01 mars 16

MONTE CARLO 2015 : "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (table ronde)

 

Sarah Drew, l’interprète du docteur April Kepner dans Grey’s Anatomy (ABC et diffusé en France par TF1), est venue représenter la série à Monte Carlo en juin 2015, accompagnée de son mari et de leurs deux enfants. Lors d’une table ronde, l’actrice a répondu aux questions des journalistes sur la saison 12, son personnage, la passion des fans pour la série…

 

— Votre personnage est très différent de celui qu’il était au début: timide, et maintenant, il s’est endurci…

Sarah Drew : Oui. April a pas mal évolué. Je veux dire, c’est un vrai cadeau de pouvoir jouer ce personnage parce que j’ai l’impression d’avoir joué quatre différents personnages tout au long de cette série. Elle a tellement changé, elle a grandi et mûri. Au début, elle était un peu comme une adolescente. Ce n’était pas une adolescente, mais elle se comportait comme telle et à présent, elle a vraiment mûri et j’ai l’impression qu’elle est devenue une véritable adulte. C’est cool d’avoir pu assister à cette progression.

— Selon vous, pourquoi les gens sont-ils tant attirés par la série ?

Sarah Drew : Je pense que les gens se reconnaissent dans ces personnages. Et vous avez cette expérience intense que l’on vit dans un hôpital quand on fait face à des situations de vie ou de mort, quand on essaye de sauver des vies, est-ce que le patient va vivre ? est-ce que le patient va mourir ? Mais on revient toujours aux relations humaines, et les gens se retrouvent dans ces relations, et ils tombent amoureux de ces relations, et ils espèrent l’amour. C’est une série optimiste, je pense, il y a beaucoup d’espoir et je pense que les gens sont attirés par cela également. En particulier en ce moment où il y a un grand nombre de séries sombres. Il y a de la légèreté, c’est une série sur des gens qui essaient de faire la bonne chose et de temps en temps, ça ne marche pas.

— Pourtant dans la série, il y a des situations dramatiques.

Sarah Drew : Absolument. Il y a absolument des situations dramatiques dans la série, mais je crois que la série est centrée sur des personnes qui intrinsèquement tentent de les surmonter, de faire la bonne chose, vous savez.

— Comment êtes-vous en contact avec les fans qui regardent la série ? Réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Twitter, Instagram. Je ne rencontre pas les fans très souvent. En fait, je suis plutôt casanière, je reste avec ma famille. Je vis dans une partie de Los Angeles où les célébrités ne sortent pas. Je ne me coiffe ni ne me maquille très souvent, alors quand je suis reconnue, c’est parce que les gens pensent qu’ils m’ont croisée à la gym !

— Pensez-vous qu’il est important d’avoir des retours des personnes qui regardent la série ?

Sarah Drew : Tout à fait !

— Comment les recueillez-vous ? Par les réseaux sociaux ?

Sarah Drew : Nous recevons les retours via Twitter. Je tweete beaucoup en direct. Et les fans ont permis que le show perdure. Je veux dire, c’est… Nous avons gagné un People’s Choice Award dans la catégorie de la meilleure série dramatique aux Etats-Unis cette année, j’imagine que ça a été relayé partout, je ne sais pas, mais pour qu’une série remporte un People's Choice Award alors qu’elle en est à sa onzième saison, c’est vraiment grâce aux fans qui l’ont adoptée et adorée et portée pendant toutes ces années, et je… Nous somme si reconnaissants, reconnaissants envers les fans.

— Selon vous, pourquoi le public aime-t-il les séries médicales ?

Sarah Drew : Je pense que c’est à cause des enjeux cruciaux, comme gérer des situations de vie ou de mort. Donc vous vous intéressez aux personnages de la série, et puis vous vous intéressez aux patients, et ensuite, vous voyez comment les vies des patients s’entremêlent avec celles des médecins. Ainsi, il y a une multitude de façons de se lier. Je pense que tout tourne autour des rapports humains.

— Quand vous allez dans un hôpital maintenant, voyez-vous les choses différemment ?

Sarah Drew : Tout à fait. Oui. Cette saison, mon personnage... J'étais enceinte quand mon personnage l'était, et nous avons tourné ma scène où je suis en travail et celle de l'accouchement, et puis le travail s’est déclenché dix heures plus tard. J’étais littéralement en train de tourner ces scènes de travail et d’accouchement et dix heures après, le travail était réel, j’étais dans une vraie salle d’accouchement, avec des infirmières, c’était assez dingue.

— Avez-vous suivi une sorte de boot camp dans un hôpital avant ?

Sarah Drew : Je crois que les acteurs présents dans les premières saisons ont probablement assisté à des opérations, et cela a toujours été possible pour nous, mais je ne l’ai pas encore fait. Je sais que je devrais, c’est ridicule de ne pas l'avoir fait. Je le ferai, je dois le faire. J’aimerais le faire.

— Est-ce parce que vous avez peur ?

Sarah Drew : Non. Non. Je pense que ça pourrait être très intéressant. En fait, ça me fascinerait. Il faut juste que je trouve du temps pour le faire. 

 

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— April est une personne très religieuse. Quel est votre rapport avec la religion ?

Sarah Drew : Mon père est pasteur. J’ai grandi dans un foyer chrétien, par conséquent, ma foi a toujours fait partie de ma vie, a toujours eu une place importante dans ma vie. Et c’était vraiment intéressant parce que lorsqu’il a été décidé que mon personnage serait chrétien, Shonda Rhimes m’a invitée dans son bureau et m’a dit : "nous savons que tu as une grande connaissance de ce monde, et nous voulons raconter une histoire authentique, alors présente-nous des idées, et si jamais quelque chose ne va pas, viens et dis-le nous, nous voulons raconter une histoire vraie". Cela a été un honneur de pouvoir collaborer de cette manière.

— Pouvez-vous nous décrire une journée de tournage type ?

Sarah Drew : Une journée de tournage type… Vous arrivez, vous rejoignez la loge, vous passez par la case coiffure et maquillage, vous traînez avec vos coiffeurs. Vous répétez les scènes, vous voyez l’équipe. Ensuite on met au point l’éclairage, vous retournez dans la loge, vous vous habillez. Puis vous sortez et vous tournez, en fait, vous enchaînez les prises l’une après l’autre. Et vous passez du temps avec les acteurs et pendant les prises, nous aimons regarder des vidéos YouTube, ou lire, ce sont des trucs débiles : des chats, des vidéos de bébés dans une voiture traversant un tunnel, celle-ci est ma préférée. (rires)

— Avez-vous regardé la série ?

Sarah Drew : Oui, et je l’ai suivie depuis ses débuts. C’est la seule série que mon mari et moi regardons depuis ses débuts. Alors c’était vraiment excitant d’avoir pu faire partie de l’aventure.

— Certains personnages majeurs sont morts. Avez-vous peur que Shonda Rhimes tue votre personnage ?

Sarah Drew : Oh, nous pouvons tous être tués. N’importe qui peut disparaître à n’importe quel moment, alors je profite du présent pour ce qu’il est. J’adorerai rester dans le show, mais je sais qu’il y a des chances que je parte.

— Avez-vous un plan B, au cas où ?

Sarah Drew : Je continuerai mon chemin. Je recommencerai les auditions, et serai reconnaissante pour ce que cette expérience a été.

— Vous jouez dans la série depuis si longtemps, et peut-être avez laissé passer des opportunités. Comme vous l'avez dit, vous allez devoir tout recommencer.

Sarah Drew : Vous ne pouvez pas perdre du temps à regretter les opportunités manquées quand vous êtes au milieu de la meilleure opportunité que vous pouviez demander, vous voyez où je veux en venir ? J’ai eu la chance de faire un film il y a deux étés de cela et puis je suis partie faire sa promotion l’été dernier et… C’est un job qui prend tellement de temps, nous faisons 24 épisodes par an, c’est dur. Quand vous avez une pause, vous avez envie d’en profiter. C’est sympa de travailler de temps en temps, mais je crois… Quand je commencerai à me dire "oh, pour faire ça, il faut que je fasse ça"… Je me rappelle de ce que Chandra Wilson (NB : le docteur Bailey dans la série) m’a dit un jour. Elle a dit : "pourquoi t’inquiètes-tu de cela aujourd’hui ? Tu as un job, alors profite du fait que tu as maintenant un job. Tu as un job. Un jour, ce job s’achèvera et tu chercheras le prochain". Je pense que c’est une attitude très saine.

— Le personnage incarné par Patrick Dempsey est mort, qu’est-ce qui va arriver dans la prochaine saison ? Pensez-vous qu’un nouveau personnage va arriver ?

Sarah Drew : Je viens d’apprendre aujourd’hui (NB : la table ronde s’est déroulée le mardi 16 juin) que Martin Henderson rejoint le show, et j’en suis exaltée parce qu’il était… J’ai fait un pilote avec lui pour Shonda Rhimes il y a quelques années qui finalement n’a pas été retenu, alors je suis très impatiente. Mais personne ne peut remplacer le docteur "Mamour". Vous savez, le docteur "Mamour", c’est le docteur "Mamour" ! (rires)

— Qu’est-ce qui vous attend dans la saison 12, si vous pouvez nous donner des pistes ?

Sarah Drew : Je sais que mon personnage a connu un changement considérable, a eu cette incroyable expérience sur le champ de bataille en tant que chirurgienne de guerre. Et maintenant, je suis de retour et je suis une nouvelle personne qui entre en conflit dans sa relation avec Jackson, et nous verrons qu’elle est devenue une super dure à cuire. C’est une personne si différente. Je crois que tout le monde est très enthousiaste parce qu’il y a eu un renouveau sur la série, et nous comptons Debbie Allen (NB : le docteur Catherine Avery dans la série) parmi nos producteurs. Nous verrons, ce sera fun.

 

 

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK


MONTE CARLO 2015: "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (interview, English)

 

Sarah Drew, who portrays Dr. April Kepner in Grey’s Anatomy (ABC), went to Monaco in June 2015 with her husband and their two kids. The actress spent some time to answer journalists’ questions about season 12, her character, fans’ passion for the show… (I'm not a native English speaker, so my apologies if there are English mistakes in the actress's answers)

 

— Patrick Dempsey’s character has died, so what’s going to happen in next season? Do you think another character’s going to appear?

Sarah Drew: I just found out today (NB: the collective interview took place on Tuesday 16 June) that Martin Henderson is coming on to the show, which I’m very excited about because he was… I did a pilot with him for Shonda Rhimes that actually didn’t go a couple of years ago, so I’m very excited. But nobody can replace "McDreamy". "McDreamy" is "McDreamy", you know! (laughter)

— What’s next for you in season 12, if you can give us some keys?

Sarah Drew: I do know that my character has gone through a significant change, had this crazy experience on the battle front as surgeon at war. And now, I’m back and I’m a new person who’s coming into conflict with my relationship with Jackson, and we’re gonna see she’s super badass now. She’s a very very different person. I think everybody’s really excited because there’s a new vamp of the show, and we found Debbie Allen (NB: Dr. Catherine Avery in the series) as one of our producers now. We’ll see, it’s gonna be fun.

— Your character is very different from what she was at the beginning: the shy one, and now, she’s tough.

Sarah Drew: Yes. April has evolved quite a bit. I mean, it’s a real gift to get to play this character because I feel like I’ve played four different characters over the course of this one show. She’s changed so much, she’s grown and matured. She really kind of started off like a teenager. She wasn’t a teenager, but that’s sort of how she behaved and now she’s really mature and now I feel like she’s a real grown-up, very deep grown-up stuff, it’s been cool to get to see that happen.

— Why do you think people are attracted so much by the show?

Sarah Drew: I think people relate to these characters. An then you have the heightened experience of life-and-death situations of being in a hospital, trying to save lives and is the patient gonna live? is the patient gonna die? But everything relates back to these relationships, and people see themselves in these relationships, and they fall in love with these relationships, and they hope for love. It’s a very hopeful show, I find, there’s a lot of hope that I think people are drawn to as well. Especially in an era where there are a lot of dark shows out right now. There’s like a levity and a lightness, it’s about people trying to do the right thing and sometimes it’s failing.

— But in the show, there are some dark situations.

Sarah Drew: Absolutely. There are absolutely dark situations on the show, but I think it’s about people inherently trying to overcome it, trying to do the right thing, you know.

— How do you connect with fans who watch the show? Social networks?

Sarah Drew: Twitter, Instagram. I don’t meet fans very often. I mean, I’m kind of a homebody, I stay with my family. I live in a part of LA where celebrities don’t hang out. I don’t ever do my hair, make-up so often, so when I get recognized, it’s because people think they met me at the gym!

— Do you think it’s important to have feedbacks from the people who watch the show?

Sarah Drew: Absolutely!

— How do you have that? Is it social network ?

Sarah Drew: We get feedbacks through Twitter. I live-tweet a lot. And the fans have kept the show going. I mean, it’s… We won a People’s Choice Award for Best Drama in the States this year and, I guess that was everywhere, I don’t know, but for a show to win People’s Choice Awards in its eleventh season, it’s really because the fans have just embraced it and loved it and kept it going, and I… We’re so grateful, grateful to fans.

— Why do you think the public like the hospital TV shows?

Sarah Drew: I think it’s because of the heightened stakes, like we’re dealing with life-and-death situations. So you get invested in the characters on the show, and then you get invested in the patients, and then you see how the patients’ lives are connected to the doctors’. And so, there are a lot of ways to connect. I think it’s all about connection.

 

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— When you’re going to an hospital right now, do you see things differently?

Sarah Drew: Absolutely. Yeah. This season, my character… I was pregnant while my character was pregnant, and we shot my labor and delivery scene, and then I went into labor ten hours later. So I was literally in the labor and delivery scene and then ten hours later, in real labor, real delivery room, dealing with nurses, it was pretty crazy.

— Did you do like a boot camp in a hospital before?

Sarah Drew: I think probably the original cast members in the first few seasons actually went and observed surgeries, and that’s always been available to us, but I have not done it yet. I know I should, it’s ridiculous that I haven’t. I’m going to, I need to do it. I would like to go.

— Is it because you’re afraid?

Sarah Drew: No. No. I think it would be really interesting. I would be fascinated, actually. It’s a matter of finding the time in my life to go.

— April is a very religious person. What is your relationship with religion yourself?

Sarah Drew: My father is a minister. I grew up in a Christian household, so my faith has always been a part of my life, a very, very important part of my life. And it was really interesting because when they decided that my character would become a Christian, Shonda Rhimes invited me into her office and said: "we know that you know a lot about this world, and we want to tell an authentic story, so you pitch us ideas, and any time it doesn’t feel right, come and tell us, we want to tell a true story". It’s been an honor to get to collaborate in that way.

— Could you describe us a typical day on the set?

Sarah Drew: Typical day on set… You show up, you go in the trailer, go to hair and make-up, hang out with your hair maker folks. You go to rehearse the scenes, so you see the crew. And then they settle the lightings, you go back to the trailer, you get dressed and you finish getting ready. And then, you go back and you shoot, and it’s just take after take after take. And you hang out with the actors and between takes, we like to watch YouTube videos, or just read, it’s just silly stuff: cats, babies going though tunnels, that’s my favorite one right now (laughter)

— Did you watch the show?

Sarah Drew: Yes, and I watched it from the beginning. It’s the one show that my husband and I watch since the beginning. So it was really exciting when I got to come and be a part of the show.

— Some of the major characters died. Do you fear that Shonda Rhimes could kill your character?

Sarah Drew: Oh, we could all be killed off. Anybody could go at any time, so I’m just embracing the present for what the present is. I would love to stay on the show, but I know there’s a lot of chances I can go.

— Do you have a plan B, just in case?

Sarah Drew: When this ends, I’ll just move on to the next thing. I’ll just start auditioning again, and be so grateful for what this experience has been.

— You’re doing this for such a long time and might have missed opportunities. Like you said, you’ll have to do it all over again.

Sarah Drew: You can’t spend to much time mourning the missed opportunities when you are in the middle of a greatest opportunity you can ever ask for, you know what I mean? I got the chance, like I got to do a movie two summers ago and then got to promote it last summer and… It’s such a full-time job, we do 24 episodes a year, it’s hard. When you do have that break you kinda want to take that break. I mean, it’s fun to work sometimes, but I think… When I get concerned about "oh to get to do this, I need to go do this"... I think about what Chandra Wilson (NB: Dr. Bailey in the series) actually said to me. She said: "why are you worrying about that right now? You have a job, just enjoy the fact you have a job right now. You’ve got a job. This job will eventually end and you go find the next job". I think it’s a very healthy attitude.

 

Check out the other articles about the 2015 edition:
Criminal Minds
How To Get Away With Murder
(If you read French, you can find more articles here)

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Seriecalement vôtre,

VK

 

21 juil. 15

MONTE CARLO 2015 : "HOW TO GET AWAY WITH MURDER", ALFRED ENOCH (interview, English)

 

During the festival, I met Alfred Enoch, who portrays Wes Gibbins in How To Get Away With Murder (created by Peter Nowalk and produced by Shonda Rhimes), for a collective interview. He nicely shared with the interviewers his feelings about his character, Viola Davis', Annalise Keating, and the series. Just before starting, he said few words about the party organized for 55th anniversary of the festival he attended the night before.

 

— Can you tell us what memory you have of the first time you read the script of How To Get Away ?

Alfred Enoch: I remember I was doing a play in London. I got the script on a two-show days. I had the matinee and the evening show, and I was going to have the audition in the next day. As I came through, my first thought was: how am I going to read it? Get prepped? Do also a decent job? And that concern was only heightened as I read it, because I thought: this is exciting, this is good, this should be an exciting, interesting job to do. I remember thinking this is an interesting… twist on something which feels more familiar. The whodunnit element told with two timeframes seemed something novel to me and it seemed like it asked questions differently.

— Do you know at the beginning that Wes killed Sam?

Alfred Enoch: No. I wish I had, but I didn’t. That was one of the interesting things about working on the show. Things would change. You get the script and you think: oh, there’s another piece of the jigsaw puzzle. So it’s very difficult, from that perspective, to reconstruct what happened before in order to foresee what comes after.

— In the series, you’re studying law. Could you have been a lawyer yourself?

Alfred Enoch: I studied literature, so my, probably my relationship with words comes from a different angle, you know. I have friends who finished doing that degree. It was never something that would have appealed to me.

— What do you like the most in your character, and what do you dislike?

Alfred Enoch: I really admire Wes’s ability to cleave to his beliefs, his principles. He asks questions that are difficult, based on moral code. I rather respect that. I think one of the most difficult things about the character is… I mean, it’s hard because they are put in, they are put in such difficult situations and that’s probably part of the reason why people like the show. Obviously, some of his actions become questionable, but often I think people see that in a less sympathetic light than I do. Maybe that’s just because as Wes, I spend a lot of time with my character. I sympathize with him. You know, I think he does something very extreme, but he does it. He does it protectively and lovely… That’s one of the other things that fascinates me about the script and that was even from the pilot. It shows different sides of these characters, and it makes it hard just to pin someone down and say: this is what someone is. You know, we present ourselves differently in different situations, different scenarios and with different people. So I like that, I like it’s not just so simple to say if someone does a bad thing they’re a bad person.

 

Alfred Enoch

 

 — How is it to work with Viola?

Alfred Enoch: Fantastic!

— Is it the same relation you have on screen?

Alfred Enoch: Thankfully, not! (laughter) I would be… Goodness, it would be a really exhausting experience if that was the case… Annalise Keating is such a formidable and I think, exhausting character! She’s so a difficult woman in so many ways. The way she manipulates people, the way she’s demanding, but Viola is lovely, she’s such a nice, nice person. And it helps make the set to be a very nice place to be. There are nice people. For me, you know, coming from London and living in a city I didn’t really know before, it has made all that much easier to be surrounded by good people. So I’m very grateful for Viola and the rest of the cast.

— Do you see the relationship between Wes and Annalise like a mother or more?

Alfred Enoch: There’s more to it. I think there is, perhaps, a maternal side to it. She does something which I can only think was incredibly generous, in a very extreme moment for both. I think there is a maternal side, there’s so much more. I think that’s one of the interesting things about playing it, but also the fact there are so many different impulses, so many conflicts for them. The way it starts, they’re bound together by a secret. You know, she’s compromised, he knows something, she needs him not to tell people. And I think one of the fun things is the writers always come up with other ways of sort of destabilizing this relationship. There’s a lot push-and-pull, there’s conflict and there’s attraction.

 

— Your character will be saved because he’s got this special link with Annalise?

Alfred Enoch: I think one of the exciting things about the show is it feels like no one is safe. You know, you don’t want to watch, I think, a TV… I mean… that’s not necessarily true. I think sometimes… I remember I read a book when I was younger and someone spoiled the ending to me, told me who dies, and it didn’t actually compromise my enjoyment of the book at all. How you get there is another thing. That was one of the elements of the show. When it solved the question of who killed Sam, it then asked another question: who else was involved, and to what degree? I like that shifting. There’s always something else to find. But I think something was added to the mix: it doesn’t feel very obviously that people are safe. At least, it didn’t feel that way to me. I felt: Wes could have been killed… No he’s gonna survive in season 1. When the stakes are that high, people actually become very extreme, especially in the context of the show. I think that any character might go. Hopefully he (Wes) survives…

— Yes, in the series everything can happen anytime, so that’s very exciting to watch it. No one is safe at all.

Alfred Enoch: I’m glad that’s not just a paranoia of an actor who might lose his job.

— Obviously, you’re not playing in Game Of Thrones! (laughter)

Alfred Enoch: Right. I think, in a way, that comes to something which is important in any story, it’s just you don’t want things to be spare, or pointless, or irrelevant. You know, someone dies, it’s got to be an event. I mean, whether you miss that character, whether you’re glad that this character’s dead, you want some kind of relationship. So I think there’s something in that, in Game Of Thrones.

— What is the implication of Shonda Rimes on the show?

Alfred Enoch: She’s created a really good atmosphere. You know, she’s made it a permissive working environment where, you know, people feel comfortable. We had a dinner with Shonda and the creative team and all the writers, the actors, the writers, Shonda and a few of producers when we first arrived in L.A before we started the season. And that’s a nice thing to do.

 

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Criminal Minds
Grey’s Anatomy
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Sériecalement vôtre

12 juil. 15

MONTE CARLO 2015 : "ESPRITS CRIMINELS", MATTHEW GRAY GUBLER (table ronde)

 

Un des moments savoureux de ce festival pour moi fut ma table ronde avec Matthew Gray Gubler, l’interprète de Spencer Reid dans Esprits Criminels (Criminal Minds en VO, diffusée sur TF1). Cette série est un des milestones de mon parcours de sériephile (j’ai même eu l’idée folle de faire le fan film, Agents du diable). Alors pouvoir échanger avec Matthew en personne, c’était la cerise sur le gâteau. Je rassure, j’ai su rester professionnelle. La discussion fut agréable, vous en trouverez le contenu ci-dessous.

 

— Vous avez suivi des études en réalisation, et puis vous avez été mannequin pour plusieurs marques, et puis vous avez atterri dans Esprits Criminels. Qu’avez-vous appris de ces différentes expériences, et orienter votre carrière vers ces différentes expériences était-il intentionnel ?

MGG : Vous savez, j’ai été très chanceux et je n’ai jamais vraiment… intentionnellement (NB : à ce moment, MGG a fait un commentaire sur les chaussettes d’une des personnes présentes) J’ai eu une carrière chanceuse et je ne l’ai pas orientée de façon particulière. J’ai juste été très chanceux. J’ai fait des études en réalisation et je pensais que cela allait me propulser vers Hollywood, et c’était mon objectif dans la vie, et ça m’a, d’une étrange façon, conduit vers le cinéaste Wes Anderson, pour lequel j’ai fait un stage dans le cadre de mes études, et puis il m’a retenu pour jouer dans un film dont le titre est "La vie Aquatique". Ca a été ma première expérience en tant qu’acteur, elle m’a finalement conduit à faire un documentaire sur le film et à obtenir un agent qui m’a envoyé aux auditions pour Esprits Criminels. J’ai toujours essayé de… J’adore les personnes du monde du divertissement, qu’ils soient acteurs, réalisateurs, réalisateurs de clips YouTube, et j’essaie juste de faire ça chaque jour.

 

— Est-ce que ça a été difficile pour vous d’être acteur ? Parce que vous n’aviez pas, peu d’expériences avant Esprits Criminels.

MGG : Bonne question… Je pense qu’en fait, ça a été plus facile. Mon type d’acteurs et mon type d’artistes préférés sont les personnes qui n’ont pas beaucoup d’expériences, parce que cela les force à être authentique et sincère. C’est… Dans n’importe quel domaine, que vous soyez peintre ou vous savez, danseur, je pense que quand vous travaillez sans cadre et technique, vous êtes forcé de composer de la façon la plus authentique qui soit. Même si je réalise des épisodes ou autre chose, je cherche toujours les personnes qui… elles n’interprètent pas seulement, c’est comme si elles existaient, et ces personnes-là sont la catégorie d’artistes de que je préfère.

— Cela signifie-t-il que vous n’avez eu aucune préparation pour interpréter le rôle ?

MGG : Etant donné que je n’ai jamais suivi de cours de façon classique, mon process d’interprétation est, je pense, différent de celui des autres. J’essaie de… J’étudie… C’est difficile pour moi d’expliquer… Je souhaitais que le personnage ait le syndrome d’Asperger, c’est une forme d’autisme, alors j’ai fait des recherches et je voulais qu’il soit une sorte d’agent du FBI improbable, atypique, alors je me suis libéré de ce processus pour n’avoir aucune connaissance sur le FBI. Je ne voulais pas savoir comment tenir un pistolet, je voulais juste rendre ce personnage unique. C’est comme prendre les parties que je préfère de mes nombreux héros et personnes que je connais dans la vie réelle. Je ne sais pas comment expliquer cela. Je n’ai pas vraiment de méthode. C’est bizarre, je ne sais pas, je ne sais pas, mon processus est décousu, désolé…

 

— Pourquoi votre personnage parle aussi vite ?

MGG : Bonne question… Vous savez, je n’avais jamais pensé qu’il parlait vite !

— Ou c’est peut-être parce que je suis française…

MGG : Non, c’est vrai, il parle vite.  C’est venu naturellement quand j’ai voulu créer Reid, et ça s’est concrétisé sous la forme d’une rapidité de la pensée. Je pense qu’il a l’habitude que les gens l’ignorent et lui manifestent de l’indifférence, mais il a une incapacité… Il sait tout et doit le dire tout le temps, alors la meilleure façon de le faire sans être interrompu est de parler très vite, pour éviter que quiconque ne le coupe.

 

MGG

 

— Quels sont vos épisodes préférés ?

MGG : Je suis très fier de ceux que j’ai réalisés, ça c’est sûr.

— L’un de mes préférés est "Lauren".

MGG : Oh, merci !

— Parce que j’adorais le personnage de Paget Brewster (NB : Emily Prentiss) aussi, alors…

MGG : Elle est super. Merci. C’était un épisode amusant à faire. Mon préféré est probablement "The Lesson". C’était pendant la saison 8, et il s’agissait de l’homme qui transformait les êtres humains en marionnettes, et j’ai beaucoup aimé ça. (…) Et j’aime beaucoup "Mosley Lane".

 

— Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos du cast ?

MGG : Ouais ! On se sent tous comme une famille, et je suis très chanceux de travailler avec eux. Je les aime tous. Shemar est comme mon frère, Joe est comme mon père de Los Angeles, les filles sont comme mes sœurs. On forme un super groupe. Tout le monde a le meilleur sens de l’humour qui soit.

 

— Esprits Criminels montre des meurtres très noirs. Avez-vous pensé que cela puisse avoir une influence sur certaines personnes qui regardent la série, parce que nous voyons toujours des tueurs en série et des modi operandi très effrayants ?

MGG : C’est drôle, je pense que… En fait, je vois… Je pense que c’est un peu comme un test, où lorsque vous regardez quelque chose, vous ne voyez que ce que vous voulez voir. Quand je regarde la série, les personnes qui m’abordent dans la rue me disent souvent que la série les a inspirés à s’engager dans les forces de l’ordre, ou leur a donné envie de devenir un agent du FBI, ou leur a a donné envie de mettre fin à la criminalité. Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui était en mode "ça m’a donné envie de tuer des gens !" (rires). J’aime imaginer que cela insuffle de l’inspiration pour faire le bien dans le monde, et pour moi, c’est une série qui n’est pas centrée sur le meurtre et la mort, mais une série centrée sur l’espoir et le bien, mais ce n’est juste que mon point de vue. (rires) Je ne sais pas, peut-être que je suis fou…

— Non…

MGG : Je suis sûr que je le suis…

 

— Et quels sont vos projets maintenant ?

MGG : Je tourne cette série onze mois par an, mais pendant chaque mois de pause, je fais un film. Actuellement, je tourne "Alvin et les chipmunks 4", et j’ai terminé la production d’une adaptation contemporaine de Tom Saywer et Huckeberry Finn dans laquelle j’ai joué, et dont je suis très fier. L’avant-première s’est déroulée il y a trois jours en Amérique. Et je viens de finir un film dont le titre est "Suburban Gothic", qui est une comédie, un film d’horreur qui sort, je pense, en Europe, le mois prochain.

— Comment faîtes-vous pour jongler entre tout ça ?

MGG : Je sais, je sais… Bonne question… J’ai besoin de faire une pause… Cette année, pendant que je tournais dans Esprits Criminels, je tournais aussi dans "Band of Robbers" et "Life After Beth", un film sur les zombies, et c’était beaucoup de travail.

— Donc vous jouez et vous réalisez. Que préférez-vous ?

MGG : J’adore les artistes quel que soit le domaine. Les choses que je préfère dans la vie sont jouer dans des comédies et n’importe quel type de réalisation.

 

La version VO est également disponible.

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Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

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Sériecalement vôtre,

MONTE CARLO 2015: "CRIMINAL MINDS", MATTHEW GRAY GUBLER (interview, English)

 

Matthew Gray Gubler, as known as Spencer Reid, represented the CBS hit show Criminal Minds this year at the festival, and this was not his first time. As a big fan of the show, I can say it was one of the series that made me what I am today as a series fan (I even made a fan film, "Devil's Agents"), I couldn’t wait to interview Matthew. With another person, we had a nice conversation with him (sorry if I misunderstood some words, not a native English speaker, so I tried to do my best^^):

 

— You studied film directing and then, you worked as a model for several brands, and then, you jumped into Criminal Minds. What did you learn from these experiences, and was it intentional to orient your career towards those different experiences?

MGG: You know, I’ve been very lucky and I haven’t really… intentionally… (NB: MGG made a comment about an interviewer’s socks before continuing) I have a very fortunate career and I haven’t intentionally guided it in any way in particular. I’ve just been very lucky. I studied film directing and I thought it would rock me to Hollywood, and that was my goal in life, and it, in a weird way, led me towards a filmmaker named Wes Anderson, who I interned for in film school, and then, he cast me in a film called “The Aquatic Life with Steve Zissou”. And that was my first acting job, which ultimately led me to making a documentary about that movie and getting a directing agent who sent me to the audition for Criminal Minds. I’ve always tried to… I love entertaining people, in any way, whether it is acting or directing, making YouTube clips, and I just try to do that every day.

— Was it difficult for you to be an actor? Because you didn’t have any, many experiences before Criminal Minds.

MGG: Good question. I think it actually made it easier. My favorite type of actors and my favorite type of artists are people that don’t have training, because it forces them to be genuine and sincere. It’s… in anything, whether it’s a painter or you know, a dancer, I think if you’re doing it without form and without technique, you’re forced to do it in an incredibly genuine way. Even if I’m directing episodes or anything, I always look for the people who… they aren’t acting, they’re just sort of existing, and those are my favorite type of performers.

— Does it mean you didn’t have any preparation to play the role?

MGG: Yeah, I did. Because I never studied acting classically, so my process of acting is, I think, different than others, I try to… I study… It’s hard for me to explain… I wanted the character to have Asperger syndrome, it’s a form of autism, so I researched that eventually and I wanted him to be sort of unlike, untypical FBI person, so I went out of my way to know nothing about the FBI. I didn’t want to know how to hold a gun, I wanted to make him just a sort of… a unique character. It’s sort of taking my favorite parts of many of my heroes and people that I’ve known in real life. I don’t know how to explain it. I don’t really have a method. It’s weird, I don’t know, I don’t know, my process is rambling, sorry…

— Why does your character speak so fast?

MGG: Good question… You know, I never thought that he spoke fast!

— Or maybe because I’m French…

MGG: No, he does. No he does speak very fast. It’s just a sort of natural in taking everything that I wanted to create Reid, putting it inside, it just manifested itself as a rapid thought. I think he’s used to people ignoring him and zoning him out, but he has an inability… he knows everything and he must say it at all times, so the best way to do that without being interrupted is to speak very fast, to prevent anyone from cutting him off.

 

MGG

 

— What are your favorite episodes?

MGG: I’m very proud of the ones I directed, for sure.

— One of my favorites is “Lauren”.

MGG: Uh, thank you!

— Because I loved Paget Brewster’s character (NB: Emily Prentiss) too, so…

MGG: She’s great. Thank you. That was a fun one to direct. My favorite one is probably “The lesson”. It was in season 8, and it was the man turning human beings into puppets, and I love that. And I love “Mosley Lane”.

— Could you tell us few words about the cast?

MGG: Yeah! We all feel like family, and I’m so lucky to get to work with them. I love them all. Shemar is like my brother, Joe is like my Los Angeles father, the girls are like my sisters. It’s a great ensemble. Everyone has the best sense of humor.

— Criminal Minds is about very dark murders. Have you ever thought it could have an influence on some people who watch it, because we always see serial killers and very scary modi operandi?

MGG: It’s funny, I think… I actually see… I think it’s a bit like a horror shark test, where you look at something and you see what you want to see. When I see the show, it seems that people walk to me in the streets often tell me that the show inspired them to go into law enforcement, or made them want to be an FBI agent, or made them want to stop crime. I haven’t met anyone yet that was like “it made me want to kill people”. (laughter) I like to imagine it’s doing more to inspire good in the world, and to me it’s a show not about murder and death, but a show about hope and goodness, but it is just from my perspective. (laughter) So I don’t know, maybe I’m crazy…

— No

MGG: I’m sure I am…

— And what are your projects now?

MGG: I shoot this show eleven months out of the year, but every month off a year, I make a movie. Right now, I’m filming “Alvin And The Chimp Monks part 4”, and I just finished producing and acting in a modern day adaptation of Tom Sawyer and Huckleberry Finn, which I’m very proud of, that just premiered three days ago in America. And I just filmed a movie called “Suburban Gothic”, which is a comedy, horror movie that’s coming out, I think in Europe, in the next month.

— How could you manage to do everything?

MGG: I know, I know… Good question, I know… I need a stop… This year, I was filming Criminal Minds as well filming “Band of Robbers” and “Life After Beth”, the zombie movie, and it was a lot work.

— So you play and you direct. What do you prefer?

MGG: I love the entertaining people in any way. My favorite things in life are comedy acting and any type of directing.

 

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How To Get Away With Murder
Grey’s Anatomy
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Seriecalement vôtre,

20 juin 15

MONTE CARLO 2015 : "PROFILAGE" (table ronde)

 

Dimanche 14 juin, j’ai eu le plaisir de rencontrer, avec un petit groupe d’interviewers, les acteurs de Profilage venus représenter la série de TF1 à Monte Carlo. Odile Vuillemin (Chloé), Philippe Bas (Rocher), Raphaël Ferret (Hyppolite) et Jean-Michel Martial (Lamarck) ont répondu à nos questions, dont voici des extraits (attention, quelques infos sur la saison 6) :

 

— Ca doit être très bizarre d’aborder la nouvelle saison (NB : la 6), sachant qu’il y a un personnage qui va partir (nb : Odile Vuillemin), sachant qu’il y a un autre personnage qui est mort (NB : Fred Kancel, jouée par Vanessa Valence). Ce sont des circonstances spéciales pour débuter une nouvelle saison, parce que normalement vous recevez les scénarios très peu en amont…

Odile Vuillemin : Si, si, on les reçoit quelques semaines avant le tournage. C’est vrai que le départ de Vanessa, c’était un peu dur, et puis après, il y a mon personnage qui est sur le départ. Pour l’instant ça se passe bien, on a fait six épisodes, et je pense que ça va devenir un peu émouvant pour moi pendant les six derniers.

— C’était un choix ?

Odile Vuillemin : Oui. Même si c’est un choix, c’est un super personnage. C’est pas évident. C’est pas parce que c’est un choix que c’est facile à faire.

 

— Et pour ceux qui restent, il y a un deuil à faire, déjà, du personnage ?

Philippe Bas : Non, parce que pour l’instant…

— Par rapport à Fred…

Philippe Bas : Ah, par rapport au personnage de Vanessa ?

— Oui. De Vanessa et de Chloé.

Philippe Bas : C’est-à-dire que ça remonte à l’année dernière en réalité, parce qu’on a repris le tournage en novembre, donc si vous voulez, pour nous… je ne dirai pas que le travail de deuil a été fait, mais il y a eu une nouveauté avec un autre personnage qui intervient désormais avec les flics, qui supplée notre équipe. En plus, on a eu tellement de remous, tellement de choses qui sont passées que si vous voulez, nous, on s’est tout pris sur les deux, trois, quatre premiers. Et là, on en est à six, on va attaquer à partir de mercredi prochain trois autres, trois suivants. Donc on est au milieu de la machine. C’est au moment où est dans la force de l’âge de la saison. Le virage à prendre, il va être plutôt vers la fin de l’année, et là, on est dans la ligne droite, on est juste avant le freinage. On est dans les pleins pots et comme l’a dit Odile, c’est assez émouvant. Parce que d’abord il se passe des choses sur un plan choral, notamment dans les trois prochains qui arrivent, pas mal de choses se passent avec plusieurs intrigues différentes. Et donc elles ont la particularité de, moi, de me surprendre encore, c’est déjà ma quatrième année. Si elles me surprennent moi, je pense, j’espère en tout cas qu’elles surprendront le public, et dans le bon sens.

 

— Et vous savez ce qui va se passer jusqu’à la fin de la saison ?

Philippe Bas : Non, c’est en évolution. On a une idée sur les arches. Il y a des choses qu’on sait…

— Vous savez par rapport à votre personnage… (à Odile Vuillemin) quand vous arrêtez…

Odile Vuillemin : Oui, je sais que j’arrête. (rires)

— Mais comment vous arrêtez ? Vous savez quelle fin vous attend ?

Odile Vuillemin : Oui, oui, je sais.

 

— Dans la saison 5, surtout vers la fin, on est passé d’une atmosphère décalée, avec beaucoup d’humour, vers… on est allé vers beaucoup plus sombre. Et du coup, pourquoi un tel virage avait été pris, d’explorer ces thèmes sombres ?

Philippe Bas : Raphaël, c’est à cause de toi !

Raphaël Ferret : C’est à cause de moi, c’était un demande de ma part… Non, vous savez, je crois que quand les auteurs réfléchissent à la saison, sur son ensemble au début, à l’épisode 1, il y a des idées. Mais après, en fait, la saison prend une vie en elle-même, c’est-à-dire que des choses se passent et puis, je veux dire, il y a quelque chose qui se passe au milieu de la saison, des épisodes, et ce qui fait qu’en fait, parfois, ça prend une forme… Bah là, cette forme, c’est vrai que cette fin de saison, c’était une fin de saison très sombre, mais c’est pas forcément quelque chose qui était voulue à la base, en fait… C’est une évolution, en fait. Il se passe des choses, et puis les auteurs, ça les inspire, selon tel épisode (…). En fait, la série a un peu sa vie propre, et c’est parti dans des choses un peu sombres, parce que… c’est comme ça que les auteurs ont ressenti les choses à ce moment-là. Mais je ne crois pas que ce soit une volonté de dire « on va faire quelque chose de très sombre ». Je pense que c’est quelque chose qui est venue comme ça, naturellement, par ce qui les inspirait , par ce qu’on faisait…

Philippe Bas : C’est aussi le pouvoir de cette série qui nous amène dans des choses qui sont chorales, à la fois très dures, des choses qui sont profondément difficiles. On parlait de deuil à l’instant. Et puis en même temps, il y a des intrigues qui nous amènent dans des situations de l’ordre de la comédie. Et ensuite, quelque chose qui arrive derrière et qui nous ramène à… Il faut bien quelques choses auxquelles on ne s’attend pas du tout. Et c’était notamment le départ de Vanessa.

 

— Et le départ de Vanessa, c’était un départ volontaire ? Ou suite à l’évolution de…

Odile Vuillemin : Non, ce n’était pas un départ volontaire. C’était un départ écrit.

 

Raphaël Ferret & Jean-Michel Martial

 

— Est-ce qu’au fur et à mesure des saisons vous avez pu un peu analyser, ou vous êtes posée la question de : pourquoi le succès a été grandissant ?

Odile Vuillemin : On a de très bons scénars, et puis c’est vrai qu’on est arrivé en France avec un personnage  très très atypique, qui n’existait pas trop en France. On a eu un peu de mal à installer parce qu’on avait l’habitude des Docteur House, Mentalist (…). L’anti-héros était assez acté aux Etats-Unis, mais en France, on n’avait pas trop l’habitude d’avoir quelqu’un avec plein de défauts, etc. On a eu un peu de mal à le placer. Puis après, c’est cette différence qui a fait le ton de la série, avec tout l’humour, on a beaucoup de vie privée entre les personnages, etc. On a une équipe de gens très très passionnés et motivés.

— Parce qu’il faut que ça dure. Ca dure, et ça perdure, et les audiences grandissent aussi. En général, c’est plus souvent l’inverse qui se passe au bout de trois saisons.

Philippe Bas : En fait, il y a eu plusieurs changements au fil de la série. Ne serait-ce qu’à la saison 3 avec mon arrivée qui a coïncidé avec l’arrivée de deux nouveaux réalisateurs qui ont un peu révolutionné le concept visuel de la série. Et puis c’est vrai qu’il y a un aspect choral qui est de plus en plus prenant. Parce que quand on suit le personnage d’Odile et tout ce qui se passe, ça nous amène à d’autres personnages, ça rebondit sur la vie privée de chacun.

 

— Philippe, que penses-tu de l’évolution de ton personnage depuis ton arrivée ?

Philippe Bas : J’en suis assez satisfait, dans la mesure où, comme je vous le disais tout à l’heure, par rapport à la lecture de ce que j’ai jusqu’à présent, il m’arrive encore d’être surpris. Systématiquement, parce que je ne peux pas savoir à l’avance ce qui va être écrit, mais je suis relativement surpris et de plus en plus dans le bon sens du terme, parce que… pas seulement par rapport à mon personnage, mais ce qui l’entoure et ce qui entoure l’équipe. En fait, je ressens, comme le public j’ose espérer, une espèce de… à la fois de renouveau, c’est comme si chaque année, chaque saison, il y avait pus d’ampleur sans que ce soit trop lourd. Je suis assez content et mon personnage est associé à cette évolution globale. Et donc je suis content, parce qu’il m’arrive des trucs que je ne soupçonnais pas. Et comme le disait Terrence Howard hier (NB : lors de la cérémonie d’ouverture), quand on a la chance d’interpréter un personnage comme ça sur deux, trois, quatre ans, moi qui ai fait pas mal de cinéma et d’unitaires, voire des séries parce que je suis dans ma vingtième année de carrière, en réalité, je me rends compte qu’on a un confort et une espèce de richesse dans ce truc-là. Il suffit d’enfiler cette veste et bam, t’y es. Et puis quand on joue avec Odile, avec Raphaël, il y a quelque chose de… Odile a raison quand elle explique qu’elle a un personnage qu’on n’avait pas l’habitude de voir, qui est atypique, moi, je suis un peu son corollaire, donc ce qui fait que ce binôme qu’on a créé aussi parce que moi, je suis arrivé après, je pense que ça a apporté une dimension différente. Et je suis très content. Pour l’instant, je suis loin d’être las.

 

— Tout à l’heure vous avez évoqué la nouvelle saison, vous-mêmes, comment vous avez géré le départ de Vanessa. Qu’est-ce qui attend vos personnages, quelles vont être les conséquences de ce final qui a été quand même été assez difficile pour les téléspectateurs. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur comment vont réagir vos personnages après les évènements ?

Odile Vuillemin : Ca a impacté sur chacun des personnages. Mais juste pour Chloé, évidemment, il a fallu se soigner… (rires + arrivée de Jean Michel Martial) (…) Je me suis faite soignée, ça va mieux. Ca va beaucoup mieux même, et du coup après, on repart. Je n’ai plus ma fille à l’entrée de saison, et on va essayer de la récupérer.

Philippe Bas : Ca va pas super bien puis ça s’améliore. Mais bon, il va se passer des choses encore !

Odile Vuillemin : Voilà, j’en dirai pas plus !

Raphaël Ferret : C’est vrai que la fin de la saison 5 est très très très très sombre.

Philippe Bas : Déjà, je ne suis pas mort, au cas où vous vous posiez la question !

Raphaël Ferret : Ca a marqué un peu les gens… On a eu beaucoup de retours un peu… Certaines personnes étaient un peu choquées par cette fin de saison très très très très sombre.

 

— C’est vrai que ce n’est pas le genre de chose qu’on a l’habitude de voir dans les séries françaises.

Raphaël Ferret : Les gens ont été marqués par cette fin de saison. C’est bien, d’être marqué. Je veux dire, au moins, on fait vivre des émotions aux gens. Après voilà, comme mon collègue disait, ça va partir… on va pas partir « c’est la fête »…

Philippe Bas : Dans la saison 6 tout le monde meurt… (rires)

Raphaël Ferret : Et puis petit à petit, on va retrouver une légèreté, on va retrouver une certaine légèreté, toujours avec quelques épisodes concepts comme ce qui se fait un peu chaque saison, typique des séries. Pour l’instant, je trouve qu’on est en train de faire une belle saison.

 

— Il y avait de nouveaux défis pour vous, en tant qu’acteur, pour la saison 6 ? Justement, à cause de ce qui s’est passé pour votre personnage dans la saison 5 ?

Raphaël Ferret : Des défis, je dirai pas des défis, mais en tout cas, des choses différentes à jouer pour moi. C’est vrai que c’est très agréable, c’est ce que disaient Philippe et Odile. On a la chance d’avoir des choses différentes à jouer et d’être souvent surpris, ce qui fait que le personnage de Chloé a vécu tellement de choses. C’est normal qu’au bout d’un moment, bon… Mais c’est vrai que pour le personnage d’Hyppolite par exemple, il commence à lui arriver pas mal de choses aussi. C’est hyper intéressant pour un acteur. On n’a pas la lassitude de se dire « bon là, je pars faire mon truc ». Et puis on sait qu’on va avoir des choses à jouer dans les saisons. On sait qu’on aura au moins un ou deux épisodes où on aura vraiment des choses à faire, et c’est très très agréable.

 

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