La kidnappée, la revenante et le tortionnaire…

(diff US, avec SPOILERS)

 

Criminal Minds rejoint le prestigieux club des séries ayant atteint les 200 épisodes. Mes réactions : (1) c’est fantastique !, (2) que le temps passe vite !, avant de souhaiter un bon anniversaire à la série (chiche rendez-vous au 300ème épisode^^, je ne dirai pas non). Bien sûr, l’arrivée de ce volet n’est pas passé inaperçu parmi les fans, et surtout parmi les fans du personnage d’Emily Prentiss (dont moi). Bien avant la diffusion du 200, les amoureux de cette série avaient été abreuvés de photos de tournage, d’interviews du cast & crew. Toutes ces sources d’information nous avaient entraînés dans de longs débats, entre excitation, doutes, élaboration d’hypothèses en tout genre (je plaide coupable^^). Avec le retour assuré de Prentiss le temps de ce chapitre, j’attendais ce 200 avec impatience. Car quand on savait que JJ allait être kidnappée, que cet enlèvement ferait écho à son année au State Department et au nouveau Section Chief Cruz, et que Prentiss allait venir à la rescousse, on attendait l’épisode du siècle. En tout cas, on nous l’avait vendu tel quel. Seulement, qu’en serait-il concrètement ?

Et bien, cet épisode a déchiré sa race !!, pour employer un langage familier. Vraiment. JJ n’est pas mon personnage favori, mais il faut le reconnaître : cet épisode JJ centric fera partie des meilleurs de la série. Un épisode incontournable (la preuve, je l’ai regardé deux fois en deux jours^^).

 

CM3

 

Premièrement, tout fan en a rêvé et les scénaristes l’ont fait : un des héros se fait torturer dans les règles de l’art.
On a vu, au cours des saisons, des victimes subir les violences d’unsubs pervers, mais on n’avait pas vu les héros être eux-mêmes à la place de ces victimes. Si, on a eu un Reid drogué par Tobias. Depuis, aucun des personnages n’avait été en situation critique et entre les mains d’un bourreau. Prentiss avait beau avoir été retenue prisonnière par Doyle, elle n’avait subi pour seule torture qu’une gravure de tatouage, c’était trop « modeste ». Avec JJ, et aussi Cruz, c’était totalement différent. On a vu de véritables séances de torture : jets d’eau, suspension en l’air avec des chaînes, électrocution, torture psychologique, le tout mené par un spécialiste du domaine (comprenez un ancien interrogateur de l’armée irakienne). Bref, c’était parfait. A me lire, vous allez me prendre pour une personne cruelle, mais je vous rassure, c’est uniquement pour la fiction. Et puis, ne sommes-nous pas en train de parler d’Esprits Criminels ? Nous ne sommes pas dans les bisounours, pardi !

Deuxièmement, on a eu droit au retour d’Emily Prentiss.
Quand bien même elle se trouve à des milliers de kilomètres de DC, elle est toujours rattachée à l’équipe. La voir dans son bureau, en mode « reine veillant sur son domaine » était top. De même la voir en action en sautant sur Hastings nous rappelait à quel point cette femme était une femme d’action. C’était une bonne chose de ne pas cantonner son retour à une participation passive dans l’enquête (ça aurait été frustrant, au vu de son passé, son caractère). Par ailleurs, on a eu droit à un petit retour sur l’affaire Doyle lors d’une belle scène de complicité entre JJ et Emily, à l’époque où Emily était amenée à son nouveau lieu de résidence. Enfin, ce retour était un joli clin d’oeil à l’épisode 6*18 : JJ était revenue pour aider l’équipe à trouver Emily alors qu’elle-même se trouvait à des milliers de kilomètres, et aujourd’hui, c’est Emily qui vient en renfort pour localiser JJ. Cela démontre que l’équipe est très soudée, quelles que soient les évolutions de carrière de ses membres.

Troisièmement, l’épisode était palpitant.
Aucun temps mort. De l’action, des explosions, des échanges de tirs, des moments d’émotion, des confrontations bureaucratiques. Un bon dosage entre scènes de recherche, scènes de torture, scènes avec Emily et flashbacks. L’épisode était dense, peut-être avait-on trop d’informations en même temps, mais en définitive, il était tellement bien réalisé et écrit qu’on ne s’ennuyait pas une seconde. On oscillait sur une palette d’émotions : stress (retrouvez vite JJ !), rires (les profilers « gentiment » refoulés vers la sortie par les agents de sécurité), nostalgie (Prentiss, la scène JJ/Prentiss dans le jet), la colère (contre la dame rembarrant Hotch, contre Hastings), tristesse (la perte du bébé), la joie des retrouvailles au bar.

On va terminer cet éloge avec la performance de AJ Cook : elle était tout simplement formidable.
Très beau jeu, aussi bien dans les scènes de torture que dans les séquences d’émotion et la course-poursuite avec Hastings. Parfait. Le personnage de JJ a sacrément changé depuis le temps où elle se contentait de courtes apparitions pour parler à la presse. Là voilà devenue profiler, badass et mère de famille.

 

CM5

 

A présent, attardons-nous sur d’autres éléments. On notera un certain parallèle entre l’histoire JJ vs. Hastings et Emily vs. Doyle. Il s’agit davantage de clins d’oeil (volontaires ou involontaires) puisque les contextes de ces deux histoires sont assez différents pour qu’on puisse les désigner comme copies. Néanmoins, on ne peut pas s’empêcher d’y penser. Emily, ayant un nouveau poste, revient épauler le BAU pour sauver JJ ; dans la saison 6, c’est JJ, dans une nouvelle affectation, qui revient illico soutenir le BAU dans la recherche de Prentiss. Elles apprennent le problème de l’autre alors qu’elles officient en dehors des Etats-Unis. Toutes les deux sont retenues prisonnières. Toutes les deux sont violentées. Le temps est compté pour toutes les deux. Une affaire de terrorisme est liée à la mésaventure des deux héroïnes : tantôt un terroriste irlandais, tantôt des membres d’Al Qaïda. A cela s’ajoute une participation à une mission top secrète et donc une task force : équipe d’Interpol, équipe FBI/CIA au Moyen-Orient. Dans les deux cas, un ancien collègue s’avère être un traître : Jeremy Wolfe / Michael Hastings. On remarque aussi une coupure de courant quelques instants avant l’arrivée des renforts et une blessure au niveau du ventre causé par un objet coupant (Emily / Cruz).

 

CM1

 

Le seul point faible assez perturbant de cet épisode réside dans la légitimité de JJ à rejoindre la task force de Matt Cruz. Je ne titillerai pas sur ce point s’il n’avait pas été aussi déterminant. En effet, rappelons qu’il est à l’origine de tout.

On se souvient que JJ, à l’époque, n’était qu’agent de liaison. Agent du FBI, oui, mais seulement agent de liaison. Elle n’avait aucune expérience en tant que profiler ou membre d’une autre task force pour des opérations spéciales. Et puis un jour, elle s’est retrouvée mutée au Moyen-Orient, zone dangereuse, et de surcroît, sur une mission ultra confidentielle et périlleuse de traque de terroristes d’Al Qaïda !!! Le genre de mission qu’elle n’avait jamais faite avant. Pour moi, c’est vraiment un virage extrême. D’agent de liaison donnant des conférences de presse, accueillant les familles de victimes, JJ devient chasseuse de terroristes au sein des forces spéciales ?!? On passe d’un extrême à l’autre, c’est incohérent. Vous m’objecterez qu’à la base, JJ établissait un contact avec la femme du terroriste, par conséquent, son ancien job lui donnait la légitimité pour le faire. Ou la raison bateau : JJ étant une femme, elle mettrait la prisonnière en confiance plus rapidement qu’un homme. Soit. Alors, quid de Strauss ? Ce n’est pas une femme, peut-être ? N’aurait-elle pas pu briser la glace ? Elle n’est quand même pas aussi rigide…

Ensuite, je ne comprends pas pourquoi JJ a continué aussi longtemps sur la mission et pourquoi elle est devenue l’un des garants des codes pour Integrity. Surtout, qu’est-elle allée faire dans ce convoi alors qu’elle était enceinte ?? J’aurais vu un autre profil être affecté sur cette mission : une personne ayant des compétences en négociation + ayant déjà été membre d’une task force + parlant arabe (ou au moins combinant deux de ces caractéristiques). Il faut un début à tout, d’accord, mais dans ce cas, le rôle de JJ aurait du s’arrêter à l’interrogatoire de la femme, pour une première mission de cette envergure. Même Strauss a contribué ponctuellement à la mission (ce que laisse supposer son absence au fur et à mesure des flashbacks). A l’inverse, une personne comme Emily aurait été plus adaptée pour cette mission (je ne dis pas ça parce que j’aime ce personnage, mais son profil me serait apparu comme une évidence). Pour une première mission, JJ aurait du avoir un rôle d’observateur et être confrontée au terrain dans une seconde mission. C’est vraiment la seule limite que je retiendrai pour cet épisode, excellent sur les autres points évoqués plus haut.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK