04 nov. 13

THE FOLLOWING, SAISON 1

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Vous pouvez d’abord lire ma review du pilote ici.

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Que penser de cette première saison ? A vrai dire, je suis partagée, mais j’ai envie de  donner une chance à cette série. Je dirai que la série est prometteuse et que la première saison relève du processus pas évident de mise en place de l’univers, avec ses éléments positifs et moins positifs. Le thème du tueur en série qui fonde un cercle d’admirateurs et cherche à se mesurer à l’agent du FBI qui l’avait arrêté est captivant. De façon très générale, je me suis attachée à plusieurs personnages des deux camps, j’ai été satisfaite par les différentes intrigues. Le jeu du chat et de la souris n’était pas mauvais, quoique les autorités paraissaient plus subir ce jeu que le maîtriser (et quand ça dure trop longtemps, c’en devient barbant). D’autres éléments m’ont un peu ennuyée car ils faisaient traîner les choses en longueur. Je pense au triangle amoureux Jacob-Emma-Paul (et aussi aux autres relations amoureuses) qui a commencé à m’agacer à un moment, de même que leur escapade dans la demeure semblait durer une éternité pour pas grand-chose. Les va-et-vient entre « nous avons localisé Joey » et « nous l’avons encore perdu » m’ont fait me demander avec perplexité si cela n’allait pas devenir le seul sujet de la saison 1. Le serial killer du siècle tournant en rond dans sa prison puis dans son bureau dans le repère de la secte m’ont fait douter de son intérêt en termes de développement du personnage. A plusieurs reprises, Joe Carroll (ou du moins, ses scènes) ne ressemblait pas  vraiment à ce que j’attendais d’un leader de culte : autoritaire, sûr de lui, actif dans la mise en place des différentes actions. On le voyait surtout narguer les agences fédérales, parler avec ses fidèles, maugréer face à son manque d’inspiration pour son nouveau roman. Souvent, j’avais plus l’impression que ses fidèles, principalement Roderick, maîtrisaient davantage la situation que lui. Alors certes, Caroll était en prison pendant un certain nombre d’années, mais même à sa sortie, j’avais un peu de mal à croire en son statut de leader suprême. Le jeu du chat et de la souris qui s’éternise (à cause d’autres éléments s’éternisant eux-mêmes) a estompé mon envie d’aller jusqu’au bout. L’association de tous ces éléments a plusieurs fois freiné mon intérêt pour cette série (je vous avoue avoir volontairement zappé plusieurs scènes tant je voulais avancer). Alors que le pilote était bon et alléchant, des épisodes suivants ont fait ralentir le rythme avant de l’accélérer à nouveau (peut-être à partir de l’évasion de Joe). Il y a eu des moments d’essoufflements par-ci, par-là. Personnellement, The Following devrait réduire le nombre d’épisodes par saison : en faire dix-douze (douze grand maximum) par saison. Ceci permettrait de condenser l’intrigue et la rendre plus intense, et éviter un approfondissement inutile de certains éléments.

 

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Parlons maintenant des protagonistes. Le « problème » de The Following est le suivant : il est dangereux de s’habituer/s’attacher à un personnage car la survie de celui-ci dans la série n’est jamais chose acquise. Qui restera-t-il à la fin ? (si ça se trouve, plus personne^^).  The Following nous a offert une hécatombe au cours de la saison, et a supprimé plusieurs personnages qui se démarquaient des autres, étaient plus attirants que Hardy et Carroll eux-mêmes, et auraient pu connaître un développement intéressant. L’agent Parker, Jacob et Roderick faisaient partie de ceux-là. Pourquoi ? Pour Parker : son passé en tant qu’ancienne membre d’une secte. La confrontation avec le culte de Carroll aurait pu la déboussoler à un moment. La mort de cet agent est l’une des plus horribles et tristes de cette première saison. Franchement, je n’avais pas envie qu’elle disparaisse. Je ne sais pas pourquoi, je lui trouvais du caractère, une présence. Pour Jacob : à mes yeux, son évolution est la plus captivante. Parce qu’on découvre qu’il a menti sur le fait d’avoir déjà tué. Parce qu’il garde une part d’humanité, de compassion lors du passage avec la fille que Paul a kidnappée. Parce qu’il franchit un cap en tuant Paul, s’engouffre dans le mal et par la même occasion, s’élève en homme fort du groupe d’adeptes, volontaire et déterminé. Parce que finalement, il finit par se remettre en question et à se détourner de cette adoration jusqu’au sacrifice ultime pour un homme.  Le personnage est passé par trois étapes : l’adepte un peu timide, pas très sûr de lui ; l’adepte trahi qui se transforme enfin en guerrier ; l’adepte qui met en doute les plans du maître. Pour Roderick, je dirai que sa rébellion contre Joe aurait pu déboucher sur la création d’un autre groupe. Le gars avait les capacités pour le faire, vu tout ce qu’il avait déjà mis en place pour Joe.

Maintenant, quid de Ryan Hardy ? Je l’avoue, son personnage ne m’a pas transportée plus que ça. L’homme a ses parts d’ombre et porte le poids des morts causés par ce nouveau combat contre Carroll. Sa relation avec l’ex-femme de Carroll n’était pas ce qu’il y avait de plus croustillant, mais bon, elle avait son rôle à jouer dans l’histoire. J’ai bien aimé sa vengeance suite au décès de Parker. Je me demande si cela ne va pas retomber sur lui un jour ou l’autre. Quant à l’ex de Joe, elle a peu à peu sorti ses griffes et entrepris des actions (par contre, pourquoi n’a-t-elle pas poignardé Joe dans les poumons ? cela aurait mis un terme à tout ça une bonne fois pour toutes, mais aussi aurait un peu tué la série^^). C’est une femme de caractère. Emma, jeune femme aux allures de fille innocente, s’avère être une manipulatrice et fanatique. Son personnage a de quoi donner des frissons.

 

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Enfin, je regrette qu’on n’en sache pas plus sur le processus de transformation des fidèles du statut de personnes lambda à celui d’adorateurs prêts à tuer. On a eu des flashbacks davantage centrés sur l’époque où ils avaient déjà embrassé l’idéologie. Quel était leur passé ? Comment ont-ils rencontré Joe Carroll ? Qu’est-ce qui les fascinait chez cet homme ? Comment se sont-ils métamorphosés ? J’aimerais bien voir quelques exemples pour les prochaines saisons. Et pour finir sur une note positive, je remercie The Following de ne pas avoir proposé des épisodes du style « le follower du jour ». Les followers étaient introduits quand il le fallait, certains étaient suivis plus que d’autres parce que c’était logique de procéder ainsi.

Conclusion : The Following mérite qu’on lui accorde le bénéfice du doute.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK