20 juin 16

MONTE CARLO 2016 : JOURNAL DE BORD

 

Festival Monaco

Cette année, je retourne au Festival de Télévision de Monte Carlo (Monaco), qui se déroulera du dimanche 12 au jeudi 16 juin. Au programme : rencontres avec acteurs et ConTech Academy. Retrouvez dans ce journal de bord mes péripéties et photos (à la fin de l'article) ;-).

 

A bientôt ! 

 

 

 

 

Dimanche 12 juin, Cérémonie d'ouverture :

Les festivités débutèrent officiellement ce dimanche soir, avec la cérémonie d'ouverture, précédée d'un long défilé de stars. On put compter sur la présence de, entre autres : Matthew Modine, Jane Seymour, Marg Helgenberger, Jason Priestley, président du Jury Fictions, et Danny Glover, celui du Jury Actualités, Thomas Gibson de 'Criminal Minds' ('Esprits Criminels'), le majordome et le Riddler de 'Gotham', en les personnes de Sean Pertwee et Cory Michael Smith, les acteurs d’ 'Amour, Gloire et Beauté' ('The Bold and the Beatiful'), dont : John McCook, Rena Sofer, Jacqueline Mac Innes Wood (déjà venue en 2015). La branche médicale fut bien représentée par 'Chicago Med' et trois de ses acteurs et son producteur, Dick Wolf, et par 'Grey’s Anatomy', avec Kevin McKidd et Martin Henderson. Quant aux séries françaises, elles furent bien là elles aussi, avec : le cast de 'Nina', celui de 'Cassandre', Jean Luc Reichmann de 'Léo Matteï', et des membres du 'Bureau des Légendes', parmi lesquels Alexandre Brasseur et Michaël Abiteboul.

Alex Goude commenta l’arrivée au compte-goutte des vedettes et motiva le public présent autour du tapis rouge, notamment en essayent de lui faire entonner le générique français d’ 'Amour, Gloire et Beauté', avec plus ou moins de succès'. "Amour, Gloire et Beauté, des mots qui font rêver. Amour, Gloire et Beauté, des têtes qui font tourner, depuis l’éternité…"

La cérémonie commença par l'ouverture officielle du festival avec un discours de S.A.S Princesse Charlène de Monaco, en présence de S.A.S Prince Albert II de Monaco. Puis suivit la présentation des membres des jurys. Enfin, Marg Helgenberger reçut une Nymphe de Crystal en reconnaissance de son parcours cinématographique et télévisuel. La cérémonie se termina avec l'arrivée de Dick Wolf et des acteurs Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee, venus représenter la dernière née de la franchise Chicago, 'Chicago Med', dont le premier épisode fut diffusé.

 

Marg Helgenberger ©Sériecalement Vôtre

 

Lundi 13 juin : 

Ce Lundi fut une journée calme, ce qui me permit de sortir de Monaco et profiter des villages alentours. La journée se termina en beauté avec la Soirée des Séries TV dans les jardins du Monte Carlo Bay, situé en bord de mer. Un évènement dans un cadre magique...

Je pus, au cours de la soirée, retrouver des journalistes/blogueurs, photographes et professionnel de l’industrie rencontrés au fil des années et évènements séries, discuter avec certains comédiens venus au festival et déguster les mets du buffet. Les convives purent choisir entre plusieurs plats : bourride provençale (plat de poissons), nouilles sautées aux légumes, tranches de veau, taboulé, gratin d’aubergines, tartes aux blettes, mignardises : citron meringué, tarte tropézienne…

Je félicitai Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour leur travail sur 'Gotham'. J’appris que la série était tournée à New York et que des effets étaient ajoutés en post-production pour conférer à Gotham l’ambiance qui la rend si particulière et réussie. Avec d’autres journalistes/blogueurs, nous  tombions d’accord avec Robin la qualité de la production, parlâmes de la tendance des séries à tuer des personnages principaux, de 'The Walking Dead' (Robin suit en effet la série). Avec Cory, il fut davantage question du monde de Broadway. Je croisai Jesse Spencer de 'Chicago Fire' en grande discussion avec son ancienne partenaire de 'Dr House', Lisa Edelstein, maintenant dans 'Girlfriend’s Guide to Divorce', et lui confiai ma récente affection pour la série sur les pompiers une fois qu’il eut terminé avec Lisa. John McCook, le patriarche d’ 'Amour, Gloire et Beauté', dina à quelques centimètres de moi au comptoir des boissons. Cette difficulté à trouver une meilleure place lança quelques échanges sur le fait qu’il était originaire de Los Angeles et avait toujours vécu là-bas, et qu’il en était à sa cinquième participation au festival (pas cinq années de suite). Je racontai à Jack Falahee mon désespoir concernant l’attente de la diffusion de la saison 2 de 'How To Get Away With Murder' en France et mon bon souvenir de ma table ronde avec son collègue Alfred Enoch l’année dernière. Je remerciai Laurent Puons pour le festival.

J’aperçus également, au cours de la soirée : Marg Helgenberger, Jayne Seymour, Julie Benz, Danny Glover, Victor Garber, Elyes Gabel et Katharine McPhee ('Scorpion'), Sean Pertwee, comparse de Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith, Jeffrey Tambor ('Transparent'), Jason Priestley, Stella Maeve et Jason Ralph ('The Magicians'), Françoise Laborde, Alex Goude… Hélas, ni de 'Grey’s Anatomy' ni d’ 'Esprits Criminels'…

Merci à l’organisation pour cette soirée, et à NBCUniversal pour m'y avoir invitée !

 

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Mardi 14 juin :

J’eus l’occasion d’apercevoir en photocall des acteurs de trois séries que je suis régulièrement : 'Grey’s Anatomy', 'Esprits Criminels' et 'Gotham'. Avec Martin Henderson et Kevin McKidd pour la première, Sean Pertwee, Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour la seconde, et Thomas Gibson pour la troisième. Cette année, chaque acteur/actrice était invité à écrire un mot sur un fauteuil installé dans l’espace réservé au photocall. Ces messieurs se plièrent à l’exercice. McKidd souffla avec humour "I’m too old for this" ("je suis trop vieux pour ça") quand il se baissa pour écrire. Martin demanda demanda l’aide des photographes pour accorder des articles en fonction de certains mots, notamment pour France. Sean Pertwee s’amusa à prendre une pose de boxeur, prêt à en découdre, quand il posa seul après la pose de groupe avec ses deux collègues. Il faut reconnaître qu'il y a une belle alchimie entre les trois acteurs de 'Gotham'.

 

Ensuite, j’enchaînai les conférences de presse 'Grey’s Anatomy' et 'Gotham', et pu poser une question dans chaque.

On aborda les sujets suivants dans 'Grey’s Anatomy', parmi d’autres :

— Ecrire un épisode après en avoir réalisé plusieurs, pour Kevin ? L’homme ne se considère pas comme scénariste, être acteur a toujours été son premier amour. Par contre, il ne dit pas non à l’éventualité de devenir réalisateur, mais plutôt sur la scène européenne.

— Un surnom pour Nathan Riggs ? Martin Henderson n’ayant pas d’idée, la journaliste qui posa la question proposa "McSexy", ce surnom ayant l’avantage d’être facilement compris en français.

— Avec ses liens forts avec l’armée, Owen est-il un soldat ou un médecin en premier ? Selon Kevin, Owen est avant tout un médecin car ce qui compte, ce sont les patients. La question militaire est secondaire.

— Kevin trouverait le retour de Cristina Yang alors qu’Owen est marié avec Amélia "explosif" et "fun".

— Martin aime les triangles amoureux. Il répondit avec humour s’il pouvait avoir les deux soeurs (Meredith et Maggie) quand une journaliste lui demanda avec laquelle il souhaitait être. Il ignorait d’ailleurs que son personnage allait finir avec Meredith. Shonda Rimes avait décidé la relation avec Maggie en constatant la bonne alchimie entre Martin et Kelly (McCreary).

— Si on faisait un crossover entre 'Grey’s Anatomy' et un autre show de Shonda ? Martin se verrait bien médecin à la Maison Blanche, dans 'Scandal', et Kevin se verrait dans 'How To Get Away With Murder' au vu des compétences de son personnage en chirurgie traumatique qui collerait bien avec une série avec des meurtres…

— Martin avoua qu’il fut choqué quand Kevin lui apprit qu’il était stressé quand il réalisait un épisode, à cause notamment de la charge de travail à fournir en plus. En effet, Kevin ne laissait rien transparaître pendant le tournage. Celui-ci commenta avec humour qu’en réalité, il faisait l’acteur quand il réalisait.

Kevin est devenu citoyen américain en 2015.

 

A noter que McKidd et Henderson s’entendent très bien dans la vraie vie !

 

Kevin McKidd, Martin Henderson ©Sériecalement Vôtre  Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

Et les sujets suivants, avec l’équipe de 'Gotham' :

— Initialement, le personnage de Bruce Wayne n’était pas censé acquérir une telle importance.

— La saison 1 était davantage centrée sur les personnages de Gordon et Bullock, avec des épisodes standalone (qu’on peut regarder indépendamment), puis la série a évolué vers une saison 2 plus organique. 

— On retrouvera dans la saison 3 un écho aux élections présidentielles américaines.

— Pour cette saison, Robin, alias Oswald le Pinguoin, souhaiterait voir son personnage devenir enfin le vrai maître de Gotham, et se montrer encore plus vicieux et cruel. Cory Michael Smith, alias Ed Nygma, a, quant à lui, proposé une option plus originale : faire venir Ed à Monaco.

— Sean Pertwee a reconnu qu’il ne serait pas aussi bon majordome que son personnage dans la vraie vie.

— Revoir Fish Money revenue de l’au-delà (final de la saison 2) a fait comprendre à Oswald qu’il n’avait le contrôle sur rien, or son désir est de tout contrôler, tout comme Fish, a expliqué Robin. Il a d’ailleurs qualifié son évolution de "montagnes russes", en écho aux multiples épreuves que son personnage avait traversées.

— La série n’exagère pas la violence et la corruption comme on pourrait le penser car on les retrouve bien ancrées dans la vie réelle. 

— Le tatouage que Sean a sur son bras gauche a été repris comme motif pour la chevalière d’Alfred. Cette attention au détail portée par la production a beaucoup touché Sean au point qu’il a versé quelques larmes le premier jour du tournage.

— Quid de réactions étranges de la part des fans ? Robin a raconté que certains lui disaient qu’ils le pensaient beaucoup plus grand en réalité que dans 'Gotham'… 

 

Mercredi 15 juin :

J’assistai au panel dédié à la franchise Chicago de Dick Wolf, en présence du producteur et des comédiens de deux de ces séries : Taylor Kinney et Jesse Spencer pour 'Chicago Fire' ; Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee pour 'Chicago Med' (dont on avait découvert le pilote au cours de la cérémonie d’ouverture). Ce panel fut ouvert au public détenteur de la carte #OMG et organisé par la ConTech Academy (lire l’article dédié à paraître ultérieurement). Ce fut un panel fort agréable, avec des acteurs et producteur très complices et généreux avec le public venu les écouter. 

 

 Brian Tee, Jesse Spencer, Dick Wolf, Taylor Kinney, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre

 

Voici ce qui s’est dit pendant la séance, modérée par Anna Carugati Guise (World Screen) :

— A peine un mois s’était écoulé depuis la diffusion du pilote de 'Chicago Fire' que Dick Wolf avait déjà l'idée de lancer la franchise. 

— La franchise accueillera un nouveau venu : 'Chicago Justice'.

— Chicago Fire, Med et P.D. bénéficient des conseils de vrais pompiers, médecins et policiers. D’ailleurs, dans 'Chicago Fire', certains pompiers que l’on voit à l’écran sont de vrais pompiers, et les équipements utilisés (ex : les tenues de protection) sont authentiques.

— Le frère de Brian Tee est médecin. Si le personnage de Brian (Dr Choi) ressemble à son frère, dans la vraie vie, les deux frères sont totalement différents.

— "Les professions que l’ont exerce dans les séries Chicago sont nobles" a déclaré Jesse Spencer (Casey).

— Faire un crossover demande "beaucoup de homework" a indiqué Taylor Kinney (Severide). En effet, il y a environ 50 pages de script pour un épisode, et par conséquent, en fonction du nombre de crossovers, il peut y avoir jusqu’à pas moins de 150 pages à lire ! Néanmoins, l’acteur adore tourner dans ces épisodes crossovers : "Je trouve ça fun (…) J’apprécie vraiment ces crossovers" a-t-il dit, les crossovers lui permettent de rencontrer des acteurs avec lesquels il n’a pas l’habitude de travailler.

— Selon Torrey (Dr Manning), 'Chicago Med' montre l’humanité des médecins : ils ne sont pas uniquement "blancs ou noirs". 

— Pour Taylor, il est bénéfique pour un acteur de regarder les oeuvres dans lesquelles il a joué pour s’améliorer, en apprenant de ses partenaires à l’écran. Jesse éprouverait une étrange sensation en regardant 'Chicago Fire' car l’australien y parle avec un accent américain.

— Colin Donnell (Dr Rhodes) a montré ses talents de chanteur en interprétant une chanson d’un spectacle dans lequel il avait joué à Broadway, très fortement encouragé par Taylor à le faire.

— Torrey joue du violon, Jesse, du piano et de la guitare.

— Pas moins de 40 mille acteurs ont joué un rôle parlé dans les deux franchises de Dick Wolf, Law & Order (New York...) et Chicago.

 

Sinon, autres faits marquants de ma journée : le passage de Sarah Clarke ('NCIS') au photocall, ma photo avec Taylor Kinney après le panel, et Jack Falahee ('How to Get Away With Murder') se prêtant au jeu des autographes et selfies avec le public au sortir du Grimaldi forum.

Rendez-vous à une prochaine édition du festival !

Lire les autres articles relatifs au festival ici.

 

Retrouvez ci-dessous les photos du festival (cliquez pour agrandir) 

John McCook ©Sériecalement Vôtre Thomas Gibson ©Sériecalement Vôtre Sonia Rolland ©Sériecalement Vôtre

Jane Seymour ©Sériecalement VôtreMartin Henderson ©Sériecalement Vôtre Jack Falahee ©Sériecalement Vôtre Jean Luc Reichmann ©Sériecalement Vôtre

Taylor Kinney ©Sériecalement Vôtre Stella Maeve, Jason Ralph ©Sériecalement Vôtre Emilie Gavois Kahn, Gwendoline Hamon, Dominique Pinon ©Sériecalement Vôtre Jesse Spencer ©Sériecalement Vôtre

Kevin McKidd ©Sériecalement Vôtre Dick Wolf, Brian Tee, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 


17 mars 16

TREPALIUM

 

J’ai terminé il y a quelques jours mon visionnage de Trepalium, la série d’anticipation d’Arte. A vrai dire, le visionnage ne fut pas très habituel. J’avais enregistré les trois premiers épisodes, car je n’étais pas disponible le soir de sa première diffusion. De plus, je doutais avoir le temps de regarder le replay, donc autant prendre ses précautions et enregistrer. J’avais eu raison, parce que je n’ai, en effet, pas eu le temps pour regarder le replay dans la limite des 7 jours. J’étais à la moitié du second épisode quand arrivaient les trois derniers. Et rebelotte, pas disponible non plus pour regarder en live, alors cette fois-ci, je décidai de regarder les replays des derniers épisodes puis de finir mon enregistrement. J'aurai pu enregistrer les derniers épisodes, mais les enregistrements s'accumulant... Oui, c’est un peu compliqué tout cela, mais bon… C’est pourquoi, en tant que fan de séries, je trouve dommage de ne faire que deux diffusions, qui plus est pour une série made in France, au sujet intéressant, et avec cette caractéristique de se vouloir être une série d’anticipation ! C'en est frustrant...

J’aime les séries produites par Arte.  J’avais trouvé 'Ainsi soient-ils' d’une grande classe, servie par des dialogues d’une telle beauté et profondeur et des acteurs transfigurés par et transfigurant leur rôle. Pas facile avec le pitch de départ : suivre des séminaristes. Mouais, que dire, à part qu’ils aiment prier ? Un peu caricatural, mais vous voyez où je veux en venir : il n'était pas évident d'imaginer qu'il puisse y avoir beaucoup à raconter. Et comment parler à un public pas forcément sensible à la religion ? 'Ainsi soient-ils' fut un petit bijou, une série de qualité, il faut le lui accorder, qu’on soit intéressé ou non par les questions religieuses (peu importe le culte).

 

trepalium 2

 

Trepalium, dans un registre totalement différent, fut une réussite elle aussi. Thème interpellant et d’actualité, peut-être poussé à l’extrême mais pour mieux servir le propos. Série visuellement belle, avec des décors, des costumes, un style rétro-futuriste recherchés, qui illustrent bien la rigueur et l’asservissement de l’homme par le travail. La question de la série demeure : faut-il avoir un travail pour être considéré comme un être humain ? Se réaliser par le travail reste-t-il un mythe ?

Je dois avouer que le premier épisode m’a un peu surprise. C’était même presqu’un choc, tant j’avais été décontenancée par la froideur des personnages interprétant les actifs, le caractère robotique de leurs échanges verbaux et leur gestuelle. Je les trouvais au premier abord raides, sans charisme, sans émotion. Je ne sais pas si c’était involontaire ou conseillé par le réalisateur, en y réfléchissant, j’ai trouvé que ce jeu collait parfaitement à l’atmosphère de la série. Trepalium a livré une vision brutale et pessimiste du travail et du non travail.

 

On se rend compte que la situation des habitants d’Aquaville n’est pas plus enviable que celle des habitants de la Zone. Dans cette dernière, les gens n’ont pas de travail, doivent se battre pour survivre, errent dans la misère. A Aquaville, les gens ont peut-être tout : travail, maison confortable, accès à toutes les infrastructures. Cependant, cette ville et ses règles ont totalement déshumanisé l’homme.

On le comprend dès les premières minutes, quand Ruben découvre son chef mort. Au lieu d’appeler les secours, et bien il ne perd pas le sens des priorités, il appelle son père pour candidater à la succession de feu son supérieur. Sympa, quoi… Certaines tâches sont loin d’être intéressantes, comme par exemple celle de Thaïs qui lui fait passer la journée à "jouer" à une sorte de tétris. Tout est bon pour s’épier, s’écraser les uns les autres pour servir ses intérêts. Il n’y a plus de compassion, d’altruisme, il n’y a que peur, égoïsme, dégoût pour ceux qui n’ont pas de travail alors que cela n’est pas de leur ressort (oui, le type crachant sur Izia et les attitudes des actifs face aux inactifs sont restés gravés dans mon esprit). Le travail a engendré un monde froid et cruel. Le titre de la série donnait déjà le ton : le travail est devenu une souffrance. On ne voit plus l’homme que comme quelqu’un qui doit être utile et performant, et qui n’a plus le droit de ressentir. Les humains sont des pièces qu’on remplace dès qu’il y a un défaut. Toutes ces idées passent par les décors et costumes, très bien choisis : maisons à l’intérieur high-tech mais totalement impersonnel, habits qui sont plus des uniformes que des habits pour exprimer sa personnalité et qui contribuent à la raideur des personnages, tout est millimétré.

On parle d’Aquaville, mais du côté de la Zone, les rapports humains ne laissent pas tellement la place à la compassion. On voit Izia et son fils voler d’autres zonards (premier épisode) et franchement, on n’a pas vu beaucoup de moments d’entraide entre les zonards. Il y a évidemment l’espoir de passer le mur, mais c’est pour se rendre compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs malgré les avantages certains.

 

trepalium 1

 

Du côté des intrigues : elles étaient logiques et je ne pense pas qu’il y avait beaucoup d’options. Il fallait confronter les deux mondes et l’idée des solidaires, avec l’histoire d’amour, était le choix adéquat. Bien évidemment, il fallait aussi bousculer l’ordre établi via l’histoire avec les activistes.

Je trouve étrange que Ruben ne se soit pas plus posé de questions quant au sort de sa femme. Il n’avait pas l’air d’en être fou amoureux, mais cela me paraissait logique qu’il cherche à en savoir plus, même s’il n’avait pas obtenu de réponse. D’ailleurs, Maël n’avait pas l’air déstabilisé par ce remplacement de mère… Toutefois, j’ai bien aimé sa révolte à la présentation Phoenix. Il n’y avait pas besoin de plus, c’était parfait.

Quant à Jeff, dommage qu’il n’ait pas survécu. Je pense qu’il était le personnage qui croyait le plus à une réconciliation actifs/zonards. Son sort démontrait une fois encore la fourberie des actifs et accentuait peut-être le pessimisme de la série : la cohabitation sera dure...

Enfin, je me pose la question : quel était le but recherché par le faux assassinat de la première ministre ? On a compris que la révélation finale amorçait une suite potentielle au cas où il y en aurait eu une, mais pourquoi ce stratagème ?

 

A noter aussi qu’Arte a lancé un dispositif transmédia pour compléter la série, intitulé A l’ombre du mur - Journal d’un inutile. Il s’agit ici d’une sorte de prequel où les spectateurs découvrent, à travers l’histoire d’un personnage, ce qu’était le monde avant la construction du mur. Initiative qui appuie la volonté d'Arte d'être une chaîne sur laquelle on peut compter pour les séries TV. Et merci aux auteurs et producteurs de nous proposer de leurs histoires.

 

Sériecalement vôtre,

VK

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08 juin 15

MONTE CARLO 2015 : C'EST (PRESQUE) PARTI !!

 

Affiche Monte Carlo

 

2015 n’est pas seulement l’année du 55ème anniversaire du festival TV de Monte Carlo, c’est aussi l’année de ma première venue à cet évènement, qui se tient du 13 au 18 juin. Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter ce festival, mais pour ceux qui débarquent fraichement dans la planète séries, Monte Carlo, c’est :

— La succession de vedettes de séries, US, mais pas que (les françaises sont présentes elles aussi). Il y a aussi d’autres personnalités non issues de séries TV.

— Des rencontres entre vedettes et fans, via des séances de dédicaces…

— Des conférences de presse, interviews avec ces vedettes

— La compétition des Nymphes D’Or pour les catégories Séries TV, Mini-Séries, Films de Télévision, Actualités…

— Et pour la première fois, des conférences professionnelles autour du secteur

Voilà dans les grandes lignes.

Ayant la chance d’y assister cette année, je publie ce post pour inaugurer la nouvelle rubrique de mon blog sur le festival. Tout au long des festivités, j’essaierai de mettre à jour quotidiennement un journal de bord. J’essaierai aussi de publier des résumés de séances : conférences de presse, conférences professionnelles, néanmoins, à voir en fonction de mon planning…

NB : Les articles comporteront sûrement des spoilers sur certaines séries, donc attention ;-).

Je vous dis à bientôt sur le blog ! 

Retrouvez les articles de l'édition 2015 ici et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

19 juil. 13

SERIE SERIES 2013

 

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Séance "Real Humans"

Samedi 6 juillet, je me suis rendue au festival Série Séries à Fontainebleau. Le beau temps fut au rendez-vous, ce qui rendit cette journée agréable. Assister à l’étude de cas Real Humans dans le théâtre municipal la rendit encore plus.

Si vous ne connaissez pas cette série suédoise, je vous la conseille vivement car elle est excellente. Vous pouvez lire si vous en avez envie ma review. En une phrase, la série présente un monde où des robots, appelés hubots, sont utilisés par les hommes pour réaliser diverses besognes.

 

Stefan Baron, directeur des programmes fiction et sports de la chaîne SVT qui diffuse la série (à droite sur l'image) ; Henrik Widman, producteur (2ème à gauche en partant de la droite) ; et Marie Robertson, interprète de Bea (3ème à gauche en partant de la droite) ; participèrent à cette session. Les échanges furent d’abord précédés d’un extrait du début de la saison 2 (une version de travail), dont voici quelques éléments :

ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS

*Un virus informatique menace les hubots. L’un des hubots contaminés s’attaque à un humain dans le métro et Inger est témoin de la scène.

*Bea rencontre deux ouvriers... rencontre mortelle pour l'un d'entre eux.

*Vera est maintenant chez les Engman (et irrite Hans…).

FIN SPOILERS – FIN SPOILERS

 

La projection s’est prolongée avec une séance de questions-réponses.

*On a appris qu’un pilote de 8 minutes avait été réalisé pour convaincre la chaîne.

*Le budget avoisine les 750-850 mille euros par épisode, aussi bien pour la saison 1 que la saison 2. *La saison 2 ira vers plus de suspens. Il y aura un durcissement du conflit entre groupes favorables à la cohabitation humains/hubots et groupes défavorables à cette évolution. D’ailleurs, un parti politique fera son apparition au cours de cette saison.

*La saison 2 sera diffusée à partir du 1er décembre en Suède. La date officielle pour Arte n’a pu être dévoilée.

*Une saison 3 est d’ores et déjà prévue et devrait entrer en développement cet automne.

*Stefan Baron ne voit pas Real Humans comme une série de science-fiction en premier lieu, mais plutôt comme une série explorant notre société.

*SVT a diffusé Les Revenants (Canal plus) sur internet puis à la télévision. La série a été bien accueillie.

(Liste non exhaustive)

 

Je suis contente que la série aille vers une troisième saison car il y a tant de possibilités d’intrigues. D’ailleurs, les créateurs/producteurs avaient conçu Real Humans en y laissant une porte ouverte pour une vie au-delà de la première saison. Je n’ai pas vu le temps passer lors de cette séance. Et clou du spectacle, j’ai pris une photo avec Marie Robertson, alias Bea ! Yes, I really met a hubot^^ !

 

 

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Séance "According To Robert"

L’après-midi, j’ai découvert le pilote d’According To Robert, série hollandaise. Elle raconte l’histoire de Robert, cinquantenaire chassé hors de chez lui par sa femme, après avoir succombé à un acte de violence. Déboussolé, il va devoir reprendre sa vie en main…

 

Le pilote est rythmé, les dialogues fusent, on va à 100 à l’heure (ce qui est compréhensible car l’épisode ne dure que 25 minutes). On suit un (anti)héros qui voit sa vie chamboulée et doit apprendre à faire avec et avancer, tant bien que mal. Il rencontrera d’ailleurs un jeune garçon qui jouera un rôle majeur dans sa reconstruction (d’après ce que j’ai compris…) et aura droit à des séances chez une thérapeute. Les personnages semblent intéressants et avec chacun leur part de folie. Toutefois, le pilote est un peu trop loufoque à mon goût. De plus, le facteur déclencheur de la remise en question du héros ne (me) permet pas d’adhérer totalement à ce dernier. En effet, Robert gifle sa femme parce qu’il n’était pas content, le monsieur, et je n’aime pas trop ce genre de violence. Vous pourrez penser que j’en fais toute une histoire, que cette série n’est qu’une comédie et donc je prends les choses trop au sérieux, pourtant, ce genre d’attitude m’horripile. J’aurais préféré un autre « pétage » de plomb pour déclencher l’histoire, du style le type n’est pas content et se met à tout casser dans un supermarché du coin, sous les yeux éberlués des clients et caissiers. Je trouve ça plus drôle. J’ai cependant aimé la réalisation et ce choix de « faire revenir » Robert et sa thérapeute en tant que spectateurs et commentateurs dans les flashbacks montrant les « crises » de Robert. Globalement, cette série a l’air vraiment sympathique et promet de bons moments de rires et situations cocasses.

 

Après la projection, le réalisateur Joram Lürsen (à gauche sur la photo) est venu nous en dire plus sur la série.

*Peter Blok et Maria Goss, mariés à la ville comme dans la série (Peter joue Robert), ont créé la série et ont développé l’idée lors de vacances en Croatie. C’est Maria, aussi auteur de théâtre, qui a écrit les épisodes. Joram Lürsen a collaboré à l’écriture en y apportant ses avis, ses commentaires.

*La version finale d’According To Robert est très différente de la version originale. Ceci s’explique par des problèmes budgétaires.

*La première saison compte 8 épisodes de 25 minutes. Elle a bénéficié d’un budget d’environ 120 mille euros par épisode.

*Chaque épisode a nécessité 3,5 jours de tournage. A noter que toutes les scènes se déroulant dans le cabinet de la thérapeute ont été tournées en premier. Cette modalité de tournage a été facilitée par le faible nombre d’épisodes.

(Liste non exhaustive)

 

Après la séance According To Robert, le premier épisode de la saison 3 de Downton Abbey fit son apparition sur les écrans.

Bilan de la journée : elle est passée très vite, mais elle fut très agréable. Vous trouverez les photos de la journée dans la galerie photo. Un léger bémol tout de même : ce serait bien que le festival dure tout le week end également^^.

 

Et vous, y étiez-vous ? Qu’en avez-vous pensé ? 

 

Sériecalement vôtre,

VK