Goodbye...

 

A mon tour (un siècle après tout le monde) de rendre hommage à cette série qui a marqué le paysage audiovisuel de son empreinte. Elle m’a fait rire aux éclats, verser quelques larmes par occasion, donnée une bouffée d’oxygène au travers d’une multitude d’intrigues (certaines ont été un peu moins palpitantes que d’autres, mais quelle série est épargnée par ce phénomène ?). Desperate Housewives restera dans les esprits, c’est certain. Elle a mélangé les genres, mis en avant des femmes quadragénaires (trop) souvent laissées de côté dans le show business, et mis en avant ces héroïnes de façon sérieuse. Bravo aux créateur et scénaristes, c’était un travail remarquable. Ils ont sur nous transporter d’histoires en histoires, diversifier les moments drôles sans jamais les rendre lourds, créer des interactions entre différentes situations (quand une action d’une personne se répercute sur celle d’une autre), et équilibrer les intrigues entre les personnages.

 

Revenons un peu aux épisodes finaux (enfin, ceux depuis la mort de Mike, je fais un tir groupé). Globalement, j’ai bien aimé. J’ai versé une larme pendant la scène des retrouvailles de Lynette et Tom. J’ai trouvé cette scène bien faite : c’était sobre, émouvant, efficace. Pas d’effusion de déclarations d’amours interminables et remplies d’une ribambelle de mots romantiques à finalement tuer le caractère romantique. La prestation de Doug Savant m’a touchée. Je me suis tordue de rire à l’évanouissement simulé par Bree, c’était trop fort, sans oublier sa crise de jalousie (pour Trip). Pareil avec le parcours du combattant de Renée le jour de son mariage (elle a offert des moments bien drôles), ou quand Gabrielle dévalise la boutique avant d’être engagée, ou encore cette mémorable danse de la victoire de Carlos. Quant à Madame McCluskey, elle est partie dignement, entourée des siens, dans sa maison. C’était émouvant, d’autant plus avec le parallèle de la naissance de la fille de Julie. Et cette madame Huber, quelle vieille peau !!! Sérieusement, c’est vraiment la voisine trop curieuse dès le premier contact, à vouloir se mêler de ce qui ne la regarde pas. Comment elle insiste pour connaître le nom de la ville d’où vient Mary Alice, j’en étais effarée…

 

Par contre, je me dois de pousser un cri de déception sur l’épilogue proposé à la fin du dernier épisode. Je refuse d’admettre que ces quatre femmes, qui ont cohabité dans le même quartier pendant presque vingt ans, qui ont tout partagé : joies, drames, complicité de dissimulation de cadavre (une situation pas anodine) ; se quittent pour continuer leur vie chacune de leur côté sans garder contact. Non, à mes yeux, elles ne peuvent pas couper les ponts comme cela. Qu’elles ne se voient plus autant qu’avant, je veux bien, c’est logique vu qu’elles vivent à des endroits différents. Qu’elles ne prennent pas le temps de se retrouver le temps d’un week end entre filles (à deux, trois ou quatre, peu importe), je ne peux l’accepter. On ne tire pas un trait sur vingt (plus ou moins) années de cette façon ! Pour ce point-là, je suis même furieuse car à entendre Mary Alice, c’est effectivement ce qui se produit. Je sais que c’est de la fiction, que ma réaction est peut-être disproportionnée, mais cet aspect a été une tâche sur le beau tableau qu’a été le final. Pour moi, il fallait ne pas fermer la porte à de possibles retrouvailles dans l’imaginaire du téléspectateur. En effet, j’ai du mal à concevoir qu’aucune fille ne vienne au mariage de Bree avec Trip, que Lynette ne voie jamais la fille que son fils a eu avec Julie, et par la même occasion, Susan… Autre point qui m’a dérangée : comment Bree, après toutes ces années au cours desquelles on a pu la voir se décoincer un max, peut-elle rejoindre un club de conservateurs ?!?!? C’est trop bizarre. Bree peut garder ses tendances conservatrices, c’est son droit. Cependant, elle a vécu tellement de choses allant à l’encontre de tout principe conservateur. Elle a été alcoolique, elle a accepté l’homosexualité de son fils, elle est sortie avec un homme plus jeune qu’elle, elle a même mis de côté certains principes pour aider les autres, elle a multiplié les aventures sans lendemain dans la saison 8, elle a failli aller en prison… La Bree à la fin de la série est tellement éloignée de celle qu’on a découverte au début que la voir revenir à ce qu’elle était avant me paraît insensé. C’est comme si elle régressait tout à coup. Surtout, son passé va forcément resurgir et impacter sur sa relation avec les autres femmes conservatrices…  Gabrielle, Susan, Lynette et Bree ont toutes eu une belle vie, mais le hic, c’est que cette séparation était définitive…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK