31 janv. 16

PROFILAGE, SAISON 6

 

Je retiendrai particulièrement de cette saison les intrigues hors enquêtes, autour des protagonistes.

Commençons avec la découverte de la fille de Fred, qui n’avait rien d’inattendu. Rappelons-nous que lors du final de la saison 5, Hippolyte avait promis à Fred qu’il "la" retrouverait. On pouvait d’ores et déjà supposer qu’il s’agissait d’un enfant qu’elle avait dû abandonner quand elle était plus jeune. Dès le début de la saison 6, Hippolyte est suivi par une jeune femme blonde, cette dernière s’avérant être la nouvelle recrue. Bizarre, comme coïncidence, non ? Par conséquent, la confirmation de ce lien de parenté n’en était qu’une suite logique. Suite tout à fait plaisante, la fille ayant un peu le même caractère que sa mère, et sa relation avec son beau-père prenant une tournure assez drôle, qui rappelle celle que Fred avait avec Hippolyte. Emma Tomasi reprend le flambeau et on retrouve ce duo "secondaire" qui apporte son petit grain de folie à la série et au duo Chloé Saint Laurent/Thomas Rocher. Les tentatives infructueuses de Chloé pour annoncer la nouvelle à Rocher et Larmarck étaient cocasses. Je serai curieuse de découvrir le père biologique d’Emma… En tout cas, bienvenue et bravo à Sophie de Fürst, qui se fond très bien dans l’équipe.

Que dire de l’Hippolyte drogué ? Crédible et triste pour le personnage (Raphael Ferret était très convaincant dans ce registre). Profilage sachant mélanger avec efficacité drame et humour, la scène de recadrage de Fred en fut une parfaite illustration (revoir Vanessa Valence fut un plaisir !). Maintenant, je me demande si on ne pourrait pas, pendant la saison 7, revenir sur le fait qu’Hippolyte s’est servi dans le coffre des scellés… Cela pourrait donner un problème intéressant. On aurait à nouveau le policier, et par prolongement, l’équipe, être sous le radar des affaires internes, néanmoins, il me semblerait cohérent que la disparition de cannabis des locaux de la police ne passe pas inaperçu longtemps.

profilage 1

 

En ce qui concerne la relation conflictuelle entre Thomas et Dimitri, avec en toile de fond un triangle amoureux : sur le coup, j’ai été un peu surprise car j’attendais que l’histoire prenne une autre dimension. En fait, l’option choisie n’avait en soi rien de sensationnel : on a déjà eu ailleurs des intrigues où deux hommes amis d’enfance se sont éloignés à cause d’une femme. Dans Profilage, l’un des deux hommes ne savait rien du départ précipité de son ami et à part ce détail, c’était, par la thématique, du déjà-vu. C’est peut-être pour cela que j’ai tardé à voir la chose arriver, sûrement espérais-je quelque chose de moins habituel… Il faut cependant reconnaître que la réaction écrite pour Thomas fut ambiguë, au moins pour un temps. La scène où Thomas invite Dimitri à faire un tour avec lui avait de quoi glacer le sang (Philippe Bas ressemblait à un tueur fou et diabolique), j’avais l’impression de regarder un film d’horreur. Je me doutais que ce dernier n’avait pas assassiné Dimitri, mais là encore, à cause de cette scène de proposition de balade, j’ai craint le pire. Dommage que le colonel soit décédé, je n’aurai pas été contre une suite sur les conséquences de sa révélation, aurait-on eu toute cette intrigue pour terminer sur ça ? Après, pour ne pas me contredire, ce type d’arche n’ayant rien de nouveau, autant y mettre un terme et passer à autre chose.

profilage 4

 

Chloé : décidément, sa vie est très loin d’être un fleuve tranquille. La saison 6 a démarré avec une Chloé en meilleure forme et en rédemption. Elle a regagné peu à peu la confiance de son entourage. J’enrage juste qu’on ne sache rien sur la fameuse discussion entre Rocher et Saint Laurent. Son déchirement d’être éloignée de sa fille était palpable et émouvant. Les scènes où on la voyait dessiner sur le bitume sous la fenêtre de Lili puis découvrir le message d’amour de Lili étaient si attendrissantes, j’avais envie de lâcher une larme. Comment ne pas aimer ce personnage ? A peine a-t-elle retrouvé la sérénité que la voilà de nouveau en proie au doute, face à ses visions de Garrel. Alors lui, j’ai toujours été persuadée qu’il n’était pas mort ! Quelle bonne idée de l’avoir fait revenir. Il est indéniablement amoureux de Chloé et prêt à tout pour être avec elle, quitte à la garder dans l’oubli de son passé. Chloé est comme son "remède miracle" contre une vie faite de violence et de meurtres… au moins pour un temps car rien n’assure qu’il ne retombe jamais dans ses travers, même en étant avec Chloé. J’avais bien aimé leur complémentarité lorsqu’ils s’étaient connus : lui, le bad boy montrant une autre facette avec Chloé, elle, fragile, pouvant se lâcher un peu plus grâce à lui. Deux personnages compliqués et torturés se complétant.

Si j’ai apprécié le retour de Garrel, je dois vous dire que l’épisode final de la saison 6 ne m’a pas autant captivée. Toutefois, c’était une digression intéressante, après plusieurs épisodes d’enquêtes policières classiques. Peut-être ai-je trouvé l’enquête de Chloé moins palpitante que celles auxquelles elles m’avaient habituée ? Est-ce parce que cette vie paisible Garrel/Chloé l’était trop ? Je ne sais pas exactement, c’est une question de feeling, je suppose… Parfois on aime, parfois on aime moins… A mes yeux, le déclic de Rocher qui comprend que Garrel est revenu d’entre les morts était trop rapide. Quelques années s’étaient écoulées, et franchement, j’avais l’impression que les indices n’étaient pas assez flagrants pour subitement faire le lien entre les exécutions et l’ancien commandant de la brigade des stups. Au départ, je n’avais pas compris ce revirement de situation, il a fallu que je me replonge dans mes souvenirs de la série… Surtout, pourquoi Garrel s’est-il senti obligé de commettre à nouveau des meurtres ? Ne pouvait-il pas tout simplement revenir vers Chloé ? Voulait-il inconsciemment ou non envoyer un message à Rocher et son équipe ? Avec la soudaine disparition de Chloé, ses retrouvailles avec elle auraient été forcément de courte durée, Rocher n’aurait jamais laissé tomber (et donc tout ça pour rien ?!).

profilage 2

 

Même sans avoir été transportée par cette fin de saison, je n’ai pas pu rester insensible à la scène de clôture. J’imaginais déjà une fin heureuse pour Chloé (retour chez elle et énorme câlin à Lili), et pas du tout un cliffhanger. Pourquoi tant de haine^^ ? Ne me dîtes pas que Rocher va succomber ?!! Il n’a pas réussi à survivre à un coup de ciseaux dans le dos pour finir avec une balle dans l’épaule… Par ailleurs, reverra-t-on Odile Vuillemin dans le premier épisode de la saison 7 ?

Je l’espère bien, parce que j’aimerai voir une conclusion nette pour son personnage. Sans saut dans le temps cette fois-ci, de grâce. Parce qu’on en a déjà eu entre les saisons 2 et 3 (mort de Pérac et exil de Chloé sur la côte), 4 et 5 (pendaison de Chloé), 5 et 6 (retour de Chloé après son épisode psychotique), ça commence à faire assez, selon moi. Je préfèrerai pour une fois qu’on assiste à la suite directe de ce qui s’est déroulé à la fin de la saison 6. Entre les saisons 5 et 6, ceci n’aurait pas été aisé car Chloé devait se soigner, Thomas aussi, Hyppolite tombait dans la drogue, donc cela aurait été étrange de faire un/deux épisodes sur ces sujets sans enquêtes et revenir à la dynamique habituelle. Je regrette néanmoins un manque de flashbacks sur cette période, mélangés aux enquêtes, pour voir ce qui s’est passé entre la mort de Fred et le retour de Chloé. Pour le premier épisode de la saison 7, je souhaiterais qu’on sache exactement ce que sont devenus Chloé, Thomas et Garrel.

 

profilage 3

 

Du côté des nouveaux, l’arrivée de l’archiviste, Viviane Mercadet (à appeler Madame^^), a apporté de la fraîcheur à la série. Un poil caricatural, elle, a tiré son épingle du jeu, via son caractère, sa démarche, son exigence pour le classement, et son béguin pour Larmarck. J’ai bien ri quand le commissaire lui a dit "j’ai une proposition indécente à vous faire…", yeux de la concernée commençant à scintiller, puis déception de celle-ci quand Lamarck lui propose en réalité de prendre la direction de la numérisation des archives, suggestion aberrante au vu de son amour pour le papier ! En effet, c'était une proposition indécente. Pour finir, voir Chloé se faire passer pour une danseuse nocturne lors d’une affaire, c’était hilarant. On aura tout vu avec elle.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK


08 janv. 16

MY GOODBYE TO DOWNTON ABBEY

 

DA

 

Downton Abbey said goodbye to the French viewers on the second day of 2016 with its last Christmas special. The episode gave a nice and happy ending for everyone… well, almost everyone when you think of Carson, I would rather say he was left with a “semi happy” ending.

I will keep sweet memories of this fine series. It presented a perfect reconstruction of the British gentry and servantship at the beginning of the twentieth century, with sophisticated and kind characters. I would mention Lord Grantham as an example: the man showed loyalty to the people who served him (e.g., Carson, Mrs. Padmore, Bates…), had never been mean or rude to anyone. He was a true gentleman. Downton Abbey created an environment in which love was mingled with tragedies (who could forget Matthew’s and Sybil’s death the day they welcomed their newborn?), changes that came alongside historical events and the acceptation of these changes (Tom Branson, the driver who married the Lord’s third daughter, etc.), humour (Denker vs. Spratt, the dowager countess’s lovely quotes…).

Love was at the core of Downton Abbey. In a sense, it has always been a matter of love: Mary/Matthew and eventually Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, plus the relationships that were not successful, and so on.

 

I must admit I was bored by some of these love stories and some characters’ evolution. The most disappointing, to me, was Mary. She was like a spoiled child raised in a rich family. Aiming at marrying a wealthy man even if she accepted Henry in the end, her joy to see him turning into a car salesman even seemed a bit odd (it was a bit difficult for me to trust her sincerity). Harsh to her sister Edith, appearing with a new haircut when Edith learns about Michael’s death, and nearly showing exasperation, like “come on, you should have known there was no hope, so why don’t you move on?” (it is true we doubted Michael would come back alive, but seriously, Mary…).

Yet curiously very close to her maid and the butler, in general, benevolent with the lower class. After Matthew passed away (could not bear the everlasting waltz between these folks), I expected Mary to take new challenging directions. What did we get? New pretenders for the Lady, again and again. It seemed that the sole objective for this character was to push her tie the knot, and be cruel to Edith to the end. See the Marigold revelation and Mary claiming she was unaware Edith did not tell Bertie… To me, Mary was certainly the less interesting character. I do not know if the Mary character was supposed to be the one that people would not appreciate or have mixed feelings about, but if it is, the job is well done.

 

DA

 

On the contrary, unlucky (for a long time) Edith was one of the most outstanding. When ‘Downton Abbey’ started, she was not really the most appealing hero in terms of temper, but she proved over the years to be mature, modern, and brave. She had several love interests as well, but they brought more compelling hardships/adventures to go through: she was left at the altar, had a baby out of wedlock (remember that was unacceptable back then!), headed a magazine. Edith became stronger. She totally and hopefully deserved a happy ending.

 

I regret the relationship between the Bates and justice (was it necessary to have both John and Anna accused of murder two seasons in a row?). I regret the fact that lots of servants arcs existed because they were linked to the Crawleys stories. For instance: we see servant Y doing things in city W because he/she is travelling with Crawley family member Z who had business to do in city W. However, that was a great idea to show the servants had their own dreams: Mrs. Padmore and her B&B, Daisy passing exams, Spratt and his column in Edith’s magazine, Molesley being a teacher… Times were changing, and people, too. I regret also that Downton Abbey did not go deeper for some story arcs, going from a curious beginning to a quick and simple development and conclusion, while wasting time on déjà-vu stories, let’s give the example of the Bates involved in criminal investigations.

These are some elements I wanted to point out, among others. Downton Abbey was a good series, it did not tell anything extraordinary, but (almost) ordinary people’s ordinary lives in a world in transition, in a soft and charming way. Even though I wish I could spend more great moments watching it, like intricate Tom Barrow said, “Even good things come to an end”.

 

You can check out my reviews in French here.

 

Goodbye Downton,

 

Sériecalement vôtre,

VK