21 févr. 15

PARIS

 

Paris

 

Essai réussi pour Arte. J’étais déjà tombée sous le charme d’Ainsi soient-ils, j’étais curieuse de découvrir Paris, et je n’ai pas été déçue. La série propose une plongée de courte durée dans le quotidien de plusieurs protagonistes évoluant dans la belle ville de Paris. La série chorale fonctionne sur le même principe que les films Babel et Collision, avec une galerie de personnages venus d’horizons socioéconomiques très divers qui s’entrechoqueront à un moment ou un autre. Ainsi voit-on défiler un voyou endetté rêvant d’évasion, un chanteur transexuel, des chauffeurs de bus, un procureur, un premier ministre aux portes du scandale, une ancienne droguée… La série a réussi à présenter ces personnages, à les rendre attachants (j’ai adoré le panache de Cathy Penmarch et la crise d'Yvon), à nous pousser à vouloir découvrir ce qui les relient/vont les relier les uns aux autres, grâce à une vitesse de croisière modérée et un croisement habile des histoires.

 

Contrairement à ce qu'évoque son titre, Paris n’est pas du tout le personnage principal. La série ne propose guère un voyage dans les lieux symboliques et pittoresques de la ville, ce n’est pas un étalage chauvin de la capitale. L’histoire aurait très bien pu prendre place à Lyon, Bordeaux ou n’importe quelle autre grande ville de France (ça aurait été tout aussi charmant). Paris n'est qu'une toile de fond, les lieux plus ou moins célèbres montrés servent l'histoire. C’est une série sur des personnages qui se trouvent à un carrefour de leur vie, qui aspirent à un nouveau bonheur, qui dissimulent des failles et des secrets. Il y a aussi de l’hypocrisie et de la faiblesse. Comme lorsque le premier ministre succombe à la tentation d’utiliser Cathy pour redorer son blason au lieu de lui avouer la mort de son fils militaire, et plus tard, se sépare sans vergogne de son bras droit pour ensuite le rappeler en pleine nuit quand il a à nouveau besoin de lui, ou elle pour être exacte. J’ai bien aimé la décision de cette collaboratrice qui décide alors de penser d’abord à elle et non plus de se dévouer corps et âme comme elle l’a fait depuis des années, pour ne recevoir qu'ingratitude. On a aussi à travers ce ministre et son ami procureur, de manière discrète, une image peu reluisante du pouvoir. Cet univers semble, dans les fictions, ne jamais trouver la grâce… à part dans Borgen (excellente série danoise). J’ai en outre trouvé bien construit le passage du pistolet entre les mains des personnages. Les cheminements des protagonistes sont ce que j’ai retenu de la série. Egalement une belle musique avec un morceau récurrent tout au long de la série, et un générique agréable et créatif pour introduire les épisodes.

 

Les deux points que je regrette résident dans le développement de certains héros et les séquences finales de la série. Pour le premier, Leïla et Mansour m'ont paru plus en retrait que les autres. Un arc sommaire sur Mansour et son ami blessé gisant devant sa porte aurait été bienvenue. En outre, Mansour quitte son appartement tel un homme en situation de danger extrême et somme sa femme de rester là où elle est et de l'attendre. Etrangement, le jeune homme reste dans Paris, on n'en sait pas plus, l'intrigue est mise en sourdine. Pour le deuxième point, les séquences de fin : je les aurais souhaitées un peu plus développées. Que l’on quitte Leïla sur une scène avec son mari et leur nouveau-né (ou alors qu'on ait au moins une courte conclusion par rapport aux éléments décrits plus hauts), que l’on ait une image de Cathy et Yvon (ensemble dans la douleur ou ayant atteint le point de non-retour). Le plan sur le procureur Lanvin et Alexia traversant, heureux d’être ensemble, les champs Elysées, bien que d’un romantisme cliché, était grisant et finalement, c'était la scène la plus adéquate pour conclure Paris.

Malgré ces légers détails, Paris s’ajoute à la liste des séries qui prouvent que la fiction française connaît un renouveau et sait se défendre.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK