17 janv. 16

DOWNTON ABBEY, BILAN

 

Downton Abbey a fait ses adieux aux téléspectateurs français le 2 janvier 2016 avec son ultime Christmas special. Cet épisode a offert un sympathique et happy end à tous les personnages… enfin, presque tous les personnages car en ce qui concerne Carson, je dirai que sa fin heureuse ne l’est pas entièrement.

Je garderai de bons souvenirs de cette série raffinée. Elle nous a présenté avec brio une belle reconstitution de la société britannique du début du XXème siècle, de l'aristocratie aux personnes dévouées à leur service, avec une galerie de personnages élégants et bienveillants. Je citerai en exemple Lord Grantham, un homme qui s’est montré loyal envers ses domestiques (Carson, Mrs. Padmore, Bates…), qui n’a jamais fait preuve de méchanceté ou d’indélicatesse envers qui que ce soit. Il était un véritable gentleman. Downton Abbey a créé un environnement où l’amour a coexisté avec les tragédies (comment oublier la mort de Matthew et Sybil le jour où ils ont accueilli leur nouveau-né ?), les bouleversements socio-économiques inévitables ou amplifiés par les évènements historiques et l’acceptation de ces changements (Tom, le chauffeur qui s’est marié avec la cadette d’un compte, shocking^^ ! etc.), l’humour (Denker vs. Spratt, les remarques de la comtesse douairière…). Je dirai qu’il a toujours été question d’amour dans Downton Abbey. Mary/Matthew et finalement Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, et toutes les autres relations qui n’ont pas abouti.

 

abbey 2

 

Pour ma part, je dois avouer que certaines histoires d’amour ainsi que certains protagonistes m’ont ennuyée. Mary a été la plus décevante. Elle a été tout le long l’enfant gâtée d’une famille aisée. Ayant pour objectif d’épouser un homme avec une excellente situation. Bien qu’elle ait accepté Henry à la fin, je n’ai pas été très convaincue par sa démonstration de fierté en apprenant la reconversion d’Henry en vendeur de voitures. Cruelle envers sa propre sœur Edith, se pavanant avec sa nouvelle coupe de cheveux alors qu’Edith venait de recevoir la confirmation du décès de Michael, et lui témoignant presque de l’exaspération. Il était vrai qu’on se doutait qu’il n’y avait plus d’espoir de revoir Michael en vie, mais bon, Mary, il y a des limites… Sur un forum, un internaute me disait qu’avec un tel ego, Mary se devait de se la péter un max… Ce qu’elle a fait avec succès. Pourtant, Mary a montré une autre facette, inattendue et voire incompatible avec ce à quoi elle nous avait habitués… Peste avec sa sœur, l’aînée du comte était très proche de sa femme de chambre et du majordome, et de façon générale, faisait preuve de bonté envers les classes sociales en dessous de la sienne.

Après la mort de Matthew (je n’ai jamais accroché à l’incessante valse de ces deux-là), je souhaitais que Mary sorte des sentiers battus et entame de nouveaux défis. Gérer le domaine, se réaliser dans une activité, peu importe laquelle. On l’a en effet vue s’impliquer dans la gestion de Downton, mais le sujet était traité à sa surface (une scène de temps à autre). Au lieu de voir des arches narratives percutantes, qu’a-t-on vu ? Et bien, Mary en hésitation face à de nouveaux prétendants, encore et encore… On a l’impression que caser Mary était la seule finalité réservée à ce personnage. Ainsi que la montrer sous son plus mauvais jour uniquement avec sa sœur, et ce, jusqu’à la fin. Prenez par exemple l’affaire Marigold et Mary clamant qu’elle ignorait qu’Edith n’avait encore rien révélé à Bertie… Mouais, mon œil… A mes yeux, Mary a été le personnage le moins passionnant. Je ne sais pas si elle était censée être l’héroïne que les téléspectateurs détesteraient ou envers laquelle ils éprouveraient des sentiments partagés, si c’est le cas, l’entreprise a été réussie.

 

abbey 5

 

A l’inverse, l’évolution de la malchanceuse (pour plusieurs années) Edith a été remarquable. Aux débuts de Downton Abbey, Edith restait un personnage discret, voire presqu’insignifiant. Je crois même que je n’ai jamais fait attention à elle pendant la première saison. Malgré tout, elle a réussi au fil des saisons à devenir une femme mature, moderne, brave. Elle me rappelle un peu la jeune, effrontée, et passionnée Sybil, qui fut la première à bousculer les codes. Edith a en quelque sorte repris le flambeau. Tout comme Mary, Edith a eu de nombreuses aventures de cœur. Au contraire de Mary, ces intrigues ont été un cortège d’épreuves bien plus intéressantes. Edith a été abandonnée à l’autel le jour de son mariage, a eu un enfant en dehors des liens du mariage (totalement ordinaire pour nous aujourd’hui, totalement scandaleux à l’époque !), a dirigé un magazine. La jeune femme en est ressortie plus forte. Elle a complètement mérité une fin joyeuse, et heureusement d’ailleurs, sinon j’en serai restée amère.

 

L’amour a donc été un sujet indissociable de Downton, en parallèle du portrait d’une certaine Grande Bretagne d’avant. Si, au départ de ma réflexion je me suis légèrement emportée devant ces amours à répétition, en définitive, elles se comprennent quand on se replace dans le contexte de l’époque où en général, finir vieille fille n’était pas considéré comme situation idéale… L’une des sœurs aurait pu terminer la série en demeurant indépendante et continuer ce rôle de femme avant-gardiste, finalement, les voir heureuses en couple ne me déçoit pas, c’est une fin positive.

 

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Je regrette la relation entre les Bates et la justice : était-ce nécessaire de voir à la fois John et Anna accusés de meurtre deux années de suite ? Je regrette le fait que plusieurs intrigues autour des domestiques aient existé parque qu’elles étaient directement liées à la famille Crawley. Par exemple, on voyait le domestique Y affairé dans la ville W car il/elle accompagnait un membre de la famille Crawley dans la ville W. Toutefois, je ne regrette pas d’avoir vu ces personnages poursuivre/concrétiser leurs rêves : Mrs. Padmore et son Bed & Breakfast, Daisy réussissant ses examens (je la voyais même aller plus loin car elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire entendre ses opinions), Spratt et sa rubrique dans le magazine d’Edith ("et dire que nous avions un expert en bas !" pour reprendre Lady Violet, franchement, je ne m’y attendais pas), Molesley devenant instituteur… Les temps changent, et les personnes également. Autre amertume : quelques intrigues peu approfondies, où on est passé d’un commencement étonnant à un développement et une conclusion trop rapides, alors qu’on perdait du temps sur des histoires pour lesquelles on éprouvait une sensation de déjà-vu. L’implication malencontreuse des Bates dans des affaires criminelles est l’exemple le plus parlant.

 

Voilà des éléments sur lesquels je souhaitais revenir, parmi d’autres en tête, oubliés, ou qui traverseront mon esprit plus tard… Downton Abbey a été une série savoureuse. Avec elle, il ne fallait pas s’attendre à des péripéties grandiloquentes, de prise de position sur des sujets sociétaux ou politiques, seulement au quotidien (presqu’ordinaire) de personnes ordinaires de passage dans un monde en transition, raconté avec douceur et charme (les scènes véritablement violentes se comptent sur les doigts de la main). Certains personnages ont eu une place plus évidente que d’autres mais tous ont connu leurs aventures. Même si j’aurai aimé passer davantage de moments agréables grâce à cette fiction, comme l’a dit Thomas Barrow, l’homme mystérieux avec une sensibilité insoupçonnée, "même les bonnes choses ont une fin". 

 

Relire mes autres reviews sur la série ici.

 

Sériecalement vôtre,

VK


08 janv. 16

MY GOODBYE TO DOWNTON ABBEY

 

DA

 

Downton Abbey said goodbye to the French viewers on the second day of 2016 with its last Christmas special. The episode gave a nice and happy ending for everyone… well, almost everyone when you think of Carson, I would rather say he was left with a “semi happy” ending.

I will keep sweet memories of this fine series. It presented a perfect reconstruction of the British gentry and servantship at the beginning of the twentieth century, with sophisticated and kind characters. I would mention Lord Grantham as an example: the man showed loyalty to the people who served him (e.g., Carson, Mrs. Padmore, Bates…), had never been mean or rude to anyone. He was a true gentleman. Downton Abbey created an environment in which love was mingled with tragedies (who could forget Matthew’s and Sybil’s death the day they welcomed their newborn?), changes that came alongside historical events and the acceptation of these changes (Tom Branson, the driver who married the Lord’s third daughter, etc.), humour (Denker vs. Spratt, the dowager countess’s lovely quotes…).

Love was at the core of Downton Abbey. In a sense, it has always been a matter of love: Mary/Matthew and eventually Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, plus the relationships that were not successful, and so on.

 

I must admit I was bored by some of these love stories and some characters’ evolution. The most disappointing, to me, was Mary. She was like a spoiled child raised in a rich family. Aiming at marrying a wealthy man even if she accepted Henry in the end, her joy to see him turning into a car salesman even seemed a bit odd (it was a bit difficult for me to trust her sincerity). Harsh to her sister Edith, appearing with a new haircut when Edith learns about Michael’s death, and nearly showing exasperation, like “come on, you should have known there was no hope, so why don’t you move on?” (it is true we doubted Michael would come back alive, but seriously, Mary…).

Yet curiously very close to her maid and the butler, in general, benevolent with the lower class. After Matthew passed away (could not bear the everlasting waltz between these folks), I expected Mary to take new challenging directions. What did we get? New pretenders for the Lady, again and again. It seemed that the sole objective for this character was to push her tie the knot, and be cruel to Edith to the end. See the Marigold revelation and Mary claiming she was unaware Edith did not tell Bertie… To me, Mary was certainly the less interesting character. I do not know if the Mary character was supposed to be the one that people would not appreciate or have mixed feelings about, but if it is, the job is well done.

 

DA

 

On the contrary, unlucky (for a long time) Edith was one of the most outstanding. When ‘Downton Abbey’ started, she was not really the most appealing hero in terms of temper, but she proved over the years to be mature, modern, and brave. She had several love interests as well, but they brought more compelling hardships/adventures to go through: she was left at the altar, had a baby out of wedlock (remember that was unacceptable back then!), headed a magazine. Edith became stronger. She totally and hopefully deserved a happy ending.

 

I regret the relationship between the Bates and justice (was it necessary to have both John and Anna accused of murder two seasons in a row?). I regret the fact that lots of servants arcs existed because they were linked to the Crawleys stories. For instance: we see servant Y doing things in city W because he/she is travelling with Crawley family member Z who had business to do in city W. However, that was a great idea to show the servants had their own dreams: Mrs. Padmore and her B&B, Daisy passing exams, Spratt and his column in Edith’s magazine, Molesley being a teacher… Times were changing, and people, too. I regret also that Downton Abbey did not go deeper for some story arcs, going from a curious beginning to a quick and simple development and conclusion, while wasting time on déjà-vu stories, let’s give the example of the Bates involved in criminal investigations.

These are some elements I wanted to point out, among others. Downton Abbey was a good series, it did not tell anything extraordinary, but (almost) ordinary people’s ordinary lives in a world in transition, in a soft and charming way. Even though I wish I could spend more great moments watching it, like intricate Tom Barrow said, “Even good things come to an end”.

 

You can check out my reviews in French here.

 

Goodbye Downton,

 

Sériecalement vôtre,

VK