Sériecalement Vôtre

20 juin 15

MONTE CARLO 2015 : "PROFILAGE" (TABLE RONDE)

 

Dimanche 14 juin, j’ai eu le plaisir de rencontrer, avec un petit groupe d’interviewers, les acteurs de Profilage venus représenter la série de TF1 à Monte Carlo. Odile Vuillemin (Chloé), Philippe Bas (Rocher), Raphaël Ferret (Hyppolite) et Jean-Michel Martial (Lamarck) ont répondu à nos questions, dont voici des extraits (attention, quelques infos sur la saison 6) :

 

— Ca doit être très bizarre d’aborder la nouvelle saison (nb : la 6), sachant qu’il y a un personnage qui va partir (nb : Odile Vuillemin), sachant qu’il y a un autre personnage qui est mort (nb : Fred Kancel, jouée par Vanessa Valence). Ce sont des circonstances spéciales pour débuter une nouvelle saison, parce que normalement vous recevez les scénarios très peu en amont…

Odile Vuillemin : Si, si, on les reçoit quelques semaines avant le tournage. C’est vrai que le départ de Vanessa, c’était un peu dur, et puis après, il y a mon personnage qui est sur le départ. Pour l’instant ça se passe bien, on a fait six épisodes, et je pense que ça va devenir un peu émouvant pour moi pendant les six derniers.

— C’était un choix ?

Odile Vuillemin : Oui. Même si c’est un choix, c’est un super personnage. C’est pas évident. C’est pas parce que c’est un choix que c’est facile à faire.

 

— Et pour ceux qui restent, il y a un deuil à faire, déjà, du personnage ?

Philippe Bas : Non, parce que pour l’instant…

— Par rapport à Fred…

Philippe Bas : Ah, par rapport au personnage de Vanessa ?

— Oui. De Vanessa et de Chloé.

Philippe Bas : C’est-à-dire que ça remonte à l’année dernière en réalité, parce qu’on a repris le tournage en novembre, donc si vous voulez, pour nous… je ne dirai pas que le travail de deuil a été fait, mais il y a eu une nouveauté avec un autre personnage qui intervient désormais avec les flics, qui supplée notre équipe. En plus, on a eu tellement de remous, tellement de choses qui sont passées que si vous voulez, nous, on s’est tout pris sur les deux, trois, quatre premiers. Et là, on en est à six, on va attaquer à partir de mercredi prochain trois autres, trois suivants. Donc on est au milieu de la machine. C’est au moment où est dans la force de l’âge de la saison. Le virage à prendre, il va être plutôt vers la fin de l’année, et là, on est dans la ligne droite, on est juste avant le freinage. On est dans les pleins pots et comme l’a dit Odile, c’est assez émouvant. Parce que d’abord il se passe des choses sur un plan choral, notamment dans les trois prochains qui arrivent, pas mal de choses se passent avec plusieurs intrigues différentes. Et donc elles ont la particularité de, moi, de me surprendre encore, c’est déjà ma quatrième année. Si elles me surprennent moi, je pense, j’espère en tout cas qu’elles surprendront le public, et dans le bon sens.

 

— Et vous savez ce qui va se passer jusqu’à la fin de la saison ?

Philippe Bas : Non, c’est en évolution. On a une idée sur les arches. Il y a des choses qu’on sait…

— Vous savez par rapport à votre personnage… (à Odile Vuillemin) quand vous arrêtez…

Odile Vuillemin : Oui, je sais que j’arrête. (rires)

— Mais comment vous arrêtez ? Vous savez quelle fin vous attend ?

Odile Vuillemin : Oui, oui, je sais.

 

— Dans la saison 5, surtout vers la fin, on est passé d’une atmosphère décalée, avec beaucoup d’humour, vers… on est allé vers beaucoup plus sombre. Et du coup, pourquoi un tel virage avait été pris, d’explorer ces thèmes sombres ?

Philippe Bas : Raphaël, c’est à cause de toi !

Raphaël Ferret : C’est à cause de moi, c’était un demande de ma part… Non, vous savez, je crois que quand les auteurs réfléchissent à la saison, sur son ensemble au début, à l’épisode 1, il y a des idées. Mais après, en fait, la saison prend une vie en elle-même, c’est-à-dire que des choses se passent et puis, je veux dire, il y a quelque chose qui se passe au milieu de la saison, des épisodes, et ce qui fait qu’en fait, parfois, ça prend une forme… Bah là, cette forme, c’est vrai que cette fin de saison, c’était une fin de saison très sombre, mais c’est pas forcément quelque chose qui était voulue à la base, en fait… C’est une évolution, en fait. Il se passe des choses, et puis les auteurs, ça les inspire, selon tel épisode (…). En fait, la série a un peu sa vie propre, et c’est parti dans des choses un peu sombres, parce que… c’est comme ça que les auteurs ont ressenti les choses à ce moment-là. Mais je ne crois pas que ce soit une volonté de dire « on va faire quelque chose de très sombre ». Je pense que c’est quelque chose qui est venue comme ça, naturellement, par ce qui les inspirait , par ce qu’on faisait…

Philippe Bas : C’est aussi le pouvoir de cette série qui nous amène dans des choses qui sont chorales, à la fois très dures, des choses qui sont profondément difficiles. On parlait de deuil à l’instant. Et puis en même temps, il y a des intrigues qui nous amènent dans des situations de l’ordre de la comédie. Et ensuite, quelque chose qui arrive derrière et qui nous ramène à… Il faut bien quelques choses auxquelles on ne s’attend pas du tout. Et c’était notamment le départ de Vanessa.

 

— Et le départ de Vanessa, c’était un départ volontaire ? Ou suite à l’évolution de…

Odile Vuillemin : Non, ce n’était pas un départ volontaire. C’était un départ écrit.

 

Raphaël Ferret & Jean-Michel Martial

 

— Est-ce qu’au fur et à mesure des saisons vous avez pu un peu analyser, ou vous êtes posée la question de : pourquoi le succès a été grandissant ?

Odile Vuillemin : On a de très bons scénars, et puis c’est vrai qu’on est arrivé en France avec un personnage  très très atypique, qui n’existait pas trop en France. On a eu un peu de mal à installer parce qu’on avait l’habitude des Docteur House, Mentalist (…). L’anti-héros était assez acté aux Etats-Unis, mais en France, on n’avait pas trop l’habitude d’avoir quelqu’un avec plein de défauts, etc. On a eu un peu de mal à le placer. Puis après, c’est cette différence qui a fait le ton de la série, avec tout l’humour, on a beaucoup de vie privée entre les personnages, etc. On a une équipe de gens très très passionnés et motivés.

— Parce qu’il faut que ça dure. Ca dure, et ça perdure, et les audiences grandissent aussi. En général, c’est plus souvent l’inverse qui se passe au bout de trois saisons.

Philippe Bas : En fait, il y a eu plusieurs changements au fil de la série. Ne serait-ce qu’à la saison 3 avec mon arrivée qui a coïncidé avec l’arrivée de deux nouveaux réalisateurs qui ont un peu révolutionné le concept visuel de la série. Et puis c’est vrai qu’il y a un aspect choral qui est de plus en plus prenant. Parce que quand on suit le personnage d’Odile et tout ce qui se passe, ça nous amène à d’autres personnages, ça rebondit sur la vie privée de chacun.

 

— Philippe, que penses-tu de l’évolution de ton personnage depuis ton arrivée ?

Philippe Bas : J’en suis assez satisfait, dans la mesure où, comme je vous le disais tout à l’heure, par rapport à la lecture de ce que j’ai jusqu’à présent, il m’arrive encore d’être surpris. Systématiquement, parce que je ne peux pas savoir à l’avance ce qui va être écrit, mais je suis relativement surpris et de plus en plus dans le bon sens du terme, parce que… pas seulement par rapport à mon personnage, mais ce qui l’entoure et ce qui entoure l’équipe. En fait, je ressens, comme le public j’ose espérer, une espèce de… à la fois de renouveau, c’est comme si chaque année, chaque saison, il y avait pus d’ampleur sans que ce soit trop lourd. Je suis assez content et mon personnage est associé à cette évolution globale. Et donc je suis content, parce qu’il m’arrive des trucs que je ne soupçonnais pas. Et comme le disait Terrence Howard hier (nb : lors de la cérémonie d’ouverture), quand on a la chance d’interpréter un personnage comme ça sur deux, trois, quatre ans, moi qui ai fait pas mal de cinéma et d’unitaires, voire des séries parce que je suis dans ma vingtième année de carrière, en réalité, je me rends compte qu’on a un confort et une espèce de richesse dans ce truc-là. Il suffit d’enfiler cette veste et bam, t’y es. Et puis quand on joue avec Odile, avec Raphaël, il y a quelque chose de… Odile a raison quand elle explique qu’elle a un personnage qu’on n’avait pas l’habitude de voir, qui est atypique, moi, je suis un peu son corollaire, donc ce qui fait que ce binôme qu’on a créé aussi parce que moi, je suis arrivé après, je pense que ça a apporté une dimension différente. Et je suis très content. Pour l’instant, je suis loin d’être las.

 

— Tout à l’heure vous avez évoqué la nouvelle saison, vous-mêmes, comment vous avez géré le départ de Vanessa. Qu’est-ce qui attend vos personnages, quelles vont être les conséquences de ce final qui a été quand même été assez difficile pour les téléspectateurs. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur comment vont réagir vos personnages après les évènements ?

Odile Vuillemin : Ca a impacté sur chacun des personnages. Mais juste pour Chloé, évidemment, il a fallu se soigner… (rires + arrivée de Jean Michel Martial) (…) Je me suis faite soignée, ça va mieux. Ca va beaucoup mieux même, et du coup après, on repart. Je n’ai plus ma fille à l’entrée de saison, et on va essayer de la récupérer.

Philippe Bas : Ca va pas super bien puis ça s’améliore. Mais bon, il va se passer des choses encore !

Odile Vuillemin : Voilà, j’en dirai pas plus !

Raphaël Ferret : C’est vrai que la fin de la saison 5 est très très très très sombre.

Philippe Bas : Déjà, je ne suis pas mort, au cas où vous vous posiez la question !

Raphaël Ferret : Ca a marqué un peu les gens… On a eu beaucoup de retours un peu… Certaines personnes étaient un peu choquées par cette fin de saison très très très très sombre.

 

— C’est vrai que ce n’est pas le genre de chose qu’on a l’habitude de voir dans les séries françaises.

Raphaël Ferret : Les gens ont été marqués par cette fin de saison. C’est bien, d’être marqué. Je veux dire, au moins, on fait vivre des émotions aux gens. Après voilà, comme mon collègue disait, ça va partir… on va pas partir « c’est la fête »…

Philippe Bas : Dans la saison 6 tout le monde meurt… (rires)

Raphaël Ferret : Et puis petit à petit, on va retrouver une légèreté, on va retrouver une certaine légèreté, toujours avec quelques épisodes concepts comme ce qui se fait un peu chaque saison, typique des séries. Pour l’instant, je trouve qu’on est en train de faire une belle saison.

 

— Il y avait de nouveaux défis pour vous, en tant qu’acteur, pour la saison 6 ? Justement, à cause de ce qui s’est passé pour votre personnage dans la saison 5 ?

Raphaël Ferret : Des défis, je dirai pas des défis, mais en tout cas, des choses différentes à jouer pour moi. C’est vrai que c’est très agréable, c’est ce que disaient Philippe et Odile. On a la chance d’avoir des choses différentes à jouer et d’être souvent surpris, ce qui fait que le personnage de Chloé a vécu tellement de choses. C’est normal qu’au bout d’un moment, bon… Mais c’est vrai que pour le personnage d’Hyppolite par exemple, il commence à lui arriver pas mal de choses aussi. C’est hyper intéressant pour un acteur. On n’a pas la lassitude de se dire « bon là, je pars faire mon truc ». Et puis on sait qu’on va avoir des choses à jouer dans les saisons. On sait qu’on aura au moins un ou deux épisodes où on aura vraiment des choses à faire, et c’est très très agréable.

 

Retrouvez les articles de l'édition 2015 ici et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre


19 juin 15

MONTE CARLO 2015 : JOURNAL DE BORD

 

Ca y est, c’est parti pour le festival ! Vous trouverez ici un journal de bord, que je mettrai à jour quotidiennement (ou presque, tout dépendra de la qualité du réseau…).
Attention : les articles relatifs au festival sont susceptibles de contenir des spoilers.

Enjoy !

 

Samedi 13 juin

Après quelques cinq heures de train et des va-et-vient hôtel-forum Grimaldi ressemblant plus à un parcours du combattant qu'une tranquille promenade, je me suis enfin installée à Monaco pour le festival. En ce premier jour des festivités, j’ai eu la chance d'assister à la cérémonie d’ouverture, précédée/suivie par l’arrivée/la sortie des vedettes au Grimaldi Forum (voir la galerie, "opening ceremony"). Y ont défilé le cast de Chicago PD : Patrick Flueger, Brian Geraghty, Jesse Lee Soffer, Marina Squerciati ; Bryton James et Daniel Goddard des Feux de l’amour, stars et danseurs de Danse avec les stars : Brian Joubert, Rayane Bensetti, Fauve Hautot, Grégoire Lyonnet…; Patrick Duffy et Eric Close, présidents respectivement du jury Séries TV et Films TV ; Poppy Montgomery d’Unforgettable, parmi tant d’autres.

Le festival fut officiellement lancé par SAS Charlène de Monaco, et couronna d’une nymphe de cristal Patricia Arquette. La projection d’un épisode d’Empire étant prévue après la cérémonie d’ouverture, Taraji P. Henson, Terrence Howard, les interprètes de Cookie et Lucious, ainsi que Danny Strong, co-créateur d'Empire (avec Lee Daniels), vinrent introduire la série. Pour Danny Strong, le succès d’Empire trouve sa source dans la nature des sujets abordés, qui sont universels : on y voit une famille s’entredéchirer à cause de l’argent, et c’est un thème qui parle à tout le monde. Terrence Howard confia sa fierté, en tant qu’acteur afro-américain, face aux succès de la série, non plus aux Etats-Unis seulement, mais à l’international. Beaucoup de personnes pensaient que ce genre de sujet ne toucherait que le public américain, et en définitive, il s’est avéré que beaucoup d’autres pays s’intéressaient au programme.

 

Bryton James & Daniel Goddard

 

Dimanche 14 juin

Aujourd’hui, entrée en matière avec mes premières tables rondes et conférences de presse. Pour les non connaisseurs, la différence entre table ronde et conférence de presse réside essentiellement dans le nombre de journalistes posant les questions : en général moins de dix pour la première modalité, et beaucoup plus pour la seconde.

Profilage ouvrit la marche, avec Odile Vuillemin, Philippe Bas, Raphaël Ferret et Jean-Michel Martial (qui a rejoint la table vers le milieu). Quelques éléments partagés : Odile, qui quittera la série à la fin de la saison 6, connaît déjà la fin réservée à son personnage, Chloé, et en est satisfaite. L’équipe a déjà tourné les six épisodes de la saison 6. Le départ de Vanessa Valence, alias Fred, n’était pas volontaire.

J’ai aussi assisté à la conférence de presse avec Poppy Montgomery, l’héroïne principale d’Unforgettable. Quelques éléments partagés : La série a été reprise par A&E, chaîne du câble, ce qui permettra à la série un peu plus de marges de manœuvre qu’avec CBS, en termes de scènes, de langage (plus de jurons). Poppy a l’habitude d’improviser pour les dialogues, et très souvent, ses improvisations ont été gardées dans la scène. La popularité d’Unforgettable a été aidée par celle de Without A Trace (FBI : Portés Disparus, diffusée sur France 2) : cette série a permis au public français de connaître un peu plus Poppy Montgomery, avant de la revoir dans Unforgettable.

La journée s’est terminée avec la conférence de presse Empire, avec Taraji P. Henson, Terrence Howard et Danny Strong. La réplique préférée de Taraji pour Cookie : "boo boo kitty". La série a eu du mal à trouver des stars pour une apparition pendant la saison 1. Avec le succès de la série, les stars se bousculent pour participer à la saison 2 ! Mais la série essaie aussi de donner une chance aux talents moins connus, au lieu d’utiliser des chansons auxquelles le public est déjà habitué. Pour le personnage de Lucious, les auteurs se sont inspirés de Jay-Z et Puffy.

Enfin, pause déjeuner avec les acteurs de 12 Monkeys, Aaron Stanford et Amanda Shull et autres journalistes/blogueurs, organisé par CanalSat et SyFy (avec Bigger Than Fiction).

 

Lundi 15 juin

Nouvelle journée pour de nouvelles tables rondes, quoique très light, puisqu’en effet, je n’avais que deux rendez-vous aujourd’hui. J’ai rencontré le cast d’Amour, Gloire et Beauté, et à nouveau revu l’équipe de 12 Monkeys. La première série était représentée par Jacob Young (Rick Forrester jr), Jacqueline Mac Innes Wood (Steffy Forrester) et Karla Mosley (Maya Avant) ; la seconde, par Amanda Shull (Cassie) et Aaron Stanford (Cole).

Les acteurs d’Amour, Gloire et Beauté venaient de parcourir quatre villes en quatre jours pour la promotion du soap. Jacqueline a défini son personnage comme pouvant être à la fois votre meilleure amie et votre pire ennemie. Karla a confié être excitée par la storyline donnée à son personnage : en effet, on découvre que Maya était un homme dans une autre vie ! Quant à 12 Monkeys, les acteurs ont partagé leurs avis sur l’apport de leur personnage à l’évolution de l’autre. Cole est devenu plus sensible et a appris à apprécier la vie grâce à Cassie, et celle-ci a accepté de faire des choses qu’elle n’aurait jamais faites pour sauver l’humanité grâce à Cole. A la question du message porté par 12 Monkeys, les acteurs ont répondu qu’elle interroge sur la dualité de l’humanité : comment les hommes réagissent face à un évènement grave, aussi bien de façon positive que négative.

 

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Mardi 16 juin

Cette année, le festival a accueilli la première édition du Content & Multiscreen Experience, CME pour faire plus simple. Organisé par Monaco Mediax, le CME est un cycle de conférences professionnelles étalé sur deux journées. Intéressée par les questions économiques concernant le secteur Media & Entertainment (j’abrègerai en M&E), j’ai profité de cette journée pour y faire un tour. De toutes les conférences auxquelles j’ai pu assister (dont cinq ce mardi 16 juin), il ressort clairement que l’enjeu aujourd’hui pour les industries M&E, c’est l’audience engagement : comment retenir et interagir avec le consommateur de contenus. Aux entreprises de réfléchir à une stratégie qui doit reposer avant tout sur une forte qualité de l’histoire que l’on veut raconter. Cela ne sert à rien d’investir sur un site web si le contenu n’est pas à la hauteur, par exemple. Voilà un résumé synthétique.

 

Du côté des séries TV, j’ai discuté avec Zoe McLellan de NCIS : New Orleans, puis Dick Wolf. Zoe McLellan n’a pas tarit d’éloges sur son partenaire à l’écran, Scott Bakula, qu’elle voit comme quelqu’un qui se préoccupe des autres. A ses yeux, la Nouvelle Orléans, lieu où se déroule l’action, est une ville unique, avec une identité et une histoire propre. C’est elle qui fait le charme de la série.

Malheureusement, les sessions ayant pris un peu de retard, je suis arrivée en plein milieu de la conversation entre Dick Wolf et les autres journalistes, ce qui m’a empêchée d’apprécier pleinement la table ronde, mais bon, il a fallu faire avec… A part ce contretemps, je reste contente d’avoir échangé avec le père des franchises Law & Order et Chicago Fire/PD/Med, plus d’autres séries toutes aussi connues. Il a assuré que Chicago Med serait une véritable série médicale. A la question "Y aura-t-il un quatrième opus sur Chicago ?", Wolf a répondu qu’il fallait rester aux aguets…

Je me suis aussi rendue à la la conférence de presse "The iconics", avec : Patrick Duffy (Dallas), Bo Derek, Stephanie Powers (Pour l’amour du risque, The Girl from U.N.C.L.E), Lee Majors (L’homme qui valait trois milliards), Antonio Fargas (Huggy dans Starsky & Hutch) et Lindsay Wagner (The Bionic Woman) fut très agréable. Les acteurs ont répondu avec beaucoup d’humour  (la palme revient à Patrick^) et fierté par rapport à leur parcours et ce que leur série a pu représenter pour eux et différentes générations. Ils sont contents d’avoir joué dans des séries qui ont marqué les consciences. Stephanie Powers a expliqué que plusieurs femmes lui ont dit qu’elles étaient devenues officiers de police/avocates grâce à l’actrice et son rôle dans The Girl from the U.N.C.L.E. Patrick Duffy a insisté sur le fait que bien qu’étant considérées comme des "icônes", ils n’en restaient pas moins des acteurs toujours prêts à retourner devant les caméras, donc avis à ce qui cherchent des acteurs. Par ailleurs, le fait d’être appelé "icône" ne le perturbe guère. Il y tient même, "I do wake up as an iconic" a-t-il dit, provoquant l’hilarité dans la salle.

Ma dernière table ronde (mais pas la dernière activité de la journée) a été avec Sarah Drew, April Kepner dans Grey’s Anatomy. Une femme très chaleureuse, qui a répondu à nos questions avec beaucoup d’entrain. On a ainsi appris que Shonda Rimes avait demandé à Sarah Drew d’amener ses idées par rapport aux questions sur la religion abordées dans la série, Sarah étant elle-même très croyante (son père est officier religieux). Bien que Grey’s connaît des heures sombres, pour Sarah, c’est une série qui insuffle de l’espoir : comment se remettre et avancer après des drames.

 

(UPDATE) Mercredi 17 juin

C’est avec excitation que j’abordai cette dernière journée d’interview. Non pas que les précédentes journées m’avaient laissée de marbre, mais celle-ci était particulière : j’allais rencontrer Matthew Gray Gubler, alias le docteur Reid dans Esprits Criminels, série dont je suis fan. Evidemment, cette table ronde allait avoir une saveur particulière pour moi. Alors que je patientais tranquillement dans l’entrée du forum Grimaldi, je vis arriver Alfred Enoch (que j’allais voir aussi) et Matt McGorrry, à l’affiche de How To Get Away With Murder (la nouvelle création de Shonda Rimes). Puis, l’heure de mes tables rondes approchant, je me mise en marche pour les salles d’interview. Et là, stupéfaction : Matthew Gray Gubler (accompagné de ses attachées de presse) me précédait dans les escalators !! Je pris une photo, hélas, on voyait Matthew de dos… puis, prenant mon courage à deux mains, je l’appelai pour lui dire que j’étais fan d’Esprits Criminels. S’en suivit quelques échanges sur ma casquette et Las Vegas, sa ville natale, avant de nous séparer pour nos activités.

 

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Je débutai mes interviews groupées avec Alfred Enoch. Très sympathique, il répondit aux questions des journalistes en développant longuement ses points de vue sur les sujets abordés. Parmi lesquels la manière dont il découvrit le script de HTGAWM, dans une période où il jouait dans une pièce de théâtre à Londres. Egalement ce qu’il appréciait chez son personnage, Wes, qu’il jugea comme étant une personne cherchant toujours à respecter ce en quoi il croit, ses valeurs, malgré tout ce qui arrive dans la série.

Puis l’interview tant attendue avec Matthew Gray Gubler arriva enfin, et je fus d’autant plus chanceuse que nous n’étions que deux à lui poser des questions. J’en profitai pour lui parler de mon fan film sur Criminal Minds : "Devil’s agents", dont il aima le titre (si ça se trouve, il va trouver ça nul, à condition qu'il regarde, mais tant pis^^ !). Ensuite, nous abordâmes sa carrière atypique : après des études en réalisation, il passa à mannequin puis acteur, orientation due aux fruits du hasard, exprima-t-il. Matthew ne considère pas son peu d’expérience en tant qu’acteur comme un désavantage, cela lui permet au contraire de jouer de façon plus authentique, dans la mesure où il n’a pas eu d’expérience, suivi de cours. Il profite de ses courtes vacances pour travailler sur d’autres projets, il a d’ailleurs en ce moment un agenda chargé. Ses épisodes préférés sont "Mosley Lane" et "The Lesson" (qu’il a réalisés).

 

Les conférences du CME continuèrent également et se conclurent ce jour-là. On reparla de certains thèmes déjà abordés la veille. On revint sur les enjeux d’audience engagement, avec des acteurs de la Producers Guild of America et de chaînes TV américaines. Ceux-ci insistèrent sur le storytelling d’abord, puis la nécessité pour les broadcasters de comprendre leurs audiences pour proposer une expérience qui leur soit pertinente. Autre cheval de bataille : la technologie associée, valeur ajoutée en l’absence de standardisation sur le marché. Les échanges furent très "entertaining" : le modérateur lança un défi, à savoir deviner la séquence de la cérémonie des oscars qui avait été "the most rated", contre 50 dollars. Il les perdit face à la bonne réponse d’un membre du public (le In Memoriam avec Barbra Streisand). Quelques anecdotes sur cette cérémonie furent racontées, comme le tweet simultané d’une vedette alors qu’elle était en train de discuter avec une autre vedette dans le bar, donc peut susceptible d’avoir pu écrire ce tweet…

 

Jeudi 18 juin

Monte Carlo, c’est déjà fini. Au revoir son lot de stars défilant sur le tapis rouge, paillettes, interviews, chaleur de Monaco… Le festival se conclut sur la cérémonie des remises des Nymphes d’Or, qui consacra Gomorra, NCIS, Happy Valley, How I Met Your Mother et divers documentaires sur la persécution des gens atteints d’albinisme en Tanzanie, la brutalité policière à Hong Kong, pour citer quelques exemples. La liste complète se trouve ici. Les photos du tapis rouge sont identifiables dans la galerie par la mention "closing ceremony".

Mon sentiment par rapport à mon premier festival : une superbe expérience, des rencontres rêvées en tant qu’amateur de séries TV que je n’aurai jamais imaginées se produire dans la vie réelle, de belles excursions. Et des photos souvenirs avec des acteurs interviewés (Sarah Drew, Matthew Gray Gubler, Zoe McLellan…), et d’autres croisés par hasard (Patrick Duffy, Aden Young…). Aussi une remarque : dommage de ne pas voir plus de showrunners et de scénaristes (je ne sais pas s'il y en a eu les éditions précédentes...), car si une série a du succès, c'est aussi grâce à eux.

Un grand merci à toutes les personnes de l’organisation, et rendez-vous pour une prochaine édition !!

 

Stay tuned pour les détails sur les tables rondes/conférences de presse et conférences CME !

Retrouvez les articles de l'édition 2015 ici et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre

08 juin 15

MONTE CARLO 2015 : C'EST (PRESQUE) PARTI !!

 

Affiche Monte Carlo

 

2015 n’est pas seulement l’année du 55ème anniversaire du festival TV de Monte Carlo, c’est aussi l’année de ma première venue à cet évènement, qui se tient du 13 au 18 juin. Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter ce festival, mais pour ceux qui débarquent fraichement dans la planète séries, Monte Carlo, c’est :

— La succession de vedettes de séries, US, mais pas que (les françaises sont présentes elles aussi). Il y a aussi d’autres personnalités non issues de séries TV.

— Des rencontres entre vedettes et fans, via des séances de dédicaces…

— Des conférences de presse, interviews avec ces vedettes

— La compétition des Nymphes D’Or pour les catégories Séries TV, Mini-Séries, Films de Télévision, Actualités…

— Et pour la première fois, des conférences professionnelles autour du secteur

Voilà dans les grandes lignes.

Ayant la chance d’y assister cette année, je publie ce post pour inaugurer la nouvelle rubrique de mon blog sur le festival. Tout au long des festivités, j’essaierai de mettre à jour quotidiennement un journal de bord. J’essaierai aussi de publier des résumés de séances : conférences de presse, conférences professionnelles, néanmoins, à voir en fonction de mon planning…

NB : Les articles comporteront sûrement des spoilers sur certaines séries, donc attention ;-).

Je vous dis à bientôt sur le blog ! 

(update) Retrouvez les articles de l'édition 2015 ici et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

04 juin 15

SERIES MANIA S6 : EMPIRE

(avec spoilers)

 

J’ai profité de Séries Mania pour revoir le pilote d’Empire, dont vous pouvez lire ma review ici, et découvrir son deuxième épisode, lors de la séance du 19 avril. Cette projection fut suivie d’une interview de Lee Daniels par Pierre Langlais, et agréable surprise, Taraji P. Henson, l’interprète de Cookie, a rejoint la scène au milieu des échanges !

 

Lee Daniels & Taraji P. Henson

 

Quelques mots sur le second épisode :

Franchement, j’ai passé un super moment. Toujours aussi drôle, avec une Cookie toujours en forme (son lancer de chaussure était décapant) et d’autres personnages originaux (la secrétaire de Cookie). On continue ce qu’on a commencé dans le premier épisode : Lucious tente de lancer Hakeem sur le devant de la scène, et évidemment, ce dernier, par son attitude irresponsable, ne lui facilite pas les choses. Cookie essaye de faire de même avec Jamal, encore trop modeste au point de se faire marcher dessus. Pour apporter de nouveaux contenus, l’épisode se conclue sur une sorte de cliffhanger, où l’on sent qu’il va y avoir des complications pour les plans de certaines personnes. J’ai bien aimé et je commence à comprendre les raisons du succès de cette série aux Etats-Unis, passée de 9 millions de téléspectateurs au début de la saison 1 à 16/17 millions en fin de saison. Jusqu’ici, les histoires sont intéressantes, nous parlent, nous décrochent des rires. C’est plus les situations légères, cocasses qui priment.

 

L’interview avec Lee Daniels et Taraji P. Henson :

Ces deux personnes nous ont donné un super moment de partage et de rires. Ci-dessous les points abordés :

— Lee Daniels a débuté comme casting director pour Warner, il était en charge des minorités. Il a quitté ce poste car en réalité, il y avait très peu d’opportunités pour les acteurs noirs. Quand plus tard, pendant les échanges, on a abordé les questions raciales (sur les changements que pourraient provoquer son succès et celui de Shonda Rhimes), il a répondu gentiment qu’il était fatigué d’être confronté aux questions sur ce sujet = on ne doit pas réduire ses œuvres et celles des autres artistes noirs aux questions de races.

— A travers ses histoires, Daniels s’intéresse à la condition humaine. Il veut donner une voix et un visage aux personnes qu’on ne voit et n’entend pas, présenter des personnages qui ont des failles. Sans toutefois faire culpabiliser le spectateur : malgré les thèmes abordés très durs, comme dans ses films Le Majordome, Precious, l’humour est toujours présent.

— Les histoires de Daniels sont basées sur des situations réellement vécues. Par exemple, dans le 1er épisode, Cookie frappe Hakeem avec un balai : Lee Daniels a véritablement vécu cette scène, punition de sa mère. En réaction, il a appelé la police, et lorsqu’elle arrivée, sa mère a conseillé aux agents d’amener un sac mortuaire au prochain appel !

 

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— Lee a préféré faire d’Empire une série TV car la télévision est plus accessible. Il voulait que ceux qui parmi son entourage ne le pouvaient pas autrement que par la TV puisse suivre Empire, notamment ses proches qui sont en prison.

— Lee Daniels aurait pu parler de Broadway dans la série, mais pour lui, c’était la voie facile (le cliché gay & Broadway), c’est pourquoi il a préféré le hip hop. Il a centré Empire sur une famille Afro-américaine puissante pour rompre avec l’image persistante de l’Afro-américain pauvre.

— Le passage où Hakeem insulte publiquement Barack Obama (2nd épisode) n’est pas une critique sur l’homme politique et son administration. Daniels souhaitait montrer qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants Afro-américains grandissent dans un monde privilégié, i.e, moins difficile que celui de leurs aïeux, et ne se rendent plus compte du combat qu’ont mené les générations d’avant. Taraji a raconté une anecdote pour illustrer ce fait : elle a pleuré à chaudes larmes lorsqu’elle a appris l’élection d’Obama à la Maison Blanche, et quand elle a voulu partager sa vive émotion avec son fils (si ma mémoire est bonne), ce dernier n’a pas du tout compris la réaction de sa mère. Pour lui, un président noir n’avait rien d’exceptionnel.

— Alors qu’elle n’avait pas encore été castée pour Empire, Taraji a soumis à Lee l’idée de prendre Terence Howard, Lucious dans la série. Au départ, Wesley Snipes était pressenti pour ce rôle.

— Dans la saison 2 d’Empire sera expliquée la façon dont Cookie a fini en prison.

 

— Une question sur la différence en termes d’interprétation entre Person Of Interest, où Henson jouait le lieutenant Carter, et Empire a été posée. Pour Taraji, Person Of Interest était plus structurée : le jeu devait rester cohérent avec le ton de la série ; tandis qu’avec Empire, les acteurs ont plus d’espace pour proposer leurs apports.

— Daniels et Henson travaillent de nouveau ensemble sur un projet de long-métrage avec Eddie Murphy.

 

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Sériecalement vôtre,

VK 

11 mai 15

SERIES MANIA S6 : WEB SERIES

 

En cette sixième saison du festival, Ex-Model a été sacrée meilleure web série. J’en suis contente car j’ai eu un coup de cœur pour elle, lors de sa projection (le 24 avril). Invitée par Canalplay, je me suis laissée guider par ma curiosité pour les web séries, genre dont je ne suis pas très familière (ah, série, quand tu nous tiens…). J’ai pu découvrir plusieurs d’entre elles lors de la séance : Ex-Model, donc, Neffy, L’équipe, Haphead, Sanfranland, Thomas et Thomas s’en vont au Groenland, Umm Abdo Al-Halabiya (liste non exhaustive car je suis arrivée un peu en retard). Certaines d’entre elles sont disponibles sur Canalplay.

 

Equipe Umm Abdo Al-Halabiya

 

Présentation de ces web séries :

Les résumés, en italique, sont issus du site Séries Mania. La suite provient des échanges avec le public après la projection, avec les équipes de Thomas et Thomas, Ex-Model et Umn Abdo Al-Halabiya.

Neffy :

« Immigrée nigérienne, Neffy habite depuis trois ans à Nottingham et mène une vie solitaire. Ses journées sont partagées entre son travail dans les toilettes d’une boîte de nuit et des longues heures de désœuvrement. Elle ne croit plus à nouveau départ : après avoir quitté son pays natal pour de mystérieuses raisons, ses espoirs se sont mués en une muette résignation. C’est alors que son chemin croise celui d’Allie, la fille de son insupportable voisine. Leurs secrets respectifs vont les rapprocher… Une chronique sociale et une histoire d’amitié dans la tradition du cinéma britannique engagé. »

Umm Abdo Al-Halabiya :

« Tournée à Alep entre novembre 2013 et juin 2014, "Umm Abdo" est une série syrienne dont le personnage principal est une mère de famille… interprétée par une petite fille de treize ans ! Vivant dans les quartiers contrôlés par l’opposition au régime officiel, l’héroïne tente tant bien que mal de continuer à gérer son foyer en dépit du contexte politique. Un feuilleton Youtube militant, drôle et surprenant sur un pays divisé par la guerre. »
Dans cette web série, des enfants interprètent des personnages adultes. Ce choix de la production a été critiquée. Elle a été accusée de manque d’éthique, d’utiliser des enfants pour gagner en célébrité. En fait, lors du casting, étant donné les conditions de tournage rudes, peu de femmes ont souhaité jouer dans la série. Comme des enfants voulaient participer, la production a choisi de les prendre et de les faire interpréter des personnages adultes. Au-delà de la raison pratique, la production souhaitait montrer la réalité d’enfants vivant dans une zone de conflit.

Thomas et Thomas s’en vont au Groenland :

« Thomas et Thomas sont deux amis trentenaires qui doivent partir au Groenland, dans le village de Kullorsuaq. Ils vont retrouver le père de Thomas B ainsi que leurs amis inuit Ole et Adam. Une comédie coréalisée par Hugo Jouxtel et Sébastien Betbeder (2 automnes, 3 hivers) dans le cadre d’un grand projet transmédia construit autour d’un site internet et comprenant également deux moyens métrages sortis en salles le 25 février : "Le film que nous tournerons au Groenland" et "Inupiluk". »
Cette web série se divise en deux parties égales de cinq épisodes chacune : la première moitié centrée sur la préparation du voyage, la seconde se déroulant au Groenland. La web série constitue un complément hors champ de ce que l’on verra dans le film en préparation.

 

Equipe Ex-Model

 

Ex-Model :

« Xin Xin, mannequin d’origine chinoise vivant à Paris, découvre soudainement qu’elle est trop vieille pour travailler alors qu’elle n’a même pas trente ans. Paniquée à l’idée de se reconvertir, elle s’essaye à divers métiers qui l’empêcheront de finir pauvre ou pire… dans l’anonymat ! Sur le chemin de sa nouvelle vie, Xin Xin va faire face aux dures réalités : payer pour aller au restaurant, ne plus être invitée en soirée, se lever tôt, prendre du poids, avoir des rides… Bref, être une femme normale. Une comédie chinoise qui décrit de façon décapante le milieu de la mode. »
La web série compte déjà deux saisons. Elle a été diffusée sur Youku, le youtube chinois et coproducteur de la série,  et a rencontré un immense succès : 80 millions de vues ! Elle a été tournée à Paris, Pékin et dans la ville natale de l’actrice principale Xin Wang. Au départ, la web série était prévue sur le mannequinat, mais la production était plus intéressée par la vie après mannequinat.

Sanfranland :

« Sanfranland fait la chronique des vies légèrement borderline de trois copines pré-trentenaires. Les plans de Bobbi pour une vie rangée explosent soudain quand elle découvre son fiancé au lit avec une dominatrice. Encouragée à se joindre à ses deux meilleures amies à San Francisco, elle laisse sa petite ville de Géorgie pour emménager dans un tout nouvel environnement. Les trois héroïnes vivent alors au gré de leurs aventures nocturnes et de leurs soirées, et Bobbi commence à découvrir ce qu’elle désire vraiment. »

L’Equipe :

« Paris 2015, le lieutenant Maxime Mougeot a été choisi pour infiltrer une organisation criminelle appelée : "L’ E.Q.U.I.P.E.". Derrière ce vaste réseau mafieux se cache une puissante secte aux origines mystiques, comptant des adeptes dans tous les milieux sociaux, y compris dans le gouvernement… Une web-série musclée, entre Braquo et Mafiosa. »

Haphead :

« "Haphead" est une web-série canadienne racontant l’histoire d’une fille sous l’emprise totale des jeux vidéo. En 2025, les jeux sont tellement immersifs que les adolescents acquièrent leurs compétences en jouant. Maxine découvre ainsi que son jeu préféré agit directement sur sa mémoire musculaire et peut la punir selon le niveau de ses performances… Un récit d’aventures dans un monde dystopique aux accents cyberpunks. »

 

Equipe Thomas & Thomas

 

Mon avis ?

J’ai clairement été plus attirée par les web séries sur le ton de l’humour : Thomas et Thomas, Sanfranland, et Ex-Model que j’ai beaucoup aimé. Quand il s’agit de séries TV, c’est plutôt l’inverse : en général, je préfère les drama que les comédies (celles de 26 min). Dans ce cas, je pense que j’ai aimé parce qu’on comprenait vite et efficacement le sujet de l’histoire. Les deux Thomas préparent leur voyage au Groenland. Ex-Model : ce sont les tribulations d’un ex mannequin, ex gloire, qui essaie de s’en sortir dans sa nouvelle vie normale. Sanrfanland : c’est l’histoire d’une jeune femme trompée par son fiancé qui retrouve ses amies délurées à San Francisco et évidemment, cette équipe va faire des étincelles.

Ex-Model est celle qui se démarque du lot, à mes yeux. Question de goût et de couleur. Parce qu’elle traite du revers de la médaille de la mode : quand on est mannequin, c’est beauté, gloire, paillettes ; quand on ne l’est plus (assez rapidement car les carrières ne sont pas très longues), et bien… c’est la « déchéance ». Ex-Model montre cette vie-là, au travers d’un personnage qui, dans la 2nde saison (diffusée lors du festival), prend avec décalage, détachement sa nouvelle condition. Elle vit des situations cocasses (voire humiliantes^^), elle se moque d’elle-même et avance, trouve de nouveaux plans (plus ou moins foireux) pour gagner sa vie. La réalisation, l’écriture jouent beaucoup au charme de la web série. L’héroïne nous confie en voix off ses déboires, ses commentaires ; les situations s’enchaînent, on ne s’ennuie pas ; les idées fusent et sont originales (j’adore le « chow chow panda », cette race de chien est trop chou !!). J’espère qu’elle pourra être diffusée en France !

 

Sanfranland est drôle aussi, mais disons que son thème me paraît moins frais. Si les situations peuvent se réinventer, c’est un peu la même chanson : la jeune femme va se remettre en question, entre virées folles, pyjama partys avec ses copines, et sûrement des garçons vont s’immiscer dans cette affaire… Un genre de Sex and the City sous le soleil de Californie et plus soft…

J’ai eu un peu de mal à me plonger dans d’autres web séries. L’absence des sous-titres, bien que je me débrouille en anglais, a peut-être joué. De même la succession des sujets les uns à la suite des autres sans pause n’était peut-être pas une condition idéale pour bien s’imprégner de chaque projet. Pour L’Equipe, d’habitude, je suis fan du policier/espionnage/organisation criminelle, mais là, j’ai moins accroché. Des situations/personnages prévisibles ? comme la tueuse professionnelle sexy, le flic infiltré et son rite de passage ? J’aurai plus vu un tel thème traité dans un format plus long, pour développer les protagonistes et évènements. Pour Haphead, même si j’avais compris que les jeux vidéo étaient au cœur de l’histoire, au début, j’ai cru que la société était divisée en plusieurs castes, notamment à cause du tatouage du père, « outcast ». Donc oui, cette fois-ci, l’humour m’a davantage captivée. En ce qui concerne Neffy, elle joue sur un autre registre : poignante, chronique sociale, rencontre entre deux êtres résignés, perdus. Elle est plus dure et relate une réalité qui émeut.

Les web séries se défendent bien. Elles proposent des sujets intéressants et variés. Elles ont l’avantage d’être courtes. Un genre prometteur !

 

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Sériecalement vôtre,
VK

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03 mai 15

BROADCHURCH, SAISON 2

 

Pour tout vous dire, je suis partagée par cette saison 2, à laquelle j’ai préféré la première. Pris individuellement, le second cru de Broadchurch n’est pas si mal : une enquête et en parallèle, un procès, suite logique d’une précédente affaire, avec un très beau travail de réalisation et de lumière. Pris dans la globalité de la série, les effets de surprise et de charme se sont estompés par rapport au premier millésime. On avait déjà vu une enquête auparavant, on avait déjà vu les mêmes rouages en termes de composition visuelle, on avait déjà eu le même cadre (Broadchurch, même si quelques nouveaux lieux sont apparus). Surtout, la deuxième saison m’a parue n’être qu’un prétexte pour développer l’affaire Sandbrook. Affaire dont l’origine se rapproche de celle de Dany Latimer : un malheureux accident, dû à une situation inopportune et une vive réaction. Il n’y a pas de préméditation (enfin si, pour le second meurtre Sandbrook), de plan machiavélique, ces drames se sont produits comme ça, sans que l’on s’y attende, et c’est réaliste.

 

Boradchurch 2

 

On peut souligner l’effort de la série à présenter la deuxième partie tu traitement judiciaire du meurtre du jeune Latimer, à savoir le procès. La relation/le duel entre les deux avocates était intéressant. Souvent, on s’attarde sur le déroulement de l’enquête, puis quand le coupable est démasqué, tout s’arrête. On ne voit pas le procès, ses conséquences sur la famille qui a la sensation de revivre le calvaire encore et encore. Ou alors, on voit un procès, mais ce dernier sert à découvrir que l’enquête n’a pas cerné le vrai coupable, et les protagonistes creusent pour révéler la vérité. Dans Broadchurch, la partie procès n’est pas mise en silence. J’avoue que c’est plutôt bien joué qu’il se soit conclu par l’innocence de Joe, bien que coupable, à cause du doute raisonnable instillé par son avocate parmi les jurés. On comprend la complexité du travail de l’accusation et la défense. On reste dans la dure réalité : parfois, justice n'est pas rendue.

A part cela, ce n’est pas l’intrigue qui puisse donner lieu à un large panel de possibilités… Que dire/faire de plus, si ce n’est apporter des éléments nouveaux qui vont tout remettre en question ? Il fallait donc associer le procès à une autre histoire, sinon la série ne durait pas plusieurs épisodes. C’est Sandbrook qui a fait office d’accompagnant, et qui m’a fait sentir qu’elle était la principale motivation de cette saison 2. Mais la une passée, et à mes yeux, suffisante et satisfaisante en elle-même, l’envoûtement effacé, je me suis moins captivée pour cette nouvelle enquête. Signe alarmant : j’ai même manqué un ou deux épisodes sans en ressentir de culpabilité, sans chercher à les rattraper alors que le replay existe !!

Néanmoins, je reconnais l’excellent jeu des acteurs : principaux et secondaires, anciens (i.e, présents en saison 1) et nouveaux. Les échanges Ellie/Alec, toujours aussi doux^^. Deux personnalités en totale contradiction qui forment un duo parfait. J’apprécie la place accordée aux femmes dans des rôles clés : les deux barristers, la juge (bien qu’elle ne soit pas un personnage majeur). On aurait pu tout attribuer à des acteurs masculins, ou avoir une majorité de ces rôles donnée à des hommes. N’allez pas croire que je suis une féministe radicale, loin de moi cette idée, mais disons que ça fait plaisir de voir cela quand, à côté, trois quart des personnages principaux de séries sont des hommes… Et même parfois, je pense par exemple à la franchise Law & Order, quand une femme est présente dans l’équipe des procureurs/avocats de la défense, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une stratégie pour prouver qu’on a bien respecté le quota minimum des rôles féminins…

 

Broadchurch 1

 

Maintenant qu’une saison 3 est confirmée, je ne peux que demeurer perplexe. De quoi va-t-on discuter ? Il me semble qu’on a fait le tour des questions.

L’affaire Latimer est terminée. On pourrait imaginer le meurtre de Joe et rebelote, plusieurs habitants de Broadchurch seraient suspectés chacun leur tour. On inventerait des coïncidences par lesquelles plusieurs d’entre eux auraient été plus ou moins proches géographiquement de Joe à un moment donné. Encore une fois, point de nouvelles surprises à l’horizon, et pourquoi ressasser cette histoire ? Même raisonnement si les suspects sont totalement étrangers à Broadchurch : ce serait le même schéma narratif.

Un nouveau meurtre à Broadchurch ? Euh… personnellement, non, on a déjà assez donné. Et ficelles narratives déjà éprouvées...

Un deuxième procès de Joe, suite à l’émergence d’éléments accablants ? Non merci. Un seul procès a été suffisant. « Trop de procès tuent le procès »… Un chemin de croix de Joe vers la repentence et un pardon de Beth ? Possible, mais est-ce le thème de base de Broadchurch ? Je n'en suis pas très convaincue... 

Un focus sur le duo formé par les deux avocates qui rouvrent l’affaire pour laquelle le fils de l’une d’elles est sous les verrous, avec l’appui d’Alex et Ellie ? Envisageable. Mais ne s’éloignerait-on pas alors de Broadchurch, et dans ce cas-là, l’écart entre le titre de la série et le contenu réel de la saison 3 ne me paraîtrait pas cohérent… A l’instar du Paris-Dakar qui se déroule en Amérique du Sud (mais ce n’est pas la faute des organisateurs), ou du jeu télévisé Pékin Express qui se déplace de continent en continent… Ce n’est qu’un détail, mais j’aime bien m’arrêter dessus^^.

Bref, quelles seraient les autres hypothèses ? Une saison dédiée à une enquête menée par Miller en inspecteur principal ? Mais sur quoi ? Et encore à Broadchurch ? Et avec la même réalisation ? Déjà vu…

 

Sériecalement vôtre,

VK Série

26 avr. 15

SERIES MANIA S6 : TELLUS

avec spoilers

 

Le dimanche 19 avril 2015, Séries Mania présentait les deux premiers épisodes de la série Tellus, puis proposait une séance de questions/réponses avec son créateur, réalisateur et scénariste Jukka-Pekka Siili, communément appelé JP. Cette série finlandaise suit les actions d’un groupe de jeunes éco-saboteurs, répondant au nom de Tellus (terre mère en latin). Ils frappent depuis plusieurs années les installations des organisations non respectueuses de l’environnement, jusqu’au jour où l’une de leurs interventions fait une victime. Leurs actions font l’objet d’une enquête policière. La saison 1 compte 6 épisodes, elle a été diffusée en novembre-décembre 2014. La saison 2 en comptera 12, son écriture est en cours de finalisation et sa production commencera en janvier 2016. Tellus est un coproduction finlandaise, suédoise, norvégienne et allemande.

 

La série aborde un thème intéressant, d’actualité et important : l’environnement, par le biais de l’éco-terrorisme. Pendant les échanges avec Siili, un spectateur considérait cette question non prioritaire par rapport à la montée de l’extrémisme religieux, pour ne citer que cet exemple. Avis auquel Siili a répondu qu’au contraire, les questions sur l’environnement sont essentielles. Si on n’agit pas aujourd’hui pour préserver la Terre, la situation sera catastrophique pour les générations futures. Je rejoins tout à fait cette réponse. Je suis persuadée que si l’homme continue à piller les ressources de la terre pour le profit et le confort immédiat, sans penser aux conséquences, un jour ou l’autre, la nature se retournera contre lui. On fore à 3000 mètres de profondeur sous la mer parce qu’il y a d’incroyables ressources. On détruit le riche écosystème qui y vit depuis des millénaires. Et après, on s’émeut que des espèces animales disparaissent, que les fonds marins en ressortent ravagés. Et on fera quoi, quand il n’y aura plus de ressources parce que la Terre aura été vidée sans ménagement ? On pollue, et après, on s’émeut du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. On détruit notre habitation et après, on se demande ce que l’on va faire… Je parais assez critique, c’est vrai. Je ne nie pas non plus l’amélioration des conditions de vie permise par ces ressources, mais il faudra bien se poser la question un jour.

 

Jukka-Pekka

 

Bref, revenons à la série. Elle a l’avantage de s’aventurer dans un thème peu représenté à la télévision (en fiction), et de montrer des personnages qui détruisent les installations des entreprises qui, selon eux, sont des ennemis de l’environnement. JP a choisi de raconter cette histoire après avoir réalisé qu’il ne s’était jamais intéressé à ces questions. La série est devenue sa façon d’apporter sa contribution. En cette diffusion à Séries Mania, il était ravi de rencontrer un public plus nombreux : en effet, il était venu présenter un projet à Shanghai quelques années auparavant, et dans la salle, il n’y avait que… 12 personnes… Il s’est intéressé à un groupe qui a décidé de réagir, en franchissant la ligne jaune, et a avoué qu’il comprenait les personnes qui le faisaient dans la vie réelle. JP a choisi le format policier (les actions de Tellus sont suivies par les policiers) afin que l’histoire parle au plus grand nombre.

 

L’histoire n’est pas mal, même si je n’ai pas eu un coup de cœur pour cette série. Question de feeling. La froideur et la distance règnent dans cette série, notamment au niveau des personnages qui font partie du groupe d’éco-saboteurs. Ils sont solitaires, mènent une vie ascétique, à l’image de l’héroïne principale, Eevi. Celle-ci ne fréquente personne. Lors de prises de décision, elle imagine des discussions avec des personnes de son entourage (dont sa mère défunte) qui l’aident à arrêter un choix. Elle ne fréquente personne, enfin, jusqu’au jour où elle rencontre Alex, le leader d’une association écologique modérée, qui se contente de manifestations. Elle voudrait aller plus loin, mais cette relation ne ferait que l’éloigner de son objectif. On sent qu’au fur et à mesure des épisodes, il va y avoir une confrontation entre ces deux points. Eevi pourra-t-elle mener une double vie ? Va-t-elle arrêter ses actions par amour ? De son côté, Alex a des liens étroits avec le policier chargé d’enquêter sur les actions de Tellus. Les membres de Tellus se soutiennent afin qu’aucun ne sombre. Là encore, il y a une sorte de distance entre eux. Même si on les voit « décompresser » ensemble, ce n’est pas non plus ambiance colonie de vacances. La distance et la rigueur sont les conditions nécessaires à la réussite de leur projet et leur sauvegarde. Ils se sont fixés une mission et restent concentrés pour ne pas s’en détourner, quitte à vivre comme des fantômes et à tout sacrifier. D'ailleurs, à plusieurs reprises, Eevi justifie (en voix off) ce choix de vie.

De l’autre côté, on a un policier, Taneli Lokka, dont la mission est d’arrêter Tellus. Il ne ressemble pas à l’image traditionnelle du flic que l’on peut voir dans une fiction, comme l'a fait remarquer une spectatrice après la projection. Il est vieillissant et handicapé de surcroît ! Il sort en effet d’une convalescence suite à un AVC qui l’a privé de son œil droit. Pas du tout le jeune homme en plein force de l’âge et beau gosse… Lui aussi se soucie de l’environnement, du gaspillage. J’ai adoré ses colères face à ses enfants qui ne respectent rien du tout : que je jette la moitié de mon assiette par-ci, que je ne trie pas les poubelles par-là… Lui aussi semble solitaire, dans un sens : ses relations avec celle qui l’a remplacé pendant son congé sont très neutres, minimum syndical^^.

 

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Les deux épisodes ont aussi leurs défauts. J’ai eu du mal à tisser un lien avec les personnages, à cause de ce sentiment d’éloignement, de l’ambiance polaire. Les éco-terroristes ne sont pas vraiment chaleureux et extravertis, mais c’est cohérent avec leur ligne de conduite. Alex m’a peut-être été plus abordable. Le rythme a du mal à s’intensifier, bien que certains éléments donnent envie d’en savoir plus. Le groupe va-t-il aller beaucoup plus loin dans son action ? Après la victime accidentelle, les membres réfléchissent à frapper plus fort, mais décident de conserver pour l’instant leur méthodologie de destruction matérielle. Le membre que Lokka va interroger va-t-il craquer ? Quelles motivations ont poussé ses membres à agir de la sorte ? Leur mode de vie va-t-il peser sur eux ? etc. Aussi, la musique est parfois de trop dans plusieurs scènes.

 

Je souligne encore une fois l’intérêt du sujet qui, hélas, n’a pas eu de retentissement auprès du public finlandais après la diffusion de la saison 1 même si elle a été bien accueillie. Comme l’a expliqué Siili, ce sujet ne fait pas partie des priorités pour les politiques. Notamment en cette récente période d’élections parlementaires qui ont eu lieu dans son pays : les questions économiques et de politique étrangère ont été mises au cœur des discours. Par ailleurs, la désobéissance civile n’est pas autant répandue dans les pays nordiques. Si Tellus devait passer en France, ce serait mission à accepter pour Arte, c’est évident. Ou alors, sur une chaîne diffusant déjà des documentaires orientés univers, nature, mais serai-t-elle enclin à faire de la place à ce genre ?

 

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Sériecalement vôtre,
VK

25 avr. 15

SERIES MANIA S6 : GALLIPOLI

avec spoilers

 

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Le samedi 18 avril 2015, je me suis rendue à la projection des deux premiers épisodes de la série australienne Gallipoli. Son synopsis ? Lors de la première guerre mondiale, le jeune Tolly et son frère Bevan s’engagent pour combattre dans les troupes de l’empire britannique. Avec de nombreux australiens (et néo-zélandais et anglais), ils sont envoyés à Gallipoli, dans l’actuelle Turquie, pour contrer l’empire ottoman, alors allié de l’Allemagne.

 

A la base, c’est une série de guerre, un peu dans la veine des Band of Brothers, Generation War, la série française diffusée par France 3 il y a peu (vraiment désolée, son titre m’échappe…), et autres fictions de divers pays qui existeraient. Des séries qui ne traitent pas des mêmes conflits, mais qui présentent l’enfer vécu par des milliers d’hommes lors des deux évènements majeurs, dramatiques et à résonnance mondiale du XXème siècle. En elle-même, Gallipoli n’est qu’une « énième » histoire de guerre. Ce qu’elle a de particulier, c’est qu’elle présente le point de vue des australiens et qu’elle se focalise sur un épisode de la guerre qui n’est pas forcément connu de tous. A commencer par moi (cet article ne servira pas à grand-chose pour les plus experts^^). De mes vieux cours d’histoire, je savais qu’il y avait eu la bataille des Dardanelles, en Turquie. Sans rappels, je ne saurai vous en dire plus. Alors Gallipoli, ça ne me disait rien du tout.
Au cinéma, vous pouvez regarder La promesse d’une vie (qui entre nous, fait plus titre de film romantique à l’eau de rose que drame), avec Russell Crowe, qui a en toile de fond la bataille des Dardanelles, aussi nommée campagne de Gallipoli.

Quelques recherches et explications avant la projection des épisodes (puis après) nous font réaliser le traumatisme de cette campagne sur l’Australie : les Dardanelles fut rude et longue, et se solda par une déroute pour les pays engagés contre les ottomans et les allemands. Pour l’Australie (et la Nouvelle Zélande), Gallipoli a été un évènement fondateur de son identité nationale, jusqu’alors sous le joug de l’empire britannique. Le jour du débarquement sur Gallipoli, le 25 avril, est une date de commémoration majeure en Australie (idem en Nouvelle Zélande). Elle surpasse même le 11 novembre ! D’ailleurs, la saison 1 de la série avait été mise en téléchargement légal quelques jours avant sa diffusion à la télévision. Dès ce stade, elle a eu un succès énorme. La bataille a également forgé l’identité turque.

 

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Quid du contenu de la série ? Je ne pourrai parler que pour le pilote, ayant dû écourter ma projection pour ne pas me retrouver à la fin de la longue file d’attente de la séance Empire avec l’interview de Lee Daniels, son créateur (article à paraître prochainement). Le pilote alterne entre séquences de guerre et souvenirs de la vie paisible d’avant. Le spectateur suit des jeunes hommes, engagés dans un conflit dont ils ignoraient la violence, la portée, dans un pays qu’ils ne connaissaient que de nom (et encore…). Il n’y a rien de « palpitant » dans l’épisode. Ce n’est pas, par exemple, des tableaux majestueux (artistiquement, mais reflétant la réalité) de combats tels que ceux représentés dans Band of Brothers. C’est l’histoire de types ordinaires devenus soldats qui débarquent puis avancent sur une colline, rencontrent des soldats turcs, se font refouler, puis contre attaquent et gagnent du terrain, avant d’être à nouveau repoussés par l’ennemi. Entretemps, un grand nombre tombe sous les balles. En parallèle, l’état-major discute des actions à mener, et semble parfois tout aussi désorienté que les troupes sur les collines.

On ressent tout à fait l’absurdité de la guerre. Les soldats grimpent sur une colline, avancent de quelques mètres au prix de lourdes pertes. Ils continuent en espérant des renforts, qui viennent au compte-goutte et peu nombreux. Ils se perdent en cours de route. Ils passent des heures à errer dans un paysage, presque sans but, et rien ne se produit à part des morts et des valses j’avance-je tire-je recule-je tire-j’avance. On est choqué également par le décalage entre ce que les soldats vivent et le train de vie des officiers supérieurs, qui semblent s’être enfermés dans une bulle spatio-temporelle digne de la haute société britannique : dîners en uniforme de cérémonie, dans des paquebots au décor 1ère classe du Titanic. On sent en outre le sentiment de confusion parmi les différentes strates : les soldats : que faut-il faire ?; les officiers : où en est-on ? (mauvais relai de l’information), que décider ?.

Le point de vue ottoman est moins représenté, c’est plutôt logique si la production est australienne et qu’elle montre le camp britannique. Toutefois, il y a bien quelques scènes. Celles-ci montrent la détermination de l’ennemi de l’époque, l’influence des officiers sur leurs hommes, les poussant à se battre jusqu’à la mort. Au premier abord, cela ressemble presqu’à du fanatisme et rappelle la mentalité des forces japonaises de la seconde guerre mondiale. Comparaison à prendre avec des pincettes, évidemment : ce n’est qu’une impression que j’ai eue quand j’ai vu l’épisode. A étayer avec plus de documentation. C’est ma lecture de Mémoires de nos pères (James Bradley, à lire si vous êtes intéressé(e) par la bataille du Pacifique WWII) qui m’a fait penser à ce rapide rapprochement.

 

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L’arrière se manifeste par de courts flashbacks. Au-delà de leur objectif de proposer une pause nostalgique et heureuse au milieu des combats, dans le pilote, ces extraits dressent le tableau d’un triangle amoureux en formation. Je n’ai pas d’avis particulier à émettre, car il aurait fallu que j’en voie plus pour me faire une meilleure idée. En soi, l’idée du triangle amoureux peut être intéressante, comme énervante et sans intérêt (histoire de combler l’épisode).

 

Comme d'autres séries du genre, Gallipoli abordera certainement la brutalité de la guerre et des hommes, le questionnement des soldats face à cette impasse, la fraternité avec les compagnons d'armes et le camp d'en face lors de trèves, le dur retour au pays. La série convaincra par son point de vue sur un sujet connu. Le rythme n’est pas rapide, il pourra en rebuter certains. Il est à l’image de cette guerre qui s’est enlisée, avec des conséquences désastreuses (dans quel but ?). Enfin, le très jeune âge de certains combattants m’émouvra toujours.

 

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Sériecalement vôtre,
VK

28 mars 15

DOWNTON ABBEY, SAISONS 3 A 5

 

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Je me permets un one shot avec cet article couvrant les saisons 3 à 5 de Downton Abbey, les saisons étant courtes et relativement sans évènements explosifs. Ce n’est pas la seule justification, en fait, ayant vu la saison 3 il y a très longtemps et les deux suivantes, l’une à la suite de l’autre, dans un passé récent (sur TMC), j’ai décidé de traiter le tout en même temps, pour éviter les erreurs d’association intrigue/saison.

De façon générale, plus les saisons avancent et plus je trouve la série meilleure. On aurait pu craindre une lassitude au bout d’un certain temps. Car qu’est-ce que vraiment Downton Abbey ? Si on devait la décrire en une phrase maximum, la série nous montre ni plus ni moins des chroniques d’une famille de la haute société britannique et celles de ses domestiques. En somme : les journées réglées par l’étiquette, les évènements mondains s’enchaînant les uns après les autres, de même que les jours ordinaires mais (trop) chargés en besognes des servants qui se répètent avec peu d’opportunités d’évolution. Downton Abbey suit ce réglage, mais en réussissant à nous fasciner : qui ne s’est pas imaginé avoir ce train de vie ? ; et surtout, à faire évoluer ses personnages dans un monde qui change (la guerre, le refus de la hiérarchie de la société telle qu’elle est depuis des siècles…). La série donne l’impression, d’un point de vue macro, que « rien » ne passe. Il n’y a pas d’enquêtes, de scènes d’action, de complots. Malgré tout, on se rend compte après cinq saisons que le domaine de Downton en a vu défiler, des histoires ! Même si certaines m’ont ennuyée, je suis charmée par ce que la série propose. 

 

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Cependant, voici ma première doléance : j’ai l’impression que les domestiques sont encore trop réduits à leur simple statut, par rapport aux Grantham et Crawley. Qu’est-ce que j’entends par là ? Cela m’a frappée tardivement, mais quand vous regardez les intrigues autour des non domestiques, ceux-ci évoluent au-delà de Downton. Ils interagissent avec le monde : ils vont à Londres, sont invités par d’autres gens de leur classe, ont des histoires d’amour et d’amitié, ont des problèmes, etc. Les intrigues sur les domestiques, en dehors du cadre professionnel, sont plus limitées, restent à leur relation avec les Grantham, Crawley et autres lords. On les voit moins interagir avec le monde extérieur de façon indépendante et aussi, leurs histoires sont moins poussées. Par exemple, Mary va à Londres pour faire telle ou telle chose toute seule, si elle est accompagnée de sa femme de chambre, on ne voit pas/très peu ce que cette dernière fait. Si un domestique va à Londres, il y a toujours un fil qui le ramène vers sa condition/la famille qu’il sert ou alors ce voyage est ellipsé et on le revoit de retour à Downton. Ainsi, Thomas est parti à Londres pour suivre un traitement, j’aurais bien voulu avoir quelques scènes où on voit de quoi il retourne, avant d’apprendre à Downton le véritable but du voyage. Ou autre exemple : Spratt est allé au mariage de sa nièce (si ma mémoire est bonne), on ne l’a pas vu dans la sphère privée mais on l’a vu en ville parce qu’il a aperçu Mary et son amant sortir de l’hôtel. De temps en temps, il y a des histoires qui n’ont rien à voir avec Downton, mais c’est rare et assez vite expédié.

Je parle de façon générale, je me rappelle encore du triste destin de la servante ayant eu un enfant avec un officier dans les premières années, pour le coup, c’était assez indépendant du cadre de Downton/de la domesticité. Après, il y aussi une contrainte de temps et de personnages : il y a peu d’épisodes par saison, on ne peut pas faire évoluer tout le monde avec la même intensité, il faut trancher. Néanmoins, quelques rééquilibrages seraient les bienvenus…

 

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Je poursuis donc avec un paragraphe sur ces rééquilibrages et les points qui n’apportent plus d’intérêt. On pourrait en parler de temps en temps, mais selon moi, ils ont pris une importance inutile.

Commençons par Mary. Dans une précédente critique, j’avais dit que son « je t’aime, moi non plus » avec Matthieu et la succession d’obstacles sur leur relation, au détriment d’autres personnages qui auraient gagné à être davantage explorés, avaient fini par m’exaspérer. Aujourd’hui, je suis toujours sous le coup de l’exaspération. Mary est un personnage qui stagne. On dirait que son rôle se borne à être la fille ainée à marier à un riche héritier pour assurer la pérennité de Downton. Après la mort de Matthew, j’espérais la voir se révéler en femme d’affaires gérant avec brio le domaine. Défi d’autant plus intéressant qu’elle vit dans un monde dirigé par les hommes. Qu’est-ce qu’on a eu ? Certes, quelques moments avec son beau-frère pour parler gestion de patrimoine. Principalement, à peine Matthew disparu, voilà qu’on nous sort aussitôt deux prétendants !! Même si Mary répète qu’elle n’est pas prête et ne succombe pas pour un temps, le spectateur est toujours en face d’une situation déjà vue : quel parti va choisir Mary ? Comment va-t-elle traverser cette situation ?

D’autre part, Mary n’a pas mûri, contrairement à sa sœur Edith : elle reste la « pourrie gâtée », autocentrée sur elle-même et son domaine, sans compassion quand il s’agit d’Edith. A la confirmation de la mort de Gregson, bien qu’on n’avait plus d’espoir depuis longtemps, Mary envoie Edith bouler. Très sympathique de la part d’une sœur qui ayant perdu elle-même l’amour de sa vie, aurait dû être la première à soutenir Edith et à la comprendre…

 

Après Mary, parlons d’Anna et de John Bates. A l’instar de Mary et sa situation répétitive d’élégante jeune lady sur le marché de l’amour, les Bates entretiennent des liens étroits avec la justice, plus précisément la prison. Après son mari, Anna fait un séjour derrière les barreaux, et ce dernier, pour la sauver, s’accuse du meurtre dont son épouse est soupçonnée et se retrouve de nouveau recherché pour homicide. Pitié… La première fois s’était éternisée, et ça recommence… J’aurais préféré le développement suivant : suite à son viol, Anna porte plainte. Cela aurait été une très bonne occasion de montrer comment les affaires de viol étaient traitées à l’époque, les injustices envers les victimes et en filigrane, la difficile condition des femmes à l’époque (sans nécessairement s’enliser dans le pathos). Ou alors, en choisissant l’intrigue autour de la mort du violeur, qu’on y mette un terme : qu’Anna soit vite innocentée grâce à un témoignage, voire qu’elle ne soit pas du tout arrêtée car la police aurait classé l’affaire. Ceci aurait permis l’approfondissement d’autres personnages, restés en retrait. Au choix : madame Hughes visitant sa sœur handicappée (la révélation tombe comme un cheveu sur la soupe…), Thomas et son traitement, l’émancipation de Daisy, Baxter qui retombe sur celui pour lequel elle a volé, etc. Dans le même état d’esprit, on aurait pu enlever/raccourcir cette histoire de prétendants pour Mary et mettre en valeur le couple Rose/Atticus. En effet, leur romance avant le mariage fut rapide ! N’avait-on pas attendu trois ans avant de voir Mary et Matthew sceller leur union ?

 

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L’abandon de poste de madame O’Brien fut inattendu et réglé à la vitesse de la lumière… Ce n’est pas la première fois qu’un domestique quitte les Grantham. On a bien eu, au tout début de la série, la femme de ménage devenant secrétaire, puis le valet traumatisé par la première guerre mondiale, et après O’Brien, le valet surpris en situation scandaleuse et celui accepté dans un hôtel de prestige. Au moins, pour ces personnes, un contexte a été développé, et le départ suivait une logique. Avec O’Brien, on a compris que la mère de Rose l’appréciait. Toutefois, sa fuite sonnait comme une solution qu’on avait dû trouver pour se débarrasser du personnage en urgence, sans réflexion (conflit entre la production et l’actrice ?).

 

Certains bonds dans le temps me paraissent inappropriés. Parfois on s’attarde sur des intrigues qui ne sont pas les plus excitantes (ex : Mary et ses amours). Puis tout à coup, on fait un saut en zappant des histoires qui auraient été intéressantes à voir (ex : la fin de la grossesse d’Edith). Nous sommes partis de 1912 et cinq saisons plus tard, nous sommes déjà dans le milieu des années 20 (il me semble). Les acteurs risquent de ne pas coller au rythme de vieillesse de leur personnage... (ok, il y a la magie du maquillage, mais cela ne fait pas tout).

D’autre part, certaines conclusions d’intrigues me paraissent encore politiquement correctes. Certains personnages s’en sortent dans la douceur malgré la gravité, pour l’époque, de leurs actions. Par exemple Rose et son chanteur de jazz noir qui ne vont pas au bout de leur relation, ou Edith qui peut compter sur la compassion de ses parents et sa tante. Peut-être est-ce compliqué d’un point de vue scénaristique de s’aventurer sur des questions scandaleuses pour l’époque considérée ? Moi, j’aimerai bien qu’on secoue de temps en temps le sac : que la vérité sur Edith soit révélée au grand jour et qu’elle affronte les médisances de la société conservatrice…

 

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Après cette proposition de points négatifs, voici les éléments qui ont rendu Downton Abbey plus forte :

Les drames qui ont bouleversé la série : la disparition, la même saison, de Sybil et Matthew. Deux jeunes protagonistes partis subitement dans la force de l’âge, alors qu’ils avaient tout pour être heureux. Ces sorties choquantes étaient ancrées dans la « réalité » : la mortalité des femmes lors de l’accouchement encore présente à l’époque et un « banal » accident de voiture s’annonçant à l’improviste.

L’arrivée de la jeune et audacieuse cousine Rose. Je l’aurais bien vue en femme moderne. Soit célibataire et vivant des aventures palpitantes (comme faire de l’aviation), soit en épouse qui travaille.

L’amitié entre Lady Violet et Isobel Crawley : une agréable surprise, une belle amitié, des discussions tintées de répliques savoureuses. Comme le dit l’adage, les contraires s’attirent. Malgré leurs divergences, ces deux femmes se respectent et tiennent à l’autre (même si elles refusent de l’admettre). Lady Violet était drôle et émouvante quand elle jouait les entremetteuses puis avait peur de finir toute seule une fois Isabelle mariée.

Le secret de Lady Violet : Absolutely outrageous !!^^ Qui l’eut cru ? Cela a l’avantage de casser son image. La comtesse douairière apparaît plus contemporaine, humaine, moins sévère.

Les histoires de cœur de Lady Violet et Isobel : plus exaltantes que celles de certains plus jeunes et proposant aux spectateurs une histoire d’amour du point de vue d’aînés (parce qu’à un moment, y en a marre des amourettes d’ados avec des pseudos obstacles…).

Le majordome de Lady Violet, Spratt : Curieux bonhomme, encore plus conservateur qu’un conservateur !

Les confrontations entre Robert et l’institutrice : explosives. Ceci-dit, l’institutrice, au-delà de ne pas avoir froid aux yeux, était bien culottée de provoquer des crises sous le toit de celui qui l’invitait…

 

Tom Branson et l’après Sybil, ou comment cohabiter avec la haute société anglaise sans oublier d’où on vient et qui on est. Ce personnage fut « torturé » par ses doutes, son sentiment de trahir ses principes. Je l’aurais bien vu reprendre la politique, poussé par l’institutrice, mais je reste satisfaite de ce qu’on lui a concocté. La femme de chambre lui tournant autour était une parfaite manipulatrice, cette histoire apportait un peu de piment. Au final, Tom a réussi à s’intégrer dans la famille Grantham et son univers, mais est resté humble. Il a su conjuguer ses deux mondes. Cracher sur cette nouvelle situation sociale et cette famille aurait été hypocrite. Il me manquera.

 

L’évolution d’Edith : Si on la compare à celle de sa sœur ainée, la progression d’Edith est de loin la plus attrayante et émouvante. C’est un des rares personnages qui a connu une nette transformation. Au départ peste et malheureuse en amour, Edith est toujours malchanceuse en amour, mais a grandi, s’est assagie. Les scénaristes ne l’ont pas ménagée, en lui faisant perdre les hommes de sa vie et en la mettant enceinte, hors mariage !! Je regrette de ne pas avoir vu une scène où Edith se sépare de sa fille à sa naissance, l’accent ayant été mis sur d’autres intrigues alors qu’il me semblait plus opportun de le réserver au moins pour ce type de scène clé. Heureusement, le déchirement et la souffrance d’Edith furent montrés lors de ses visites chez le fermier, pour voir la fille de son « amie ». Ce stratagème ne pouvait pas du tout fonctionner à court terme. Il était impossible qu’Edith garde son sang-froid. De même, si sa fille avait été éloignée, Edith aurait eu un comportement, peut-être à moyen terme, qui aurait soulevé des questions. Quoi qu’il en soit, cette facette d’Edith était touchante, challenging.

 

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Madame Hughes et monsieur Carson : Sérieusement, la demande de mariage fut inattendue et un peu « bizarre ». Bizarre dans le sens où je ne voyais pas du tout Carson initier ce genre de proposition, où je ne voyais pas du tout Hugues et Carson comme un couple, bien qu’on ait eu une scène sur la plage de ces derniers avançant dans l’eau main dans la main. Une amie me soufflait, devant ma perplexité, qu’il s’agissait plus d’un mariage de raison que d’amour, avis que je rejoins. On est plus fort ensemble. Carson et Hughes s’apprécient et se respectent beaucoup, ils n’ont pas forcément besoin d’être fous amoureux l’un de l’autre pour se marier. Il y a quand même de l’amour, mais sous une autre forme, plus nuancée. Cette union leur permettra de s’accompagner dans leurs vieux jours, de se soutenir en cas de difficultés, d’être tout simplement avec une personne dont ils se soucient.

 

La crise de couple Cora/Robert. Rien de révolutionnaire, mais un bon coup de fouet pour rappeler à Robert que rien n’est jamais acquis. Pour Cora, une petite aventure pour rendre sa vie monotone de comtesse moins morne, le temps de quelques épisodes. Surtout, on a la sensation que Cora ne fait pratiquement pas grand-chose, à part organiser des réceptions…

 

L’agression d’Anna. Contrairement à certains, cela ne m’a pas choquée. Non pas que le sort d’Anna me laisse totalement indifférente. J’avais lu, avant de regarder la scène en question, que celle-ci en avait bouleversé/dérangé beaucoup. J’imaginais alors que la scène avait été d’une violence inouïe. Mais rien de tel ne s’est produit. Le traitement à l’écran de l’agression fut soft (ou ça a été censuré pour la diffusion française ?). Elle est choquante dans le sens où elle se démarque du ton de la série, plutôt léger même si celle-ci traite d’évènements tragiques. On n’est pas non plus dans le film Lawless où les scènes violentes ne ménagent pas le spectateur… Cette agression reste réaliste : c’est une chose qui, hélas, peut frapper n’importe quelle femme.

 

Downton Abbey continue à faire son bonhomme de chemin dans l’univers des séries, en dressant le déclin de l’aristocratie britannique face aux nouvelles modes, mœurs et tragédies humaines.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

21 mars 15

CHEFS, SAISON 1

 

chefs 1

 

Série poétique, délicieuse, qui nous plonge dans un agréable voyage des sens. Menu parfait… enfin, jusqu’au moment où le chef a été remplacé… Mais chaque chose en son temps, je reviendrai sur ce point plus tard.

Avec Chefs, on plonge avec gourmandise dans les coulisses d’un restaurant parisien haut de gamme. Le travail y est difficile, rigoureux, parfois ingrat, mais les assiettes qui ressortent sont une œuvre d’art, une récompensent au dur labeur. Personnellement, je me sentirai coupable de détruire une si belle harmonie. La poésie et l’invitation au voyage sont indissociables de la série. A travers les images traduisant les émotions ressenties par les personnages lorsqu’ils préparent et/ou dégustent un plat. A travers la présence de la mère de Romain qui guide ses gestes quand celui-ci concocte un mets, personnifiant ainsi ce souffle invisible qui pousse le jeune homme au meilleur. A travers la musique, douce, relaxante.

Le générique de début, très beau visuellement, met lui aussi tout de suite dans cette ambiance. On y voit défiler les personnages et décors : ils superposent avec fluidité et discrétion, dans des couleurs ni sombres ni aveuglantes, dont le jeu donne la sensation qu’elles s’effacent sous le poids du temps. Le générique me fait penser à un tableau impressionniste par moments. Mon seul hic est la bande son, qui, je ne sais pourquoi, est assez stressante, noire, et correspond davantage à une bande son de polar, thriller, alors que le sujet est tout autre (on aurait pu imaginer une enquête sur le meurtre d’un grand chef, lol). Même raisonnement avec l’affiche promotionnelle, où l’on voit le chef, Romain et Delphine.

 

Chefs 3

 

Quid des personnages et intrigues ? La saison 1 est tout à fait satisfaisante. Pas trop d’histoires d’amour virant au feuilleton ou prenant toute la place. Pas d’histoires alambiquées pour finir en pétard mouillé ou cliffhanger pour faire genre. C’est simple, efficace, on ne s’ennuie pas, la cuisine est bien le sujet principal. Cependant, on se doutait bien que Romain était le fils du chef. Et question aux internautes, car j’ai un gros doute : est-ce que le chef a vraiment transformé le vendeur de truffes aux allures de dealer de drogue en pâté ??

Mention spéciale à Anne Charrier, alias Delphine, et Clovis Cornillac, le chef. La première est bluffante dans son interprétation de femme ambitieuse, directe, obstinée, à l’élégant dress code. Ses discussions houleuses avec le chef, sa façon de dire ses quatre vérités à Matsumoto et la critique culinaire étaient irrévérencieuses et tellement hilarantes. Merci pour ces moments de légèreté (et les répliques). Le deuxième est très bon dans son personnage de chef mystérieux, têtu, fier, attendant le meilleur de sa brigade avec à la fois la fermeté et la bienveillance d’un chef de famille. Malgré leurs divergences, Delphine et le chef se rejoignent pour former un duo de choc, improbable, épicé. L’un gérant l’aspect business, l’autre l’aspect créatif. Les deux toujours en contradiction pour mieux avancer.

Hugo Becker est pas mal dans son rôle de jeune en rédemption, en colère contre lui-même et le monde entier, cherchant sa place, obstiné, se révélant dans la cuisine avec le souvenir d’une mère prodige et meurtrie. Yann, le second, incarné par Nicolas Gob, se défend tout aussi bien en emmerdeur de première, provocateur, sans gêne, délaissé par son mentor. Son incompréhension face à cet « abandon » est assez justifiée, ma foi.

 

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Je reviens maintenant sur le remplacement du chef qui m’a quelque peu gênée. J’ai trouvé cette conclusion culottée, pas super crédible. Bon, ça pourrait se faire dans la réalité. Personnellement, je trouve ça un peu « foutage de gueule », pardonnez l’expression. J’ai l’impression que la prise de fonction de Romain est un braquage culinaire et professionnel. Ceci fera beaucoup d’envieux, ce qui est tout à fait normal et humain. Je voyais davantage cette fin de saison 1 en belle conclusion de la série, quand tout est pardonné et que le père et le fils scellent une véritable relation père/fils. Le père tirant sa révérence après tant de labeur et succès, le fils prenant la relève, après des années d’apprentissage et de réalisation, pour une nouvelle aventure. Ou alors, en conclusion d’une saison ultérieure (mais à partir de la saison 3). La fin proposée en 1ère saison est certes une vengeance assouvie, mais pour moi, ça ressemble à du vol. Ok, le chef a basé son premier succès sur une imposture. Ce qui en a suivi après pour sa fiancée (la mère de Romain) est injuste, cruel. Il n’en reste pas moins que le chef a tout de même, pendant les vingt années suivantes, développé ses recettes, prouvé son talent, mené sa brigade. Il n’est pas devenu chef par magie. Il a bossé dur. Il aurait très bien pu se vautrer rapidement après ses débuts glorieux, mais non.

 

Et là, d’accord, Romain venge sa mère en prenant la place du chef. Sauf que le jeune homme n’a travaillé qu’une année, et encore ! J’ai le sentiment qu’avant de rejoindre le restaurant, Romain n’avait aucune, ou alors une expérience très limitée de la cuisine. Remarque : ayant manqué un passage, je ne peux que faire des hypothèses. Romain a beau être un génie, il faut quand même du temps pour faire ses preuves. Par conséquent, je l’imaginais reprendre le flambeau/vengeant sa mère après quelques années pendant lesquelles il aurait brillé dans des concours et auprès de critiques culinaires (la vengeance est un plat qui se mange froid...). Cette progression aurait été plus logique, à mon sens. Par ailleurs, n’oublions pas le reste de la brigade, à commencer par le second, qui pourrait très bien et légitimement se rebeller face à ce coup d’éclat. Elle travaille avec acharnement et passion depuis plusieurs années avec le chef, et voilà qu’un jeune cuisto, ex taulard, vient lui ravir la place. Incompréhension d’autant plus totale que personne ne sait le lien qui relie le chef et Romain. Même en connaissant ce lien, il y aurait eu des réactions.

 

Malgré ce point qui me reste en travers de la gorge, j’ai passé d’agréables soirées avec Chefs. Cette série a du potentiel. Que cherche monsieur Edouard ? Comment va rebondir le chef ? Et surtout, quel est son nom ?? car ce n’est pas possible de faire durer le mystère^^  Comment Romain va-t-il gérer son nouveau statut, ses détracteurs ? La saison 2 est prometteuse en batailles, manigances et savoureux plats.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK