Sériecalement Vôtre

23 avr. 16

SERIES MANIA S7 : NSU GERMAN HISTORY X

 

NSU

 

"Une vague de crimes racistes a secoué l’Allemagne au début des années 2000. À travers le portrait d’une adolescente désabusée attirée par les idéaux de l’extrême droite, NSU German History X revient sur ces tragiques événements. En trois épisodes aux points de vue complémentaires, la série retrace sur deux décennies la radicalisation d’une certaine jeunesse allemande, après la chute du mur de Berlin. Glaçant." (Résumé Séries Mania)

 

Cette série est particulière par son sujet et sa construction narrative en trois temps, chaque temps représentant cette affaire tragique selon un point de vue différent. NSU est l’acronyme de National Socialism Underground. Le premier épisode relate le cheminement vers la haine de Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt et Beate Zschäpe, trois jeunes adolescents de l’ex Allemagne de l’Est dans les années 90, jusqu’à leur folie meurtrière. Si vous ne le saviez pas, la série est basée sur des faits réels tragiques qui se sont produits en Allemagne dans les années 2000, et connus sous le terme des "meurtres kebabs". Pour résumer rapidement, un groupe de trois extrémistes se sont illustrés par une série d'assassinats de personnes d’origine turque et lorsque l’affaire a été dévoilée, elle a profondément secoué l’Allemagne.

Le seul premier épisode ne permet pas de comprendre à lui seul cette onde de choc et c’est pour cela que la série est constituée de trois parties qui apportent des éclairages complémentaires sur l’affaire. Il faut aussi connaître un peu le contexte de cette affaire pour mieux saisir la série. Pendant longtemps, les autorités étaient persuadées que les victimes avaient été exécutées suite à un règlement de comptes entre groupes criminels. Le choc est arrivé quand on a finalement découvert que les coupables étaient en réalité des membres d’un mouvement néo-nazi qui agissaient dans la clandestinité et qui n’avaient jamais été inquiétés par les autorités. On s’est rendu compte que cette mouvance néo-nazie était beaucoup plus forte et organisée qu’on ne le pensait, et pendant de nombreuses années, ce phénomène avait été complètement sous-estimé (d'où le underground du titre).

 

Dans le cas de NSU German History X, on saisit la gravité de ce phénomène : les trois jeunes de l’est ont évolué dans un groupuscule néo-nazi qui manifestait sa haine au yeux et vu de tous et n’avait pas peur de porter des uniformes de cette époque sombre. Quant aux adultes, ils étaient complètement largués. L’équipe venue présenter la série l’a d’ailleurs bien expliqué cet abandon par les adultes et cette radicalisation des jeunes : à la suite de la chute du mur, beaucoup d’habitants de l’Est ont perdu subitement leur travail et ont dû faire face à une nouvelle situation qu’ils ne maîtrisaient plus. Beaucoup de jeunes ont assisté à la déchéance de leurs parents et se sont retrouvés confrontés à eux-mêmes. Ils étaient donc une cible idéale pour l'endoctrinement. L’équipe a parlé d’une génération perdue, désabusée, qui, sans repères, a vu certains de ses membres se réfugier dans les valeurs néo-nazies. Et on a laissé faire… La série essaie ainsi de s’interroger sur cette génération perdue et sur les raisons qui ont fait que ces mouvements d’extrême droite ont pu croître dans l’ombre.

La série montre aussi l'amie de Beate qui, contrairement à elle, refuse ce fanatisme. On la voit pendant peu de scènes, mais elles sont suffisantes pour saisir le drame de cette jeunesse et d'une amitié perdue.

Du côté de la réalisation, j’ai eu un peu de mal à accrocher au rythme saccadé du premier volet, similaire au style documentaire, qui capte des moments de vie normale et du cheminement de ces jeunes vers la haine. Néanmoins, je pense que c’était la meilleure façon d’aborder la réalisation, au vu de la gravité du propos et du but recherché. On ressent un malaise certain vis-à-vis de ces évènements : comment des enfants ordinaires ont-ils pu basculer dans une telle haine ?, un malaise face à leurs propos sur l'Holocoste, leur violence. Les acteurs qui ont endossé ces rôles sont fascinants : Albrecht Schuch, Uwe Mundlos ; Sebastian Urzendowsky, Uwe Böhnhardt ; et Anna Maria Mühe, Beate. Un premier épisode glaçant comme le dit si bien le résumé de Séries Mania.

 

NSU 2

 

Echanges avec l’équipe de la série :

Sont venus Thomas Wendrich, le créateur ; Gabriela Sperl, la productrice ; et Sebastian Urzendowsky (Uwe Böhnhardt). Ils ont partagé avec le public que la série avait pour objectif de s’intéresser à la génération perdue, à travers l’affaire des "meurtres kebabs". Bien que la série rappelle à plusieurs reprises que certains passages/évènements peuvent ne pas correspondre totalement aux faits tels qu’ils se sont produits, elle cherche à comprendre les racines et conséquences des actions des différents protagonistes. Thomas Wendrich s’est volontiers reconnu comme faisant partie de cette génération perdue, mais heureusement, il a fait des choix différents de ceux des tueurs.

Le deuxième volet de la série est centré sur la famille des victimes, tandis que le troisième, sur les inspecteurs en charge de l’affaire.

La série a été écrite entre 2011 et 2012, et tournée en 2015.

Le créateur connaissait Sebastian Urzendowsky d’un ancien projet, et ne l’imaginait pas du tout incarner une personne telle que Uwe Böhnhardt. Il a changé d’avis après avoir vu son interprétation dans un autre film.

La productrice aurait souhaité que les trois épisodes soient diffusés en Allemagne les uns à la suite des autres pour permettre aux spectateurs de ne pas perdre le fil de l’histoire. L’argument fait sens, mais je pense que le public aurait du mal à tenir car rien que le premier volet dure 1h30 !

 

Si la série était diffusée en France ?

Qui dit œuvre allemande dit Arte, donc oui, c’est la première option la plus naturelle. Toutefois, la série peut être un parfait complément à un débat, son sujet étant d’actualité. Pour cela, je pense aux soirées proposées par France 2 autour d’un thème, dont la diffusion d’une fiction se prolonge d’un débat. A la différence qu’ici, il s’agit d’une production allemande et non française. On aurait trois parties qui pourraient être suivies d’un débat avec un sujet précis : la radicalisation des jeunes pour le premier volet, l'enfer vécu par les proches de victimes de crimes pour le second volet, et les obstacles auxquels se heurtent la police ainsi que les difficultés de communication entre services pour le dernier volet.

Je pense également à LCP. Pas vraiment orientée série, certes, mais la chaîne décrypte les sujets politiques nationaux et internationaux. Les mouvements extrêmistes et leur stratégie d'endoctrinement, ainsi que les moyens de lutte contre ces derniers correspondent à cette ligne.

 

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Sériecalement vôtre


22 avr. 16

SERIES MANIA S7 : ENNEMI PUBLIC

 

Ennemi Public

 

Libéré après 20 ans de réclusion, le tueur d’enfants Guy Béranger trouve refuge auprès des moines de Vielsart, un petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une inspectrice de la police fédérale. Quelques jours après, une fillette disparaît. Un polar oppressant, inspiré de faits divers ayant traumatisé la Belgique." (Résumé Séries Mania)

 

J’ai été agréablement surprise par cette série angoissante, sombre, qui joue avec nos nerfs. Le cadre est parfait pour une telle histoire : un village entouré d'une forêt aussi magnifique que terrifiante, les habitants y vivent en vase clos et deviennent les cibles/victimes de tout dérapage/méfiance quand un drame se produit.

Ennemi Public m'a rappelé, dans une certaine mesure, de Broadchurch. Pour le côté "Qui a tué Danny ?" car ici, on a également : le meurtre d’un enfant dont le corps a été retrouvé dans un endroit censé être un lieu de refuge, de réconfort ; le drame se déroule au sein d’une petite communauté, donc on anticipe qu’il ébranlera cette communauté à première vue soudée et sans histoires et fera jaillir des secrets inavouables, des tensions et de la suspicion des uns envers les autres. Ajoutez à cela la présence d’un tueur d’enfants aux penchants sataniques et toutes les tensions sont exacerbées (l'interprète du tueur est saisissant dans son rôle). Une scène m’a fait rapidement penser au film "Prisoners" (avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal). Il s’agit de celle où la policière poursuit le suspect lorsqu’il vient se "recueillir" avec les autres habitants sur les lieux du drame.

 

Du côté des personnages, on retrouve les classiques : une policière hantée par un traumatisme, un homme d'affaire ambitieux dont le projet de développement économique se retrouve menacé par l’arrivée du tueur d’enfants et la découverte du corps de la nouvelle victime, un policier de campagne dont le calme routinier vole en éclats, un tueur d’enfants satanique et pervers narcissique capable d’une intelligence et d’un calme redoutables, un homme avec un casier judiciaire non vierge, donc second suspect idéal, et des villageois et moines qui s’entredéchirent au premier obstacle.

La série se démarque par le fait qu’ici, le tueur vient passer sa conditionnelle dans un monastère pour commencer son noviciat. Est-ce sincère ? Un tel être peut-il vraiment être sauvé ? Comment vivre à proximité d’une telle personne ? Et en tant que religieux, peut-on concilier sa foi avec une telle personnalité ?

Les deux premiers épisodes donnent envie de connaître la suite car le rythme n'est ni trop lent ni trop rapide, les éléments s'installent au moment opportun et maintiennent le spectateur en éveil sans le brusquer et l'ennuyer.

 

NB : On remarquera la présence de Clément Manuel dans le rôle d'un religieux, une fois de plus après Ainsi soient-ils ;-). Décidement, cet acteur enchaîne les rôles dans les séries (avec Falco), et c'est sympathique de le revoir.


Le saviez-vous ?

Le projet d’Ennemi Public a remporté le concours de scénario organisé par la RTBF en association avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et c’est ainsi que la série a vu le jour. Pour le point de départ de la série, les auteurs se sont inspirés de l’histoire de Michelle Martin, ex-femme du meurtrier pédophile Marc Dutroux, qui après avoir obtenu la liberté conditionnelle au terme de la moitié de sa peine, s’est installée dans un couvent, dans la région de Namur. La série a disposé d'un budget de 300 mille euros par épisode.

 

Si la série était diffusée en France ?

Je dirai sans hésiter qu’Arte, France 2 ou France 3 seraient les candidates idéales en ce qui concerne les chaînes nationales/gratuites. Arte : parce qu’elle a déjà proposé des séries sombres, angoissantes (notamment bien illustrées par les séries scandinaves). France 2 et France 3 : parce qu’elles sont capables d’inviter leurs téléspectateurs à sortir des sentiers battus avec Broadchurch ou The Missing, par exemple. Une diffusion le lundi soir pour France 2 ou le jeudi soir pour France 3 serait tout à fait envisageable. Je pense également à 13ème Rue, spécialisée dans le policier et les thrillers, et ici, on a tous les éléments nécessaires : un homicide, une enquête, une pléthore de suspects potentiels, un meurtrier en série qui, je pense, appréciera défier les autorités et habitants, et un cadre géographique à la fois paisible et oppressant... 

 

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Sériecalement vôtre,

19 avr. 16

SERIES MANIA S7 : FOUR SEASONS IN HAVANA

 

Havana

 

"Cuba, dans les années 90 ("période spéciale"). Conde, lieutenant de police mélancolique et désabusé, enquête sur l’assassinat d’une jeune professeure de lycée, militante de la Jeunesse communiste. Une série fidèle au roman noir de Padura, pour goûter l’atmosphère du pays et lever le voile sur les contradictions de la société cubaine." (Résumé Séries Mania)

 

Les deux épisodes diffusés lors du festival sont tirés du livre Vents de Carême (1994), deuxième volet du cycle des Quatre Saisons de Leonardo Padura. Ces épisodes relèvent de l’enquête policière classique. Il y a un meurtre, les policiers alternent entre différentes pistes et finalement, le coupable et le mobile restent classiques. A côté de l’enquête, on suit le personnage principal, Conde, dans ses mésaventures existentielles. Rien qui révolutionne le genre, donc. Ce qui est le plus intéressant, pour un spectateur européen, c’est le cadre géographique dans lequel se déroule l’histoire, à savoir La Havane. La série nous propose un voyage authentique dans la ville et la société cubaine que l’on n’a pas l’habitude de voir en série ou film, que l’on ne connaît pas sauf si on s’y est déjà rendu pour les vacances. Autre argument : la série est une bonne occasion de se familiariser avec la littérature de Padura, d’ailleurs, l’auteur a contribué activement à l’écriture de la série. Une série agréable à suivre pour la découverte de nouveaux horizons et un personnage principal attachant.

 

Le saviez-vous ?

Jorge Perugorría, qui interprète Conde, est lui-même originaire de la Havane et un acteur connu dans son pays. Il a notamment joué dans le film Fraise et Chocolat (1993) qui fut nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger.

 

Si la série était diffusée en France ?

Ma première réaction fut de penser à France Ô, à cause de Cuba, destination lointaine et insulaire, avant de me rappeler subitement que France Ô célèbre l’Outre-Mer. Choix pas très logique de ma part, donc, mais si jamais une entorse était envisageable… Sinon, option plus probable : la SVOD. 

 

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Sériecalement vôtre,

 

02 avr. 16

ONCE UPON A TIME, SEASON 5 (1st half)

(Contains SPOILERS)

 

I do like Once Upon A Time. There’s a levity in this show. It offers a different version of famous tales and legends, with an additional layer of more or less dangerous adventures. I like this show because it makes me spend great evenings of escapism in more or less hazardous places. There’s humour, love, fantasy… It makes you feel good in the end. Besides, I’m always amazed by the writers’ ability to create stories that are connected each other and keep this pace during many years. Even if you can sometimes get lost in all these stories, you still enjoy them.

Over the course of season 1, I confess I got bored by the Mary Margaret and David love story. I was fascinated by Regina and Rumple. I felt sad for them as well because they went through hard times that made them turn into dark people. The relationship between Belle and Rumple was touching. Then the sexy pirate Hook stepped in. We figured out Peter Pan was a smart and nasty guy. As a matter of fact, I really enjoyed watching the episodes.

However, I started to have mixed feelings when I watched the second half of season 4. I felt empathy for Ingrid. Indeed, she only wanted to be loved and accepted, but she made the wrong choices to make her wishes come true. Besides, she didn’t hesitate to sacrifice herself once she realized she was wrong. I really appreciated this part using Frozen characters and I expected an interesting development with the Author quest and the alternate version of the Book. Unfortunately, the most promising element, to me, ended in the fastest way I could  ever imagine… 

 

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First, the three female villains, Cruella, Maleficent and Ursula didn’t really unleash their evil plans. They just appeared to make the story go forward until the season finale cliffhanger. Cruella was actually the craziest but honestly, she wasn’t given much time to jeopardize Storybrooke, like other villains did. She did kidnap Henry, but she didn’t get to be as evil as Regina and Rumple, or Peter Pan and Zelena. The shocking truth about Mary Margaret and David made them appear less charming, but that was interesting to see they had their shameful secret, too.

So, what do I think was wrong with the second part of season 4? Well, it’s all about the new version of the Book. The writers got rid of this version after two episodes. I wish this version could be at the center of the first half of season 5. There were so many fun stories to tell. The episodes could have focused on Emma and Henry traveling in the different worlds while they were trying to fix things. They could have met the alternate versions of several characters, been in trouble. We could have seen flashbacks that depicted what Isaac had imagined for the heroes and villains. Isaac and the Light One (with other people?) would have teamed up to stop Emma and Henry. We could have so much fun with Snow and her new hair cut, the sweet Hook, Rumple as the Light One (when I saw him in his new role, I laughed!), Regina Hood… Of course, the season 4 final scene would have been the same: Emma would have saved Regina from becoming the new Dark One. This would have been the main topic for the second half of season 5.

 

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It was difficult not to get confused with all the elements that were showed to us: time traveling, trips in various worlds, and multiple stories characters were dealing with. Some elements weren’t relevant for the season, I felt like they were just there to make an episode reach its 40-minute length. These elements avoided the development of some options. The Dark Ones’ darkness could have been the first possibility to explore. One day, we were in Storybrooke, the other, we were back in Camelot and from there, we were brought many years or centuries ago, and then, we were wandering in Merida’s kingdom. We’d been traveling back and forth for 11 episodes. We crossed paths with Merida, Arthur (didn't recognize sgt. Baxter from "Strike Back"!), Lancelot, Merlin, and Nimue, etc. Because of the information overload, some story arcs ended too fast and some lacked of consistency. Belle’s and Merida’s adventures were a striking example: our heroes, including Belle, were walking in the Camelot woods and Belle was suddenly taken “hostage” by Merida to help her fulfill a mission. It was strange that the other heroes who were with Belle didn’t even care about her disappearance (did they even notice she was gone?). Hum, how nice… And absolutely not credible. And what about Hook who changed his mind faster than his shadow?

Of course, I’m not saying that everything should have been removed. Maybe Merida should have been planned for a future story arc (in the same season or another). Or maybe the beginning of season 5 should have focused on Emma and cie. when they got in Camelot, and only flashbacks related to Camelot before the arrival of the Storybrooke pals should have been showed, instead of flooding the viewers with a mix of Storybrooke scenes and Camelot flashbacks before and after Emma’s arrival.

 

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So now, Emma wants to bring her lover back from the underworld. Well, why not? I hope she will find and save him again. I don’t know why, but this situation reminded me the animated film Aladdin, and in particular the scene where the genie explains the young man he forbids himself to resuscitate people because this action is kind of disgusting to him. So I found it weird that Emma wanted to go to the underworld to search for Hook. Magic offers a lot of possibilities, but there should be a limit, right^^? Besides, well, this is my rational side that is speaking, when a dead person exits the underworld, what happens to his/her physical body that was buried in the real world? Does it just vanished?

 

Let’s finish with a paragraph about Rumple. I didn’t quite understand why he succeeded in removing Excalibur. I did understand he could do so because he showed bravery when he faced the bear/Merida to save Belle. However, can this one single act of bravery erase all the bad actions he committed over the centuries? I thought Excalibur would choose a person with a purer heart (but maybe I need to watch the episode again…). Despite Rumple happens to be sincere and do things without expecting something in return, there’s always that detail that makes him succumb to temptation. He’s not learning from his mistakes and lives for power indeed. Belle should leave him once and for all (come on, girl!) or accept what he really is. Rumple has become the expert in manipulation, but I don’t know if I could remain interested in this character if I see him misleading people and defeating them again and again. If he becomes invincible, does that mean evil is the only way out? What are the heroes gonna do?  

 

Sériecalement vôtre,

VK

23 mars 16

ONCE UPON A TIME, 1ere PARTIE SAISON 5

ATTENTION SPOILERS S5

 

Après un petit problème technique, la catégorie Once Upon A Time est à nouveau visible sur le blog (il me semblait bien avoir écrit quelques mots sur la saison 1 que je ne voyais plus sur le site). Les années ont passé et aujourd’hui, j’ai eu envie de partager mon ressenti sur cette première partie de saison 5. De façon générale, j’aime bien Once Upon A Time. Cette série, sans se prendre la tête, nous propose une version revisitée des contes et légendes que nous connaissons plus ou moins bien, avec une couche supplémentaire d’aventures. C’est une série que j’apprécie car elle me fait passer d’agréables soirées où je peux m’évader dans des mondes plus ou moins dangereux. Il y a aussi de l’humour, des amours bluettes, de la fantaisie… C’est une bouffée d’oxygène. J’admire en outre le travail des scénaristes à concocter des histoires qui s’imbriquent et à garder ce rythme depuis des années. Ces histoires peuvent entraîner un peu de confusion mais elles restent sympathiques. Pendant la saison 1, l’histoire de Mary Margaret et David m’avait un peu soulée au bout d’un moment, je l’avoue. J’avais de la fascination et de la compassion pour Regina et Rumple. La relation de Rumple et Belle était attendrissante. Crochet avait débarqué sous la forme d’un pirate sexy. Puis Peter Pan s’était avéré machiavélique. Bref, je regardais les épisodes avec beaucoup de plaisir.

 

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Toutefois, j’ai commencé à avoir un avis mitigé à partir de la seconde moitié de la saison 4. Je m’étais prise d’affection pour Ingrid car finalement, elle ne voulait qu’une chose simple : être acceptée et aimée, mais elle avait choisi la mauvaise méthode. Surtout, elle s’était sacrifiée après avoir réalisé son erreur. Suite à cet aparté Reines des Neiges ("Libérée, délivrée…"), l’intrigue sur la recherche de l’auteur et la réécriture du livre était prometteuse. Sauf que l’élément qui a éveillé le plus d’intérêt en moi a été expédié à une telle vitesse…

Pour commencer, on aurait pu s’attendre à ce que le trio des méchantes brille par ses plans diaboliques. En définitive, il n’y eut rien d'explosif, leur présence soutenait le déroulement de l’histoire pour arriver au cliffhanger du final de la saison 4, sans plus. Peut-être Cruella était-elle la plus méchante, en fin de compte. Malheureusement, elle n’eut pas l’occasion de mettre en péril Storybrooke. Bon, ok, elle a kidnappé Henry, à part ça, elle était loin d’égaler Regina et Rumple au sommet de leur art, ou même Peter Pan et la jalousie de Zelena. La révélation sur Blanche et David les rendait hypocrites, néanmoins, cela faisait du bien de voir qu'ils avaient eux aussi leur part d'ombre.

Ce que je regrette, c’est d’avoir réglé la nouvelle version du livre en deux épisodes. J’aurai nettement préféré que cette version soit le sujet d’une première partie de saison 5. On aurait pu tellement délirer avec cette réalité, avec, en intrigue principale, Henry et Emma voyageant dans ce monde pour rétablir les choses. On aurait pu les voir rencontrer les versions de plusieurs autres personnages, voir des histoires secondaires se nouer, des flashbacks correspondant à ce qu’Isaac avait imaginé pour les protagonistes, Isaac et le Lumineux (avec d’autres ?) comploter ensemble pour nuire au dessein d’Emma et Henry. On aurait franchement pu rigoler. Entre Blanche Neige et sa nouvelle coupe, Crochet devenu un agneau se shootant au lait de chèvre, Rumple célébré en Lumineux (ça m’a trop fait rire), Regina "Robine des Bois"... On aurait conclu avec la transformation d’Emma en Ténébreuse et exploré ce sujet en deuxième partie de saison 5.

 

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Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Au vu de la dernière scène de l’épisode d’ouverture de cette cinquième saison, je m’étais attendue à ce qu’Emma ait succombé à la tentation de la magie noire, et non pour la raison retenue par les scénaristes. En soi, cette raison n’était pas incohérente par rapport au personnage. D’ailleurs, peut-être pouvait-on deviner qu’Emma resterait malgré tout guidée par le Bien même en étant la Ténébreuse grâce à la cape claire qu’elle revêtait lorsqu’elle est sortie de la crypte, puis la cape blanche portée à Camelot. C’était un signe : Emma Swann renoncerait au Mal. En effet, les autres ténébreux, Hook y compris, portaient un habit noir. Mais bon, j’aurai quand même bien voulu voir Emma accepter son côté sombre et s’égarer dans cette voie. Parce qu’avant d’être la Sauveuse, c’est un être humain. Ses parents ont eu un secret honteux eux-aussi. Même s’ils sont allés loin pour garder Emma dans la lumière, ça aurait été intéressant de voir que finalement, le libre arbitre pèse aussi dans la balance. En somme, faire comme les tragédies grecques où malgré le stratagème mis en place pour contourner les visions de l’oracle, ce qui doit arriver arrive (rappelons-nous du mythe d'Oedipe). Bien sûr, sa famille, Regina et compagnie auraient sauvé Emma. Cela aurait permis à Regina d’endosser le rôle de Sauveuse par la même occasion.

 

Ce qui m’a le plus "perturbée", c’est le trop plein de : voyages dans les époques et mondes, personnages et intrigues. Certains éléments n’apportaient rien de majeur à l’histoire, j’avais l’impression que leur présence servait à combler les épisodes. Ils entravaient le développement de possibilités, à commencer le côté sombre des Ténébreux. Un jour, on était à Storybrooke, l’autre, on repartait à Camelot, puis de Camelot, on était transporté des années ou des siècles auparavant, ensuite, on découvrait le pays de Merida, et on jonglait entre tout ça pendant les onze épisodes. On avait du Merida, du Lancelot, du Arthur, du Merlin, du Nimue… Il y avait beaucoup d’informations que parfois, certains arcs étaient conclus de façon rapide. On passait de certaines situations à d’autres sans se soucier de la cohérence. Un exemple frappant : à un moment, notre troupe de héros crapahute dans la forêt de Camelot et soudain, Belle se fait kidnapper par Merida pour une excursion forcée. Bizarrement, aucun des héros qui étaient avec Belle ne s’est rendu compte de sa disparition et ne s’en est inquiété ? Hum… Pas très sympa et crédible. Donc oui, tous ces points entraînaient des divagations pas toujours pertinentes. Et que dire des retournements de situation avec lesquels Crochet nous a surpris ? Il changeait d'avis assez rapidement^^.

Pour moi, on aurait dû : soit réduire le nombre de personnages, par exemple, réserver Merida pour une future intrigue ; soit suivre les aventures d’Emma et cie dans Camelot et ne montrer, en ce qui concerne Camelot, que les flashbacks liés à ce royaume avant le débarquement des personnages de Storybrooke, au lieu de suivre ce qui se passe à Storybrooke en alternant avec les flahsbacks de Camelot : Camelot ante et post arrivée d’Emma. 

 

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En ce qui concerne la seconde moitié de la saison 5, je ne sais pas ce que ça va donner. J’espère qu’Emma va pouvoir retrouver Crochet. Ceci-dit, je ne sais pas pourquoi, cette mission m’a rappelé Aladdin, quand le génie présente ses trois exceptions aux vœux qu’il peut réaliser, et dont l’une concerne la résurrection des morts, qu’il trouve peu délicat… Du coup, ça m’a paru bizarre de vouloir descendre aux Enfers pour ramener Crochet… Magie, oui, mais il y a quand même des limites^^. De plus, si on ramène quelqu'un(e) des Enfers, qu'advient-il de l'enveloppe corporelle qui repose dans le cercueil dans le monde d'au-dessus ? Il s'évapore ? (c'est mon côté rationnel qui s'exprime^^).

Enfin, pour terminer cet article, parlons un peu de Rumple. Je n'ai pas trop saisi pourquoi il a pu retirer Excalibur. J'ai compris que c'était grâce au courage dont il avait fait preuve face à l'ours/Merida pour sauver Belle. Toutefois, ce seul acte de bravoure peut il effacer toutes les mauvaises actions qu'il a commises depuis des siècles ? Je pensais qu'Excalibur attendait une personne un peu plus valeureuse (peut-être un second visionnage est-il nécessaire). Rumple a beau être sincère dans son désir d’action désintéressée, il faut toujours qu’il y ait le truc qui fait qu’il replonge. Il n'apprend pas de ses erreurs et ne vit que pour le pouvoir. Il faudrait que Belle se réveille une bonne fois pour toute ou qu’elle accepte sa véritable nature. Rumple est sans conteste l’expert de la manipulation, de la fourberie, cependant, je ne sais pas si je tiendrai longtemps à ce personnage à force de le voir sans cesse triompher en dupant les autres… En fait, s'il devient invincible, le Mal va-t-il l'emporter ? Que vont faire les autres ? 

 

Sériecalement vôtre,

VK

17 mars 16

TREPALIUM

 

J’ai terminé il y a quelques jours mon visionnage de Trepalium, la série d’anticipation d’Arte. A vrai dire, le visionnage ne fut pas très habituel. J’avais enregistré les trois premiers épisodes, car je n’étais pas disponible le soir de sa première diffusion. De plus, je doutais avoir le temps de regarder le replay, donc autant prendre ses précautions et enregistrer. J’avais eu raison, parce que je n’ai, en effet, pas eu le temps pour regarder le replay dans la limite des 7 jours. J’étais à la moitié du second épisode quand arrivaient les trois derniers. Et rebelotte, pas disponible non plus pour regarder en live, alors cette fois-ci, je décidai de regarder les replays des derniers épisodes puis de finir mon enregistrement. J'aurai pu enregistrer les derniers épisodes, mais les enregistrements s'accumulant... Oui, c’est un peu compliqué tout cela, mais bon… C’est pourquoi, en tant que fan de séries, je trouve dommage de ne faire que deux diffusions, qui plus est pour une série made in France, au sujet intéressant, et avec cette caractéristique de se vouloir être une série d’anticipation ! C'en est frustrant...

J’aime les séries produites par Arte.  J’avais trouvé 'Ainsi soient-ils' d’une grande classe, servie par des dialogues d’une telle beauté et profondeur et des acteurs transfigurés par et transfigurant leur rôle. Pas facile avec le pitch de départ : suivre des séminaristes. Mouais, que dire, à part qu’ils aiment prier ? Un peu caricatural, mais vous voyez où je veux en venir : il n'était pas évident d'imaginer qu'il puisse y avoir beaucoup à raconter. Et comment parler à un public pas forcément sensible à la religion ? 'Ainsi soient-ils' fut un petit bijou, une série de qualité, il faut le lui accorder, qu’on soit intéressé ou non par les questions religieuses (peu importe le culte).

 

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Trepalium, dans un registre totalement différent, fut une réussite elle aussi. Thème interpellant et d’actualité, peut-être poussé à l’extrême mais pour mieux servir le propos. Série visuellement belle, avec des décors, des costumes, un style rétro-futuriste recherchés, qui illustrent bien la rigueur et l’asservissement de l’homme par le travail. La question de la série demeure : faut-il avoir un travail pour être considéré comme un être humain ? Se réaliser par le travail reste-t-il un mythe ?

Je dois avouer que le premier épisode m’a un peu surprise. C’était même presqu’un choc, tant j’avais été décontenancée par la froideur des personnages interprétant les actifs, le caractère robotique de leurs échanges verbaux et leur gestuelle. Je les trouvais au premier abord raides, sans charisme, sans émotion. Je ne sais pas si c’était involontaire ou conseillé par le réalisateur, en y réfléchissant, j’ai trouvé que ce jeu collait parfaitement à l’atmosphère de la série. Trepalium a livré une vision brutale et pessimiste du travail et du non travail.

 

On se rend compte que la situation des habitants d’Aquaville n’est pas plus enviable que celle des habitants de la Zone. Dans cette dernière, les gens n’ont pas de travail, doivent se battre pour survivre, errent dans la misère. A Aquaville, les gens ont peut-être tout : travail, maison confortable, accès à toutes les infrastructures. Cependant, cette ville et ses règles ont totalement déshumanisé l’homme.

On le comprend dès les premières minutes, quand Ruben découvre son chef mort. Au lieu d’appeler les secours, et bien il ne perd pas le sens des priorités, il appelle son père pour candidater à la succession de feu son supérieur. Sympa, quoi… Certaines tâches sont loin d’être intéressantes, comme par exemple celle de Thaïs qui lui fait passer la journée à "jouer" à une sorte de tétris. Tout est bon pour s’épier, s’écraser les uns les autres pour servir ses intérêts. Il n’y a plus de compassion, d’altruisme, il n’y a que peur, égoïsme, dégoût pour ceux qui n’ont pas de travail alors que cela n’est pas de leur ressort (oui, le type crachant sur Izia et les attitudes des actifs face aux inactifs sont restés gravés dans mon esprit). Le travail a engendré un monde froid et cruel. Le titre de la série donnait déjà le ton : le travail est devenu une souffrance. On ne voit plus l’homme que comme quelqu’un qui doit être utile et performant, et qui n’a plus le droit de ressentir. Les humains sont des pièces qu’on remplace dès qu’il y a un défaut. Toutes ces idées passent par les décors et costumes, très bien choisis : maisons à l’intérieur high-tech mais totalement impersonnel, habits qui sont plus des uniformes que des habits pour exprimer sa personnalité et qui contribuent à la raideur des personnages, tout est millimétré.

On parle d’Aquaville, mais du côté de la Zone, les rapports humains ne laissent pas tellement la place à la compassion. On voit Izia et son fils voler d’autres zonards (premier épisode) et franchement, on n’a pas vu beaucoup de moments d’entraide entre les zonards. Il y a évidemment l’espoir de passer le mur, mais c’est pour se rendre compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs malgré les avantages certains.

 

trepalium 1

 

Du côté des intrigues : elles étaient logiques et je ne pense pas qu’il y avait beaucoup d’options. Il fallait confronter les deux mondes et l’idée des solidaires, avec l’histoire d’amour, était le choix adéquat. Bien évidemment, il fallait aussi bousculer l’ordre établi via l’histoire avec les activistes.

Je trouve étrange que Ruben ne se soit pas plus posé de questions quant au sort de sa femme. Il n’avait pas l’air d’en être fou amoureux, mais cela me paraissait logique qu’il cherche à en savoir plus, même s’il n’avait pas obtenu de réponse. D’ailleurs, Maël n’avait pas l’air déstabilisé par ce remplacement de mère… Toutefois, j’ai bien aimé sa révolte à la présentation Phoenix. Il n’y avait pas besoin de plus, c’était parfait.

Quant à Jeff, dommage qu’il n’ait pas survécu. Je pense qu’il était le personnage qui croyait le plus à une réconciliation actifs/zonards. Son sort démontrait une fois encore la fourberie des actifs et accentuait peut-être le pessimisme de la série : la cohabitation sera dure...

Enfin, je me pose la question : quel était le but recherché par le faux assassinat de la première ministre ? On a compris que la révélation finale amorçait une suite potentielle au cas où il y en aurait eu une, mais pourquoi ce stratagème ?

 

A noter aussi qu’Arte a lancé un dispositif transmédia pour compléter la série, intitulé A l’ombre du mur - Journal d’un inutile. Il s’agit ici d’une sorte de prequel où les spectateurs découvrent, à travers l’histoire d’un personnage, ce qu’était le monde avant la construction du mur. Initiative qui appuie la volonté d'Arte d'être une chaîne sur laquelle on peut compter pour les séries TV. Et merci aux auteurs et producteurs de nous proposer de leurs histoires.

 

Sériecalement vôtre,

VK

Posté par VK Serie à 23:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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