15 janv. 14

PERSON OF INTEREST, EP. 3*09

Le combat ultime...

(diff US, AVEC SPOILERS)

 

Cet épisode et aussi le suivant (3*10) marquent un tournant dans la série : ils sont à la fois la fin et le début d’un chapitre. La fin de HR, la fin de Carter. Le début d’une nouvelle New York enfin débarrassée de ces policiers corrompus qui n’étaient que le haut de l’iceberg et d’une redistribution des rôles et dynamiques entre personnages… La conclusion du chapitre HR arrivait à bon point. Entre HR, Root, Elias et sa bande, et le nouveau groupe fanatique de la protection des données, et toutes les autres intrigues à long terme, cela commençait à faire un peu trop. On risquait de se perdre et de s’ennuyer dans diverses intrigues s’éternisant et perdant de leur force. On voyait HR depuis le début de la série et après plus de deux ans, il fallait y mettre un terme pour se recentrer sur les autres histoires.

 

POI 1

 

Entrons plus en détail dans le 3*09. Honnêtement, il s’agissait d’un épisode assez classique selon les codes de Person Of Interest. En effet, si l’on regarde bien, on avait le schéma général suivant : Reese et Carter doivent garder l’oeuil sur quelqu’un et le groupe est poursuivi par une troupe d’hommes souhaitant les éliminer. En plus détaillé : la personne sur laquelle il faut veiller n’est autre que le boss du HR et les chasseurs ne sont autre que les hommes du HR. Au lieu d’avoir Reese essayant de cacher dans les immeubles de Big Apple et sauver la vie d’un POI face à une horde d’hommes le menaçant, on a Reese, avec Carter, essayant de rester en vie pour amener la tête du HR au FBI. Mais, dans l’ensemble, on a bien le contexte traqués-traqueurs-jeu de cache-cache à travers New York. Bien sûr, pour ne pas déroger à la règle, Reese se balade avec aisance dans les couloirs d’un bâtiment et met KO tous les assaillants (ou alors ceux-ci sont vraiment nuls). Bref, cette partie était correcte. Après tout, pourquoi pas ? Trop de fantaisie (batailles mettant à feu et à sang la ville) aurait sans doute été too much.


Le baiser Reese/Carter était inattendu, voire même choquant. Pas dégoutant, mais étrange, incongru. Pourquoi je dis ça ? Parce que j’ai toujours vu Reese et Carter dans une relation de profond respect mutuel. Ils se ressemblent par leur caractère tête brulée (à des niveaux différents ou le terme déterminé serait plus approprié), leur solitude, leurs blessures de guerre. L’allusion à ces blessures dans la morgue était la bienvenue, histoire de détendre l’atmosphère, si on peut se détendre dans une telle situation. Par contre, le baiser faisait trop « c’est bientôt la fin alors tant pis, je tente ma chance avec ce baiser », un peu comme dans ces films/séries où les deux héros sont grave dans le pétrin et perdent leur temps à s’embrasser au lieu de s’activer à trouver une solution. Cela manquait de sérieux.

 

POI 2

 

La partie avec Fusco était oppressante. J’ai vraiment cru que son fils avait été tué. Heureusement Shaw est arrivée à temps pour le sauver. Je dois dire que le type qui gardait Fusco n’était pas très malin : à sa place, je me serai posée des questions en entendant Fusco remercier mon complice qui vient d’assassiner son enfant. Mais bon, non, aucune réaction…

 

Et bien sûr, comment parler de cet épisode sans s’attarder sur la disparition de Carter ? Elle fut soudaine, pile au moment où on ne s’y attendait pas, au moment où on se disait « c’est fini, elle a gagné, elle reprend son grade de lieutenant ». Certains pourraient préférer une mort survenue au cours d’un échange de tirs avec HR dans la morgue, une disparition sur le champ d’honneur, en pleine action, en plein accomplissement de son devoir de flic. J’ai pensé à cela aussi, mais en définitive, l’option retenue avait de quoi être brutale. Cette soudaineté et la présence de Reese (et Finch, mais surtout Reese) accentuaient le côté tragique de la chose.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK


02 janv. 14

TOP OF THE LAKE



Top of the Lake est une expérience télévisuelle, assurément. Le résultat : satisfaction, déception, métamorphose, nonchalance, émerveillement peut diverger selon chacun, mais on ne ressort pas de Top of the Lake indifférent. La minisérie nous fait voyager dans la magnificence des paysages sauvages de la Nouvelle Zélande. Paradise est un paradis à première vue où on serait bien tenté d’y aller pour échapper à la brutalité du monde, aux problèmes personnels. En réalité, Paradise est un paradis pour mieux cacher l’enfer. Plus le cadre est idyllique, et apparemment, plus les hommes qui y vivent soit ont des secrets, soit sont cassés, soit sont barges, soit sont des pervers.

 

Tout commence avec la disparition d’une fillette de douze ans, rien de choquant jusque là. Ce qui l’est, c’est qu’elle est enceinte ! On se doute donc qu’il lui est arrivé quelque chose de terrible. Qui est le coupable ? Telle est la question. Toutefois, la dimension enquête n’est pas le principal sujet de Top of the Lake. D’ailleurs, si on fait attention au générique et au décor dans la série, on y trouve la réponse (je n’y prêtais moi-même pas plus d’attention jusqu’au moment où ça m’a fait tilt). Ce n’est pas non plus un sujet bâclé. C’est un prétexte pour explorer, accompagner d’autres histoires (et celles-ci accompagnent celle autour de l’enquête). C’est une enquête qui prend du temps, ce qui lui confère un côté réaliste, pour laquelle les autorités ne bénéficient pas de moyens énormes, et non pas une enquête résolue en quarante minutes avec une myriade de gadgets. La mini-série s'attache à poser les éléments.

 

Top of the lake


Pour ma part, je diviserai la série en deux parties. La première, constituée de trois épisodes, m’a moins enthousiasmée que la seconde, les trois derniers épisodes, donc (diffusion Arte). Il se passait plus de choses, il y avait plus d’avancée dans l’enquête dans ces trois derniers épisodes. Les trois premiers paraissaient plus lents. Je ne dis pas qu’il n’y avait rien : il y avait des choses, mais leur développement était moins palpitant que celui des évènements dans les épisodes suivants.

 

Ce qui est intéressant, ce sont les personnalités des différents protagonistes, chacun un peu bizarre à sa façon. Entre le patriarche Mitcham roi de Paradise et aux multiples descendants, violent, caractériel, ambigu ; ses deux fils paumés avec lesquels il « travaille » ; le capitaine de police qui se la coule douce et sort une demande en mariage étonnante (ça m’a frappée^^) ; l’héroïne Robin qui semble être la seule à se soucier de Tui, la disparue, et se trouve à la croisée des chemins ; Tui, jeune fille grandissant au milieu d’hommes peu recommandables ; tous ces hommes peu recommandables qui traînent au bar en pleine journée ; la gourou GJ à la chevelure de sorcière, qui a l’air de planer en permanence (ce personnage ne sert pas vraiment à grand chose, à part lancer des phrases pseudo philosophiques) et ses suiveuses ne sachant pas trop où aller ; il y a vraiment de tout pour faire un monde.
Plus on avance dans cette minisérie, et plus l’on se rend compte que cette nature apaisante n’a rien de quoi apaiser notre âme et nos inquiétudes face à la violence de ce monde.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,
VK