17 mars 16

TREPALIUM

 

J’ai terminé il y a quelques jours mon visionnage de Trepalium, la série d’anticipation d’Arte. A vrai dire, le visionnage ne fut pas très habituel. J’avais enregistré les trois premiers épisodes, car je n’étais pas disponible le soir de sa première diffusion. De plus, je doutais avoir le temps de regarder le replay, donc autant prendre ses précautions et enregistrer. J’avais eu raison, parce que je n’ai, en effet, pas eu le temps pour regarder le replay dans la limite des 7 jours. J’étais à la moitié du second épisode quand arrivaient les trois derniers. Et rebelotte, pas disponible non plus pour regarder en live, alors cette fois-ci, je décidai de regarder les replays des derniers épisodes puis de finir mon enregistrement. J'aurai pu enregistrer les derniers épisodes, mais les enregistrements s'accumulant... Oui, c’est un peu compliqué tout cela, mais bon… C’est pourquoi, en tant que fan de séries, je trouve dommage de ne faire que deux diffusions, qui plus est pour une série made in France, au sujet intéressant, et avec cette caractéristique de se vouloir être une série d’anticipation ! C'en est frustrant...

J’aime les séries produites par Arte.  J’avais trouvé 'Ainsi soient-ils' d’une grande classe, servie par des dialogues d’une telle beauté et profondeur et des acteurs transfigurés par et transfigurant leur rôle. Pas facile avec le pitch de départ : suivre des séminaristes. Mouais, que dire, à part qu’ils aiment prier ? Un peu caricatural, mais vous voyez où je veux en venir : il n'était pas évident d'imaginer qu'il puisse y avoir beaucoup à raconter. Et comment parler à un public pas forcément sensible à la religion ? 'Ainsi soient-ils' fut un petit bijou, une série de qualité, il faut le lui accorder, qu’on soit intéressé ou non par les questions religieuses (peu importe le culte).

 

trepalium 2

 

Trepalium, dans un registre totalement différent, fut une réussite elle aussi. Thème interpellant et d’actualité, peut-être poussé à l’extrême mais pour mieux servir le propos. Série visuellement belle, avec des décors, des costumes, un style rétro-futuriste recherchés, qui illustrent bien la rigueur et l’asservissement de l’homme par le travail. La question de la série demeure : faut-il avoir un travail pour être considéré comme un être humain ? Se réaliser par le travail reste-t-il un mythe ?

Je dois avouer que le premier épisode m’a un peu surprise. C’était même presqu’un choc, tant j’avais été décontenancée par la froideur des personnages interprétant les actifs, le caractère robotique de leurs échanges verbaux et leur gestuelle. Je les trouvais au premier abord raides, sans charisme, sans émotion. Je ne sais pas si c’était involontaire ou conseillé par le réalisateur, en y réfléchissant, j’ai trouvé que ce jeu collait parfaitement à l’atmosphère de la série. Trepalium a livré une vision brutale et pessimiste du travail et du non travail.

 

On se rend compte que la situation des habitants d’Aquaville n’est pas plus enviable que celle des habitants de la Zone. Dans cette dernière, les gens n’ont pas de travail, doivent se battre pour survivre, errent dans la misère. A Aquaville, les gens ont peut-être tout : travail, maison confortable, accès à toutes les infrastructures. Cependant, cette ville et ses règles ont totalement déshumanisé l’homme.

On le comprend dès les premières minutes, quand Ruben découvre son chef mort. Au lieu d’appeler les secours, et bien il ne perd pas le sens des priorités, il appelle son père pour candidater à la succession de feu son supérieur. Sympa, quoi… Certaines tâches sont loin d’être intéressantes, comme par exemple celle de Thaïs qui lui fait passer la journée à "jouer" à une sorte de tétris. Tout est bon pour s’épier, s’écraser les uns les autres pour servir ses intérêts. Il n’y a plus de compassion, d’altruisme, il n’y a que peur, égoïsme, dégoût pour ceux qui n’ont pas de travail alors que cela n’est pas de leur ressort (oui, le type crachant sur Izia et les attitudes des actifs face aux inactifs sont restés gravés dans mon esprit). Le travail a engendré un monde froid et cruel. Le titre de la série donnait déjà le ton : le travail est devenu une souffrance. On ne voit plus l’homme que comme quelqu’un qui doit être utile et performant, et qui n’a plus le droit de ressentir. Les humains sont des pièces qu’on remplace dès qu’il y a un défaut. Toutes ces idées passent par les décors et costumes, très bien choisis : maisons à l’intérieur high-tech mais totalement impersonnel, habits qui sont plus des uniformes que des habits pour exprimer sa personnalité et qui contribuent à la raideur des personnages, tout est millimétré.

On parle d’Aquaville, mais du côté de la Zone, les rapports humains ne laissent pas tellement la place à la compassion. On voit Izia et son fils voler d’autres zonards (premier épisode) et franchement, on n’a pas vu beaucoup de moments d’entraide entre les zonards. Il y a évidemment l’espoir de passer le mur, mais c’est pour se rendre compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs malgré les avantages certains.

 

trepalium 1

 

Du côté des intrigues : elles étaient logiques et je ne pense pas qu’il y avait beaucoup d’options. Il fallait confronter les deux mondes et l’idée des solidaires, avec l’histoire d’amour, était le choix adéquat. Bien évidemment, il fallait aussi bousculer l’ordre établi via l’histoire avec les activistes.

Je trouve étrange que Ruben ne se soit pas plus posé de questions quant au sort de sa femme. Il n’avait pas l’air d’en être fou amoureux, mais cela me paraissait logique qu’il cherche à en savoir plus, même s’il n’avait pas obtenu de réponse. D’ailleurs, Maël n’avait pas l’air déstabilisé par ce remplacement de mère… Toutefois, j’ai bien aimé sa révolte à la présentation Phoenix. Il n’y avait pas besoin de plus, c’était parfait.

Quant à Jeff, dommage qu’il n’ait pas survécu. Je pense qu’il était le personnage qui croyait le plus à une réconciliation actifs/zonards. Son sort démontrait une fois encore la fourberie des actifs et accentuait peut-être le pessimisme de la série : la cohabitation sera dure...

Enfin, je me pose la question : quel était le but recherché par le faux assassinat de la première ministre ? On a compris que la révélation finale amorçait une suite potentielle au cas où il y en aurait eu une, mais pourquoi ce stratagème ?

 

A noter aussi qu’Arte a lancé un dispositif transmédia pour compléter la série, intitulé A l’ombre du mur - Journal d’un inutile. Il s’agit ici d’une sorte de prequel où les spectateurs découvrent, à travers l’histoire d’un personnage, ce qu’était le monde avant la construction du mur. Initiative qui appuie la volonté d'Arte d'être une chaîne sur laquelle on peut compter pour les séries TV. Et merci aux auteurs et producteurs de nous proposer de leurs histoires.

 

Sériecalement vôtre,

VK

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01 mars 16

MONTE CARLO 2015 : "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (table ronde)

 

Sarah Drew, l’interprète du docteur April Kepner dans Grey’s Anatomy (ABC et diffusé en France par TF1), est venue représenter la série à Monte Carlo en juin 2015, accompagnée de son mari et de leurs deux enfants. Lors d’une table ronde, l’actrice a répondu aux questions des journalistes sur la saison 12, son personnage, la passion des fans pour la série…

 

— Votre personnage est très différent de celui qu’il était au début: timide, et maintenant, il s’est endurci…

Sarah Drew : Oui. April a pas mal évolué. Je veux dire, c’est un vrai cadeau de pouvoir jouer ce personnage parce que j’ai l’impression d’avoir joué quatre différents personnages tout au long de cette série. Elle a tellement changé, elle a grandi et mûri. Au début, elle était un peu comme une adolescente. Ce n’était pas une adolescente, mais elle se comportait comme telle et à présent, elle a vraiment mûri et j’ai l’impression qu’elle est devenue une véritable adulte. C’est cool d’avoir pu assister à cette progression.

— Selon vous, pourquoi les gens sont-ils tant attirés par la série ?

Sarah Drew : Je pense que les gens se reconnaissent dans ces personnages. Et vous avez cette expérience intense que l’on vit dans un hôpital quand on fait face à des situations de vie ou de mort, quand on essaye de sauver des vies, est-ce que le patient va vivre ? est-ce que le patient va mourir ? Mais on revient toujours aux relations humaines, et les gens se retrouvent dans ces relations, et ils tombent amoureux de ces relations, et ils espèrent l’amour. C’est une série optimiste, je pense, il y a beaucoup d’espoir et je pense que les gens sont attirés par cela également. En particulier en ce moment où il y a un grand nombre de séries sombres. Il y a de la légèreté, c’est une série sur des gens qui essaient de faire la bonne chose et de temps en temps, ça ne marche pas.

— Pourtant dans la série, il y a des situations dramatiques.

Sarah Drew : Absolument. Il y a absolument des situations dramatiques dans la série, mais je crois que la série est centrée sur des personnes qui intrinsèquement tentent de les surmonter, de faire la bonne chose, vous savez.

— Comment êtes-vous en contact avec les fans qui regardent la série ? Réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Twitter, Instagram. Je ne rencontre pas les fans très souvent. En fait, je suis plutôt casanière, je reste avec ma famille. Je vis dans une partie de Los Angeles où les célébrités ne sortent pas. Je ne me coiffe ni ne me maquille très souvent, alors quand je suis reconnue, c’est parce que les gens pensent qu’ils m’ont croisée à la gym !

— Pensez-vous qu’il est important d’avoir des retours des personnes qui regardent la série ?

Sarah Drew : Tout à fait !

— Comment les recueillez-vous ? Par les réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Nous recevons les retours via Twitter. Je tweete beaucoup en direct. Et les fans ont permis que le show perdure. Je veux dire, c’est… Nous avons gagné un People’s Choice Award dans la catégorie de la meilleure série dramatique aux Etats-Unis cette année, j’imagine que ça a été relayé partout, je ne sais pas, mais pour qu’une série remporte un People's Choice Award alors qu’elle en est à sa onzième saison, c’est vraiment grâce aux fans qui l’ont adoptée et adorée et portée pendant toutes ces années, et je… Nous somme si reconnaissants, reconnaissants envers les fans.

— Selon vous, pourquoi le public aime-t-il les séries médicales ?

Sarah Drew : Je pense que c’est à cause des enjeux cruciaux, comme gérer des situations de vie ou de mort. Donc vous vous intéressez aux personnages de la série, et puis vous vous intéressez aux patients, et ensuite, vous voyez comment les vies des patients s’entremêlent avec celles des médecins. Ainsi, il y a une multitude de façons de se lier. Je pense que tout tourne autour des rapports humains.

— Quand vous allez dans un hôpital maintenant, voyez-vous les choses différemment ?

Sarah Drew : Tout à fait. Oui. Cette saison, mon personnage... J'étais enceinte quand mon personnage l'était, et nous avons tourné ma scène où je suis en travail et celle de l'accouchement, et puis le travail s’est déclenché dix heures plus tard. J’étais littéralement en train de tourner ces scènes de travail et d’accouchement et dix heures après, le travail était réel, j’étais dans une vraie salle d’accouchement, avec des infirmières, c’était assez dingue.

— Avez-vous suivi une sorte de boot camp dans un hôpital avant ?

Sarah Drew : Je crois que les acteurs présents dans les premières saisons ont probablement assisté à des opérations, et cela a toujours été possible pour nous, mais je ne l’ai pas encore fait. Je sais que je devrais, c’est ridicule de ne pas l'avoir fait. Je le ferai, je dois le faire. J’aimerais le faire.

— Est-ce parce que vous avez peur ?

Sarah Drew : Non. Non. Je pense que ça pourrait être très intéressant. En fait, ça me fascinerait. Il faut juste que je trouve du temps pour le faire. 

 

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— April est une personne très religieuse. Quel est votre rapport avec la religion ?

Sarah Drew : Mon père est pasteur. J’ai grandi dans un foyer chrétien, par conséquent, ma foi a toujours fait partie de ma vie, a toujours eu une place importante dans ma vie. Et c’était vraiment intéressant parce que lorsqu’il a été décidé que mon personnage serait chrétien, Shonda Rhimes m’a invitée dans son bureau et m’a dit : "nous savons que tu as une grande connaissance de ce monde, et nous voulons raconter une histoire authentique, alors présente-nous des idées, et si jamais quelque chose ne va pas, viens et dis-le nous, nous voulons raconter une histoire vraie". Cela a été un honneur de pouvoir collaborer de cette manière.

— Pouvez-vous nous décrire une journée de tournage type ?

Sarah Drew : Une journée de tournage type… Vous arrivez, vous rejoignez la loge, vous passez par la case coiffure et maquillage, vous traînez avec vos coiffeurs. Vous répétez les scènes, vous voyez l’équipe. Ensuite on met au point l’éclairage, vous retournez dans la loge, vous vous habillez. Puis vous sortez et vous tournez, en fait, vous enchaînez les prises l’une après l’autre. Et vous passez du temps avec les acteurs et pendant les prises, nous aimons regarder des vidéos YouTube, ou lire, ce sont des trucs débiles : des chats, des vidéos de bébés dans une voiture traversant un tunnel, celle-ci est ma préférée. (rires)

— Avez-vous regardé la série ?

Sarah Drew : Oui, et je l’ai suivie depuis ses débuts. C’est la seule série que mon mari et moi regardons depuis ses débuts. Alors c’était vraiment excitant d’avoir pu faire partie de l’aventure.

— Certains personnages majeurs sont morts. Avez-vous peur que Shonda Rhimes tue votre personnage ?

Sarah Drew : Oh, nous pouvons tous être tués. N’importe qui peut disparaître à n’importe quel moment, alors je profite du présent pour ce qu’il est. J’adorerai rester dans le show, mais je sais qu’il y a des chances que je parte.

— Avez-vous un plan B, au cas où ?

Sarah Drew : Je continuerai mon chemin. Je recommencerai les auditions, et serai reconnaissante pour ce que cette expérience a été.

— Vous jouez dans la série depuis si longtemps, et peut-être avez laissé passer des opportunités. Comme vous l'avez dit, vous allez devoir tout recommencer.

Sarah Drew : Vous ne pouvez pas perdre du temps à regretter les opportunités manquées quand vous êtes au milieu de la meilleure opportunité que vous pouviez demander, vous voyez où je veux en venir ? J’ai eu la chance de faire un film il y a deux étés de cela et puis je suis partie faire sa promotion l’été dernier et… C’est un job qui prend tellement de temps, nous faisons 24 épisodes par an, c’est dur. Quand vous avez une pause, vous avez envie d’en profiter. C’est sympa de travailler de temps en temps, mais je crois… Quand je commencerai à me dire "oh, pour faire ça, il faut que je fasse ça"… Je me rappelle de ce que Chandra Wilson (NB : le docteur Bailey dans la série) m’a dit un jour. Elle a dit : "pourquoi t’inquiètes-tu de cela aujourd’hui ? Tu as un job, alors profite du fait que tu as maintenant un job. Tu as un job. Un jour, ce job s’achèvera et tu chercheras le prochain". Je pense que c’est une attitude très saine.

— Le personnage incarné par Patrick Dempsey est mort, qu’est-ce qui va arriver dans la prochaine saison ? Pensez-vous qu’un nouveau personnage va arriver ?

Sarah Drew : Je viens d’apprendre aujourd’hui (NB : la table ronde s’est déroulée le mardi 16 juin) que Martin Henderson rejoint le show, et j’en suis exaltée parce qu’il était… J’ai fait un pilote avec lui pour Shonda Rhimes il y a quelques années qui finalement n’a pas été retenu, alors je suis très impatiente. Mais personne ne peut remplacer le docteur "Mamour". Vous savez, le docteur "Mamour", c’est le docteur "Mamour" ! (rires)

— Qu’est-ce qui vous attend dans la saison 12, si vous pouvez nous donner des pistes ?

Sarah Drew : Je sais que mon personnage a connu un changement considérable, a eu cette incroyable expérience sur le champ de bataille en tant que chirurgienne de guerre. Et maintenant, je suis de retour et je suis une nouvelle personne qui entre en conflit dans sa relation avec Jackson, et nous verrons qu’elle est devenue une super dure à cuire. C’est une personne si différente. Je crois que tout le monde est très enthousiaste parce qu’il y a eu un renouveau sur la série, et nous comptons Debbie Allen (NB : le docteur Catherine Avery dans la série) parmi nos producteurs. Nous verrons, ce sera fun.

 

 

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

MONTE CARLO 2015: "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (interview, English)

 

Sarah Drew, who portrays Dr. April Kepner in Grey’s Anatomy (ABC), went to Monaco in June 2015 with her husband and their two kids. The actress spent some time to answer journalists’ questions about season 12, her character, fans’ passion for the show… (I'm not a native English speaker, so my apologies if there are English mistakes in the actress's answers)

 

— Patrick Dempsey’s character has died, so what’s going to happen in next season? Do you think another character’s going to appear?

Sarah Drew: I just found out today (NB: the collective interview took place on Tuesday 16 June) that Martin Henderson is coming on to the show, which I’m very excited about because he was… I did a pilot with him for Shonda Rhimes that actually didn’t go a couple of years ago, so I’m very excited. But nobody can replace "McDreamy". "McDreamy" is "McDreamy", you know! (laughter)

— What’s next for you in season 12, if you can give us some keys?

Sarah Drew: I do know that my character has gone through a significant change, had this crazy experience on the battle front as surgeon at war. And now, I’m back and I’m a new person who’s coming into conflict with my relationship with Jackson, and we’re gonna see she’s super badass now. She’s a very very different person. I think everybody’s really excited because there’s a new vamp of the show, and we found Debbie Allen (NB: Dr. Catherine Avery in the series) as one of our producers now. We’ll see, it’s gonna be fun.

— Your character is very different from what she was at the beginning: the shy one, and now, she’s tough.

Sarah Drew: Yes. April has evolved quite a bit. I mean, it’s a real gift to get to play this character because I feel like I’ve played four different characters over the course of this one show. She’s changed so much, she’s grown and matured. She really kind of started off like a teenager. She wasn’t a teenager, but that’s sort of how she behaved and now she’s really mature and now I feel like she’s a real grown-up, very deep grown-up stuff, it’s been cool to get to see that happen.

— Why do you think people are attracted so much by the show?

Sarah Drew: I think people relate to these characters. An then you have the heightened experience of life-and-death situations of being in a hospital, trying to save lives and is the patient gonna live? is the patient gonna die? But everything relates back to these relationships, and people see themselves in these relationships, and they fall in love with these relationships, and they hope for love. It’s a very hopeful show, I find, there’s a lot of hope that I think people are drawn to as well. Especially in an era where there are a lot of dark shows out right now. There’s like a levity and a lightness, it’s about people trying to do the right thing and sometimes it’s failing.

— But in the show, there are some dark situations.

Sarah Drew: Absolutely. There are absolutely dark situations on the show, but I think it’s about people inherently trying to overcome it, trying to do the right thing, you know.

— How do you connect with fans who watch the show? Social networks?

Sarah Drew: Twitter, Instagram. I don’t meet fans very often. I mean, I’m kind of a homebody, I stay with my family. I live in a part of LA where celebrities don’t hang out. I don’t ever do my hair, make-up so often, so when I get recognized, it’s because people think they met me at the gym!

— Do you think it’s important to have feedbacks from the people who watch the show?

Sarah Drew: Absolutely!

— How do you have that? Is it social network ?

Sarah Drew: We get feedbacks through Twitter. I live-tweet a lot. And the fans have kept the show going. I mean, it’s… We won a People’s Choice Award for Best Drama in the States this year and, I guess that was everywhere, I don’t know, but for a show to win People’s Choice Awards in its eleventh season, it’s really because the fans have just embraced it and loved it and kept it going, and I… We’re so grateful, grateful to fans.

— Why do you think the public like the hospital TV shows?

Sarah Drew: I think it’s because of the heightened stakes, like we’re dealing with life-and-death situations. So you get invested in the characters on the show, and then you get invested in the patients, and then you see how the patients’ lives are connected to the doctors’. And so, there are a lot of ways to connect. I think it’s all about connection.

 

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— When you’re going to an hospital right now, do you see things differently?

Sarah Drew: Absolutely. Yeah. This season, my character… I was pregnant while my character was pregnant, and we shot my labor and delivery scene, and then I went into labor ten hours later. So I was literally in the labor and delivery scene and then ten hours later, in real labor, real delivery room, dealing with nurses, it was pretty crazy.

— Did you do like a boot camp in a hospital before?

Sarah Drew: I think probably the original cast members in the first few seasons actually went and observed surgeries, and that’s always been available to us, but I have not done it yet. I know I should, it’s ridiculous that I haven’t. I’m going to, I need to do it. I would like to go.

— Is it because you’re afraid?

Sarah Drew: No. No. I think it would be really interesting. I would be fascinated, actually. It’s a matter of finding the time in my life to go.

— April is a very religious person. What is your relationship with religion yourself?

Sarah Drew: My father is a minister. I grew up in a Christian household, so my faith has always been a part of my life, a very, very important part of my life. And it was really interesting because when they decided that my character would become a Christian, Shonda Rhimes invited me into her office and said: "we know that you know a lot about this world, and we want to tell an authentic story, so you pitch us ideas, and any time it doesn’t feel right, come and tell us, we want to tell a true story". It’s been an honor to get to collaborate in that way.

— Could you describe us a typical day on the set?

Sarah Drew: Typical day on set… You show up, you go in the trailer, go to hair and make-up, hang out with your hair maker folks. You go to rehearse the scenes, so you see the crew. And then they settle the lightings, you go back to the trailer, you get dressed and you finish getting ready. And then, you go back and you shoot, and it’s just take after take after take. And you hang out with the actors and between takes, we like to watch YouTube videos, or just read, it’s just silly stuff: cats, babies going though tunnels, that’s my favorite one right now (laughter)

— Did you watch the show?

Sarah Drew: Yes, and I watched it from the beginning. It’s the one show that my husband and I watch since the beginning. So it was really exciting when I got to come and be a part of the show.

— Some of the major characters died. Do you fear that Shonda Rhimes could kill your character?

Sarah Drew: Oh, we could all be killed off. Anybody could go at any time, so I’m just embracing the present for what the present is. I would love to stay on the show, but I know there’s a lot of chances I can go.

— Do you have a plan B, just in case?

Sarah Drew: When this ends, I’ll just move on to the next thing. I’ll just start auditioning again, and be so grateful for what this experience has been.

— You’re doing this for such a long time and might have missed opportunities. Like you said, you’ll have to do it all over again.

Sarah Drew: You can’t spend to much time mourning the missed opportunities when you are in the middle of a greatest opportunity you can ever ask for, you know what I mean? I got the chance, like I got to do a movie two summers ago and then got to promote it last summer and… It’s such a full-time job, we do 24 episodes a year, it’s hard. When you do have that break you kinda want to take that break. I mean, it’s fun to work sometimes, but I think… When I get concerned about "oh to get to do this, I need to go do this"... I think about what Chandra Wilson (NB: Dr. Bailey in the series) actually said to me. She said: "why are you worrying about that right now? You have a job, just enjoy the fact you have a job right now. You’ve got a job. This job will eventually end and you go find the next job". I think it’s a very healthy attitude.

 

Check out the other articles about the 2015 edition:
Criminal Minds
How To Get Away With Murder
(If you read French, you can find more articles here)

Check out the photo gallery.

 

Seriecalement vôtre,

VK

 

12 févr. 16

AVANT-PREMIERE VYNIL (OCS/CANALSAT)

(Attention SPOILERS)

 

vynil

 

J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première de Vynil, qui s’est déroulée au Palais de Tokyo à Paris, quelques jours avant sa diffusion officielle sur HBO le 14 février. L’évènement a été organisé par OCS et Canalsat.

Le pitch ? La série suit le parcours de Richie Finestra, le directeur d’un label implanté à New York qui essaie de se faire une place dans l’industrie de la musique, dans les années 1970, en oscillant entre raisonnement économique et envie de sortir des sentiers battus. Cette série est très attendue puisqu’elle est née de la collaboration de trois pointures : Mick Jagger, Martin Scorsese et Terence Winter. Avec de tels noms au générique, cette série en devient un "must-see" !

 

Mon avis ? L’histoire est intéressante, le pilote introduit le panel de personnages et les enjeux. Même si Richie Finestra est au centre du pilote (Bobby Cannavale excelle dans ce rôle), il est évident que les autres personnages n’en sont qu’au début de changements qui vont bouleverser leur vie et on espère les revoir beaucoup plus par la suite. Je l’espère sincèrement car il faut reconnaître que Richie était parfois trop présent dans ce pilote. Il y a de quoi faire, entre la jeune secrétaire ambitieuse (Juno Temple), espérant gravir les échelons du label de Richie ; le chanteur de rock qui va sûrement tout faire péter (James Jagger) ; la femme de Richie (Olivia Wilde) qui, je pense, soit finira par aspirer à autre chose que d’être mère au foyer, soit ne supportera plus le mode de vie de son mari ; le chanteur de blues dont on a flingué la carrière prometteuse…

Le show offre par ailleurs une reconstitution soignée des années 70, notamment sur ce à quoi ressemblaient New York et l’industrie musicale à cette époque. Mes oreilles ont cependant souffert de certains moments musicaux assourdissants, mais j’ai aussi beaucoup apprécié les morceaux de blues. La production a veillé à accorder une attention particulière aux détails et il en résulte que les spectateurs auront l’impression de vivre cette ambiance comme s’ils y étaient vraiment. Surtout son côté obscur… Je n’imaginais pas que la société pouvait être décadente à ce point-là… 

C’est une série clairement sexe, drogue et rock’n’roll, avec des situations et répliques comiques, et elle vaut la peine d’être essayée. Quelques bémols, cependant. La longueur du pilote, certains éléments étaient de trop. D’autres sont des réminiscences de thèmes déjà vus. Comme impliquer accidentellement Finestra dans une disparition violente (j’ai pensé à Lucious Lyon dans Empire qui a du se salir les mains pour protéger ses intérêts). Je ne suis pas une grande fan de rock, je ne sais pas si on peut appeler cette série un chef d'oeuvre seulement après avoir vu le pilote, mais je dois avouer que c’était une expérience intéressante qui nous rappelle comme la musique de l’époque était top (ah, ABBA...).

 

Le saviez-vous ?

Philippe Manœuvre est venu partager quelques anecdotes sur la genèse de la série. L’idée est née dans l’esprit de Mick Jagger il y a 15 ans. A l’époque, il souhaitait produire un film sur une maison de disques dans les années 70 et a partagé son idée avec Martin Scorsese. Il en est ressorti un projet de film d’une durée initiale de trois heures… qui finalement est devenu une série télévisée.

L’histoire commence en 1973, année qui fut propice à la scène musicale. Les années 1970 ont également été une époque où New York a vu le taux de criminalité grimper, ce qui laissait la voie à l’insertion d’arches narratives impliquant des organisations criminelles.

 

Découvrez la série dès le 15 février en US+24 sur OCS City (ou via les offres Canal) et le documentaire 'Shine A Light' qui suivra le pilote.

En attendant, voici une bande annonce :

 

Sériecalement vôtre,

VK

11 févr. 16

VYNIL PREMIERE (IN FRANCE)

(This article contains SPOILERS)

 

vynil

 

I was lucky to attend the Vynil premiere that was held in the Palais de Tokyo, in Paris, few days before the official release on HBO, on February 14. The event was organized by two French TV players: OCS (operated by Orange, a telco operator) and Canalsat.

The pitch? The series follows Richie Finestra, a New York music executive who tries to make a career out of the music industry, in the 70s. What will he chose between business priorities and going off the beaten track? The series is quite expected because of the people who are behind it: Mick Jagger, Martin Scorsese and Terence Winter. Hence, it is already labeled a must-see show.

My opinion? The story is interesting, the pilot introduces the panel of characters and the stakes. Even if Richie Finestra was at the center of the pilot (Bobby Cannavale is excellent in the role, nice hair cut^^), it is quite obvious the others are on the verge of going through big changes. I hope we can see them much more in the next episodes because even though Finestra is an attractive character, there were sometimes too many Finestra scenes in the pilot. There can be a lot to do with the other heroes : the young assistant (Juno Temple) who is aiming at climbing the social ladder in Richie's label, the young singer (James Jagger) who will surely stand out, Richie's wife (Olivia Wilde) who, I think, will balance between being a housewife and seeing her husband going on a slippery path, and the former promising blues singer (Atto Essandoh) who had been "betrayed"...

The series offers a neat reconstruction of the 70s, in terms of what New York and the music industry looked like back in the day (my ears suffered from some musical moments that were too loud but I really liked the blues songs). The production paid a particular attention to the details and it turns out viewers could immerse themselves in this atmosphere, especially in the dark side of it (I did not imagine decadence could reach that level...).

Well, this series is truly "sex, drugs and rock'n'roll" with funny quotes and situations, and is worth trying. The downside of it lied in the length: some elements were not necessary, others rang a bell, like the accidental involvement of Finestra in a sudden and violent disappearance (I thought about Lucious Lyon who had to handle some obstacles to his success himself). I'm not a big fan of rock, I don't know if we can call this series a masterpiece, from the sole first episode, but I admit this was a nice experience that makes us remember how music was good in those days.

 

Fun facts:

The project was born in Mick Jagger's mind 15 years ago. He wanted to make a film about a record label and reached out to Martin Scorsese to share his idea. The two came up with a film that would last three hours. It finally became a series years later.

The story begins in 1973. This year has been chosen because it has been a great year for music. Moreover, having the 1970s as historical background allowed the production to create a story arc in which criminal organizations could be involved, indeed, back in the day, New York faced a high criminality rate. 

 

Below one trailer:

 

Seriecalement vôtre,

VK


31 janv. 16

PROFILAGE, SAISON 6

 

Je retiendrai particulièrement de cette saison les intrigues hors enquêtes, autour des protagonistes.

Commençons avec la découverte de la fille de Fred, qui n’avait rien d’inattendu. Rappelons-nous que lors du final de la saison 5, Hippolyte avait promis à Fred qu’il "la" retrouverait. On pouvait d’ores et déjà supposer qu’il s’agissait d’un enfant qu’elle avait dû abandonner quand elle était plus jeune. Dès le début de la saison 6, Hippolyte est suivi par une jeune femme blonde, cette dernière s’avérant être la nouvelle recrue. Bizarre, comme coïncidence, non ? Par conséquent, la confirmation de ce lien de parenté n’en était qu’une suite logique. Suite tout à fait plaisante, la fille ayant un peu le même caractère que sa mère, et sa relation avec son beau-père prenant une tournure assez drôle, qui rappelle celle que Fred avait avec Hippolyte. Emma Tomasi reprend le flambeau et on retrouve ce duo "secondaire" qui apporte son petit grain de folie à la série et au duo Chloé Saint Laurent/Thomas Rocher. Les tentatives infructueuses de Chloé pour annoncer la nouvelle à Rocher et Larmarck étaient cocasses. Je serai curieuse de découvrir le père biologique d’Emma… En tout cas, bienvenue et bravo à Sophie de Fürst, qui se fond très bien dans l’équipe.

Que dire de l’Hippolyte drogué ? Crédible et triste pour le personnage (Raphael Ferret était très convaincant dans ce registre). Profilage sachant mélanger avec efficacité drame et humour, la scène de recadrage de Fred en fut une parfaite illustration (revoir Vanessa Valence fut un plaisir !). Maintenant, je me demande si on ne pourrait pas, pendant la saison 7, revenir sur le fait qu’Hippolyte s’est servi dans le coffre des scellés… Cela pourrait donner un problème intéressant. On aurait à nouveau le policier, et par prolongement, l’équipe, être sous le radar des affaires internes, néanmoins, il me semblerait cohérent que la disparition de cannabis des locaux de la police ne passe pas inaperçu longtemps.

profilage 1

 

En ce qui concerne la relation conflictuelle entre Thomas et Dimitri, avec en toile de fond un triangle amoureux : sur le coup, j’ai été un peu surprise car j’attendais que l’histoire prenne une autre dimension. En fait, l’option choisie n’avait en soi rien de sensationnel : on a déjà eu ailleurs des intrigues où deux hommes amis d’enfance se sont éloignés à cause d’une femme. Dans Profilage, l’un des deux hommes ne savait rien du départ précipité de son ami et à part ce détail, c’était, par la thématique, du déjà-vu. C’est peut-être pour cela que j’ai tardé à voir la chose arriver, sûrement espérais-je quelque chose de moins habituel… Il faut cependant reconnaître que la réaction écrite pour Thomas fut ambiguë, au moins pour un temps. La scène où Thomas invite Dimitri à faire un tour avec lui avait de quoi glacer le sang (Philippe Bas ressemblait à un tueur fou et diabolique), j’avais l’impression de regarder un film d’horreur. Je me doutais que ce dernier n’avait pas assassiné Dimitri, mais là encore, à cause de cette scène de proposition de balade, j’ai craint le pire. Dommage que le colonel soit décédé, je n’aurai pas été contre une suite sur les conséquences de sa révélation, aurait-on eu toute cette intrigue pour terminer sur ça ? Après, pour ne pas me contredire, ce type d’arche n’ayant rien de nouveau, autant y mettre un terme et passer à autre chose.

profilage 4

 

Chloé : décidément, sa vie est très loin d’être un fleuve tranquille. La saison 6 a démarré avec une Chloé en meilleure forme et en rédemption. Elle a regagné peu à peu la confiance de son entourage. J’enrage juste qu’on ne sache rien sur la fameuse discussion entre Rocher et Saint Laurent. Son déchirement d’être éloignée de sa fille était palpable et émouvant. Les scènes où on la voyait dessiner sur le bitume sous la fenêtre de Lili puis découvrir le message d’amour de Lili étaient si attendrissantes, j’avais envie de lâcher une larme. Comment ne pas aimer ce personnage ? A peine a-t-elle retrouvé la sérénité que la voilà de nouveau en proie au doute, face à ses visions de Garrel. Alors lui, j’ai toujours été persuadée qu’il n’était pas mort ! Quelle bonne idée de l’avoir fait revenir. Il est indéniablement amoureux de Chloé et prêt à tout pour être avec elle, quitte à la garder dans l’oubli de son passé. Chloé est comme son "remède miracle" contre une vie faite de violence et de meurtres… au moins pour un temps car rien n’assure qu’il ne retombe jamais dans ses travers, même en étant avec Chloé. J’avais bien aimé leur complémentarité lorsqu’ils s’étaient connus : lui, le bad boy montrant une autre facette avec Chloé, elle, fragile, pouvant se lâcher un peu plus grâce à lui. Deux personnages compliqués et torturés se complétant.

Si j’ai apprécié le retour de Garrel, je dois vous dire que l’épisode final de la saison 6 ne m’a pas autant captivée. Toutefois, c’était une digression intéressante, après plusieurs épisodes d’enquêtes policières classiques. Peut-être ai-je trouvé l’enquête de Chloé moins palpitante que celles auxquelles elles m’avaient habituée ? Est-ce parce que cette vie paisible Garrel/Chloé l’était trop ? Je ne sais pas exactement, c’est une question de feeling, je suppose… Parfois on aime, parfois on aime moins… A mes yeux, le déclic de Rocher qui comprend que Garrel est revenu d’entre les morts était trop rapide. Quelques années s’étaient écoulées, et franchement, j’avais l’impression que les indices n’étaient pas assez flagrants pour subitement faire le lien entre les exécutions et l’ancien commandant de la brigade des stups. Au départ, je n’avais pas compris ce revirement de situation, il a fallu que je me replonge dans mes souvenirs de la série… Surtout, pourquoi Garrel s’est-il senti obligé de commettre à nouveau des meurtres ? Ne pouvait-il pas tout simplement revenir vers Chloé ? Voulait-il inconsciemment ou non envoyer un message à Rocher et son équipe ? Avec la soudaine disparition de Chloé, ses retrouvailles avec elle auraient été forcément de courte durée, Rocher n’aurait jamais laissé tomber (et donc tout ça pour rien ?!).

profilage 2

 

Même sans avoir été transportée par cette fin de saison, je n’ai pas pu rester insensible à la scène de clôture. J’imaginais déjà une fin heureuse pour Chloé (retour chez elle et énorme câlin à Lili), et pas du tout un cliffhanger. Pourquoi tant de haine^^ ? Ne me dîtes pas que Rocher va succomber ?!! Il n’a pas réussi à survivre à un coup de ciseaux dans le dos pour finir avec une balle dans l’épaule… Par ailleurs, reverra-t-on Odile Vuillemin dans le premier épisode de la saison 7 ?

Je l’espère bien, parce que j’aimerai voir une conclusion nette pour son personnage. Sans saut dans le temps cette fois-ci, de grâce. Parce qu’on en a déjà eu entre les saisons 2 et 3 (mort de Pérac et exil de Chloé sur la côte), 4 et 5 (pendaison de Chloé), 5 et 6 (retour de Chloé après son épisode psychotique), ça commence à faire assez, selon moi. Je préfèrerai pour une fois qu’on assiste à la suite directe de ce qui s’est déroulé à la fin de la saison 6. Entre les saisons 5 et 6, ceci n’aurait pas été aisé car Chloé devait se soigner, Thomas aussi, Hyppolite tombait dans la drogue, donc cela aurait été étrange de faire un/deux épisodes sur ces sujets sans enquêtes et revenir à la dynamique habituelle. Je regrette néanmoins un manque de flashbacks sur cette période, mélangés aux enquêtes, pour voir ce qui s’est passé entre la mort de Fred et le retour de Chloé. Pour le premier épisode de la saison 7, je souhaiterais qu’on sache exactement ce que sont devenus Chloé, Thomas et Garrel.

 

profilage 3

 

Du côté des nouveaux, l’arrivée de l’archiviste, Viviane Mercadet (à appeler Madame^^), a apporté de la fraîcheur à la série. Un poil caricatural, elle, a tiré son épingle du jeu, via son caractère, sa démarche, son exigence pour le classement, et son béguin pour Larmarck. J’ai bien ri quand le commissaire lui a dit "j’ai une proposition indécente à vous faire…", yeux de la concernée commençant à scintiller, puis déception de celle-ci quand Lamarck lui propose en réalité de prendre la direction de la numérisation des archives, suggestion aberrante au vu de son amour pour le papier ! En effet, c'était une proposition indécente. Pour finir, voir Chloé se faire passer pour une danseuse nocturne lors d’une affaire, c’était hilarant. On aura tout vu avec elle.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

17 janv. 16

DOWNTON ABBEY, BILAN

 

Downton Abbey a fait ses adieux aux téléspectateurs français le 2 janvier 2016 avec son ultime Christmas special. Cet épisode a offert un sympathique et happy end à tous les personnages… enfin, presque tous les personnages car en ce qui concerne Carson, je dirai que sa fin heureuse ne l’est pas entièrement.

Je garderai de bons souvenirs de cette série raffinée. Elle nous a présenté avec brio une belle reconstitution de la société britannique du début du XXème siècle, de l'aristocratie aux personnes dévouées à leur service, avec une galerie de personnages élégants et bienveillants. Je citerai en exemple Lord Grantham, un homme qui s’est montré loyal envers ses domestiques (Carson, Mrs. Padmore, Bates…), qui n’a jamais fait preuve de méchanceté ou d’indélicatesse envers qui que ce soit. Il était un véritable gentleman. Downton Abbey a créé un environnement où l’amour a coexisté avec les tragédies (comment oublier la mort de Matthew et Sybil le jour où ils ont accueilli leur nouveau-né ?), les bouleversements socio-économiques inévitables ou amplifiés par les évènements historiques et l’acceptation de ces changements (Tom, le chauffeur qui s’est marié avec la cadette d’un compte, shocking^^ ! etc.), l’humour (Denker vs. Spratt, les remarques de la comtesse douairière…). Je dirai qu’il a toujours été question d’amour dans Downton Abbey. Mary/Matthew et finalement Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, et toutes les autres relations qui n’ont pas abouti.

 

abbey 2

 

Pour ma part, je dois avouer que certaines histoires d’amour ainsi que certains protagonistes m’ont ennuyée. Mary a été la plus décevante. Elle a été tout le long l’enfant gâtée d’une famille aisée. Ayant pour objectif d’épouser un homme avec une excellente situation. Bien qu’elle ait accepté Henry à la fin, je n’ai pas été très convaincue par sa démonstration de fierté en apprenant la reconversion d’Henry en vendeur de voitures. Cruelle envers sa propre sœur Edith, se pavanant avec sa nouvelle coupe de cheveux alors qu’Edith venait de recevoir la confirmation du décès de Michael, et lui témoignant presque de l’exaspération. Il était vrai qu’on se doutait qu’il n’y avait plus d’espoir de revoir Michael en vie, mais bon, Mary, il y a des limites… Sur un forum, un internaute me disait qu’avec un tel ego, Mary se devait de se la péter un max… Ce qu’elle a fait avec succès. Pourtant, Mary a montré une autre facette, inattendue et voire incompatible avec ce à quoi elle nous avait habitués… Peste avec sa sœur, l’aînée du comte était très proche de sa femme de chambre et du majordome, et de façon générale, faisait preuve de bonté envers les classes sociales en dessous de la sienne.

Après la mort de Matthew (je n’ai jamais accroché à l’incessante valse de ces deux-là), je souhaitais que Mary sorte des sentiers battus et entame de nouveaux défis. Gérer le domaine, se réaliser dans une activité, peu importe laquelle. On l’a en effet vue s’impliquer dans la gestion de Downton, mais le sujet était traité à sa surface (une scène de temps à autre). Au lieu de voir des arches narratives percutantes, qu’a-t-on vu ? Et bien, Mary en hésitation face à de nouveaux prétendants, encore et encore… On a l’impression que caser Mary était la seule finalité réservée à ce personnage. Ainsi que la montrer sous son plus mauvais jour uniquement avec sa sœur, et ce, jusqu’à la fin. Prenez par exemple l’affaire Marigold et Mary clamant qu’elle ignorait qu’Edith n’avait encore rien révélé à Bertie… Mouais, mon œil… A mes yeux, Mary a été le personnage le moins passionnant. Je ne sais pas si elle était censée être l’héroïne que les téléspectateurs détesteraient ou envers laquelle ils éprouveraient des sentiments partagés, si c’est le cas, l’entreprise a été réussie.

 

abbey 5

 

A l’inverse, l’évolution de la malchanceuse (pour plusieurs années) Edith a été remarquable. Aux débuts de Downton Abbey, Edith restait un personnage discret, voire presqu’insignifiant. Je crois même que je n’ai jamais fait attention à elle pendant la première saison. Malgré tout, elle a réussi au fil des saisons à devenir une femme mature, moderne, brave. Elle me rappelle un peu la jeune, effrontée, et passionnée Sybil, qui fut la première à bousculer les codes. Edith a en quelque sorte repris le flambeau. Tout comme Mary, Edith a eu de nombreuses aventures de cœur. Au contraire de Mary, ces intrigues ont été un cortège d’épreuves bien plus intéressantes. Edith a été abandonnée à l’autel le jour de son mariage, a eu un enfant en dehors des liens du mariage (totalement ordinaire pour nous aujourd’hui, totalement scandaleux à l’époque !), a dirigé un magazine. La jeune femme en est ressortie plus forte. Elle a complètement mérité une fin joyeuse, et heureusement d’ailleurs, sinon j’en serai restée amère.

 

L’amour a donc été un sujet indissociable de Downton, en parallèle du portrait d’une certaine Grande Bretagne d’avant. Si, au départ de ma réflexion je me suis légèrement emportée devant ces amours à répétition, en définitive, elles se comprennent quand on se replace dans le contexte de l’époque où en général, finir vieille fille n’était pas considéré comme situation idéale… L’une des sœurs aurait pu terminer la série en demeurant indépendante et continuer ce rôle de femme avant-gardiste, finalement, les voir heureuses en couple ne me déçoit pas, c’est une fin positive.

 

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Je regrette la relation entre les Bates et la justice : était-ce nécessaire de voir à la fois John et Anna accusés de meurtre deux années de suite ? Je regrette le fait que plusieurs intrigues autour des domestiques aient existé parque qu’elles étaient directement liées à la famille Crawley. Par exemple, on voyait le domestique Y affairé dans la ville W car il/elle accompagnait un membre de la famille Crawley dans la ville W. Toutefois, je ne regrette pas d’avoir vu ces personnages poursuivre/concrétiser leurs rêves : Mrs. Padmore et son Bed & Breakfast, Daisy réussissant ses examens (je la voyais même aller plus loin car elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire entendre ses opinions), Spratt et sa rubrique dans le magazine d’Edith ("et dire que nous avions un expert en bas !" pour reprendre Lady Violet, franchement, je ne m’y attendais pas), Molesley devenant instituteur… Les temps changent, et les personnes également. Autre amertume : quelques intrigues peu approfondies, où on est passé d’un commencement étonnant à un développement et une conclusion trop rapides, alors qu’on perdait du temps sur des histoires pour lesquelles on éprouvait une sensation de déjà-vu. L’implication malencontreuse des Bates dans des affaires criminelles est l’exemple le plus parlant.

 

Voilà des éléments sur lesquels je souhaitais revenir, parmi d’autres en tête, oubliés, ou qui traverseront mon esprit plus tard… Downton Abbey a été une série savoureuse. Avec elle, il ne fallait pas s’attendre à des péripéties grandiloquentes, de prise de position sur des sujets sociétaux ou politiques, seulement au quotidien (presqu’ordinaire) de personnes ordinaires de passage dans un monde en transition, raconté avec douceur et charme (les scènes véritablement violentes se comptent sur les doigts de la main). Certains personnages ont eu une place plus évidente que d’autres mais tous ont connu leurs aventures. Même si j’aurai aimé passer davantage de moments agréables grâce à cette fiction, comme l’a dit Thomas Barrow, l’homme mystérieux avec une sensibilité insoupçonnée, "même les bonnes choses ont une fin". 

 

Relire mes autres reviews sur la série ici.

 

Sériecalement vôtre,

VK

08 janv. 16

MY GOODBYE TO DOWNTON ABBEY

 

DA

 

Downton Abbey said goodbye to the French viewers on the second day of 2016 with its last Christmas special. The episode gave a nice and happy ending for everyone… well, almost everyone when you think of Carson, I would rather say he was left with a “semi happy” ending.

I will keep sweet memories of this fine series. It presented a perfect reconstruction of the British gentry and servantship at the beginning of the twentieth century, with sophisticated and kind characters. I would mention Lord Grantham as an example: the man showed loyalty to the people who served him (e.g., Carson, Mrs. Padmore, Bates…), had never been mean or rude to anyone. He was a true gentleman. Downton Abbey created an environment in which love was mingled with tragedies (who could forget Matthew’s and Sybil’s death the day they welcomed their newborn?), changes that came alongside historical events and the acceptation of these changes (Tom Branson, the driver who married the Lord’s third daughter, etc.), humour (Denker vs. Spratt, the dowager countess’s lovely quotes…).

Love was at the core of Downton Abbey. In a sense, it has always been a matter of love: Mary/Matthew and eventually Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, plus the relationships that were not successful, and so on.

 

I must admit I was bored by some of these love stories and some characters’ evolution. The most disappointing, to me, was Mary. She was like a spoiled child raised in a rich family. Aiming at marrying a wealthy man even if she accepted Henry in the end, her joy to see him turning into a car salesman even seemed a bit odd (it was a bit difficult for me to trust her sincerity). Harsh to her sister Edith, appearing with a new haircut when Edith learns about Michael’s death, and nearly showing exasperation, like “come on, you should have known there was no hope, so why don’t you move on?” (it is true we doubted Michael would come back alive, but seriously, Mary…).

Yet curiously very close to her maid and the butler, in general, benevolent with the lower class. After Matthew passed away (could not bear the everlasting waltz between these folks), I expected Mary to take new challenging directions. What did we get? New pretenders for the Lady, again and again. It seemed that the sole objective for this character was to push her tie the knot, and be cruel to Edith to the end. See the Marigold revelation and Mary claiming she was unaware Edith did not tell Bertie… To me, Mary was certainly the less interesting character. I do not know if the Mary character was supposed to be the one that people would not appreciate or have mixed feelings about, but if it is, the job is well done.

 

DA

 

On the contrary, unlucky (for a long time) Edith was one of the most outstanding. When ‘Downton Abbey’ started, she was not really the most appealing hero in terms of temper, but she proved over the years to be mature, modern, and brave. She had several love interests as well, but they brought more compelling hardships/adventures to go through: she was left at the altar, had a baby out of wedlock (remember that was unacceptable back then!), headed a magazine. Edith became stronger. She totally and hopefully deserved a happy ending.

 

I regret the relationship between the Bates and justice (was it necessary to have both John and Anna accused of murder two seasons in a row?). I regret the fact that lots of servants arcs existed because they were linked to the Crawleys stories. For instance: we see servant Y doing things in city W because he/she is travelling with Crawley family member Z who had business to do in city W. However, that was a great idea to show the servants had their own dreams: Mrs. Padmore and her B&B, Daisy passing exams, Spratt and his column in Edith’s magazine, Molesley being a teacher… Times were changing, and people, too. I regret also that Downton Abbey did not go deeper for some story arcs, going from a curious beginning to a quick and simple development and conclusion, while wasting time on déjà-vu stories, let’s give the example of the Bates involved in criminal investigations.

These are some elements I wanted to point out, among others. Downton Abbey was a good series, it did not tell anything extraordinary, but (almost) ordinary people’s ordinary lives in a world in transition, in a soft and charming way. Even though I wish I could spend more great moments watching it, like intricate Tom Barrow said, “Even good things come to an end”.

 

You can check out my reviews in French here.

 

Goodbye Downton,

 

Sériecalement vôtre,

VK

20 déc. 15

​AVANT-PREMIERE “WEI OR DIE”, FRANCE TV

 

wei

 

J’avais été invitée à l’avant-première de WEI OR DIE (merci à Bigger Than Fiction) organisée dans les locaux de France Télévisions le 21 octobre, avant sa sortie officielle sur internet le 28. La projection fut suivie d’un échange entre l’équipe du film, les partenaires ayant contribué au film, et le public.

Ce film interactif, de Simon Bouisson, plonge le spectateur dans le week end d’intégration (en abrégé WEI) cauchemardesque d’étudiants en première année d’une grande école de commerce. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’est un WEI, pour résumer, le WEI est comme un rite de passage pour les étudiants d’écoles de commerce/d’ingénieurs qui se retrouvent le temps d’un week end dans un lieu précis (en dehors de l’école, un voyage est nécessaire pour accéder au site) pour des activités plus ou moins arrosées. Le WEI fait souvent l’objet de polémiques, à cause du niveau d’alcool et des bizutages…

 

Regarder le trailer ici.

Regarder le film ici.

 

Des films, il y en a toujours, me direz-vous, mais celui-ci est particulier. C’est la première fiction interactive de la Direction des Nouvelles Ecritures de France TV. Le film propose une expérience unique pour le spectateur : ce dernier suit les aventures des protagonistes en changeant de point de vue en fonction de ce qu’il souhaite regarder, grâce à une playlist située en bas de l’écran. Plusieurs timelines ont été créées, correspondant à une partie de l’histoire : plusieurs séquences peuvent se dérouler en même temps, l'internaute n’a plus qu’à faire son choix pour voir telle ou telle séquence, un bout d’une séquence, puis passer à une autre et revenir à la première, etc. Dans WEI or DIE, les playlists correspondent à un device d’enregistrement vidéo : smartphone, caméra, tablette… utilisé par les étudiants pour immortaliser le WEI. Selon leur localisation pendant l’histoire et l’heure d’enregistrement, le spectateur assiste à divers évènements à divers moments du WEI. Ainsi, il devient "maître" de la façon dont il visionne l’œuvre et ne subit plus une suite de scènes selon le choix du réalisateur. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de scénario construit, il s’agit d’une expérience de visionnage différente.

En France, il y a peu de fictions interactives à l’heure actuelle. Le projet a nécessité 3 ans de tournage, une dizaine de caméras, et un tournage de seulement 11 jours pour obtenir une totalité de 90 minutes de rushs. Le film en lui-même dure 45 minutes, ce sont 90 minutes partagées entre les différentes pistes d’enregistrement. La notion d’interactivité a été un challenge pour la production, dans tous ses aspects : écriture, tournage, montage. Bien que certaines scènes sont censées avoir été filmées par des smartphones, lors du tournage, ce ne sont pas des smartphones qui ont été utilisés, mais bien des caméras, pour des raisons techniques (qualité de l’image). L’équipe technique s’est ensuite arrangée pour qu’à l’écran, le spectateur ait l’impression qu’il s’agit bien de vidéos prises par des smartphones. Enfin, WEI OR DIE a été récompensée par le prix de la meilleure œuvre transmédia internationale au Liège Web Fest (festival international de la web série, du transmédia et des œuvres numériques).

Du côté producteurs et partenaires, on compte : la Direction des Nouvelles Ecritures de France TV, Cinétévé, Résitance Films, Keblow (qui a fourni la technologie mise à disposition des internautes pour visionner le film), Pictanovo, ciclic, le CNC.

 

Mon avis :

WEI OR DIE se distingue clairement des fictions traditionnelles en donnant la possibilité au spectateur de choisir ce qu’il veut regarder à un instant t du film. L’interactivité n’empiète pas du tout sur la qualité du scénario mais au contraire, pousse à davantage de réflexion par rapport à l’organisation et la nature du contenu. C’est plus un défi qu’un obstacle. L’histoire doit avant tout être crédible, logique, intéressante, et ensuite, les offres d’expériences arrivent. Il me semble que tous les thèmes ne sont pas propices à l’expérience proposée par WEI OR DIE. Par exemple, j’imagine mal une histoire d’amour qu’on pourrait regarder selon plusieurs points de vue… A moins de la faire coexister avec plusieurs intrigues. Pour WEI OR DIE, l’idée est judicieuse : on peut suivre ce que plusieurs étudiants ont pu filmer au cours du WEI, il y a des choses étranges qui s’y passent et du suspens (je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise !). Cela m’a rappelée la série Boomtown dans laquelle on avait les points de vue de chaque protagoniste témoin d’un même évènement.

Il est encore un peu tôt pour prédire la réception des spectateurs et le succès par rapport à d’autres modalités d’interactivité. Je pense que l’expérience WEI OR DIE plaira à certains internautes, dans une époque où l’on veut maîtriser sa consommation (regarder n’importe quand et sur n’importe quel device). Il existe déjà des web séries où l’internaute peut se construire son propre ordre des épisodes, comme H+ de John Cabrera et Cosimo de Tommaso (lire le résumé de l’avant-première Canalplay ici). WEI OR DIE offre un contrôle du visionnage, selon une autre méthode. Cet usage est encore nouveau, il faudra un peu de temps pour qu’il soit compris et adopté par le plus grand nombre. A commencer par les équipes créatives elles-mêmes, la conception d’une telle fiction nécessitant une approche différente mais tout aussi intéressante.

 

Est-ce que le modèle WEI OR DIE est réplicable sur d’autres films de plus longue durée et séries ? Et est-ce une nouvelle concurrence aux films/séries traditionnels ? Je pense que ces consommations sont davantage complémentaires qu’ennemies car la logique est autre. Certains seront plus sensibles au modèle WEI or DIE, d’autres au visionnage traditionnel où l’on regarde les choses dans l’unique ordre pensé par les créatifs, d’autres seront ouverts au deux. Les séries pourraient bénéficier d’une nouvelle forme d’interactivité : on proposerait des vidéos courtes reprenant une scène critique d’un épisode (ou un petit ensemble de scènes) et les fans pourraient la revoir selon plusieurs angles/points de vue…

La technologie utilisée pour WEI OR DIE a été conçue pour internet, peut-être sera-t-elle compatible avec la télévision un jour. Je suis sûre qu’il y aura toujours de la place pour les œuvres, quels que soient leur nature, objectif, plateforme de diffusion, et expérience spectateur offerte. Je suis et reste convaincue que la base, c’est l’histoire. Sans bonne histoire au début, on pourra inventer toutes les formes d’interaction possibles pour le spectateur, il ne sera pas intéressé s’il n’est pas en premier lieu captivé par l’histoire. La stratégie s’élabore autour de l’histoire, pas l’histoire autour de la stratégie.  

 

Regarder le film ici.

 

Sériecalement vôtre,

VK

24 nov. 15

MONTE CARLO 2015 : "EMPIRE", DANNY STRONG, TARAJI P. HENSON, TERRENCE HOWARD (conférence de presse)

 

Danny Strong, co-créateur d’Empire avec Lee Daniels, et le couple vedette de la série, Terrence Howard, Lucious, et Taraji P. Henson, Cookie, ont participé à une conférence de presse lors du festival et ont partagé avec les personnes présentes quelques anecdotes sur la série.

Le Cookie-ism préféré de Taraji est "Boo boo kitty". Taraji n’a pas inventé ce terme:  "Je ne l’ai pas créé. On avait l’habitude de beaucoup l’utiliser à l’université". Elle a employé cette expression lors de la première prise, il n’apparaissait pas dans le scénario, et selon Danny Strong, "C’était un millier de fois mieux que toutes les idées que j’avais imaginées jusqu’alors". Taraji a insisté pour que ce soit Terrence qui joue le rôle de Lucious. "J’ai appelé Lee. Tu sais, ce script est incroyable. Cookie est incroyable, mais je ne suis pas intéressée sauf si tu engages Terrence pour le rôle de Lucious". Car si le tandem Cookie/Lucious ne fonctionne pas, Empire ne pourra pas marcher. Il fallait une connexion très forte entre les deux personnages. En ce qui concerne le personnage de Cookie, Taraji avait, au départ, peur qu'il ne soit pas apprécié. Or Cookie est devenu un symbole grâce à sa sincérité quelle que soit la situation, "Cookie dit la vérité" (Henson). Beaucoup de femmes ont félicité Taraji pour ce personnage qui est un exemple de femme forte.

 

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On pourrait penser que Joe Jackson a inspiré les scénaristes pour dépeindre le personnage de Lucious, mais il n’en est rien. Lee et Strong ont plutôt pensé à Jay-Z, Puffy. Les invités ont ensuite avoué qu'il n’a pas été facile de faire participer des artistes dans Empire. "On a connu des temps difficiles pour faire venir les gens", a révélé Danny Strong. Maintenant que le succès s’est confirmé, beaucoup d’artistes se sont bousculés pour apparaître dans la saison 2. Cependant, la série se veut aussi dénicheuse de nouveaux talents et non pas uniquement une série qui ne fait que montrer des artistes déjà bien installés, comme l’a expliqué Terrence: "Nous ouvrons la porte aux talents du monde entier pour qu’ils viennent". Ces derniers peuvent d’ailleurs soumettre leur candidature, un peu dans l’esprit de American Idol (décliné en France en: A la recherche de la nouvelle star), idée qui a été proposée par l’acteur.

Taraji a raconté une anecdote sur sa rencontre avec Joan Collins quand un journaliste a évoqué la ressemblance d’Empire avec Dynastie (Joan Collins a été l'un des personanges principaux du soap pendant plusieurs saisons). Les deux femmes se sont vues dans l’avion et Joan Collins a twitté en premier cette rencontre. Enfin, pendant longtemps, le père de Danny Strong préférait qu’André prenne les rennes d’Empire et puis vers l’épisode 8, il s’est mis à envisager Jamal. Malheureusement, au cours de la saison 1, l’homosexualité de Jamal reste un frein...

 

Quelques mois auparavant, Lee Daniels et Taraji P. Henson étaient venus au festival Séries Mania à Paris, vous pouvez lire leur interview ici.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Table ronde Grey’s Anatomy (Sarah Drew)

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK