03 févr. 13

MURDOCH MYSTERIES, SAISON 5

(diff fr)

J’avais fait une éloge de la saison 4 de cette série, et je vais continuer cette éloge avec cette saison 5. Je vous assure que j’ai beau essayer de trouver une critique acerbe sur cette série, je n’y arrive pas. Ou autre solution : comme le dit l’adage, l’amour rend aveugle et dans le cas de Murdoch, peut-être suis-je tellement obnubilée par cette série que j’en ai perdu toute capacité à prendre du recul. Toujours est-il que tout comme pour la saison 4 (et en fait, pour toutes les précédentes), je ne suis jamais sortie déçue des épisodes de la saison 5. Enquêtes toujours aussi complexes, inattendues, résolues avec brio grâce au sens du détail et de la réflexion de Murdoch et ses trouvailles technologiques. Mention spéciale à l’épisode sur la mort de l’inventeur, et surtout celui du tueur aux poupées, qui avait le point très positif de confronter Murdoch à un ennemi redoutable qui je pense, nous fera le plaisir de revenir dans un futur épisode, étant donné le sort qui lui a été réservé à la fin de celui cité. Surtout, ce volet avait l’avantage de nous montrer une Julia Ogden en danger et heureusement sauvée in extremis par notre inspecteur Murdoch ! Quant à l’épisode sur le groupe expérimentant le passage vers l’au-delà, il nous plaçait dans une ambiance étrange, déstabilisante (je l’ai moins aimé que les autres, mais passons), et pour le dernier de la saison, il m’a fait un peu peur à un moment, quand William déclarait avoir voyagé dans le futur. Je me disais « WTF ?!?! , Murdoch Mysteries abandonne la rationalité scientifique qui fait tout son charme ? Ça ne va plus du tout ! » Heureusement, plus de peur que de mal, tout s’expliquait …

 

Faisons halte sur le docteur Ogden… Non, en fait il y a quand même quelque chose que j’ai moins apprécié cette saison, à savoir le retrait du docteur Ogden. Une fois mariée, celle-ci se retire pour ouvrir son cabinet, et donc on la voit beaucoup moins qu’auparavant. J’exagère car on la voit dans quelques épisodes, mais voilà, elle revient histoire de revenir de temps en temps. A croire que c’était vraiment fini entre elle et Murdoch (ce que je croyais avant de voir le season finale). Je ne sais pas si cette diminution de présence à l’écran relevait d’un choix personnel de l’actrice ou de celui des scénaristes, et pour être honnête, je n’en ai pas cherché la raison. Au départ, j’étais ravie de voir le docteur Grace se joindre au docteur Ogden. D’une part parce qu’on avait un deuxième personnage féminin, ce qui est agréable ; et d’autre part, parce que ce personnage, étant elle aussi médecin, allait pouvoir être intéressant. J’avais pensé que les deux femmes formeraient un duo, un peu à la manière de Ducky et Palmer dans NCIS, avec la dynamique mentor/élève Mais non, Murdoch Mysteries a évincé Ogden de la morgue. Je suis persuadée qu’on aurait pu développer un peu plus sa « nouvelle vie ». Chose qui avait été plutôt bien entamée avec son combat pour la contraception, mais qui a soudainement disparu (j’imaginais déjà une intrigue avec l’homme anti-contraception auquel Julia avait affaire). On a quand même revu Julia, mais c’était globalement moyennement intéressant. J’espère qu’elle reprendra une place importante, parce que j’ai l’impression que Grace a pris la place du personnage féminin principal, or je préfèrerais qu’il y en ai deux. En tout cas, la nouvelle orientation professionnelle de Julia au season finale a l’air prometteur pour un nouveau souffle à la série. Vous aurez remarqué le nombre d’orientations professionnelles qu’elle a pris en un temps relativement court : en deux ans, elle officie dans un hôpital pour enfants, revient à la morgue pour ensuite ouvrir un cabinet avant de se diriger vers la psychiatrie ! Elle pourrait être l’ancêtre des profilers… Sinon, autre retournement de situation qui m’a étonnée : je pensais vraiment que Crabtree allait prendre du grade, or cela n’a duré qu’un temps. Peut-être que ce sera pour une prochaine fois. En tout cas, cette situation serait très intéressante à explorer et développer : elle permettrait de secouer la série en lui insufflant une nouvelle dynamique. Crabtree deviendrait le disciple de Murdoch…

 

murdoch 2

 

Toutefois, on oublie vite ces petits points négatifs que j’ai soulevés ci-dessus pour retenir les retrouvailles entre Julia et William !! Hourrah !! Victoire !! J’étais trop contente !! Il faut dire que je trouve ces deux-là tellement bien ensemble, intellectuellement et sentimentalement. D’habitude, je ne suis pas trop pour les relations entre collègues, mais je trouve que Murdoch Mysteries a bien développé cette relation. Il y a quelque chose dans cette série qui fait que ce ship ne dérange pas, n’est pas soulant. C’est d’abord un ship intellectuel : ils discutent des cas, font des hypothèses, se stimulent réciproquement en faisant des suggestions, etc. On ne nous abreuve pas de scènes du style « ils se sont retrouvés seuls quelque part, et séparés par seulement quelques centimètres, ils se sont embrassés fougueusement et ont fini au lit ensemble ». Enfin, je n’ai pas le souvenir d’une telle scène, mais si elle s’est produite, veuillez m’excuser de cet oubli et ignorez les quatre lignes d’en haut. Quand même, ils en auront mis du temps, ces deux-là ! D’abord Julia qui part pour officier à l’hôpital pour enfants malades, puis qui revient fiancée (pourquoi s’est-elle fiancée si vite, pardi ?!?!?), et Murdoch, qui la laisse épouser Darcy alors qu’elle lui avait laissé la porte grande ouverte pour la reprendre ! Finalement, tout est bien qui finit bien : ils s’aiment et se dévoilent au commencement de l’année 1900. J’ai bien ri à la manière dont Julia annonçait à William sa séparation avec Darcy. Encore heureux que Murdoch ait compris que sa venue était motivée par un autre sujet que celui de sa énième reconversion… Autre ship mignon à voir, celui entre Grace et Crabtree. Ils sont pas mal, ces deux-là.

 

Autre point agréable : les rencontres de Murdoch avec les divers hommes illustres, tels Jack London, Henry Ford, Bell. C’était sympathique de la part des scénaristes d’imaginer que William avait inspiré London pour son célèbre L’appel de la forêt (découvrir William en chercheur d’or au début de la saison était surprenant), tout comme l’était d’écrire une histoire de concurrence entre Ford et Pendrick sur la voiture à essence vs la voiture électrique. Finalement, l’idéal de Pendrick s’est concrétisé, mais bien plus tard que prévu… Même si c’est une fiction, je pense tout de même que certains hommes à cette époque ont du avoir ce même état d’esprit visionnaire que Pendrick. Quant à Murdoch, le voir s’éclater comme un gamin de 10 ans avec le bolide de Pendrick était tout simplement hilarant. De même pour l’affaire de la rage de dents de Brackenreid et son stratagème pour éviter le dentiste qui échoue, grâce à l’ingéniosité de Crabtree ; ou l’espionnage de l’équipe de base ball du poste concurrent par Brackenreid et Crabtree. Les histoires hors enquêtes sont fort divertissantes et contrebalancent bien avec la complexité de certaines affaires. En fin de compte, on a eu des investigations brillantes ; des moments de tension et rebondissements de situation, notamment avec Anna Fulford (j’ai vraiment cru qu’elle était morte) ; des retours de personnages rencontrés dans des épisodes précédents (comme Pendrick). Et ce dernier point contribue à apprécier Les Enquêtes de Murdoch car ces retours donnent une certaine continuité à la série, i.e., elle ne se réduit pas qu’à une simple succession d’investigations totalement indépendantes les unes des autres. Avec l’apparition de personnages historiques dont la présence est utilisée de façon crédible, cela confère à la série un charme indéniable.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK


03 nov. 12

MURDOCH MYSTERIES, SAISON 4

(diff fr)

 

Il y a des séries dont on ne parle pas beaucoup et qui restent dans l'ombre des séries plus médiatisées, alors qu'elles n'ont rien à envier à ces séries mondialement connues. Tel est le cas de Murdoch Msyteries, que je dénommerai aussi par son titre francisé, à savoir Les Enquêtes de Murdoch. A moins que je ne sois complètement à côté de la plaque, Murdoch Mysteries n'est pas vraiment la série dont on lit souvent le nom sur les sites internet consacrés aux fictions. C'est bien dommage, car cette série est excellente. Elle est parfaite pour les amateurs d'enquêtes policières et amateurs d'Histoire. Par Histoire, j'entends l'appétence à plonger dans des œuvres (visuelles et/ou littéraires) dont l'action se déroule dans une époque passée. Pour notre cas, les amateurs de la société de la fin du XIXème siècle seront ravis. En effet, Murdoch Mysteries nous entraîne dans les péripéties de William Murdoch, inspecteur de la marée chaussée du Toronto de cette époque précisée quelques lignes au-dessus. Murdoch est un inspecteur qui se démarque par son intelligence et sa curiosité scientifique. Et si vous aimez Les Experts, vous trouverez votre compte dans Les Enquêtes de Murdoch. Même si vous souffrez d'une allergie sévère aux Experts, cela ne vous empêchera pas d'apprécier Murdoch.

 

murdoch 1

 

Pourquoi ? Les intrigues, dans Murdoch, sont travaillées, brillantes. Il est conseillé de se concentrer pour être certain d'en comprendre le déroulement et la chute. Pour mener à bien ses affaires, William s'appuie sur ses intuitions mais cherche toujours à les confirmer ou infirmer par des preuves, et recourt aisément à la science pour étayer ses propos. L'utilisation de la science faite dans Murdoch est très intéressante. Il faut se rappeler que Murdoch Mysteries se déroule à une époque où les découvertes scientifiques et médicales commençaient à émerger et se propager. On a ainsi un Murdoch se la jouant Gil Grissom mais avec bien moins de technologies. Grissom a accès aux ordinateurs et microscopes ultra puissants ainsi qu'autres outils à nous dérouter fortement de l'envie de commettre le moindre méfait. Murdoch doit se débrouiller avec les ancêtres des outils utilisés par Grissom. Même si parfois Murdoch ne dispose pas d'outils, il en invente ou fait des variantes à partir d'autres instruments déjà existants. Ces trouvailles sont toujours expliquées de façon simple sans faire passer les spectateurs pour des abrutis. Murdoch s’émerveille devant les inventions techniques. Il fait des hypothèses, les appuie avec des preuves scientifiques, et ne résout jamais l'affaire en un claquement de doigts. Il y a donc un réel jeu de pistes et retournements de situations qui rendent les épisodes palpitants et surtout, agréables à regarder. Il y a également des faits et personnages historiques qui interviennent. Ainsi voit-on l’inspecteur côtoyer Tesla, parmi d’autres. Murdoch est le précurseur de Grissom, avec ce côté Sherlock Holmes plein d’intuitions fines.

 

En dehors de cet aspect police procedural, les personnages sont attachants. Outre son intelligence et son sens de déduction hors pair, Murdoch est un homme de valeurs, noble, parfois un peu trop (j'y reviendrai un peu plus tard) et ne manquant pas de charme. Il est entouré d'un supérieur assez sympathique et drôle, qui finalement, n'a pas vraiment l'attitude d'un supérieur. Il est le patron, mais franchement, c'est plus par le titre que par le comportement. Cet homme, Brackenreid, n'est pas non plus un fanfaron qui gère son poste de police n'importe comment. Il sait se montrer autoritaire, mais en général, ses démonstrations nous font plus sourire que peur. Ce n'est pas le chef tyrannique, juste un chef différent. Chef qui se trouve bien malgré lui embrigader par un groupe de fervents défenseurs de la construction du métro à Toronto dans la course politique. On suivait le candide Brackenreid se faire mener à la baguette par ce lobby. Le chef n’était plus maître de ses faits et gestes. On souriait devant son innocence, et on le respectait quand il tournait le dos à ce groupe pour ne pas déroger à ses principes quand ces hommes lui demandaient de le faire. A côté de Murdoch évolue également l'officier Crabtree qui pour sa part, remplit à merveille le quota de légèreté de la série. Il est le policier sympathique et tranche radicalement avec les stéréotypes du policier froid, violent, parfois pas très malin. Crabtree est drôle mais ne le fait jamais exprès, il est gentil, et il pimente les épisodes de commentaires pertinents mais qui parfois, font sourire les autres protagonistes alors qu’elles ont une réelle valeur. On voit qu'il a beaucoup de potentiel. Notamment lorsqu’il suggère d’appeler le silencieux d’un pistolet silencieux. En fait, derrière cette image d'officier comique se cache un excellent inspecteur qui doit juste émerger.

 

murdoch 2

 

La seule femme de l'équipage est le docteur Julia Ogden. Il est dommage que la présence féminine soit si faible dans Les Enquêtes de Murdoch, mais étant donné la condition de la femme aux XIXème et XXème siècles, il aurait été étrange et ridicule de placer davantage de femmes dans ce monde des forces de l'ordre. D’autre part, il n'y aurait pas eu assez de matière sur laquelle travailler pour un personnage féminin relégué au rang d'épouse ou secrétaire. Julia est une femme qui a réussit à s’imposer professionnellement dans une société gouvernée par les hommes qui la respectent et l’estiment. William Murdoch lui parle d’égal à égal, ne méprise jamais ses observations. Il se dégage une véritable alchimie scientifique et professionnelle entre les deux. En outre, les amateurs de ship ne peuvent qu’être ravis car la relation entre William et Julia va au-delà du professionnel. Ils sont faits pour être ensemble, mais n’y arrivent pas, parce qu’il y a toujours un obstacle. La succession de ces obstacles ne fait que nous mettre dans l’angoisse et le dépit après une montée d’espoir. On veut les voir ensemble mais on sait qu’on est parti pour attendre. Et en cette saison 4, les choses se compliquent davantage. Julia s’est envolée de Toronto pour Buffalo, mais en est revenue plusieurs mois plus tard. Entretemps, elle a appelé William à élucider un meurtre à Buffalo. Sachant que William avait acheté une bague de fiançailles à la fin de la saison 3 mais était arrivé trop tard pour retenir Julia de son départ vers Buffalo, on s’attendait à des retrouvailles heureuses. Malheureusement, peine perdue car Julia avait accepté la demande d’un confrère à Buffalo. J’avais envie de pousser un cri de désespoir en voyant William triste face à cette situation. J’avais envie de pousser un cri de désespoir suivi d’un hurlement interrogatif « pourquoi ?!??!!? » quand William laissait Julia dire « oui » à son mariage avec son fiancé, au lieu de venir dans l’église et reprendre Julia. Plein de noblesse, il ne voulait pas se mettre en travers du chemin de Julia et la laisser être heureuse avec Darcy. Sauf qu’on sait trop bien qu’il en est toujours amoureux. Maintenant, il est certain qu’il va être difficile pour ces deux amoureux de se retrouver unis. Bien sûr, aujourd’hui, il suffirait d’un divorce et tout serait réglé. Mais comme Julia et William vivent dans une époque où le divorce est presqu’impossible (ou si oui, très mal considéré dans les mœurs de l’époque), les choses sont loin d’être aussi simples…

 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cette série, je les exhorte vivement à la regarder. Elle mêle intrigues policières et scientifiques ficelées avec excellence, personnages attachants, ainsi qu’une histoire d’amour contrariée, et un contexte historique bien retranscrit. Retrouvez-vous Murdoch le dimanche soir sur France 3 (pour la saison 5) !

 

Sériecalement vôtre,

VK

Posté par VK Serie à 20:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,