30 mai 13

PERSON OF INTEREST, SAISON 1

(diff fr) 

POI image 1

 

Ma critique de cette saison 1 ne prend pas en compte les deux derniers épisodes de ladite saison, dans la mesure où ils n’ont pas encore été diffusés en France (ils lanceront la saison 2 l’année prochaine). 

Quand je pense à Person of Interest (ou POI), je pense immédiatement à plusieurs termes positifs : captivant, brillant, intelligent, maitrisé, sans temps mort… Bref, cette série est géniale. Même si le concept de POI rappelle jusqu’à un certain degré Minority Report dans la mesure où la série et le film proposent une possibilité d’anticiper un crime (via une machine dans POI, via des humains dans Minority Report) et des protagonistes dont la mission est d’éviter ces crimes, et n’est peut-être pas aussi novatrice qu’on le pense par son point de départ, son traitement en reste éloigné du film et se distingue aisément et efficacement des autres séries. D’ailleurs, elle prouve que CBS ne fait pas que multiplier les cops shows traditionnels (un crime, des policiers, une enquête) mais sait proposer des séries différentes. En réalité, il demeure un soupçon de cop show dans Person of Interest puisque les deux justiciers de l’ombre, Finch et Reese, mènent à leur façon une enquête pour en savoir plus sur l’élu(e) du jour et cherchent les indices pour mieux le/la protéger du crime ou l’empêcher d’en commettre un s’il s’avère qu’il ou elle est le tueur. Ce soupçon cop show se retrouve en outre en les personnes des deux policiers, Fusco et Carter, qui résolvent eux-aussi des crimes toujours liés de près ou de loin aux affaires de Finch et Reese. Cette dimension policière est présente mais heureusement, elle fait office d’ambiance. Elle n’est pas le cœur du sujet, celui-ci étant la mission de Finch et Carter, mais il est évident que cet élément enquête ne pouvait pas être ignoré pour des raisons de cohérence : comment éviter un crime si on ne se montre pas un minimum curieux au sujet des gens potentiellement impliqués dedans ?

 

Ce qui fait la différence et le charme de Person of Interest, c’est cette atmosphère paranoïaque qui nous englobe. On en ressort avec cette sensation que n’importe qui peut nous épier, grâce aux nouvelles technologies et aussi grâce à notre tendance à utiliser ces nouvelles technologies et y publier des données plus ou moins personnelles. Le « souriez, vous êtes filmés » (voire plus) et la « théorie du complot »  trouvent toute leur puissance dans cette série et nous amènent à réfléchir sur ce qu'on peut laisser sur internet. Pour citer un personnage de Criminal Minds, « When it's on internet, it's forever ». N'importe qui peut nous épier, nous nuire. Je ne suis pas spécialement de nature parano, mais avec l’augmentation des vols d’identité et le harcèlement sur internet qui provoquent des ravages, ça me fait réfléchir… Pour vivre heureux, vivons cachés… On ne sait plus à qui faire confiance et cette méfiance s'exerce même vis-à-vis des forces de l'ordre, ce qui accroît ce sentiment d'insécurité. Cette atmosphère paranoïaque se poursuit en outre dans les personnages mêmes, puisqu’après tout, on ne connaît pas grand-chose d’eux. Leur histoire nous est dévoilée par petits bouts, au travers de flashbacks bien dosés. On n’est pas abreuvé de flashbacks à toutes les sauces dans tous les épisodes : ils arrivent quand ils doivent arriver. On en découvre davantage sur les personnages au cours de cette saison, mais bien évidemment et heureusement, le mystère reste entier. Surtout : comment Finch s’est retrouvé dans son état physique actuel ? Je soupçonne une corrélation avec ce qui est arrivé à son ami… peut-être Finch s’en est-il occupé de quelle que façon qui soit ? Et cette machine, qu'est-elle exactement ? Comment fonctionne-t-elle? Où est-elle cachée? Va-t-elle être détournée à de mauvaises fins ? Elle a beau être une machine, elle n'en demeure pas moins aussi mystérieuse et intriguante... Ce sentiment d’être observé n’importe quand, n’importe où se ressent aussi dans le montage, avec ces petits carrés ciblant des personnes et l’échelle utilisée lors des flashbacks qui nous montre le retour en arrière.

 

POI 2 bis

 

A cette ambiance mystérieuse de théorie du complot s’ajoute des intrigues redoutablement efficaces et captivantes. On ne s’ennuie jamais, il y a toujours du rythme, il y a toujours des rebondissements auxquels on ne s’attend pas. Ou alors, si on devine une possibilité, on reste surpris par la façon dont elle se concrétise : on n’a pas l’impression d’avoir à faire à un déjà-vu qu’on sent à des kilomètres car l’histoire nous embarque avec elle. John Reese, en plus d’avoir du charme, ne manque pas d’humour (comme la série d’ailleurs) avec ses répliques légères balancées en plein milieu d’une situation critique, et de style. Il arrive tranquille, l’air de rien, charmant dans son costume et vlan, voilà qu’il se bagarre avec des méchants et qu’il s’en sort sans presqu’aucune égratignure et le costume toujours impeccable. C’est aussi le genre de héros torturé, pas franchement souriant mais qui apparait comme le parfait gentleman, l’homme sur qui on peut compter, l’homme invincible, quoi. Parfois, cet aspect de héros solitaire se tirant toujours sans problème des situations les plus dangereuses pèse sur la crédibilité de la série. D'autres éléments également, comme le retour de l'ancienne coéquipière de Reese, qu'on croyait tous morte en Chine : elle a dû courir sacrément vite, Reese aussi, d'ailleurs, pour échapper au missile qui fonçait droit sur elle et Reese... Cependant, les excellents scénarii contrebalancent cette prise de liberté. Les divers éléments de fil rouge disséminés tout au long des épisodes promettent de futures intrigues excitantes avec des méchants (paradoxalement) fascinants. 

Pour conclure, Person of Interest est une très bonne série qui a su mêler espionnage, enquêtes, personnages et histoires complexes et palpitants. Elle a beaucoup de potentiel et j’espère qu’elle connaîtra le succès.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK Serie


03 mai 13

GLEE, SAISON 3

(diff fr) 

Je le dis sans rougir de honte : j’aime Glee. Ce qui me plaît dans cette série, c’est qu’elle donne la pêche, au travers de ses chansons et chorégraphies, et ses personnages délirants (mention spéciale à Sue Sylvester dont je savoure chaque réplique cinglante et dont elle seule a le secret). Les intrigues ne déplacent pas les montagnes, cependant, certaines ou certains aspects de ces intrigues sont percutants. J’ai un faible pour la relation entre Kurt et son père. Je la trouve touchante. Pour en rester à cette saison 3 : le grand point fort de cette saison a été, pour moi (en tout cas, c’est l’impression qu’elle m’a donnée), le partage des interprétations. Il y a eu quelque chose de choral. Je trouvais dommage… non, je commençais à en avoir marre de ne voir et n’entendre que Rachel et Finn s’égosiller à pleins poumons à longueur d’épisodes, d’autant plus que le personnage de Rachel m’agace.

 

Là, je me permets un petit aparté sur ce couple (avec d’autres points). Vu les antécédents de Rachel, j’ai du mal à adhérer à ses sautes de compassion pour les soucis de ses camarades et franchement, comment Finn peut tomber amoureux d’une fille aussi difficile alors que lui est vraiment un type bien ? Enfin, ces deux personnages me donnent quand même de bons fous rires, mais ne sont pas les seuls dont il faut se soucier. Il y a une véritable richesse de personnages dans Glee, et je souhaiterais que certains ne fassent pas seulement office de faire-valoir en ayant, ô, bonheur, le privilège d’une intrigue anecdotique le temps d’un nombre restreint d’épisodes. Je pense notamment à Tina. En effet, elle a changé de look, et le pire, c’est que moi-même je n’y ai pas fait attention ! J’étais à 100% avec elle lors de son coup de gueule. Quand bien même c’est la dernière année de Rachel et que Tina fera partie des vétérans du glee club la prochaine année, qui peut lui assurer qu’elle aura droit à plus de solos ? Qui peut lui assurer qu’il n’y aura pas de nouveaux tellement doués qu’ils ne pourront ne pas avoir de solos eux-aussi ? J’étais un peu déçue que Tina « rentre dans le droit chemin » à la fin de son coup de gueule. J’aurais voulu que Rachel fasse un geste, même modeste, mais si fort symboliquement, et pas ce simple duo dans une salle sans spectateurs, ridicule à vrai dire puisqu’on en revient au point de départ : ok, Tina chante mais personne n’est là pour l’entendre et apprécier son talent et son duo avec Rachel.

 

glee

 

J’en reviens maintenant aux interprétations pendant cette saison. J’ai trouvé que chacun avait droit à ses moments (enfin, certains un peu moins que d’autres, mais je parle d’un point de vue général), et c’en était très plaisant. Coup de foudre pour la prestation des New Directions pour les communales, parfaite illustration de mon propos. Chacun contribuait vocalement aux chansons, le collectif en ressortait davantage, les chorégraphies étaient dynamiques, pétillantes. Même Mike a chanté ! Le choc ! Je ne comprends pas pourquoi sa voix a été censurée pendant les deux premières saisons : certes, il n’a peut-être pas l’étoffe d’un monstre des vocalises, mais tout de même, sa voix est bien, et les communales ainsi que son duo avec Tina pour la Saint Valentin l’ont prouvé. Ce meilleur partage a permis d’apprécier de plus en plus les autres talents et de mieux apprécier les voix de Rachel et Finn : chanter moins diminue l’effet de saturation et par conséquent, on devient plus disposé à écouter. J’ai découvert Damian McGinty, que je verrais bien en crooner, à la Michael Bublé dont il a interprété Home. J’ai savouré la voix de Chris Colfer, unique. Dommage que son personnage n’ait pas été admis à la NYADA, contrairement à Rachel. Si lui aussi avait fait un solo lors des nationales, je suis certaine qu’il aurait été pris. Je suis même un peu  étonnée que les New Directions aient remporté les nationales. Bien sûr, c’est formidable pour eux, mais j’ai eu l’impression que les Vocal Adrenaline étaient à un niveau au-dessus. La chorégraphie était plus spectaculaire, plus technique, d’ailleurs, on le voyait rien qu’aux visages du glee club pendant le numéro de leurs concurrents. Pour les New Directions, le tableau était peut-être un peu plus « fou », on avait l’impression que ça partait dans tous les sens sans vraiment de cohérence (cette remarque concerne plus la dernière chanson). Cependant, le tableau était plus vintage, ambiance années folles, que celui des Vocal Adrenaline.

 

Sinon, pour les moins de cette saison : je citerai la tentative de suicide de Dave Karofsky. Ce fut un sujet grave mais traité trop rapidement. J’aurais préféré voir un peu plus de scènes où Karofsky subissait les moqueries cruelles de ses camarades avant de passer à l’acte, le tout sur un ou deux épisodes. En effet, ici, on a dû avoir une ou deux séquences de ce genre. Je ne suis pas du genre à souhaiter faire durer un plaisir morbide, mais quand on traite un sujet aussi grave, il faut le faire bien, même si la série est plutôt dans le positif, l’énergie ; ou alors il ne faut pas du tout en parler. Ici, j’avais l’impression que la décision de Dave arrivait trop subitement. L’après tentative ne fut pas très développé non plus : il aurait été bien de montrer une ou deux fois Kurt en train de demander des nouvelles de Dave. Oui, Kurt assurait son soutien à Dave dans la chambre d’hôpital, mais voir concrètement ce soutien aurait été bienvenu (une visite de Kurt chez Dave ou Kurt défendant Dave devant ses parents qui le voient comme un monstre, par exemple). Autre moins de cette saison : le ramollissement de Sue. Je ne sais pas ce qu’elle va devenir dans la saison 4 mais sa transformation en Sue gentille lui a quelque peu retiré de son ampleur de furie légendaire. Elle gardait encore des répliques d’anthologie, cependant, il manquait ce quelque chose qui m’avait fait aimer la méchante Sue. Cette évolution peut s’avérer intéressante, j’espère néanmoins qu’elle ne se retournera pas contre elle en définitive, en la rétrogradant en personnage faisant partie du décor car Glee y perdrait un élément non négligeable.

Je pourrais aborder plein d’autres éléments de cette saison 3, mais je vais en rester là car j’ai dit ce qui m’avait le plus marquée.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK