce que j’ai apprécié, dans cette série, c’est l’environnement, le cadre dans lequel évoluent le héros et ses comparses. Je vous disais plus haut que Longmire nous emportait dans un voyage. Et bien si vous êtes amateurs de paysages s’étendant à perte de vue ; si vous balader dans une petite commune du genre de celles où tout le monde se connaît, côtoyer des fermiers en stetson et possédant des fusils de chasse à foison ne vous répugne pas (ce qui est mon cas) ; alors Longmire est faite pour vous. En effet, la série nous plonge au cœur de l’Amérique profonde. Walt officie dans son comté avec seulement trois adjoints, dans un bureau de taille modeste. Ne comptez pas sur la présence d’équipements tactiques de pointe, comme par exemple des MP5 ou instruments d’analyse d’indices dignes d’un NCIS ou des Experts, car vous serez déçus en voyant Longmire : Walt et ses collègues fonctionnent à l’ancienne. D’ailleurs, il me semble ne pas avoir vu d’ordinateurs dans le bureau du shérif, et même Walt est allergique à la technologie : il n’a pas de téléphone portable ! Longmire nous fait découvrir la campagne, le mode de vie des petites villes perdues au fin fond de l’Amérique carburant à la musique country et ne jurant que par le Deuxième Amendement (i.e, le droit de porter des armes). Longmire présente également les conflits qui peuvent s’installer entre population locale et indiens, ainsi que la concurrence naissante entre Walt et Branch pour la course au poste de shérif.

 

En fait, Branch symbolise le jeune homme ambitieux aspirant au pouvoir, tandis que Walt représente l’aîné expérimenté, ne se souciant guère des magouilles politiques car l’important pour lui est de rendre la justice. Toutefois, Walt va devoir défendre sa position face à Branch qui ne lui facilite pas le quotidien par son manque de motivation dans les enquêtes, son partage tardif d’informations pour l’investigation, afin de faire passer le message à Walt. On voit toute cette contradiction dans la dernière scène, notamment, quand Walt plante, avec un marteau, sa petite pancarte de campagne artisanale sur le bord de la route en face de celle de Branch, aux allures de véritable campagne de promotion, vingt fois plus grande avec son portrait dessus. En fait, Longmire a ce côté western : Walt est le shérif ; son ami, Henry, le patron du saloon du coin (en fait, c’est le bar de nos jours) ; on a une communauté d’indiens méfiante des autorités locales blanches ; et on a même la rue principale qui traverse la petite commune et qui est bordée, entre autres, par le saloon !

 

Même si globalement, j’ai apprécié Longmire, je trouve, en tout cas pour le pilote, que Longmire est un peu trop centrée sur Walt. C’était prévisible, en voyant le nom de la série, me direz-vous. Certes, Walt semble être un personnage au lourd passé, mais voilà, il est un peu trop présent et par conséquent, les autres sont cantonnés dans un rôle (trop) secondaire. En outre, Walt est, dans un sens, un flic bourru ayant traversé des épreuves mais doté d’un grand cœur, dévoué à défendre la veuve et l’orphelin. Ce genre de héros n’est pas inconnu du petit écran, et je regrette que Walt ne soit pas plus original… et charismatique, car honnêtement, il ressemble plus à un loup solitaire plongé dans ses certitudes et habitudes, et Vic ainsi que Branch en arrivent même à attirer plus de sympathie que Walt lui-même ! Franchement, je suis restée indifférente à Walt. Il est tellement peu original dans l’histoire de son personnage et raide, sans expression. J’espère que les autres personnages (les adjoints et le gérant du bar) prendront plus d’ampleur au fil des épisodes. Walt reste le héros, mais je préfère quand il y a un bon partage entre les différents protagonistes, pour permettre davantage de diversité, d’interactions. D’ailleurs, Longmire aurait peut-être du s’appeler autrement, par exemple elle aurait pu prendre le nom du comté fictif dans lequel se déroule l’histoire, Absaroka County, et faire ainsi comme One Tree Hill : au départ, le sujet traite de la relation conflictuelle entre les frères Scott, mais en définitive, la série dépasse ce thème et chaque personnage gravitant autour des Scott bénéficient d’intrigues souvent plus intéressantes (du coup cela aurait été moins ridicule si la série s’était nommée Les frères Scott alors qu’en réalité, ils font partie d’une plus grand ensemble). Pour Longmire, cela aurait permis d’ouvrir les possibilités d’intrigues, parce qu’il paraît évident que Walt va accaparer l’attention des scénaristes (j’espère cependant que ce ne sera pas trop accentué et qu’il y aura de la place pour les autres). Enfin, je dis ça, mais étant donné que la série trouve son origine de romans, il est naturel qu’elle suive plus ou moins la même évolution de sa source… Donc affaire à suivre…

 

Pour finir :

Mes + : Le cadre dans lequel se déroule Longmire/ La bande son/ L’essayage du pantalon par les suspects dans la grange

Mes - : Un Walt qui occupe trop le devant de la scène et pas très charismatique

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK