08 août 12

SMASH, 1*06 -1*12, "Chemistry" - "Publicity"

Le show n'est pas fait, rien ne va plus...

 

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Le show Marilyn continue décidément à faire des siennes, et la vie en dehors du show des protagonistes n'est pas non plus de tout repos. Entre une avant première pas franchement formidable sous une chaleur étouffante, une version ultra moderne et pop avec une mise en scène respirant le mystique, une star de cinéma sans aucune expérience de Broadway mais pleine d’idées plus ou moins appropriées pour un spectacle musical, y a-t-il encore une chance pour Bombshell qui a l’air d’être plutôt mal parti ? Les investisseurs ne semblent pas très motivés à apporter leurs fonds, rendant la tâche d'Eileen davantage ardue. Toutefois, la productrice est loin de se laisser abattre aussi facilement, et même, profite de son nouveau statut de célibataire fraîchement divorcée pour se lâcher. Ainsi la voit-on emménager dans un appartement sans se soucier de l'absence de meubles, traîner dans un bar, défoncer la porte donnant accès au système de climatisation dans l'immeuble des répétitions, s'associer avec un nouveau producteur en la personne d'une rockstar déjantée, et renvoyer ses investisseurs initiaux avec théâtralité. Sans oublier son nouvel amant un peu baroudeur au passé saupoudré de combines en tout genre ! Eileen abandonne son ancien univers de la société bourgeoise, guindée, abonnée aux galas mondains, pour une vie plus aventurière avec un soupçon de folie. Le personnage d'Eileen est celui pour lequel j'ai le plus d'affection, parce que cette femme est à la fois une femme d'affaires, une femme qui revit, et ses scènes donnent lieu à d'agréables moments comiques.

 

En ce qui concerne Derek, on retient ses fantasmes matérialisés par la transformation de Karen en Marilyn. Que le metteur en scène rigoureux, parfois au caractère de tyran se mette à avoir des hallucinations de la sorte, c’est mythique. J'ai bien aimé la chanson « Our day will come », très ballade et chanson d'amour. Maintenant, reste à savoir si ces visions perturbantes ont pour origine un attrait pour Karen ou une fascination pour Marilyn Monroe. Je ne sais pas ce que je préfèrerais le plus. Peut-être que ce serait bien que Derek ait eu une révélation artistique concernant Karen, et non pas qu’il ait commencé à fantasmer sur elle pour d’autres raisons… Le metteur en scène connaît également ses moments de gloire comique avec l'arrivée de l'actrice Rebecca Duvall qui a le don de mettre la patience de tout le monde à rude épreuve. Il était jouissif de voir Derek s'impatienter, se retenir d'exploser face à la star de cinéma puis finalement mettre les points sur les i.

 

De même, Tom offre lui aussi de bons moments d'humour à réfréner ses envies de meurtre sur la personne de Rebecca. Le court passage du ciseau était hilarant. Ce personnage commence à devenir (enfin) intéressant, après avoir été lisse depuis le début, et ce, grâce à son histoire avec le danseur noir (dont j'ai oublié le nom, mes excuses). Le côté vie privée de Tom commence à prendre forme. En effet, jusque là, je trouvais que Tom existait principalement parce que les autres personnages existaient. Il évoluait autour des autres. Il intervenait parce qu'Ivy avait un coup de blues et donc avait besoin du réconfort d'un ami, parce que Julia lui confiait ses secrets et parce qu'elle était sa collaboratrice, ou parce qu'il y avait une réunion de travail (dans le bureau d'Eileen et la salle de répétition). Certes, il y a sa relation avec l'avocat, mais bon, soit les scènes étaient d'une rapidité, soit elles étaient peu intéressantes (à la limite des scènes décoratives pour combler l'épisode), soit Tom devait interrompre son rendez-vous galant avec l'avocat pour secourir un autre personnage. J'espère que Tom prendra davantage de place dans l'histoire au lieu de faire office de faire valoir. Je voudrais bien le voir avoir une panne d’inspiration pour une chanson, puis trouver une idée et réfléchir aux paroles et à la musique, le voir pleinement dans le processus de composition.

 

L'intrigue secondaire la moins emballante à mes yeux reste la liaison entre Julia et Michael. Je l'ai trouvée cliché dans la série. Un peu comme la relation entre Ivy et Derek, mais en fait, pour cette dernière, ça passe, parce qu'il n'y a pas infidélité et la série ne fait pas que s'appesantir dessus. J'aurais tellement préféré que Julia résiste, en pensant à sa famille, au lieu de céder à cette tentation destructrice par la suite. Après, j'avais envie de lui dire « bah t'avais qu'à pas franchir le seuil et toute cette histoire, c'est de ta faute ». Finalement, cette liaison a été un mal nécessaire puisque les conséquences de cette histoire m'ont touchée. La réaction de Franck était puissante (je suis bluffée par Brian d'Arcy James). L'effondrement de Leo est poignant et traité avec subtilité. Tout ceci est bien plus intéressant que les scènes de plaisir charnel dans la salle de répétition entre Julia et Michael. D'ailleurs, c'est dommage que Michael se soit envolé à cause de cela. Il est plutôt charmant et a une belle voix. Une voix puissante, chaude, mais capable de sensibilité. En fait, il a ce côté crooner... Et entre nous, il était bien plus convaincant qu'Ivy lors de la première représentation devant les investisseurs. Surtout, le personnage aurait pu bénéficier d'une intrigue moins convenue, être plus exploité, car il y avait des possibilités. Par exemple, je ne sais pas, moi, il aurait pu commencer à adorer le projet, croire en lui, mais en même temps, connaître des difficultés financières et donc être coincé entre son désir de poursuivre l'aventure et ses problèmes d'argent...

 

Les deux aspirantes stars, quant à elles, connaissent toutes les deux des hauts et des bas. Ivy perd d’abord sa voix, puis pète un plomb sur « Paradis terrestre ». Karen caresse une chance incroyable de connaître la gloire en solo, mais encore idéaliste innocente, elle reste fidèle à Bombshell. Je me demande ce que cela donnerait, de voir Karen s’endurcir et perdre un peu son côté artiste avec des principes au fur et à mesure que le spectacle embrasse le succès… Un fossé se creuse entre Karen et Dev en même tems que Karen connaît son quart d'heure de gloire en doublure de Rebecca qui en fait son « amie ». Oui, je doute que ce rapprochement soit sincère... La dépression d'Ivy la rendait fragile, moins peste à vouloir battre la concurrence par tous les moyens. Cela la changeait de l'Ivy superstar mégalomane de l'épisode avec les premières répétitions avec Karen dans l'ensemble. Quant à Karen, je la sens mal, sa relation avec Dev. Le bonhomme se rapproche dangereusement de sa collègue. Après la vision du couple très soudé où c'est même Dev qui pousse Karen à persévérer pour Marilyn, maintenant, le couple se désagrège à petits feux.

 

Enfin, la palme d’or du comique revient sans conteste à Uma Thurman qui donne un nouveau souffle en y interprétant la star Duvall. Smash nous offre la parfaite caricature de la star diva, et Uma Thurman se prête au jeu avec brio. Explosion de rires de ma part quand Rebecca susurre « Let me be your star », à fond dans son interprétation, devant un public un tiers amusé, un tiers scandalisé, un tiers gêné. Comme pour ne rien arranger, non seulement la dame ne sait pas chanter, mais en plus, elle s’impose comme le nouveau membre de l’équipe d’écriture, avec toutes ses idées (pas forcément idéales pour un show musical), et utilise l’équipe technique comme ses domestiques, sans parler de ses divers avis sur tout et rien. Et bien sûr, comme elle est une star, on ne peut pas lui dire les quatre vérités en pleine figure. Avec cette arrivée, on obtient un régal de comédie. Une diva, des coups en traitre, des contretemps techniques et humains, des amours et désamours… Décidément, le show business, ton univers impitoyable…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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17 juil. 12

SMASH, EPISODES 1*03 "Enter Mr. DiMaggio" & 1*04 "The Cost of Art"

(diff fr)

 

On poursuit l’aventure Marilyn Monroe avec l’entrée d’un nouveau personnage, donc d’un nouvel acteur rejoignant la troupe pour le spectacle. Il s’agit de Michael Swift, alias Joe Dimaggio, et accessoirement ancien amant de Julia. L’épisode 1*03 était teinté du thème des relations de proximité entre les gens du spectacle (dans son sens large) : il n’est ainsi pas rare que deux personnes du milieu vivent une liaison. J’ai bien aimé la réaction offusquée de Tom en apprenant la relation entre Ivy et Derek et la réaction mesurée de Julia lui expliquant que c’est une chose qui se produit souvent. Une Julia absolument pas dérangée ni choquée parce qu’elle-même a vécu cela. L’épisode 1*03 contenait moins de chorégraphies, je l’ai trouvé plus en douceur au niveau du rythme, mais il se suivait avec plaisir. J’ai bien aimé le duo Michael/Ivy. Belle chanson. Avec l’arrivée de ce nouveau protagoniste, je suis impatiente de voir comment Julia va gérer leur lien et si ce lien va être livré en plein jour, ce qui risque, si cela se produit, d’avoir un fort impact sur la famille de Julia…

 

En parlant de Julia, j’adore comment elle se montre dure, voire antipathique avec l’assistant de Tom. Elle ne se prive pas pour l’envoyer sans ménagement sur les roses. Ceci-dit, je trouve son attitude pas très sympathique. C’est vrai quoi, c’est pas comme si l’assistant avait commis un crime qui avait été préjudiciable à Julia… Bon, sauf si on parle de la vidéo d’Ivy postée sur le net… Mais cela-dit, je ne pense pas que Julia ait besoin de faire preuve de condescendance à l’égard de l’assistant, surtout que Tom l’apprécie… La mise au point de cet assistant à Julia était magistrale, j’ai adoré comment elle ne trouve plus rien à dire. Mais lui non plus n’est pas tout blanc et je me demande bien ce qu’il a l’intention de faire après avoir « emprunté » le cahier de Julia… Œil pour œil, dent pour dent ? Ces confrontations cinglantes montrent néanmoins le caractère parfois conflictuel entre les artistes et d’une certaine manière, elles pimentent Smash… Tout comme les interactions entre Tom et Derek, qui sont parfois hilarantes tant elles ressemblent à des comportements enfantins. Julia est en fait celle qui fait office de messager, de conseillère entre les deux hommes quand elle pousse Derek à inviter Tom à sa soirée, ou quand elle essaie de convaincre Tom d’aller à la soirée de Derek.

 

Malgré sa défaite suivie d’une grande déception en dépit de tous ses efforts à le cacher, Karen reprend cependant espoir avec la belle opportunité offerte par Derek à faire partie de l’ensemble… Mais c’est sans compter les stratagèmes dignes d’une diva d’Ivy à réduire Karen au silence, par jalousie, peur d’être elle-même évincée par sa concurrente. J’avais pitié pour Karen qui se faisait malmener à chaque répétition, sous les regards moqueurs de ses partenaires d’ensemble. Heureusement, tout s’est conclu dans la bonne humeur pour elle. Grâce à des collègues de répétition, Karen a compris qu’elle devait jouer le jeu, qu’elle devait faire corps avec l’ensemble, que cela n’était pas une punition, mais une façon de procécéder. Faire partie de l’ensemble est également une contribution à la qualité du spectacle et ce n’est pas forcément qu’une tâche de besogne. Et grâce à Karen, certains participants ont compris qu’en fin de compte, la novice débarquée tout droit d’un bled était comme eux, ou qu’eux, étaient comme elle : eux aussi sont venus de quelque part (d’un petit village ou d’une grande ville), eux aussi ont rêvé de se faire une place à Broadway, eux aussi sont passés par la case castings à répétition (suivis très souvent d’une réponse négative), eux aussi ont été des débutants. Finalement, ils se sont soudés avec Karen, l’ont prise sous leurs ailes au lieu de la regarder de haut. Ils sont une sorte de mentor, et j’espère que cette cohésion durera car elle peut donner lieu à de belles amitiés, comme celles entre Ivy et ses comparses, ou Julia et Tom.

 

Dans un autre registre, Eileen trouve enfin une solution pour le financement du spectacle, après de multiples déboires ne faisant que lui renvoyer en plein visage avec cruauté le souvenir de son ex-mari détenteur de la fortune. J’éprouve beaucoup de compassion pour cette femme qui essaie de se reconstruire une nouvelle vie en produisant le spectacle sur Marilyn et qui tombe toujours sur des pépins financiers, et suis donc heureuse de la voir enfin en possession d’un moyen pour financer son projet. Elle est une femme forte qui ne se laisse pas démonter malgré les coups du sort, mais qui garde un doux regard sur ses années de bonheur avec son mari malgré ce qu’il lui a fait subir, sans pour autant pleurer sur son passé et se raccrocher à ce mari volage. Elle a été trompée mais elle avance. Mais pourquoi ai-je la sensation qu’il va bientôt y avoir une nouvelle péripétie sur ce sujet de financement ?

 

Pour finir :

Mes + : La chanson Joe Dimaggio-Marilyn Monroe/ La représentation dans l’appartement de Derek pour la jeune star

Mes - : Aucun

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

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SMASH, EPISODES 1*01 "PILOT" & 1*02 "THE CALLBACK"

Vous pouvez lire l'article concernant ces deux épisodes dans la catégorie

Mes évènements

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05 juil. 12

SERIES MANIA SAISON 3, SOIREE DE CLOTURE, AVANT-PREMIERE "SMASH"

 

Alors que certains terminaient la journée au bureau de vote le dimanche 22 Avril 2012, j’assistais à la soirée de clôture du festival Séries Mania, qui, comme son nom l’indique, est une célébration à l’univers des séries télévisées. Ce festival s’était ouvert le 16 Avril et comme toute bonne chose a une fin, il baissait son rideau le 22 Avril, après une belle semaine de fête des séries, rythmée par des projections, conférences et débats. Je m’étais donc rendue à la dernière soirée, en réalité, par "accident". Au départ, j’avais eu l’intention d’assister à la soirée d’ouverture, car j’avais reçu une invitation pour cet évènement. Comme une idiote, je n’avais pas retourné le carton pour y lire à l’arrière qu’une confirmation était nécessaire pour être de la fête. Découvrant avec surprise ce détail à la dernière minute, j’avais envoyé ma confirmation avec peu d’espoir. Naturellement, on m’annonça qu’il n’y avait plus de place. D’abord dégoûtée et surtout furieuse contre ma propre stupidité qui venait de s’être illustrée avec brio, je retrouvai espoir lorsque Séries Mania m’indiqua qu’il restait des places pour la soirée de clôture. Mon esprit ne tergiversa pas plus loin pour demander une réservation pour deux personnes (moi et un proche). C’est ainsi que je pus me rendre à cette fameuse soirée, après avoir rempli mon devoir de citoyen, en ce dimanche 22 Avril.

 

Après plusieurs minutes d’impatience dans une longue file d’attente, je pus enfin entrer dans l’immense salle de projection, et m’installer dans une rangée située en hauteur (et oui, je n’ai jamais aimé les premiers sièges à vous faire attraper un torticolis). La soirée débuta avec une remise de prix décernés par la presse internationale, représentée par un jury de cinq journalistes. Le prix de la meilleure actrice féminine fut remis à, en réalité, un trio de comédiennes, les trois jeunes héroïnes de la série Clash : Camille Claris, Alysse Hallali et Zara Prassinot. Le prix du meilleur acteur fut attribué à Gilbert Melki, à l’affiche de Kaboul Kitchen. La série Ainsi soient-ils, diffusée sur Arte à l’automne prochain et suivant le quotidien de séminaristes, fut élue meilleure série française.

Pour finir, le public avait eu l’occasion d’exprimer ses préférences en votant au cours du festival et Homeland se retrouva à la première place, ex-æquo avec Top Boy, à la tête du classement. Une remise de prix fort sympathique, ponctuée des raisons qui avaient poussé le jury de la presse internationale à couronner tel ou tel acteur, telle ou telle série, ainsi que des remerciements des lauréats. Ce n’est qu’une fois la cérémonie achevée que les lumières s’éteignirent pour laisser la place à la montée d’autres lumières, celles des deux premiers épisodes de Smash.

 

smash


Smash raconte la préparation d’une comédie musicale basée sur la vie de l’icône américaine, Marylin Monroe, et que le public français a pu découvrir sur TF1 hier, soit le 4 Juillet. La série se classe dans la lignée des séries musicales, comme Glee. Mais toute comparaison s’arrête là. Avec Smash, on atteint un autre niveau. L’univers y est bien différent de Glee. Dans Smash, on suit le processus de création depuis l’émergence de l’idée aux, si tout va bien pour cette série, futures représentations du spectacle sur les planches de Broadway.

J’ai tout de suite été fascinée par Smash. De par son concept : on ne pénètre pas dans la série directement sur une représentation du spectacle, c’est-à-dire une fois que le processus d’élaboration et de promotion est achevé, ou bien au moment où le spectacle connaît un succès phénoménal, mais on en découvre véritablement les origines, et ce, dès la naissance de l’idée. Ainsi découvre-t-on qu’une simple phrase à priori banale lors d’une discussion ordinaire peut découler sur une idée à creuser. Que le hasard peut bien faire les choses, quand une simple vidéo postée sur un site communautaire engendre des réactions positives et qu’il ne faut pas tergiverser davantage pour commencer à concrétiser une idée de projet. On suit également le processus des auditions et on en réalise à quel point la concurrence est rude pour des places trop peu nombreuses. On saisit la dureté et l’exigence en termes de travail que requiert un spectacle. La qualité de celui-ci n’est que la conséquence de centaines, voire de milliers d’heures de séances d’entraînement et de répétitions, ainsi que de sacrifices, et bien sûr, tout cela n’est pas sans conséquence sur la vie personnelle. Ainsi, par exemple, voit-on Karen, l’une des héroïnes, rater un dîner important avec son compagnon pour se consacrer à une lecture de texte tardive. Il n’est pas vraiment souhaitable de commencer à compter ses heures dans le show business, à moins que l’on soit enclin à céder sa place…

 

Ensuite, la série propose une palette de protagonistes, des compositeurs au producteur, en passant par le metteur en scène et les acteurs. Donner la vie à un spectacle est un véritable travail d’équipe. Sans compositeurs, il n’y a pas de chansons ; sans metteur en scène et chorégraphe, exit les chorégraphies ; et sans producteur, pas d’argent pour financer le projet. Chacun apporte sa contribution et l’agrégation de ces contributions, aussi modestes soient-elles, participe à la venue au monde d’un spectacle. On y découvre (ou plus exactement on obtient la certitude) que le monde du show business est petit : ceux qui nagent dans le milieu se connaissent, ont diverses relations professionnelles (et privées). On y découvre également les tensions provoquées par les différentes personnalités amenées à collaborer, et chacun y va de son ego, ce qui donne lieu à des joutes verbales et attitudes pimentées et jouissives (comme par exemple le duo Tom Levitt/ Derek Wills). Mais il faut de tout pour faire un monde…

 

Même si le sujet principal est la comédie musicale sur Marylin, les intrigues secondaires n’en sont pas pour autant moins importantes ni moins exploitées. On y note plusieurs combats, à différents degrés, qui s’articulent autour d’une lutte commune, à savoir le spectacle. Chaque personnage se bat pour faire en sorte que le futur show prenne vie, et chaque personnage se bat dans sa vie privée, ou plutôt est engagé dans une aventure qui même sans être un combat pour la vie, reste un combat. Karen est une jeune serveuse new-yorkaise qui aspire à fouler les scènes de Broadway, mais pour ce faire, elle doit affronter les multiples auditions se concluant très souvent par une réponse négative. Il s’agit d’une lutte car le succès ne vient pas au bout d’un passage devant un comité de sélection, mais plutôt après des dizaines ou des centaines. Les échecs peuvent se suivre les uns à la suite des autres, mais malgré tout, Karen garde espoir et continue pour réaliser son rêve, et ce, même si elle doit jouer les séduisantes Marylin devant le metteur en scène, dans son appartement, en plein milieu de la nuit. Et bien sûr, les exigences du métier ne vont pas faciliter sa relation de couple… Karen offre même quelques moments d’humour, lorsqu’on la voit en train de chanter sur scène… Avant de comprendre que ce n’était qu’un rêve éveillé !

Dans la même logique, on suit Ivy, qui, contrairement à Karen, a déjà un pied dans le milieu. Elle joue dans des spectacles depuis dix ans, mais toujours dans les seconds rôles, voire des rôles encore plus modestes, et rêve d’être à l’affiche d’un spectacle. Bien qu’ayant de l’expérience, elle doit néanmoins se surpasser pour décrocher cette composition qu’elle espère tant.

 

Julia se lance avec son mari dans cette magnifique aventure qu’est l’adoption. Ils ont ce réel désir d’accueillir dans leur famille un nouvel enfant (originaire de Chine), mais doivent tout d’abord passer les nombreuses étapes administratives et surtout, faire preuve d’une incroyable patience, car le processus prendra au moins deux années. Le mari, dans une première réaction, recule, face à l’annonce du chiffre, alors que l’épouse s’accroche. Heureusement, le mari finit par revenir sur sa décision et rejoint sa femme, dans une scène touchante où celle-ci lit à haute voix, à un groupe de soutien aux couples qui se sont lancés dans l’adoption, la lettre qu’elle aurait écrite à la mère de son futur enfant pour lui prouver qu’elle sera une très bonne mère pour son enfant. Même leur fils est touchant, quand il demande à sa mère qui ira chercher sa petite sœur ou son petit frère en Chine si eux n’y vont pas.

Quant à Eileen, elle règle les derniers détails financiers de son divorce et en même temps qu’elle conduira le spectacle, elle se lancera dans sa nouvelle vie de célibataire. Mais cette lutte pécuniaire avec son ex-mari risque de peser sur le financement du numéro sur Marylin. Enfin, Derek quitte un projet sur lequel il travaillait depuis trois ans pour participer à ce nouveau spectacle, et chose admirable, il laisse tomber son projet par amitié pour Eileen. En fin de compte, chaque personnage relève un double défi. Chaque individualité est exploitée : il n’y a pas un personnage plus important qu’un autre. Chacun apporte sa part dans ce show et le tout forme un ensemble assez homogène, touchant et drôle.

 

Smash est une série prometteuse, d’autant plus que du point de vue technique, c’est bien maîtrisé. L’alternance entre les scènes de l’aperçu de la chorégraphie ayant pour thème le base-ball dans la salle de répétition et celles où l’on voit la chorégraphie sur la vraie scène avec les costumes sont parfaites. Pareil pour celles où Julia imagine ce que donnerait la chanson dont le mot "star" apparait dans le titre (toutes mes excuses, je n’ai plus le titre complet en tête, mais je crois que c’était "Let me be your star") sont bien réalisées. On y voit plusieurs fois, à tour de rôle, Ivy et Karen la chantant au devant de la scène tandis que l’autre se situe dans un cube à l’arrière plan. Enfin, on note aussi la belle performance technique à la réalisation pour la scène où Karen danse avec la troupe : à plusieurs moments, alors que l’ensemble exécute son numéro, on passe d’une Karen en tenue de répétition entourée de danseurs habillés de la même façon à une Karen toujours vêtue en habits de répétition alors que le reste du groupe est en costume de scène, et on revient à l’image d’origine. Je reste admirative de cette maîtrise.

 

Les chansons sont de plus jolies et les chanteuses ont une belle voix. J’espère toutefois que Karen et Ivy ne seront pas les seuls membres du cast à donner de la voix dans la série. Je souhaite vraiment qu’on ait une pluralité d’interprètes. Ensuite, que Karen et Ivy soient un peu plus sollicitées pour les instants musicaux n’est pas un problème, mais il est toujours agréable d’entendre, de temps à autre, une autre personne s’adonner à l’exercice. En conclusion, Smash est une série à suivre.

 

Sériecalement Vôtre,

VK