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Il y a des séries dont on ne parle pas beaucoup et qui restent dans l'ombre des séries plus médiatisées, alors qu'elles n'ont rien à envier à ces séries mondialement connues. Tel est le cas de Murdoch Msyteries, que je dénommerai aussi par son titre francisé, à savoir Les Enquêtes de Murdoch. A moins que je ne sois complètement à côté de la plaque, Murdoch Mysteries n'est pas vraiment la série dont on lit souvent le nom sur les sites internet consacrés aux fictions. C'est bien dommage, car cette série est excellente. Elle est parfaite pour les amateurs d'enquêtes policières et amateurs d'Histoire. Par Histoire, j'entends l'appétence à plonger dans des œuvres (visuelles et/ou littéraires) dont l'action se déroule dans une époque passée. Pour notre cas, les amateurs de la société de la fin du XIXème siècle seront ravis. En effet, Murdoch Mysteries nous entraîne dans les péripéties de William Murdoch, inspecteur de la marée chaussée du Toronto de cette époque précisée quelques lignes au-dessus. Murdoch est un inspecteur qui se démarque par son intelligence et sa curiosité scientifique. Et si vous aimez Les Experts, vous trouverez votre compte dans Les Enquêtes de Murdoch. Même si vous souffrez d'une allergie sévère aux Experts, cela ne vous empêchera pas d'apprécier Murdoch.

 

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Pourquoi ? Les intrigues, dans Murdoch, sont travaillées, brillantes. Il est conseillé de se concentrer pour être certain d'en comprendre le déroulement et la chute. Pour mener à bien ses affaires, William s'appuie sur ses intuitions mais cherche toujours à les confirmer ou infirmer par des preuves, et recourt aisément à la science pour étayer ses propos. L'utilisation de la science faite dans Murdoch est très intéressante. Il faut se rappeler que Murdoch Mysteries se déroule à une époque où les découvertes scientifiques et médicales commençaient à émerger et se propager. On a ainsi un Murdoch se la jouant Gil Grissom mais avec bien moins de technologies. Grissom a accès aux ordinateurs et microscopes ultra puissants ainsi qu'autres outils à nous dérouter fortement de l'envie de commettre le moindre méfait. Murdoch doit se débrouiller avec les ancêtres des outils utilisés par Grissom. Même si parfois Murdoch ne dispose pas d'outils, il en invente ou fait des variantes à partir d'autres instruments déjà existants. Ces trouvailles sont toujours expliquées de façon simple sans faire passer les spectateurs pour des abrutis. Murdoch s’émerveille devant les inventions techniques. Il fait des hypothèses, les appuie avec des preuves scientifiques, et ne résout jamais l'affaire en un claquement de doigts. Il y a donc un réel jeu de pistes et retournements de situations qui rendent les épisodes palpitants et surtout, agréables à regarder. Il y a également des faits et personnages historiques qui interviennent. Ainsi voit-on l’inspecteur côtoyer Tesla, parmi d’autres. Murdoch est le précurseur de Grissom, avec ce côté Sherlock Holmes plein d’intuitions fines.

 

En dehors de cet aspect police procedural, les personnages sont attachants. Outre son intelligence et son sens de déduction hors pair, Murdoch est un homme de valeurs, noble, parfois un peu trop (j'y reviendrai un peu plus tard) et ne manquant pas de charme. Il est entouré d'un supérieur assez sympathique et drôle, qui finalement, n'a pas vraiment l'attitude d'un supérieur. Il est le patron, mais franchement, c'est plus par le titre que par le comportement. Cet homme, Brackenreid, n'est pas non plus un fanfaron qui gère son poste de police n'importe comment. Il sait se montrer autoritaire, mais en général, ses démonstrations nous font plus sourire que peur. Ce n'est pas le chef tyrannique, juste un chef différent. Chef qui se trouve bien malgré lui embrigader par un groupe de fervents défenseurs de la construction du métro à Toronto dans la course politique. On suivait le candide Brackenreid se faire mener à la baguette par ce lobby. Le chef n’était plus maître de ses faits et gestes. On souriait devant son innocence, et on le respectait quand il tournait le dos à ce groupe pour ne pas déroger à ses principes quand ces hommes lui demandaient de le faire. A côté de Murdoch évolue également l'officier Crabtree qui pour sa part, remplit à merveille le quota de légèreté de la série. Il est le policier sympathique et tranche radicalement avec les stéréotypes du policier froid, violent, parfois pas très malin. Crabtree est drôle mais ne le fait jamais exprès, il est gentil, et il pimente les épisodes de commentaires pertinents mais qui parfois, font sourire les autres protagonistes alors qu’elles ont une réelle valeur. On voit qu'il a beaucoup de potentiel. Notamment lorsqu’il suggère d’appeler le silencieux d’un pistolet silencieux. En fait, derrière cette image d'officier comique se cache un excellent inspecteur qui doit juste émerger.

 

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La seule femme de l'équipage est le docteur Julia Ogden. Il est dommage que la présence féminine soit si faible dans Les Enquêtes de Murdoch, mais étant donné la condition de la femme aux XIXème et XXème siècles, il aurait été étrange et ridicule de placer davantage de femmes dans ce monde des forces de l'ordre. D’autre part, il n'y aurait pas eu assez de matière sur laquelle travailler pour un personnage féminin relégué au rang d'épouse ou secrétaire. Julia est une femme qui a réussit à s’imposer professionnellement dans une société gouvernée par les hommes qui la respectent et l’estiment. William Murdoch lui parle d’égal à égal, ne méprise jamais ses observations. Il se dégage une véritable alchimie scientifique et professionnelle entre les deux. En outre, les amateurs de ship ne peuvent qu’être ravis car la relation entre William et Julia va au-delà du professionnel. Ils sont faits pour être ensemble, mais n’y arrivent pas, parce qu’il y a toujours un obstacle. La succession de ces obstacles ne fait que nous mettre dans l’angoisse et le dépit après une montée d’espoir. On veut les voir ensemble mais on sait qu’on est parti pour attendre. Et en cette saison 4, les choses se compliquent davantage. Julia s’est envolée de Toronto pour Buffalo, mais en est revenue plusieurs mois plus tard. Entretemps, elle a appelé William à élucider un meurtre à Buffalo. Sachant que William avait acheté une bague de fiançailles à la fin de la saison 3 mais était arrivé trop tard pour retenir Julia de son départ vers Buffalo, on s’attendait à des retrouvailles heureuses. Malheureusement, peine perdue car Julia avait accepté la demande d’un confrère à Buffalo. J’avais envie de pousser un cri de désespoir en voyant William triste face à cette situation. J’avais envie de pousser un cri de désespoir suivi d’un hurlement interrogatif « pourquoi ?!??!!? » quand William laissait Julia dire « oui » à son mariage avec son fiancé, au lieu de venir dans l’église et reprendre Julia. Plein de noblesse, il ne voulait pas se mettre en travers du chemin de Julia et la laisser être heureuse avec Darcy. Sauf qu’on sait trop bien qu’il en est toujours amoureux. Maintenant, il est certain qu’il va être difficile pour ces deux amoureux de se retrouver unis. Bien sûr, aujourd’hui, il suffirait d’un divorce et tout serait réglé. Mais comme Julia et William vivent dans une époque où le divorce est presqu’impossible (ou si oui, très mal considéré dans les mœurs de l’époque), les choses sont loin d’être aussi simples…

 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cette série, je les exhorte vivement à la regarder. Elle mêle intrigues policières et scientifiques ficelées avec excellence, personnages attachants, ainsi qu’une histoire d’amour contrariée, et un contexte historique bien retranscrit. Retrouvez-vous Murdoch le dimanche soir sur France 3 (pour la saison 5) !

 

Sériecalement vôtre,

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