27 juil. 12

INQUISITIO, 1*07 "Consensus ominum" & 1*08 "Acta est fabula"

Course contre la montre à Avignon…

 

Comme un feu d’artifice, Inquisitio s’est conclue avec un très beau bouquet final. Les héros se retrouvaient engagés dans une course contre la montre pour conter le plan machiavélique de Catherine de Sienne et Francesco, tout en esquivant l’obstacle Turenne. Il y avait également de belles évolutions de certains personnages. A noter en premier lieu celui de Barnal, qui me bouleversa lorsqu’il s’écroula en sanglots devant Samuel, dans le cachot. C’était tout simplement magnifique et émouvant de voir le grand inquisiteur, puissant, dur, tomber à genoux, brisé par le fardeau qu’il portait, la culpabilité et le bonheur d’avoir retrouvé son frère. Barnal laissait tomber son masque d’inquisiteur et devenait un simple homme tourmenté, sensible, désolé. Ce fut un moment magique. Ensuite, on le voyait choqué par la décision du pape d’Avignon à condamner Madeleine au bûcher malgré son innocence indiscutable. Barnal était bousculé dans ses croyances, sa volonté de rendre justice. Il était dans l’incompréhension la plus totale face à ce pape qui de toute évidence, ne faisait que recourir à la solution de facilité. Et Barnal finissait par se détourner de celui qu’il servait, préférant s’attirer ses foudres plutôt que de se perdre dans la soif de pouvoir. A bien des égards, Barnal fut le personnage le plus complexe et intéressant de la série. Il y avait un mélange de sévérité, et de profonde humanité en lui. Il était capable des deux extrêmes, en fin de compte. J’ai préféré ce personnage à Samuel qui s’apparentait plus au gentil de l’histoire, toujours rempli de bonnes intentions. Je ne cherche pas non plus à le dénigrer, mais personnellement, j’ai préféré Barnal justement par son côté ambigu dans ses intentions, sa façon de procéder, ses sentiments. Pour Samuel, j’ai été touchée par sa relation forte avec son père adoptif, David.

 

Le deuxième personnage à avoir fait la paix avec lui-même et son entourage fut bien sûr le grand-père d'Aurore. Ce dernier, après avoir renié purement et simplement, sans appel, sa propre petite fille, se racheta dans ces derniers chapitres. Evidemment, le réveil se fit avec l’aide des réflexions de son ami. J’étais contente de voir l'homme reprendre le « droit chemin » et sauver Aurore. Ensuite, j’étais naturellement triste de le voir être tué par Francesco et ses sbires. J’aurais voulu qu’il survive, pour accompagner Aurore et Samuel dans leur vie. Mais hélas, ce n’est pas moi qui décide… C’était quand même beau de le voir regretter son comportement et se racheter auprès de Samuel et Aurore. S’il était mort sans avoir pu le faire, j’en serais ressortie un peu amère. Quant à Silas, on le voyait un peu plus présent, en tout cas, plus présent en dehors de son maître. Dommage qu’il n’y ait pas eu de rapprochement entre Aurore et lui, cela aurait pu conduire à une évolution intéressante, quand on repense à son mensonge devant Barnal dans la cave de Samuel et en présence d’Aurore. Silas prenait enfin une initiative, même si c’était sous la menace (accompagner Madeleine au cachot, par exemple), trahissait même son maître. Mais comme tout être humain, Silas était lui aussi amené à avoir peur, et à agir comme n’importe qui aurait pu agir. Néanmoins, il fut agréable de ne pas le voir simplement comme suiveur, toujours collé à la cape de Barnal à dire « oui maître ».

 

inquisitio

 

A côté de cela, le rythme reprenait dans ces deux dernières parties. Un danger de peste, une fille malade, une sorcière rattrapée mais de nouveau en fuite, une trahison, un enlèvement, un doute, une perte de confiance, beaucoup d’éléments étaient réunis pour terminer la série en beauté. Je me surprenais à craindre le pire pour les protagonistes, à avoir mal pour Silas quand celui-ci subissait la colère de Barnal, à redouter le pire pour Pierre. Heureusement, tout est bien qui se finit bien. Samuel, Madeleine et Barnal purent finalement mettre fin aux agissements des méchants et éviter la propagation de la peste à Avignon. Maintenant, ce que je regrette, c’est de ne pas avoir pu en savoir plus sur le passé de Madeleine et Turenne. Peut-être n’était-ce pas le sujet principal, mais j’aurais été curieuse de connaître le pourquoi du comment. Dans quelles circonstances ces deux personnages s’étaient rencontrés avant d’en arriver au viol. Mais en y réfléchissant, peut-être est-ce aussi intéressant de ne pas donner toutes les clés, en définitive. Mais personnellement, j’aime bien quand on développe un personnage. J’aurais également souhaité comprendre un peu plus Silas : pourquoi il s’était tu devant Barnal alors qu’il avait vu la sorcière dans la cave de Samuel, notamment. Et j’aurais aimé comprendre la raison de l’installation de Catherine et ses complices dans l’ancienne maison de Samuel et Barnal. Etait-ce parce que la maison était la seule à ne pas être occupée dans Avignon ou y avait-il une signification particulière ? Une signification symbolique peut y être vue : c’est de cette maison que tout a commencé, et donc, cette demeure est à l’origine de tout et surtout, c’est de là qu’est partie la peste il y a plusieurs années. Sans le petit Nicolas malade, il n’y aurait pas eu ni de Samuel, ni de Barnal inquisiteur. Par conséquent, on peut dire que la boucle est bouclée. On revenait au point de départ, mais au lieu que tout se termine dans la tragédie, l’histoire trouve une fin moins noire. Il est néanmoins dommage que Barnal et Samuel ne se soient plus revus car il aurait été heureux de les revoir à nouveau réunis en tant que frères, après tant d’années de séparation, pour reconstruire leur lien et débuter ensemble une nouvelle vie.

 

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir suivi Inquisitio. Cette série a été une réussite, et n’a rien à envier à d’autres. Elle a proposé d’excellentes intrigues jouissant de retournements de situation, ainsi que de beaux personnages.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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Inquisitio, 1*05 "Hic jacet" & 1*06 "Aura popularis"

Le temps de l’obscurité est venu…

 

inquisitio 1

 

Bien que je suive Inquisitio avec grand intérêt, je commençais à me languir devant la baisse de rythme de l’intrigue. En effet, l’expérience machiavélique de Catherine et ses complices ne connaissaient toujours pas d’application réelle, l’enquête de Barnal sur les meurtres d’hommes d’Eglise piétinait toujours. Heureusement que les cinquième et sixième épisodes relançaient la dynamique en offrant au spectateur l’invasion de Carpentras par les rats. On entrait ainsi dans une terrible nouvelle ère qui amenait de nouveaux dangers, batailles et défis. Nouveau danger : la peste. Nouvelles batailles : la volonté de Samuel à soigner les malades, sa lutte avec Barnal pour pouvoir soigner les malades. Nouveau défi : soigner les malades et endiguer l’épidémie. Le tout avec l’arrivée d’un nouveau personnage (Pierre qui m’a l’air entouré de mystère…) et le sort réservé aux juifs enfermés dans leur quartier. Je ne sais pas si cela a vraiment existé et si c’était voulu, mais la rouelle jaune m’a rappelé de suite l’étoile jaune et la fermeture des portes, le ghetto de Varsovie. Peut-être que j’y vais loin niveau comparaison, mais voilà ce à quoi j’ai pensé en regardant ces deux évènements de la série. Donc maintenant, l’histoire connaît un nouveau tournant avec de nouveaux personnages et de nouvelles stratégies peu glorieuses (comme le faux miracle, le sort de la communauté juive)…

 

Par ailleurs, Barnal a profité de ces deux épisodes pour reprendre son armure de grand inquisiteur sévère, froid. Il repart à la charge en pourchassant la sorcière, en parquant les juifs dans leur quartier sans aucune possibilité d’être soignés par Samuel. On reconnaît là l’homme que l’on avait découvert au tout début de la série, et ses moments de doute, d’émotion vus dans le quatrième volet semblent avoir été relégués avec force au second plan par son statut de grand inquisiteur. A noter que ce Barnal est vraiment invincible. Il a un savoir impressionnant, que ce soit la connaissance des plantes, des dissections, de l’hébreu, qui lui permet de comprendre toutes les supercheries. On ne peut vraiment rien lui cacher, pas même une coloration de cheveux. Il est très intelligent et est donc un adversaire redoutable ! Il montre également un paradoxe : lui, l’homme savant, s’oppose avec vigueur à une autre forme de savoir, plus scientifique, celle de Samuel, savoir qui pourrait sauver des vies. Or un homme cultivé devrait au contraire être plus enclin à découvrir de nouvelles choses, et dans son cas, Barnal refuse toute autre science car pour lui, seul compte la volonté de Dieu. Une actrice avec qui j’avais parlé de ce point avait dit à juste titre que Barnal développait cette curiosité dans l’optique de l’utiliser afin de déjouer les tours du malin. En effet, c’est logique, vue la nature de sa mission. Mais cela donne tout de même lieu à réflexion.

 

L’histoire d’amour entre Samuel et Madeleine ne m’a vraiment pas du tout intéressée… Loin de là. Alors oui, il faut un peu de bonheur dans ce monde sombre et cruel, mais bon, on pressentait dès le début qu’il allait se passer quelque chose entre les deux. A l’inverse, le personnage de Silas attire plus mon intérêt. Je me demande pourquoi il n’a pas livré Madeleine à son maître Barnal alors qu’il était avec lui et qu’il est censé être de son côté ! Le mensonge de Silas aurait pu lui coûter la vie. Je voudrais bien connaître la raison de cette mauvaise information.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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17 juil. 12

INQUISITIO, EPISODE 1*04 "Dura lex sed lex"

 

Je continue d’apprécier cette série. Cette fois-ci, Barnal devait maintenant composer avec l’incroyable révélation de David de Naples, à savoir que Samuel n’est pas son fils. La conséquence de cette révélation est par la même occasion extraordinaire pour Barnal qui découvre que Samuel est son frère ! Barnal se retrouvait dans une situation bien délicate. Et celui-ci commençait à s’interroger, à douter, à être tiraillé. On voyait bien que Barnal voulait à tout prix sauver son frère toujours dans l’ignorance de leur lien, sans le mettre en danger et sans faire éclater la vérité au grand jour sinon la situation deviendrait encore plus délicate. Barnal commence à changer, à se remettre en question. On le comprenait lors de sa question à Silas entre le choix d’écouter son cœur et écouter Dieu. Ce personnage est, à présent, à un carrefour sensible mais également heureux, puisque son petit frère qu’il croyait mort par sa faute est bel et bien en vie et en bonne santé ! Barnal est en fin de compte un personnage très complexe, pas forcément le grand méchant. Et au lieu de suivre ses supérieurs pour condamner les deux juifs et clore rapidement l’affaire, il fait preuve de courage en avouant qu’il ne peut pas jurer d’un fait demandé par Samuel lors du procès. Dans un sens, malgré sa froideur, sa rigueur, sa sévérité, Barnal a une part d’humanité, un sens du devoir. Il veut et cherche la vérité au lieu de choisir la solution de facilité. J’appréciais déjà ce personnage depuis le début de la série, par son attitude, son rôle dans l’histoire, le jeu de l’acteur. Maintenant qu’il doit faire face à une situation inédite, je l’apprécie encore plus.

 

De son côté, Samuel finissait par découvrir la vérité et en restait bouleversé, perdu. Malgré cet état de fait, il adore toujours son père et est prêt à courir le risque de mourir avec lui à l’issu du procès, au grand dam de Barnal. Il y avait une réelle complicité, un amour profond entre le père et le fils, même s’ils n’ont biologiquement aucun lien de parenté. J’avoue que j’ai été choquée et attristée par le sort de David. En positive que je suis, je me disais que ce jugement de l’eau devait n’être qu’un stratagème élaboré par Barnal pour sauver David, ou que David n’était en réalité pas mort, qu’il avait réussi à se libérer de son lien et qu’il avait nagé et regagné une autre rive… David était un beau personnage, et cela va être difficile pour Samuel de pardonner à Barnal cette mort lorsqu’il apprendra sa filiation avec l’Inquisiteur (qui je suppose, arrivera bien un jour ou l’autre…).

 

Ce volet nous a permis d’atteindre un nouveau tournant : maintenant, l’Inquisiteur et le jeune médecin juif connaissent la vérité (mais pour le jeune médecin, il lui manque l’identité de son frère…). Samuel se rappelle de son enfance, de sa maison, de sa noyade, c’est comme un coup de poing qui change la donne dans sa vie. Et Barnal est heureux de le voir dans leur maison d’enfance. Il avait envie d’appeler son petit frère, mais s’est ravisé. Par peur ? Par honte ? Maintenant, il reste à savoir comment ces deux hommes vont évoluer et gérer cette situation de crimes d’hommes d’Eglise, de peste, de religion, de famille…

 

Pour finir :

Mes + : Le procès/ Samuel se souvenant de son enfance dans son ancienne maison/ L’attitude de Barnal

Mes - (pas par rapport aux évènements de l'histoire) : La fin funeste de David/ La réaction du grand-père qui renie sa propre petite fille sous prétexte que Samuel n’est pas un « vrai » juif

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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05 juil. 12

INQUISITIO, EPISODES 1*01 “DE VIRIS” & 1*02 “DECENDI & JUDICANDI”

Ce que j’en ai pensé…


inquisitio


Inquisitio est sans conteste une série qui m’a séduite et ce, dès le premier épisode. Pourquoi ? De un, la série se déroule au Moyen-âge, et j’aime bien les intrigues d’époque. De deux, Inquisitio a toutes les ficelles d’un bon polar. En fait, c’est un thriller médiéval. De trois, on découvre une pluralité d’histoires à première vue indépendantes les unes des autres, mais en définitive, à un moment où à un autre, elles se recoupent de façon remarquable pour ne faire plus qu’un. Enfin, les personnages sont très intéressants, et j’ai été bluffée par le jeu de regard de l’interprète de Bernal. Même avec un seul œil, il arrive à vous glacer le sang (il a l’œil revolver…). Vraiment, j’ai eu un coup de cœur pour cette série. On sent qu’elle a été longuement travaillée, mûrie, et le résultat est un petit bijou. On suit avec passion et peur les péripéties de David et Samuel qui ne cherchent qu’à faire avancer les choses, qui sont des visionnaires, et on est presque choqué de voir l’inquisiteur condamner les recherches et actions des deux hommes alors qu’en réalité, elles peuvent sauver des vies. Mais à cette époque, la situation était bien différente et certaines valeurs considérées comme acquises, naturelles aujourd’hui, ne l’étaient nullement autrefois. C’est quand même dommage d’avoir mis plusieurs siècles pour assister à cette évolution.

 

C’est une série noire, qui explore les heures sombres du passé. C’est une série violente également, par les différents fils conducteurs, les thèmes abordés : la religion vs. La science, l’exclusion, la maladie, la rivalité papale, etc. En fait, cette série a beau s’imprégner dans le Moyen-âge, on retrouve cependant des thèmes qui pourraient très bien être abordés de nos jours, comme l’exclusion communautaire, l’intégrisme. Elle peut faire réfléchir car finalement, le monde d’aujourd’hui est-il réellement différent d’hier ? Certes il a changé, mais on assiste encore (malheureusement) à des injustices, des violences, qui s’expriment peut-être de façon différente au XXIème siècle, mais qui sont toujours présentes et voire, s’aggravent. Et ainsi, peut-être que regarder le passé peut être un bon moyen de voir la réalité actuelle. D’ailleurs, il y a une réflexion intéressante sur la place de la religion. Certes, la religion est quelque chose de bien, mais comme toute croyance, elle aussi peut se montrer dure et cruelle. Aucun culte n’est parfait, et c’est intéressant de voir que chaque culte, quelque soit les valeurs nobles qu’il prône, peut aussi verser dans l’extrémisme, l’obscurantisme, à un moment de son histoire.

 

Inquisitio mêle habilement l’Histoire avec le romanesque. Je ne suis pas experte en histoire, alors je ne remarquerai certainement pas les erreurs s’il y en avait, mais personnellement, je ne ressors pas choquée par ce mélange. Après, il pourrait y avoir quelques raccourcis, libertés historiques, mais je garde à l’esprit que c’est avant tout une série qui raconte une histoire. C’est une fiction qui se veut octroyer un bon moment télévisuel pour les téléspectateurs, donc je regarde Inquisitio comme telle. Cependant, la saga a le mérite de m’avoir donnée envie d’en savoir un peu plus sur cette page de l’Histoire. Dans tous les cas, j’apprécie beaucoup Inquisitio, et c’est ce que j’ai envie de retenir. Je lui souhaite de connaître le succès.

 

Pour finir :

Mes + : Une intrigue d’époque/ Des histoires variées qui se recoupent/ Le personnage de Barnal

Mes - : Les dons de voyance de la fille de Samuel

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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