19 nov. 13

CROSSING LINES, SAISON 1

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La review du pilote est disponible ici.

La première saison de Crossing Lines fut agréable à regarder. Elle a été un mélange d’enquêtes policières à la fois réflexives et parsemées d’action, d’intrigues personnelles à moyen/long terme, et d’alchimie entre les personnages. De façon générale, Crossing Lines a correctement rempli son contrat. La remarque que j’aurais à lui faire concerne la place accordée au développement des intrigues personnelles pour certains des protagonistes, que j’ai trouvé imposante pour : 1) une première saison, 2) une saison assez courte. Dans un cop show, j’apprécie en savoir un peu sur les héros dans leur vie hors enquêtes : leur passé, leurs failles, leurs relations avec autrui, etc. Cependant, j’apprécie quand ces éléments sont dévoilés avec parcimonie au fur et à mesure des saisons, exception faite où on postule que les intrigues personnelles ont la même importance que les enquêtes, un peu à la manière de New York 911 (Third Watch). 

 

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Dans cette saison 1, on découvre pas mal de choses importantes sur certains des personnages et ce, alors que la série vient à peine de commencer. L’obsession de Carl pour Genovese, la recherche de Dimitrov pour Louis et Dorn, le penchant de Sebastian pour le jeu et la découverte de son fils biologique ont été un peu trop mises en avant pour une première saison à mes yeux. On en ressort un peu saturé : qu'y aura-t-il d'intéressant à découvrir par la suite ? D’ailleurs, on entrait avec lenteur dans le vif de l’enquête dans certains épisodes, à cause de ces considérations personnelles. Le cas du jour s’en trouvait moins riche alors qu’il aurait pu donner lieu à une bonne intrigue pleine de pistes, de suspects, de rebondissements. Même constat pour la dynamique de l'équipe : les membres travaillent ensemble, mais on peut aller plus loin dans leurs relations de travail et de proximité. J’aurais préféré que cette saison soit plus longue, pour contenir plusieurs épisodes indépendants, c’est-à-dire avec des investigations totalement exemptes de toute connexion, allusion à un trait de caractère d’un héros ou à une lutte personnelle. Ces épisodes auraient permis le développement des interactions professionnelles et aussi amicales entre les protagonistes, pour accentuer le travail en équipe. A ces épisodes se seraient mêlés les autres centrés sur les protagonistes. Pour citer un exemple : dans certains épisodes, Louis Daniel, le chef d’équipe, semblait à la fois là, mais pas vraiment là car tiraillé par l’affaire Dimitrov. Avec la durée courte de la saison, on a la sensation que Daniel n'est pas tout à fait dans l'équipe, pleinement opérationnel. Mis à part ce point, Crossing Lines est une série satisfaisante, qui suit à la fois l’équipe de la CPI et les criminels/victimes. Ce dernier élément est l’occasion d’en savoir plus sur les motivations des criminels, les réactions des victimes au lieu d’avoir une enquête où le point de vue des personnages non policiers est complètement réduit au silence. 

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

 


22 oct. 13

CROSSING LINES (PILOTE 2012/2013)

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Synopsis : Une équipe de policiers agissant sous l’autorité de la Cour Pénale Internationale résout des crimes commis sur le territoire européen.

 

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Je vais parler ici du pilote et du second épisode, dans la mesure où ils forment un ensemble. Franchement, j’ai accroché à ce début de série. J’ai vraiment bien aimé ces épisodes. L’enquête, sans être ultra complexe, était intéressante et efficace. Elle mêlait criminologie, brainstorming, point de vue du tueur et action. On retrouve d’ailleurs l’ambiance d’Esprits Criminels, chose pas si incongrue quand on sait qu’Edward Allen Bernero est le créateur de cette série et de Crossing Lines. Ne nous hâtons pas sur ce sujet pour l’instant : on verra par la suite si cette ambiance Esprits Criminels perdurera ou non… Les personnages font bonne impression dès le départ : ils sont sympathiques, attachants, et forment un ensemble qui se complète grâce à la spécialité et la personnalité de chaque membre. On sent une (future) bonne alchimie entre les membres. En outre, ils cachent des failles qui leur apporteront une certaine épaisseur au fur et à mesure qu’elles seront développées.  Enfin, les deux premiers volets ne se focalisaient que sur certains, mais je suppose que chacun a quelque chose de particulier qui nous sera dévoilé plus tard. Le concept d’une équipe internationale permet à ce cop show de se distinguer des autres qui se cantonnent à un pays. On pourra découvrir les méthodes policières des différentes nationalités, avoir un choc des cultures, en plus des voyages à travers l’Europe.

 

Quant à Marc Lavoine en chef d’équipe d’inspecteurs, je trouve que ce rôle lui va bien. Il donne l'image du leader bienveillant et également blessé par la vie. William Fichtner, alias Carl Hickman, livre une belle prestation d'ancien flic diminué physiquement et torturé qui va renaitre et croire à nouveau en lui avec cette nouvelle équipe. Cette opportunité sonne aussi comme une renaissance pour Daniel, même si c’est moins évident que pour Hickman. Tommy l’irlandais (Richard Flood) joue le rôle du gros dur qui dissimule failles et sensibilité sous ses muscles. Sebastian Berger (Tom Wlashiha) a plutôt l’air du bon copain, de celui qui détend l’atmosphère, avec un soupçon de geek attitude. Anne-Marie San (Moon Dailly)  me donne l’impression de la jeune débutante/flic un peu timorée mais pas sans ressources qui va s’affirmer au fur et à mesure. Son don de mémorisation m’a légèrement rappelé celui de Spencer Reid (Esprits Criminels, quand tu nous tiens…). Pour Eva Vittoria (Gabriella Pession), je n’ai pas ressenti quelque chose de particulier, mais elle a l’air d’être une femme de caractère, chose qu’elle prouve dès le début avec sa réplique à Donald Sutherland, alias Michel Dorn. Ce dernier a une attitude fraternelle, voire paternelle envers Louis Daniel, et fait penser à un mentor.

 

J’aurais plus vu cette série comme une coproduction européenne par des chaînes européennes (dommage qu’elles ne l’aient pas fait plus tôt). Je peux me tromper, mais il me semble que les lieux d’action resteront en Europe. Sachant que cette série s’adresse aussi au marché américain, peut-être qu’il n’est pas encore évident pour des américains de s’attacher à des personnages et acteurs non nord américains (pour la plupart d’entre eux), et à un environnement non nord américain. D’un autre côté, c’est aussi une opportunité pour ce marché de sortir de cette zone de confort, donc si les intrigues continuent à être bonnes, ça devrait le faire. Autre point que j’aimerais aborder : la trop forte dominance du cast masculin. Jusqu’à la chasse du tueur dans la forêt, je trouvais qu’il y avait un certain équilibre : cinq hommes et trois femmes. Ce n’est pas la parité dans le sens stricte du terme, mais ce ratio me paraissait acceptable. Avec le départ de l’une des héroïnes, le déséquilibre m’est trop important. C’est dommage car la dynamique entre cette héroïne et le policier irlandais était prometteuse (notamment en petites provocations et réparties amicales). J’espère que la série réduira ce déséquilibre.

Dans l’ensemble, cette entrée en matière, sans faire trop ni peu, est réussie et donne envie de poursuivre Crossing Lines.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK