11 sept. 14

PERSON OF INTEREST, SAISON 3

Diff US, AVEC SPOILERS

Quel chemin parcouru depuis la saison 1 ! La série a su habilement explorer la mythologie relative à la Machine, Decima et le passé des personnages sans tirer un trait sur les épisodes « POI de la semaine ». Sur ce dernier point : oui, il y a eu de temps en temps des moments moins palpitants que les autres de la saison 3 et des précédentes, cependant, j’ai envie de garder à l’esprit qu’avec une vingtaine d’épisodes à faire par année, il n’est pas facile de toujours être parfait. Alors soyons indulgents et réalistes, d’autant plus que ces épisodes « moins » sont contrebalancés par les autres « plus », la mythologie et la tournure qu’a prise POI.

 

Au cours des saisons, les intrigues hors POI du jour se sont nettement enrichies tout en gardant une cohérence remarquable entre les dizaines et dizaines d’évènements et de personnages. La série a mué au fil du temps. D’une saison 1 davantage centrée sur les cas POI avec des étincelles de mythologie, la série est passée à une saison 2 où cette mythologie a pris de l’importance, avant de s’imposer encore plus dans la saison 3 et d’amener les héros dans une autre direction pour la saison 4. De sauveteurs œuvrant dans l’ombre dans une relative tranquillité, les héros de Person Of Interest sont désormais eux-mêmes traqués par Decima. On a clôt le chapitre HR assez tragiquement pour se consacrer à d’autres menaces : Decima et Vigilance.

 

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Je dois avouer qu’au départ, je trouvais l’intrigue Vigilance ennuyeuse. On avait toujours le même refrain : un groupe radical de la protection de la vie privée qui ne fait que débarquer, tirer dans le tas et s’évanouir dans la nature, à un moment, ça a fini par devenir redondant et franchement pas captivant. J’attendais un peu plus d’insight sur ce groupe. Attente très bien servie lors des flashbacks sur Collier, à la fois touchants et révélateurs des dérives de la surveillance, de l’obsession de la protection des intérêts nationaux, de l’interprétation des données. Sans adhérer aux méthodes, on avait de la compréhension pour les motivations de cet homme et le groupe. L’épisode d’introduction de Vigilance, celui où le POI dirige une société de collecte et revente de données privées était intelligent et inquiétant. En effet, on voyait les abus de ce système (surtout quand des gens peu scrupuleux le contrôlent) et on ne pouvait s’empêcher de penser à ce qui se fait aujourd’hui (publicités ciblées, vente de données…).

Décima, quant à elle, s’est érigée comme le nouveau méchant de l’histoire. Une fois de plus, on retrouve les thèmes sur les ratés de la surveillance, le pouvoir que confère un tel système à celui qui en est à sa tête. L’organisation a désormais Finch, Reese, Shaw et Root dans le collimateur, et s’est débarrassée de Vigilance, ce qui est un peu dommage car après les flashbacks sur Collier, j’avais envie de revoir ce mouvement qui aurait pu devenir un allié ambigu de Finch & Co. Il ne reste plus qu’à découvrir ce qui va advenir dans la quatrième saison.

C’était une excellente idée de relancer la dynamique avec l’introduction de Samaritan, la Machine n°2. On a désormais deux systèmes utilisés par deux camps aux motivations opposées.

 

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Maintenant, quid des épisodes en eux-mêmes ? Certains m’ont particulièrement marquée (liste dans le désordre) :

Je répète : ATTENTION SPOILERS

1/ L’épisode 2, avec le directeur de l’entreprise collectant les données personnelles :

Comme écrit plus haut, cet épisode a adressé avec justesse et réalisme des problématiques relatives à certains usages d’aujourd’hui. Si on peut taxer les défenseurs de la protection de la vie privée de gens qui ont peur de l’évolution, ont forcément quelque chose à cacher, cet épisode montre qu’il y aura tôt ou tard un couac aux lourdes conséquences si on fait n’importe quoi. D’ailleurs, quand on pense au nombre de sites (officiels : banques, entreprises…) et organismes à qui on a communiqué des données privées, on peut aussi s’interroger sur le problème des usurpations d’identité… Les grandes interrogations est : que collecter ? comment utiliser et sécuriser ce qui a été collecté ?

2/ Les épisodes 9 et 10 :

Vous pouvez lire les review que j’ai faites : épisode 9, épisode 10. En quelques mots : tristes, choquants, et magnifique jeu de Jim Caviezel (il lui faudrait un Emmy rien que pour son jeu facial).

 

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3/ L’épisode 16 :

On découvre qu’il y a eu un John Reese n°1 ! Quel cachotier, ce Finch. Un John Reese n°1 qui a conduit Harold sur la route du John Reese n°2 et toujours en service à ce jour. Sauf que le premier, Dillinger, était différent du second. Devant les secrets de Finch, Dillinger a préféré déguerpir en se servant au passage. Attitude qu’on peut nous-mêmes comprendre, vu le caractère opaque de Finch. L’aventure a, pour le second, réveillé une parcelle d’humanité et de justice. John Reese n’a plus été qu’un simple tueur : son geste (laisser fuir Daniel Casey) a fait tilt dans l’esprit de Finch. Plus tard, Reese, le tueur brisé, trouvera une véritable seconde chance auprès de Finch. En outre, John était plus disposé à travailler avec un associé très secret.

A noter que j’apprécie particulièrement le personnage de Kara Stanton, revue dans les flashbacks. Je la préfère même à Shaw. Stanton est la version féminine de Reese, en plus endurcie dans l’exécution des ordres sans broncher d’un poil. Je lui trouve un quelque chose qui me fait avoir plus d’affinité pour ce personnage que pour certains autres féminins. Dommage qu’elle soit décédée car j’avais bien aimé le fil rouge qui lui avait été concocté. Pour revenir à l’épisode : un bon mélange d’humour, de rencontres mouvementées et de théories du complot.

 

4/ L’épisode 5 :

Une histoire très sympathique entre Shaw et la jeune POI. On découvrait, en même temps que Shaw elle-même, une nouvelle facette de ce personnage dont on ignorait l’existence. Shaw était challengée par ce POI. Shaw s’est démenée avec une ferveur et une fibre maternelle (pour Shaw, on va dire ce qui se rapproche de ce qu'on appelle fibre maternelle)  inhabituelles : ce n’était pas qu’une simple POI à sauver en déployant toutes ses compétences.

5/ L’épisode 21 :

Beaucoup d’émotion et de tristesse dans cet épisode où Finch se sacrifie pour Grace et où les deux se croisent sur le pont sans que Grace puisse comprendre qu’elle vient de « revoir » l’homme qu’elle aime. Cette fois-ci, par sa requête à Reese et Shaw, Finch est prêt à franchir par amour un cap qu’il a toujours refusé de faire : attaquer physiquement une personne.

 

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6/ Les épisodes 22 + 23 :

L’étau se resserre sur Finch, Reese, Shaw et Root, et également sur les dirigeants du projet de la Machine. Quant à Collier, au cours de son parcours, il s’est extrémisé. Dommage que Vigilance ait été anéantie dans la fin de la saison 3. A mettre sur le compte de la nécessité de faire un peu le ménage pour insuffler une nouvelle dynamique et développer tout son potentiel dans la saison 4. Cependant, je ne serai pas contre un retour ponctuel de Vigilance : en flashbacks par exemple, ou plus tard. Peut-être que cette page Vigilance n’est pas totalement tournée ? Les flashbacks sur Collier et la raison pour laquelle il a rejoint ce groupe étaient très intéressants et donnaient de la profondeur au personnage et au mouvement.

Samaritan semble nettement plus dangereux que la création de Finch, davantage à cause de la personne qui contrôle ce nouveau système, à savoir Greer. Comme Dillinger et Stanton peuvent constituer à bien des égards un parallèle/antagonisme avec John, Greer est le reflet maléfique de Finch. Pour la première comparaison : à l’inverse de John, Kara n’a jamais flanché par compassion quand il s’agissait d’exécuter un ordre et a choisi la vengeance quand le gouvernement l’a trahi. Reese a fait preuve d’humanité et a choisi la rédemption, l’aide aux personnes en danger. Il a choisi d’avancer sans oublier l’homme qu’il a été. On peut parler aussi de reconversion professionnelle puisque Reese réutilise ses compétences non plus pour tuer mais éviter les drames.  A l’inverse de John, le premier homme en costume préférait ses intérêts personnels. Greer, quant à lui, est l’homme puissant, distingué, cultivé comme Harold, mais voit en la technologie une arme de pouvoir. Harold est conscient de ce point et a choisi d’agir pour éviter que cette technologie ne soit utilisée à des fins destructrices. Greer est lui aussi mystérieux : d’où vient-il ? quel est son parcours ? 

 

7/ L’épisode 11 :

On s’aperçoit qu’Harold Finch, avant d’être Harod Finch, a été un adolescent comme les autres ! On aurait pu s’attendre au portrait traditionnel du jeune garçon maigrichon, les cheveux gominés, énormes lunettes hideuses, dans son monde et souffre-douleur de ses camarades. Et bien non, surprise ! Harold avait des potes, faisaient les 400 coups, n’était pas du tout renfermé. Sa relation avec son père et ce qui lui arrive sont très touchants. D’une certaine façon, Harold était déjà seul dès sa plus tendre enfance, avec un père atteint d’Alzheimer. Vraiment bien joué de la part des scénaristes de nous avoir pris à contrepied.

 

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Après les épisodes, quelques remarques sur les personnages :

Je m’attarderai sur deux protagonistes en particulier : Lionel Fusco et Root.

Le développement des intrigues autour de la Machine a un inconvénient majeur : elle censure le rôle de Lionel Fusco, maintenant cantonné aux apparitions ponctuelles pour donner un coup de pouce à Reese. Ces apparitions sont toujours les bienvenues, cependant, j’ai plus l’impression que Fusco a été rétrogradé au rôle de guest qui apporte la touche comique du jour. On avait déjà le même problème avec Carter (quand elle n’avait pas ses propres combats à mener) et si elle n’avait pas été éliminée en même temps que HR, je me demande comment son évolution aurait pu s’intégrer au reste des intrigues. Bien que triste, son départ était cohérent, au vu de la place de Fusco aujourd’hui. C’est un personnage désormais très secondaire, en ce sens qu’il n’est pas personnellement impacté par la Machine comme le sont les autres personnages. Il n’a pas été trahi par le gouvernement lui-même à l’origine du projet de la Machine. Il n’est pas un fanatique de la technologie. Il a juste un lien indirect (à travers les autres protagonistes). Ce lien peut tout à fait rester indirect, mais comme je me suis habituée à ce personnage, pourquoi ne pas l’inclure plus souvent en tant que support important ? Par exemple, pour aider Finch et le reste de la bande dans leur fuite face à Decima. Ou alors l’impliquer un peu plus dans la mythologie.

Au contraire de Lionel, Root a fait son chemin dans la série et est devenue une alliée de Finch. Ce personnage reste néanmoins ambigu : son parcours n’est pas forcément clair. Dit autrement : j’ai du mal à la cerner, mais je suis sûre d’au moins une chose : elle veut protéger la création de Finch. Sinon, j’ai un peu de mal à adhérer au fait que la Machine lui parle, mais bon, passons… Autre point à considérer : les scénaristes ont-ils prévu quelque chose de plus ambitieux pour Root et son groupe ? Si oui, comment cela va-t-il impacter le reste des héros ? Ce groupe va-t-il épauler Finch, Reese et Shaw dans leurs missions POI dans un avenir proche ? Ou va-t-il se dévouer au combat contre le gouvernement ?

 

En trois années, Person Of Interest a réussi à entraîner le spectateur dans un univers complexe et passionnant, et à ouvrir de nouvelles portes pour la saison 4, qu’il nous tarde de savourer. Si vous ne connaissez pas encore, il n'est pas trop tard : TF1 rediffuse en ce moment la série le dimanche après-midi.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK


15 janv. 14

PERSON OF INTEREST, EP. 3*09

Le combat ultime...

(diff US, AVEC SPOILERS)

 

Cet épisode et aussi le suivant (3*10) marquent un tournant dans la série : ils sont à la fois la fin et le début d’un chapitre. La fin de HR, la fin de Carter. Le début d’une nouvelle New York enfin débarrassée de ces policiers corrompus qui n’étaient que le haut de l’iceberg et d’une redistribution des rôles et dynamiques entre personnages… La conclusion du chapitre HR arrivait à bon point. Entre HR, Root, Elias et sa bande, et le nouveau groupe fanatique de la protection des données, et toutes les autres intrigues à long terme, cela commençait à faire un peu trop. On risquait de se perdre et de s’ennuyer dans diverses intrigues s’éternisant et perdant de leur force. On voyait HR depuis le début de la série et après plus de deux ans, il fallait y mettre un terme pour se recentrer sur les autres histoires.

 

POI 1

 

Entrons plus en détail dans le 3*09. Honnêtement, il s’agissait d’un épisode assez classique selon les codes de Person Of Interest. En effet, si l’on regarde bien, on avait le schéma général suivant : Reese et Carter doivent garder l’oeuil sur quelqu’un et le groupe est poursuivi par une troupe d’hommes souhaitant les éliminer. En plus détaillé : la personne sur laquelle il faut veiller n’est autre que le boss du HR et les chasseurs ne sont autre que les hommes du HR. Au lieu d’avoir Reese essayant de cacher dans les immeubles de Big Apple et sauver la vie d’un POI face à une horde d’hommes le menaçant, on a Reese, avec Carter, essayant de rester en vie pour amener la tête du HR au FBI. Mais, dans l’ensemble, on a bien le contexte traqués-traqueurs-jeu de cache-cache à travers New York. Bien sûr, pour ne pas déroger à la règle, Reese se balade avec aisance dans les couloirs d’un bâtiment et met KO tous les assaillants (ou alors ceux-ci sont vraiment nuls). Bref, cette partie était correcte. Après tout, pourquoi pas ? Trop de fantaisie (batailles mettant à feu et à sang la ville) aurait sans doute été too much.


Le baiser Reese/Carter était inattendu, voire même choquant. Pas dégoutant, mais étrange, incongru. Pourquoi je dis ça ? Parce que j’ai toujours vu Reese et Carter dans une relation de profond respect mutuel. Ils se ressemblent par leur caractère tête brulée (à des niveaux différents ou le terme déterminé serait plus approprié), leur solitude, leurs blessures de guerre. L’allusion à ces blessures dans la morgue était la bienvenue, histoire de détendre l’atmosphère, si on peut se détendre dans une telle situation. Par contre, le baiser faisait trop « c’est bientôt la fin alors tant pis, je tente ma chance avec ce baiser », un peu comme dans ces films/séries où les deux héros sont grave dans le pétrin et perdent leur temps à s’embrasser au lieu de s’activer à trouver une solution. Cela manquait de sérieux.

 

POI 2

 

La partie avec Fusco était oppressante. J’ai vraiment cru que son fils avait été tué. Heureusement Shaw est arrivée à temps pour le sauver. Je dois dire que le type qui gardait Fusco n’était pas très malin : à sa place, je me serai posée des questions en entendant Fusco remercier mon complice qui vient d’assassiner son enfant. Mais bon, non, aucune réaction…

 

Et bien sûr, comment parler de cet épisode sans s’attarder sur la disparition de Carter ? Elle fut soudaine, pile au moment où on ne s’y attendait pas, au moment où on se disait « c’est fini, elle a gagné, elle reprend son grade de lieutenant ». Certains pourraient préférer une mort survenue au cours d’un échange de tirs avec HR dans la morgue, une disparition sur le champ d’honneur, en pleine action, en plein accomplissement de son devoir de flic. J’ai pensé à cela aussi, mais en définitive, l’option retenue avait de quoi être brutale. Cette soudaineté et la présence de Reese (et Finch, mais surtout Reese) accentuaient le côté tragique de la chose.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

04 nov. 13

THE FOLLOWING, SAISON 1

Diff us

 

Vous pouvez d’abord lire ma review du pilote ici.

following 1

Que penser de cette première saison ? A vrai dire, je suis partagée, mais j’ai envie de  donner une chance à cette série. Je dirai que la série est prometteuse et que la première saison relève du processus pas évident de mise en place de l’univers, avec ses éléments positifs et moins positifs. Le thème du tueur en série qui fonde un cercle d’admirateurs et cherche à se mesurer à l’agent du FBI qui l’avait arrêté est captivant. De façon très générale, je me suis attachée à plusieurs personnages des deux camps, j’ai été satisfaite par les différentes intrigues. Le jeu du chat et de la souris n’était pas mauvais, quoique les autorités paraissaient plus subir ce jeu que le maîtriser (et quand ça dure trop longtemps, c’en devient barbant). D’autres éléments m’ont un peu ennuyée car ils faisaient traîner les choses en longueur. Je pense au triangle amoureux Jacob-Emma-Paul (et aussi aux autres relations amoureuses) qui a commencé à m’agacer à un moment, de même que leur escapade dans la demeure semblait durer une éternité pour pas grand-chose. Les va-et-vient entre « nous avons localisé Joey » et « nous l’avons encore perdu » m’ont fait me demander avec perplexité si cela n’allait pas devenir le seul sujet de la saison 1. Le serial killer du siècle tournant en rond dans sa prison puis dans son bureau dans le repère de la secte m’ont fait douter de son intérêt en termes de développement du personnage. A plusieurs reprises, Joe Carroll (ou du moins, ses scènes) ne ressemblait pas  vraiment à ce que j’attendais d’un leader de culte : autoritaire, sûr de lui, actif dans la mise en place des différentes actions. On le voyait surtout narguer les agences fédérales, parler avec ses fidèles, maugréer face à son manque d’inspiration pour son nouveau roman. Souvent, j’avais plus l’impression que ses fidèles, principalement Roderick, maîtrisaient davantage la situation que lui. Alors certes, Caroll était en prison pendant un certain nombre d’années, mais même à sa sortie, j’avais un peu de mal à croire en son statut de leader suprême. Le jeu du chat et de la souris qui s’éternise (à cause d’autres éléments s’éternisant eux-mêmes) a estompé mon envie d’aller jusqu’au bout. L’association de tous ces éléments a plusieurs fois freiné mon intérêt pour cette série (je vous avoue avoir volontairement zappé plusieurs scènes tant je voulais avancer). Alors que le pilote était bon et alléchant, des épisodes suivants ont fait ralentir le rythme avant de l’accélérer à nouveau (peut-être à partir de l’évasion de Joe). Il y a eu des moments d’essoufflements par-ci, par-là. Personnellement, The Following devrait réduire le nombre d’épisodes par saison : en faire dix-douze (douze grand maximum) par saison. Ceci permettrait de condenser l’intrigue et la rendre plus intense, et éviter un approfondissement inutile de certains éléments.

 

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Parlons maintenant des protagonistes. Le « problème » de The Following est le suivant : il est dangereux de s’habituer/s’attacher à un personnage car la survie de celui-ci dans la série n’est jamais chose acquise. Qui restera-t-il à la fin ? (si ça se trouve, plus personne^^).  The Following nous a offert une hécatombe au cours de la saison, et a supprimé plusieurs personnages qui se démarquaient des autres, étaient plus attirants que Hardy et Carroll eux-mêmes, et auraient pu connaître un développement intéressant. L’agent Parker, Jacob et Roderick faisaient partie de ceux-là. Pourquoi ? Pour Parker : son passé en tant qu’ancienne membre d’une secte. La confrontation avec le culte de Carroll aurait pu la déboussoler à un moment. La mort de cet agent est l’une des plus horribles et tristes de cette première saison. Franchement, je n’avais pas envie qu’elle disparaisse. Je ne sais pas pourquoi, je lui trouvais du caractère, une présence. Pour Jacob : à mes yeux, son évolution est la plus captivante. Parce qu’on découvre qu’il a menti sur le fait d’avoir déjà tué. Parce qu’il garde une part d’humanité, de compassion lors du passage avec la fille que Paul a kidnappée. Parce qu’il franchit un cap en tuant Paul, s’engouffre dans le mal et par la même occasion, s’élève en homme fort du groupe d’adeptes, volontaire et déterminé. Parce que finalement, il finit par se remettre en question et à se détourner de cette adoration jusqu’au sacrifice ultime pour un homme.  Le personnage est passé par trois étapes : l’adepte un peu timide, pas très sûr de lui ; l’adepte trahi qui se transforme enfin en guerrier ; l’adepte qui met en doute les plans du maître. Pour Roderick, je dirai que sa rébellion contre Joe aurait pu déboucher sur la création d’un autre groupe. Le gars avait les capacités pour le faire, vu tout ce qu’il avait déjà mis en place pour Joe.

Maintenant, quid de Ryan Hardy ? Je l’avoue, son personnage ne m’a pas transportée plus que ça. L’homme a ses parts d’ombre et porte le poids des morts causés par ce nouveau combat contre Carroll. Sa relation avec l’ex-femme de Carroll n’était pas ce qu’il y avait de plus croustillant, mais bon, elle avait son rôle à jouer dans l’histoire. J’ai bien aimé sa vengeance suite au décès de Parker. Je me demande si cela ne va pas retomber sur lui un jour ou l’autre. Quant à l’ex de Joe, elle a peu à peu sorti ses griffes et entrepris des actions (par contre, pourquoi n’a-t-elle pas poignardé Joe dans les poumons ? cela aurait mis un terme à tout ça une bonne fois pour toutes, mais aussi aurait un peu tué la série^^). C’est une femme de caractère. Emma, jeune femme aux allures de fille innocente, s’avère être une manipulatrice et fanatique. Son personnage a de quoi donner des frissons.

 

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Enfin, je regrette qu’on n’en sache pas plus sur le processus de transformation des fidèles du statut de personnes lambda à celui d’adorateurs prêts à tuer. On a eu des flashbacks davantage centrés sur l’époque où ils avaient déjà embrassé l’idéologie. Quel était leur passé ? Comment ont-ils rencontré Joe Carroll ? Qu’est-ce qui les fascinait chez cet homme ? Comment se sont-ils métamorphosés ? J’aimerais bien voir quelques exemples pour les prochaines saisons. Et pour finir sur une note positive, je remercie The Following de ne pas avoir proposé des épisodes du style « le follower du jour ». Les followers étaient introduits quand il le fallait, certains étaient suivis plus que d’autres parce que c’était logique de procéder ainsi.

Conclusion : The Following mérite qu’on lui accorde le bénéfice du doute.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

28 mars 13

THE FOLLOWING (2012/2013)

Synopsis : Lorsque le serial killer Joe Caroll s’évade de la prison dans laquelle il avait été incarcéré, l’ex-agent du FBI qui l’avait arrêté, Ryan Hardy, est rappelé sur le terrain pour le retrouver…

 

The following

 

Une nouvelle série traitant des serials killers ? Impossible pour moi de faire l’impasse. Même pas en rêve. The Following était déjà dans ma ligne de mire depuis le printemps 2012. Non seulement parce qu’elle traiterait de tueurs en séries, mais parce qu’elle traiterait d’un tueur en série ayant réussi à former autour de lui un cercle d’adeptes prêts à tuer. La série promettait une bonne dose de meurtres et de fil rouge. Donc je me suis lancée dans le pilote, et franchement, il ne m’a pas déçue. Je n’ai pas encore eu le déclic qui fait que The Following sera MA série fétiche, mais c’est normal, car une série s’apprécie (ou non) sur la durée. Quoi qu’il en soit, le pilote est bon, je ne vais pas dire le contraire. On entre sans difficulté dans le sujet, les enjeux de l’intrigue, l’ambiance. On a un « cliffhanger » qui nous donne envie de continuer la série. James Purefoy fait un parfait tueur en série : le « I removed each eye individually » (si je ne me trompe pas) était dit avec une telle intonation, naturel… Kevin Bacon fait un bon agent du FBI. Le duo, ou plutôt l’affrontement, est prometteur. Le thème rappelle celui de Criminal Minds (Esprits Criminels), mais personnellement, en tant que fan de Criminal Minds, je trouve que The Following se différencie nettement. Ce n’est pas le même angle d’attaque du sujet. On aura certainement le « tueur en série de la semaine », ce qui me paraît normal (il faut bien nourrir la série), mais je pense vraiment que toute comparaison avec Criminal Minds s’arrêtera là. De plus, il y a un fil conducteur dans The Following qui occupe une place majeure dans l’intrigue, donc il y a de fortes chances qu’il ne soit pas traité de manière annexe. Par annexe, j’entends des éléments pondus par-ci, par-là qui en définitive, ne deviennent plus qu’un mince prétexte pour justifier l’existence d’un fil conducteur. Enfin, je dis ça, mais je peux aussi me tromper royalement sur le cas de The Following (j'invite les personnes ayant vu les volets suivants à le confirmer ou l'infirmer)… Quoi qu’il en soit, j’attends beaucoup de The Following qu’elle nous entraîne dans les plus sombres recoins de l’esprit des adeptes de Caroll (et le sien y compris) et qu’elle explore avec profondeur le pourquoi et le comment de la construction de ce réseau : comment un tueur peut convaincre des gens ? Pourquoi des gens acceptent de suivre un tel être? Parce que c’est un sujet qui est très intéressant.

 

On notera cependant quelques petits points faibles (mon moment rabat-joie) : le cliché de l’agent du FBI devenu alcoolique, ou le serial killer qui s’évade de la prison avec autant de facilité (mais finalement, elle s’explique plus tard dans le pilote, donc pourquoi pas ?). D’ailleurs, à part vers la fin, Caroll m’a semblé un peu en retrait : on ne le suivait pas assez dans son escapade… Quant aux flashbacks, ils étaient peut-être, à un moment, un peu trop nombreux et ils étaient présentés dans un laps de temps assez court : on en découvrait un peu trop si tôt et si vite. Ce trop-plein de révélations du passé a failli atténuer mon enthousiasme. Heureusement, la cadence s’est estompée. Quant aux agents qui gravitent autour de Ryan, ils m’ont semblé un peu fades, neutres (quoique le personnage de Shawn Ashmoore m’a plus tapée dans l’œil). Néanmoins, malgré ces quelques points faibles, The Following m’a vraiment intéressée et est prometteuse. Ne me reste plus qu’à continuer… et ça, c’est une autre histoire…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK