30 déc. 12

DESPERATE HOUSEWIVES

Goodbye...

 

A mon tour (un siècle après tout le monde) de rendre hommage à cette série qui a marqué le paysage audiovisuel de son empreinte. Elle m’a fait rire aux éclats, verser quelques larmes par occasion, donnée une bouffée d’oxygène au travers d’une multitude d’intrigues (certaines ont été un peu moins palpitantes que d’autres, mais quelle série est épargnée par ce phénomène ?). Desperate Housewives restera dans les esprits, c’est certain. Elle a mélangé les genres, mis en avant des femmes quadragénaires (trop) souvent laissées de côté dans le show business, et mis en avant ces héroïnes de façon sérieuse. Bravo aux créateur et scénaristes, c’était un travail remarquable. Ils ont sur nous transporter d’histoires en histoires, diversifier les moments drôles sans jamais les rendre lourds, créer des interactions entre différentes situations (quand une action d’une personne se répercute sur celle d’une autre), et équilibrer les intrigues entre les personnages.

 

Revenons un peu aux épisodes finaux (enfin, ceux depuis la mort de Mike, je fais un tir groupé). Globalement, j’ai bien aimé. J’ai versé une larme pendant la scène des retrouvailles de Lynette et Tom. J’ai trouvé cette scène bien faite : c’était sobre, émouvant, efficace. Pas d’effusion de déclarations d’amours interminables et remplies d’une ribambelle de mots romantiques à finalement tuer le caractère romantique. La prestation de Doug Savant m’a touchée. Je me suis tordue de rire à l’évanouissement simulé par Bree, c’était trop fort, sans oublier sa crise de jalousie (pour Trip). Pareil avec le parcours du combattant de Renée le jour de son mariage (elle a offert des moments bien drôles), ou quand Gabrielle dévalise la boutique avant d’être engagée, ou encore cette mémorable danse de la victoire de Carlos. Quant à Madame McCluskey, elle est partie dignement, entourée des siens, dans sa maison. C’était émouvant, d’autant plus avec le parallèle de la naissance de la fille de Julie. Et cette madame Huber, quelle vieille peau !!! Sérieusement, c’est vraiment la voisine trop curieuse dès le premier contact, à vouloir se mêler de ce qui ne la regarde pas. Comment elle insiste pour connaître le nom de la ville d’où vient Mary Alice, j’en étais effarée…

 

Par contre, je me dois de pousser un cri de déception sur l’épilogue proposé à la fin du dernier épisode. Je refuse d’admettre que ces quatre femmes, qui ont cohabité dans le même quartier pendant presque vingt ans, qui ont tout partagé : joies, drames, complicité de dissimulation de cadavre (une situation pas anodine) ; se quittent pour continuer leur vie chacune de leur côté sans garder contact. Non, à mes yeux, elles ne peuvent pas couper les ponts comme cela. Qu’elles ne se voient plus autant qu’avant, je veux bien, c’est logique vu qu’elles vivent à des endroits différents. Qu’elles ne prennent pas le temps de se retrouver le temps d’un week end entre filles (à deux, trois ou quatre, peu importe), je ne peux l’accepter. On ne tire pas un trait sur vingt (plus ou moins) années de cette façon ! Pour ce point-là, je suis même furieuse car à entendre Mary Alice, c’est effectivement ce qui se produit. Je sais que c’est de la fiction, que ma réaction est peut-être disproportionnée, mais cet aspect a été une tâche sur le beau tableau qu’a été le final. Pour moi, il fallait ne pas fermer la porte à de possibles retrouvailles dans l’imaginaire du téléspectateur. En effet, j’ai du mal à concevoir qu’aucune fille ne vienne au mariage de Bree avec Trip, que Lynette ne voie jamais la fille que son fils a eu avec Julie, et par la même occasion, Susan… Autre point qui m’a dérangée : comment Bree, après toutes ces années au cours desquelles on a pu la voir se décoincer un max, peut-elle rejoindre un club de conservateurs ?!?!? C’est trop bizarre. Bree peut garder ses tendances conservatrices, c’est son droit. Cependant, elle a vécu tellement de choses allant à l’encontre de tout principe conservateur. Elle a été alcoolique, elle a accepté l’homosexualité de son fils, elle est sortie avec un homme plus jeune qu’elle, elle a même mis de côté certains principes pour aider les autres, elle a multiplié les aventures sans lendemain dans la saison 8, elle a failli aller en prison… La Bree à la fin de la série est tellement éloignée de celle qu’on a découverte au début que la voir revenir à ce qu’elle était avant me paraît insensé. C’est comme si elle régressait tout à coup. Surtout, son passé va forcément resurgir et impacter sur sa relation avec les autres femmes conservatrices…  Gabrielle, Susan, Lynette et Bree ont toutes eu une belle vie, mais le hic, c’est que cette séparation était définitive…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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24 déc. 12

NO LIMIT, SAISON 1

 

no limit 1

 

Je dois avouer que jusqu’à une époque récente (on va dire l’année dernière), je n’avais pas vraiment éprouvé la même envie de suivre des séries françaises que celle que j’avais à suivre les séries américaines. Je suis sûre que plusieurs personnes se reconnaîtront dans mon cas. En effet, je ne ressentais pas le même engouement à me fidéliser à une série française que celui à me fidéliser à une série américaine. Y avait-il des raisons rationnelles à cette fermeture vis-à-vis des séries hexagonales ? Je n’en sais rien. A vrai dire, les séries US me touchaient plus par leurs intrigues (contenu et cadence), leurs personnages. Ceci-dit, j’ai tout de même regardé des séries françaises, de temps à autres. Plutôt de façon épisodique. J’avais suivi et apprécié Cellule Identité, Le secret du Zodiaque, Supectes…. Mais voilà, ça s’arrêtait là… Jusqu’au jour où j’eu ce déclic qui me poussa à élargir mon horizon télévisuel et donc, à reconsidérer ma relation avec les séries françaises. Pour résumer, ce réveil fut provoqué par ma découverte de Profilage, et se poursuivit avec Section de Recherches. Arriva ensuite Ainsi soient-ils, puis No Limit. J’avais décidé de me montrer curieuse sur les nouveautés françaises, et je ne dérogeai pas à ma bonne résolution avec No Limit. Je dois tout de même préciser que j’ai eu des difficultés à regarder les deux derniers épisodes : en effet, je les avais enregistrés, mais l’enregistrement a commencé, pour une raison que j’ignore, à partir en vrille en faisant des bonds : en pleine scène, un saut me projetait deux scènes plus loin, vous voyez le désagrément… En conséquence, je n’ai pas vraiment pu en profiter…

 

Que dire de No Limit ? Avant tout, rappelons que No Limit suit le chemin de Vincent, acceptant de réaliser des missions pour les services secrets français en échange d’un traitement expérimental, après avoir appris qu’il avait une tumeur. Et bien, ma foi, cette série fait passer un bon moment. C’est une série divertissante, amusante. Mouvementée et non dénuée d’humour. Les personnages sont sympathiques, drôles avec chacun son caractère bien trempé. Mention spéciale à Juliette, la sœur de Vincent, pour ses piques tantôt cinglantes, tantôt sarcastiques, tantôt humoristiques, mais toujours jouissives (surtout quand son collègue est dans les parages). Même si l’intrigue de base tourne autour de Vincent, les personnages qui l’entourent arrivent à exister sans trop de difficultés. Je fais référence notamment à sa sœur, son ex-femme et sa fille. Elles ne sont pas reléguées à une présence anecdotique, elles participent activement dans les scènes qu’elles partagent avec Vincent. Elles ont évidemment moins de scènes que Vincent, mais elles ne sont pas non plus juste la sœur, l’ex et la fille qui apparaissent juste par-ci, par-là pour faire leur quota minimum de scènes et remplir la case « il y a des personnages féminins dans la série ». Toutefois, je pense que c’est plus évident pour la sœur de Vincent. Je trouve qu’avoir fait d’elle une flic qui se retrouve constamment liée à ses missions est une bonne idée. Même si ce stratagème est simpliste, car Juliette doit quand même avoir d’autres enquêtes qui ne tournent pas autour de Vincent (or la série donne l’impression que ce n’est pas le cas), il est nécessaire sinon Juliette ne serait qu’un personnage beaucoup trop effacé… En ce qui concerne la collègue et voisine de Vincent, je la trouve moins intéressante. Elle ne m’apparaît pas vraiment comme un véritable agent, à l’égal de Vincent. Apparemment, c’était une call girl recrutée par le chef de la cellule secrète (si j’ai bien compris). J’aurais préféré qu’elle soit elle aussi issue du milieu militaire, par exemple, au lieu d’être seulement l’atout femme fatale. J’aurais préféré que Vincent et elle forment un véritable duo et enquêtent ensemble sur le terrain, au lieu de voir Vincent être le seul à crapahuter à droite et à gauche chez les criminels. L’avantage d’avoir un coéquipier sur le terrain est qu’en en cas de pépin, on peut compter sur un renfort (l’union fait la force…).

 

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Quant aux épisodes, ils ont tous été bien dosés en action, moments d’humour, instants familiaux, missions et enquêtes policières. La mise en scène pour les passages où Vincent est en mission est bien pensée et maîtrisée : les plans s’enchaînent et donnent du rythme à la séquence, et nous donnent l’impression de regarder un bon film d’espionnage. De même la division de l’écran en plusieurs cadres lors des conversations téléphoniques participe à donner du punch et maintenir ce cadre de film d’espionnage. La musique est bien présente et colle avec succès à l’ambiance de la séquence concernée. La réalisation et la musique rendent les épisodes agréables à découvrir, adhérer et suivre. En outre, la construction des intrigues sur deux épisodes est intéressante. Elle est un est bon compromis entre faire un épisode sur un film d’1h50 qui pourrait décourager certains et un épisode de 50 minutes trop court pour une intrigue trop dense, mélangeant les enquêtes de Vincent, celles de Juliette, et les interactions de Vincent avec sa fille et son ex. Dosage qui déboucherait sur des scènes hors enquêtes de Vincent anecdotiques et inutiles (et/ou des intrigues de missions peu approfondies). Par ailleurs, ce système de double épisode permet des cliffhangers, ce qui n’est pas pour déplaire, à condition d’être pertinents, d’accentuer le suspens.

 

On pourra reprocher des éléments à cette série, comme par exemple ces situations où Vincent, tout seul face à des dizaines d’ennemis, s’en sort les doigts dans le nez. Ou encore cette scène du pilote pas du tout crédible dans laquelle Vincent se cache… sous le véhicule du propriétaire de la maison dans laquelle il doit s’introduire ! Scène pas du tout crédible car la voiture sous laquelle Vincent se cache est garée devant la demeure qui elle-même se trouve dans une prairie, et donc, personne n’a pensé qu’une fois le propriétaire parti dans sa voiture, Vincent serait « légèrement » en pleine lumière et donc visible par les hommes de main du maître des lieux ?? Bon, on va pardonner. Aucune série n’est parfaite, et si on est indulgent, No Limit se regarde avec plaisir. Toutefois, parce qu’il ne faut pas exagérer non plus et tout pardonner, à mes yeux, la série repose sur une idée de base incohérente, voire tirée par les cheveux. C’est la grosse faiblesse du la série. En effet, la série est construite sur l’histoire de Vincent qui, après avoir découvert qu’il souffre d’une tumeur, accepte de travailler pour les services secrets français en échange d’un traitement expérimental. Ainsi le voit-on se la jouer James Bond dans chaque épisode, infiltrer des repères de criminels, se battre, échanger des coups de feu, etc. Mon problème pourrait se résumer à la question suivante : comment peut-on attendre d’une personne ayant une tumeur au cerveau (dans un stade avancé de surcroît) qu’elle réalise avec efficacité et succès des enquêtes périlleuses ???? Attention, loin de moi de prétendre que les personnes malades sont des personnes incapables. Dans mon raisonnement, quand une personne est malade, elle n’est pas vraiment en forme pour accomplir certaines tâches. Par exemple, essayez de faire un problème de mathématiques (du style calcul d’intégrales, résolutions d’équations à trois inconnues) quand vous avez 39 de fièvre et que vous éternuez toutes les cinq minutes… Bonjour les erreurs de calculs… Pour une personne avec une maladie plus grave, déjà que pour assurer un travail plus traditionnel (aller au bureau et non aller en mission d’espionnage), cela ne doit pas être évident, alors imaginez courir, escalader les murs, tirer dans tous les sens ! D’ailleurs, on voit bien les effets de la tumeur de Vincent lors de ses missions, lorsqu’elles le font souffrir et le mettent en danger. Par conséquent, le postulat de base est illogique et je ne peux m’empêcher d’insister dessus, je trouve ça trop bizarre... Autre point : dès le départ, Vincent a l’air d’être condamné. Donc est-ce que finalement la série va nous sortir du chapeau un traitement miracle pour permettre à Vincent de survivre plusieurs années, afin aussi de permettre à la série de connaître la joie d’enchaîner les saisons ? Parce que si Vincent est effectivement destiné à connaître la fin malheureuse à laquelle il est voué dès le début de la série, je ne vois pas comment la série pourrait durer sur le long terme. Car oui, en dehors de ce point négatif, la série est quand même bien faite et agréable à regarder. Elle a du potentiel pour s’enrichir. Dernier élément qui m’intrigue, et en réalité, me fait enrager : pourquoi avoir baptisé cette série française No Limit ? Est-ce plus attractif que « Sans Limite » ?? Pour les ventes à l’international, peut-être, mais sincèrement, pourquoi sacrifier notre si belle langue ? Sans Limite sonne pourtant bien, je trouve… Tels sont mes griefs envers cette série, mais je le répète, elle se regarde avec plaisir, donc allez-y !

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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14 déc. 12

SALON DES SERIES ET DU DOUBLAGE (17/11/2012)

 

Samedi 17 Novembre 2012, je me suis rendue au 9ème salon des séries tv et du doublage, organisé par l’association Sérialement vôtre. A vrai dire, j’ignorais l’existence de cette association et donc de cet évènement. Je les ai découverts par un pur hasard, grâce à la bloggeuse et amoureuse des séries, Lubiie, via l’un de ses tweets (qui a dit que twitter ne servait à rien ?). Cela tombait bien car ce week end du 17, j’avais envie de me reposer et donc, apprendre qu’un tel salon existait enflamma ma curiosité. Une fois les détails de l’évènement notés sur mon agenda, je décidai de m’y rendre. C’est ainsi que j’atterris à la Maison des Mines où avait lieu la rencontre, à 10 h. Oui, j’avais fait l’effort de me lever tôt un samedi, et vous pouvez me croire, ce ne fut pas facile du tout (surtout quand on se couche la veille à une heure du matin après avoir passé des heures sur un projet). C’est découvrir l’identité de l’invité surprise, dont la venue était prévue à 11 heures, qui me motiva. Malheureusement, j’appris une minute avant d’acheter mon billet que cet invité surprise ne viendrait pas. Dépitée je fus car je m’étais levée tôt pour lui ou elle… Je pris finalement une place pour assister à la conférence intitulée « Légende du doublage » et une place pour celle intitulée « Desperate Housewives : les voix françaises des stars de la série », autre point qui m’avait motivée à venir. J’y rencontrai également sur place Lubiie qui assistait aux mêmes conférences que moi. Sentiment de solitude effacé… Une fois mes places garanties, je me rendis à la première conférence.

 

Conférence « Légende du doublage »

 

SDC10751

 

Cette première rencontre se déroula en présence de Dominique Paturel. Son nom ne vous dit peut-être rien, d’ailleurs, moi non plus, je ne savais pas qui était cet homme. Par contre, si je vous dis le regretté JR de Dallas, là, ça vous évoque quelque chose, pas vrai ? Et bien, monsieur Paturel n’est autre que la voix française de JR. Et il ne compte pas que JR dans son pédigrée, puisqu’il a doublé Lee Majors, Robert Wagner, Michael Caine et George Peppard ! La conférence débuta avec le parcours de Dominique. L’homme naquit au Havre de parents non comédiens. A dix ans, Dominique fréquenta l’école rue Blanche, à Paris,  à l’époque (transférée à Lyon de nos jours), dans laquelle il suivit des cours de comédie, littérature théâtrale, poésie, ainsi que des cours de sport, car cette école se voulait offrir une éducation complète. Au cours de ses études, Dominique passa des auditions (proposées par l’école). Grâce à l’une d’elles, il fut engagé pour interpréter Léandre dans Les Fourberies de Scapin. Le destin voulut que l’acteur jouant Scapin tombe malade et soit remplacé par… Dominique lui-même ! Ainsi monsieur Paturel et la troupe donnèrent 400 représentations. Dominique raconta être retourné à l’école rue Blanche, mais l’établissement lui avoua que finalement, avec l’expérience qu’il avait acquise, il n’avait plus grand-chose à apprendre… Dominique tenta le Conservatoire mais fut recalé au troisième tour. En croisant des membres du jury quelque temps plus tard, Dominique apprit que les jurés ne l’avaient pas retenu pour la simple raison qu’ils ne voyaient pas ce que le Conservatoire aurait pu lui apporter de nouveau…

 

Dominique Paturel continua son témoignage avec sa carrière au théâtre. Il avait fait aussi bien des représentations en salle que des représentations retransmises en direct à la télévision ou enregistrées. D’ailleurs, pour l’une d’elles, les événements prirent une tournure inédite. Paturel nous narra avec beaucoup d’humour comment, à une répétition, la scène fut littéralement inondée. En effet, l’un des décors était un immense aquarium avec des poissons. Pendant la répétition, la température de la salle avait grimpé, à cause de l’utilisation de plusieurs lampes (nécessaires pour l’enregistrement). Arriva la pause déjeuner pendant laquelle les lumières furent éteintes. Conséquence : refroidissement de la pièce qui provoqua l’explosion de l’aquarium ! Résultat : de l’eau et des poissons aux quatre coins de la salle ! Sachant que l’enregistrement reprenait à 13h30, l’affaire s’annonçait critique, mais heureusement, les techniciens réussirent à fabriquer un aquarium en un temps record et l’histoire reprit son cours comme si rien ne s’était produit… Dominique enchaîna avec d’autres souvenirs personnels, dont celui où, après son mariage, il partit répéter une pièce et son épouse, tourner une scène essentielle d’un film (exigée par le réalisateur la veille)…

 

Dans les années 60, Dominique tourna dans plusieurs séries de l’ORTF. Séries grâce auxquelles son nom commença à être connu du public. Sa photo se retrouva sur plusieurs couvertures de magazines. Dominique réalisa qu’il lui aurait fallu vingt ans pour réunir autant de personnes à ses représentations au théâtre pour atteindre le même chiffre de spectateurs qu’il réunissait en une soirée de diffusion. Paturel avoua avoir été heureux de jouir du luxe de pouvoir accepter et décliner des projets en fonction de sa sensibilité artistique. Ce choix de faire ce qui lui plaisait fut en partie du à son travail de doublage, précisa-t-il.

 

SDC10750

 

En ce qui concerne le doublage, Dominique entra dans cet univers par hasard. Il était venu chercher son épouse après sa séance de travail et on lui suggéra de se lancer dans cette activité. Quelques jours après avoir fait un essai, Paturel fut engagé. Il travailla sur plusieurs films Disney : La coccinelle, Quatre bassets pour un danois, Robin des bois… Il doubla Roy Thinness dans Les Envahisseurs. Thinness lui envoya même à Noel une carte avec un recueil de poèmes composés par lui. Côté séries télévisées, il prêta sa voix à Lee Majors dans L’Homme qui valait trois milliards. Quand Lee Majors récidiva avec L’Homme qui tombe à pic, Dominique Paturel fut écarté du doublage. Il nous raconta que lors d’une réception, un responsable de chaîne lui confia avoir été dépité qu’il n’ait pas été retenu, car la nouvelle voix française de Majors ne collait pas du tout… Il doubla Robert Wagner, confessa qu’il adorait son personnage dans NCIS trompant son monde avec classe. Il doubla également Georges Peppard dans L’Agence tous risques et partagea une difficulté non négligeable rencontrée pour le doublage d’un épisode. A l’époque, la chaîne exerçait une auto censure et avait rédigé une liste de mots à ne pas utiliser dans la série. Parmi eux, le mot cercueil. Or, un épisode montrait des trafiquants recourant à des cercueils pour le transport de leur marchandise et par conséquent, ce mot occupait le premier rang. Aucune exception ne fut accordée et les doubleurs durent désigner cet objet par le mot boite…

 

Arriva sur les écrans français Dallas. Paturel fut convoqué par la chaîne pour faire des essais pour le rôle de Bobby Ewing. La chaîne ne retint pas Dominique. Cependant, elle l’exhorta à faire un essai sur un personnage peu important (en tout cas, aux débuts de la série), à savoir JR. Finalement, échouer sur Bobby ne s’avéra pas dramatique, quand on sait le rôle incontournable et inoubliable qu’a pris JR au fil de la série… D’ailleurs, Dominique rencontra Larry Hagman à plusieurs reprises. Pour l’émission Champs Elysées dans laquelle Hagman fut invité. Au festival de Montreux (en Suisse) lors de la soirée de gala où les organisateurs avaient fait venir tous les doubleurs internationaux. Quand Hagman vint faire la promotion de son livre Hello Darling. Enfin, lors d’une émission pour LCI. A noter qu’au départ, Dominique avait été convié à une participation par téléphone, à cause du manque de place dans le studio. En direct, Hagman insista pour le faire venir de suite, et c’est ainsi qu’on dépêcha une voiture pour chercher Dominique. La conférence fut l’occasion d’apprendre que Dominique avait été à l’origine du ricanement de JR. Un jour, après avoir doublé plusieurs épisodes les uns à la suite des autres, Dominique terminait avec une réplique cinglante de JR. Dans la version originale, Hagman se taisait après sa réplique. Dans le studio, Paturel avait involontairement ajouté un petit rire qui fut gardé, malgré les protestations de Dominique qui trouvait cette idée ridicule. Rien ne fut changé et Larry Hagman reprit même ce rire par la suite ! Dominique reprit son service sur JR avec Dallas 2012. Cette fois-ci, il est le seul doubleur dans le studio pour doubler les scènes où JR apparaît, quand bien même il y aurait d’autres personnages dans la scène. Malheureusement, cette fois-ci, l’aventure sera courte car Larry Hagman vient de nous quitter… Au revoir, J.R…

 

Cette rencontre fut passionnante. Elle permit, à la totale ignorante que je suis, d’en apprendre plus sur cet homme et le doublage.

 

Sériecalement vôtre,

VK