20 juin 16

MONTE CARLO 2016 : JOURNAL DE BORD

 

Festival Monaco

Cette année, je retourne au Festival de Télévision de Monte Carlo (Monaco), qui se déroulera du dimanche 12 au jeudi 16 juin. Au programme : rencontres avec acteurs et ConTech Academy. Retrouvez dans ce journal de bord mes péripéties et photos (à la fin de l'article) ;-).

 

A bientôt ! 

 

 

 

 

Dimanche 12 juin, Cérémonie d'ouverture :

Les festivités débutèrent officiellement ce dimanche soir, avec la cérémonie d'ouverture, précédée d'un long défilé de stars. On put compter sur la présence de, entre autres : Matthew Modine, Jane Seymour, Marg Helgenberger, Jason Priestley, président du Jury Fictions, et Danny Glover, celui du Jury Actualités, Thomas Gibson de 'Criminal Minds' ('Esprits Criminels'), le majordome et le Riddler de 'Gotham', en les personnes de Sean Pertwee et Cory Michael Smith, les acteurs d’ 'Amour, Gloire et Beauté' ('The Bold and the Beatiful'), dont : John McCook, Rena Sofer, Jacqueline Mac Innes Wood (déjà venue en 2015). La branche médicale fut bien représentée par 'Chicago Med' et trois de ses acteurs et son producteur, Dick Wolf, et par 'Grey’s Anatomy', avec Kevin McKidd et Martin Henderson. Quant aux séries françaises, elles furent bien là elles aussi, avec : le cast de 'Nina', celui de 'Cassandre', Jean Luc Reichmann de 'Léo Matteï', et des membres du 'Bureau des Légendes', parmi lesquels Alexandre Brasseur et Michaël Abiteboul.

Alex Goude commenta l’arrivée au compte-goutte des vedettes et motiva le public présent autour du tapis rouge, notamment en essayent de lui faire entonner le générique français d’ 'Amour, Gloire et Beauté', avec plus ou moins de succès'. "Amour, Gloire et Beauté, des mots qui font rêver. Amour, Gloire et Beauté, des têtes qui font tourner, depuis l’éternité…"

La cérémonie commença par l'ouverture officielle du festival avec un discours de S.A.S Princesse Charlène de Monaco, en présence de S.A.S Prince Albert II de Monaco. Puis suivit la présentation des membres des jurys. Enfin, Marg Helgenberger reçut une Nymphe de Crystal en reconnaissance de son parcours cinématographique et télévisuel. La cérémonie se termina avec l'arrivée de Dick Wolf et des acteurs Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee, venus représenter la dernière née de la franchise Chicago, 'Chicago Med', dont le premier épisode fut diffusé.

 

Marg Helgenberger ©Sériecalement Vôtre

 

Lundi 13 juin : 

Ce Lundi fut une journée calme, ce qui me permit de sortir de Monaco et profiter des villages alentours. La journée se termina en beauté avec la Soirée des Séries TV dans les jardins du Monte Carlo Bay, situé en bord de mer. Un évènement dans un cadre magique...

Je pus, au cours de la soirée, retrouver des journalistes/blogueurs, photographes et professionnel de l’industrie rencontrés au fil des années et évènements séries, discuter avec certains comédiens venus au festival et déguster les mets du buffet. Les convives purent choisir entre plusieurs plats : bourride provençale (plat de poissons), nouilles sautées aux légumes, tranches de veau, taboulé, gratin d’aubergines, tartes aux blettes, mignardises : citron meringué, tarte tropézienne…

Je félicitai Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour leur travail sur 'Gotham'. J’appris que la série était tournée à New York et que des effets étaient ajoutés en post-production pour conférer à Gotham l’ambiance qui la rend si particulière et réussie. Avec d’autres journalistes/blogueurs, nous  tombions d’accord avec Robin la qualité de la production, parlâmes de la tendance des séries à tuer des personnages principaux, de 'The Walking Dead' (Robin suit en effet la série). Avec Cory, il fut davantage question du monde de Broadway. Je croisai Jesse Spencer de 'Chicago Fire' en grande discussion avec son ancienne partenaire de 'Dr House', Lisa Edelstein, maintenant dans 'Girlfriend’s Guide to Divorce', et lui confiai ma récente affection pour la série sur les pompiers une fois qu’il eut terminé avec Lisa. John McCook, le patriarche d’ 'Amour, Gloire et Beauté', dina à quelques centimètres de moi au comptoir des boissons. Cette difficulté à trouver une meilleure place lança quelques échanges sur le fait qu’il était originaire de Los Angeles et avait toujours vécu là-bas, et qu’il en était à sa cinquième participation au festival (pas cinq années de suite). Je racontai à Jack Falahee mon désespoir concernant l’attente de la diffusion de la saison 2 de 'How To Get Away With Murder' en France et mon bon souvenir de ma table ronde avec son collègue Alfred Enoch l’année dernière. Je remerciai Laurent Puons pour le festival.

J’aperçus également, au cours de la soirée : Marg Helgenberger, Jayne Seymour, Julie Benz, Danny Glover, Victor Garber, Elyes Gabel et Katharine McPhee ('Scorpion'), Sean Pertwee, comparse de Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith, Jeffrey Tambor ('Transparent'), Jason Priestley, Stella Maeve et Jason Ralph ('The Magicians'), Françoise Laborde, Alex Goude… Hélas, ni de 'Grey’s Anatomy' ni d’ 'Esprits Criminels'…

Merci à l’organisation pour cette soirée, et à NBCUniversal pour m'y avoir invitée !

 

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Mardi 14 juin :

J’eus l’occasion d’apercevoir en photocall des acteurs de trois séries que je suis régulièrement : 'Grey’s Anatomy', 'Esprits Criminels' et 'Gotham'. Avec Martin Henderson et Kevin McKidd pour la première, Sean Pertwee, Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour la seconde, et Thomas Gibson pour la troisième. Cette année, chaque acteur/actrice était invité à écrire un mot sur un fauteuil installé dans l’espace réservé au photocall. Ces messieurs se plièrent à l’exercice. McKidd souffla avec humour "I’m too old for this" ("je suis trop vieux pour ça") quand il se baissa pour écrire. Martin demanda demanda l’aide des photographes pour accorder des articles en fonction de certains mots, notamment pour France. Sean Pertwee s’amusa à prendre une pose de boxeur, prêt à en découdre, quand il posa seul après la pose de groupe avec ses deux collègues. Il faut reconnaître qu'il y a une belle alchimie entre les trois acteurs de 'Gotham'.

 

Ensuite, j’enchaînai les conférences de presse 'Grey’s Anatomy' et 'Gotham', et pu poser une question dans chaque.

On aborda les sujets suivants dans 'Grey’s Anatomy', parmi d’autres :

— Ecrire un épisode après en avoir réalisé plusieurs, pour Kevin ? L’homme ne se considère pas comme scénariste, être acteur a toujours été son premier amour. Par contre, il ne dit pas non à l’éventualité de devenir réalisateur, mais plutôt sur la scène européenne.

— Un surnom pour Nathan Riggs ? Martin Henderson n’ayant pas d’idée, la journaliste qui posa la question proposa "McSexy", ce surnom ayant l’avantage d’être facilement compris en français.

— Avec ses liens forts avec l’armée, Owen est-il un soldat ou un médecin en premier ? Selon Kevin, Owen est avant tout un médecin car ce qui compte, ce sont les patients. La question militaire est secondaire.

— Kevin trouverait le retour de Cristina Yang alors qu’Owen est marié avec Amélia "explosif" et "fun".

— Martin aime les triangles amoureux. Il répondit avec humour s’il pouvait avoir les deux soeurs (Meredith et Maggie) quand une journaliste lui demanda avec laquelle il souhaitait être. Il ignorait d’ailleurs que son personnage allait finir avec Meredith. Shonda Rimes avait décidé la relation avec Maggie en constatant la bonne alchimie entre Martin et Kelly (McCreary).

— Si on faisait un crossover entre 'Grey’s Anatomy' et un autre show de Shonda ? Martin se verrait bien médecin à la Maison Blanche, dans 'Scandal', et Kevin se verrait dans 'How To Get Away With Murder' au vu des compétences de son personnage en chirurgie traumatique qui collerait bien avec une série avec des meurtres…

— Martin avoua qu’il fut choqué quand Kevin lui apprit qu’il était stressé quand il réalisait un épisode, à cause notamment de la charge de travail à fournir en plus. En effet, Kevin ne laissait rien transparaître pendant le tournage. Celui-ci commenta avec humour qu’en réalité, il faisait l’acteur quand il réalisait.

Kevin est devenu citoyen américain en 2015.

 

A noter que McKidd et Henderson s’entendent très bien dans la vraie vie !

 

Kevin McKidd, Martin Henderson ©Sériecalement Vôtre  Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

Et les sujets suivants, avec l’équipe de 'Gotham' :

— Initialement, le personnage de Bruce Wayne n’était pas censé acquérir une telle importance.

— La saison 1 était davantage centrée sur les personnages de Gordon et Bullock, avec des épisodes standalone (qu’on peut regarder indépendamment), puis la série a évolué vers une saison 2 plus organique. 

— On retrouvera dans la saison 3 un écho aux élections présidentielles américaines.

— Pour cette saison, Robin, alias Oswald le Pinguoin, souhaiterait voir son personnage devenir enfin le vrai maître de Gotham, et se montrer encore plus vicieux et cruel. Cory Michael Smith, alias Ed Nygma, a, quant à lui, proposé une option plus originale : faire venir Ed à Monaco.

— Sean Pertwee a reconnu qu’il ne serait pas aussi bon majordome que son personnage dans la vraie vie.

— Revoir Fish Money revenue de l’au-delà (final de la saison 2) a fait comprendre à Oswald qu’il n’avait le contrôle sur rien, or son désir est de tout contrôler, tout comme Fish, a expliqué Robin. Il a d’ailleurs qualifié son évolution de "montagnes russes", en écho aux multiples épreuves que son personnage avait traversées.

— La série n’exagère pas la violence et la corruption comme on pourrait le penser car on les retrouve bien ancrées dans la vie réelle. 

— Le tatouage que Sean a sur son bras gauche a été repris comme motif pour la chevalière d’Alfred. Cette attention au détail portée par la production a beaucoup touché Sean au point qu’il a versé quelques larmes le premier jour du tournage.

— Quid de réactions étranges de la part des fans ? Robin a raconté que certains lui disaient qu’ils le pensaient beaucoup plus grand en réalité que dans 'Gotham'… 

 

Mercredi 15 juin :

J’assistai au panel dédié à la franchise Chicago de Dick Wolf, en présence du producteur et des comédiens de deux de ces séries : Taylor Kinney et Jesse Spencer pour 'Chicago Fire' ; Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee pour 'Chicago Med' (dont on avait découvert le pilote au cours de la cérémonie d’ouverture). Ce panel fut ouvert au public détenteur de la carte #OMG et organisé par la ConTech Academy (lire l’article dédié à paraître ultérieurement). Ce fut un panel fort agréable, avec des acteurs et producteur très complices et généreux avec le public venu les écouter. 

 

 Brian Tee, Jesse Spencer, Dick Wolf, Taylor Kinney, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre

 

Voici ce qui s’est dit pendant la séance, modérée par Anna Carugati Guise (World Screen) :

— A peine un mois s’était écoulé depuis la diffusion du pilote de 'Chicago Fire' que Dick Wolf avait déjà l'idée de lancer la franchise. 

— La franchise accueillera un nouveau venu : 'Chicago Justice'.

— Chicago Fire, Med et P.D. bénéficient des conseils de vrais pompiers, médecins et policiers. D’ailleurs, dans 'Chicago Fire', certains pompiers que l’on voit à l’écran sont de vrais pompiers, et les équipements utilisés (ex : les tenues de protection) sont authentiques.

— Le frère de Brian Tee est médecin. Si le personnage de Brian (Dr Choi) ressemble à son frère, dans la vraie vie, les deux frères sont totalement différents.

— "Les professions que l’ont exerce dans les séries Chicago sont nobles" a déclaré Jesse Spencer (Casey).

— Faire un crossover demande "beaucoup de homework" a indiqué Taylor Kinney (Severide). En effet, il y a environ 50 pages de script pour un épisode, et par conséquent, en fonction du nombre de crossovers, il peut y avoir jusqu’à pas moins de 150 pages à lire ! Néanmoins, l’acteur adore tourner dans ces épisodes crossovers : "Je trouve ça fun (…) J’apprécie vraiment ces crossovers" a-t-il dit, les crossovers lui permettent de rencontrer des acteurs avec lesquels il n’a pas l’habitude de travailler.

— Selon Torrey (Dr Manning), 'Chicago Med' montre l’humanité des médecins : ils ne sont pas uniquement "blancs ou noirs". 

— Pour Taylor, il est bénéfique pour un acteur de regarder les oeuvres dans lesquelles il a joué pour s’améliorer, en apprenant de ses partenaires à l’écran. Jesse éprouverait une étrange sensation en regardant 'Chicago Fire' car l’australien y parle avec un accent américain.

— Colin Donnell (Dr Rhodes) a montré ses talents de chanteur en interprétant une chanson d’un spectacle dans lequel il avait joué à Broadway, très fortement encouragé par Taylor à le faire.

— Torrey joue du violon, Jesse, du piano et de la guitare.

— Pas moins de 40 mille acteurs ont joué un rôle parlé dans les deux franchises de Dick Wolf, Law & Order (New York...) et Chicago.

 

Sinon, autres faits marquants de ma journée : le passage de Sarah Clarke ('NCIS') au photocall, ma photo avec Taylor Kinney après le panel, et Jack Falahee ('How to Get Away With Murder') se prêtant au jeu des autographes et selfies avec le public au sortir du Grimaldi forum.

Rendez-vous à une prochaine édition du festival !

Lire les autres articles relatifs au festival ici.

 

Retrouvez ci-dessous les photos du festival (cliquez pour agrandir) 

John McCook ©Sériecalement Vôtre Thomas Gibson ©Sériecalement Vôtre Sonia Rolland ©Sériecalement Vôtre

Jane Seymour ©Sériecalement VôtreMartin Henderson ©Sériecalement Vôtre Jack Falahee ©Sériecalement Vôtre Jean Luc Reichmann ©Sériecalement Vôtre

Taylor Kinney ©Sériecalement Vôtre Stella Maeve, Jason Ralph ©Sériecalement Vôtre Emilie Gavois Kahn, Gwendoline Hamon, Dominique Pinon ©Sériecalement Vôtre Jesse Spencer ©Sériecalement Vôtre

Kevin McKidd ©Sériecalement Vôtre Dick Wolf, Brian Tee, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 


01 mars 16

MONTE CARLO 2015 : "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (table ronde)

 

Sarah Drew, l’interprète du docteur April Kepner dans Grey’s Anatomy (ABC et diffusé en France par TF1), est venue représenter la série à Monte Carlo en juin 2015, accompagnée de son mari et de leurs deux enfants. Lors d’une table ronde, l’actrice a répondu aux questions des journalistes sur la saison 12, son personnage, la passion des fans pour la série…

 

— Votre personnage est très différent de celui qu’il était au début: timide, et maintenant, il s’est endurci…

Sarah Drew : Oui. April a pas mal évolué. Je veux dire, c’est un vrai cadeau de pouvoir jouer ce personnage parce que j’ai l’impression d’avoir joué quatre différents personnages tout au long de cette série. Elle a tellement changé, elle a grandi et mûri. Au début, elle était un peu comme une adolescente. Ce n’était pas une adolescente, mais elle se comportait comme telle et à présent, elle a vraiment mûri et j’ai l’impression qu’elle est devenue une véritable adulte. C’est cool d’avoir pu assister à cette progression.

— Selon vous, pourquoi les gens sont-ils tant attirés par la série ?

Sarah Drew : Je pense que les gens se reconnaissent dans ces personnages. Et vous avez cette expérience intense que l’on vit dans un hôpital quand on fait face à des situations de vie ou de mort, quand on essaye de sauver des vies, est-ce que le patient va vivre ? est-ce que le patient va mourir ? Mais on revient toujours aux relations humaines, et les gens se retrouvent dans ces relations, et ils tombent amoureux de ces relations, et ils espèrent l’amour. C’est une série optimiste, je pense, il y a beaucoup d’espoir et je pense que les gens sont attirés par cela également. En particulier en ce moment où il y a un grand nombre de séries sombres. Il y a de la légèreté, c’est une série sur des gens qui essaient de faire la bonne chose et de temps en temps, ça ne marche pas.

— Pourtant dans la série, il y a des situations dramatiques.

Sarah Drew : Absolument. Il y a absolument des situations dramatiques dans la série, mais je crois que la série est centrée sur des personnes qui intrinsèquement tentent de les surmonter, de faire la bonne chose, vous savez.

— Comment êtes-vous en contact avec les fans qui regardent la série ? Réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Twitter, Instagram. Je ne rencontre pas les fans très souvent. En fait, je suis plutôt casanière, je reste avec ma famille. Je vis dans une partie de Los Angeles où les célébrités ne sortent pas. Je ne me coiffe ni ne me maquille très souvent, alors quand je suis reconnue, c’est parce que les gens pensent qu’ils m’ont croisée à la gym !

— Pensez-vous qu’il est important d’avoir des retours des personnes qui regardent la série ?

Sarah Drew : Tout à fait !

— Comment les recueillez-vous ? Par les réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Nous recevons les retours via Twitter. Je tweete beaucoup en direct. Et les fans ont permis que le show perdure. Je veux dire, c’est… Nous avons gagné un People’s Choice Award dans la catégorie de la meilleure série dramatique aux Etats-Unis cette année, j’imagine que ça a été relayé partout, je ne sais pas, mais pour qu’une série remporte un People's Choice Award alors qu’elle en est à sa onzième saison, c’est vraiment grâce aux fans qui l’ont adoptée et adorée et portée pendant toutes ces années, et je… Nous somme si reconnaissants, reconnaissants envers les fans.

— Selon vous, pourquoi le public aime-t-il les séries médicales ?

Sarah Drew : Je pense que c’est à cause des enjeux cruciaux, comme gérer des situations de vie ou de mort. Donc vous vous intéressez aux personnages de la série, et puis vous vous intéressez aux patients, et ensuite, vous voyez comment les vies des patients s’entremêlent avec celles des médecins. Ainsi, il y a une multitude de façons de se lier. Je pense que tout tourne autour des rapports humains.

— Quand vous allez dans un hôpital maintenant, voyez-vous les choses différemment ?

Sarah Drew : Tout à fait. Oui. Cette saison, mon personnage... J'étais enceinte quand mon personnage l'était, et nous avons tourné ma scène où je suis en travail et celle de l'accouchement, et puis le travail s’est déclenché dix heures plus tard. J’étais littéralement en train de tourner ces scènes de travail et d’accouchement et dix heures après, le travail était réel, j’étais dans une vraie salle d’accouchement, avec des infirmières, c’était assez dingue.

— Avez-vous suivi une sorte de boot camp dans un hôpital avant ?

Sarah Drew : Je crois que les acteurs présents dans les premières saisons ont probablement assisté à des opérations, et cela a toujours été possible pour nous, mais je ne l’ai pas encore fait. Je sais que je devrais, c’est ridicule de ne pas l'avoir fait. Je le ferai, je dois le faire. J’aimerais le faire.

— Est-ce parce que vous avez peur ?

Sarah Drew : Non. Non. Je pense que ça pourrait être très intéressant. En fait, ça me fascinerait. Il faut juste que je trouve du temps pour le faire. 

 

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— April est une personne très religieuse. Quel est votre rapport avec la religion ?

Sarah Drew : Mon père est pasteur. J’ai grandi dans un foyer chrétien, par conséquent, ma foi a toujours fait partie de ma vie, a toujours eu une place importante dans ma vie. Et c’était vraiment intéressant parce que lorsqu’il a été décidé que mon personnage serait chrétien, Shonda Rhimes m’a invitée dans son bureau et m’a dit : "nous savons que tu as une grande connaissance de ce monde, et nous voulons raconter une histoire authentique, alors présente-nous des idées, et si jamais quelque chose ne va pas, viens et dis-le nous, nous voulons raconter une histoire vraie". Cela a été un honneur de pouvoir collaborer de cette manière.

— Pouvez-vous nous décrire une journée de tournage type ?

Sarah Drew : Une journée de tournage type… Vous arrivez, vous rejoignez la loge, vous passez par la case coiffure et maquillage, vous traînez avec vos coiffeurs. Vous répétez les scènes, vous voyez l’équipe. Ensuite on met au point l’éclairage, vous retournez dans la loge, vous vous habillez. Puis vous sortez et vous tournez, en fait, vous enchaînez les prises l’une après l’autre. Et vous passez du temps avec les acteurs et pendant les prises, nous aimons regarder des vidéos YouTube, ou lire, ce sont des trucs débiles : des chats, des vidéos de bébés dans une voiture traversant un tunnel, celle-ci est ma préférée. (rires)

— Avez-vous regardé la série ?

Sarah Drew : Oui, et je l’ai suivie depuis ses débuts. C’est la seule série que mon mari et moi regardons depuis ses débuts. Alors c’était vraiment excitant d’avoir pu faire partie de l’aventure.

— Certains personnages majeurs sont morts. Avez-vous peur que Shonda Rhimes tue votre personnage ?

Sarah Drew : Oh, nous pouvons tous être tués. N’importe qui peut disparaître à n’importe quel moment, alors je profite du présent pour ce qu’il est. J’adorerai rester dans le show, mais je sais qu’il y a des chances que je parte.

— Avez-vous un plan B, au cas où ?

Sarah Drew : Je continuerai mon chemin. Je recommencerai les auditions, et serai reconnaissante pour ce que cette expérience a été.

— Vous jouez dans la série depuis si longtemps, et peut-être avez laissé passer des opportunités. Comme vous l'avez dit, vous allez devoir tout recommencer.

Sarah Drew : Vous ne pouvez pas perdre du temps à regretter les opportunités manquées quand vous êtes au milieu de la meilleure opportunité que vous pouviez demander, vous voyez où je veux en venir ? J’ai eu la chance de faire un film il y a deux étés de cela et puis je suis partie faire sa promotion l’été dernier et… C’est un job qui prend tellement de temps, nous faisons 24 épisodes par an, c’est dur. Quand vous avez une pause, vous avez envie d’en profiter. C’est sympa de travailler de temps en temps, mais je crois… Quand je commencerai à me dire "oh, pour faire ça, il faut que je fasse ça"… Je me rappelle de ce que Chandra Wilson (NB : le docteur Bailey dans la série) m’a dit un jour. Elle a dit : "pourquoi t’inquiètes-tu de cela aujourd’hui ? Tu as un job, alors profite du fait que tu as maintenant un job. Tu as un job. Un jour, ce job s’achèvera et tu chercheras le prochain". Je pense que c’est une attitude très saine.

— Le personnage incarné par Patrick Dempsey est mort, qu’est-ce qui va arriver dans la prochaine saison ? Pensez-vous qu’un nouveau personnage va arriver ?

Sarah Drew : Je viens d’apprendre aujourd’hui (NB : la table ronde s’est déroulée le mardi 16 juin) que Martin Henderson rejoint le show, et j’en suis exaltée parce qu’il était… J’ai fait un pilote avec lui pour Shonda Rhimes il y a quelques années qui finalement n’a pas été retenu, alors je suis très impatiente. Mais personne ne peut remplacer le docteur "Mamour". Vous savez, le docteur "Mamour", c’est le docteur "Mamour" ! (rires)

— Qu’est-ce qui vous attend dans la saison 12, si vous pouvez nous donner des pistes ?

Sarah Drew : Je sais que mon personnage a connu un changement considérable, a eu cette incroyable expérience sur le champ de bataille en tant que chirurgienne de guerre. Et maintenant, je suis de retour et je suis une nouvelle personne qui entre en conflit dans sa relation avec Jackson, et nous verrons qu’elle est devenue une super dure à cuire. C’est une personne si différente. Je crois que tout le monde est très enthousiaste parce qu’il y a eu un renouveau sur la série, et nous comptons Debbie Allen (NB : le docteur Catherine Avery dans la série) parmi nos producteurs. Nous verrons, ce sera fun.

 

 

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

24 nov. 15

MONTE CARLO 2015 : "EMPIRE", DANNY STRONG, TARAJI P. HENSON, TERRENCE HOWARD (conférence de presse)

 

Danny Strong, co-créateur d’Empire avec Lee Daniels, et le couple vedette de la série, Terrence Howard, Lucious, et Taraji P. Henson, Cookie, ont participé à une conférence de presse lors du festival et ont partagé avec les personnes présentes quelques anecdotes sur la série.

Le Cookie-ism préféré de Taraji est "Boo boo kitty". Taraji n’a pas inventé ce terme:  "Je ne l’ai pas créé. On avait l’habitude de beaucoup l’utiliser à l’université". Elle a employé cette expression lors de la première prise, il n’apparaissait pas dans le scénario, et selon Danny Strong, "C’était un millier de fois mieux que toutes les idées que j’avais imaginées jusqu’alors". Taraji a insisté pour que ce soit Terrence qui joue le rôle de Lucious. "J’ai appelé Lee. Tu sais, ce script est incroyable. Cookie est incroyable, mais je ne suis pas intéressée sauf si tu engages Terrence pour le rôle de Lucious". Car si le tandem Cookie/Lucious ne fonctionne pas, Empire ne pourra pas marcher. Il fallait une connexion très forte entre les deux personnages. En ce qui concerne le personnage de Cookie, Taraji avait, au départ, peur qu'il ne soit pas apprécié. Or Cookie est devenu un symbole grâce à sa sincérité quelle que soit la situation, "Cookie dit la vérité" (Henson). Beaucoup de femmes ont félicité Taraji pour ce personnage qui est un exemple de femme forte.

 

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On pourrait penser que Joe Jackson a inspiré les scénaristes pour dépeindre le personnage de Lucious, mais il n’en est rien. Lee et Strong ont plutôt pensé à Jay-Z, Puffy. Les invités ont ensuite avoué qu'il n’a pas été facile de faire participer des artistes dans Empire. "On a connu des temps difficiles pour faire venir les gens", a révélé Danny Strong. Maintenant que le succès s’est confirmé, beaucoup d’artistes se sont bousculés pour apparaître dans la saison 2. Cependant, la série se veut aussi dénicheuse de nouveaux talents et non pas uniquement une série qui ne fait que montrer des artistes déjà bien installés, comme l’a expliqué Terrence: "Nous ouvrons la porte aux talents du monde entier pour qu’ils viennent". Ces derniers peuvent d’ailleurs soumettre leur candidature, un peu dans l’esprit de American Idol (décliné en France en: A la recherche de la nouvelle star), idée qui a été proposée par l’acteur.

Taraji a raconté une anecdote sur sa rencontre avec Joan Collins quand un journaliste a évoqué la ressemblance d’Empire avec Dynastie (Joan Collins a été l'un des personanges principaux du soap pendant plusieurs saisons). Les deux femmes se sont vues dans l’avion et Joan Collins a twitté en premier cette rencontre. Enfin, pendant longtemps, le père de Danny Strong préférait qu’André prenne les rennes d’Empire et puis vers l’épisode 8, il s’est mis à envisager Jamal. Malheureusement, au cours de la saison 1, l’homosexualité de Jamal reste un frein...

 

Quelques mois auparavant, Lee Daniels et Taraji P. Henson étaient venus au festival Séries Mania à Paris, vous pouvez lire leur interview ici.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Table ronde Grey’s Anatomy (Sarah Drew)

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

21 juil. 15

MONTE CARLO 2015 : "HOW TO GET AWAY WITH MURDER", ALFRED ENOCH (table ronde)

 

Alfred Enoch était un des invités du festival, pour porter les couleurs de How To Get Away With Murder, série dans laquelle il prête ses traits à Wes Gibbins, étudiant du cours de droit de l’inflexible et dangereuse Annalise Keating. Celle-ci a la tâche intéressante d’apprendre à ses élèves toutes les ficelles pour faire acquitter un client accusé de meurtre. Rebaptisée Murder pour la diffusion française, la série passe sur M6.  Autour d’une table ronde matinale, l’acteur (aussi Dean Thomas dans la saga Harry Potter) a partagé avec enthousiasme son ressenti sur son personnage, celui d’Annalise, joué par Viola Davis, Shonda Rimes, entre autres… après un petit aparté sur la soirée anniversaire des 55 ans du festival à laquelle il avait assisté la veille. A noter que son partenaire Matt McGorry, alias Asher Millstone, était également à Monte Carlo (mais je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer).

 

 

— Pouvez-vous nous dire quel souvenir vous avez de la première fois où vous avez lu le scénario de How To Get Away ?

Alfred Enoch : Je me souviens que je jouais dans une pièce à Londres. J’ai reçu le script alors que je donnais deux représentations le même jour, le matin et le soir, et j’allais passer l’audition le jour suivant. Alors que je le parcourais, ma première pensée a été la suivante : comment vais-je pouvoir le lire ? Me préparer ? Aussi, faire un travail décent ? Et ces questions se sont accentuées au fur et à mesure que je lisais, parce que j’ai pensé : c’est excitant, c’est bon, ça devrait être un travail excitant, intéressant à faire. Je me rappelle avoir pensé que c’était un twist intéressant sur quelque chose qui me paraissait familier. L’aspect "qui est le coupable" raconté sur deux époques m’a paru original et m’a semblé poser les questions différemment.

— Saviez-vous au début que Wes avait tué Sam ?

Alfred Enoch : Non. J’aurais voulu le savoir, mais ça n’a pas été le cas. C’est un des aspects intéressants quand on travaille sur la série. Les choses changent. Vous recevez le script et vous pensez : oh, il y a une autre pièce à ce puzzle. Alors c’est très difficile, de ce point de vue, de reconstruire ce qui s’est passé pour deviner ce qui va arriver par la suite.

— Dans la série, vous étudiez le droit. Auriez-vous pu, vous-même, être avocat?

Alfred Enoch : J’ai étudié la littérature, alors ma relation avec les mots est probablement différente. J’ai des amis qui viennent de terminer leurs études en droit. Ça n'a jamais été quelque chose qui m’a séduit.

— Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre personnage, et qu’est-ce que vous n’aimez pas?

Alfred Enoch : J’admire vraiment la capacité de Wes à respecter ses croyances, ses principes. Il pose des questions qui sont dures, basées sur un code moral. Je respecte plutôt ça. Je pense que l’une des choses les plus difficiles sur le personnage est… Je veux dire, c’est dur parce qu’ils sont placés, ils sont placés dans des situations si difficiles et ça fait partie probablement des raisons pour lesquelles les gens aiment la série. Evidemment, certaines de ses actions deviennent discutables, mais souvent, je pense que les gens regardent cela avec moins d’empathie que moi. Peut-être parce qu’étant Wes, je passe beaucoup de temps avec mon personnage. J’ai de la sympathie pour lui. Vous savez, je pense qu’il commet un acte extrême, mais il le fait. Il le fait pour protéger ceux à qui il tient… C’est l’une des autres choses qui me fascine dans le script, et ce, dès le pilote. Il présente différentes facettes de ces personnages, et cela devient dur de pointer quelqu’un et de dire : c’est ce qu’une personne est. Vous savez, nous montrons un autre visage dans différentes situations, différents scénarios, et avec différentes personnes. Donc j’aime ça, j’aime qu’il ne soit pas aussi simple de dire que lorsqu’une personne fait quelque chose de mal, c’est une mauvaise personne.

 

Alfred Enoch

 

— Comment est-ce, de travailler avec Viola ?

Alfred Enoch : Fantastique !

— Avez-vous la même relation que celle qu’on voit à l’écran ?

Alfred Enoch : Heureusement, non ! (rires) J’aurais été… Mon dieu, ce serait une expérience épuisante si c’était le cas… Annalise Keating est un personnage tellement formidable et exténuant ! A bien des égards, c’est une femme si compliquée. Elle a une façon de manipuler les gens, d’être exigeante, mais Viola est adorable, c’est une personne tellement gentille. Et ça contribue à faire du plateau de tournage un endroit agréable. Les gens sont gentils. Pour moi, vous savez, qui viens de Londres et qui vis dans une ville que je ne connaissais pas beaucoup avant, être entouré personnes agréables a rendu les choses plus faciles. Alors je suis reconnaissant envers Viola et le reste du cast.

— Voyez-vous la relation entre Wes et Annalise comme celle qu’auraient une mère et son enfant, ou davantage ?

Alfred Enoch : Ca va plus loin. Je pense que, peut-être, il y a un aspect maternel. Elle fait quelque chose que je trouve incroyablement généreux, dans un moment très fort pour les deux. Je pense qu’il y a un côté maternel, mais il y a plus. Je pense que c’est l’un des éléments intéressants dans le fait de le jouer, mais il y aussi le fait qu’il y a tant d’impulsions différentes, tant de conflits pour eux. La manière dont ça commence, ils sont liés par un secret. Vous savez, elle est compromise, il sait quelque chose, elle a besoin qu’il ne le dise à personne. Et je pense que l’une des choses plaisantes est que les scénaristes arrivent toujours avec de nouveaux rouages pour déstabiliser cette relation. Il y a beaucoup de mise à l’épreuve, il y a du conflit, et il y a de l’attirance.

— Votre personnage va-t-il être sauvé parce qu’il a ce lien spécial avec Annalise ?

Alfred Enoch : Je pense que l’un des aspects excitants du show est qu’il donne le sentiment que personne n’est à l’abri. Vous savez, vous ne voulez pas regarder, je pense, une… Je veux dire… ce n’est pas nécessairement vrai. Je pense que parfois… Je me souviens avoir lu un livre quand j’étais jeune et quelqu’un m’a spoilé la fin, m’a dit qui mourrait, et en fait, ça ne m’a pas empêché du tout de profiter du livre. La façon dont vous arriver là est une autre chose. C’était l’un des éléments de la série. Quand elle a résolu la question de savoir qui avait tué Sam, elle a introduit une autre question : qui d’autre était impliqué, et à quel degré ? J’aime ce rebondissement. Il y a toujours quelque chose d’autre à trouver. Mais je pense que quelque chose a été ajouté à ce mélange : il n’est pas évident de penser que les gens sont en sécurité. En tout cas, ce n’est pas l’impression que j’ai eue. Je pensais : "Wes aurait pu être tué… Non, il va survivre dans la saison 1". Quand les enjeux sont d'une telle envergure, les individus deviennent très extrêmes, en particulier dans le contexte de la série. Je pense que n’importe quel personnage pourrait partir. Heureusement, il (Wes) survit…

 

— Oui, dans la série, tout peut arriver à n’importe quel moment, alors c’est très excitant à regarder. Personne n’est à l’abri du tout.

Alfred Enoch : Je suis content que ce ne soit pas simplement le sentiment d’un acteur paranoïaque à l’idée de perdre son travail…

De toute évidence, vous ne jouez pas dans Game Of Thrones ! (rires)

Alfred Enoch : C’est vrai. Je pense, dans un sens, qu’on touche à quelque chose qui est importante dans n’importe quelle histoire, c’est que vous ne voulez pas que les choses soient de trop, n’aient pas de sens, ne soient pas pertinentes. Vous savez, si une personne meurt, il faut que ce soit un évènement. Je veux dire, que ce personnage vous manque, que vous soyez content de sa mort, vous voulez une sorte de relation. Alors je pense qu’il y a un peu de ça, dans Game Of Thrones.

— Quelle est l’implication de Shonda Rhimes dans la série ?

Alfred Enoch : Elle a créé une très bonne ambiance. Vous savez, elle a engendré un environnement de travail convivial où, vous savez, les gens se sentent à l’aise. Nous avions eu un dîner avec Shonda et l’équipe créative et tous les scénaristes, les acteurs, les scénaristes, Shonda et quelques producteurs quand nous sommes arrivés à L.A avant de commencer la saison. Et c’est une chose agréable à faire.

 

Vous pouvez lire la version originale (anglaise). Et mon avis sur le pilote.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminel
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre

12 juil. 15

MONTE CARLO 2015 : "ESPRITS CRIMINELS", MATTHEW GRAY GUBLER (table ronde)

 

Un des moments savoureux de ce festival pour moi fut ma table ronde avec Matthew Gray Gubler, l’interprète de Spencer Reid dans Esprits Criminels (Criminal Minds en VO, diffusée sur TF1). Cette série est un des milestones de mon parcours de sériephile (j’ai même eu l’idée folle de faire le fan film, Agents du diable). Alors pouvoir échanger avec Matthew en personne, c’était la cerise sur le gâteau. Je rassure, j’ai su rester professionnelle. La discussion fut agréable, vous en trouverez le contenu ci-dessous.

 

— Vous avez suivi des études en réalisation, et puis vous avez été mannequin pour plusieurs marques, et puis vous avez atterri dans Esprits Criminels. Qu’avez-vous appris de ces différentes expériences, et orienter votre carrière vers ces différentes expériences était-il intentionnel ?

MGG : Vous savez, j’ai été très chanceux et je n’ai jamais vraiment… intentionnellement (NB : à ce moment, MGG a fait un commentaire sur les chaussettes d’une des personnes présentes) J’ai eu une carrière chanceuse et je ne l’ai pas orientée de façon particulière. J’ai juste été très chanceux. J’ai fait des études en réalisation et je pensais que cela allait me propulser vers Hollywood, et c’était mon objectif dans la vie, et ça m’a, d’une étrange façon, conduit vers le cinéaste Wes Anderson, pour lequel j’ai fait un stage dans le cadre de mes études, et puis il m’a retenu pour jouer dans un film dont le titre est "La vie Aquatique". Ca a été ma première expérience en tant qu’acteur, elle m’a finalement conduit à faire un documentaire sur le film et à obtenir un agent qui m’a envoyé aux auditions pour Esprits Criminels. J’ai toujours essayé de… J’adore les personnes du monde du divertissement, qu’ils soient acteurs, réalisateurs, réalisateurs de clips YouTube, et j’essaie juste de faire ça chaque jour.

 

— Est-ce que ça a été difficile pour vous d’être acteur ? Parce que vous n’aviez pas, peu d’expériences avant Esprits Criminels.

MGG : Bonne question… Je pense qu’en fait, ça a été plus facile. Mon type d’acteurs et mon type d’artistes préférés sont les personnes qui n’ont pas beaucoup d’expériences, parce que cela les force à être authentique et sincère. C’est… Dans n’importe quel domaine, que vous soyez peintre ou vous savez, danseur, je pense que quand vous travaillez sans cadre et technique, vous êtes forcé de composer de la façon la plus authentique qui soit. Même si je réalise des épisodes ou autre chose, je cherche toujours les personnes qui… elles n’interprètent pas seulement, c’est comme si elles existaient, et ces personnes-là sont la catégorie d’artistes de que je préfère.

— Cela signifie-t-il que vous n’avez eu aucune préparation pour interpréter le rôle ?

MGG : Etant donné que je n’ai jamais suivi de cours de façon classique, mon process d’interprétation est, je pense, différent de celui des autres. J’essaie de… J’étudie… C’est difficile pour moi d’expliquer… Je souhaitais que le personnage ait le syndrome d’Asperger, c’est une forme d’autisme, alors j’ai fait des recherches et je voulais qu’il soit une sorte d’agent du FBI improbable, atypique, alors je me suis libéré de ce processus pour n’avoir aucune connaissance sur le FBI. Je ne voulais pas savoir comment tenir un pistolet, je voulais juste rendre ce personnage unique. C’est comme prendre les parties que je préfère de mes nombreux héros et personnes que je connais dans la vie réelle. Je ne sais pas comment expliquer cela. Je n’ai pas vraiment de méthode. C’est bizarre, je ne sais pas, je ne sais pas, mon processus est décousu, désolé…

 

— Pourquoi votre personnage parle aussi vite ?

MGG : Bonne question… Vous savez, je n’avais jamais pensé qu’il parlait vite !

— Ou c’est peut-être parce que je suis française…

MGG : Non, c’est vrai, il parle vite.  C’est venu naturellement quand j’ai voulu créer Reid, et ça s’est concrétisé sous la forme d’une rapidité de la pensée. Je pense qu’il a l’habitude que les gens l’ignorent et lui manifestent de l’indifférence, mais il a une incapacité… Il sait tout et doit le dire tout le temps, alors la meilleure façon de le faire sans être interrompu est de parler très vite, pour éviter que quiconque ne le coupe.

 

MGG

 

— Quels sont vos épisodes préférés ?

MGG : Je suis très fier de ceux que j’ai réalisés, ça c’est sûr.

— L’un de mes préférés est "Lauren".

MGG : Oh, merci !

— Parce que j’adorais le personnage de Paget Brewster (NB : Emily Prentiss) aussi, alors…

MGG : Elle est super. Merci. C’était un épisode amusant à faire. Mon préféré est probablement "The Lesson". C’était pendant la saison 8, et il s’agissait de l’homme qui transformait les êtres humains en marionnettes, et j’ai beaucoup aimé ça. (…) Et j’aime beaucoup "Mosley Lane".

 

— Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos du cast ?

MGG : Ouais ! On se sent tous comme une famille, et je suis très chanceux de travailler avec eux. Je les aime tous. Shemar est comme mon frère, Joe est comme mon père de Los Angeles, les filles sont comme mes sœurs. On forme un super groupe. Tout le monde a le meilleur sens de l’humour qui soit.

 

— Esprits Criminels montre des meurtres très noirs. Avez-vous pensé que cela puisse avoir une influence sur certaines personnes qui regardent la série, parce que nous voyons toujours des tueurs en série et des modi operandi très effrayants ?

MGG : C’est drôle, je pense que… En fait, je vois… Je pense que c’est un peu comme un test, où lorsque vous regardez quelque chose, vous ne voyez que ce que vous voulez voir. Quand je regarde la série, les personnes qui m’abordent dans la rue me disent souvent que la série les a inspirés à s’engager dans les forces de l’ordre, ou leur a donné envie de devenir un agent du FBI, ou leur a a donné envie de mettre fin à la criminalité. Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui était en mode "ça m’a donné envie de tuer des gens !" (rires). J’aime imaginer que cela insuffle de l’inspiration pour faire le bien dans le monde, et pour moi, c’est une série qui n’est pas centrée sur le meurtre et la mort, mais une série centrée sur l’espoir et le bien, mais ce n’est juste que mon point de vue. (rires) Je ne sais pas, peut-être que je suis fou…

— Non…

MGG : Je suis sûr que je le suis…

 

— Et quels sont vos projets maintenant ?

MGG : Je tourne cette série onze mois par an, mais pendant chaque mois de pause, je fais un film. Actuellement, je tourne "Alvin et les chipmunks 4", et j’ai terminé la production d’une adaptation contemporaine de Tom Saywer et Huckeberry Finn dans laquelle j’ai joué, et dont je suis très fier. L’avant-première s’est déroulée il y a trois jours en Amérique. Et je viens de finir un film dont le titre est "Suburban Gothic", qui est une comédie, un film d’horreur qui sort, je pense, en Europe, le mois prochain.

— Comment faîtes-vous pour jongler entre tout ça ?

MGG : Je sais, je sais… Bonne question… J’ai besoin de faire une pause… Cette année, pendant que je tournais dans Esprits Criminels, je tournais aussi dans "Band of Robbers" et "Life After Beth", un film sur les zombies, et c’était beaucoup de travail.

— Donc vous jouez et vous réalisez. Que préférez-vous ?

MGG : J’adore les artistes quel que soit le domaine. Les choses que je préfère dans la vie sont jouer dans des comédies et n’importe quel type de réalisation.

 

La version VO est également disponible.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

20 juin 15

MONTE CARLO 2015 : "PROFILAGE" (table ronde)

 

Dimanche 14 juin, j’ai eu le plaisir de rencontrer, avec un petit groupe d’interviewers, les acteurs de Profilage venus représenter la série de TF1 à Monte Carlo. Odile Vuillemin (Chloé), Philippe Bas (Rocher), Raphaël Ferret (Hyppolite) et Jean-Michel Martial (Lamarck) ont répondu à nos questions, dont voici des extraits (attention, quelques infos sur la saison 6) :

 

— Ca doit être très bizarre d’aborder la nouvelle saison (NB : la 6), sachant qu’il y a un personnage qui va partir (nb : Odile Vuillemin), sachant qu’il y a un autre personnage qui est mort (NB : Fred Kancel, jouée par Vanessa Valence). Ce sont des circonstances spéciales pour débuter une nouvelle saison, parce que normalement vous recevez les scénarios très peu en amont…

Odile Vuillemin : Si, si, on les reçoit quelques semaines avant le tournage. C’est vrai que le départ de Vanessa, c’était un peu dur, et puis après, il y a mon personnage qui est sur le départ. Pour l’instant ça se passe bien, on a fait six épisodes, et je pense que ça va devenir un peu émouvant pour moi pendant les six derniers.

— C’était un choix ?

Odile Vuillemin : Oui. Même si c’est un choix, c’est un super personnage. C’est pas évident. C’est pas parce que c’est un choix que c’est facile à faire.

 

— Et pour ceux qui restent, il y a un deuil à faire, déjà, du personnage ?

Philippe Bas : Non, parce que pour l’instant…

— Par rapport à Fred…

Philippe Bas : Ah, par rapport au personnage de Vanessa ?

— Oui. De Vanessa et de Chloé.

Philippe Bas : C’est-à-dire que ça remonte à l’année dernière en réalité, parce qu’on a repris le tournage en novembre, donc si vous voulez, pour nous… je ne dirai pas que le travail de deuil a été fait, mais il y a eu une nouveauté avec un autre personnage qui intervient désormais avec les flics, qui supplée notre équipe. En plus, on a eu tellement de remous, tellement de choses qui sont passées que si vous voulez, nous, on s’est tout pris sur les deux, trois, quatre premiers. Et là, on en est à six, on va attaquer à partir de mercredi prochain trois autres, trois suivants. Donc on est au milieu de la machine. C’est au moment où est dans la force de l’âge de la saison. Le virage à prendre, il va être plutôt vers la fin de l’année, et là, on est dans la ligne droite, on est juste avant le freinage. On est dans les pleins pots et comme l’a dit Odile, c’est assez émouvant. Parce que d’abord il se passe des choses sur un plan choral, notamment dans les trois prochains qui arrivent, pas mal de choses se passent avec plusieurs intrigues différentes. Et donc elles ont la particularité de, moi, de me surprendre encore, c’est déjà ma quatrième année. Si elles me surprennent moi, je pense, j’espère en tout cas qu’elles surprendront le public, et dans le bon sens.

 

— Et vous savez ce qui va se passer jusqu’à la fin de la saison ?

Philippe Bas : Non, c’est en évolution. On a une idée sur les arches. Il y a des choses qu’on sait…

— Vous savez par rapport à votre personnage… (à Odile Vuillemin) quand vous arrêtez…

Odile Vuillemin : Oui, je sais que j’arrête. (rires)

— Mais comment vous arrêtez ? Vous savez quelle fin vous attend ?

Odile Vuillemin : Oui, oui, je sais.

 

— Dans la saison 5, surtout vers la fin, on est passé d’une atmosphère décalée, avec beaucoup d’humour, vers… on est allé vers beaucoup plus sombre. Et du coup, pourquoi un tel virage avait été pris, d’explorer ces thèmes sombres ?

Philippe Bas : Raphaël, c’est à cause de toi !

Raphaël Ferret : C’est à cause de moi, c’était un demande de ma part… Non, vous savez, je crois que quand les auteurs réfléchissent à la saison, sur son ensemble au début, à l’épisode 1, il y a des idées. Mais après, en fait, la saison prend une vie en elle-même, c’est-à-dire que des choses se passent et puis, je veux dire, il y a quelque chose qui se passe au milieu de la saison, des épisodes, et ce qui fait qu’en fait, parfois, ça prend une forme… Bah là, cette forme, c’est vrai que cette fin de saison, c’était une fin de saison très sombre, mais c’est pas forcément quelque chose qui était voulue à la base, en fait… C’est une évolution, en fait. Il se passe des choses, et puis les auteurs, ça les inspire, selon tel épisode (…). En fait, la série a un peu sa vie propre, et c’est parti dans des choses un peu sombres, parce que… c’est comme ça que les auteurs ont ressenti les choses à ce moment-là. Mais je ne crois pas que ce soit une volonté de dire « on va faire quelque chose de très sombre ». Je pense que c’est quelque chose qui est venue comme ça, naturellement, par ce qui les inspirait , par ce qu’on faisait…

Philippe Bas : C’est aussi le pouvoir de cette série qui nous amène dans des choses qui sont chorales, à la fois très dures, des choses qui sont profondément difficiles. On parlait de deuil à l’instant. Et puis en même temps, il y a des intrigues qui nous amènent dans des situations de l’ordre de la comédie. Et ensuite, quelque chose qui arrive derrière et qui nous ramène à… Il faut bien quelques choses auxquelles on ne s’attend pas du tout. Et c’était notamment le départ de Vanessa.

 

— Et le départ de Vanessa, c’était un départ volontaire ? Ou suite à l’évolution de…

Odile Vuillemin : Non, ce n’était pas un départ volontaire. C’était un départ écrit.

 

Raphaël Ferret & Jean-Michel Martial

 

— Est-ce qu’au fur et à mesure des saisons vous avez pu un peu analyser, ou vous êtes posée la question de : pourquoi le succès a été grandissant ?

Odile Vuillemin : On a de très bons scénars, et puis c’est vrai qu’on est arrivé en France avec un personnage  très très atypique, qui n’existait pas trop en France. On a eu un peu de mal à installer parce qu’on avait l’habitude des Docteur House, Mentalist (…). L’anti-héros était assez acté aux Etats-Unis, mais en France, on n’avait pas trop l’habitude d’avoir quelqu’un avec plein de défauts, etc. On a eu un peu de mal à le placer. Puis après, c’est cette différence qui a fait le ton de la série, avec tout l’humour, on a beaucoup de vie privée entre les personnages, etc. On a une équipe de gens très très passionnés et motivés.

— Parce qu’il faut que ça dure. Ca dure, et ça perdure, et les audiences grandissent aussi. En général, c’est plus souvent l’inverse qui se passe au bout de trois saisons.

Philippe Bas : En fait, il y a eu plusieurs changements au fil de la série. Ne serait-ce qu’à la saison 3 avec mon arrivée qui a coïncidé avec l’arrivée de deux nouveaux réalisateurs qui ont un peu révolutionné le concept visuel de la série. Et puis c’est vrai qu’il y a un aspect choral qui est de plus en plus prenant. Parce que quand on suit le personnage d’Odile et tout ce qui se passe, ça nous amène à d’autres personnages, ça rebondit sur la vie privée de chacun.

 

— Philippe, que penses-tu de l’évolution de ton personnage depuis ton arrivée ?

Philippe Bas : J’en suis assez satisfait, dans la mesure où, comme je vous le disais tout à l’heure, par rapport à la lecture de ce que j’ai jusqu’à présent, il m’arrive encore d’être surpris. Systématiquement, parce que je ne peux pas savoir à l’avance ce qui va être écrit, mais je suis relativement surpris et de plus en plus dans le bon sens du terme, parce que… pas seulement par rapport à mon personnage, mais ce qui l’entoure et ce qui entoure l’équipe. En fait, je ressens, comme le public j’ose espérer, une espèce de… à la fois de renouveau, c’est comme si chaque année, chaque saison, il y avait pus d’ampleur sans que ce soit trop lourd. Je suis assez content et mon personnage est associé à cette évolution globale. Et donc je suis content, parce qu’il m’arrive des trucs que je ne soupçonnais pas. Et comme le disait Terrence Howard hier (NB : lors de la cérémonie d’ouverture), quand on a la chance d’interpréter un personnage comme ça sur deux, trois, quatre ans, moi qui ai fait pas mal de cinéma et d’unitaires, voire des séries parce que je suis dans ma vingtième année de carrière, en réalité, je me rends compte qu’on a un confort et une espèce de richesse dans ce truc-là. Il suffit d’enfiler cette veste et bam, t’y es. Et puis quand on joue avec Odile, avec Raphaël, il y a quelque chose de… Odile a raison quand elle explique qu’elle a un personnage qu’on n’avait pas l’habitude de voir, qui est atypique, moi, je suis un peu son corollaire, donc ce qui fait que ce binôme qu’on a créé aussi parce que moi, je suis arrivé après, je pense que ça a apporté une dimension différente. Et je suis très content. Pour l’instant, je suis loin d’être las.

 

— Tout à l’heure vous avez évoqué la nouvelle saison, vous-mêmes, comment vous avez géré le départ de Vanessa. Qu’est-ce qui attend vos personnages, quelles vont être les conséquences de ce final qui a été quand même été assez difficile pour les téléspectateurs. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur comment vont réagir vos personnages après les évènements ?

Odile Vuillemin : Ca a impacté sur chacun des personnages. Mais juste pour Chloé, évidemment, il a fallu se soigner… (rires + arrivée de Jean Michel Martial) (…) Je me suis faite soignée, ça va mieux. Ca va beaucoup mieux même, et du coup après, on repart. Je n’ai plus ma fille à l’entrée de saison, et on va essayer de la récupérer.

Philippe Bas : Ca va pas super bien puis ça s’améliore. Mais bon, il va se passer des choses encore !

Odile Vuillemin : Voilà, j’en dirai pas plus !

Raphaël Ferret : C’est vrai que la fin de la saison 5 est très très très très sombre.

Philippe Bas : Déjà, je ne suis pas mort, au cas où vous vous posiez la question !

Raphaël Ferret : Ca a marqué un peu les gens… On a eu beaucoup de retours un peu… Certaines personnes étaient un peu choquées par cette fin de saison très très très très sombre.

 

— C’est vrai que ce n’est pas le genre de chose qu’on a l’habitude de voir dans les séries françaises.

Raphaël Ferret : Les gens ont été marqués par cette fin de saison. C’est bien, d’être marqué. Je veux dire, au moins, on fait vivre des émotions aux gens. Après voilà, comme mon collègue disait, ça va partir… on va pas partir « c’est la fête »…

Philippe Bas : Dans la saison 6 tout le monde meurt… (rires)

Raphaël Ferret : Et puis petit à petit, on va retrouver une légèreté, on va retrouver une certaine légèreté, toujours avec quelques épisodes concepts comme ce qui se fait un peu chaque saison, typique des séries. Pour l’instant, je trouve qu’on est en train de faire une belle saison.

 

— Il y avait de nouveaux défis pour vous, en tant qu’acteur, pour la saison 6 ? Justement, à cause de ce qui s’est passé pour votre personnage dans la saison 5 ?

Raphaël Ferret : Des défis, je dirai pas des défis, mais en tout cas, des choses différentes à jouer pour moi. C’est vrai que c’est très agréable, c’est ce que disaient Philippe et Odile. On a la chance d’avoir des choses différentes à jouer et d’être souvent surpris, ce qui fait que le personnage de Chloé a vécu tellement de choses. C’est normal qu’au bout d’un moment, bon… Mais c’est vrai que pour le personnage d’Hyppolite par exemple, il commence à lui arriver pas mal de choses aussi. C’est hyper intéressant pour un acteur. On n’a pas la lassitude de se dire « bon là, je pars faire mon truc ». Et puis on sait qu’on va avoir des choses à jouer dans les saisons. On sait qu’on aura au moins un ou deux épisodes où on aura vraiment des choses à faire, et c’est très très agréable.

 

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre

19 juin 15

MONTE CARLO 2015 : JOURNAL DE BORD

 

Ca y est, c’est parti pour le festival ! Vous trouverez ici un journal de bord, que je mettrai à jour quotidiennement (ou presque, tout dépendra de la qualité du réseau…).
Attention : les articles relatifs au festival sont susceptibles de contenir des spoilers.

Enjoy !

 

Samedi 13 juin

Après quelques cinq heures de train et des va-et-vient hôtel-forum Grimaldi ressemblant plus à un parcours du combattant qu'une tranquille promenade, je me suis enfin installée à Monaco pour le festival. En ce premier jour des festivités, j’ai eu la chance d'assister à la cérémonie d’ouverture, précédée/suivie par l’arrivée/la sortie des vedettes au Grimaldi Forum (voir la galerie, "opening ceremony"). Y ont défilé le cast de Chicago PD : Patrick Flueger, Brian Geraghty, Jesse Lee Soffer, Marina Squerciati ; Bryton James et Daniel Goddard des Feux de l’amour, stars et danseurs de Danse avec les stars : Brian Joubert, Rayane Bensetti, Fauve Hautot, Grégoire Lyonnet…; Patrick Duffy et Eric Close, présidents respectivement du jury Séries TV et Films TV ; Poppy Montgomery d’Unforgettable, parmi tant d’autres.

Le festival fut officiellement lancé par SAS Charlène de Monaco, et couronna d’une nymphe de cristal Patricia Arquette. La projection d’un épisode d’Empire étant prévue après la cérémonie d’ouverture, Taraji P. Henson, Terrence Howard, les interprètes de Cookie et Lucious, ainsi que Danny Strong, co-créateur d'Empire (avec Lee Daniels), vinrent introduire la série. Pour Danny Strong, le succès d’Empire trouve sa source dans la nature des sujets abordés, qui sont universels : on y voit une famille s’entredéchirer à cause de l’argent, et c’est un thème qui parle à tout le monde. Terrence Howard confia sa fierté, en tant qu’acteur afro-américain, face aux succès de la série, non plus aux Etats-Unis seulement, mais à l’international. Beaucoup de personnes pensaient que ce genre de sujet ne toucherait que le public américain, et en définitive, il s’est avéré que beaucoup d’autres pays s’intéressaient au programme.

 

Bryton James & Daniel Goddard

 

Dimanche 14 juin

Aujourd’hui, entrée en matière avec mes premières tables rondes et conférences de presse. Pour les non connaisseurs, la différence entre table ronde et conférence de presse réside essentiellement dans le nombre de journalistes posant les questions : en général moins de dix pour la première modalité, et beaucoup plus pour la seconde.

Profilage ouvrit la marche, avec Odile Vuillemin, Philippe Bas, Raphaël Ferret et Jean-Michel Martial (qui a rejoint la table vers le milieu). Quelques éléments partagés : Odile, qui quittera la série à la fin de la saison 6, connaît déjà la fin réservée à son personnage, Chloé, et en est satisfaite. L’équipe a déjà tourné les six épisodes de la saison 6. Le départ de Vanessa Valence, alias Fred, n’était pas volontaire.

J’ai aussi assisté à la conférence de presse avec Poppy Montgomery, l’héroïne principale d’Unforgettable. Quelques éléments partagés : La série a été reprise par A&E, chaîne du câble, ce qui permettra à la série un peu plus de marges de manœuvre qu’avec CBS, en termes de scènes, de langage (plus de jurons). Poppy a l’habitude d’improviser pour les dialogues, et très souvent, ses improvisations ont été gardées dans la scène. La popularité d’Unforgettable a été aidée par celle de Without A Trace (FBI : Portés Disparus, diffusée sur France 2) : cette série a permis au public français de connaître un peu plus Poppy Montgomery, avant de la revoir dans Unforgettable.

La journée s’est terminée avec la conférence de presse Empire, avec Taraji P. Henson, Terrence Howard et Danny Strong. La réplique préférée de Taraji pour Cookie : "boo boo kitty". La série a eu du mal à trouver des stars pour une apparition pendant la saison 1. Avec le succès de la série, les stars se bousculent pour participer à la saison 2 ! Mais la série essaie aussi de donner une chance aux talents moins connus, au lieu d’utiliser des chansons auxquelles le public est déjà habitué. Pour le personnage de Lucious, les auteurs se sont inspirés de Jay-Z et Puffy.

Enfin, pause déjeuner avec les acteurs de 12 Monkeys, Aaron Stanford et Amanda Shull et autres journalistes/blogueurs, organisé par CanalSat et SyFy (avec Bigger Than Fiction).

 

Lundi 15 juin

Nouvelle journée pour de nouvelles tables rondes, quoique très light, puisqu’en effet, je n’avais que deux rendez-vous aujourd’hui. J’ai rencontré le cast d’Amour, Gloire et Beauté, et à nouveau revu l’équipe de 12 Monkeys. La première série était représentée par Jacob Young (Rick Forrester jr), Jacqueline Mac Innes Wood (Steffy Forrester) et Karla Mosley (Maya Avant) ; la seconde, par Amanda Shull (Cassie) et Aaron Stanford (Cole).

Les acteurs d’Amour, Gloire et Beauté venaient de parcourir quatre villes en quatre jours pour la promotion du soap. Jacqueline a défini son personnage comme pouvant être à la fois votre meilleure amie et votre pire ennemie. Karla a confié être excitée par la storyline donnée à son personnage : en effet, on découvre que Maya était un homme dans une autre vie ! Quant à 12 Monkeys, les acteurs ont partagé leurs avis sur l’apport de leur personnage à l’évolution de l’autre. Cole est devenu plus sensible et a appris à apprécier la vie grâce à Cassie, et celle-ci a accepté de faire des choses qu’elle n’aurait jamais faites pour sauver l’humanité grâce à Cole. A la question du message porté par 12 Monkeys, les acteurs ont répondu qu’elle interroge sur la dualité de l’humanité : comment les hommes réagissent face à un évènement grave, aussi bien de façon positive que négative.

 

SDC11546

 

Mardi 16 juin

Cette année, le festival a accueilli la première édition du Content & Multiscreen Experience, CME pour faire plus simple. Organisé par Monaco Mediax, le CME est un cycle de conférences professionnelles étalé sur deux journées. Intéressée par les questions économiques concernant le secteur Media & Entertainment (j’abrègerai en M&E), j’ai profité de cette journée pour y faire un tour. De toutes les conférences auxquelles j’ai pu assister (dont cinq ce mardi 16 juin), il ressort clairement que l’enjeu aujourd’hui pour les industries M&E, c’est l’audience engagement : comment retenir et interagir avec le consommateur de contenus. Aux entreprises de réfléchir à une stratégie qui doit reposer avant tout sur une forte qualité de l’histoire que l’on veut raconter. Cela ne sert à rien d’investir sur un site web si le contenu n’est pas à la hauteur, par exemple. Voilà un résumé synthétique.

 

Du côté des séries TV, j’ai discuté avec Zoe McLellan de NCIS : New Orleans, puis Dick Wolf. Zoe McLellan n’a pas tarit d’éloges sur son partenaire à l’écran, Scott Bakula, qu’elle voit comme quelqu’un qui se préoccupe des autres. A ses yeux, la Nouvelle Orléans, lieu où se déroule l’action, est une ville unique, avec une identité et une histoire propre. C’est elle qui fait le charme de la série.

Malheureusement, les sessions ayant pris un peu de retard, je suis arrivée en plein milieu de la conversation entre Dick Wolf et les autres journalistes, ce qui m’a empêchée d’apprécier pleinement la table ronde, mais bon, il a fallu faire avec… A part ce contretemps, je reste contente d’avoir échangé avec le père des franchises Law & Order et Chicago Fire/PD/Med, plus d’autres séries toutes aussi connues. Il a assuré que Chicago Med serait une véritable série médicale. A la question "Y aura-t-il un quatrième opus sur Chicago ?", Wolf a répondu qu’il fallait rester aux aguets…

Je me suis aussi rendue à la la conférence de presse "The iconics", avec : Patrick Duffy (Dallas), Bo Derek, Stephanie Powers (Pour l’amour du risque, The Girl from U.N.C.L.E), Lee Majors (L’homme qui valait trois milliards), Antonio Fargas (Huggy dans Starsky & Hutch) et Lindsay Wagner (The Bionic Woman) fut très agréable. Les acteurs ont répondu avec beaucoup d’humour  (la palme revient à Patrick^) et fierté par rapport à leur parcours et ce que leur série a pu représenter pour eux et différentes générations. Ils sont contents d’avoir joué dans des séries qui ont marqué les consciences. Stephanie Powers a expliqué que plusieurs femmes lui ont dit qu’elles étaient devenues officiers de police/avocates grâce à l’actrice et son rôle dans The Girl from the U.N.C.L.E. Patrick Duffy a insisté sur le fait que bien qu’étant considérées comme des "icônes", ils n’en restaient pas moins des acteurs toujours prêts à retourner devant les caméras, donc avis à ce qui cherchent des acteurs. Par ailleurs, le fait d’être appelé "icône" ne le perturbe guère. Il y tient même, "I do wake up as an iconic" a-t-il dit, provoquant l’hilarité dans la salle.

Ma dernière table ronde (mais pas la dernière activité de la journée) a été avec Sarah Drew, April Kepner dans Grey’s Anatomy. Une femme très chaleureuse, qui a répondu à nos questions avec beaucoup d’entrain. On a ainsi appris que Shonda Rimes avait demandé à Sarah Drew d’amener ses idées par rapport aux questions sur la religion abordées dans la série, Sarah étant elle-même très croyante (son père est officier religieux). Bien que Grey’s connaît des heures sombres, pour Sarah, c’est une série qui insuffle de l’espoir : comment se remettre et avancer après des drames.

 

Mercredi 17 juin

C’est avec excitation que j’abordai cette dernière journée d’interview. Non pas que les précédentes journées m’avaient laissée de marbre, mais celle-ci était particulière : j’allais rencontrer Matthew Gray Gubler, alias le docteur Reid dans Esprits Criminels, série dont je suis fan. Evidemment, cette table ronde allait avoir une saveur particulière pour moi. Alors que je patientais tranquillement dans l’entrée du forum Grimaldi, je vis arriver Alfred Enoch (que j’allais voir aussi) et Matt McGorrry, à l’affiche de How To Get Away With Murder (la nouvelle création de Shonda Rimes). Puis, l’heure de mes tables rondes approchant, je me mise en marche pour les salles d’interview. Et là, stupéfaction : Matthew Gray Gubler (accompagné de ses attachées de presse) me précédait dans les escalators !! Je pris une photo, hélas, on voyait Matthew de dos… puis, prenant mon courage à deux mains, je l’appelai pour lui dire que j’étais fan d’Esprits Criminels. S’en suivit quelques échanges sur ma casquette et Las Vegas, sa ville natale, avant de nous séparer pour nos activités.

 

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Je débutai mes interviews groupées avec Alfred Enoch. Très sympathique, il répondit aux questions des journalistes en développant longuement ses points de vue sur les sujets abordés. Parmi lesquels la manière dont il découvrit le script de HTGAWM, dans une période où il jouait dans une pièce de théâtre à Londres. Egalement ce qu’il appréciait chez son personnage, Wes, qu’il jugea comme étant une personne cherchant toujours à respecter ce en quoi il croit, ses valeurs, malgré tout ce qui arrive dans la série.

Puis l’interview tant attendue avec Matthew Gray Gubler arriva enfin, et je fus d’autant plus chanceuse que nous n’étions que deux à lui poser des questions. J’en profitai pour lui parler de mon fan film sur Criminal Minds : "Devil’s agents", dont il aima le titre (si ça se trouve, il va trouver ça nul, à condition qu'il regarde, mais tant pis^^ !). Ensuite, nous abordâmes sa carrière atypique : après des études en réalisation, il passa à mannequin puis acteur, orientation due aux fruits du hasard, exprima-t-il. Matthew ne considère pas son peu d’expérience en tant qu’acteur comme un désavantage, cela lui permet au contraire de jouer de façon plus authentique, dans la mesure où il n’a pas eu d’expérience, suivi de cours. Il profite de ses courtes vacances pour travailler sur d’autres projets, il a d’ailleurs en ce moment un agenda chargé. Ses épisodes préférés sont "Mosley Lane" et "The Lesson" (qu’il a réalisés).

 

Les conférences du CME continuèrent également et se conclurent ce jour-là. On reparla de certains thèmes déjà abordés la veille. On revint sur les enjeux d’audience engagement, avec des acteurs de la Producers Guild of America et de chaînes TV américaines. Ceux-ci insistèrent sur le storytelling d’abord, puis la nécessité pour les broadcasters de comprendre leurs audiences pour proposer une expérience qui leur soit pertinente. Autre cheval de bataille : la technologie associée, valeur ajoutée en l’absence de standardisation sur le marché. Les échanges furent très "entertaining" : le modérateur lança un défi, à savoir deviner la séquence de la cérémonie des oscars qui avait été "the most rated", contre 50 dollars. Il les perdit face à la bonne réponse d’un membre du public (le In Memoriam avec Barbra Streisand). Quelques anecdotes sur cette cérémonie furent racontées, comme le tweet simultané d’une vedette alors qu’elle était en train de discuter avec une autre vedette dans le bar, donc peut susceptible d’avoir pu écrire ce tweet…

 

Jeudi 18 juin

Monte Carlo, c’est déjà fini. Au revoir son lot de stars défilant sur le tapis rouge, paillettes, interviews, chaleur de Monaco… Le festival se conclut sur la cérémonie des remises des Nymphes d’Or, qui consacra Gomorra, NCIS, Happy Valley, How I Met Your Mother et divers documentaires sur la persécution des gens atteints d’albinisme en Tanzanie, la brutalité policière à Hong Kong, pour citer quelques exemples. La liste complète se trouve ici. Les photos du tapis rouge sont identifiables dans la galerie par la mention "closing ceremony".

Mon sentiment par rapport à mon premier festival : une superbe expérience, des rencontres rêvées en tant qu’amateur de séries TV que je n’aurai jamais imaginées se produire dans la vie réelle, de belles excursions. Et des photos souvenirs avec des acteurs interviewés (Sarah Drew, Matthew Gray Gubler, Zoe McLellan…), et d’autres croisés par hasard (Patrick Duffy, Aden Young…). Aussi une remarque : dommage de ne pas voir plus de showrunners et de scénaristes (je ne sais pas s'il y en a eu les éditions précédentes...), car si une série a du succès, c'est aussi grâce à eux.

Un grand merci à toutes les personnes de l’organisation, et rendez-vous pour une prochaine édition !!

 

Retrouvez les articles de l’édition 2015 :
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre

08 juin 15

MONTE CARLO 2015 : C'EST (PRESQUE) PARTI !!

 

Affiche Monte Carlo

 

2015 n’est pas seulement l’année du 55ème anniversaire du festival TV de Monte Carlo, c’est aussi l’année de ma première venue à cet évènement, qui se tient du 13 au 18 juin. Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter ce festival, mais pour ceux qui débarquent fraichement dans la planète séries, Monte Carlo, c’est :

— La succession de vedettes de séries, US, mais pas que (les françaises sont présentes elles aussi). Il y a aussi d’autres personnalités non issues de séries TV.

— Des rencontres entre vedettes et fans, via des séances de dédicaces…

— Des conférences de presse, interviews avec ces vedettes

— La compétition des Nymphes D’Or pour les catégories Séries TV, Mini-Séries, Films de Télévision, Actualités…

— Et pour la première fois, des conférences professionnelles autour du secteur

Voilà dans les grandes lignes.

Ayant la chance d’y assister cette année, je publie ce post pour inaugurer la nouvelle rubrique de mon blog sur le festival. Tout au long des festivités, j’essaierai de mettre à jour quotidiennement un journal de bord. J’essaierai aussi de publier des résumés de séances : conférences de presse, conférences professionnelles, néanmoins, à voir en fonction de mon planning…

NB : Les articles comporteront sûrement des spoilers sur certaines séries, donc attention ;-).

Je vous dis à bientôt sur le blog ! 

Retrouvez les articles de l'édition 2015 ici et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

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