Dimanche 14 juin, j’ai eu le plaisir de rencontrer, avec un petit groupe d’interviewers, les acteurs de Profilage venus représenter la série de TF1 à Monte Carlo. Odile Vuillemin (Chloé), Philippe Bas (Rocher), Raphaël Ferret (Hyppolite) et Jean-Michel Martial (Lamarck) ont répondu à nos questions, dont voici des extraits (attention, quelques infos sur la saison 6) :

 

— Ca doit être très bizarre d’aborder la nouvelle saison (NB : la 6), sachant qu’il y a un personnage qui va partir (nb : Odile Vuillemin), sachant qu’il y a un autre personnage qui est mort (NB : Fred Kancel, jouée par Vanessa Valence). Ce sont des circonstances spéciales pour débuter une nouvelle saison, parce que normalement vous recevez les scénarios très peu en amont…

Odile Vuillemin : Si, si, on les reçoit quelques semaines avant le tournage. C’est vrai que le départ de Vanessa, c’était un peu dur, et puis après, il y a mon personnage qui est sur le départ. Pour l’instant ça se passe bien, on a fait six épisodes, et je pense que ça va devenir un peu émouvant pour moi pendant les six derniers.

— C’était un choix ?

Odile Vuillemin : Oui. Même si c’est un choix, c’est un super personnage. C’est pas évident. C’est pas parce que c’est un choix que c’est facile à faire.

 

— Et pour ceux qui restent, il y a un deuil à faire, déjà, du personnage ?

Philippe Bas : Non, parce que pour l’instant…

— Par rapport à Fred…

Philippe Bas : Ah, par rapport au personnage de Vanessa ?

— Oui. De Vanessa et de Chloé.

Philippe Bas : C’est-à-dire que ça remonte à l’année dernière en réalité, parce qu’on a repris le tournage en novembre, donc si vous voulez, pour nous… je ne dirai pas que le travail de deuil a été fait, mais il y a eu une nouveauté avec un autre personnage qui intervient désormais avec les flics, qui supplée notre équipe. En plus, on a eu tellement de remous, tellement de choses qui sont passées que si vous voulez, nous, on s’est tout pris sur les deux, trois, quatre premiers. Et là, on en est à six, on va attaquer à partir de mercredi prochain trois autres, trois suivants. Donc on est au milieu de la machine. C’est au moment où est dans la force de l’âge de la saison. Le virage à prendre, il va être plutôt vers la fin de l’année, et là, on est dans la ligne droite, on est juste avant le freinage. On est dans les pleins pots et comme l’a dit Odile, c’est assez émouvant. Parce que d’abord il se passe des choses sur un plan choral, notamment dans les trois prochains qui arrivent, pas mal de choses se passent avec plusieurs intrigues différentes. Et donc elles ont la particularité de, moi, de me surprendre encore, c’est déjà ma quatrième année. Si elles me surprennent moi, je pense, j’espère en tout cas qu’elles surprendront le public, et dans le bon sens.

 

— Et vous savez ce qui va se passer jusqu’à la fin de la saison ?

Philippe Bas : Non, c’est en évolution. On a une idée sur les arches. Il y a des choses qu’on sait…

— Vous savez par rapport à votre personnage… (à Odile Vuillemin) quand vous arrêtez…

Odile Vuillemin : Oui, je sais que j’arrête. (rires)

— Mais comment vous arrêtez ? Vous savez quelle fin vous attend ?

Odile Vuillemin : Oui, oui, je sais.

 

— Dans la saison 5, surtout vers la fin, on est passé d’une atmosphère décalée, avec beaucoup d’humour, vers… on est allé vers beaucoup plus sombre. Et du coup, pourquoi un tel virage avait été pris, d’explorer ces thèmes sombres ?

Philippe Bas : Raphaël, c’est à cause de toi !

Raphaël Ferret : C’est à cause de moi, c’était un demande de ma part… Non, vous savez, je crois que quand les auteurs réfléchissent à la saison, sur son ensemble au début, à l’épisode 1, il y a des idées. Mais après, en fait, la saison prend une vie en elle-même, c’est-à-dire que des choses se passent et puis, je veux dire, il y a quelque chose qui se passe au milieu de la saison, des épisodes, et ce qui fait qu’en fait, parfois, ça prend une forme… Bah là, cette forme, c’est vrai que cette fin de saison, c’était une fin de saison très sombre, mais c’est pas forcément quelque chose qui était voulue à la base, en fait… C’est une évolution, en fait. Il se passe des choses, et puis les auteurs, ça les inspire, selon tel épisode (…). En fait, la série a un peu sa vie propre, et c’est parti dans des choses un peu sombres, parce que… c’est comme ça que les auteurs ont ressenti les choses à ce moment-là. Mais je ne crois pas que ce soit une volonté de dire « on va faire quelque chose de très sombre ». Je pense que c’est quelque chose qui est venue comme ça, naturellement, par ce qui les inspirait , par ce qu’on faisait…

Philippe Bas : C’est aussi le pouvoir de cette série qui nous amène dans des choses qui sont chorales, à la fois très dures, des choses qui sont profondément difficiles. On parlait de deuil à l’instant. Et puis en même temps, il y a des intrigues qui nous amènent dans des situations de l’ordre de la comédie. Et ensuite, quelque chose qui arrive derrière et qui nous ramène à… Il faut bien quelques choses auxquelles on ne s’attend pas du tout. Et c’était notamment le départ de Vanessa.

 

— Et le départ de Vanessa, c’était un départ volontaire ? Ou suite à l’évolution de…

Odile Vuillemin : Non, ce n’était pas un départ volontaire. C’était un départ écrit.

 

Raphaël Ferret & Jean-Michel Martial

 

— Est-ce qu’au fur et à mesure des saisons vous avez pu un peu analyser, ou vous êtes posée la question de : pourquoi le succès a été grandissant ?

Odile Vuillemin : On a de très bons scénars, et puis c’est vrai qu’on est arrivé en France avec un personnage  très très atypique, qui n’existait pas trop en France. On a eu un peu de mal à installer parce qu’on avait l’habitude des Docteur House, Mentalist (…). L’anti-héros était assez acté aux Etats-Unis, mais en France, on n’avait pas trop l’habitude d’avoir quelqu’un avec plein de défauts, etc. On a eu un peu de mal à le placer. Puis après, c’est cette différence qui a fait le ton de la série, avec tout l’humour, on a beaucoup de vie privée entre les personnages, etc. On a une équipe de gens très très passionnés et motivés.

— Parce qu’il faut que ça dure. Ca dure, et ça perdure, et les audiences grandissent aussi. En général, c’est plus souvent l’inverse qui se passe au bout de trois saisons.

Philippe Bas : En fait, il y a eu plusieurs changements au fil de la série. Ne serait-ce qu’à la saison 3 avec mon arrivée qui a coïncidé avec l’arrivée de deux nouveaux réalisateurs qui ont un peu révolutionné le concept visuel de la série. Et puis c’est vrai qu’il y a un aspect choral qui est de plus en plus prenant. Parce que quand on suit le personnage d’Odile et tout ce qui se passe, ça nous amène à d’autres personnages, ça rebondit sur la vie privée de chacun.

 

— Philippe, que penses-tu de l’évolution de ton personnage depuis ton arrivée ?

Philippe Bas : J’en suis assez satisfait, dans la mesure où, comme je vous le disais tout à l’heure, par rapport à la lecture de ce que j’ai jusqu’à présent, il m’arrive encore d’être surpris. Systématiquement, parce que je ne peux pas savoir à l’avance ce qui va être écrit, mais je suis relativement surpris et de plus en plus dans le bon sens du terme, parce que… pas seulement par rapport à mon personnage, mais ce qui l’entoure et ce qui entoure l’équipe. En fait, je ressens, comme le public j’ose espérer, une espèce de… à la fois de renouveau, c’est comme si chaque année, chaque saison, il y avait pus d’ampleur sans que ce soit trop lourd. Je suis assez content et mon personnage est associé à cette évolution globale. Et donc je suis content, parce qu’il m’arrive des trucs que je ne soupçonnais pas. Et comme le disait Terrence Howard hier (NB : lors de la cérémonie d’ouverture), quand on a la chance d’interpréter un personnage comme ça sur deux, trois, quatre ans, moi qui ai fait pas mal de cinéma et d’unitaires, voire des séries parce que je suis dans ma vingtième année de carrière, en réalité, je me rends compte qu’on a un confort et une espèce de richesse dans ce truc-là. Il suffit d’enfiler cette veste et bam, t’y es. Et puis quand on joue avec Odile, avec Raphaël, il y a quelque chose de… Odile a raison quand elle explique qu’elle a un personnage qu’on n’avait pas l’habitude de voir, qui est atypique, moi, je suis un peu son corollaire, donc ce qui fait que ce binôme qu’on a créé aussi parce que moi, je suis arrivé après, je pense que ça a apporté une dimension différente. Et je suis très content. Pour l’instant, je suis loin d’être las.

 

— Tout à l’heure vous avez évoqué la nouvelle saison, vous-mêmes, comment vous avez géré le départ de Vanessa. Qu’est-ce qui attend vos personnages, quelles vont être les conséquences de ce final qui a été quand même été assez difficile pour les téléspectateurs. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur comment vont réagir vos personnages après les évènements ?

Odile Vuillemin : Ca a impacté sur chacun des personnages. Mais juste pour Chloé, évidemment, il a fallu se soigner… (rires + arrivée de Jean Michel Martial) (…) Je me suis faite soignée, ça va mieux. Ca va beaucoup mieux même, et du coup après, on repart. Je n’ai plus ma fille à l’entrée de saison, et on va essayer de la récupérer.

Philippe Bas : Ca va pas super bien puis ça s’améliore. Mais bon, il va se passer des choses encore !

Odile Vuillemin : Voilà, j’en dirai pas plus !

Raphaël Ferret : C’est vrai que la fin de la saison 5 est très très très très sombre.

Philippe Bas : Déjà, je ne suis pas mort, au cas où vous vous posiez la question !

Raphaël Ferret : Ca a marqué un peu les gens… On a eu beaucoup de retours un peu… Certaines personnes étaient un peu choquées par cette fin de saison très très très très sombre.

 

— C’est vrai que ce n’est pas le genre de chose qu’on a l’habitude de voir dans les séries françaises.

Raphaël Ferret : Les gens ont été marqués par cette fin de saison. C’est bien, d’être marqué. Je veux dire, au moins, on fait vivre des émotions aux gens. Après voilà, comme mon collègue disait, ça va partir… on va pas partir « c’est la fête »…

Philippe Bas : Dans la saison 6 tout le monde meurt… (rires)

Raphaël Ferret : Et puis petit à petit, on va retrouver une légèreté, on va retrouver une certaine légèreté, toujours avec quelques épisodes concepts comme ce qui se fait un peu chaque saison, typique des séries. Pour l’instant, je trouve qu’on est en train de faire une belle saison.

 

— Il y avait de nouveaux défis pour vous, en tant qu’acteur, pour la saison 6 ? Justement, à cause de ce qui s’est passé pour votre personnage dans la saison 5 ?

Raphaël Ferret : Des défis, je dirai pas des défis, mais en tout cas, des choses différentes à jouer pour moi. C’est vrai que c’est très agréable, c’est ce que disaient Philippe et Odile. On a la chance d’avoir des choses différentes à jouer et d’être souvent surpris, ce qui fait que le personnage de Chloé a vécu tellement de choses. C’est normal qu’au bout d’un moment, bon… Mais c’est vrai que pour le personnage d’Hyppolite par exemple, il commence à lui arriver pas mal de choses aussi. C’est hyper intéressant pour un acteur. On n’a pas la lassitude de se dire « bon là, je pars faire mon truc ». Et puis on sait qu’on va avoir des choses à jouer dans les saisons. On sait qu’on aura au moins un ou deux épisodes où on aura vraiment des choses à faire, et c’est très très agréable.

 

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