15 juin 13

REAL HUMANS, SAISON 1

(diff fr)

 

Real-Humans-Photo-03

 

Je résumerai cette série (plus exactement saison) en trois adjectifs : unique, étrange, envoûtante. Unique par son thème : des robots à la forme humaine qui s’occupent de besognes délaissées par les vrais humains, dans un monde tout à fait terre à terre, à prendre dans le sens non science-fiction. Etrange par son thème et les diverses intrigues présentées au cours de la saison. Parce qu’à la base, c’est étrange d’avoir eu l’idée de construire des robots ayant l’aspect d’hommes et de femmes. Il est évident que ça soulèverait des questions, que ça perturberait le train-train quotidien des vrais hommes et femmes. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? ». En l’occurrence, oui ; et nous aussi, nous nous attachons à vous. L’attachement de Lennart à Odi, puis de la famille Engman à Anita/Mimi paraît bizarre mais n’est pas si bizarre en fin de compte. C’en est même touchant. Forcément, quand bien même ces hubots restent des machines, le fait qu’ils parlent, se déplacent comme des humains et leur ressemblent ne peut laisser indifférent. Et donc Real Humans décrit bien ce processus d’attachement. On retrouve ce côté étrange dans les diverses relations entre humains et hubots : le mariage de je-ne-sais-plus-son-nom avec le robot Bo, le pauvre Tobias qui se découvre THS (pour trans hubot sexuel), les aventures du groupe d’hubots et de Leo, etc. Il y a aussi l'hypocrisie des humains. Je pense à Therese qui bidouille Rick pour le transformer en meilleur amant puis se débarrasse de lui quand elle n'en veut plus, après l'avoir bien utilisé... Certes, Rick était devenu bizarre, non, soyons francs : il s'était transformé en pervers, toutefois, Therese était à l'origine de cette transformation. Quant aux anti-hubots, leurs raisons ne sont pas dénuées de sens. Les hubots remplacent les hommes : alors que l’intention est bonne, elle finit par détériorer les relations humaines. Laisser des hubots s’occuper des personnes âgées, c’est un peu comme ne plus vouloir prendre en charge soi-même ces personnes et les abandonner…  Côté hubots, comment peuvent-ils ressentir des émotions ? Comment fonctionnent-ils ? Qui a eu l'idée de les créer ? Tels sont les points que je souhaiterais voir approfondis. Un personnage travaillant dans une usine de production d'hubots serait intéressant à suivre, et pourquoi pas une rébellion de ces machines dans l'usine?

 

Il y a une multitude de personnages dans la série, mais chacun a sa place dans l’histoire. Il y a même un renversement de l’importance des personnages : quand certains sont très présents au début, ils cèdent peu à peu leur place à ceux qui l’étaient moins et qui je pense, gagneront en puissance dans la seconde saison. Real Humans n’y est pas allée de main morte pour clore la saison 1 : une hécatombe dans le propre sens du terme s’est produite… Du coup, on ne sait pas jusqu’où peut aller la série, à la fois avec les personnages et les histoires, ainsi que les relations entre hubots et humains, mais on sait qu’elle peut aller loin, oser les idées les plus excentriques mais avec sérieux. Rien n’est acquis, il faut s’attendre à tout (même au pire). Par exemple, j’attends de voir si Inger va faire concevoir un hubot à l’effigie de son père décédé et surtout, comment ça va se passer. Ne serait-ce pas un peu malsain de faire « revivre » un disparu via un hubot ? Et, Bea, sans doute le protagoniste le plus complexe : quelles sont ses intentions ? Qui est-elle vraiment ? Rien n’est jamais certain et chaque épisode propose son lot de surprises, de rebondissements, tout au long d’histoires qui se déroulent sans précipitation : on a toujours le temps de découvrir, de comprendre et d’apprécier ce qui est présenté. Etrangement, on se laisse happé par l’histoire, les personnages et même si les épisodes ne sont pas forcément remplis d’action, d’effets spéciaux, de rebondissements en tout genre, pour ainsi dire, ils sont plutôt « calmes », on se laisse tirer par une force invisible qui fait qu’on a envie de découvrir la suite. Ajoutez à cela les flashbacks mystérieux et une lumière particulière utilisée et vous êtes comme envoûté par Real Humans. Et merci Arte pour nous l’avoir fait découvrir.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK Serie