19 juin 14

GLEE, SAISON 4

 

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La saison 3 s’était terminée sur la remise de diplôme de fin d’études pour une majeure partie du glee club. La saison 4 avait donc le défi suivant : comment suivre plusieurs personnages principaux dans leur vie post lycée et en même temps, attacher le public à de nouveaux membres du glee club et aux anciens encore au lycée ? Sans encore entrer dans les détails, j’ai été satisfaite par la saison 4 sur ce sujet-là. J’ai trouvé qu’il y avait eu un bon équilibre entre les différentes catégories de protagonistes. Certains anciens ont été moins présents à l’écran, d’autres un peu plus après avoir été relayés au rang de rôles tertiaires pendant les trois premières années. Les scénaristes ne pouvaient pas tout gérer en même temps, il a fallu faire des choix et les assumer. Sur cela, ça ne m’a pas choquée, bien que je comprenne que les fans de Quinn ont pu/du être outrés…

 

Maintenant, passons en revue les troupes (celles qui m’ont marquée).

Les anciens du glee club :

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Rachel : Je n’ai jamais été une super fan de ce personnage. Son « je t’aime, moi non plus » avec Finn m’avait lassée à un certain moment. Son attitude égoïste m’avait agacée à plusieurs reprises, de même que son monopole des solos et chansons, alors que Glee compte de nombreuses belles voix. Mais ça, c’était la Rachel d’avant New York. Dans la saison 4, il n’y en n’avait pas uniquement que pour Rachel, ce que j’ai apprécié, et il y avait aussi un gain en maturité, ce qui était intéressant. On sentait beaucoup moins le côté égocentrique de Rachel. Ce qui ne veut pas dire qu’elle a perdu son ambition et ses petites manies de star, mais c’était moins puéril, violent et redondant qu’au lycée. Rachel s’est confrontée à la dureté (bienfaisante) de sa prof de danse, à l’environnement différent de New York. Elle a failli faire une connerie (jouer une scène en nu intégral) mais s’est ravisée grâce à Quinn, Santana et Kurt, est redescendue de son nuage lors du duel avec Kurt (justice !). Elle s’est accrochée à son rêve malgré les difficultés, et surtout, a changé sa garde robe !! Elle est devenue plus adulte.
J’aime son amitié avec Kurt, avec des hauts et des bas, mais en définitive, quoi qu’il arrive, ils se soutiennent. Ce que j’ai trouvé un peu loufoque par contre, c’est leur apparente facilité à trouver : 1/ un appartement à New York + 2/ un appartement très vaste + 3/ un appartement sachant qu’ils ne sont qu’étudiants, donc par définition, pas blindés de tune (même en admettant la caution des parents, quand même…) + 4/ un appartement en si peu de temps. En tout cas, on n’a pas l’impression qu’ils ont galéré.  Ca aurait été une piste à explorer, rien que pour le côté comique : imaginez les 2 en train de visiter avec un proprio pas très net un appart miteux et voir une souris faire un sprint en plein milieu du semblant de salon^^.

Du côté de McKinley, Blaine a succédé à Rachel. Plus flagrant dans la première moitié de la saison. Au bout d’un moment, j’en avais marre : on voyait Blaine par ci, Blaine par là, on entendait Blaine chanter presque toutes les chansons. Comme le « trop de Rachel tue Rachel », « trop de Blaine tue Blaine ». Je n’ai rien contre ce personnage ni contre la voix de Darren Criss (j’ai adoré ses reprises de Grease), c’est juste qu’à un moment, c’en était trop, on n’en profitait plus.

Tina : dans la saison 3, Rachel lui avait dit qu’elle aurait tout le loisir d’être sur le devant de la scène l’année d’après. Qu’en fut-il dans la saison 4 ? Raté. On a toujours une Tina dans l’ombre, j’entends au niveau des solos, même si elle a quelques coups d’éclat (Madonna et Gangnam Style). Au niveau des intrigues, il y a eu un effort par rapport aux trois précédentes saisons. J’ai apprécié celle autour de son crush pour Blaine. Inattendu et sympathique. De quoi de développer les amitiés entre membres du glee club qu’on n’avait pas forcément vus en interaction auparavant. J’ai rigolé en voyant son assistante. Dommage de ne pas avoir poussé ce délire plus loin : c’était l’occasion rêvée pour qu’un gagnant des nationales prenne la grosse tête pendant un certain temps.
L’évolution de Tina reste encore inégal. Elle flotte entre le « je veux être au premier plan » et « je prends des décisions qui au final, me desservent » (en gros, je me tire une balle dans le pied).  

 

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Sam + Brittany : je vais traiter ces deux personnages en même temps car ils sont clairement ceux dont j’ai le moins adhéré aux intrigues.
Commençons par Sam. Ok, il peut ne pas être très futé, être la version masculine de Brittany. Sauf qu’après les épreuves qu’il a traversées avec sa famille, j’aurais pensé qu’il serait devenu plus mûr, et même, le plus mature de tous les autres ados (on salue néanmoins ses éclairs de leadership). Dans la saison 4, il est juste le beau gosse qui fait rire les filles, qui se marie sur un coup de tête à cause d’une prédiction maya. Serait-ce un moyen de décompresser et d’oublier les difficultés qu’il a vécues ? Ceci me paraît bizarre et trop absurde pour que ce le soit… Qu’il soit drôle, oui, mais aussi loufoque que ça, je n’achète pas. Par contre, j'ai été sensible à sa détresse vis-à-vis de ses capacités (qu'il pensait uniquement corporelles).
Quant à Brittany, son évolution n’est absolument pas logique. Pendant quatre ans on nous la présente comme la parfaite idiote irrécupérable (n’oublions pas son zéro de moyenne l’an passé) et tout à coup, elle devient un génie et entre illico au MIT ?!??! Ce pseudo remake de Will Hunting est totalement incompréhensible, donc pour moi, zéro pointé pour Brittany, ça me dépasse.

Finn + Santana : deux jeunes au grand potentiel qui s’égarent. La vie réserve parfois de mauvaises surprises (et tristesse en voyant Cory Monteith dans cette saison sachant qu’il nous a quittés). Finn et Santana connaissent des échecs, empruntent des chemins qui s’avèrent ne pas leur correspondre, se remettent en question, s’avouent vaincus, mais finissent par se relever. Ce n’est pas facile de savoir ce que l’on veut vraiment faire à la sortie du lycée. Cela peut prendre quelques années (moi-même j’ai un peu erré). Les bifurcations qui n’aboutissent pas ne sont pas que des échecs, elles deviennent des expériences de vie qui nous façonnent. Bonne idée, qui plus est, très crédible, que de nous présenter des héros qui ne réussissent pas pour un temps. Tout le monde n’est pas comme Rachel, on ne brille pas toujours du premier coup (mais on le peut en s’acharnant comme Kurt) et parfois, ils faut du temps pour trouver sa propre voie.  

 

Les nouveaux membres du glee club :

 

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On notera des ressemblances entre quelques nouveaux et les anciens partis. Il y a eu comme une transposition des caractéristiques de Finn, Quinn et Noah sur Ryder, Kitty et Jake. Finn et Ryder : deux joueurs de football américain légèrement perdus et découverts un peu par hasard. Quinn et Kitty : deux pom pom girls pestes à souhait (quoique Kitty soit pire que Quinn et se rapproche plus de Santana sur ce point),  blondes et portées sur la religion (enfin, plus ou moins…). Noah et Jake : comme par hasard, deux frères qui ignoraient l’existence de l’autre et qui ont exactement la même appétence pour la gente féminine, même si Jake s’est assagi plus rapidement que son frangin (en tout cas, pour le moment). A noter que Jacob Artist a une très belle voix. Ces nouveaux personnages ne brillent pas par leur personnalité, contrairement à d’autres qui auraient été plus intéressants à développer. Je pense notamment à Unique, resté un peu en retrait. Comme on l’avait déjà vu en saison 3, ce retrait en saison 4 peut se justifier. C’est quand même dommage de s’être contenté de copies des champions des nationales. L’ajout de sang neuf aurait du s’accompagner d’une proposition différente.

Je remercie les scénaristes de Glee de ne pas avoir fait trop de vagues sur le triangle amoureux Jake-Marley-Ryder. Je ne doute pas qu’il y aura sûrement des rebondissements dans la saison 5, mais ce qui a été fait dans la 4 était suffisant.

Traiter des problèmes d’anorexie de Marley était intéressant au début, ensuite, ça a été complètement gâché. La fille s’évanouit en plein milieu de la prestation des communales, mais bizarrement, personne ne semble s’en inquiéter davantage. Un des chanteurs révèle au glee club que Marley a sauté les repas le jour même, mais personne ne demande à Marley la raison de cette action. Santana accuse Kitty, mais personne ne répond à Santana « pourquoi tu accuses Kitty ? c’est quoi, cette histoire d’anorexie ? ». Je me serai posée des questions. Même après les communales, aucune réaction d’inquiétude : personne ne se soucie de savoir comment Marley se porte, pas même Ryder qui a été le témoin oculaire de sa séance de dégobillage forcé, pas même Santana qui a chopé les substances que Kitty avait données à Marley. Or je m’attendais à ce que Santana soit la première à essayer de trouver le fin mot de cette embrouille. Elle peut se comporter comme la pire des pestes, d’un autre côté, ça cache son souci pour les autres. Je m’attendais à ce qu’on passe un sacré savon à Kitty. Rien de tout cela ne s’est produit. L’histoire s’est terminée en pétard mouillé pour qu’on passe vite à autre chose.

 

Et les adultes dans tout ça ?

Ce fut le syndrome One Tree Hill (Les frères Scott) où une fois le lycée terminé, les adultes ont été évincés (à part le maléfique Dan). Les professeurs officient toujours à McKinley, mais leur présence en devient presqu’anecdotique. Will absent pendant plusieurs épisodes, Emma qui s’enfuit le jour du mariage, un mariage capoté à cause d’un autre problème dont ont fait des tonnes alors qu’il n’est pas aussi dramatique que cela, Sue en baisse de régime d’attaques corrosives (et pourquoi n'a-t-on pas abordé son nouveau rôle de mère, elle qui est habituée aux coups bas et à une ambition arrogante ?), ça se regardait, sans plus. Heureusement que le coach Washington est revenu, même si elle n'est juste qu'une Sue bis.

On a essayé d’ajouter une touche tragique et d’aborder par cela le problème épineux des armes à feu chez l’Oncle Sam. L’intention était bonne, le résultat, mauvais. Peut-être parce que Glee est une série, à la base, légère et non un drama ? Cette histoire de coups de feu qui ne dure que 10 minutes pour qu’on découvre qu’en plus, il ne s’agit que d’un tir accidentel, c’était moyen. Encore une histoire qui aurait pu être forte mais s’est finalement dégonflée.

 

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Pour finir, j’ai l’impression que les reprises se multiplient dans Glee pour se multiplier, elles appuient de moins en moins les intrigues. On chante histoire de montrer que Glee est un show musical. Je préfère moins de chansons, cependant mieux réparties en fonction des développements.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

 


03 mai 13

GLEE, SAISON 3

(diff fr) 

Je le dis sans rougir de honte : j’aime Glee. Ce qui me plaît dans cette série, c’est qu’elle donne la pêche, au travers de ses chansons et chorégraphies, et ses personnages délirants (mention spéciale à Sue Sylvester dont je savoure chaque réplique cinglante et dont elle seule a le secret). Les intrigues ne déplacent pas les montagnes, cependant, certaines ou certains aspects de ces intrigues sont percutants. J’ai un faible pour la relation entre Kurt et son père. Je la trouve touchante. Pour en rester à cette saison 3 : le grand point fort de cette saison a été, pour moi (en tout cas, c’est l’impression qu’elle m’a donnée), le partage des interprétations. Il y a eu quelque chose de choral. Je trouvais dommage… non, je commençais à en avoir marre de ne voir et n’entendre que Rachel et Finn s’égosiller à pleins poumons à longueur d’épisodes, d’autant plus que le personnage de Rachel m’agace.

 

Là, je me permets un petit aparté sur ce couple (avec d’autres points). Vu les antécédents de Rachel, j’ai du mal à adhérer à ses sautes de compassion pour les soucis de ses camarades et franchement, comment Finn peut tomber amoureux d’une fille aussi difficile alors que lui est vraiment un type bien ? Enfin, ces deux personnages me donnent quand même de bons fous rires, mais ne sont pas les seuls dont il faut se soucier. Il y a une véritable richesse de personnages dans Glee, et je souhaiterais que certains ne fassent pas seulement office de faire-valoir en ayant, ô, bonheur, le privilège d’une intrigue anecdotique le temps d’un nombre restreint d’épisodes. Je pense notamment à Tina. En effet, elle a changé de look, et le pire, c’est que moi-même je n’y ai pas fait attention ! J’étais à 100% avec elle lors de son coup de gueule. Quand bien même c’est la dernière année de Rachel et que Tina fera partie des vétérans du glee club la prochaine année, qui peut lui assurer qu’elle aura droit à plus de solos ? Qui peut lui assurer qu’il n’y aura pas de nouveaux tellement doués qu’ils ne pourront ne pas avoir de solos eux-aussi ? J’étais un peu déçue que Tina « rentre dans le droit chemin » à la fin de son coup de gueule. J’aurais voulu que Rachel fasse un geste, même modeste, mais si fort symboliquement, et pas ce simple duo dans une salle sans spectateurs, ridicule à vrai dire puisqu’on en revient au point de départ : ok, Tina chante mais personne n’est là pour l’entendre et apprécier son talent et son duo avec Rachel.

 

glee

 

J’en reviens maintenant aux interprétations pendant cette saison. J’ai trouvé que chacun avait droit à ses moments (enfin, certains un peu moins que d’autres, mais je parle d’un point de vue général), et c’en était très plaisant. Coup de foudre pour la prestation des New Directions pour les communales, parfaite illustration de mon propos. Chacun contribuait vocalement aux chansons, le collectif en ressortait davantage, les chorégraphies étaient dynamiques, pétillantes. Même Mike a chanté ! Le choc ! Je ne comprends pas pourquoi sa voix a été censurée pendant les deux premières saisons : certes, il n’a peut-être pas l’étoffe d’un monstre des vocalises, mais tout de même, sa voix est bien, et les communales ainsi que son duo avec Tina pour la Saint Valentin l’ont prouvé. Ce meilleur partage a permis d’apprécier de plus en plus les autres talents et de mieux apprécier les voix de Rachel et Finn : chanter moins diminue l’effet de saturation et par conséquent, on devient plus disposé à écouter. J’ai découvert Damian McGinty, que je verrais bien en crooner, à la Michael Bublé dont il a interprété Home. J’ai savouré la voix de Chris Colfer, unique. Dommage que son personnage n’ait pas été admis à la NYADA, contrairement à Rachel. Si lui aussi avait fait un solo lors des nationales, je suis certaine qu’il aurait été pris. Je suis même un peu  étonnée que les New Directions aient remporté les nationales. Bien sûr, c’est formidable pour eux, mais j’ai eu l’impression que les Vocal Adrenaline étaient à un niveau au-dessus. La chorégraphie était plus spectaculaire, plus technique, d’ailleurs, on le voyait rien qu’aux visages du glee club pendant le numéro de leurs concurrents. Pour les New Directions, le tableau était peut-être un peu plus « fou », on avait l’impression que ça partait dans tous les sens sans vraiment de cohérence (cette remarque concerne plus la dernière chanson). Cependant, le tableau était plus vintage, ambiance années folles, que celui des Vocal Adrenaline.

 

Sinon, pour les moins de cette saison : je citerai la tentative de suicide de Dave Karofsky. Ce fut un sujet grave mais traité trop rapidement. J’aurais préféré voir un peu plus de scènes où Karofsky subissait les moqueries cruelles de ses camarades avant de passer à l’acte, le tout sur un ou deux épisodes. En effet, ici, on a dû avoir une ou deux séquences de ce genre. Je ne suis pas du genre à souhaiter faire durer un plaisir morbide, mais quand on traite un sujet aussi grave, il faut le faire bien, même si la série est plutôt dans le positif, l’énergie ; ou alors il ne faut pas du tout en parler. Ici, j’avais l’impression que la décision de Dave arrivait trop subitement. L’après tentative ne fut pas très développé non plus : il aurait été bien de montrer une ou deux fois Kurt en train de demander des nouvelles de Dave. Oui, Kurt assurait son soutien à Dave dans la chambre d’hôpital, mais voir concrètement ce soutien aurait été bienvenu (une visite de Kurt chez Dave ou Kurt défendant Dave devant ses parents qui le voient comme un monstre, par exemple). Autre moins de cette saison : le ramollissement de Sue. Je ne sais pas ce qu’elle va devenir dans la saison 4 mais sa transformation en Sue gentille lui a quelque peu retiré de son ampleur de furie légendaire. Elle gardait encore des répliques d’anthologie, cependant, il manquait ce quelque chose qui m’avait fait aimer la méchante Sue. Cette évolution peut s’avérer intéressante, j’espère néanmoins qu’elle ne se retournera pas contre elle en définitive, en la rétrogradant en personnage faisant partie du décor car Glee y perdrait un élément non négligeable.

Je pourrais aborder plein d’autres éléments de cette saison 3, mais je vais en rester là car j’ai dit ce qui m’avait le plus marquée.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK