Ce que j’en ai pensé…

 

(diffusion fr)

 

 cold case


C’est sur cet épisode que la très belle série Cold Case a tiré sa révérence. Une magnifique série qui a, à mes yeux, marqué le petit écran en jouant avec brio et subtilité sur le thème de l’émotion, la nostalgie, le remords, les regrets et les actes manqués, mais aussi les souvenirs heureux. Cold Case n’était pas qu’un simple cop show de plus. Elle était un cop show avec une identité propre et qu’on ne pouvait aucunement comparer avec un autre, tout simplement parce qu’elle était unique en son genre. Une identité forgée par l’utilisation de flashbacks (à la mise en scène soignée et digne d’une œuvre d’art pour beaucoup) et de chansons de légende (mais aussi de chansons moins connues mais toutes aussi poignantes) dont les paroles collaient si bien au sujet abordé dans les épisodes qu’elles donnaient l’impression d’avoir été écrites pour ces épisodes. Cold Case a fait partie de mon top 5 des séries favorites, et restera dans ce classement, je n’en doute pas. Il y avait une saveur bien particulière dans cette série qui ressemblait plus à un poème qu’à une simple enquête policière. A côté des flashbacks et des musiques, on note également le casting impeccable, notamment en ce qui concerne les versions présentes et passées des différents protagonistes. Certains acteurs étaient d’une ressemblance à s’y méprendre, et ceci ne faisait que rendre les interrogatoires, confessions, ou simples discussions plus fortes. Les scènes dans le passé nous transportaient aux côtés de la victime, et on se surprenait à la prendre en affection (voire quelque fois à la détester), à ressentir ses émotions. On avait parfois l’impression de vivre dans l’époque, et on en ressortait parfois écœuré, scandalisé par la bêtise humaine. Une série d’une beauté incroyable et inoubliable.

 

cold case shattered 2

Qu’en est-il par contre de son dernier épisode ? Ce n’était pas l’un des meilleurs, ce n’était pas ce que j’appellerai un « épisode coup de poing » (i.e., dénonçant des faits historiques injustes, horribles, tels l’épisode « Strange Fruit » sur la pendaison d’un jeune noir dans les années 60), mais c’était un épisode tendre, empreint de fraternité et aussi d’injustice. On y suivait une Lilly recherchant sa sœur Christina encore une fois mêlée à des affaires louches et dangereuses. Malgré sa relation conflictuelle avec sa sœur, on voyait bien que Lilly tenait beaucoup à elle. Preuve qu’il ne faut pas toucher à la famille de Lilly, cette scène brutale de Lilly en train de fracasser le visage du méchant avec son arme et un regard de fureur meurtrière. C’était violent, mais tellement génial à voir.

 

Autre point intéressant dans l’histoire, la relation entre Scotty et Lilly. Scotty arrive sans hésitation pour apporter son aide à Lilly. Et quand bien même elle risque de flirter dangereusement avec la limite, il accepte de l’accompagner sans rien demander. Ces deux coéquipiers sont plus que des coéquipiers : ils sont comme une véritable famille. Et cette image de famille est d’autant plus frappante lors de la scène finale, où l’on voit Scotty, Lilly, Christina et le bébé dans la voiture, sur la route vers Philadelphie. Scotty regarde dans le rétroviseur pour vérifier si tout va bien à l’arrière où sont installées les Rush. De plus, ils parcourent une route longeant la mer. Cette image dressait vraiment le tableau d’une jolie petite famille s’en allant paisiblement en vacances, d’une famille s’étant retrouvée et maintenant promise à de meilleurs jours ensoleillés. Lilly et Scotty entretiennent une très belle relation parsemée de beaux moments de complicité, d’émotion, mais également de clashs. Un clash que l’on a pu voir lors de l’aveu de Scotty sur sa conversation avec Christina. Lilly lui en veut, peut-être se montre-t-elle injuste en ne pensant qu’à elle, et lui, il lui répond que lui aussi a des problèmes familiaux à gérer. Et là, Lilly se rend compte qu’elle a eu une réaction un peu exagérée vis-à-vis de Scotty. Un beau moment d’émotion, tout comme les courts flashs des sœurs Rush sur la plage. Des moments très courts, joyeux, qui sont à 360° de la situation périlleuse d’aujourd’hui mais qui rappellent qu’il fut un temps où les Rush étaient heureuses.

 

cold case shattered 1

 

En parallèle, on assistait à la dernière investigation de Cold Case. Une affaire pas vraiment exceptionnelle, mais tout de même « sympathique » à suivre. Mais à la différence des autres, celle-ci était différente dans la mesure où finalement, on n’insistait pas beaucoup sur la victime, mais plus sur Doherty et son fils. En effet, d’habitude, on découvre le passé de la victime qui occupe en ce sens une place prépondérante dans les flashbacks. Or ce n’était plus le cas ici. L’enquête était davantage centrée sur la manipulation de Doherty vis-à-vis du rapport pour protéger son fils, et donc de cet abus de pouvoir par un représentant de la loi. Devait-on le mépriser pour cet acte ? Oui et non. Oui parce qu’il avait délibérément corrompu une investigation et par cette action, laissé un crime impuni alors que sa mission était de protéger et servir. Non parce qu’il l’avait fait pour sauver son fils. Quel parent ne tenterait pas l’impossible pour secourir son enfant ? Dans un côté plus léger, j’ai adoré le plan imaginé et mis en scène par Will, Nick et Kat pour prendre le revolver de Doherty. La musique qui accompagnait cette scène collait parfaitement. J’ai adoré aussi voir Jeffries énervé empoigner le flic dans les toilettes. Cet homme est impressionnant, physiquement et émotionnellement parlant.

 

En revanche, ce que je trouve dommage, pour se Series Finale, c’est de ne pas avoir vu toute l’équipe travailler ensemble sur l’enquête. On avait un peu l’impression de voir une équipe scindée en deux, avec chaque policier de son côté. On perdait, en un sens, ce côté famille dans son ensemble. J’entends par là toute l’équipe car évidemment, ce côté sautait aux yeux pour le duo Lilly et Scotty. Et même pour le reste qui préfère se souder pour creuser une piste malgré les risques professionnels, parce que ce qui l’intéresse, c’est la vérité. Ainsi, l’épisode perdait un tout petit peu de son charme dans la mesure où toute l’équipe n’était pas réunie. J’aurai bien vu une scène rassemblant tous les membres autour d’un verre dans le bar des policiers, sans pour autant renoncer aux deux recherches. Cela aurait été une très belle image pour clore la série. Alors me direz-vous, à l’époque, on ne pouvait pas deviner à l’avance que la série serait annulée. Mais pour celles et ceux qui ont suivi l’affaire, étant donné que le show avait été menacé d’extinction à la fin de la saison 6 pour être finalement sauvé au détriment de FBI : portés disparus, l’équipe de la série aurait pu, par prudence, prévoir qu’une annulation n’était plus qu’une question de temps pour Cold Case, et donc offrir une belle scène de réunion pour la fin de la septième saison, qui s’est avérée être la dernière. En outre, le choix des acteurs pour jouer l’ami du fils de Doherty m’a semblé peu crédible. En effet, la version « âgée » était représentée par un acteur Afro-américain, alors que la version « jeune » me paraissait ne rien avoir d’Afro-américain. Du coup, voir les deux versions m’a un peu surprise.


Quoi qu’il en soit, je ne regrette absolument pas d’avoir visionné cette conclusion. Cold Case gardera toujours une place dans mon cœur de sériephile. Maintenant, la boucle est bouclée, Cold Case est elle-même devenue un Cold Case, mais un Cold Case qu’on n’oubliera pas sur une étagère poussiéreuse. Et pour les déjà nostalgiques, voici le très bon dossier réalisé par le site AlloCiné sur Cold Case :

http://www.allocine.fr/article/dossiers/series/dossier-18591505/

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK