19 juin 15

MONTE CARLO 2015 : JOURNAL DE BORD

 

Ca y est, c’est parti pour le festival ! Vous trouverez ici un journal de bord, que je mettrai à jour quotidiennement (ou presque, tout dépendra de la qualité du réseau…).
Attention : les articles relatifs au festival sont susceptibles de contenir des spoilers.

Enjoy !

 

Samedi 13 juin

Après quelques cinq heures de train et des va-et-vient hôtel-forum Grimaldi ressemblant plus à un parcours du combattant qu'une tranquille promenade, je me suis enfin installée à Monaco pour le festival. En ce premier jour des festivités, j’ai eu la chance d'assister à la cérémonie d’ouverture, précédée/suivie par l’arrivée/la sortie des vedettes au Grimaldi Forum (voir la galerie, "opening ceremony"). Y ont défilé le cast de Chicago PD : Patrick Flueger, Brian Geraghty, Jesse Lee Soffer, Marina Squerciati ; Bryton James et Daniel Goddard des Feux de l’amour, stars et danseurs de Danse avec les stars : Brian Joubert, Rayane Bensetti, Fauve Hautot, Grégoire Lyonnet…; Patrick Duffy et Eric Close, présidents respectivement du jury Séries TV et Films TV ; Poppy Montgomery d’Unforgettable, parmi tant d’autres.

Le festival fut officiellement lancé par SAS Charlène de Monaco, et couronna d’une nymphe de cristal Patricia Arquette. La projection d’un épisode d’Empire étant prévue après la cérémonie d’ouverture, Taraji P. Henson, Terrence Howard, les interprètes de Cookie et Lucious, ainsi que Danny Strong, co-créateur d'Empire (avec Lee Daniels), vinrent introduire la série. Pour Danny Strong, le succès d’Empire trouve sa source dans la nature des sujets abordés, qui sont universels : on y voit une famille s’entredéchirer à cause de l’argent, et c’est un thème qui parle à tout le monde. Terrence Howard confia sa fierté, en tant qu’acteur afro-américain, face aux succès de la série, non plus aux Etats-Unis seulement, mais à l’international. Beaucoup de personnes pensaient que ce genre de sujet ne toucherait que le public américain, et en définitive, il s’est avéré que beaucoup d’autres pays s’intéressaient au programme.

 

Bryton James & Daniel Goddard

 

Dimanche 14 juin

Aujourd’hui, entrée en matière avec mes premières tables rondes et conférences de presse. Pour les non connaisseurs, la différence entre table ronde et conférence de presse réside essentiellement dans le nombre de journalistes posant les questions : en général moins de dix pour la première modalité, et beaucoup plus pour la seconde.

Profilage ouvrit la marche, avec Odile Vuillemin, Philippe Bas, Raphaël Ferret et Jean-Michel Martial (qui a rejoint la table vers le milieu). Quelques éléments partagés : Odile, qui quittera la série à la fin de la saison 6, connaît déjà la fin réservée à son personnage, Chloé, et en est satisfaite. L’équipe a déjà tourné les six épisodes de la saison 6. Le départ de Vanessa Valence, alias Fred, n’était pas volontaire.

J’ai aussi assisté à la conférence de presse avec Poppy Montgomery, l’héroïne principale d’Unforgettable. Quelques éléments partagés : La série a été reprise par A&E, chaîne du câble, ce qui permettra à la série un peu plus de marges de manœuvre qu’avec CBS, en termes de scènes, de langage (plus de jurons). Poppy a l’habitude d’improviser pour les dialogues, et très souvent, ses improvisations ont été gardées dans la scène. La popularité d’Unforgettable a été aidée par celle de Without A Trace (FBI : Portés Disparus, diffusée sur France 2) : cette série a permis au public français de connaître un peu plus Poppy Montgomery, avant de la revoir dans Unforgettable.

La journée s’est terminée avec la conférence de presse Empire, avec Taraji P. Henson, Terrence Howard et Danny Strong. La réplique préférée de Taraji pour Cookie : "boo boo kitty". La série a eu du mal à trouver des stars pour une apparition pendant la saison 1. Avec le succès de la série, les stars se bousculent pour participer à la saison 2 ! Mais la série essaie aussi de donner une chance aux talents moins connus, au lieu d’utiliser des chansons auxquelles le public est déjà habitué. Pour le personnage de Lucious, les auteurs se sont inspirés de Jay-Z et Puffy.

Enfin, pause déjeuner avec les acteurs de 12 Monkeys, Aaron Stanford et Amanda Shull et autres journalistes/blogueurs, organisé par CanalSat et SyFy (avec Bigger Than Fiction).

 

Lundi 15 juin

Nouvelle journée pour de nouvelles tables rondes, quoique très light, puisqu’en effet, je n’avais que deux rendez-vous aujourd’hui. J’ai rencontré le cast d’Amour, Gloire et Beauté, et à nouveau revu l’équipe de 12 Monkeys. La première série était représentée par Jacob Young (Rick Forrester jr), Jacqueline Mac Innes Wood (Steffy Forrester) et Karla Mosley (Maya Avant) ; la seconde, par Amanda Shull (Cassie) et Aaron Stanford (Cole).

Les acteurs d’Amour, Gloire et Beauté venaient de parcourir quatre villes en quatre jours pour la promotion du soap. Jacqueline a défini son personnage comme pouvant être à la fois votre meilleure amie et votre pire ennemie. Karla a confié être excitée par la storyline donnée à son personnage : en effet, on découvre que Maya était un homme dans une autre vie ! Quant à 12 Monkeys, les acteurs ont partagé leurs avis sur l’apport de leur personnage à l’évolution de l’autre. Cole est devenu plus sensible et a appris à apprécier la vie grâce à Cassie, et celle-ci a accepté de faire des choses qu’elle n’aurait jamais faites pour sauver l’humanité grâce à Cole. A la question du message porté par 12 Monkeys, les acteurs ont répondu qu’elle interroge sur la dualité de l’humanité : comment les hommes réagissent face à un évènement grave, aussi bien de façon positive que négative.

 

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Mardi 16 juin

Cette année, le festival a accueilli la première édition du Content & Multiscreen Experience, CME pour faire plus simple. Organisé par Monaco Mediax, le CME est un cycle de conférences professionnelles étalé sur deux journées. Intéressée par les questions économiques concernant le secteur Media & Entertainment (j’abrègerai en M&E), j’ai profité de cette journée pour y faire un tour. De toutes les conférences auxquelles j’ai pu assister (dont cinq ce mardi 16 juin), il ressort clairement que l’enjeu aujourd’hui pour les industries M&E, c’est l’audience engagement : comment retenir et interagir avec le consommateur de contenus. Aux entreprises de réfléchir à une stratégie qui doit reposer avant tout sur une forte qualité de l’histoire que l’on veut raconter. Cela ne sert à rien d’investir sur un site web si le contenu n’est pas à la hauteur, par exemple. Voilà un résumé synthétique.

 

Du côté des séries TV, j’ai discuté avec Zoe McLellan de NCIS : New Orleans, puis Dick Wolf. Zoe McLellan n’a pas tarit d’éloges sur son partenaire à l’écran, Scott Bakula, qu’elle voit comme quelqu’un qui se préoccupe des autres. A ses yeux, la Nouvelle Orléans, lieu où se déroule l’action, est une ville unique, avec une identité et une histoire propre. C’est elle qui fait le charme de la série.

Malheureusement, les sessions ayant pris un peu de retard, je suis arrivée en plein milieu de la conversation entre Dick Wolf et les autres journalistes, ce qui m’a empêchée d’apprécier pleinement la table ronde, mais bon, il a fallu faire avec… A part ce contretemps, je reste contente d’avoir échangé avec le père des franchises Law & Order et Chicago Fire/PD/Med, plus d’autres séries toutes aussi connues. Il a assuré que Chicago Med serait une véritable série médicale. A la question "Y aura-t-il un quatrième opus sur Chicago ?", Wolf a répondu qu’il fallait rester aux aguets…

Je me suis aussi rendue à la la conférence de presse "The iconics", avec : Patrick Duffy (Dallas), Bo Derek, Stephanie Powers (Pour l’amour du risque, The Girl from U.N.C.L.E), Lee Majors (L’homme qui valait trois milliards), Antonio Fargas (Huggy dans Starsky & Hutch) et Lindsay Wagner (The Bionic Woman) fut très agréable. Les acteurs ont répondu avec beaucoup d’humour  (la palme revient à Patrick^) et fierté par rapport à leur parcours et ce que leur série a pu représenter pour eux et différentes générations. Ils sont contents d’avoir joué dans des séries qui ont marqué les consciences. Stephanie Powers a expliqué que plusieurs femmes lui ont dit qu’elles étaient devenues officiers de police/avocates grâce à l’actrice et son rôle dans The Girl from the U.N.C.L.E. Patrick Duffy a insisté sur le fait que bien qu’étant considérées comme des "icônes", ils n’en restaient pas moins des acteurs toujours prêts à retourner devant les caméras, donc avis à ce qui cherchent des acteurs. Par ailleurs, le fait d’être appelé "icône" ne le perturbe guère. Il y tient même, "I do wake up as an iconic" a-t-il dit, provoquant l’hilarité dans la salle.

Ma dernière table ronde (mais pas la dernière activité de la journée) a été avec Sarah Drew, April Kepner dans Grey’s Anatomy. Une femme très chaleureuse, qui a répondu à nos questions avec beaucoup d’entrain. On a ainsi appris que Shonda Rimes avait demandé à Sarah Drew d’amener ses idées par rapport aux questions sur la religion abordées dans la série, Sarah étant elle-même très croyante (son père est officier religieux). Bien que Grey’s connaît des heures sombres, pour Sarah, c’est une série qui insuffle de l’espoir : comment se remettre et avancer après des drames.

 

Mercredi 17 juin

C’est avec excitation que j’abordai cette dernière journée d’interview. Non pas que les précédentes journées m’avaient laissée de marbre, mais celle-ci était particulière : j’allais rencontrer Matthew Gray Gubler, alias le docteur Reid dans Esprits Criminels, série dont je suis fan. Evidemment, cette table ronde allait avoir une saveur particulière pour moi. Alors que je patientais tranquillement dans l’entrée du forum Grimaldi, je vis arriver Alfred Enoch (que j’allais voir aussi) et Matt McGorrry, à l’affiche de How To Get Away With Murder (la nouvelle création de Shonda Rimes). Puis, l’heure de mes tables rondes approchant, je me mise en marche pour les salles d’interview. Et là, stupéfaction : Matthew Gray Gubler (accompagné de ses attachées de presse) me précédait dans les escalators !! Je pris une photo, hélas, on voyait Matthew de dos… puis, prenant mon courage à deux mains, je l’appelai pour lui dire que j’étais fan d’Esprits Criminels. S’en suivit quelques échanges sur ma casquette et Las Vegas, sa ville natale, avant de nous séparer pour nos activités.

 

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Je débutai mes interviews groupées avec Alfred Enoch. Très sympathique, il répondit aux questions des journalistes en développant longuement ses points de vue sur les sujets abordés. Parmi lesquels la manière dont il découvrit le script de HTGAWM, dans une période où il jouait dans une pièce de théâtre à Londres. Egalement ce qu’il appréciait chez son personnage, Wes, qu’il jugea comme étant une personne cherchant toujours à respecter ce en quoi il croit, ses valeurs, malgré tout ce qui arrive dans la série.

Puis l’interview tant attendue avec Matthew Gray Gubler arriva enfin, et je fus d’autant plus chanceuse que nous n’étions que deux à lui poser des questions. J’en profitai pour lui parler de mon fan film sur Criminal Minds : "Devil’s agents", dont il aima le titre (si ça se trouve, il va trouver ça nul, à condition qu'il regarde, mais tant pis^^ !). Ensuite, nous abordâmes sa carrière atypique : après des études en réalisation, il passa à mannequin puis acteur, orientation due aux fruits du hasard, exprima-t-il. Matthew ne considère pas son peu d’expérience en tant qu’acteur comme un désavantage, cela lui permet au contraire de jouer de façon plus authentique, dans la mesure où il n’a pas eu d’expérience, suivi de cours. Il profite de ses courtes vacances pour travailler sur d’autres projets, il a d’ailleurs en ce moment un agenda chargé. Ses épisodes préférés sont "Mosley Lane" et "The Lesson" (qu’il a réalisés).

 

Les conférences du CME continuèrent également et se conclurent ce jour-là. On reparla de certains thèmes déjà abordés la veille. On revint sur les enjeux d’audience engagement, avec des acteurs de la Producers Guild of America et de chaînes TV américaines. Ceux-ci insistèrent sur le storytelling d’abord, puis la nécessité pour les broadcasters de comprendre leurs audiences pour proposer une expérience qui leur soit pertinente. Autre cheval de bataille : la technologie associée, valeur ajoutée en l’absence de standardisation sur le marché. Les échanges furent très "entertaining" : le modérateur lança un défi, à savoir deviner la séquence de la cérémonie des oscars qui avait été "the most rated", contre 50 dollars. Il les perdit face à la bonne réponse d’un membre du public (le In Memoriam avec Barbra Streisand). Quelques anecdotes sur cette cérémonie furent racontées, comme le tweet simultané d’une vedette alors qu’elle était en train de discuter avec une autre vedette dans le bar, donc peut susceptible d’avoir pu écrire ce tweet…

 

Jeudi 18 juin

Monte Carlo, c’est déjà fini. Au revoir son lot de stars défilant sur le tapis rouge, paillettes, interviews, chaleur de Monaco… Le festival se conclut sur la cérémonie des remises des Nymphes d’Or, qui consacra Gomorra, NCIS, Happy Valley, How I Met Your Mother et divers documentaires sur la persécution des gens atteints d’albinisme en Tanzanie, la brutalité policière à Hong Kong, pour citer quelques exemples. La liste complète se trouve ici. Les photos du tapis rouge sont identifiables dans la galerie par la mention "closing ceremony".

Mon sentiment par rapport à mon premier festival : une superbe expérience, des rencontres rêvées en tant qu’amateur de séries TV que je n’aurai jamais imaginées se produire dans la vie réelle, de belles excursions. Et des photos souvenirs avec des acteurs interviewés (Sarah Drew, Matthew Gray Gubler, Zoe McLellan…), et d’autres croisés par hasard (Patrick Duffy, Aden Young…). Aussi une remarque : dommage de ne pas voir plus de showrunners et de scénaristes (je ne sais pas s'il y en a eu les éditions précédentes...), car si une série a du succès, c'est aussi grâce à eux.

Un grand merci à toutes les personnes de l’organisation, et rendez-vous pour une prochaine édition !!

 

Retrouvez les articles de l’édition 2015 :
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre


19 déc. 14

PROFILAGE, SAISONS 4 & 5

 

profilage guerre

 

J’ai globalement préféré la saison 4 à la 5. Niveau enquêtes, j’ai trouvé certains épisodes de la saison 5 un peu confus, des éléments n’étaient pas clairs pour moi, des affaires m’ont moins captivée alors que chaque épisode de la 4 était excellent.

Je garde encore en mémoire :

- Le militaire sniper en série (tiens, une femme commandant des forces spéciales, ça existe ??).

- Le pétage de plomb du commandant Garrel. Un personnage secondaire bad boy autodestructeur qui m’a plu. Entre nous, je doute qu’il soit vraiment mort.

- Le tueur en série du cirque, et ses dents…

- L’épisode « cold case » : sérieux, même la scène finale avec la musique + la silhouette de la victime s’effaçant + les versions présentes et passées des protagonistes (et petite parenthèse pour dire que j’aimais beaucoup Cold Case). A regarder aussi pour le repas de famille chez les Courtennes, avec une mère qui ferait fuir Bree Van de Kamp^^.

- La fin de saison avec le retour de la mère de Chloé (et la confirmation de l’une de mes théories : saison 3).

- La chanteuse martyrisée par sa belle-mère.

- L’épisode sur fond d’après-guerre, très réussi niveau costumes. Dommage qu’on n’ait pas « vu » Vanessa Valence et Raphaël Ferret en 1945.

- La femme battue qui ne l’était pas vraiment : j’ai eu peur lors de la 1ère chute que ça allait se terminer là, mais Profilage nous a surpris. Un très bon épisode original sur un sujet grave.

- Le jeune homme schizophrène abusé par son propre frère pour payer son crime à sa place. TF1 l’avait projeté en avant-première dans sa « tour », dont vous pouvez lire le résumé.

- Rocher inscrit malgré lui en solitaire cherchant l’âme sœur.

- Les confrontations équipe / IGS pour le jeu de lumières + les fantasmes d’Hyppo en plein interrogatoire (« fais-moi l’amour comme une bête », « lieutenant Kancel, vous n’y pensez pas ?!? » m’ont bien fait exploser de rires).

- La naissance de la relation Chloé/Lilly.

Bref, j’avais adoré chacun des épisodes. Un sans-faute (ou suis-je aveuglée par ma passion ?).

 

profilage rocher

 

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai détesté certaines enquêtes de la saison 5. J’ai juste des interrogations :

- Dans l’épisode où Chloé revoit l’homme atteint d’asperger qui l’avait côtoyée dans l’hôpital psychiatrique en saison 3 : il me semble que cet homme avait beaucoup de mal avec les contacts physiques, regardez comment il salue son fils. Du coup, comment a-t-il pu avoir des relations physiques avec la mère ? C’est possible, mais disons qu’il y a un énorme écart entre serrer la main de son fils et concevoir un enfant (ou ai-je raté qu’il a été drogué ?)…

- Dans le volet où la tueuse tire sur les gens sur un coup de dé : vous allez me prendre pour une folle, mais je bloque toujours sur son frigo rempli d’œufs. Pourquoi y en avait-il autant ? Est-ce qu’elle s’est dit un truc du genre : « si ça tombe sur 6, j’achète tous les œufs du rayon » ? Son comportement était irrationnel dans le sens où toutes ses décisions dépendaient du dé, pour autant, je comprendrais plus qu’elle dévalise des magasins de vêtements qu’un rayon d’œufs…

- Il y a aussi eu le grand retour de Louise, mais bizarrement, je m’attendais à un come back plus explosif. Parce qu’à partir du moment où elle partait en cavale avec Adèle (enfin, plutôt Adèle entraînant Louise dans son road trip), son plan dépendait plus de la situation que de sa propre volonté. Elle ne pouvait pas vraiment maîtriser un minimum les évènements, contrairement à son plan de profiter de la détresse du prof de Chloé pour le pousser à commettre des meurtres et les mettre sur le dos de Chloé. Par conséquent, son plan en paraissait moins machiavélique et pensé, c’en était presque de l’improvisation. Et moi, j’imaginais plus de cette furie.

- Je regrette en outre le fait qu’on n’ait pas eu plus de scènes de retrouvailles entre Chloé et sa mère. Certes, on a compris le bonheur retrouvé avec la scène sur la plage au tout début de la saison (ça m’a rappelée la scène finale de l’épisode « A perfect Day » de Cold Case, pour les thèmes retrouvailles mère/fille et plage). Seulement voilà, la fausse mort de la mère de Chloé était un élément majeur. A part quelques apparitions, la maman ne faisait pas grand-chose. La vie reprenait son cours comme si de rien n’était, alors que c’était tout le contraire. Ce n’est pas rien de retrouver sa mère qu’on croyait morte après autant d’années et de secrets. J’aurais souhaité aussi une scène Chloé+sa mère+son père, parce que cette famille a été en partie détruite.

 

Profilage 7

 

- Adèle : le personnage sur lequel je reste mitigée. Elle m’avait fait bonne impression dans la saison 4 : rebelle, solitaire, asociale, directe et brillante. Son interrogatoire de la femme du préfet : « quel est votre revenu ? » « bon, on va dire, inférieur », m’avait fait trop rire. Des points communs avec Chloé, mais une réaction face au monde qui l’entoure différente. A bien des égards, Adèle est un reflet « sombre » de Chloé : plus agressive, moins pimpante vestimentairement parlant, repliée sur elle-même, sur la défensive alors que Chloé s’est ouverte. Encore souvent un peu gauche, mais elle fait des efforts.

Quid d’Adèle dans la saison 5 ? Toujours borderline et ne faisant confiance à personne. Mais pour moi, elle flottait, elle n’arrivait pas à trouver sa place dans la société, ce qui reste dans le prolongement de sa personnalité. En fait, contrairement à la fin de la saison 4 où elle apportait sa pierre à l’édifice (enquête + sauvetage de Chloé), ses actions ont été moins significatives dans la saison 5. Sauf dans une certaine mesure lors de sa virée avec Louise. Mais là encore, la pertinence et la violence de son initiative restent floues pour moi. Adèle avait l’air d’improviser totalement, obéissant uniquement à sa vision, puis déstabilisée par Louise, tandis que cette dernière me paraissait beaucoup plus posée. J’aurais voulu aussi que le mystère sur sa sœur jumelle soit résolu, ou qu’il y ait une piste qui l’envoie enquêter ailleurs. Je vous avoue qu’à un moment, j’ai cru que Louise était sa sœur, avant de me rappeler qu’il s’agissait d’une sœur jumelle… Quoi que Louise aurait très bien pu se transformer grâce à la chirurgie esthétique…

A côté de cela, ce qui m’a le plus décontenancée, c’est la relation Adèle/Rocher prenant la direction d’une relation entre amants d’une nuit. Je voyais davantage Rocher en figure paternelle, apportant à Adèle une parenthèse de stabilité, qu’en coup d’un soir. Je voulais qu’il résiste car Adèle n’avait pas forcément les idées claires. Enfin, Adèle étant Adèle, elle reste un personnage à part… Reviendra-t-elle après le départ de Saint-Laurent pour assurer la relève, cette fois-ci, plus assagie ?

 

Profilage 3

 

- Fred Kancel : Euh… Comment avez-vous osé ??? Je commençais à apprécier la part qu’elle prenait dans les intrigues feuilletonnantes. Bon, ok, presque toujours en lien avec Hyppolite, mais ça prenait de l’épaisseur. Alors qu’on aurait pu avoir un développement des séquelles physiques et psychologiques de son kidnapping, voilà qu’on y met un terme de façon radicale. Je voulais en savoir plus, sur son alcoolisme, sa mère (wow, madame Kancel n’a pas froid aux yeux !!)… Egalement la voir plus lors d’interrogatoires, en duo avec Rocher et/ou Saint-Laurent, sans casser le tandem Rocher/Saint Laurent. Voilà, juste un regret sur les possibilités d’histoires qu’aurait pu vivre ce personnage.

Sinon, j’aime bien la réaction face à Roze que les scénaristes nous ont montrée : humaine. Ma réaction à chaud fut de regretter que Fred, dans un élan de volonté féroce de survie et ce, malgré ses blessures, ne se soit pas redressée et jetée sur Roze pour se battre. Sursaut tout à fait crédible : en tant que flic, elle avait les moyens de réagir et se défendre face à un assaillant. Je regrettai de l’avoir vue en situation de supplication et non d’affirmation/de lutte. En y réfléchissant le lendemain, je me suis dite qu’en définitive, c’était pas si mal non plus. On avait eu une réaction d’un être humain désorienté, terrorisé dans un contexte d’extrême violence. Même en ayant reçu une formation pour faire face à des situations périlleuses, on n’en est pas pour autant immunisé. Cette réaction rendait Fred encore plus touchante, et la situation encore plus déchirante.

 

Il y a des épisodes que j’ai vraiment appréciés : l’affaire avec l’allemande, que j’ai trouvée originale puisqu’on n’avait pas le schéma traditionnel cadavre + investigation ; le serial killer tuant les modèles de virilité (punaise, Rocher a failli y passer ! je me disais bien que le jeune était « bizarre », j’ai même envisagé qu’il était homosexuel et essayait de draguer Rocher) ; l’épisode avec le casino/l’asperger, sur le modèle du reportage TV. Pour ce dernier, rien d’extraordinaire, mais c’était plaisant de voir une autre façon de tourner l’épisode. Surtout, les répliques et pitreries d’Hyppolite, et la scène trop classe de la sortie de voiture ! Pour l’épisode Eyes Wide Shut, à la vue du château et du marquis de Saade, on pressentait déjà que ça allait tourner Eyes Wide Shut. Un peu trop ressemblant. Même si l’énigme des œufs m’a marquée, j’ai bien aimé le retournement de situation dès le début de l’épisode avec Julie Gayet : on s’attendait à une enquête sur la fusillade dans la fac (y avait-il un complice qui s’était échappé ?), finalement, on avait une affaire à 360°. Le premier volet de la saison 5 différait par son côté secte à l’intérieur même d’une famille. Et que dire du final, joyeux pendant deux secondes, puis stressant, triste, pervers et cruel, mais aussi léger grâce à la présence d’Esra.

 

Profilage 4

 

Sans entrer dans les détails, Profilage reste pour moi une série française de très bonne qualité, au niveau des enquêtes, de la réalisation, des intrigues feuilletonnantes qui concourent fortement à nous faire aimer les personnages. On sent qu’il y a quelque chose de différent. Bien sûr, on revoit dans Profilage des mécanismes qu’on a déjà vus dans d’autres films/séries. Toutefois, c’est bien exploité dans Profilage : ça se marie bien avec l’enquête du jour. Par ailleurs, on ne va pas cracher dans la soupe : ces procédés ne nous ont pas dérangé avant, pourquoi ça commencerait aujourd’hui, juste parce que c’est une série française ? Les histoires sont bonnes, non ?

 

On sent aussi que plus la série avance, plus elle devient sombre, même « gore » dans le sens où les assassins ont des motivations/problèmes psychiatriques très inquiétants/graves et où les modus operandi sont effroyables. Certains suivront, d’autres préfèreront revenir aux bases : des enquêtes coriaces, de la folie douce et du comique. Pour ma part, j’adhère jusqu’ici. Par moments, Profilage se rapproche beaucoup d’Esprits Criminels, autre série dont je suis fan. S’il devait y avoir un crossover US/France en matière de séries, un mélange Profilage/Esprits Criminels serait loin d’être absurde. Imaginez le topo : des meurtres en série aux US, à Washington DC, puis traversée de l’Atlantique parce qu’on retrouve des cas similaires à Paris. Pour satisfaire mon imagination et parce que j’adore ce personnage, Emily Prentiss arriverait de Londres pour retrouver le BAU + Chloé & co. à Paris car Londres est également touchée (un serial killer diplomate ?). Et hop, on se ferait 3 capitales en 3 épisodes ! Et bien sûr, Hyppolite rencontrerait son homologue Garcia, lol. Soit ça, soit un crossover Crossing Lines/Profilage, vu qu’on a souvent des affaires de meurtriers en série dans Crossing Lines et que ce serait plus facile pour cette série de tourner à Paris.

 

Plus sérieusement, Profilage s’obscurcit tout en gardant des moments de légèreté (heureusement !). La pente avait été amorcée en saison 4, elle s’accentue dans la 5. On avait vu Saint-Laurent se pendre et à cette époque, je me disais « wow, mais où est-ce qu’on va ?? c’est quoi, ce cliffhanger déprimant ? ». Quand je vois le dernier épisode de la saison 5, et qu’on sait qu’Odile Vuillemin partira à la fin de la 6, j’ai vraiment peur pour ce prochain cru. Je m’attends à tout : Hyppo en prison car jugé coupable de l’exécution de Roze, limite alcoolique/drogué avec des problèmes d’anger management, ayant des hallucinations sur Fred ; Rocher paraplégique (les ciseaux m’avaient l’air bien plantés entre deux vertèbres…), reniant son amitié avec Chloé (pour un temps au moins) ; Chloé folle, faisant une fusillade en pleine DPJ et abattue par le GIPN/GIGN…  

 

Profilage 2

 

A coup sûr, la vie des personnages qui restent et leur relations ne vont plus du tout être les mêmes dans la future saison. Pour Hyppolite, le changement de registre est prometteur, voire le cas le plus intéressant. Jusqu’ici abonné aux situations comiques, il (plutôt son interprète) va pouvoir exceller dans le dramatique, montrer toute sa douleur après la perte de Fred. Quelque chose s’est brisée en lui et il ne va certainement pas ressortir des vannes aussi tôt. Alors oui, ça va être un peu difficile de ne plus voir Hyppo dans son registre habituel, mais le personnage ne stagnera pas dans un seul thème. J’attends de voir une nouvelle facette de ce protagoniste. Déjà, quel regard de tueur quand il se retourne et voit Roze !

Pour continuer avec Hyppolite, et en même temps reparler de Fred, j’ai bien ri à sa réaction en apprenant qu’il était père (le mec qui met un siècle à capter et s’évanouit…), j’ai pesté quand il a annoncé son mariage avec Jess, une femme qu’il n’aime pas. Non mais, franchement, Hyppolite, tu nous as fait quoi, là ?! J’étais contente quand Fred et lui se sont mariés, et je suis restée sans voix au décès de Fred. J’ai pensé : « non, elle va juste s’évanouir à cause de la douleur et on la reverra à l’hôpital l’année prochaine ». Quand j’ai vu qu’elle avait les yeux grands ouverts, ça a été le choc. Et c’est là qu’on se rend compte que mine de rien, on s’est attaché à ce personnage. J’ai également trouvé que c’était atroce de les avoir maintenus mari et femme pendant cinq minutes. Ne pouvait-on pas les laisser heureux pour un épisode entier ?? Et the one million dollar question : c’est qui, ce « la » dont parlait Hyppo en disant « je vais la retrouver » ? Une enfant abandonnée ?

Encore une fois, triste que Fred ne soit plus là. Longtemps, Hyppolite et elle me faisaient penser au duo Ryan/Esposito de Castle (on en revient toujours aux comparaisons avec les US…) : un tandem en retrait par rapport à un autre fort, et qui se démarquait par la touche de légèreté qu’il apportait. Vers la saison 4, le couple Fred/Hyppolite commençait à gagner du terrain, et je voyais cette tendance s’accentuer dans la saison 6. Et vlan, je me retrouve l’herbe coupée sous le pied…

Pour Chloé, comme mentionné plus haut, je crains beaucoup pour elle. Connaîtra-t-elle le bonheur un jour ? Après la « mort »  de sa mère, son père interné, Louise, la disparition de Pérac, le secret du juge, sa fausse couche, sa relation dangereuse avec Garrel, sa tentative de suicide, j’espérais qu’elle trouverait enfin la paix avec le retour de sa mère et l’arrivée de Lilly. Et voilà qu’elle devient schizophrène et qu’elle poignarde Thomas !! Faudrait peut-être arrêter de la malmener, non ? J’en profite pour saluer le jeu impressionnant d’Odile Vuillemin. Excellente en : comique, délurée, effrayée, triste, psychotique, dans une excellente série.

 

Pour résumer : la série s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité et n’épargne plus ses protagonistes, entre des enquêtes toujours intéressantes et une part de feuilletonnant qui s’affirme de plus en plus. Le final de la saison 5 marque un tournant dans la vie des personnages et de la DPJ. La bonne humeur, la complicité entre les héros et l’efficacité de l’équipe seront chamboulées pendant un certain temps, ce qui donnera un nouveau souffle dans la sixième saison.

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

04 oct. 13

AVANT-PREMIERE PROFILAGE, 30/09/2013

 

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En ce lundi 30 septembre 2013, je me suis rendue à une avant-première de Profilage, en présence des comédiens. Avec d’autres fans, j’ai pu découvrir les deux épisodes diffusés le jeudi 3 octobre, « Possession » et « La poudre aux yeux » dans la tour TF1. Inutile de préciser que j’ai adoré ces épisodes. J’ai l’impression que plus les saisons passent, plus la série monte en gamme, plus les scénaristes nous concoctent des enquêtes incroyables et des intrigues à moyen/long terme haletantes (on reviendra sur ces sujets lors de la review de la saison 4).

 

Avant de pénétrer dans la tour TF1, il nous (les fans et moi, je ne me prends pas pour une reine^^) aura fallu attendre un peu. Cette attente a été récompensée par l’arrivée des comédiens Odile Vuillemin et Philippe Bas (les autres sont venus plus tard). Nous avons ensuite été conviés à un délicieux buffet dans une salle remplie de belles photos de Profilage. Ensuite, vers 20h, nous nous sommes installés dans une salle de projection et avons applaudi la montée sur scène des acteurs et actrices. Premier moment drôle : alors que la représentante de TF1 (désolée, j’ai oublié son titre exact) s’apprêtait à appeler un acteur, Odile Vuillemin s’est précipitée avec enthousiasme, accompagnée de la jeune fille jouant Lili, sur la scène, avant de revenir sur ses pas car ce n’était pas encore son tour d’entrer. Philippe Bas, Odile Vuillemin, la petite Lili, Raphaël Ferret, Jean Michel Martial, Vanessa Valence, Fanny Robert et Sophie Lebarbier (les créatrices) sont venus sur la scène, et puis Philippe Bas a pris la parole pour introduire Benjamin Baroche (alias Skela/Garrel). Après les salutations et acclamations du public, les comédiens sont redescendus pour laisser place à la projection proprement dite.

 

Je ne vais pas décrire les épisodes car vous les avez sûrement déjà vus depuis, donc nous allons directement passer à la séance des questions-réponses avec les comédiens et créatrices, ainsi qu’un des réalisateurs, revenus sur la scène après les deux épisodes. Voici quelques éléments qui ont été évoqués :

*A la question sur la préparation pour les rôles des personnages des années 1940 de l’épisode « Réminiscences », les acteurs concernés ont confié ne pas vraiment avoir fait de préparation particulière. Ces rôles étaient plutôt une récréation, une respiration pour l’interprétation.

*Le développement des intrigues, des personnages se fait au fur et à mesure du tournage : il y a une réflexion en amont, mais il peut y avoir des évolutions au cours de la préparation et du tournage de la saison. Souvent, on tourne et on « casse tout » : la version finale de la saison est totalement différente de celle qui avait été pensée à l’origine.

*La fameuse scène de Fred sur la table a été mise en boite en deux prises. Raphaël Ferret et Vanessa Valence ont dit avec humour qu’ils ont été rapides.

*La question du plus gros fou rire a été abordée. Les acteurs ont confié que le fou rire, apprécié des fans lors des bêtisiers, n’était pas tellement agréable du point de vue des acteurs. Un fou rire est en général la conséquence de la fatigue, d’une envie de rentrer chez soi après une journée de travail chargée. Le fou rire peut aussi survenir quand les acteurs bafouillent ou quand le tournage se déroule tôt le matin. Philippe Bas a dévoilé une technique anti fou rire qu’il a lors des scènes avec Vanessa Valence où les deux doivent discuter de choses sérieuses : il se mord la joue. Raphaël Ferret a raconté une anecdote : lors d’une scène avec Odile Vuillemin, il a voulu la faire rire et pour ce faire, a réalisé un dessin dans un dossier. Manque de chance, elle n’a pas du tout ri et le piège s’est retourné contre lui !

*Benjamin Baroche a été doublé par un cascadeur pour la scène du saut (ce dernier a réellement fait un saut de dix mètres). L’acteur a aussi ajouté que Garrel savait nager… Plus tard dans la soirée, Vanessa Valence a indiqué que les acteurs avaient tourné toute la nuit, jusqu’à 7h du matin.

*Sophie Lebarbier et Fanny Robert sont fans de polars. En discutant avec Sophie Lebarbier plus tard dans la soirée, il s’avère que les créatrices avaient imaginé, au départ, une équipe. Malheureusement, Esprits Criminels avait déjà exploité le filon. Les créatrices ont donc retravaillé leur idée en imaginant un personnage féminin atypique, qui est devenue Chloé.

 

Après la projection et les échanges fans-acteurs, tout le monde s’est dirigé vers le hall d’entrée de TF1 pour une séance de photos et autographes. Ce fut une très belle soirée, dont certains moments ont été immortalisés dans la galerie photo. Merci à TF1 et l’équipe de Profilage !

 

Sériecalement vôtre,

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