Sériecalement Vôtre

12 févr. 16

AVANT-PREMIERE VYNIL (OCS/CANALSAT)

(Attention SPOILERS)

 

vynil

 

J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première de Vynil, qui s’est déroulée au Palais de Tokyo à Paris, quelques jours avant sa diffusion officielle sur HBO le 14 février. L’évènement a été organisé par OCS et Canalsat.

Le pitch ? La série suit le parcours de Richie Finestra, le directeur d’un label implanté à New York qui essaie de se faire une place dans l’industrie de la musique, dans les années 1970, en oscillant entre raisonnement économique et envie de sortir des sentiers battus. Cette série est très attendue puisqu’elle est née de la collaboration de trois pointures : Mick Jagger, Martin Scorsese et Terence Winter. Avec de tels noms au générique, cette série en devient un "must-see" !

 

Mon avis ? L’histoire est intéressante, le pilote introduit le panel de personnages et les enjeux. Même si Richie Finestra est au centre du pilote (Bobby Cannavale excelle dans ce rôle), il est évident que les autres personnages n’en sont qu’au début de changements qui vont bouleverser leur vie et on espère les revoir beaucoup plus par la suite. Je l’espère sincèrement car il faut reconnaître que Richie était parfois trop présent dans ce pilote. Il y a de quoi faire, entre la jeune secrétaire ambitieuse (Juno Temple), espérant gravir les échelons du label de Richie ; le chanteur de rock qui va sûrement tout faire péter (James Jagger) ; la femme de Richie (Olivia Wilde) qui, je pense, soit finira par aspirer à autre chose que d’être mère au foyer, soit ne supportera plus le mode de vie de son mari ; le chanteur de blues dont on a flingué la carrière prometteuse…

Le show offre par ailleurs une reconstitution soignée des années 70, notamment sur ce à quoi ressemblaient New York et l’industrie musicale à cette époque. Mes oreilles ont cependant souffert de certains moments musicaux assourdissants, mais j’ai aussi beaucoup apprécié les morceaux de blues. La production a veillé à accorder une attention particulière aux détails et il en résulte que les spectateurs auront l’impression de vivre cette ambiance comme s’ils y étaient vraiment. Surtout son côté obscur… Je n’imaginais pas que la société pouvait être décadente à ce point-là… 

C’est une série clairement sexe, drogue et rock’n’roll, avec des situations et répliques comiques, et elle vaut la peine d’être essayée. Quelques bémols, cependant. La longueur du pilote, certains éléments étaient de trop. D’autres sont des réminiscences de thèmes déjà vus. Comme impliquer accidentellement Finestra dans une disparition violente (j’ai pensé à Lucious Lyon dans Empire qui a du se salir les mains pour protéger ses intérêts). Je ne suis pas une grande fan de rock, je ne sais pas si on peut appeler cette série un chef d'oeuvre seulement après avoir vu le pilote, mais je dois avouer que c’était une expérience intéressante qui nous rappelle comme la musique de l’époque était top (ah, ABBA...).

 

Le saviez-vous ?

Philippe Manœuvre est venu partager quelques anecdotes sur la genèse de la série. L’idée est née dans l’esprit de Mick Jagger il y a 15 ans. A l’époque, il souhaitait produire un film sur une maison de disques dans les années 70 et a partagé son idée avec Martin Scorsese. Il en est ressorti un projet de film d’une durée initiale de trois heures… qui finalement est devenu une série télévisée.

L’histoire commence en 1973, année qui fut propice à la scène musicale. Les années 1970 ont également été une époque où New York a vu le taux de criminalité grimper, ce qui laissait la voie à l’insertion d’arches narratives impliquant des organisations criminelles.

 

Découvrez la série dès le 15 février en US+24 sur OCS City (ou via les offres Canal) et le documentaire 'Shine A Light' qui suivra le pilote.

En attendant, voici une bande annonce :

 

Sériecalement vôtre,

VK

11 févr. 16

VYNIL PREMIERE (IN FRANCE)

(This article contains SPOILERS)

 

vynil

 

I was lucky to attend the Vynil premiere that was held in the Palais de Tokyo, in Paris, few days before the official release on HBO, on February 14. The event was organized by two French TV players: OCS (operated by Orange, a telco operator) and Canalsat.

The pitch? The series follows Richie Finestra, a New York music executive who tries to make a career out of the music industry, in the 70s. What will he chose between business priorities and going off the beaten track? The series is quite expected because of the people who are behind it: Mick Jagger, Martin Scorsese and Terence Winter. Hence, it is already labeled a must-see show.

My opinion? The story is interesting, the pilot introduces the panel of characters and the stakes. Even if Richie Finestra was at the center of the pilot (Bobby Cannavale is excellent in the role, nice hair cut^^), it is quite obvious the others are on the verge of going through big changes. I hope we can see them much more in the next episodes because even though Finestra is an attractive character, there were sometimes too many Finestra scenes in the pilot. There can be a lot to do with the other heroes : the young assistant (Juno Temple) who is aiming at climbing the social ladder in Richie's label, the young singer (James Jagger) who will surely stand out, Richie's wife (Olivia Wilde) who, I think, will balance between being a housewife and seeing her husband going on a slippery path, and the former promising blues singer (Atto Essandoh) who had been "betrayed"...

The series offers a neat reconstruction of the 70s, in terms of what New York and the music industry looked like back in the day (my ears suffered from some musical moments that were too loud but I really liked the blues songs). The production paid a particular attention to the details and it turns out viewers could immerse themselves in this atmosphere, especially in the dark side of it (I did not imagine decadence could reach that level...).

Well, this series is truly "sex, drugs and rock'n'roll" with funny quotes and situations, and is worth trying. The downside of it lied in the length: some elements were not necessary, others rang a bell, like the accidental involvement of Finestra in a sudden and violent disappearance (I thought about Lucious Lyon who had to handle some obstacles to his success himself). I'm not a big fan of rock, I don't know if we can call this series a masterpiece, based solely on the first episode, but I admit this was a nice experience that makes us remember how music was good in those days.

 

Fun facts:

The project was born in Mick Jagger's mind 15 years ago. He wanted to make a film about a record label and reached out to Martin Scorsese to share his idea. The two came up with a film that would last three hours. It finally became a series years later.

The story begins in 1973. This year has been chosen because it has been a great year for music. Moreover, having the 1970s as historical background allowed the production to create a story arc in which criminal organizations could be involved, indeed, back in the day, New York faced a high criminality rate. 

 

Below one trailer:

 

Seriecalement vôtre,

VK

31 janv. 16

PROFILAGE, SAISON 6

 

Je retiendrai particulièrement de cette saison les intrigues hors enquêtes, autour des protagonistes.

Commençons avec la découverte de la fille de Fred, qui n’avait rien d’inattendu. Rappelons-nous que lors du final de la saison 5, Hippolyte avait promis à Fred qu’il "la" retrouverait. On pouvait d’ores et déjà supposer qu’il s’agissait d’un enfant qu’elle avait dû abandonner quand elle était plus jeune. Dès le début de la saison 6, Hippolyte est suivi par une jeune femme blonde, cette dernière s’avérant être la nouvelle recrue. Bizarre, comme coïncidence, non ? Par conséquent, la confirmation de ce lien de parenté n’en était qu’une suite logique. Suite tout à fait plaisante, la fille ayant un peu le même caractère que sa mère, et sa relation avec son beau-père prenant une tournure assez drôle, qui rappelle celle que Fred avait avec Hippolyte. Emma Tomasi reprend le flambeau et on retrouve ce duo "secondaire" qui apporte son petit grain de folie à la série et au duo Chloé Saint Laurent/Thomas Rocher. Les tentatives infructueuses de Chloé pour annoncer la nouvelle à Rocher et Larmarck étaient cocasses. Je serai curieuse de découvrir le père biologique d’Emma… En tout cas, bienvenue et bravo à Sophie de Fürst, qui se fond très bien dans l’équipe.

Que dire de l’Hippolyte drogué ? Crédible et triste pour le personnage (Raphael Ferret était très convaincant dans ce registre). Profilage sachant mélanger avec efficacité drame et humour, la scène de recadrage de Fred en fut une parfaite illustration (revoir Vanessa Valence fut un plaisir !). Maintenant, je me demande si on ne pourrait pas, pendant la saison 7, revenir sur le fait qu’Hippolyte s’est servi dans le coffre des scellés… Cela pourrait donner un problème intéressant. On aurait à nouveau le policier, et par prolongement, l’équipe, être sous le radar des affaires internes, néanmoins, il me semblerait cohérent que la disparition de cannabis des locaux de la police ne passe pas inaperçu longtemps.

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En ce qui concerne la relation conflictuelle entre Thomas et Dimitri, avec en toile de fond un triangle amoureux : sur le coup, j’ai été un peu surprise car j’attendais que l’histoire prenne une autre dimension. En fait, l’option choisie n’avait en soi rien de sensationnel : on a déjà eu ailleurs des intrigues où deux hommes amis d’enfance se sont éloignés à cause d’une femme. Dans Profilage, l’un des deux hommes ne savait rien du départ précipité de son ami et à part ce détail, c’était, par la thématique, du déjà-vu. C’est peut-être pour cela que j’ai tardé à voir la chose arriver, sûrement espérais-je quelque chose de moins habituel… Il faut cependant reconnaître que la réaction écrite pour Thomas fut ambiguë, au moins pour un temps. La scène où Thomas invite Dimitri à faire un tour avec lui avait de quoi glacer le sang (Philippe Bas ressemblait à un tueur fou et diabolique), j’avais l’impression de regarder un film d’horreur. Je me doutais que ce dernier n’avait pas assassiné Dimitri, mais là encore, à cause de cette scène de proposition de balade, j’ai craint le pire. Dommage que le colonel soit décédé, je n’aurai pas été contre une suite sur les conséquences de sa révélation, aurait-on eu toute cette intrigue pour terminer sur ça ? Après, pour ne pas me contredire, ce type d’arche n’ayant rien de nouveau, autant y mettre un terme et passer à autre chose.

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Chloé : décidément, sa vie est très loin d’être un fleuve tranquille. La saison 6 a démarré avec une Chloé en meilleure forme et en rédemption. Elle a regagné peu à peu la confiance de son entourage. J’enrage juste qu’on ne sache rien sur la fameuse discussion entre Rocher et Saint Laurent. Son déchirement d’être éloignée de sa fille était palpable et émouvant. Les scènes où on la voyait dessiner sur le bitume sous la fenêtre de Lili puis découvrir le message d’amour de Lili étaient si attendrissantes, j’avais envie de lâcher une larme. Comment ne pas aimer ce personnage ? A peine a-t-elle retrouvé la sérénité que la voilà de nouveau en proie au doute, face à ses visions de Garrel. Alors lui, j’ai toujours été persuadée qu’il n’était pas mort ! Quelle bonne idée de l’avoir fait revenir. Il est indéniablement amoureux de Chloé et prêt à tout pour être avec elle, quitte à la garder dans l’oubli de son passé. Chloé est comme son "remède miracle" contre une vie faite de violence et de meurtres… au moins pour un temps car rien n’assure qu’il ne retombe jamais dans ses travers, même en étant avec Chloé. J’avais bien aimé leur complémentarité lorsqu’ils s’étaient connus : lui, le bad boy montrant une autre facette avec Chloé, elle, fragile, pouvant se lâcher un peu plus grâce à lui. Deux personnages compliqués et torturés se complétant.

Si j’ai apprécié le retour de Garrel, je dois vous dire que l’épisode final de la saison 6 ne m’a pas autant captivée. Toutefois, c’était une digression intéressante, après plusieurs épisodes d’enquêtes policières classiques. Peut-être ai-je trouvé l’enquête de Chloé moins palpitante que celles auxquelles elles m’avaient habituée ? Est-ce parce que cette vie paisible Garrel/Chloé l’était trop ? Je ne sais pas exactement, c’est une question de feeling, je suppose… Parfois on aime, parfois on aime moins… A mes yeux, le déclic de Rocher qui comprend que Garrel est revenu d’entre les morts était trop rapide. Quelques années s’étaient écoulées, et franchement, j’avais l’impression que les indices n’étaient pas assez flagrants pour subitement faire le lien entre les exécutions et l’ancien commandant de la brigade des stups. Au départ, je n’avais pas compris ce revirement de situation, il a fallu que je me replonge dans mes souvenirs de la série… Surtout, pourquoi Garrel s’est-il senti obligé de commettre à nouveau des meurtres ? Ne pouvait-il pas tout simplement revenir vers Chloé ? Voulait-il inconsciemment ou non envoyer un message à Rocher et son équipe ? Avec la soudaine disparition de Chloé, ses retrouvailles avec elle auraient été forcément de courte durée, Rocher n’aurait jamais laissé tomber (et donc tout ça pour rien ?!).

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Même sans avoir été transportée par cette fin de saison, je n’ai pas pu rester insensible à la scène de clôture. J’imaginais déjà une fin heureuse pour Chloé (retour chez elle et énorme câlin à Lili), et pas du tout un cliffhanger. Pourquoi tant de haine^^ ? Ne me dîtes pas que Rocher va succomber ?!! Il n’a pas réussi à survivre à un coup de ciseaux dans le dos pour finir avec une balle dans l’épaule… Par ailleurs, reverra-t-on Odile Vuillemin dans le premier épisode de la saison 7 ?

Je l’espère bien, parce que j’aimerai voir une conclusion nette pour son personnage. Sans saut dans le temps cette fois-ci, de grâce. Parce qu’on en a déjà eu entre les saisons 2 et 3 (mort de Pérac et exil de Chloé sur la côte), 4 et 5 (pendaison de Chloé), 5 et 6 (retour de Chloé après son épisode psychotique), ça commence à faire assez, selon moi. Je préfèrerai pour une fois qu’on assiste à la suite directe de ce qui s’est déroulé à la fin de la saison 6. Entre les saisons 5 et 6, ceci n’aurait pas été aisé car Chloé devait se soigner, Thomas aussi, Hyppolite tombait dans la drogue, donc cela aurait été étrange de faire un/deux épisodes sur ces sujets sans enquêtes et revenir à la dynamique habituelle. Je regrette néanmoins un manque de flashbacks sur cette période, mélangés aux enquêtes, pour voir ce qui s’est passé entre la mort de Fred et le retour de Chloé. Pour le premier épisode de la saison 7, je souhaiterais qu’on sache exactement ce que sont devenus Chloé, Thomas et Garrel.

 

profilage 3

 

Du côté des nouveaux, l’arrivée de l’archiviste, Viviane Mercadet (à appeler Madame^^), a apporté de la fraîcheur à la série. Un poil caricatural, elle, a tiré son épingle du jeu, via son caractère, sa démarche, son exigence pour le classement, et son béguin pour Larmarck. J’ai bien ri quand le commissaire lui a dit "j’ai une proposition indécente à vous faire…", yeux de la concernée commençant à scintiller, puis déception de celle-ci quand Lamarck lui propose en réalité de prendre la direction de la numérisation des archives, suggestion aberrante au vu de son amour pour le papier ! En effet, c'était une proposition indécente. Pour finir, voir Chloé se faire passer pour une danseuse nocturne lors d’une affaire, c’était hilarant. On aura tout vu avec elle.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

17 janv. 16

DOWNTON ABBEY, BILAN

 

Downton Abbey a fait ses adieux aux téléspectateurs français le 2 janvier 2016 avec son ultime Christmas special. Cet épisode a offert un sympathique et happy end à tous les personnages… enfin, presque tous les personnages car en ce qui concerne Carson, je dirai que sa fin heureuse ne l’est pas entièrement.

Je garderai de bons souvenirs de cette série raffinée. Elle nous a présenté avec brio une belle reconstitution de la société britannique du début du XXème siècle, de l'aristocratie aux personnes dévouées à leur service, avec une galerie de personnages élégants et bienveillants. Je citerai en exemple Lord Grantham, un homme qui s’est montré loyal envers ses domestiques (Carson, Mrs. Padmore, Bates…), qui n’a jamais fait preuve de méchanceté ou d’indélicatesse envers qui que ce soit. Il était un véritable gentleman. Downton Abbey a créé un environnement où l’amour a coexisté avec les tragédies (comment oublier la mort de Matthew et Sybil le jour où ils ont accueilli leur nouveau-né ?), les bouleversements socio-économiques inévitables ou amplifiés par les évènements historiques et l’acceptation de ces changements (Tom, le chauffeur qui s’est marié avec la cadette d’un compte, shocking^^ ! etc.), l’humour (Denker vs. Spratt, les remarques de la comtesse douairière…). Je dirai qu’il a toujours été question d’amour dans Downton Abbey. Mary/Matthew et finalement Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, et toutes les autres relations qui n’ont pas abouti.

 

abbey 2

 

Pour ma part, je dois avouer que certaines histoires d’amour ainsi que certains protagonistes m’ont ennuyée. Mary a été la plus décevante. Elle a été tout le long l’enfant gâtée d’une famille aisée. Ayant pour objectif d’épouser un homme avec une excellente situation. Bien qu’elle ait accepté Henry à la fin, je n’ai pas été très convaincue par sa démonstration de fierté en apprenant la reconversion d’Henry en vendeur de voitures. Cruelle envers sa propre sœur Edith, se pavanant avec sa nouvelle coupe de cheveux alors qu’Edith venait de recevoir la confirmation du décès de Michael, et lui témoignant presque de l’exaspération. Il était vrai qu’on se doutait qu’il n’y avait plus d’espoir de revoir Michael en vie, mais bon, Mary, il y a des limites… Sur un forum, un internaute me disait qu’avec un tel ego, Mary se devait de se la péter un max… Ce qu’elle a fait avec succès. Pourtant, Mary a montré une autre facette, inattendue et voire incompatible avec ce à quoi elle nous avait habitués… Peste avec sa sœur, l’aînée du comte était très proche de sa femme de chambre et du majordome, et de façon générale, faisait preuve de bonté envers les classes sociales en dessous de la sienne.

Après la mort de Matthew (je n’ai jamais accroché à l’incessante valse de ces deux-là), je souhaitais que Mary sorte des sentiers battus et entame de nouveaux défis. Gérer le domaine, se réaliser dans une activité, peu importe laquelle. On l’a en effet vue s’impliquer dans la gestion de Downton, mais le sujet était traité à sa surface (une scène de temps à autre). Au lieu de voir des arches narratives percutantes, qu’a-t-on vu ? Et bien, Mary en hésitation face à de nouveaux prétendants, encore et encore… On a l’impression que caser Mary était la seule finalité réservée à ce personnage. Ainsi que la montrer sous son plus mauvais jour uniquement avec sa sœur, et ce, jusqu’à la fin. Prenez par exemple l’affaire Marigold et Mary clamant qu’elle ignorait qu’Edith n’avait encore rien révélé à Bertie… Mouais, mon œil… A mes yeux, Mary a été le personnage le moins passionnant. Je ne sais pas si elle était censée être l’héroïne que les téléspectateurs détesteraient ou envers laquelle ils éprouveraient des sentiments partagés, si c’est le cas, l’entreprise a été réussie.

 

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A l’inverse, l’évolution de la malchanceuse (pour plusieurs années) Edith a été remarquable. Aux débuts de Downton Abbey, Edith restait un personnage discret, voire presqu’insignifiant. Je crois même que je n’ai jamais fait attention à elle pendant la première saison. Malgré tout, elle a réussi au fil des saisons à devenir une femme mature, moderne, brave. Elle me rappelle un peu la jeune, effrontée, et passionnée Sybil, qui fut la première à bousculer les codes. Edith a en quelque sorte repris le flambeau. Tout comme Mary, Edith a eu de nombreuses aventures de cœur. Au contraire de Mary, ces intrigues ont été un cortège d’épreuves bien plus intéressantes. Edith a été abandonnée à l’autel le jour de son mariage, a eu un enfant en dehors des liens du mariage (totalement ordinaire pour nous aujourd’hui, totalement scandaleux à l’époque !), a dirigé un magazine. La jeune femme en est ressortie plus forte. Elle a complètement mérité une fin joyeuse, et heureusement d’ailleurs, sinon j’en serai restée amère.

 

L’amour a donc été un sujet indissociable de Downton, en parallèle du portrait d’une certaine Grande Bretagne d’avant. Si, au départ de ma réflexion je me suis légèrement emportée devant ces amours à répétition, en définitive, elles se comprennent quand on se replace dans le contexte de l’époque où en général, finir vieille fille n’était pas considéré comme situation idéale… L’une des sœurs aurait pu terminer la série en demeurant indépendante et continuer ce rôle de femme avant-gardiste, finalement, les voir heureuses en couple ne me déçoit pas, c’est une fin positive.

 

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Je regrette la relation entre les Bates et la justice : était-ce nécessaire de voir à la fois John et Anna accusés de meurtre deux années de suite ? Je regrette le fait que plusieurs intrigues autour des domestiques aient existé parque qu’elles étaient directement liées à la famille Crawley. Par exemple, on voyait le domestique Y affairé dans la ville W car il/elle accompagnait un membre de la famille Crawley dans la ville W. Toutefois, je ne regrette pas d’avoir vu ces personnages poursuivre/concrétiser leurs rêves : Mrs. Padmore et son Bed & Breakfast, Daisy réussissant ses examens (je la voyais même aller plus loin car elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire entendre ses opinions), Spratt et sa rubrique dans le magazine d’Edith ("et dire que nous avions un expert en bas !" pour reprendre Lady Violet, franchement, je ne m’y attendais pas), Molesley devenant instituteur… Les temps changent, et les personnes également. Autre amertume : quelques intrigues peu approfondies, où on est passé d’un commencement étonnant à un développement et une conclusion trop rapides, alors qu’on perdait du temps sur des histoires pour lesquelles on éprouvait une sensation de déjà-vu. L’implication malencontreuse des Bates dans des affaires criminelles est l’exemple le plus parlant.

 

Voilà des éléments sur lesquels je souhaitais revenir, parmi d’autres en tête, oubliés, ou qui traverseront mon esprit plus tard… Downton Abbey a été une série savoureuse. Avec elle, il ne fallait pas s’attendre à des péripéties grandiloquentes, de prise de position sur des sujets sociétaux ou politiques, seulement au quotidien (presqu’ordinaire) de personnes ordinaires de passage dans un monde en transition, raconté avec douceur et charme (les scènes véritablement violentes se comptent sur les doigts de la main). Certains personnages ont eu une place plus évidente que d’autres mais tous ont connu leurs aventures. Même si j’aurai aimé passer davantage de moments agréables grâce à cette fiction, comme l’a dit Thomas Barrow, l’homme mystérieux avec une sensibilité insoupçonnée, "même les bonnes choses ont une fin". 

 

Relire mes autres reviews sur la série ici.

 

Sériecalement vôtre,

VK

08 janv. 16

MY GOODBYE TO DOWNTON ABBEY

 

DA

 

Downton Abbey said goodbye to the French viewers on the second day of 2016 with its last Christmas special. The episode gave a nice and happy ending for everyone… well, almost everyone when you think of Carson, I would rather say he was left with a “semi happy” ending.

I will keep sweet memories of this fine series. It presented a perfect reconstruction of the British gentry and servantship at the beginning of the twentieth century, with sophisticated and kind characters. I would mention Lord Grantham as an example: the man showed loyalty to the people who served him (e.g., Carson, Mrs. Padmore, Bates…), had never been mean or rude to anyone. He was a true gentleman. Downton Abbey created an environment in which love was mingled with tragedies (who could forget Matthew’s and Sybil’s death the day they welcomed their newborn?), changes that came alongside historical events and the acceptation of these changes (Tom Branson, the driver who married the Lord’s third daughter, etc.), humour (Denker vs. Spratt, the dowager countess’s lovely quotes…).

Love was at the core of Downton Abbey. In a sense, it has always been a matter of love: Mary/Matthew and eventually Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, plus the relationships that were not successful, and so on.

 

I must admit I was bored by some of these love stories and some characters’ evolution. The most disappointing, to me, was Mary. She was like a spoiled child raised in a rich family. Aiming at marrying a wealthy man even if she accepted Henry in the end, her joy to see him turning into a car salesman even seemed a bit odd (it was a bit difficult for me to trust her sincerity). Harsh to her sister Edith, appearing with a new haircut when Edith learns about Michael’s death, and nearly showing exasperation, like “come on, you should have known there was no hope, so why don’t you move on?” (it is true we doubted Michael would come back alive, but seriously, Mary…).

Yet curiously very close to her maid and the butler, in general, benevolent with the lower class. After Matthew passed away (could not bear the everlasting waltz between these folks), I expected Mary to take new challenging directions. What did we get? New pretenders for the Lady, again and again. It seemed that the sole objective for this character was to push her tie the knot, and be cruel to Edith to the end. See the Marigold revelation and Mary claiming she was unaware Edith did not tell Bertie… To me, Mary was certainly the less interesting character. I do not know if the Mary character was supposed to be the one that people would not appreciate or have mixed feelings about, but if it is, the job is well done.

 

DA

 

On the contrary, unlucky (for a long time) Edith was one of the most outstanding. When ‘Downton Abbey’ started, she was not really the most appealing hero in terms of temper, but she proved over the years to be mature, modern, and brave. She had several love interests as well, but they brought more compelling hardships/adventures to go through: she was left at the altar, had a baby out of wedlock (remember that was unacceptable back then!), headed a magazine. Edith became stronger. She totally and hopefully deserved a happy ending.

 

I regret the relationship between the Bates and justice (was it necessary to have both John and Anna accused of murder two seasons in a row?). I regret the fact that lots of servants arcs existed because they were linked to the Crawleys stories. For instance: we see servant Y doing things in city W because he/she is travelling with Crawley family member Z who had business to do in city W. However, that was a great idea to show the servants had their own dreams: Mrs. Padmore and her B&B, Daisy passing exams, Spratt and his column in Edith’s magazine, Molesley being a teacher… Times were changing, and people, too. I regret also that Downton Abbey did not go deeper for some story arcs, going from a curious beginning to a quick and simple development and conclusion, while wasting time on déjà-vu stories, let’s give the example of the Bates involved in criminal investigations.

These are some elements I wanted to point out, among others. Downton Abbey was a good series, it did not tell anything extraordinary, but (almost) ordinary people’s ordinary lives in a world in transition, in a soft and charming way. Even though I wish I could spend more great moments watching it, like intricate Tom Barrow said, “Even good things come to an end”.

 

You can check out my reviews in French here.

 

Goodbye Downton,

 

Sériecalement vôtre,

VK



20 déc. 15

​AVANT-PREMIERE “WEI OR DIE”, FRANCE TV

 

wei

 

J’avais été invitée à l’avant-première de WEI OR DIE (merci à Bigger Than Fiction) organisée dans les locaux de France Télévisions le 21 octobre, avant sa sortie officielle sur internet le 28. La projection fut suivie d’un échange entre l’équipe du film, les partenaires ayant contribué au film, et le public.

Ce film interactif, de Simon Bouisson, plonge le spectateur dans le week end d’intégration (en abrégé WEI) cauchemardesque d’étudiants en première année d’une grande école de commerce. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’est un WEI, pour résumer, le WEI est comme un rite de passage pour les étudiants d’écoles de commerce/d’ingénieurs qui se retrouvent le temps d’un week end dans un lieu précis (en dehors de l’école, un voyage est nécessaire pour accéder au site) pour des activités plus ou moins arrosées. Le WEI fait souvent l’objet de polémiques, à cause du niveau d’alcool et des bizutages…

 

Regarder le trailer ici.

Regarder le film ici.

 

Des films, il y en a toujours, me direz-vous, mais celui-ci est particulier. C’est la première fiction interactive de la Direction des Nouvelles Ecritures de France TV. Le film propose une expérience unique pour le spectateur : ce dernier suit les aventures des protagonistes en changeant de point de vue en fonction de ce qu’il souhaite regarder, grâce à une playlist située en bas de l’écran. Plusieurs timelines ont été créées, correspondant à une partie de l’histoire : plusieurs séquences peuvent se dérouler en même temps, l'internaute n’a plus qu’à faire son choix pour voir telle ou telle séquence, un bout d’une séquence, puis passer à une autre et revenir à la première, etc. Dans WEI or DIE, les playlists correspondent à un device d’enregistrement vidéo : smartphone, caméra, tablette… utilisé par les étudiants pour immortaliser le WEI. Selon leur localisation pendant l’histoire et l’heure d’enregistrement, le spectateur assiste à divers évènements à divers moments du WEI. Ainsi, il devient "maître" de la façon dont il visionne l’œuvre et ne subit plus une suite de scènes selon le choix du réalisateur. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de scénario construit, il s’agit d’une expérience de visionnage différente.

En France, il y a peu de fictions interactives à l’heure actuelle. Le projet a nécessité 3 ans de tournage, une dizaine de caméras, et un tournage de seulement 11 jours pour obtenir une totalité de 90 minutes de rushs. Le film en lui-même dure 45 minutes, ce sont 90 minutes partagées entre les différentes pistes d’enregistrement. La notion d’interactivité a été un challenge pour la production, dans tous ses aspects : écriture, tournage, montage. Bien que certaines scènes sont censées avoir été filmées par des smartphones, lors du tournage, ce ne sont pas des smartphones qui ont été utilisés, mais bien des caméras, pour des raisons techniques (qualité de l’image). L’équipe technique s’est ensuite arrangée pour qu’à l’écran, le spectateur ait l’impression qu’il s’agit bien de vidéos prises par des smartphones. Enfin, WEI OR DIE a été récompensée par le prix de la meilleure œuvre transmédia internationale au Liège Web Fest (festival international de la web série, du transmédia et des œuvres numériques).

Du côté producteurs et partenaires, on compte : la Direction des Nouvelles Ecritures de France TV, Cinétévé, Résitance Films, Keblow (qui a fourni la technologie mise à disposition des internautes pour visionner le film), Pictanovo, ciclic, le CNC.

 

Mon avis :

WEI OR DIE se distingue clairement des fictions traditionnelles en donnant la possibilité au spectateur de choisir ce qu’il veut regarder à un instant t du film. L’interactivité n’empiète pas du tout sur la qualité du scénario mais au contraire, pousse à davantage de réflexion par rapport à l’organisation et la nature du contenu. C’est plus un défi qu’un obstacle. L’histoire doit avant tout être crédible, logique, intéressante, et ensuite, les offres d’expériences arrivent. Il me semble que tous les thèmes ne sont pas propices à l’expérience proposée par WEI OR DIE. Par exemple, j’imagine mal une histoire d’amour qu’on pourrait regarder selon plusieurs points de vue… A moins de la faire coexister avec plusieurs intrigues. Pour WEI OR DIE, l’idée est judicieuse : on peut suivre ce que plusieurs étudiants ont pu filmer au cours du WEI, il y a des choses étranges qui s’y passent et du suspens (je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise !). Cela m’a rappelée la série Boomtown dans laquelle on avait les points de vue de chaque protagoniste témoin d’un même évènement.

Il est encore un peu tôt pour prédire la réception des spectateurs et le succès par rapport à d’autres modalités d’interactivité. Je pense que l’expérience WEI OR DIE plaira à certains internautes, dans une époque où l’on veut maîtriser sa consommation (regarder n’importe quand et sur n’importe quel device). Il existe déjà des web séries où l’internaute peut se construire son propre ordre des épisodes, comme H+ de John Cabrera et Cosimo de Tommaso (lire le résumé de l’avant-première Canalplay ici). WEI OR DIE offre un contrôle du visionnage, selon une autre méthode. Cet usage est encore nouveau, il faudra un peu de temps pour qu’il soit compris et adopté par le plus grand nombre. A commencer par les équipes créatives elles-mêmes, la conception d’une telle fiction nécessitant une approche différente mais tout aussi intéressante.

 

Est-ce que le modèle WEI OR DIE est réplicable sur d’autres films de plus longue durée et séries ? Et est-ce une nouvelle concurrence aux films/séries traditionnels ? Je pense que ces consommations sont davantage complémentaires qu’ennemies car la logique est autre. Certains seront plus sensibles au modèle WEI or DIE, d’autres au visionnage traditionnel où l’on regarde les choses dans l’unique ordre pensé par les créatifs, d’autres seront ouverts au deux. Les séries pourraient bénéficier d’une nouvelle forme d’interactivité : on proposerait des vidéos courtes reprenant une scène critique d’un épisode (ou un petit ensemble de scènes) et les fans pourraient la revoir selon plusieurs angles/points de vue…

La technologie utilisée pour WEI OR DIE a été conçue pour internet, peut-être sera-t-elle compatible avec la télévision un jour. Je suis sûre qu’il y aura toujours de la place pour les œuvres, quels que soient leur nature, objectif, plateforme de diffusion, et expérience spectateur offerte. Je suis et reste convaincue que la base, c’est l’histoire. Sans bonne histoire au début, on pourra inventer toutes les formes d’interaction possibles pour le spectateur, il ne sera pas intéressé s’il n’est pas en premier lieu captivé par l’histoire. La stratégie s’élabore autour de l’histoire, pas l’histoire autour de la stratégie.  

 

Regarder le film ici.

 

Sériecalement vôtre,

VK

24 nov. 15

MONTE CARLO 2015 : "EMPIRE", DANNY STRONG, TARAJI P. HENSON, TERRENCE HOWARD (conférence de presse)

 

Danny Strong, co-créateur d’Empire avec Lee Daniels, et le couple vedette de la série, Terrence Howard, Lucious, et Taraji P. Henson, Cookie, ont participé à une conférence de presse lors du festival et ont partagé avec les personnes présentes quelques anecdotes sur la série.

Le Cookie-ism préféré de Taraji est "Boo boo kitty". Taraji n’a pas inventé ce terme:  "Je ne l’ai pas créé. On avait l’habitude de beaucoup l’utiliser à l’université". Elle a employé cette expression lors de la première prise, il n’apparaissait pas dans le scénario, et selon Danny Strong, "C’était un millier de fois mieux que toutes les idées que j’avais imaginées jusqu’alors". Taraji a insisté pour que ce soit Terrence qui joue le rôle de Lucious. "J’ai appelé Lee. Tu sais, ce script est incroyable. Cookie est incroyable, mais je ne suis pas intéressée sauf si tu engages Terrence pour le rôle de Lucious". Car si le tandem Cookie/Lucious ne fonctionne pas, Empire ne pourra pas marcher. Il fallait une connexion très forte entre les deux personnages. En ce qui concerne le personnage de Cookie, Taraji avait, au départ, peur qu'il ne soit pas apprécié. Or Cookie est devenu un symbole grâce à sa sincérité quelle que soit la situation, "Cookie dit la vérité" (Henson). Beaucoup de femmes ont félicité Taraji pour ce personnage qui est un exemple de femme forte.

 

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On pourrait penser que Joe Jackson a inspiré les scénaristes pour dépeindre le personnage de Lucious, mais il n’en est rien. Lee et Strong ont plutôt pensé à Jay-Z, Puffy. Les invités ont ensuite avoué qu'il n’a pas été facile de faire participer des artistes dans Empire. "On a connu des temps difficiles pour faire venir les gens", a révélé Danny Strong. Maintenant que le succès s’est confirmé, beaucoup d’artistes se sont bousculés pour apparaître dans la saison 2. Cependant, la série se veut aussi dénicheuse de nouveaux talents et non pas uniquement une série qui ne fait que montrer des artistes déjà bien installés, comme l’a expliqué Terrence: "Nous ouvrons la porte aux talents du monde entier pour qu’ils viennent". Ces derniers peuvent d’ailleurs soumettre leur candidature, un peu dans l’esprit de American Idol (décliné en France en: A la recherche de la nouvelle star), idée qui a été proposée par l’acteur.

Taraji a raconté une anecdote sur sa rencontre avec Joan Collins quand un journaliste a évoqué la ressemblance d’Empire avec Dynastie (Joan Collins a été l'un des personanges principaux du soap pendant plusieurs saisons). Les deux femmes se sont vues dans l’avion et Joan Collins a twitté en premier cette rencontre. Enfin, pendant longtemps, le père de Danny Strong préférait qu’André prenne les rennes d’Empire et puis vers l’épisode 8, il s’est mis à envisager Jamal. Malheureusement, au cours de la saison 1, l’homosexualité de Jamal reste un frein...

 

Quelques mois auparavant, Lee Daniels et Taraji P. Henson étaient venus au festival Séries Mania à Paris, vous pouvez lire leur interview ici.

Retrouvez les articles de l’édition 2015 et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

05 sept. 15

HOW TO GET AWAY WITH MURDER, SAISON 1

Vous pouvez lire ma critique du pilote et ma table ronde avec Alfred Enoch lors du festival de Monte Carlo.

 

Bilan de cette première saison : très bien. L’intrigue est passionnante. Elle mêle à la fois les aventures l’« accusé du jour » et le fil rouge « qui a tué Lila ? », sème en continu des retournements de situation inattendus qui dynamisent les épisodes, et les personnages sont forts intéressants, mystérieux et le « nec plus ultra », machiavéliques.

 

La palme d’or revient, c’est une évidence, à Annalise Keating (Viola Davis). Une femme au tempérament de feu et de glace, que ce soit en cours où son regard et ses réparties peuvent liquéfier les élèves, ou devant les tribunaux où elle est aussi sans pitié et pourrait faire acquitter les doigts dans le nez un homme accusé de crime contre l’humanité. Femme également explosive en privé. Et surtout manipulatrice à souhait. On ne sait jamais à quoi s’attendre avec elle. Je suis restée bouche bée quand son amant de flic s’est retrouvé accusé du meurtre de Sam, même si Franck avait joué un grand rôle dedans. La réaction d’Annalise en découvrant le corps de Sam était stupéfiante : la dame ne perd absolument pas le nord et démontre un professionnalisme à toute épreuve. Bref, Keating est dure, mais sait faire preuve de douceur, agaçante aussi, mais avant tout, complexe.

S’en suit une galerie de personnages assez éclectique. Même si je n’ai pas d’affinités pour certains, j’apprécie le fait qu’Annalise n’écrase pas tous les autres. Des personnages restent encore un peu en retrait, mais ce n’est pas grave, ce que j’aime, c’est que chacun existe, quand bien même Annalise et Wes (Alfred Enoch) apparaissent plus régulièrement au premier plan. En parlant de Wes, c’est vraiment le type tout gentil, innocent et outsider qui se retrouve embarqué malgré lui dans des situations dépassant l’entendement. Paradoxalement, il se révèle à travers elles, et semble le plus réfléchi par rapport à ses autres camarades qui eux, flippent totalement alors que dans la vie normale, ce sont eux les plus affirmés. J’aime bien l’histoire entre Connor (Jack Falahee) et Oliver. L’ancienne future belle-mère de Michaela (Aja Naomi King) m’a horripilée quand elle lui a fait les yeux doux (bonne actrice !). Asher (Matt McGorry) me fait trop rire. Son interprète est génial en fils à papa et amant de Bonnie sensible malgré les apparences. Rebecca (Katie Findlay) la rebelle était également intéressante, pourquoi l'a-t-on tuée ??

 

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Je parlais des personnages en retrait, Bonnie (Liza Weil) et Franck (Charlie Weber) en font partie. En tout cas, c’est mon ressenti lors de cette saison 1. Il est sûr que l’on va en apprendre davantage sur Franck dans la saison 2, au vu de ce qui nous a été dévoilé de lui à la fin de la 1. Pour Bonnie, j’espère vraiment qu’elle ne restera pas coincée au stade de simple assistante de Keating, je pense qu’elle peut être intéressante. Comment ces deux personnages ont-ils croisés le chemin de Keating ? Pourquoi l’ont-ils rejointe ? Qui sont-ils en dehors du travail (je ne parle pas de leurs relations sentimentales) ? etc.

 

Sur le fil rouge lui-même, pour rappel, la résolution du meurtre de Lila, je trouve que le développement a été intéressant et bien maitrisé. Le nombre raisonnable d’épisodes y a beaucoup contribué. Je suis d’avis qu’il faut savoir doser. Certaines séries peuvent se faire en 22 épisodes par saison, d’autres doivent se dérouler sur un maximum de 15 épisodes par saison. Tout dépend du sujet. HTGAWM fait partie de cette deuxième catégorie. Si elle avait duré plus longtemps, je pense que certains rebondissements auraient été de trop, et puis, qu’y aurait-il dans la saison 2 ? On pourrait aussi faire plus de procès par semaine, l’« accusé du jour », mais bon, ce n’est pas vraiment le thème principal. On a néanmoins des cas prenants et surprenants, et qui s’incrustent bien dans le fil rouge.

Le nombre d’épisodes ici était bien, quoique je me demande quand même ce qu’on va voir l’année prochaine… Vu comment c’est parti, y aura-t-il d’autres meurtres ? Pour enfouir celui de Rebecca dans l’abîme, par exemple. Déjà, on va partir sur la question « qui a tué Rebecca ? » (pour moi, la réponse n’est pas si limpide que cela). Des personnages impliqués dans la mort de Sam vont-ils craquer malgré tout ? Asher découvrira-t-il la vérité ? (et c’est là qu’on apprend qu’en fait, il savait tout depuis longtemps et attendait avant d’exercer son pouvoir sur les autres…) Je ne sais pas comment vont finir toutes ces histoires et aussi, s’il y aura assez de matière captivante pour enchaîner plusieurs saisons. C’est un peu mon souci. J’espère qu’on saura s’arrêter à temps. Pour le moment, la série est addictive. Moins que Scandal selon moi. C’est vrai que ces séries sont différentes, mais je trouve que Scandal est un cran au-dessus du point de vue éléments addictifs (parce que plusieurs histoires de nature différente s’entremêlent).

 

Maintenant, petite parenthèse sur un élément qui m’a gavée. Cette sensation s’est manifestée lors d’une suite de séquences où tout le monde couche avec tout le monde, n’importe où et n’importe quand. Il y a beaucoup de scènes de sexe. OK, apparemment, ça fait vendre, toutefois, les scénaristes, il faudrait arrêter vos délires/fantasmes par moments. C’en devient de la « violence gratuite », qui n’apporte pas toujours de la pertinence à l’histoire. Au-delà de ce point, à mes yeux, ce fut une belle lancée pour How To Get Away, j’attends de voir la suite et espère qu’elle sera aussi bien faite que la première.

 

Sériecalement vôtre,

VK

26 juil. 15

[FAN FICTION] PERSON OF INTEREST, "PERIPLE INATTENDU"

 

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Bonjour,

Voici une fan fiction que j'ai écrite sur la série Person Of Interest.

Titre : Périple inattendu.

Sysnopsis : Une simple promenade en ville ne le reste jamais vraiment quand elle est troublée par l'homme en costume.

Liens :

21 juil. 15

MONTE CARLO 2015 : "HOW TO GET AWAY WITH MURDER", ALFRED ENOCH (table ronde)

 

Alfred Enoch était un des invités du festival, pour porter les couleurs de How To Get Away With Murder, série dans laquelle il prête ses traits à Wes Gibbins, étudiant du cours de droit de l’inflexible et dangereuse Annalise Keating. Celle-ci a la tâche intéressante d’apprendre à ses élèves toutes les ficelles pour faire acquitter un client accusé de meurtre. Rebaptisée Murder pour la diffusion française, la série passe sur M6.  Autour d’une table ronde matinale, l’acteur (aussi Dean Thomas dans la saga Harry Potter) a partagé avec enthousiasme son ressenti sur son personnage, celui d’Annalise, joué par Viola Davis, Shonda Rimes, entre autres… après un petit aparté sur la soirée anniversaire des 55 ans du festival à laquelle il avait assisté la veille. A noter que son partenaire Matt McGorry, alias Asher Millstone, était également à Monte Carlo (mais je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer).

Voici des extraits de la conversation (extraits concernant les questions et, dans une certaine mesure, les réponses) :

 

— Pouvez-vous nous dire quel souvenir vous avez de la première fois où vous avez lu le scénario de How To Get Away ?

Alfred Enoch : Je me souviens que je jouais dans une pièce à Londres. J’ai reçu le script alors que je donnais deux représentations le même jour, le matin et le soir, et j’allais passer l’audition le jour suivant. Alors que je le parcourais, ma première pensée a été la suivante : comment vais-je pouvoir le lire ? Me préparer ? Aussi, faire un travail décent ? Et ces questions se sont accentuées au fur et à mesure que je lisais, parce que j’ai pensé : c’est excitant, c’est bon, ça devrait être un travail excitant, intéressant à faire. Je me rappelle avoir pensé que c’était un twist intéressant sur quelque chose qui me paraissait familier. L’aspect "qui est le coupable" raconté sur deux époques m’a paru original et m’a semblé poser les questions différemment.

— Saviez-vous au début que Wes avait tué Sam ?

Alfred Enoch : Non. J’aurais voulu le savoir, mais ça n’a pas été le cas. C’est un des aspects intéressants quand on travaille sur la série. Les choses changent. Vous recevez le script et vous pensez : oh, il y a une autre pièce à ce puzzle. Alors c’est très difficile, de ce point de vue, de reconstruire ce qui s’est passé pour deviner ce qui va arriver par la suite.

 

— Dans la série, vous étudiez le droit. Auriez-vous pu, vous-même, être avocat?

Alfred Enoch : J’ai étudié la littérature, alors ma relation avec les mots est probablement différente. J’ai des amis qui viennent de terminer leurs études en droit. Ça n'a jamais été quelque chose qui m’a séduit.

— Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre personnage, et qu’est-ce que vous n’aimez pas?

Alfred Enoch : J’admire vraiment la capacité de Wes à respecter ses croyances, ses principes. Il pose des questions qui sont dures, basées sur un code moral. Je respecte plutôt ça. Je pense que l’une des choses les plus difficiles sur le personnage est… Je veux dire, c’est dur parce qu’ils sont placés, ils sont placés dans des situations si difficiles et ça fait partie probablement des raisons pour lesquelles les gens aiment la série. Evidemment, certaines de ses actions deviennent discutables, mais souvent, je pense que les gens regardent cela avec moins d’empathie que moi. Peut-être parce qu’étant Wes, je passe beaucoup de temps avec mon personnage. J’ai de la sympathie pour lui. Vous savez, je pense qu’il commet un acte extrême, mais il le fait. Il le fait pour protéger ceux à qui il tient… C’est l’une des autres choses qui me fascine dans le script, et ce, dès le pilote. Il présente différentes facettes de ces personnages, et cela devient dur de pointer quelqu’un et de dire : c’est ce qu’une personne est. Vous savez, nous montrons un autre visage dans différentes situations, différents scénarios, et avec différentes personnes. Donc j’aime ça, j’aime qu’il ne soit pas aussi simple de dire que lorsqu’une personne fait quelque chose de mal, c’est une mauvaise personne.

 

Alfred Enoch

 

— Comment est-ce, de travailler avec Viola ?

Alfred Enoch : Fantastique !

— Avez-vous la même relation que celle qu’on voit à l’écran ?

Alfred Enoch : Heureusement, non ! (rires) J’aurais été… Mon dieu, ce serait une expérience épuisante si c’était le cas… Annalise Keating est un personnage tellement formidable et exténuant ! A bien des égards, c’est une femme si compliquée. Elle a une façon de manipuler les gens, d’être exigeante, mais Viola est adorable, c’est une personne tellement gentille. Et ça contribue à faire du plateau de tournage un endroit agréable. Les gens sont gentils. Pour moi, vous savez, qui viens de Londres et qui vis dans une ville que je ne connaissais pas beaucoup avant, être entouré personnes agréables a rendu les choses plus faciles. Alors je suis reconnaissant envers Viola et le reste du cast.

 

— Voyez-vous la relation entre Wes et Annalise comme celle qu’auraient une mère et son enfant, ou davantage ?

Alfred Enoch : Ca va plus loin. Je pense que, peut-être, il y a un aspect maternel. Elle fait quelque chose que je trouve incroyablement généreux, dans un moment très fort pour les deux. Je pense qu’il y a un côté maternel, mais il y a plus. Je pense que c’est l’un des éléments intéressants dans le fait de le jouer, mais il y aussi le fait qu’il y a tant d’impulsions différentes, tant de conflits pour eux. La manière dont ça commence, ils sont liés par un secret. Vous savez, elle est compromise, il sait quelque chose, elle a besoin qu’il ne le dise à personne. Et je pense que l’une des choses plaisantes est que les scénaristes arrivent toujours avec de nouveaux rouages pour déstabiliser cette relation. Il y a beaucoup de mise à l’épreuve, il y a du conflit, et il y a de l’attirance.

— Votre personnage va-t-il être sauvé parce qu’il a ce lien spécial avec Annalise ?

Alfred Enoch : Je pense que l’un des aspects excitants du show est qu’il donne le sentiment que personne n’est à l’abri. Vous savez, vous ne voulez pas regarder, je pense, une… Je veux dire… ce n’est pas nécessairement vrai. Je pense que parfois… Je me souviens avoir lu un livre quand j’étais jeune et quelqu’un m’a spoilé la fin, m’a dit qui mourrait, et en fait, ça ne m’a pas empêché du tout de profiter du livre. La façon dont vous arriver là est une autre chose. C’était l’un des éléments de la série. Quand elle a résolu la question de savoir qui avait tué Sam, elle a introduit une autre question : qui d’autre était impliqué, et à quel degré ? J’aime ce rebondissement. Il y a toujours quelque chose d’autre à trouver. Mais je pense que quelque chose a été ajouté à ce mélange : il n’est pas évident de penser que les gens sont en sécurité. En tout cas, ce n’est pas l’impression que j’ai eue. Je pensais : "Wes aurait pu être tué… Non, il va survivre dans la saison 1". Quand les enjeux sont d'une telle envergure, les individus deviennent très extrêmes, en particulier dans le contexte de la série. Je pense que n’importe quel personnage pourrait partir. Heureusement, il (Wes) survit…

 

— Oui, dans la série, tout peut arriver à n’importe quel moment, alors c’est très excitant à regarder. Personne n’est à l’abri du tout.

Alfred Enoch : Je suis content que ce ne soit pas simplement le sentiment d’un acteur paranoïaque à l’idée de perdre son travail…

De toute évidence, vous ne jouez pas dans Game Of Thrones ! (rires)

Alfred Enoch : C’est vrai. Je pense, dans un sens, qu’on touche à quelque chose qui est importante dans n’importe quelle histoire, c’est que vous ne voulez pas que les choses soient de trop, n’aient pas de sens, ne soient pas pertinentes. Vous savez, si une personne meurt, il faut que ce soit un évènement. Je veux dire, que ce personnage vous manque, que vous soyez content de sa mort, vous voulez une sorte de relation. Alors je pense qu’il y a un peu de ça, dans Game Of Thrones.

 

— Quelle est l’implication de Shonda Rhimes dans la série ?

Alfred Enoch : Elle a créé une très bonne ambiance. Vous savez, elle a engendré un environnement de travail convivial où, vous savez, les gens se sentent à l’aise. Nous avions eu un dîner avec Shonda et l’équipe créative et tous les scénaristes, les acteurs, les scénaristes, Shonda et quelques producteurs quand nous sommes arrivés à L.A avant de commencer la saison. Et c’est une chose agréable à faire.

 

Vous pouvez lire la version originale (anglaise). Et mon avis sur le pilote.

Retrouvez les articles de l'édition 2015 et les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre