24 août 19

ENNEMI PUBLIC, SAISON 2

 

Je viens de terminer la saison 2 d’Ennemi Public, diffusée sur TF1 Séries Films. Dire que j’ai failli la manquer ! En effet, c’est en consultant mon programme TV pour passer le temps que j’ai découvert le passage d’Ennemi Public sur cette chaîne pendant l’été. S’il y a eu une communication autre (via des publicités), dans ce cas j’ai dû la rater… et je dirai que c’est un peu dommage de ne pas avoir des campagnes de promotion avec un peu plus d’envergure (à moins que l’inattention vienne de moi bien sûr).

Cela fait aussi un bon bout de temps que je n’avais pas publié sur ce blog (et oui, d’autres projets sont arrivés entre-temps^^). Ennemi Public m’a donné envie d’écrire cet article. Sachez que j’en avais déjà partagé un, suite au festival Séries Mania, disponible ici.

 

J’ai, pour utiliser un terme familier, kiffé la saison 2. Je l’ai préférée à la première. Cette dernière m'avait intéressée, pas captivée. La deuxième m'a charmée. Tant mieux, mon enthousiasme s'est renforcé au fil des saisons.

La saison 1, telle qu’elle avait été construite, était cependant nécessaire pour cette seconde saison, suite logique avec de nouveaux éléments.

 

Attention, la suite contient des spoilers.

 

 

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La saison 1 posait les bases. Pour développer l’univers de la série, elle proposait une intrigue policière assez classique sur le thème du ‘’whodunnit ?’’. Un tueur en liberté conditionnelle qui s’installait dans un village paisible et perdu dans la nature. Un enfant qui disparaissait ensuite. Forcément, tout le monde accusait le tueur. S’enchaînaient alors plusieurs pistes, des déchirements entre les villageois dont la vie sans histoires était désormais bousculée par l’arrivée de cet individu odieux dont on ne voulait pas la présence. On arrivait enfin à la découverte de la vérité et un cliffhanger pour accrocher le téléspectateur à une éventuelle saison 2.

Avec cette deuxième salve d’épisodes, on retournait au village. On y retrouvait les mêmes personnages. Certains en reconstruction, d'autres en tentative d’imposer de nouvelles règles du jeu après les événements tragiques. On replongeait dans une enquête policière intimement liée au passé de Chloé Muller, pour rester dans le domaine du polar.

 

 

Même si tous les personnages n'étaient pas liés à l’enquête, j’ai bien aimé suivre leur évolution.

Comment le père et le fils Stassart survivaient dans un village qui les considérait maintenant comme des pestiférés, alors que techniquement ils n’avaient rien fait (puisque c’est la mère la meurtrière). La détresse du jeune Emile était touchante. On était aussi sensible au père qui faisait son possible, avec parfois maladresse, pour continuer à vivre ; et qui éprouvait un sentiment de culpabilité (qu’aurait-il fait si ça avait été lui ?).

L’acceptation de Lana, puisqu’elle revenait travailler avec l’époux de celle qui a assassiné son fils, était touchante aussi. A l’inverse de son mari, elle avait choisi d'avancer malgré tout.

Comment Béranger apprenait à revivre en liberté avec toute la méfiance des locaux. Méfiance tout à fait compréhensible au vu de ses crimes horribles. Comment Béranger se bonifiait pour Mona, pour lui permettre de s’envoler alors qu’elle n’avait reçu que du mépris de la part de son entourage. A noter que son frère est une véritable ordure… la scène du rasage était choquante, d’une violence psychologique et morale. Scène dure mais bien pensée.

Il était intéressant de se replacer dans le même environnement et de voir les conséquences des événements passés et la reconstruction des victimes, ancien bourreau, policiers ; mais également de suivre de nouveaux personnages. 

 

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Quid de l’enquête policière ? Haletante. Le suspens grandissait d’épisode en épisode. Les étapes de l’enquête et les rebondissements étaient bien dosés à chaque épisode. Je n’ai pas vraiment de critiques à faire car franchement, le déroulement de l’enquête m’a plu.

On repartait sur le traumatisme de Chloé, à savoir la disparition de sa sœur Jessica. Comme on savait qu’elle était encore en vie depuis le cliffhanger de la saison 1, il était évident que sa recherche serait l’investigation qui mènerait la saison 2. On ne pouvait pas répéter une saison 1 avec une nouvelle disparition d’enfants, ça aurait été sans valeur ajoutée. On aurait pu penser à un autre crime, mais comment expliquer le retour de Chloé ?

La recherche de Jessica était par conséquent la piste la plus cohérente. D’une part parce qu’elle faisait écho à Chloé, d’autre part parce qu’elle concernait le kidnapping d’enfants, donc justifiait la présence de Béranger et permettait la replongée dans Vielsart. D’ailleurs, j’y pense, il n’est plus le seul ennemi public, il partage la vedette avec Van Acker… donc si un de ces personnages devait disparaître, le titre de la série resterait logique^^

 

 

J’ai bien aimé le focus sur la vie en communauté de Paul et "ses" filles. Son délire, malsain, était scénaristiquement singulier.

On aurait pu s’attendre à un énième pervers enlevant des petites filles pour assouvir des désirs répugnants et les tuant une fois ces désirs assouvis ou parce qu’elles avaient dépassé un certain âge et de ce fait ne l’intéressaient plus.

On se rendait compte qu’en fait, son but était de protéger ces filles d’un monde dangereux. Pour cela, il les avait préparées au combat et préservées dans un "paradis". On aurait pu s’attendre à ce que ce groupe soit une secte avec des membres masculins servant de soldats et des membres féminins réduits aux tâches ménagères et formant le harem du leader. On découvrait qu’il s’agissait d’une secte à 99% féminine, le 1% étant représenté par Paul, et que lui-même ne les touchait pas. Il s’agissait d’une secte à caractère religieux, avec un chef se prenant pour Jésus ("look Jésus" quand tu nous tiens)...

Bien qu’ayant subi un lavage de cerveau, les victimes n’avaient pas pour autant tout oublié de leur vie d’avant, et en grandissant, commençaient inconsciemment ou non à développer des signes de rébellion (aller au-delà de la clôture, etc.).

Evidemment, le raisonnement de Paul restait tout autant pernicieux, mais il différait d’autres cas vus dans des séries télévisées.

 

Petite parenthèse sur le juge d’instruction ou procureur (je ne me souviens plus du terme exact), très pragmatique : ni en désaccord perpétuel avec la police, ni en supporter aveugle de celle-ci. J’ai trop adoré sa réponse à Michaël quand celui-ci justifie sa démission par le fait qu’il n’a rien pu faire : ‘’Je n’ai rien fait.’’ ‘’Peut-être parce qu’il n’y avait rien à faire !’’ (arrête tes jérémiades et retourne bosser).

  

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Que dire du dernier épisode de cette saison ? Diablement frustrant… parce qu’une saison 3 devient absolument nécessaire pour connaître le fin mot de toute cette histoire !

J’ai eu de la peine pour Chloé qui n’a pas encore pu sauver sa sœur mais l’a aperçue (savait-elle que c’était Jessica ?). Elle aura eu pour lot de consolation : une lettre écrite par sa sœur qui montre qu’elle ne l’a pas oublié, le sauvetage de Jasmine et Nelly (sa réadaptation sera dure). J’ai eu de la peine pour le copain de Jessica. Comment sa relation avec Paul va-t-elle évoluer ? Il ne manquerait plus qu’elle découvre qu’elle est enceinte…

 

Des questions restent en suspens. Il est certain que la traque de Paul va continuer dans la saison 3. Je vois mal comment et pourquoi on n'irait pas dans ce sens.

Où va-t-elle nous mener ? Va-t-on quitter Vielsart pour un autre lieu ou va-t-on alterner entre Vielsart et un autre endroit ?

Les filles vont-elles se rebeller ensemble ? L’équilibre du groupe me semble sur le point d’être remis en question… Que va faire Paul en découvrant ce qu'il considère comme "déviances" ?

Qui des personnages de Vielsart ? Comment continuer à les faire évoluer s’ils ne sont pas impliqués de près ou de loin par cette traque ? Par rapport à Béranger ? Lui-même, a-t-il succombé à ses vieux démons ou n’a-t-il fait que jouer la comédie pour mieux duper tout le monde ? Est-il la bête évoquée par Nelly ? J’ai aussitôt pensé à lui quand Nelly en a parlé (je ne sais plus si ce surnom avait été introduit en saison 1…). A-t-il un lien plus étroit avec Paul ?

Reverra-t-on Mona maintenant qu’elle poursuit son chemin dans le domaine du droit ? Moi, ça m’intéresserait. Par exemple en tant que stagiaire qui serait amenée à travailler sur l’enquête. Ou qui découvrirait le subterfuge de Béranger (voire tomber sous sa coupe ?).

Si on retrouve les habitants de Vielsart, il y a un autre que j’aimerais revoir : Judith. A condition que sa présence reste pertinente par rapport à l’histoire, mais pourquoi pas ? On l’avait recroisée une fois dans la seconde saison. Ma foi, elle avait une sale mine. Je serai curieuse de connaître ses galères en prison : s’est-elle fait tabassée par ses codétenues à cause de la nature de ses crimes ? C’est ce que j’avais déduis en voyant ses bleus lors de la visite de Patrick et Emile. En tout cas, s'ils restent dans les parages (quid de la décision de l’assistante sociale ?), cela me semblerait possible de faire allusion à Judith une fois. D’ailleurs, Patrick, avec d’autres habitants, va-t-il s’interroger de la disparition d’un des leurs, même si c’était un voyou ?

 

Bref, s’il vous plaît donnez-nous une saison 3.

  

Sériecalement Vôtre,

VK

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22 avr. 16

SERIES MANIA S7 : ENNEMI PUBLIC

 

Ennemi Public

 

Libéré après 20 ans de réclusion, le tueur d’enfants Guy Béranger trouve refuge auprès des moines de Vielsart, un petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une inspectrice de la police fédérale. Quelques jours après, une fillette disparaît. Un polar oppressant, inspiré de faits divers ayant traumatisé la Belgique." (Résumé Séries Mania)

 

J’ai été agréablement surprise par cette série angoissante, sombre, qui joue avec nos nerfs. Le cadre est parfait pour une telle histoire : un village entouré d'une forêt aussi magnifique que terrifiante, les habitants y vivent en vase clos et deviennent les cibles/victimes de tout dérapage/méfiance quand un drame se produit.

Ennemi Public m'a rappelé, dans une certaine mesure, de Broadchurch. Pour le côté "Qui a tué Danny ?" car ici, on a également : le meurtre d’un enfant dont le corps a été retrouvé dans un endroit censé être un lieu de refuge, de réconfort ; le drame se déroule au sein d’une petite communauté, donc on anticipe qu’il ébranlera cette communauté à première vue soudée et sans histoires et fera jaillir des secrets inavouables, des tensions et de la suspicion des uns envers les autres. Ajoutez à cela la présence d’un tueur d’enfants aux penchants sataniques et toutes les tensions sont exacerbées (l'interprète du tueur est saisissant dans son rôle). Une scène m’a fait rapidement penser au film "Prisoners" (avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal). Il s’agit de celle où la policière poursuit le suspect lorsqu’il vient se "recueillir" avec les autres habitants sur les lieux du drame.

 

Du côté des personnages, on retrouve les classiques : une policière hantée par un traumatisme, un homme d'affaire ambitieux dont le projet de développement économique se retrouve menacé par l’arrivée du tueur d’enfants et la découverte du corps de la nouvelle victime, un policier de campagne dont le calme routinier vole en éclats, un tueur d’enfants satanique et pervers narcissique capable d’une intelligence et d’un calme redoutables, un homme avec un casier judiciaire non vierge, donc second suspect idéal, et des villageois et moines qui s’entredéchirent au premier obstacle.

La série se démarque par le fait qu’ici, le tueur vient passer sa conditionnelle dans un monastère pour commencer son noviciat. Est-ce sincère ? Un tel être peut-il vraiment être sauvé ? Comment vivre à proximité d’une telle personne ? Et en tant que religieux, peut-on concilier sa foi avec une telle personnalité ?

Les deux premiers épisodes donnent envie de connaître la suite car le rythme n'est ni trop lent ni trop rapide, les éléments s'installent au moment opportun et maintiennent le spectateur en éveil sans le brusquer et l'ennuyer.

 

NB : On remarquera la présence de Clément Manuel dans le rôle d'un religieux, une fois de plus après Ainsi soient-ils ;-). Décidement, cet acteur enchaîne les rôles dans les séries (avec Falco), et c'est sympathique de le revoir.


Le saviez-vous ?

Le projet d’Ennemi Public a remporté le concours de scénario organisé par la RTBF en association avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et c’est ainsi que la série a vu le jour. Pour le point de départ de la série, les auteurs se sont inspirés de l’histoire de Michelle Martin, ex-femme du meurtrier pédophile Marc Dutroux, qui après avoir obtenu la liberté conditionnelle au terme de la moitié de sa peine, s’est installée dans un couvent, dans la région de Namur. La série a disposé d'un budget de 300 mille euros par épisode.

 

Si la série était diffusée en France ?

Je dirai sans hésiter qu’Arte, France 2 ou France 3 seraient les candidates idéales en ce qui concerne les chaînes nationales/gratuites. Arte : parce qu’elle a déjà proposé des séries sombres, angoissantes (notamment bien illustrées par les séries scandinaves). France 2 et France 3 : parce qu’elles sont capables d’inviter leurs téléspectateurs à sortir des sentiers battus avec Broadchurch ou The Missing, par exemple. Une diffusion le lundi soir pour France 2 ou le jeudi soir pour France 3 serait tout à fait envisageable. Je pense également à 13ème Rue, spécialisée dans le policier et les thrillers, et ici, on a tous les éléments nécessaires : un homicide, une enquête, une pléthore de suspects potentiels, un meurtrier en série qui, je pense, appréciera défier les autorités et habitants, et un cadre géographique à la fois paisible et oppressant... 

 

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Sériecalement vôtre,