23 août 14

THE KILLING, SAISON 3

(Danemark)

 

The klling 1

Promesse faite à moi-même : la prochaine fois qu’Arte (ou toute autre chaîne française) diffusera une série nordique, je la regarderai dès la première saison. A l’instar de Borgen, j’ai plongé dans et adhéré à The Killing lors de sa troisième et dernière (pas de chance) saison. En réalité, rater les deux premières ne s’est pas avéré si handicapant, on comprenait sans trop de difficulté les enjeux/le contexte de la série. Il est vrai cependant que c’est une partie de l’expérience que j’ai manquée.

 

The Killing, plus exactement des épisodes que j’ai vus, est passionnante. Elle a ce charme, ce quelque chose qui fait qu’on est subjugué, qu’on a envie de connaître la suite à la fin de chaque volet de l’intrigue (j'ai eu le même sentiment avec la suédoise Real Humans). Le spectateur est baladé sans ennui d’une piste à l’autre tout au long de l’histoire. Une intrigue maîtrisée, qui alterne entre points de vue de divers protagonistes d’horizons différents : policiers, politiciens, cadres exécutifs ; mais finalement ceux-ci sont reliés les uns aux autres. Aussi bien par l’enquête que des intérêts communs. Une intrigue où chaque cliffhanger ne passe pas pour un subterfuge parachuté là dans le seul but d’ajouter un nouvel épisode, mais donne une autre tournure à l’enquête. Et un cliffhanger parfaitement accompagné d’une bande son rock.

Je n’aurai qu’un seul point de discorde : l’aisance du meurtrier à mener la police par le bout du nez et à s’échapper alors qu’elle l’a déjà encerclé. Sérieusement, blessé sur le quai et avec Sarah et Borch à un mètre de lui, il réussit à s’évaporer sous leur nez ? Sarah et Borch, vous avez été nuls sur ce coup.

 

Ce qui frappe dans The Killing, c’est sa noirceur et la vision pessimiste du pouvoir qu’elle brosse. Les puissants s’en sortent toujours et aussi bien qu’eux que d’autres préfèrent s’écraser quand il s’agit de protéger une situation confortable.

the killing 3

Kristian Kamper est sincèrement affecté par l’affaire et le silence dupouvoir judiciaire qui a entouré certains éléments. Toutefois, quand la vérité éclate, il choisit finalement de ne rien dire et fêter sa victoire aux élections à cause du lien entre le financement de son ancienne campagne et l’une des entreprises les plus puissantes du Danemark. Même au détriment de la vérité sur le « suicide » de son fils. Seule son aide de camp semble vouloir réagir. De même, Robert Zeuthen, le patron de cette entreprise, cède aux remarques d’un des membres du top management. On sent qu’il n’y aura aucune suite à ce scandale. Pour Zeuthen, on comprend qu’il préfère d’abord s’occuper de sa famille après l’épreuve qu’elle vient de vivre. Les services spéciaux, le frère de Kamper et le ministre de Kamper ont eux aussi préféré le silence, en se cachant derrière l’excuse de la protection d’intérêts supérieurs. C’est d’ailleurs cette absence d’action qui a conforté un sadique dans ses abus meurtriers sur des mineurs qu’il était censé aider…

 

Les seuls à tenter d’inverser cette tendance sont le tueur (hé, mais ce n’est pas le père des hubots de Real Humans ?) et Sarah Lund. Malheureusement de façon radicale, mais quand on regarde le tableau dressé dans The Killing, on se demande s’il y avait vraiment une autre solution… La fin de la série est choquante. Non seulement elle est choquante par la scène où Lund exécute l’assistant de Zeuthen, mais aussi par les autres scènes où on comprend que le changement ne passera pas par les autres personnages. Franchement, je ne m’attendais pas du tout à l’acte de Lund, surtout qu’elle venait d’être grand-mère ! Quel contrecoup et frustration ! Sentiments exacerbés par l’absence d’une suite… Sarah Lund est un protagoniste maudit, solitaire, qui semble ne pouvoir jamais trouver la quiétude.  (sinon, j’adore son pull bleu^^ ! vraiment, c'est impeccable pour l'hiver)

 

The Killing aborde, de façon très intéressante et captivante la politique, la corruption, les liens économie-politique, sur fond de kidnapping et meurtres dont le déroulement est excellent. Le portrait qui en est dressé est aussi réaliste : il est difficile de penser que tout est soit blanc, soit noir. Peut-on quand même garder espoir ?

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK