09 nov. 12

NASHVILLE (PILOTE 2012/2013)

Synopsis : Bienvenue à Nashville, temple de la musique country où cohabitent stars et jeunes premiers…

 

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Nashville est une série qui avait piqué ma curiosité dès le printemps dernier, riche en informations sur les nouvelles séries en préparation pour la saison 2012/2013. Nashville avait gagné mon attention rien que par son titre même. Il faut savoir que j’aime beaucoup la musique country. Oui, je n’ai pas peur de le revendiquer, j’aime la country, ce genre musical que certaines personnes trouvent ringard, que certaines réduisent à l’image d’Epinal du cow-boy mâchouillant nonchalamment une paille pendant qu’il regarde, du haut de son cheval, la contrée sans frontière qui se dresse devant lui de façon majestueuse. Cette passion pour la country fut le fruit d’une rencontre télévisuelle, car c’est en regardant, il y a quelques années, un épisode de la saison 4 de Cold Case que je découvris ce genre. Depuis, les mélodies country traînent sur mon disque dur et mes CDs. Tout connaisseur du genre, sans être forcément un expert, sait que Nashville est le temple de la country. Ainsi, rien qu’en voyant qu’une série s’appellerait Nashville, je me disais qu’il était probable que cette série tourne autour de la country. Peut-être que le genre musical n’allait pas être au centre de l’intrigue, mais il y avait tout de même de fortes chances que la série en parle, sinon cela aurait été équivalent à parler de Paris sans parler de la Tour Eiffel… En lisant, dans les news, le thème général de la future série, il devenait clair que la musique n’allait pas être reléguée au second plan. Par conséquent, j’étais déjà conquise. Il ne restait plus qu’à voir de mes propres yeux ce que cela donnerait à l’écran.

 

Il faut dire que j’avais néanmoins eu quelques appréhensions en voyant les premières bandes-annonces. J’avais, en effet, peur que la série ne soit qu’une sorte de soap opéra avec son lot d’amours rocambolesques, trahisons et autres ingrédients traditionnels d’un soap. Finalement, qu’en est-il ? Ma foi, j’ai trouvé ce pilote agréable. Ce n’est pas la série révolutionnaire, mais elle paraît plaisante à suivre. Elle aborde l’opposition expérience et longévité contre jeunesse en pleine ascension ; musique industrialisée pour la masse et le profit contre musique simple jouée dans les bars pour le bonheur des fans. La série aborde également les rouages des élections et ses conséquences sur la vie privée, professionnelle, et les conflits familiaux. Les thèmes ne sont pas tellement innovants, notamment pour l’intrigue sur les élections. Toutefois, certains thèmes ont l’air prometteur. Parlons notamment de l’intrigue principale, à savoir l’affrontement Rayna/Juliette. La première, chanteuse reconnue et égérie depuis une vingtaine d’années d’un label, se retrouve « invitée » à partager l’affiche, pour sa prochaine tournée, avec la nouvelle étoile montante dénommée Juliette, au look sexy et qui fait un peu penser aux chanteurs pour adolescents. A travers cette situation incroyable et ridicule (pour Rayna) s’insinue une réflexion sur l’indépendance de l’art. Nasvhille nous plonge dans l’industrie du disque, et donc, des rouages de la machine pas forcément idylliques. Finalement, l’art et l’artiste sont presque réduits à un produit de consommation. L’objectif premier n’est plus tant d’accompagner un artiste avec son univers propre, de l’aider à s’épanouir, mais de faire du cash. Il faut agir en fonction du budget et des retours financiers. On le voit nettement avec l’idée du nouveau CEO du label. Sa première idée est de coller Rayna à Juliette parce que les albums et tournées de Rayna connaissent une baisse en termes de chiffre d’affaire alors que Juliette casse la baraque. Le CEO pense à cette stratégie et semble indifférent au succès que le label a connu pendant vingt ans grâce à Rayna et sa fidélité au label. Les artistes doivent être bankable. Ils sont les fers de lance un jour, puis sont rapidement remplacés par les nouveaux qui seront eux aussi remplacés par les prochains nouveaux… Les artistes sont susceptibles de perdre de leur authenticité et d’être emportés par cette spirale du cash, strass et paillettes.

 

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Juliette, quant à elle, apparaît comme une vraie peste, arriviste et sans état d’âme. Cependant, derrière cette facette se cache une jeune femme meurtrie par le destin de sa mère toxicomane qui profite de la notoriété de sa fille et ne l’appelle apparemment que pour lui demander de l’argent. Rayna doit faire face à une dure réalité, à savoir qu’on la relègue dans un tiroir en prétendant officiellement vouloir le meilleur pour sa carrière. Elle doit soutenir un mari candidat aux élections, mais ce dernier n’est que le pantin dont le père de Rayna tire les ficelles. Je n’adhère pas trop à cette histoire d’élection, dans la mesure où on en retrouve d’autres du même genre dans d’autres séries. Je pense à The Good Wife, où même s’il ne s’agit pas du même poste en jeu dans l’élection, on retrouve cette ambiance élection, candidats qui s’affrontent avec l’aide de leurs collaborateurs et les retombées sur leur vie familiale. Il serait astucieux d’introduire quelque chose de nouveau, autres que scandales sexuels ou financiers. Evidemment, ces scandales ont marqué plusieurs hommes politiques et donc, ont fait partie, je dirai, du folklore. Il sera difficile de les bannir de Nashville, mais on pourrait les faire coexister avec d’autres intrigues plus singulières. Peut-être pourrait-on assister à une défaite pour une fois (parce que souvent, les protagonistes gagnent) ?

 

A côté de ces différentes histoires qui ne demandent qu’à être développées pour qu’on puisse se faire une opinion plus éclairée, on retrouve la musique country, bien évidemment. Je rejoins certains commentaires qui apprécient que la musique soit utilisée de manière avisée. En effet, la musique sert le scénario et non l’inverse. On entend les chansons parce que les personnages sont en concert ou répètent, ou enregistrent. Nashville ne perd pas son temps à proposer toutes les chansons dans leur intégralité, parce qu’elles sont des outils pour faire avancer l’histoire. Les musiques m’ont plue, et coup de cœur pour « Back Home » et « If I Didn’t Know Better », que j’ai trouvées moins « pop-isées » que les autres. Car oui, ces dernières années, certaines chansons country ont davantage le ton pop ou rock. Bien entendu, je ne suis pas une réfractaire à l’évolution des rythmes musicaux, couleurs musicales. La country est un genre qui évolue et qui ne peut pas ne pas évoluer. Ceci-dit, parfois, la frontière est de loin dépassée qu’on en ressort surpris. Dans l’ensemble, j’ai bien accroché aux mélodies qui mettent parfaitement le spectateur dans l’ambiance country. A noter que le duo Scarlett et Gunnar est prometteur. J’aimerai bien suivre l’ascension de ces deux, à condition qu’ils chantent en duo. De un, ils s’accordent plutôt bien au niveau de la voix (quand Gunnar a commencé à aller dans les aigus, la chanson prenait des allures de mystique) ; et de deux, il est rare qu’un duo s’impose. La série peut compter sur le genre country et sur les lieux représentatifs de cet univers. Ce décor géographique est une force car voir tout le temps des grandes villes comme Los Angeles, New York, soit sur la côte ouest, soit sur la côte est commençait à devenir fatiguant. Avec Nashville, on change d’environnement, environnement peu exploité par les séries. Et pour finir, ma foi, les maisons des protagonistes me font pâlir d’envie…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

Posté par VK Serie à 20:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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