23 mars 16

ONCE UPON A TIME, 1ere PARTIE SAISON 5

ATTENTION SPOILERS S5

 

Après un petit problème technique, la catégorie Once Upon A Time est à nouveau visible sur le blog (il me semblait bien avoir écrit quelques mots sur la saison 1 que je ne voyais plus sur le site). Les années ont passé et aujourd’hui, j’ai eu envie de partager mon ressenti sur cette première partie de saison 5. De façon générale, j’aime bien Once Upon A Time. Cette série, sans se prendre la tête, nous propose une version revisitée des contes et légendes que nous connaissons plus ou moins bien, avec une couche supplémentaire d’aventures. C’est une série que j’apprécie car elle me fait passer d’agréables soirées où je peux m’évader dans des mondes plus ou moins dangereux. Il y a aussi de l’humour, des amours bluettes, de la fantaisie… C’est une bouffée d’oxygène. J’admire en outre le travail des scénaristes à concocter des histoires qui s’imbriquent et à garder ce rythme depuis des années. Ces histoires peuvent entraîner un peu de confusion mais elles restent sympathiques. Pendant la saison 1, l’histoire de Mary Margaret et David m’avait un peu soulée au bout d’un moment, je l’avoue. J’avais de la fascination et de la compassion pour Regina et Rumple. La relation de Rumple et Belle était attendrissante. Crochet avait débarqué sous la forme d’un pirate sexy. Puis Peter Pan s’était avéré machiavélique. Bref, je regardais les épisodes avec beaucoup de plaisir.

 

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Toutefois, j’ai commencé à avoir un avis mitigé à partir de la seconde moitié de la saison 4. Je m’étais prise d’affection pour Ingrid car finalement, elle ne voulait qu’une chose simple : être acceptée et aimée, mais elle avait choisi la mauvaise méthode. Surtout, elle s’était sacrifiée après avoir réalisé son erreur. Suite à cet aparté Reines des Neiges ("Libérée, délivrée…"), l’intrigue sur la recherche de l’auteur et la réécriture du livre était prometteuse. Sauf que l’élément qui a éveillé le plus d’intérêt en moi a été expédié à une telle vitesse…

Pour commencer, on aurait pu s’attendre à ce que le trio des méchantes brille par ses plans diaboliques. En définitive, il n’y eut rien d'explosif, leur présence soutenait le déroulement de l’histoire pour arriver au cliffhanger du final de la saison 4, sans plus. Peut-être Cruella était-elle la plus méchante, en fin de compte. Malheureusement, elle n’eut pas l’occasion de mettre en péril Storybrooke. Bon, ok, elle a kidnappé Henry, à part ça, elle était loin d’égaler Regina et Rumple au sommet de leur art, ou même Peter Pan et la jalousie de Zelena. La révélation sur Blanche et David les rendait hypocrites, néanmoins, cela faisait du bien de voir qu'ils avaient eux aussi leur part d'ombre.

Ce que je regrette, c’est d’avoir réglé la nouvelle version du livre en deux épisodes. J’aurai nettement préféré que cette version soit le sujet d’une première partie de saison 5. On aurait pu tellement délirer avec cette réalité, avec, en intrigue principale, Henry et Emma voyageant dans ce monde pour rétablir les choses. On aurait pu les voir rencontrer les versions de plusieurs autres personnages, voir des histoires secondaires se nouer, des flashbacks correspondant à ce qu’Isaac avait imaginé pour les protagonistes, Isaac et le Lumineux (avec d’autres ?) comploter ensemble pour nuire au dessein d’Emma et Henry. On aurait franchement pu rigoler. Entre Blanche Neige et sa nouvelle coupe, Crochet devenu un agneau se shootant au lait de chèvre, Rumple célébré en Lumineux (ça m’a trop fait rire), Regina "Robine des Bois"... On aurait conclu avec la transformation d’Emma en Ténébreuse et exploré ce sujet en deuxième partie de saison 5.

 

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Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Au vu de la dernière scène de l’épisode d’ouverture de cette cinquième saison, je m’étais attendue à ce qu’Emma ait succombé à la tentation de la magie noire, et non pour la raison retenue par les scénaristes. En soi, cette raison n’était pas incohérente par rapport au personnage. D’ailleurs, peut-être pouvait-on deviner qu’Emma resterait malgré tout guidée par le Bien même en étant la Ténébreuse grâce à la cape claire qu’elle revêtait lorsqu’elle est sortie de la crypte, puis la cape blanche portée à Camelot. C’était un signe : Emma Swann renoncerait au Mal. En effet, les autres ténébreux, Hook y compris, portaient un habit noir. Mais bon, j’aurai quand même bien voulu voir Emma accepter son côté sombre et s’égarer dans cette voie. Parce qu’avant d’être la Sauveuse, c’est un être humain. Ses parents ont eu un secret honteux eux-aussi. Même s’ils sont allés loin pour garder Emma dans la lumière, ça aurait été intéressant de voir que finalement, le libre arbitre pèse aussi dans la balance. En somme, faire comme les tragédies grecques où malgré le stratagème mis en place pour contourner les visions de l’oracle, ce qui doit arriver arrive (rappelons-nous du mythe d'Oedipe). Bien sûr, sa famille, Regina et compagnie auraient sauvé Emma. Cela aurait permis à Regina d’endosser le rôle de Sauveuse par la même occasion.

 

Ce qui m’a le plus "perturbée", c’est le trop plein de : voyages dans les époques et mondes, personnages et intrigues. Certains éléments n’apportaient rien de majeur à l’histoire, j’avais l’impression que leur présence servait à combler les épisodes. Ils entravaient le développement de possibilités, à commencer le côté sombre des Ténébreux. Un jour, on était à Storybrooke, l’autre, on repartait à Camelot, puis de Camelot, on était transporté des années ou des siècles auparavant, ensuite, on découvrait le pays de Merida, et on jonglait entre tout ça pendant les onze épisodes. On avait du Merida, du Lancelot, du Arthur, du Merlin, du Nimue… Il y avait beaucoup d’informations que parfois, certains arcs étaient conclus de façon rapide. On passait de certaines situations à d’autres sans se soucier de la cohérence. Un exemple frappant : à un moment, notre troupe de héros crapahute dans la forêt de Camelot et soudain, Belle se fait kidnapper par Merida pour une excursion forcée. Bizarrement, aucun des héros qui étaient avec Belle ne s’est rendu compte de sa disparition et ne s’en est inquiété ? Hum… Pas très sympa et crédible. Donc oui, tous ces points entraînaient des divagations pas toujours pertinentes. Et que dire des retournements de situation avec lesquels Crochet nous a surpris ? Il changeait d'avis assez rapidement^^.

Pour moi, on aurait dû : soit réduire le nombre de personnages, par exemple, réserver Merida pour une future intrigue ; soit suivre les aventures d’Emma et cie dans Camelot et ne montrer, en ce qui concerne Camelot, que les flashbacks liés à ce royaume avant le débarquement des personnages de Storybrooke, au lieu de suivre ce qui se passe à Storybrooke en alternant avec les flahsbacks de Camelot : Camelot ante et post arrivée d’Emma. 

 

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En ce qui concerne la seconde moitié de la saison 5, je ne sais pas ce que ça va donner. J’espère qu’Emma va pouvoir retrouver Crochet. Ceci-dit, je ne sais pas pourquoi, cette mission m’a rappelé Aladdin, quand le génie présente ses trois exceptions aux vœux qu’il peut réaliser, et dont l’une concerne la résurrection des morts, qu’il trouve peu délicat… Du coup, ça m’a paru bizarre de vouloir descendre aux Enfers pour ramener Crochet… Magie, oui, mais il y a quand même des limites^^. De plus, si on ramène quelqu'un(e) des Enfers, qu'advient-il de l'enveloppe corporelle qui repose dans le cercueil dans le monde d'au-dessus ? Il s'évapore ? (c'est mon côté rationnel qui s'exprime^^).

Enfin, pour terminer cet article, parlons un peu de Rumple. Je n'ai pas trop saisi pourquoi il a pu retirer Excalibur. J'ai compris que c'était grâce au courage dont il avait fait preuve face à l'ours/Merida pour sauver Belle. Toutefois, ce seul acte de bravoure peut il effacer toutes les mauvaises actions qu'il a commises depuis des siècles ? Je pensais qu'Excalibur attendait une personne un peu plus valeureuse (peut-être un second visionnage est-il nécessaire). Rumple a beau être sincère dans son désir d’action désintéressée, il faut toujours qu’il y ait le truc qui fait qu’il replonge. Il n'apprend pas de ses erreurs et ne vit que pour le pouvoir. Il faudrait que Belle se réveille une bonne fois pour toute ou qu’elle accepte sa véritable nature. Rumple est sans conteste l’expert de la manipulation, de la fourberie, cependant, je ne sais pas si je tiendrai longtemps à ce personnage à force de le voir sans cesse triompher en dupant les autres… En fait, s'il devient invincible, le Mal va-t-il l'emporter ? Que vont faire les autres ? 

 

Sériecalement vôtre,

VK


28 mars 15

DOWNTON ABBEY, SAISONS 3 A 5

 

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Je me permets un one shot avec cet article couvrant les saisons 3 à 5 de Downton Abbey, les saisons étant courtes et relativement sans évènements explosifs. Ce n’est pas la seule justification, en fait, ayant vu la saison 3 il y a très longtemps et les deux suivantes, l’une à la suite de l’autre, dans un passé récent (sur TMC), j’ai décidé de traiter le tout en même temps, pour éviter les erreurs d’association intrigue/saison.

De façon générale, plus les saisons avancent et plus je trouve la série meilleure. On aurait pu craindre une lassitude au bout d’un certain temps. Car qu’est-ce que vraiment Downton Abbey ? Si on devait la décrire en une phrase maximum, la série nous montre ni plus ni moins des chroniques d’une famille de la haute société britannique et celles de ses domestiques. En somme : les journées réglées par l’étiquette, les évènements mondains s’enchaînant les uns après les autres, de même que les jours ordinaires mais (trop) chargés en besognes des servants qui se répètent avec peu d’opportunités d’évolution. Downton Abbey suit ce réglage, mais en réussissant à nous fasciner : qui ne s’est pas imaginé avoir ce train de vie ? ; et surtout, à faire évoluer ses personnages dans un monde qui change (la guerre, le refus de la hiérarchie de la société telle qu’elle est depuis des siècles…). La série donne l’impression, d’un point de vue macro, que « rien » ne passe. Il n’y a pas d’enquêtes, de scènes d’action, de complots. Malgré tout, on se rend compte après cinq saisons que le domaine de Downton en a vu défiler, des histoires ! Même si certaines m’ont ennuyée, je suis charmée par ce que la série propose. 

 

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Cependant, voici ma première doléance : j’ai l’impression que les domestiques sont encore trop réduits à leur simple statut, par rapport aux Grantham et Crawley. Qu’est-ce que j’entends par là ? Cela m’a frappée tardivement, mais quand vous regardez les intrigues autour des non domestiques, ceux-ci évoluent au-delà de Downton. Ils interagissent avec le monde : ils vont à Londres, sont invités par d’autres gens de leur classe, ont des histoires d’amour et d’amitié, ont des problèmes, etc. Les intrigues sur les domestiques, en dehors du cadre professionnel, sont plus limitées, restent à leur relation avec les Grantham, Crawley et autres lords. On les voit moins interagir avec le monde extérieur de façon indépendante et aussi, leurs histoires sont moins poussées. Par exemple, Mary va à Londres pour faire telle ou telle chose toute seule, si elle est accompagnée de sa femme de chambre, on ne voit pas/très peu ce que cette dernière fait. Si un domestique va à Londres, il y a toujours un fil qui le ramène vers sa condition/la famille qu’il sert ou alors ce voyage est ellipsé et on le revoit de retour à Downton. Ainsi, Thomas est parti à Londres pour suivre un traitement, j’aurais bien voulu avoir quelques scènes où on voit de quoi il retourne, avant d’apprendre à Downton le véritable but du voyage. Ou autre exemple : Spratt est allé au mariage de sa nièce (si ma mémoire est bonne), on ne l’a pas vu dans la sphère privée mais on l’a vu en ville parce qu’il a aperçu Mary et son amant sortir de l’hôtel. De temps en temps, il y a des histoires qui n’ont rien à voir avec Downton, mais c’est rare et assez vite expédié.

Je parle de façon générale, je me rappelle encore du triste destin de la servante ayant eu un enfant avec un officier dans les premières années, pour le coup, c’était assez indépendant du cadre de Downton/de la domesticité. Après, il y aussi une contrainte de temps et de personnages : il y a peu d’épisodes par saison, on ne peut pas faire évoluer tout le monde avec la même intensité, il faut trancher. Néanmoins, quelques rééquilibrages seraient les bienvenus…

 

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Je poursuis donc avec un paragraphe sur ces rééquilibrages et les points qui n’apportent plus d’intérêt. On pourrait en parler de temps en temps, mais selon moi, ils ont pris une importance inutile.

Commençons par Mary. Dans une précédente critique, j’avais dit que son "je t’aime, moi non plus" avec Matthieu et la succession d’obstacles sur leur relation, au détriment d’autres personnages qui auraient gagné à être davantage explorés, avaient fini par m’exaspérer. Aujourd’hui, je suis toujours sous le coup de l’exaspération. Mary est un personnage qui stagne. On dirait que son rôle se borne à être la fille ainée à marier à un riche héritier pour assurer la pérennité de Downton. Après la mort de Matthew, j’espérais la voir se révéler en femme d’affaires gérant avec brio le domaine. Défi d’autant plus intéressant qu’elle vit dans un monde dirigé par les hommes. Qu’est-ce qu’on a eu ? Certes, quelques moments avec son beau-frère pour parler gestion de patrimoine. Principalement, à peine Matthew disparu, voilà qu’on nous sort aussitôt deux prétendants !! Même si Mary répète qu’elle n’est pas prête et ne succombe pas pour un temps, le spectateur est toujours en face d’une situation déjà vue : quel parti va choisir Mary ? Comment va-t-elle traverser cette situation ?

D’autre part, Mary n’a pas mûri, contrairement à sa sœur Edith : elle reste la "pourrie gâtée", autocentrée sur elle-même et son domaine, sans compassion quand il s’agit d’Edith. A la confirmation de la mort de Gregson, bien qu’on n’avait plus d’espoir depuis longtemps, Mary envoie Edith bouler. Très sympathique de la part d’une sœur qui ayant perdu elle-même l’amour de sa vie, aurait dû être la première à soutenir Edith et à la comprendre…

 

Après Mary, parlons d’Anna et de John Bates. A l’instar de Mary et sa situation répétitive d’élégante jeune lady sur le marché de l’amour, les Bates entretiennent des liens étroits avec la justice, plus précisément la prison. Après son mari, Anna fait un séjour derrière les barreaux, et ce dernier, pour la sauver, s’accuse du meurtre dont son épouse est soupçonnée et se retrouve de nouveau recherché pour homicide. Pitié… La première fois s’était éternisée, et ça recommence… J’aurais préféré le développement suivant : suite à son viol, Anna porte plainte. Cela aurait été une très bonne occasion de montrer comment les affaires de viol étaient traitées à l’époque, les injustices envers les victimes et en filigrane, la difficile condition des femmes à l’époque (sans nécessairement s’enliser dans le pathos). Ou alors, en choisissant l’intrigue autour de la mort du violeur, qu’on y mette un terme : qu’Anna soit vite innocentée grâce à un témoignage, voire qu’elle ne soit pas du tout arrêtée car la police aurait classé l’affaire. Ceci aurait permis l’approfondissement d’autres personnages, restés en retrait. Au choix : madame Hughes visitant sa sœur handicappée (la révélation tombe comme un cheveu sur la soupe…), Thomas et son traitement, l’émancipation de Daisy, Baxter qui retombe sur celui pour lequel elle a volé, etc. Dans le même état d’esprit, on aurait pu enlever/raccourcir cette histoire de prétendants pour Mary et mettre en valeur le couple Rose/Atticus. En effet, leur romance avant le mariage fut rapide ! N’avait-on pas attendu trois ans avant de voir Mary et Matthew sceller leur union ?

 

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L’abandon de poste de madame O’Brien fut inattendu et réglé à la vitesse de la lumière… Ce n’est pas la première fois qu’un domestique quitte les Grantham. On a bien eu, au tout début de la série, la femme de ménage devenant secrétaire, puis le valet traumatisé par la première guerre mondiale, et après O’Brien, le valet surpris en situation scandaleuse et celui accepté dans un hôtel de prestige. Au moins, pour ces personnes, un contexte a été développé, et le départ suivait une logique. Avec O’Brien, on a compris que la mère de Rose l’appréciait. Toutefois, sa fuite sonnait comme une solution qu’on avait dû trouver pour se débarrasser du personnage en urgence, sans réflexion (conflit entre la production et l’actrice ?).

 

Certains bonds dans le temps me paraissent inappropriés. Parfois on s’attarde sur des intrigues qui ne sont pas les plus excitantes (ex : Mary et ses amours). Puis tout à coup, on fait un saut en zappant des histoires qui auraient été intéressantes à voir (ex : la fin de la grossesse d’Edith). Nous sommes partis de 1912 et cinq saisons plus tard, nous sommes déjà dans le milieu des années 20 (il me semble). Les acteurs risquent de ne pas coller au rythme de vieillesse de leur personnage... (ok, il y a la magie du maquillage, mais cela ne fait pas tout).

D’autre part, certaines conclusions d’intrigues me paraissent encore politiquement correctes. Certains personnages s’en sortent dans la douceur malgré la gravité, pour l’époque, de leurs actions. Par exemple Rose et son chanteur de jazz noir qui ne vont pas au bout de leur relation, ou Edith qui peut compter sur la compassion de ses parents et sa tante. Peut-être est-ce compliqué d’un point de vue scénaristique de s’aventurer sur des questions scandaleuses pour l’époque considérée ? Moi, j’aimerai bien qu’on secoue de temps en temps le sac : que la vérité sur Edith soit révélée au grand jour et qu’elle affronte les médisances de la société conservatrice…

 

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Après cette proposition de points négatifs, voici les éléments qui ont rendu Downton Abbey plus forte :

Les drames qui ont bouleversé la série : la disparition, la même saison, de Sybil et Matthew. Deux jeunes protagonistes partis subitement dans la force de l’âge, alors qu’ils avaient tout pour être heureux. Ces sorties choquantes étaient ancrées dans la "réalité" : la mortalité des femmes lors de l’accouchement encore présente à l’époque et un "banal" accident de voiture s’annonçant à l’improviste.

L’arrivée de la jeune et audacieuse cousine Rose. Je l’aurais bien vue en femme moderne. Soit célibataire et vivant des aventures palpitantes (comme faire de l’aviation), soit en épouse qui travaille.

L’amitié entre Lady Violet et Isobel Crawley : une agréable surprise, une belle amitié, des discussions tintées de répliques savoureuses. Comme le dit l’adage, les contraires s’attirent. Malgré leurs divergences, ces deux femmes se respectent et tiennent à l’autre (même si elles refusent de l’admettre). Lady Violet était drôle et émouvante quand elle jouait les entremetteuses puis avait peur de finir toute seule une fois Isabelle mariée.

Le secret de Lady Violet : Absolutely outrageous !!^^ Qui l’eut cru ? Cela a l’avantage de casser son image. La comtesse douairière apparaît plus contemporaine, humaine, moins sévère.

Les histoires de cœur de Lady Violet et Isobel : plus exaltantes que celles de certains plus jeunes et proposant aux spectateurs une histoire d’amour du point de vue d’aînés (parce qu’à un moment, y en a marre des amourettes d’ados avec des pseudos obstacles…).

Le majordome de Lady Violet, Spratt : Curieux bonhomme, encore plus conservateur qu’un conservateur !

Les confrontations entre Robert et l’institutrice : explosives. Ceci-dit, l’institutrice, au-delà de ne pas avoir froid aux yeux, était bien culottée de provoquer des crises sous le toit de celui qui l’invitait…

 

Tom Branson et l’après Sybil, ou comment cohabiter avec la haute société anglaise sans oublier d’où on vient et qui on est. Ce personnage fut "torturé" par ses doutes, son sentiment de trahir ses principes. Je l’aurais bien vu reprendre la politique, poussé par l’institutrice, mais je reste satisfaite de ce qu’on lui a concocté. La femme de chambre lui tournant autour était une parfaite manipulatrice, cette histoire apportait un peu de piment. Au final, Tom a réussi à s’intégrer dans la famille Grantham et son univers, mais est resté humble. Il a su conjuguer ses deux mondes. Cracher sur cette nouvelle situation sociale et cette famille aurait été hypocrite. Il me manquera.

 

L’évolution d’Edith : Si on la compare à celle de sa sœur ainée, la progression d’Edith est de loin la plus attrayante et émouvante. C’est un des rares personnages qui a connu une nette transformation. Au départ peste et malheureuse en amour, Edith est toujours malchanceuse en amour, mais a grandi, s’est assagie. Les scénaristes ne l’ont pas ménagée, en lui faisant perdre les hommes de sa vie et en la mettant enceinte, hors mariage !! Je regrette de ne pas avoir vu une scène où Edith se sépare de sa fille à sa naissance, l’accent ayant été mis sur d’autres intrigues alors qu’il me semblait plus opportun de le réserver au moins pour ce type de scène clé. Heureusement, le déchirement et la souffrance d’Edith furent montrés lors de ses visites chez le fermier, pour voir la fille de son "amie". Ce stratagème ne pouvait pas du tout fonctionner à court terme. Il était impossible qu’Edith garde son sang-froid. De même, si sa fille avait été éloignée, Edith aurait eu un comportement, peut-être à moyen terme, qui aurait soulevé des questions. Quoi qu’il en soit, cette facette d’Edith était touchante, challenging.

 

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Madame Hughes et monsieur Carson : Sérieusement, la demande de mariage fut inattendue et un peu "bizarre". Bizarre dans le sens où je ne voyais pas du tout Carson initier ce genre de proposition, où je ne voyais pas du tout Hugues et Carson comme un couple, bien qu’on ait eu une scène sur la plage de ces derniers avançant dans l’eau main dans la main. Une amie me soufflait, devant ma perplexité, qu’il s’agissait plus d’un mariage de raison que d’amour, avis que je rejoins. On est plus fort ensemble. Carson et Hughes s’apprécient et se respectent beaucoup, ils n’ont pas forcément besoin d’être fous amoureux l’un de l’autre pour se marier. Il y a quand même de l’amour, mais sous une autre forme, plus nuancée. Cette union leur permettra de s’accompagner dans leurs vieux jours, de se soutenir en cas de difficultés, d’être tout simplement avec une personne dont ils se soucient.

 

La crise de couple Cora/Robert. Rien de révolutionnaire, mais un bon coup de fouet pour rappeler à Robert que rien n’est jamais acquis. Pour Cora, une petite aventure pour rendre sa vie monotone de comtesse moins morne, le temps de quelques épisodes. Surtout, on a la sensation que Cora ne fait pratiquement pas grand-chose, à part organiser des réceptions…

 

L’agression d’Anna. Contrairement à certains, cela ne m’a pas choquée. Non pas que le sort d’Anna me laisse totalement indifférente. J’avais lu, avant de regarder la scène en question, que celle-ci en avait bouleversé/dérangé beaucoup. J’imaginais alors que la scène avait été d’une violence inouïe. Mais rien de tel ne s’est produit. Le traitement à l’écran de l’agression fut soft (ou ça a été censuré pour la diffusion française ?). Elle est choquante dans le sens où elle se démarque du ton de la série, plutôt léger même si celle-ci traite d’évènements tragiques. On n’est pas non plus dans le film Lawless où les scènes violentes ne ménagent pas le spectateur… Cette agression reste réaliste : c’est une chose qui, hélas, peut frapper n’importe quelle femme.

 

Downton Abbey continue à faire son bonhomme de chemin dans l’univers des séries, en dressant le déclin de l’aristocratie britannique face aux nouvelles modes, mœurs et tragédies humaines.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

19 déc. 14

PROFILAGE, SAISONS 4 & 5

 

profilage guerre

 

J’ai globalement préféré la saison 4 à la 5. Niveau enquêtes, j’ai trouvé certains épisodes de la saison 5 un peu confus, des éléments n’étaient pas clairs pour moi, des affaires m’ont moins captivée alors que chaque épisode de la 4 était excellent.

Je garde encore en mémoire :

- Le militaire sniper en série (tiens, une femme commandant des forces spéciales, ça existe ??).

- Le pétage de plomb du commandant Garrel. Un personnage secondaire bad boy autodestructeur qui m’a plu. Entre nous, je doute qu’il soit vraiment mort.

- Le tueur en série du cirque, et ses dents…

- L’épisode « cold case » : sérieux, même la scène finale avec la musique + la silhouette de la victime s’effaçant + les versions présentes et passées des protagonistes (et petite parenthèse pour dire que j’aimais beaucoup Cold Case). A regarder aussi pour le repas de famille chez les Courtennes, avec une mère qui ferait fuir Bree Van de Kamp^^.

- La fin de saison avec le retour de la mère de Chloé (et la confirmation de l’une de mes théories : saison 3).

- La chanteuse martyrisée par sa belle-mère.

- L’épisode sur fond d’après-guerre, très réussi niveau costumes. Dommage qu’on n’ait pas « vu » Vanessa Valence et Raphaël Ferret en 1945.

- La femme battue qui ne l’était pas vraiment : j’ai eu peur lors de la 1ère chute que ça allait se terminer là, mais Profilage nous a surpris. Un très bon épisode original sur un sujet grave.

- Le jeune homme schizophrène abusé par son propre frère pour payer son crime à sa place. TF1 l’avait projeté en avant-première dans sa « tour », dont vous pouvez lire le résumé.

- Rocher inscrit malgré lui en solitaire cherchant l’âme sœur.

- Les confrontations équipe / IGS pour le jeu de lumières + les fantasmes d’Hyppo en plein interrogatoire (« fais-moi l’amour comme une bête », « lieutenant Kancel, vous n’y pensez pas ?!? » m’ont bien fait exploser de rires).

- La naissance de la relation Chloé/Lilly.

Bref, j’avais adoré chacun des épisodes. Un sans-faute (ou suis-je aveuglée par ma passion ?).

 

profilage rocher

 

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai détesté certaines enquêtes de la saison 5. J’ai juste des interrogations :

- Dans l’épisode où Chloé revoit l’homme atteint d’asperger qui l’avait côtoyée dans l’hôpital psychiatrique en saison 3 : il me semble que cet homme avait beaucoup de mal avec les contacts physiques, regardez comment il salue son fils. Du coup, comment a-t-il pu avoir des relations physiques avec la mère ? C’est possible, mais disons qu’il y a un énorme écart entre serrer la main de son fils et concevoir un enfant (ou ai-je raté qu’il a été drogué ?)…

- Dans le volet où la tueuse tire sur les gens sur un coup de dé : vous allez me prendre pour une folle, mais je bloque toujours sur son frigo rempli d’œufs. Pourquoi y en avait-il autant ? Est-ce qu’elle s’est dit un truc du genre : « si ça tombe sur 6, j’achète tous les œufs du rayon » ? Son comportement était irrationnel dans le sens où toutes ses décisions dépendaient du dé, pour autant, je comprendrais plus qu’elle dévalise des magasins de vêtements qu’un rayon d’œufs…

- Il y a aussi eu le grand retour de Louise, mais bizarrement, je m’attendais à un come back plus explosif. Parce qu’à partir du moment où elle partait en cavale avec Adèle (enfin, plutôt Adèle entraînant Louise dans son road trip), son plan dépendait plus de la situation que de sa propre volonté. Elle ne pouvait pas vraiment maîtriser un minimum les évènements, contrairement à son plan de profiter de la détresse du prof de Chloé pour le pousser à commettre des meurtres et les mettre sur le dos de Chloé. Par conséquent, son plan en paraissait moins machiavélique et pensé, c’en était presque de l’improvisation. Et moi, j’imaginais plus de cette furie.

- Je regrette en outre le fait qu’on n’ait pas eu plus de scènes de retrouvailles entre Chloé et sa mère. Certes, on a compris le bonheur retrouvé avec la scène sur la plage au tout début de la saison (ça m’a rappelée la scène finale de l’épisode « A perfect Day » de Cold Case, pour les thèmes retrouvailles mère/fille et plage). Seulement voilà, la fausse mort de la mère de Chloé était un élément majeur. A part quelques apparitions, la maman ne faisait pas grand-chose. La vie reprenait son cours comme si de rien n’était, alors que c’était tout le contraire. Ce n’est pas rien de retrouver sa mère qu’on croyait morte après autant d’années et de secrets. J’aurais souhaité aussi une scène Chloé+sa mère+son père, parce que cette famille a été en partie détruite.

 

Profilage 7

 

- Adèle : le personnage sur lequel je reste mitigée. Elle m’avait fait bonne impression dans la saison 4 : rebelle, solitaire, asociale, directe et brillante. Son interrogatoire de la femme du préfet : « quel est votre revenu ? » « bon, on va dire, inférieur », m’avait fait trop rire. Des points communs avec Chloé, mais une réaction face au monde qui l’entoure différente. A bien des égards, Adèle est un reflet « sombre » de Chloé : plus agressive, moins pimpante vestimentairement parlant, repliée sur elle-même, sur la défensive alors que Chloé s’est ouverte. Encore souvent un peu gauche, mais elle fait des efforts.

Quid d’Adèle dans la saison 5 ? Toujours borderline et ne faisant confiance à personne. Mais pour moi, elle flottait, elle n’arrivait pas à trouver sa place dans la société, ce qui reste dans le prolongement de sa personnalité. En fait, contrairement à la fin de la saison 4 où elle apportait sa pierre à l’édifice (enquête + sauvetage de Chloé), ses actions ont été moins significatives dans la saison 5. Sauf dans une certaine mesure lors de sa virée avec Louise. Mais là encore, la pertinence et la violence de son initiative restent floues pour moi. Adèle avait l’air d’improviser totalement, obéissant uniquement à sa vision, puis déstabilisée par Louise, tandis que cette dernière me paraissait beaucoup plus posée. J’aurais voulu aussi que le mystère sur sa sœur jumelle soit résolu, ou qu’il y ait une piste qui l’envoie enquêter ailleurs. Je vous avoue qu’à un moment, j’ai cru que Louise était sa sœur, avant de me rappeler qu’il s’agissait d’une sœur jumelle… Quoi que Louise aurait très bien pu se transformer grâce à la chirurgie esthétique…

A côté de cela, ce qui m’a le plus décontenancée, c’est la relation Adèle/Rocher prenant la direction d’une relation entre amants d’une nuit. Je voyais davantage Rocher en figure paternelle, apportant à Adèle une parenthèse de stabilité, qu’en coup d’un soir. Je voulais qu’il résiste car Adèle n’avait pas forcément les idées claires. Enfin, Adèle étant Adèle, elle reste un personnage à part… Reviendra-t-elle après le départ de Saint-Laurent pour assurer la relève, cette fois-ci, plus assagie ?

 

Profilage 3

 

- Fred Kancel : Euh… Comment avez-vous osé ??? Je commençais à apprécier la part qu’elle prenait dans les intrigues feuilletonnantes. Bon, ok, presque toujours en lien avec Hyppolite, mais ça prenait de l’épaisseur. Alors qu’on aurait pu avoir un développement des séquelles physiques et psychologiques de son kidnapping, voilà qu’on y met un terme de façon radicale. Je voulais en savoir plus, sur son alcoolisme, sa mère (wow, madame Kancel n’a pas froid aux yeux !!)… Egalement la voir plus lors d’interrogatoires, en duo avec Rocher et/ou Saint-Laurent, sans casser le tandem Rocher/Saint Laurent. Voilà, juste un regret sur les possibilités d’histoires qu’aurait pu vivre ce personnage.

Sinon, j’aime bien la réaction face à Roze que les scénaristes nous ont montrée : humaine. Ma réaction à chaud fut de regretter que Fred, dans un élan de volonté féroce de survie et ce, malgré ses blessures, ne se soit pas redressée et jetée sur Roze pour se battre. Sursaut tout à fait crédible : en tant que flic, elle avait les moyens de réagir et se défendre face à un assaillant. Je regrettai de l’avoir vue en situation de supplication et non d’affirmation/de lutte. En y réfléchissant le lendemain, je me suis dite qu’en définitive, c’était pas si mal non plus. On avait eu une réaction d’un être humain désorienté, terrorisé dans un contexte d’extrême violence. Même en ayant reçu une formation pour faire face à des situations périlleuses, on n’en est pas pour autant immunisé. Cette réaction rendait Fred encore plus touchante, et la situation encore plus déchirante.

 

Il y a des épisodes que j’ai vraiment appréciés : l’affaire avec l’allemande, que j’ai trouvée originale puisqu’on n’avait pas le schéma traditionnel cadavre + investigation ; le serial killer tuant les modèles de virilité (punaise, Rocher a failli y passer ! je me disais bien que le jeune était « bizarre », j’ai même envisagé qu’il était homosexuel et essayait de draguer Rocher) ; l’épisode avec le casino/l’asperger, sur le modèle du reportage TV. Pour ce dernier, rien d’extraordinaire, mais c’était plaisant de voir une autre façon de tourner l’épisode. Surtout, les répliques et pitreries d’Hyppolite, et la scène trop classe de la sortie de voiture ! Pour l’épisode Eyes Wide Shut, à la vue du château et du marquis de Saade, on pressentait déjà que ça allait tourner Eyes Wide Shut. Un peu trop ressemblant. Même si l’énigme des œufs m’a marquée, j’ai bien aimé le retournement de situation dès le début de l’épisode avec Julie Gayet : on s’attendait à une enquête sur la fusillade dans la fac (y avait-il un complice qui s’était échappé ?), finalement, on avait une affaire à 360°. Le premier volet de la saison 5 différait par son côté secte à l’intérieur même d’une famille. Et que dire du final, joyeux pendant deux secondes, puis stressant, triste, pervers et cruel, mais aussi léger grâce à la présence d’Esra.

 

Profilage 4

 

Sans entrer dans les détails, Profilage reste pour moi une série française de très bonne qualité, au niveau des enquêtes, de la réalisation, des intrigues feuilletonnantes qui concourent fortement à nous faire aimer les personnages. On sent qu’il y a quelque chose de différent. Bien sûr, on revoit dans Profilage des mécanismes qu’on a déjà vus dans d’autres films/séries. Toutefois, c’est bien exploité dans Profilage : ça se marie bien avec l’enquête du jour. Par ailleurs, on ne va pas cracher dans la soupe : ces procédés ne nous ont pas dérangé avant, pourquoi ça commencerait aujourd’hui, juste parce que c’est une série française ? Les histoires sont bonnes, non ?

 

On sent aussi que plus la série avance, plus elle devient sombre, même « gore » dans le sens où les assassins ont des motivations/problèmes psychiatriques très inquiétants/graves et où les modus operandi sont effroyables. Certains suivront, d’autres préfèreront revenir aux bases : des enquêtes coriaces, de la folie douce et du comique. Pour ma part, j’adhère jusqu’ici. Par moments, Profilage se rapproche beaucoup d’Esprits Criminels, autre série dont je suis fan. S’il devait y avoir un crossover US/France en matière de séries, un mélange Profilage/Esprits Criminels serait loin d’être absurde. Imaginez le topo : des meurtres en série aux US, à Washington DC, puis traversée de l’Atlantique parce qu’on retrouve des cas similaires à Paris. Pour satisfaire mon imagination et parce que j’adore ce personnage, Emily Prentiss arriverait de Londres pour retrouver le BAU + Chloé & co. à Paris car Londres est également touchée (un serial killer diplomate ?). Et hop, on se ferait 3 capitales en 3 épisodes ! Et bien sûr, Hyppolite rencontrerait son homologue Garcia, lol. Soit ça, soit un crossover Crossing Lines/Profilage, vu qu’on a souvent des affaires de meurtriers en série dans Crossing Lines et que ce serait plus facile pour cette série de tourner à Paris.

 

Plus sérieusement, Profilage s’obscurcit tout en gardant des moments de légèreté (heureusement !). La pente avait été amorcée en saison 4, elle s’accentue dans la 5. On avait vu Saint-Laurent se pendre et à cette époque, je me disais « wow, mais où est-ce qu’on va ?? c’est quoi, ce cliffhanger déprimant ? ». Quand je vois le dernier épisode de la saison 5, et qu’on sait qu’Odile Vuillemin partira à la fin de la 6, j’ai vraiment peur pour ce prochain cru. Je m’attends à tout : Hyppo en prison car jugé coupable de l’exécution de Roze, limite alcoolique/drogué avec des problèmes d’anger management, ayant des hallucinations sur Fred ; Rocher paraplégique (les ciseaux m’avaient l’air bien plantés entre deux vertèbres…), reniant son amitié avec Chloé (pour un temps au moins) ; Chloé folle, faisant une fusillade en pleine DPJ et abattue par le GIPN/GIGN…  

 

Profilage 2

 

A coup sûr, la vie des personnages qui restent et leur relations ne vont plus du tout être les mêmes dans la future saison. Pour Hyppolite, le changement de registre est prometteur, voire le cas le plus intéressant. Jusqu’ici abonné aux situations comiques, il (plutôt son interprète) va pouvoir exceller dans le dramatique, montrer toute sa douleur après la perte de Fred. Quelque chose s’est brisée en lui et il ne va certainement pas ressortir des vannes aussi tôt. Alors oui, ça va être un peu difficile de ne plus voir Hyppo dans son registre habituel, mais le personnage ne stagnera pas dans un seul thème. J’attends de voir une nouvelle facette de ce protagoniste. Déjà, quel regard de tueur quand il se retourne et voit Roze !

Pour continuer avec Hyppolite, et en même temps reparler de Fred, j’ai bien ri à sa réaction en apprenant qu’il était père (le mec qui met un siècle à capter et s’évanouit…), j’ai pesté quand il a annoncé son mariage avec Jess, une femme qu’il n’aime pas. Non mais, franchement, Hyppolite, tu nous as fait quoi, là ?! J’étais contente quand Fred et lui se sont mariés, et je suis restée sans voix au décès de Fred. J’ai pensé : « non, elle va juste s’évanouir à cause de la douleur et on la reverra à l’hôpital l’année prochaine ». Quand j’ai vu qu’elle avait les yeux grands ouverts, ça a été le choc. Et c’est là qu’on se rend compte que mine de rien, on s’est attaché à ce personnage. J’ai également trouvé que c’était atroce de les avoir maintenus mari et femme pendant cinq minutes. Ne pouvait-on pas les laisser heureux pour un épisode entier ?? Et the one million dollar question : c’est qui, ce « la » dont parlait Hyppo en disant « je vais la retrouver » ? Une enfant abandonnée ?

Encore une fois, triste que Fred ne soit plus là. Longtemps, Hyppolite et elle me faisaient penser au duo Ryan/Esposito de Castle (on en revient toujours aux comparaisons avec les US…) : un tandem en retrait par rapport à un autre fort, et qui se démarquait par la touche de légèreté qu’il apportait. Vers la saison 4, le couple Fred/Hyppolite commençait à gagner du terrain, et je voyais cette tendance s’accentuer dans la saison 6. Et vlan, je me retrouve l’herbe coupée sous le pied…

Pour Chloé, comme mentionné plus haut, je crains beaucoup pour elle. Connaîtra-t-elle le bonheur un jour ? Après la « mort »  de sa mère, son père interné, Louise, la disparition de Pérac, le secret du juge, sa fausse couche, sa relation dangereuse avec Garrel, sa tentative de suicide, j’espérais qu’elle trouverait enfin la paix avec le retour de sa mère et l’arrivée de Lilly. Et voilà qu’elle devient schizophrène et qu’elle poignarde Thomas !! Faudrait peut-être arrêter de la malmener, non ? J’en profite pour saluer le jeu impressionnant d’Odile Vuillemin. Excellente en : comique, délurée, effrayée, triste, psychotique, dans une excellente série.

 

Pour résumer : la série s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité et n’épargne plus ses protagonistes, entre des enquêtes toujours intéressantes et une part de feuilletonnant qui s’affirme de plus en plus. Le final de la saison 5 marque un tournant dans la vie des personnages et de la DPJ. La bonne humeur, la complicité entre les héros et l’efficacité de l’équipe seront chamboulées pendant un certain temps, ce qui donnera un nouveau souffle dans la sixième saison.

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

04 mai 14

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "LES SERIES LOW-BUDGET, UNE CONTRAINTE STIMULANTE ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite) :

Paul Marquess, Newman Street => "Suspects", diffusée sur Channel 5 (UK)
Bertrand Cohen, Terence Films => "Cut", diffusée sur France Ô
Marie-Agnès Bruneau, C21
Agatha Walkosz, Media Brigade => "The Deep End", diffusée sur TVP (Pologne)
Stéphane Drouet, Making Prod => In America, diffusée sur OCS

Table ronde animée par Marie-Agnès Bruneau

 

Le marché de la fiction a connu un essor considérable depuis ces dernières années. En 2013, la France comptabilisait 782 heures de fictions produites, dont 678 heures de séries. Pour ces dernières, le nombre a connu une hausse de 50% par rapport à 2012.
Les chaînes de la TNT et les chaînes thématiques s’attaquent également à ce marché : 45 heures en première diffusion pour la TNT, 32 pour les chaînes historiques. Néanmoins, il ne s’agit que de diffusion, ces acteurs n’ont pas encore de stratégie claire, exception faite pour OCS, TMC.
Cette embellie pour la fiction n’est pas sans pression budgétaire. En effet, la fiction représente le genre le plus cher : en moyenne 900 mille euros par heure (CNC, 2013). Cependant il faut se rappeler que les fictions occupent en général les cases du prime time, ceci a donc un impact sur le coût.
Avec les enjeux en termes d’audiences, le risque pris avec les projets qui peuvent ne pas marcher auprès du public, on comprend les réserves des acteurs du marché aux investissements conséquents. Se pose alors la question suivante : peut-on faire des séries à faible coût, des séries low-budget, sans pour autant renier sur la qualité (en cela, il ne faut pas confondre série low-budget avec série low-cost !) ?

 

Quelques mots d’introduction sur les séries :

Suspects :

La série fait les beaux jours de Channel 5, chaîne tournant autour des 4% de pda et n’ayant pas une forte tradition dans la commande de séries. Par le passé, le Royaume Uni se distinguait par une pléthore de séries à moyen/faible budget, mais elles ont toutes disparues depuis. Subsistent les drama à grand budget. Dans le cas de Suspects, Paul Marquess a eu l’idée de produire un drama sans dépenser une fortune, persuadé qu’un drama n’avait pas forcément besoin d’être cher. Il a été sollicité par Channel 5, qui n’avait pas commandé de drama pendant une dizaine d’années.
Suspects a été une belle surprise autant par l’accueil positif qu’elle a reçu lors de la projection presse que par son coût qui s’est avéré moindre que celui que la chaîne avait envisagé.
Cette série a la particularité de s’appuyer sur l’improvisation des acteurs. Toutefois, chaque épisode repose sur un script avec une intrigue dont les étapes sont définies à l’avance : l’improvisation intervient au niveau des dialogues.
Le tournage des scènes ne dépasse pas trois prises pour chacune.

Cut :

La série est diffusée sur France Ô, la chaîne de France Télévisions ayant le moins de moyens. Terence Films devait donc proposer un projet cohérent et de qualité face à cette contrainte budgétaire, et également un projet qui puisse être exporté. Terence Films réalisant une grande part de marge à l’étranger, la capacité à l’exportation entrait en jeu dans l’élaboration du projet.
La série s’appuie sur un dispositif transmédia : les personnages ont une page Facebook alimentée pendant et en dehors de la diffusion, pour donner une dimension de réalité. Ce dispositif présente un autre avantage : vérifier l’adhésion du public à la série. Vous trouverez plus d’informations sur ce dispositif sur Bigger Than Fiction.
Une saison 2 a déjà été commandée.

The Deep End :

La série compte deux saisons à ce jour, une troisième est en préparation. Elle est née à l’occasion d’un concours organisé par le Ministère des Finances et du Travail polonais, dans le cadre de la promotion des métiers des services sociaux. Le ministère a contribué au financement, de même que l’Union Européenne.
The Deep End a connu un succès critique et à l’international : elle a été récompensée aux festivals de Monte Carlo, Chicago, Turin, et a été vendue à 10 pays.
Les soap opéras sont plus fréquents dans le paysage télévisuel polonais, il y a très peu de drama en prime time.

In America :

In America est une idée des comédiens principaux. Ils ont soumis le projet à Making Prod qui l’a proposé à OCS. La chaîne a signé sur la base d’une bible et d’un épisode dialogué (ses modalités de sélection des projets diffèrent de celles des autres chaînes).
La série a été réalisée en 15 jours aux Etats-Unis et 6 en France. Pour les Etats-Unis, l’équipe a tourné à Las Vegas, au Grand Canyon, il y a vraiment eu une possibilité de voyager à travers le pays (sauf pour certains lieux : par exemple, les scènes à Chicago n’ont pas été faites à Chicago). Elle compte à ce jour 10 épisodes de 20-26 minutes.

 

Autres éléments abordés :

— Le rythme de tournage des séries low-budget est intensif. La réussite du tournage repose sur une excellente préparation en amont.
— La participation des acteurs n’est pas forcément subordonnée au cachet. Ils sont d’abord intéressés (en général) par la valeur du projet : si l’histoire, l’équipe leur plait, ils acceptent de mettre au second plan la question de la rémunération. Ainsi, série low-budget ne signifie pas automatiquement impossibilité d’avoir d’un acteur, réalisateur ou producteur renommé. Par exemple, The Deep End compte parmi son équipe un acteur connu en Pologne.
— Au niveau de la liberté de création, In America a eu les mains libres. Sur Cut, il y a eu des aller-retour, mais les décisions ont été prises rapidement étant donné le rythme intensif de la production. Pour The Deep End, le Ministère des Finances et du Travail a lu les scripts et a demandé à la production de réduire le nombre de mots vulgaires, demande que la production a suivie.
— A la question de savoir si un faible budget est uniquement une contrainte ou peut, à l’inverse, être un levier de création, Stéphane Drouet a confié que sur In America, conçue comme un road movie, les contraintes ont plus été liées aux lieux de tournage qu’au budget.
— Un budget moindre est compensé par une augmentation de la productivité : chacun doit faire des efforts au niveau de la rémunération et de la charge de travail.
— La contrainte budgétaire a des répercussions sur la façon de produire : aucune lumière n’a été utilisée sur Suspects. Paul Marquess n’aurait jamais cru cela possible avant de travailler sur Suspects. Ce genre de projet amène à tout remettre en question et favorise le dialogue entre la production cinématographique et la production de séries low-budget, car même avec peu, ces séries arrivent à conserver une qualité artistique.
— Cut a bénéficié du financement de France Ô, du CNC, de la région où la série est tournée, et de la marge du distributeur. On peut évaluer le coût de la saison 1 à 4/6 millions d’euros pour 70 épisodes. Chaque épisode de In America a nécessité 50 mille euros. OCS, le CNC et le distributeur ont participé au financement. Le budget de la saison 2 sera plus élevé. Le budget alloué à The Deep End s’élève à 1,5 million d’euros pour 13 épisodes.

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Exportation des séries et le format"
Table ronde "Ecrire une saison 2 : quels enjeux & risques ?"

N’hésitez pas à découvrir les photos du festival : Galerie photo

Sériecalement vôtre,
VK

02 mai 14

SERIES MANIA SAISON 5, MASTER CLASS NIC PIZZOLATTO

 

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Nic Pizzolatto a honoré le festival de sa présence lors de la master class du 23 avril animée par Pierre Serisier, pour partager son expérience de True Detective, qu’il a créée et écrite, et qui a ensuite été diffusée sur HBO. La série présente une enquête différente à chaque saison. Dans la première, nous suivons les inspecteurs Marty Hart (Woody Harrelson) et Rust Cohle (Matthew McConaughey) dans leur investigation sur des meurtres en série commis en Louisiane. La saison alterne entre témoignages du présent de ces deux protagonistes et évènements du passé.

 

Quelques mots sur l’homme

Nic Pizzolatto est né en 1975 à la Nouvelle Orléans, en Louisiane, et a grandi à Lake Charles. Il a participé à l’écriture de la série The Killing, alors qu’il était encore assistant à l’université. En 2010, il connaît un franc succès avec la publication de son roman, Galveston.
Pizzolatto a toujours été attiré par les histoires et a toujours eu un profil artistique. C’est ainsi qu’il s’est naturellement lancé dans l’écriture, après la fac. A la question sur la raison du choix du genre policier, Pizzolatto a répondu ne pas être attiré par un genre en particulier. Il est d’abord intéressé par les personnages au bord du gouffre. Il s’est avéré que le crime était une opportunité pour développer les personnages ainsi que les différentes facettes de la société : le policier permettait de croiser ces divers éléments.
Nic Pizzolatto est venu au festival avec son ancien professeur de littérature, devenu un ami proche. Ce dernier l’a guidé dans ses expériences littéraires. Pizzolatto a aussi été serveur pendant quatre ans.

 

Génèse de True Detective

Nic Pizzolato souhaitait percer dans la télévision car à ses yeux, la télévision offre de très bonnes opportunités en termes de projets, d’idées. Les scénaristes avec lesquels Pizzolatto a échangé lui ont conseillé d’écrire un bon pilote pour se frayer un chemin. S’en est suivi l’écriture de six scénarii, dont celui du pilote de True Detective. Nic a vendu plusieurs projets, sauf celui de True Detective car il voulait mener par lui-même son propre projet. True Detective a véritablement décollé lorsque Matthew McConaughey a lu le script et a tout de suite voulu incarner Rust Cohle. Pizzolatto s’est orienté vers McConaughey pour les anciens rôles qu’il avait joués et aussi parce qu’il voulait un acteur avec une dimension physique, un « physical man » en plus de l’épaisseur psychologique. Pour le second protagoniste principal, Marty Hart, c’est Matthew McConaughey qui a soufflé le nom de Woody Harrelson.

La réalisation de la saison 1 a été confiée à un seul homme, Cary Fukunaga. Ceci a pour avantage de mettre les acteurs plus à l’aise dans la mesure où ils n’enchaînent pas les tournages sous la houlette de plusieurs réalisateurs, de faciliter le dialogue entre membres d’une même équipe. Les choses changeront pour la saison 2.

 

Débat autour des extraits

Extraits diffusés :
* La discussion entre Hart et Cohle dans la voiture sur la longue route (épisode 3).
* Le témoignage de Cohle + l’arrivée de Cohle et Hart chez Reggie Ledoux.
2 courts passages, dont l’interrogatoire dans la caravane des prostituées.

— Rust Cohle est l’archétype du flic dur auquel Pizzolatto a ajouté la capacité à philosopher. La comparaison de Hart  en représentation de l’américain moyen qui joue au football, se marie et fonde une famille a été soulevée, mais Pizzolatto ne le voit pas en unique image d’épinal de l’américain moyen.
— L’investigation permet à Rust et Cohle d’atteindre deux objectifs : la résolution de l’enquête et la recherche d’une façon de vivre. La quête de la justice sert de prétexte pour justifier la façon dont ils travaillent et vivent au quotidien dans un premier temps. Au fur et à mesure de l’enquête, il va s’agir de trouver une façon de vivre.
— La relation entre Hart et Cohle n’est pas à concevoir comme une relation avec des antagonismes. Au contraire, il y a des symétries entre ces personnages. Ils sont intimement liés. Tout commence par la simple relation de travail : ils sont coéquipiers, puis tout au long des épisodes, ils deviennent indispensables l’un pour l’autre. Ils partagent un lourd secret (cf. Reggie Ledoux). A la fin, chacun est la seule personne qui connaisse vraiment l’autre. Ainsi, la réplique « without me there is no you » prend tout son sens.
— True Detective peut être comparée à un voyage qui se matérialise par les fréquentes scènes dans la voiture sur la route. Le thème de la rédemption imprègne également la série et est un thème cher à Nic Pizzolatto. La série est aussi marquée par le thème du souvenir, de la mémoire : le témoignage de Marty et Rust et leur partage d’une histoire commune dans ses moindres détails bien des années après les évènements, les représentations visuelles (ex : le panneau « who killed me ? » - qui m’a tuée ? -). Pour Pizzolatto, les hommes se définissent par l’histoire qu’ils racontent, d’où cette notion de storytelling essentielle et très présente dans l’oeuvre.
— Certaines critiques US ont désigné True Detective comme série anti-religieuse. Pizzolatto la considère comme un show qui ne se limite pas à la simple confrontation pro-religieux / anti-religieux, ou toute autre confrontation. Néanmoins, il est vrai que sans être anti-religieuse, elle n’est pas non plus pro-religieuse. True Detective est avant tout un show qui s’oppose au « not thinking », l’absence de réflexion.

 

Pour la saison 2 :

— Elle se déroulera en Californie. Elle nous montrera une image de cet état différente de celle qu’on a habituellement en tête.
— Il y aura trois personnages principaux.

 

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Sériecalement vôtre,
VK

 

 

 

03 févr. 13

MURDOCH MYSTERIES, SAISON 5

(diff fr)

J’avais fait une éloge de la saison 4 de cette série, et je vais continuer cette éloge avec cette saison 5. Je vous assure que j’ai beau essayer de trouver une critique acerbe sur cette série, je n’y arrive pas. Ou autre solution : comme le dit l’adage, l’amour rend aveugle et dans le cas de Murdoch, peut-être suis-je tellement obnubilée par cette série que j’en ai perdu toute capacité à prendre du recul. Toujours est-il que tout comme pour la saison 4 (et en fait, pour toutes les précédentes), je ne suis jamais sortie déçue des épisodes de la saison 5. Enquêtes toujours aussi complexes, inattendues, résolues avec brio grâce au sens du détail et de la réflexion de Murdoch et ses trouvailles technologiques. Mention spéciale à l’épisode sur la mort de l’inventeur, et surtout celui du tueur aux poupées, qui avait le point très positif de confronter Murdoch à un ennemi redoutable qui je pense, nous fera le plaisir de revenir dans un futur épisode, étant donné le sort qui lui a été réservé à la fin de celui cité. Surtout, ce volet avait l’avantage de nous montrer une Julia Ogden en danger et heureusement sauvée in extremis par notre inspecteur Murdoch ! Quant à l’épisode sur le groupe expérimentant le passage vers l’au-delà, il nous plaçait dans une ambiance étrange, déstabilisante (je l’ai moins aimé que les autres, mais passons), et pour le dernier de la saison, il m’a fait un peu peur à un moment, quand William déclarait avoir voyagé dans le futur. Je me disais « WTF ?!?! , Murdoch Mysteries abandonne la rationalité scientifique qui fait tout son charme ? Ça ne va plus du tout ! » Heureusement, plus de peur que de mal, tout s’expliquait …

 

Faisons halte sur le docteur Ogden… Non, en fait il y a quand même quelque chose que j’ai moins apprécié cette saison, à savoir le retrait du docteur Ogden. Une fois mariée, celle-ci se retire pour ouvrir son cabinet, et donc on la voit beaucoup moins qu’auparavant. J’exagère car on la voit dans quelques épisodes, mais voilà, elle revient histoire de revenir de temps en temps. A croire que c’était vraiment fini entre elle et Murdoch (ce que je croyais avant de voir le season finale). Je ne sais pas si cette diminution de présence à l’écran relevait d’un choix personnel de l’actrice ou de celui des scénaristes, et pour être honnête, je n’en ai pas cherché la raison. Au départ, j’étais ravie de voir le docteur Grace se joindre au docteur Ogden. D’une part parce qu’on avait un deuxième personnage féminin, ce qui est agréable ; et d’autre part, parce que ce personnage, étant elle aussi médecin, allait pouvoir être intéressant. J’avais pensé que les deux femmes formeraient un duo, un peu à la manière de Ducky et Palmer dans NCIS, avec la dynamique mentor/élève Mais non, Murdoch Mysteries a évincé Ogden de la morgue. Je suis persuadée qu’on aurait pu développer un peu plus sa « nouvelle vie ». Chose qui avait été plutôt bien entamée avec son combat pour la contraception, mais qui a soudainement disparu (j’imaginais déjà une intrigue avec l’homme anti-contraception auquel Julia avait affaire). On a quand même revu Julia, mais c’était globalement moyennement intéressant. J’espère qu’elle reprendra une place importante, parce que j’ai l’impression que Grace a pris la place du personnage féminin principal, or je préfèrerais qu’il y en ai deux. En tout cas, la nouvelle orientation professionnelle de Julia au season finale a l’air prometteur pour un nouveau souffle à la série. Vous aurez remarqué le nombre d’orientations professionnelles qu’elle a pris en un temps relativement court : en deux ans, elle officie dans un hôpital pour enfants, revient à la morgue pour ensuite ouvrir un cabinet avant de se diriger vers la psychiatrie ! Elle pourrait être l’ancêtre des profilers… Sinon, autre retournement de situation qui m’a étonnée : je pensais vraiment que Crabtree allait prendre du grade, or cela n’a duré qu’un temps. Peut-être que ce sera pour une prochaine fois. En tout cas, cette situation serait très intéressante à explorer et développer : elle permettrait de secouer la série en lui insufflant une nouvelle dynamique. Crabtree deviendrait le disciple de Murdoch…

 

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Toutefois, on oublie vite ces petits points négatifs que j’ai soulevés ci-dessus pour retenir les retrouvailles entre Julia et William !! Hourrah !! Victoire !! J’étais trop contente !! Il faut dire que je trouve ces deux-là tellement bien ensemble, intellectuellement et sentimentalement. D’habitude, je ne suis pas trop pour les relations entre collègues, mais je trouve que Murdoch Mysteries a bien développé cette relation. Il y a quelque chose dans cette série qui fait que ce ship ne dérange pas, n’est pas soulant. C’est d’abord un ship intellectuel : ils discutent des cas, font des hypothèses, se stimulent réciproquement en faisant des suggestions, etc. On ne nous abreuve pas de scènes du style « ils se sont retrouvés seuls quelque part, et séparés par seulement quelques centimètres, ils se sont embrassés fougueusement et ont fini au lit ensemble ». Enfin, je n’ai pas le souvenir d’une telle scène, mais si elle s’est produite, veuillez m’excuser de cet oubli et ignorez les quatre lignes d’en haut. Quand même, ils en auront mis du temps, ces deux-là ! D’abord Julia qui part pour officier à l’hôpital pour enfants malades, puis qui revient fiancée (pourquoi s’est-elle fiancée si vite, pardi ?!?!?), et Murdoch, qui la laisse épouser Darcy alors qu’elle lui avait laissé la porte grande ouverte pour la reprendre ! Finalement, tout est bien qui finit bien : ils s’aiment et se dévoilent au commencement de l’année 1900. J’ai bien ri à la manière dont Julia annonçait à William sa séparation avec Darcy. Encore heureux que Murdoch ait compris que sa venue était motivée par un autre sujet que celui de sa énième reconversion… Autre ship mignon à voir, celui entre Grace et Crabtree. Ils sont pas mal, ces deux-là.

 

Autre point agréable : les rencontres de Murdoch avec les divers hommes illustres, tels Jack London, Henry Ford, Bell. C’était sympathique de la part des scénaristes d’imaginer que William avait inspiré London pour son célèbre L’appel de la forêt (découvrir William en chercheur d’or au début de la saison était surprenant), tout comme l’était d’écrire une histoire de concurrence entre Ford et Pendrick sur la voiture à essence vs la voiture électrique. Finalement, l’idéal de Pendrick s’est concrétisé, mais bien plus tard que prévu… Même si c’est une fiction, je pense tout de même que certains hommes à cette époque ont du avoir ce même état d’esprit visionnaire que Pendrick. Quant à Murdoch, le voir s’éclater comme un gamin de 10 ans avec le bolide de Pendrick était tout simplement hilarant. De même pour l’affaire de la rage de dents de Brackenreid et son stratagème pour éviter le dentiste qui échoue, grâce à l’ingéniosité de Crabtree ; ou l’espionnage de l’équipe de base ball du poste concurrent par Brackenreid et Crabtree. Les histoires hors enquêtes sont fort divertissantes et contrebalancent bien avec la complexité de certaines affaires. En fin de compte, on a eu des investigations brillantes ; des moments de tension et rebondissements de situation, notamment avec Anna Fulford (j’ai vraiment cru qu’elle était morte) ; des retours de personnages rencontrés dans des épisodes précédents (comme Pendrick). Et ce dernier point contribue à apprécier Les Enquêtes de Murdoch car ces retours donnent une certaine continuité à la série, i.e., elle ne se réduit pas qu’à une simple succession d’investigations totalement indépendantes les unes des autres. Avec l’apparition de personnages historiques dont la présence est utilisée de façon crédible, cela confère à la série un charme indéniable.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

23 juil. 12

BANDES ANNONCES (23/07/2012)

Breaking Bad

Episode 5*03 “Hazard Pay”

 

Falling Skies

Episode 2*08 “Death March”

 

Leverage

Episode 5*03 “The First Contact Job”

 

Weeds

Episode 8*05 “Red in Tooth and Claw”

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