23 avr. 16

SERIES MANIA S7 : NSU GERMAN HISTORY X

 

NSU

 

"Une vague de crimes racistes a secoué l’Allemagne au début des années 2000. À travers le portrait d’une adolescente désabusée attirée par les idéaux de l’extrême droite, NSU German History X revient sur ces tragiques événements. En trois épisodes aux points de vue complémentaires, la série retrace sur deux décennies la radicalisation d’une certaine jeunesse allemande, après la chute du mur de Berlin. Glaçant." (Résumé Séries Mania)

 

Cette série est particulière par son sujet et sa construction narrative en trois temps, chaque temps représentant cette affaire tragique selon un point de vue différent. NSU est l’acronyme de National Socialism Underground. Le premier épisode relate le cheminement vers la haine de Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt et Beate Zschäpe, trois jeunes adolescents de l’ex Allemagne de l’Est dans les années 90, jusqu’à leur folie meurtrière. Si vous ne le saviez pas, la série est basée sur des faits réels tragiques qui se sont produits en Allemagne dans les années 2000, et connus sous le terme des "meurtres kebabs". Pour résumer rapidement, un groupe de trois extrémistes se sont illustrés par une série d'assassinats de personnes d’origine turque et lorsque l’affaire a été dévoilée, elle a profondément secoué l’Allemagne.

Le seul premier épisode ne permet pas de comprendre à lui seul cette onde de choc et c’est pour cela que la série est constituée de trois parties qui apportent des éclairages complémentaires sur l’affaire. Il faut aussi connaître un peu le contexte de cette affaire pour mieux saisir la série. Pendant longtemps, les autorités étaient persuadées que les victimes avaient été exécutées suite à un règlement de comptes entre groupes criminels. Le choc est arrivé quand on a finalement découvert que les coupables étaient en réalité des membres d’un mouvement néo-nazi qui agissaient dans la clandestinité et qui n’avaient jamais été inquiétés par les autorités. On s’est rendu compte que cette mouvance néo-nazie était beaucoup plus forte et organisée qu’on ne le pensait, et pendant de nombreuses années, ce phénomène avait été complètement sous-estimé (d'où le underground du titre).

 

Dans le cas de NSU German History X, on saisit la gravité de ce phénomène : les trois jeunes de l’est ont évolué dans un groupuscule néo-nazi qui manifestait sa haine au yeux et vu de tous et n’avait pas peur de porter des uniformes de cette époque sombre. Quant aux adultes, ils étaient complètement largués. L’équipe venue présenter la série l’a d’ailleurs bien expliqué cet abandon par les adultes et cette radicalisation des jeunes : à la suite de la chute du mur, beaucoup d’habitants de l’Est ont perdu subitement leur travail et ont dû faire face à une nouvelle situation qu’ils ne maîtrisaient plus. Beaucoup de jeunes ont assisté à la déchéance de leurs parents et se sont retrouvés confrontés à eux-mêmes. Ils étaient donc une cible idéale pour l'endoctrinement. L’équipe a parlé d’une génération perdue, désabusée, qui, sans repères, a vu certains de ses membres se réfugier dans les valeurs néo-nazies. Et on a laissé faire… La série essaie ainsi de s’interroger sur cette génération perdue et sur les raisons qui ont fait que ces mouvements d’extrême droite ont pu croître dans l’ombre.

La série montre aussi l'amie de Beate qui, contrairement à elle, refuse ce fanatisme. On la voit pendant peu de scènes, mais elles sont suffisantes pour saisir le drame de cette jeunesse et d'une amitié perdue.

Du côté de la réalisation, j’ai eu un peu de mal à accrocher au rythme saccadé du premier volet, similaire au style documentaire, qui capte des moments de vie normale et du cheminement de ces jeunes vers la haine. Néanmoins, je pense que c’était la meilleure façon d’aborder la réalisation, au vu de la gravité du propos et du but recherché. On ressent un malaise certain vis-à-vis de ces évènements : comment des enfants ordinaires ont-ils pu basculer dans une telle haine ?, un malaise face à leurs propos sur l'Holocoste, leur violence. Les acteurs qui ont endossé ces rôles sont fascinants : Albrecht Schuch, Uwe Mundlos ; Sebastian Urzendowsky, Uwe Böhnhardt ; et Anna Maria Mühe, Beate. Un premier épisode glaçant comme le dit si bien le résumé de Séries Mania.

 

NSU 2

 

Echanges avec l’équipe de la série :

Sont venus Thomas Wendrich, le créateur ; Gabriela Sperl, la productrice ; et Sebastian Urzendowsky (Uwe Böhnhardt). Ils ont partagé avec le public que la série avait pour objectif de s’intéresser à la génération perdue, à travers l’affaire des "meurtres kebabs". Bien que la série rappelle à plusieurs reprises que certains passages/évènements peuvent ne pas correspondre totalement aux faits tels qu’ils se sont produits, elle cherche à comprendre les racines et conséquences des actions des différents protagonistes. Thomas Wendrich s’est volontiers reconnu comme faisant partie de cette génération perdue, mais heureusement, il a fait des choix différents de ceux des tueurs.

Le deuxième volet de la série est centré sur la famille des victimes, tandis que le troisième, sur les inspecteurs en charge de l’affaire.

La série a été écrite entre 2011 et 2012, et tournée en 2015.

Le créateur connaissait Sebastian Urzendowsky d’un ancien projet, et ne l’imaginait pas du tout incarner une personne telle que Uwe Böhnhardt. Il a changé d’avis après avoir vu son interprétation dans un autre film.

La productrice aurait souhaité que les trois épisodes soient diffusés en Allemagne les uns à la suite des autres pour permettre aux spectateurs de ne pas perdre le fil de l’histoire. L’argument fait sens, mais je pense que le public aurait du mal à tenir car rien que le premier volet dure 1h30 !

 

Si la série était diffusée en France ?

Qui dit œuvre allemande dit Arte, donc oui, c’est la première option la plus naturelle. Toutefois, la série peut être un parfait complément à un débat, son sujet étant d’actualité. Pour cela, je pense aux soirées proposées par France 2 autour d’un thème, dont la diffusion d’une fiction se prolonge d’un débat. A la différence qu’ici, il s’agit d’une production allemande et non française. On aurait trois parties qui pourraient être suivies d’un débat avec un sujet précis : la radicalisation des jeunes pour le premier volet, l'enfer vécu par les proches de victimes de crimes pour le second volet, et les obstacles auxquels se heurtent la police ainsi que les difficultés de communication entre services pour le dernier volet.

Je pense également à LCP. Pas vraiment orientée série, certes, mais la chaîne décrypte les sujets politiques nationaux et internationaux. Les mouvements extrêmistes et leur stratégie d'endoctrinement, ainsi que les moyens de lutte contre ces derniers correspondent à cette ligne.

 

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Sériecalement vôtre


22 avr. 16

SERIES MANIA S7 : ENNEMI PUBLIC

 

Ennemi Public

 

Libéré après 20 ans de réclusion, le tueur d’enfants Guy Béranger trouve refuge auprès des moines de Vielsart, un petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une inspectrice de la police fédérale. Quelques jours après, une fillette disparaît. Un polar oppressant, inspiré de faits divers ayant traumatisé la Belgique." (Résumé Séries Mania)

 

J’ai été agréablement surprise par cette série angoissante, sombre, qui joue avec nos nerfs. Le cadre est parfait pour une telle histoire : un village entouré d'une forêt aussi magnifique que terrifiante, les habitants y vivent en vase clos et deviennent les cibles/victimes de tout dérapage/méfiance quand un drame se produit.

Ennemi Public m'a rappelé, dans une certaine mesure, de Broadchurch. Pour le côté "Qui a tué Danny ?" car ici, on a également : le meurtre d’un enfant dont le corps a été retrouvé dans un endroit censé être un lieu de refuge, de réconfort ; le drame se déroule au sein d’une petite communauté, donc on anticipe qu’il ébranlera cette communauté à première vue soudée et sans histoires et fera jaillir des secrets inavouables, des tensions et de la suspicion des uns envers les autres. Ajoutez à cela la présence d’un tueur d’enfants aux penchants sataniques et toutes les tensions sont exacerbées (l'interprète du tueur est saisissant dans son rôle). Une scène m’a fait rapidement penser au film "Prisoners" (avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal). Il s’agit de celle où la policière poursuit le suspect lorsqu’il vient se "recueillir" avec les autres habitants sur les lieux du drame.

 

Du côté des personnages, on retrouve les classiques : une policière hantée par un traumatisme, un homme d'affaire ambitieux dont le projet de développement économique se retrouve menacé par l’arrivée du tueur d’enfants et la découverte du corps de la nouvelle victime, un policier de campagne dont le calme routinier vole en éclats, un tueur d’enfants satanique et pervers narcissique capable d’une intelligence et d’un calme redoutables, un homme avec un casier judiciaire non vierge, donc second suspect idéal, et des villageois et moines qui s’entredéchirent au premier obstacle.

La série se démarque par le fait qu’ici, le tueur vient passer sa conditionnelle dans un monastère pour commencer son noviciat. Est-ce sincère ? Un tel être peut-il vraiment être sauvé ? Comment vivre à proximité d’une telle personne ? Et en tant que religieux, peut-on concilier sa foi avec une telle personnalité ?

Les deux premiers épisodes donnent envie de connaître la suite car le rythme n'est ni trop lent ni trop rapide, les éléments s'installent au moment opportun et maintiennent le spectateur en éveil sans le brusquer et l'ennuyer.

 

NB : On remarquera la présence de Clément Manuel dans le rôle d'un religieux, une fois de plus après Ainsi soient-ils ;-). Décidement, cet acteur enchaîne les rôles dans les séries (avec Falco), et c'est sympathique de le revoir.


Le saviez-vous ?

Le projet d’Ennemi Public a remporté le concours de scénario organisé par la RTBF en association avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et c’est ainsi que la série a vu le jour. Pour le point de départ de la série, les auteurs se sont inspirés de l’histoire de Michelle Martin, ex-femme du meurtrier pédophile Marc Dutroux, qui après avoir obtenu la liberté conditionnelle au terme de la moitié de sa peine, s’est installée dans un couvent, dans la région de Namur. La série a disposé d'un budget de 300 mille euros par épisode.

 

Si la série était diffusée en France ?

Je dirai sans hésiter qu’Arte, France 2 ou France 3 seraient les candidates idéales en ce qui concerne les chaînes nationales/gratuites. Arte : parce qu’elle a déjà proposé des séries sombres, angoissantes (notamment bien illustrées par les séries scandinaves). France 2 et France 3 : parce qu’elles sont capables d’inviter leurs téléspectateurs à sortir des sentiers battus avec Broadchurch ou The Missing, par exemple. Une diffusion le lundi soir pour France 2 ou le jeudi soir pour France 3 serait tout à fait envisageable. Je pense également à 13ème Rue, spécialisée dans le policier et les thrillers, et ici, on a tous les éléments nécessaires : un homicide, une enquête, une pléthore de suspects potentiels, un meurtrier en série qui, je pense, appréciera défier les autorités et habitants, et un cadre géographique à la fois paisible et oppressant... 

 

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Sériecalement vôtre,

19 avr. 16

SERIES MANIA S7 : FOUR SEASONS IN HAVANA

 

Havana

 

"Cuba, dans les années 90 ("période spéciale"). Conde, lieutenant de police mélancolique et désabusé, enquête sur l’assassinat d’une jeune professeure de lycée, militante de la Jeunesse communiste. Une série fidèle au roman noir de Padura, pour goûter l’atmosphère du pays et lever le voile sur les contradictions de la société cubaine." (Résumé Séries Mania)

 

Les deux épisodes diffusés lors du festival sont tirés du livre Vents de Carême (1994), deuxième volet du cycle des Quatre Saisons de Leonardo Padura. Ces épisodes relèvent de l’enquête policière classique. Il y a un meurtre, les policiers alternent entre différentes pistes et finalement, le coupable et le mobile restent classiques. A côté de l’enquête, on suit le personnage principal, Conde, dans ses mésaventures existentielles. Rien qui révolutionne le genre, donc. Ce qui est le plus intéressant, pour un spectateur européen, c’est le cadre géographique dans lequel se déroule l’histoire, à savoir La Havane. La série nous propose un voyage authentique dans la ville et la société cubaine que l’on n’a pas l’habitude de voir en série ou film, que l’on ne connaît pas sauf si on s’y est déjà rendu pour les vacances. Autre argument : la série est une bonne occasion de se familiariser avec la littérature de Padura, d’ailleurs, l’auteur a contribué activement à l’écriture de la série. Une série agréable à suivre pour la découverte de nouveaux horizons et un personnage principal attachant.

 

Le saviez-vous ?

Jorge Perugorría, qui interprète Conde, est lui-même originaire de la Havane et un acteur connu dans son pays. Il a notamment joué dans le film Fraise et Chocolat (1993) qui fut nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger.

 

Si la série était diffusée en France ?

Ma première réaction fut de penser à France Ô, à cause de Cuba, destination lointaine et insulaire, avant de me rappeler subitement que France Ô célèbre l’Outre-Mer. Choix pas très logique de ma part, donc, mais si jamais une entorse était envisageable… Sinon, option plus probable : la SVOD. 

 

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Sériecalement vôtre,

 

04 juin 15

SERIES MANIA S6 : EMPIRE

 

J’ai profité de Séries Mania pour revoir le pilote d’Empire, dont vous pouvez lire ma review ici, et découvrir son deuxième épisode, lors de la séance du 19 avril. Cette projection fut suivie d’une interview de Lee Daniels par Pierre Langlais, et agréable surprise, Taraji P. Henson, l’interprète de Cookie, a rejoint la scène au milieu des échanges !

 

Lee Daniels & Taraji P. Henson

 

Quelques mots sur le second épisode :

Franchement, j’ai passé un super moment. Toujours aussi drôle, avec une Cookie toujours en forme (son lancer de chaussure était décapant) et d’autres personnages originaux (la secrétaire de Cookie). On continue ce qu’on a commencé dans le premier épisode : Lucious tente de lancer Hakeem sur le devant de la scène, et évidemment, ce dernier, par son attitude irresponsable, ne lui facilite pas les choses. Cookie essaye de faire de même avec Jamal, encore trop modeste au point de se faire marcher dessus. Pour apporter de nouveaux contenus, l’épisode se conclue sur une sorte de cliffhanger, où l’on sent qu’il va y avoir des complications pour les plans de certaines personnes. J’ai bien aimé et je commence à comprendre les raisons du succès de cette série aux Etats-Unis, passée de 9 millions de téléspectateurs au début de la saison 1 à 16/17 millions en fin de saison. Jusqu’ici, les histoires sont intéressantes, nous parlent, nous décrochent des rires. C’est plus les situations légères, cocasses qui priment.

 

L’interview avec Lee Daniels et Taraji P. Henson :

Ces deux personnes nous ont donné un super moment de partage et de rires. Ci-dessous les points abordés :

— Lee Daniels a débuté comme casting director pour Warner, il était en charge des minorités. Il a quitté ce poste car en réalité, il y avait très peu d’opportunités pour les acteurs noirs. Quand plus tard, pendant les échanges, on a abordé les questions raciales (sur les changements que pourraient provoquer son succès et celui de Shonda Rhimes), il a répondu gentiment qu’il était fatigué d’être confronté aux questions sur ce sujet = on ne doit pas réduire ses œuvres et celles des autres artistes noirs aux questions de races.

— A travers ses histoires, Daniels s’intéresse à la condition humaine. Il veut donner une voix et un visage aux personnes qu’on ne voit et n’entend pas, présenter des personnages qui ont des failles. Sans toutefois faire culpabiliser le spectateur : malgré les thèmes abordés très durs, comme dans ses films Le Majordome, Precious, l’humour est toujours présent.

— Les histoires de Daniels sont basées sur des situations réellement vécues. Par exemple, dans le 1er épisode, Cookie frappe Hakeem avec un balai : Lee Daniels a véritablement vécu cette scène, punition de sa mère. En réaction, il a appelé la police, et lorsqu’elle arrivée, sa mère a conseillé aux agents d’amener un sac mortuaire au prochain appel !

 

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— Lee a préféré faire d’Empire une série TV car la télévision est plus accessible. Il voulait que ceux qui parmi son entourage ne le pouvaient pas autrement que par la TV puisse suivre Empire, notamment ses proches qui sont en prison.

— Lee Daniels aurait pu parler de Broadway dans la série, mais pour lui, c’était la voie facile (le cliché gay & Broadway), c’est pourquoi il a préféré le hip hop. Il a centré Empire sur une famille Afro-américaine puissante pour rompre avec l’image persistante de l’Afro-américain pauvre.

— Le passage où Hakeem insulte publiquement Barack Obama (2nd épisode) n’est pas une critique sur l’homme politique et son administration. Daniels souhaitait montrer qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants Afro-américains grandissent dans un monde privilégié, i.e, moins difficile que celui de leurs aïeux, et ne se rendent plus compte du combat qu’ont mené les générations d’avant. Taraji a raconté une anecdote pour illustrer ce fait : elle a pleuré à chaudes larmes lorsqu’elle a appris l’élection d’Obama à la Maison Blanche, et quand elle a voulu partager sa vive émotion avec son fils (si ma mémoire est bonne), ce dernier n’a pas du tout compris la réaction de sa mère. Pour lui, un président noir n’avait rien d’exceptionnel.

— Alors qu’elle n’avait pas encore été castée pour Empire, Taraji a soumis à Lee l’idée de prendre Terrence Howard, Lucious dans la série. Au départ, Wesley Snipes était pressenti pour ce rôle.

— Dans la saison 2 d’Empire sera expliquée la façon dont Cookie a fini en prison.

 

— Une question sur la différence en termes d’interprétation entre Person Of Interest, où Henson jouait le lieutenant Carter, et Empire a été posée. Pour Taraji, Person Of Interest était plus structurée : le jeu devait rester cohérent avec le ton de la série ; tandis qu’avec Empire, les acteurs ont plus d’espace pour proposer leurs apports.

— Daniels et Henson travaillent de nouveau ensemble sur un projet de long-métrage avec Eddie Murphy.

 

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