21 mars 15

CHEFS, SAISON 1

 

chefs 1

 

Série poétique, délicieuse, qui nous plonge dans un agréable voyage des sens. Menu parfait… enfin, jusqu’au moment où le chef a été remplacé… Mais chaque chose en son temps, je reviendrai sur ce point plus tard.

Avec Chefs, on plonge avec gourmandise dans les coulisses d’un restaurant parisien haut de gamme. Le travail y est difficile, rigoureux, parfois ingrat, mais les assiettes qui ressortent sont une œuvre d’art, une récompensent au dur labeur. Personnellement, je me sentirai coupable de détruire une si belle harmonie. La poésie et l’invitation au voyage sont indissociables de la série. A travers les images traduisant les émotions ressenties par les personnages lorsqu’ils préparent et/ou dégustent un plat. A travers la présence de la mère de Romain qui guide ses gestes quand celui-ci concocte un mets, personnifiant ainsi ce souffle invisible qui pousse le jeune homme au meilleur. A travers la musique, douce, relaxante.

Le générique de début, très beau visuellement, met lui aussi tout de suite dans cette ambiance. On y voit défiler les personnages et décors : ils superposent avec fluidité et discrétion, dans des couleurs ni sombres ni aveuglantes, dont le jeu donne la sensation qu’elles s’effacent sous le poids du temps. Le générique me fait penser à un tableau impressionniste par moments. Mon seul hic est la bande son, qui, je ne sais pourquoi, est assez stressante, noire, et correspond davantage à une bande son de polar, thriller, alors que le sujet est tout autre (on aurait pu imaginer une enquête sur le meurtre d’un grand chef, lol). Même raisonnement avec l’affiche promotionnelle, où l’on voit le chef, Romain et Delphine.

 

Chefs 3

 

Quid des personnages et intrigues ? La saison 1 est tout à fait satisfaisante. Pas trop d’histoires d’amour virant au feuilleton ou prenant toute la place. Pas d’histoires alambiquées pour finir en pétard mouillé ou cliffhanger pour faire genre. C’est simple, efficace, on ne s’ennuie pas, la cuisine est bien le sujet principal. Cependant, on se doutait bien que Romain était le fils du chef. Et question aux internautes, car j’ai un gros doute : est-ce que le chef a vraiment transformé le vendeur de truffes aux allures de dealer de drogue en pâté ??

Mention spéciale à Anne Charrier, alias Delphine, et Clovis Cornillac, le chef. La première est bluffante dans son interprétation de femme ambitieuse, directe, obstinée, à l’élégant dress code. Ses discussions houleuses avec le chef, sa façon de dire ses quatre vérités à Matsumoto et la critique culinaire étaient irrévérencieuses et tellement hilarantes. Merci pour ces moments de légèreté (et les répliques). Le deuxième est très bon dans son personnage de chef mystérieux, têtu, fier, attendant le meilleur de sa brigade avec à la fois la fermeté et la bienveillance d’un chef de famille. Malgré leurs divergences, Delphine et le chef se rejoignent pour former un duo de choc, improbable, épicé. L’un gérant l’aspect business, l’autre l’aspect créatif. Les deux toujours en contradiction pour mieux avancer.

Hugo Becker est pas mal dans son rôle de jeune en rédemption, en colère contre lui-même et le monde entier, cherchant sa place, obstiné, se révélant dans la cuisine avec le souvenir d’une mère prodige et meurtrie. Yann, le second, incarné par Nicolas Gob, se défend tout aussi bien en emmerdeur de première, provocateur, sans gêne, délaissé par son mentor. Son incompréhension face à cet « abandon » est assez justifiée, ma foi.

 

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Je reviens maintenant sur le remplacement du chef qui m’a quelque peu gênée. J’ai trouvé cette conclusion culottée, pas super crédible. Bon, ça pourrait se faire dans la réalité. Personnellement, je trouve ça un peu « foutage de gueule », pardonnez l’expression. J’ai l’impression que la prise de fonction de Romain est un braquage culinaire et professionnel. Ceci fera beaucoup d’envieux, ce qui est tout à fait normal et humain. Je voyais davantage cette fin de saison 1 en belle conclusion de la série, quand tout est pardonné et que le père et le fils scellent une véritable relation père/fils. Le père tirant sa révérence après tant de labeur et succès, le fils prenant la relève, après des années d’apprentissage et de réalisation, pour une nouvelle aventure. Ou alors, en conclusion d’une saison ultérieure (mais à partir de la saison 3). La fin proposée en 1ère saison est certes une vengeance assouvie, mais pour moi, ça ressemble à du vol. Ok, le chef a basé son premier succès sur une imposture. Ce qui en a suivi après pour sa fiancée (la mère de Romain) est injuste, cruel. Il n’en reste pas moins que le chef a tout de même, pendant les vingt années suivantes, développé ses recettes, prouvé son talent, mené sa brigade. Il n’est pas devenu chef par magie. Il a bossé dur. Il aurait très bien pu se vautrer rapidement après ses débuts glorieux, mais non.

 

Et là, d’accord, Romain venge sa mère en prenant la place du chef. Sauf que le jeune homme n’a travaillé qu’une année, et encore ! J’ai le sentiment qu’avant de rejoindre le restaurant, Romain n’avait aucune, ou alors une expérience très limitée de la cuisine. Remarque : ayant manqué un passage, je ne peux que faire des hypothèses. Romain a beau être un génie, il faut quand même du temps pour faire ses preuves. Par conséquent, je l’imaginais reprendre le flambeau/vengeant sa mère après quelques années pendant lesquelles il aurait brillé dans des concours et auprès de critiques culinaires (la vengeance est un plat qui se mange froid...). Cette progression aurait été plus logique, à mon sens. Par ailleurs, n’oublions pas le reste de la brigade, à commencer par le second, qui pourrait très bien et légitimement se rebeller face à ce coup d’éclat. Elle travaille avec acharnement et passion depuis plusieurs années avec le chef, et voilà qu’un jeune cuisto, ex taulard, vient lui ravir la place. Incompréhension d’autant plus totale que personne ne sait le lien qui relie le chef et Romain. Même en connaissant ce lien, il y aurait eu des réactions.

 

Malgré ce point qui me reste en travers de la gorge, j’ai passé d’agréables soirées avec Chefs. Cette série a du potentiel. Que cherche monsieur Edouard ? Comment va rebondir le chef ? Et surtout, quel est son nom ?? car ce n’est pas possible de faire durer le mystère^^  Comment Romain va-t-il gérer son nouveau statut, ses détracteurs ? La saison 2 est prometteuse en batailles, manigances et savoureux plats.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK


06 févr. 15

WEB-SERIE "VESTIAIRES LIBERES"

 

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Amateurs de web-séries, voici, si vous ne la connaissez pas déjà, "Vestiaires libérés" : voir les épisodes

Il s'agit de la web-série de "Vestiaires", programme court autour du handicap que vous avez déjà pu voir sur France 2.

Réalisé par Maxime PotheratFeaturing Nicolas Martinez, Sébastien Lalanne, et l’équipe de “On habite au 65”.

 

Sériecalement vôtre,

VK

 

 

 

 

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12 juin 14

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "ECRIRE UNE SAISON 2, QUELS ENJEUX & RISQUES ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite)

Olivier Dujols + Clothilde Jamin, auteurs sur Falco (TF1)
Solen Roy-Pagenault, créatrice de Candice Renoir (France 2)
Marie Guilmineau, coauteure sur Les hommes de l’ombre (France 2)
Marie-Anne Le Pezennec, SACD
Vincent Poymiro + David Elkaïm, auteurs d’Ainsi soient-ils (Arte)

Table ronde animée par Marie-Anne Le Pezennec

 

Thèmes évoqués lors de la table ronde :

— L’écriture d’une saison 2 est motivée par la passion portée aux personnages et l’opportunité de développer des points sur eux qui n’avaient pas pu l’être en saison 1. Pour Marie Guilmineau qui n’a pas écrit la saison 1 des Hommes de l’ombre, officier sur la saison 2 était un défi, c’était la première fois qu’elle travaillait sur des personnages qu’elle n’avait pas imaginés. Elle n’a pas ressenti la pression de faire mieux ou la peur de faire moins bien que ses prédécesseurs, le challenge résidait dans l’offre d’une proposition différente.
— Après la saison 1, il y a une plus grande confiance entre le diffuseur et la production. Néanmoins, les audiences réalisées en saison 1 ont une certaine influence sur l’écriture de la 2. La nature du diffuseur (chaîne privée/publique) a également un impact sur la relation diffuseur/auteurs et l’écriture.
— Les éléments importants de la deuxième saison de Candice Renoir avaient déjà été réfléchis en amont, facilitant l’écriture de cette saison quand la chaîne l’a commandée. Ainsi soient-ils a été marquée par le changement des interlocuteurs d’Arte entre les saisons 1 et 2 : les auteurs ont du établir une nouvelle relation de travail avec leurs partenaires. 

— Marie Guilmineau préfère écrire directement des scénarios dialogués, sans passer par la case séquencier. Pour la saison 1 de Falco, les auteurs devaient livrer un séquencier. A partir de la 2, il y a eu une plus grande confiance de TF1 : les auteurs présentaient un pitch de quelques lignes et passaient aux scénarios dialogués, le process d’écriture était plus allégé.
— Les comédiens interviennent dans l’écriture, par le biais de retours, de propositions d’idées (c’est le cas de Sagamore Stévenin, alias Falco). Il y a un dialogue entre auteurs et comédiens : les auteurs surprennent les comédiens avec les textes, et les comédiens surprennent les auteurs avec leur interprétation.
— En général, les acteurs s’engagent sur une saison. Sur Les hommes de l’ombre, Carole Bouquet sera présente dans la seconde saison : une porte de sortie a été prévue pour son personnage à la fin de la saison, de même qu’une solution de retour sera possible si Carole Bouquet souhaite revenir dans la troisième saison.
— Olivier Dujols suit ce qui se dit sur twitter. Les scénaristes peuvent jauger les avis des fans, en tenir compte, mais l’intérêt réside aussi dans le fait de prendre les fans à contrepied et proposer des orientations inattendues.

— La méthodologie d’écriture et de production des séries en France pour proposer des saisons plus longues et diminuer le temps d’attente entre la diffusion d’une saison et de la suivante a engendré un vif débat.
Une révision du statut d’auteur s’est posée (les échanges ont du être redirigés car on s’éloignait du sujet actuel^^).
En France, le métier de scénariste est encore trop isolé : les scénaristes travaillent principalement chez eux et se réunissent de temps en temps en atelier d’écriture. Cependant, l’atelier serait plus rentable pour les séries avec au moins 12 épisodes par saison.
En outre, la France se caractérise par un long héritage du 90 minutes. Le 52 minutes est relativement récent. Les chaînes ont l’habitude de diffuser 2/3 épisodes d’une même série par soir (sauf exception de France 2 qui a consacré le vendredi soir à trois séries par le passé).
Autre point de blocage, le tournage en cross boarding, où il est découpé selon les lieux : on tourne toutes les scènes se déroulant dans un même lieu ensemble (que la scène se déroule dans l’épisode 2, 5 ou 7). En conséquence, le tournage ne peut débuter qu’à partir du moment où l’écriture de la saison est achevée. Cette méthodologie allonge le temps entre la diffusion de deux saisons consécutives. Ainsi soient-ils fonctionne selon ce process : la fabrication (écriture + tournage + post-production) d’une saison nécessite une année !
L’enjeu n’est pas de copier le modèle américain, car il y a de grandes différences : les USA sont un continent, la France non ; les USA disposent de moyens considérables et peuvent s’appuyer sur la vente à l’international.

— Quid d’un engagement des auteurs sur plusieurs années ?
Certains intervenants seraient prêts à s’engager dans la mesure où chaque saison est un nouveau défi. Quelques uns préfèrent décider selon l’envie à continuer sur le projet jusqu’à ce qu’un autre se présente. D’autres sont enthousiastes à cette longévité mais entrevoient la méthode actuelle de travail en France comme un possible frein à la capacité de durer.

 

Indiscrétions post table ronde :

J’ai pu poser quelques questions à Vincent Poymiro et David Elkaïm (Ainsi soient-ils) à la fin du débat.
— Le producteur a proposé aux auteurs d’écrire sur le thème de jeunes séminaristes. Les auteurs ont accepté car ils étaient eux aussi curieux d’explorer ce thème, peu approfondi à la télévision.
— Les instances officielles de l’Eglise se sont positionnées en défaveur de la série à cause de la vision du pouvoir au sein de l’Eglise présentée dans la fiction. Paradoxalement, ce n’est pas le thème de l’homosexualité qui a été problématique.
— Le tournage de la saison 2 est terminé, elle devrait être diffusée à la rentrée prochaine. La saison 3 est déjà en cours d’écriture.

 

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Les séries low-budget"
Table ronde "Exportation des séries et le format"

N’hésitez pas à découvrir les photos du festival : Galerie photo

 

Sériecalement vôtre,
VK

 

 

29 avr. 14

BAND OF BROTHERS (FRERES D'ARMES)

 

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Je peux affirmer que je ne me lasserai pas de regarder cette mini-série (diffusée jusqu'à présent sur France Télévisions puis 6ter en France). Emouvante et magistrale. A commencer par le générique qui prend aux tripes (et est l’un de mes préférés) : il nous plonge immédiatement dans le souvenir, l’émotion, le respect, qui nous accompagneront tout au long des épisodes. 

Générique

Les témoignages des vétérans renforcent ces sensations. On s’attache aux hommes qui se sont portés volontaires pour combattre, on est reconnaissant pour ce courage et sacrifice, et on ne veut plus qu’une telle absurdité se reproduise. Les hommes sont doués pour s’autodétruire. Heureusement, ils apprennent aussi des tragédies du passé (pourquoi faut-il une tragédie pour que les consciences s’éveillent ?).

 

Je ne vais pas faire un retour sur le contenu des épisodes car ce serait absurde, bien qu’en fouillant un peu, il y avait quelques raccourcis historiques (je suppose que ce n’est pas la seule fiction à en faire). J’ai plutôt envie de m’attarder sur la réalisation, la mise en scène, incroyable. La production y est allée fort et le résultat est époustouflant. Je ne connais rien en stratégie militaire, mais je trouve que les scènes de combat sont réalistes (parfois rendues plus courtes pour la télévision par rapport à la réalité, les impératifs de durée d’épisode ne permettant pas de les éterniser). Le téléspectateur est immergé au coeur de l’action, comme s’il était lui-même un des soldats. Il y a une telle précision, maîtrise dans la capture des déplacements des soldats, des échanges de coups de feu et des explosions des obus. Cette précision se retrouve dans les décors : villages en ruines, forêt de Bastogne, camp de concentration (jusqu’à l’allure squelettique des prisonniers et les charniers). Tous ces éléments confèrent à la série une grande force : pour moi, c’est une des plus belles séries.

 

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On pourrait se poser la question : est-ce que Band Of Brothers glorifie l’armée américaine ? Il doit y avoir un petit peu de cela tout de même (volontairement ou non). Cependant, cette idée vient en dernier, voire pas du tout à l’esprit (je me la suis posée bien des années après la première diffusion en France). A chaque fois que je regarde cette série, je suis avant tout saisie par le retour sur ce pan de l’Histoire et la qualité de la réalisation. C’est d’abord un hommage et un travail de mémoire. On suit des hommes qui se sont battus pour mettre fin à cette guerre. On admire leur bravoure, leur sens de la fraternité quand ils doivent supporter le froid et les bombes alors qu’ils sont dénués de tout et perdent leurs camarades. Cela nous donne à réfléchir quand on sait que beaucoup d’entre eux étaient très jeunes et qu’ils se sont portés volontaires. Le monde a bien changé depuis : les générations d’aujourd’hui baignent dans l’insouciance, ont des désirs matériel (parfois futiles…).
On salue ces hommes et on est également écoeuré par ce chaos mondial orchestré par la folie et cruauté d’une poignée d’individus. En cela, l’avant-dernier épisode sur la découverte des camps est le plus dur, choquant de tous les épisodes. Cette découverte occupe le tiers de l’épisode, mais comme je le disais plus haut, le soin apporté à la reconstitution est tel que cela suffit pour nous imprégner de la barbarie des hommes.

 

J’aime le fait d’avoir vu la Easy Company dans différents contextes : l’entraînement à Toccoa pour la préparation aux futures opérations ; le front en Normandie, aux Pays-Bas et en Belgique ; puis la fin de la guerre où les hommes redécouvrent les joies d’un monde sans combats (saisissant contraste entre le paysage idyllique en Bavière et les champs de bataille). J’aime aussi qu’on ait suivi la Easy dans sa collectivité, ce qui, parfois, fut un peu difficile, étant donné le grand nombre de soldats : combien de fois me suis-je retrouvée perdue parmi les noms. Un suivi collectif reposant plusieurs fois sur le point de vue d’un membre (Richard Winters, Carwood Lipton, Albert Blythe, le doc…), donnant l’occasion d’une plongée intimiste, d’un regard sur les conséquences (physiques et psychologiques) d’une telle épreuve.

 

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Quid des allemands ? Bien que l’un des protagonistes cite une phrase d’un journal catégorisant les allemands de « mauvais », il y a une volonté dans Band Of Brothers de ne pas stigmatiser ce peuple. Certes, en période de bataille, les soldats d’en face sont les ennemis, on a envie de les détester et de leur rendre la monnaie de leur pièce. Avec le recul, on se rend compte que ces soldats allemands faisaient eux aussi leur devoir (les SS n’entrent pas dans mon propos). Ils n’étaient pas si différents des autres soldats (américains, britanniques ou autres) : ils avaient une famille, un métier avant le conflit. Les vétérans le disent bien : ils partageaient certainement des points communs et dans d’autres circonstances, ils auraient pu être de très bons amis. Le monde a voulu que dans les années 1940, ils soient ennemis et s’entretuent.

Le discours de l’officier allemand montre le parallèle entre ses hommes et lui et les armées alliées : chaque clan s’est battu avec honneur et courage, a surmonté soudé les pires épreuves. Le capitaine Winters hésite avant de tuer le jeune soldat allemand. Il le fallait parce que c’était soit lui, soit ce soldat, mais on voit bien que le soldat n’est qu’un petit jeune qui aurait pu vivre une belle vie mais s’est retrouvé piégé dans un contexte politique et historique. La remise du Luger de l’officier allemand à Winters, la discussion entre le soldat US et le soldat allemand au poste de garde symbolisent la fin du conflit, le partage de valeurs (respect entre soldats), le dialogue entre deux anciens ennemis.

Je vous propose de regarder la mini-série Generation War qui repose sur le point de vue de soldats allemands, très intéressante. D’une part, parce qu’on suit de jeunes berlinois pris dans la tourmente de cette guerre : d’abord confiants et exaltés par les promesses d’un monde meilleur, ils découvrent l’horreur du front et de l’âme humaine. D’autre part, parce que c’est une production allemande.

 

Pour résumer :
Band Of Brothers : une magnifique série, un superbe travail de réalisation, un très bon équilibre en scènes de bataille, moments de repos des soldats et témoignages d’évènements (découverte des camps, rasage du crâne des femmes ayant eu une liaison avec des allemands…).

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

05 juil. 12

INQUISITIO, EPISODES 1*01 “DE VIRIS” & 1*02 “DECENDI & JUDICANDI”

Ce que j’en ai pensé…


inquisitio


Inquisitio est sans conteste une série qui m’a séduite et ce, dès le premier épisode. Pourquoi ? De un, la série se déroule au Moyen-âge, et j’aime bien les intrigues d’époque. De deux, Inquisitio a toutes les ficelles d’un bon polar. En fait, c’est un thriller médiéval. De trois, on découvre une pluralité d’histoires à première vue indépendantes les unes des autres, mais en définitive, à un moment où à un autre, elles se recoupent de façon remarquable pour ne faire plus qu’un. Enfin, les personnages sont très intéressants, et j’ai été bluffée par le jeu de regard de l’interprète de Bernal. Même avec un seul œil, il arrive à vous glacer le sang (il a l’œil revolver…). Vraiment, j’ai eu un coup de cœur pour cette série. On sent qu’elle a été longuement travaillée, mûrie, et le résultat est un petit bijou. On suit avec passion et peur les péripéties de David et Samuel qui ne cherchent qu’à faire avancer les choses, qui sont des visionnaires, et on est presque choqué de voir l’inquisiteur condamner les recherches et actions des deux hommes alors qu’en réalité, elles peuvent sauver des vies. Mais à cette époque, la situation était bien différente et certaines valeurs considérées comme acquises, naturelles aujourd’hui, ne l’étaient nullement autrefois. C’est quand même dommage d’avoir mis plusieurs siècles pour assister à cette évolution.

 

C’est une série noire, qui explore les heures sombres du passé. C’est une série violente également, par les différents fils conducteurs, les thèmes abordés : la religion vs. La science, l’exclusion, la maladie, la rivalité papale, etc. En fait, cette série a beau s’imprégner dans le Moyen-âge, on retrouve cependant des thèmes qui pourraient très bien être abordés de nos jours, comme l’exclusion communautaire, l’intégrisme. Elle peut faire réfléchir car finalement, le monde d’aujourd’hui est-il réellement différent d’hier ? Certes il a changé, mais on assiste encore (malheureusement) à des injustices, des violences, qui s’expriment peut-être de façon différente au XXIème siècle, mais qui sont toujours présentes et voire, s’aggravent. Et ainsi, peut-être que regarder le passé peut être un bon moyen de voir la réalité actuelle. D’ailleurs, il y a une réflexion intéressante sur la place de la religion. Certes, la religion est quelque chose de bien, mais comme toute croyance, elle aussi peut se montrer dure et cruelle. Aucun culte n’est parfait, et c’est intéressant de voir que chaque culte, quelque soit les valeurs nobles qu’il prône, peut aussi verser dans l’extrémisme, l’obscurantisme, à un moment de son histoire.

 

Inquisitio mêle habilement l’Histoire avec le romanesque. Je ne suis pas experte en histoire, alors je ne remarquerai certainement pas les erreurs s’il y en avait, mais personnellement, je ne ressors pas choquée par ce mélange. Après, il pourrait y avoir quelques raccourcis, libertés historiques, mais je garde à l’esprit que c’est avant tout une série qui raconte une histoire. C’est une fiction qui se veut octroyer un bon moment télévisuel pour les téléspectateurs, donc je regarde Inquisitio comme telle. Cependant, la saga a le mérite de m’avoir donnée envie d’en savoir un peu plus sur cette page de l’Histoire. Dans tous les cas, j’apprécie beaucoup Inquisitio, et c’est ce que j’ai envie de retenir. Je lui souhaite de connaître le succès.

 

Pour finir :

Mes + : Une intrigue d’époque/ Des histoires variées qui se recoupent/ Le personnage de Barnal

Mes - : Les dons de voyance de la fille de Samuel

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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