Sériecalement Vôtre

dimanche 19 octobre 2014

CANALPLAY, PRESENTATION SERIE DIGITALE "H+"

Le 7 octobre, Canalplay organisait une présentation de son catalogue de séries digitales et la projection de l’une d’entre elles, H+, en présence de ses créateurs, John Cabrera et Cosimo de Tommaso. L’évènement s’est déroulé au Kitchen Studio à Boulogne Billancourt.

Canalplay s’est lancée dans les séries digitales dans une volonté d’accompagner les auteurs et de partager avec le public des histoires différentes. Plusieurs genres sont présents dans le corner canalplay : SF, fantastique, action, humour (via le label Studio Bagel), horreur.

 

digital series

 

Quelques mots sur H+ :

- Synopsis : Un virus décime la population mondiale, connectée en permanence à internet grâce à un dispositif implanté dans le corps. Ceux qui ont échappé à ce virus luttent désormais pour leur survie.

- La genèse de la série remonte à 2006. L’idée d’un monde où les gens seraient déconnectés est venue à John Cabrera alors qu’il conduisait dans un parking à Los Angeles et que la radio de sa voiture s’est éteinte. Il a ensuite appelé Cosimo de Tommaso pour développer cette idée.

- C’est après avoir appris qu’une agence à L.A cherchait les réalisateurs de demain que les créateurs ont commencé à rencontrer les studios, parmi lesquels Warner Bros, qui a été intéressé et a amené le producteur Bryan Singer (X-Men, Dr House) sur le projet.

- L’histoire suit une dizaine de personnages à différentes périodes et se déroule sur plusieurs lieux à travers le monde. Les créateurs souhaitaient ne pas se limiter à un point de vue uniquement américain.

- Le spectateur peut regarder les épisodes dans l’ordre qu’il souhaite.

- John Cabrera et Cosimo ont écrit tous les épisodes. Ils sont au nombre de 48, d’une durée de 5 minutes chacun. La série est toujours en cours de production.

- Pour John Cabrera, la concurrence accrue a favorisé la qualité des contenus proposés.

 

Mon avis :

Bien que n’ayant pas tout suivi ; partagée entre discussions avec les autres invités, visionnage et collation ; je trouve que la série ne manque pas de qualités. Déjà par son thème : être connecté partout, tout le temps, qui caractérise bien notre société actuelle. Que devient-on lorsqu’on perd cette connexion ? Ajouté à cela l’intrigue autour du virus, le panel de personnages et de lieux, il y a vraiment beaucoup de possibilités. En plus, le spectateur peut constituer sa propre "playlist", ce qui, pour le visionnage d'une série, est vraiment original. Ensuite, par la qualité de l’image : H+ est bien faite et égale une série qui passerait à la TV. Elle est juste plus courte. C’est une expérience à tenter.

 

Sériecalement vôtre,

VK


samedi 11 octobre 2014

HOW TO GET AWAY WITH MURDER (PILOTE 2014)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : La série suit un groupe d’étudiants en droit et leur professeur, qui se retrouveront impliqués dans une affaire criminelle.

 

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Après Grey’s Anatomy, Private Practice et Scandal, Shonda Rhimes récidive avec How To Get Away With Murder. Assurément, c’était un pilote qui allait à coup sûr attirer l’attention et accroître les attentes. Et franchement, je ne suis pas déçue. Ce premier épisode est réussi. Il contient tous les ingrédients pour faire de HTGAWM le nouveau succès de Shonda Rhimes (si tout se passe bien par la suite). Elle n’est pas devenue la femme la plus puissante du petit écran pour rien.

 

On retrouve les thèmes habituels des séries signées Rhimes : liaisons dangereuses, secrets, concurrence entre étudiants ambitieux... Côté personnages, bien que les principaux sont la professeur et le groupe de cinq étudiants ayant obtenu le graal de faire un stage avec elle, deux se démarquent du lot. Evidemment, le premier est la professeur Keating, dynamique, assurée, au verbe aussi virevoltant que dans Scandal, autoritaire et avec des failles (à découvrir). Elle s’impose à l’écran, mais le gap entre elle et les autres personnages n’est pas abyssal, ce que j’apprécie. On ne ressent pas trop le fait qu’il y ait un héros qui écrase tous les autres qui finissent par n’être que de simples faire valoir, protagonistes de décor subissant les évènements, n’ayant pas d’objectifs et de conflits captivants.

Le deuxième est le jeune Wes, sympathique, à l’air naïf, et surtout témoin d’évènements perturbants. Les nostalgiques des films Harry Potter reconnaîtront en lui Dean Thomas. Pour ma part, quand je l’ai vu, sa tête me disait quelqu’un, je ne savais pas qui mais j’étais sûre de l’avoir déjà vu quelque part. Et puis merci imdb grâce auquel j’ai percuté que l’acteur avait joué dans Harry Potter. Les deux autres jeunes hommes qui font partie des stagiaires de Keating apparaissent plus calculateurs et prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Les connaisseurs identifieront l’un d’entre eux comme étant le gardien John Bennett d’Orange Is The New Black (OITNB), qui ici, incarne un personnage imbu de lui-même.

 

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Un fil rouge vient pimenter l’histoire et sert à maintenir en haleine le téléspectateur pour qu’il revienne semaine après semaine. Un fil rouge sur fond de meurtre que le petit groupe d’étudiants, sauf l’ancien John Bennett, essaie de dissimuler au mieux. Des flashforwards sur leurs actions et leur peur viennent instiller le suspens. Comment et pourquoi le mari de Keating a été tué ? L’a-t-il été par les étudiants volontairement ou était-ce une confrontation qui a mal tourné, en d’autres termes, un accident ? Vont-ils tenir leur pacte ?

Je verrai bien le mari avoir eu une liaison avec l’associée de Keating (parce qu’à un moment, la fille le regarde bizarrement) et être plus ou moins lié à la disparition de l’étudiante dans le pilote (car c’était son professeur, il me semble, en tout cas, il la connaissait). Au vu de la réaction de Michaela, je penche moins pour un meurtre prémédité. Et je verrai bien l’étudiant absent des flashs (l’acteur de OITNB), cafter au sujet de ce secret ou faire du chantage au groupe après avoir fouiné pour découvrir ce qu’ils cachaient.

L’autre question intéressante est : Keating a-t-elle manigancé le meurtre de son mari en utilisant les étudiants (et ceux-ci se retrouvent dans la difficile situation de la couvrir) ? Car elle-même n’est pas totalement clean vis-à-vis de son époux. Au vu de ce dont elle est capable, j’émets de sérieux doutes sur son explication d’avoir succombé à la tentation à cause de la pression que son projet de fonder une famille a entraînée. Est-elle à l’origine d’un stratagème reposant sur ses trois règles ? Discréditer les témoins, proposer un autre coupable et enterrer les preuves. Sa liaison avec le flic est-elle un moyen d’avoir un pied dans la police et donc, la future enquête sur la disparition et meurtre de son mari ? Avec toutes ces questions, How To Get Away With Murder a de quoi devenir addictive.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK Serie

samedi 4 octobre 2014

GOTHAM (PILOTE 2014)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : Nouveau venu dans la police de Gotham, James Gordon doit enquêter, avec son coéquipier Harvey Bullock, sur le meurtre des parents de Bruce Wayne, le futur Batman.

 

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Je ne suis pas une adepte des comics et de l’univers de Batman. De ce dernier, je ne connais que les 1er et 3ème films avec Christian Bale, et le nom de quelques personnages. Je ne fais donc pas vraiment partie de la cible visée par la série, ni n’attendais avec impatience et grandes attentes cette série. En outre, un prequel, encore un ! Pourtant, ayant été séduite par les films mentionnés plus haut, le pilote de Gotham a suscité ma curiosité. Peut-être parce que ce n’était, d’après le synopsis, pas un prequel centré sur Batman, mais sur un autre personnage, James Gordon. Alors je me suis dite : « why not ? ».

 

J’ai regardé le pilote et voici ce que j’en ai pensé : l’épisode est bon ; le cast colle aux personnages ; le travail sur l’aspect visuel fait ressortir l’obscurité qui englobe Gotham et cette atmosphère de corruption, violence et guerres entre organisations criminelles.

Les acteurs choisis se fondent efficacement dans les personnages. Benjamin McKenzie en James Gordon droit, discret mais qui n’en pense pas moins ; contrairement à son collègue Harvey Bullock joué par Donal Logue, flic plutôt grande gueule, désinvolte, acceptant sans crise de conscience de jouer le jeu avec les chefs criminels. Mention spéciale à Robin Lord Taylor qui interprète le Pingouin, totalement fou, sociopathe et manipulateur.

L’histoire du pilote, sans être d’une originalité folle, se suit sans irritation et remplit son rôle de pose des fondations. Il introduit les différents protagonistes principaux (et par la même occasion, les futurs vilains), aussi bien ceux qui viennent de l’univers Batman que ceux créés pour la série. Au vu du contenu, je soupçonne la série de se diriger vers le schéma suivant : une enquête de la semaine (typique du procedural) avec, en fond, un développement pas à pas de la mythologie : la relation James/Bruce, le cheminement des méchants du stade de personne « normale » à criminel notoire de Gotham city.

 

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J’aurai juste une remarque à faire, sur le meurtre des parents de Bruce, dont je trouve les circonstances totalement loufoques, scénaristiquement parlant. En effet :

1/ Les Wayne sont une famille très fortunée

2/ qui se baladent sur leur 31 avec, pour madame, des bijoux de grande valeur,

3/ seuls,

4/ en pleine nuit,

5/ dans une ruelle sombre, vide et qui a l’air plutôt mal famée,

alors qu’ils auraient très bien pu prendre un taxi ou appeler leur majordome pour venir les chercher. Ou bien même si c’était pour faire genre qu’ils ne refusent pas de se mêler aux personnes moins fortunées qu’eux : prendre les transports en commun comme les gens normaux le font. Et bien là, rien du tout, ils choisissent le chemin le plus risqué, normal, quoi… C’est un peu comme la jeune femme dans des films/séries qui va faire son jogging en solo sans prévenir personne dans les bois la nuit, puis qui se fait kidnapper par un pervers qui rôdait dans le coin, trucider et dont on retrouve le corps dans les fougères… Evidemment, sans ce meurtre, Batman n’existerait pas. Voilà juste mon petit commentaire sur ce détail qui me fait sourire, mais que j'ai accepté.

 

Au niveau de la mythologie, il y a beaucoup à faire et l’évolution des personnages autres que Bruce Wayne lui-même sera alléchante à suivre. Car Gotham ne semble pas être centrée sur Bruce Wayne, mais sur ce qui l’entoure et qui sera directement et indirectement lié à lui des années plus tard. Bien sûr, on le reverra, mais on verra d’abord l'inspecteur Gordon. Un flic intègre qui se retrouve au milieu d’une ville pourrie. On aura peut-être droit au thème classique du policier honnête qui essaie de lutter contre sa hiérarchie corrompue. Sauf qu’à l’inverse d’autres fictions où le bon flic gagne, il serait plus cohérent ici, par rapport à la noirceur qui se dégage de Gotham, que Gordon ne puisse rien changer. Il finirait par s’avouer vaincu  pour cet objectif : quand on est seul, on ne peut pas déplacer des montagnes. Néanmoins, il rebondirait en choisissant de rester dans la police pour rendre justice aux victimes du mieux qu’il peut, au milieu de ces autorités compromises.

 

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Je ne sais pas ce que les habitués de Batman ont ressenti devant ce pilote, en tout cas, la non initiée que je suis a apprécié. Peut-être que Gotham n’apporterait rien de surprenant aux fans de Batman étant donné qu’ils connaissent déjà bien l’univers et que l’avant-Batman a sûrement dû être traité sur d’autres formats. Il attirerait plus l’attention de ceux qui ne maîtrisent pas le sujet et qui profiteront de la série pour s’y familiariser. Quoi qu’il puisse étonner les afficionados par des développements qui s’éloignent un peu mais sans contredire l’univers Batman, en s’appuyant sur les personnages inventés. Connaisseurs de Batman, partagez vos impressions ;-).

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK Serie

jeudi 11 septembre 2014

PERSON OF INTEREST, SAISON 3

Diff US, AVEC SPOILERS

Quel chemin parcouru depuis la saison 1 ! La série a su habilement explorer la mythologie relative à la Machine, Decima et le passé des personnages sans tirer un trait sur les épisodes « POI de la semaine ». Sur ce dernier point : oui, il y a eu de temps en temps des moments moins palpitants que les autres de la saison 3 et des précédentes, cependant, j’ai envie de garder à l’esprit qu’avec une vingtaine d’épisodes à faire par année, il n’est pas facile de toujours être parfait. Alors soyons indulgents et réalistes, d’autant plus que ces épisodes « moins » sont contrebalancés par les autres « plus », la mythologie et la tournure qu’a prise POI.

 

Au cours des saisons, les intrigues hors POI du jour se sont nettement enrichies tout en gardant une cohérence remarquable entre les dizaines et dizaines d’évènements et de personnages. La série a mué au fil du temps. D’une saison 1 davantage centrée sur les cas POI avec des étincelles de mythologie, la série est passée à une saison 2 où cette mythologie a pris de l’importance, avant de s’imposer encore plus dans la saison 3 et d’amener les héros dans une autre direction pour la saison 4. De sauveteurs œuvrant dans l’ombre dans une relative tranquillité, les héros de Person Of Interest sont désormais eux-mêmes traqués par Decima. On a clôt le chapitre HR assez tragiquement pour se consacrer à d’autres menaces : Decima et Vigilance.

 

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Je dois avouer qu’au départ, je trouvais l’intrigue Vigilance ennuyeuse. On avait toujours le même refrain : un groupe radical de la protection de la vie privée qui ne fait que débarquer, tirer dans le tas et s’évanouir dans la nature, à un moment, ça a fini par devenir redondant et franchement pas captivant. J’attendais un peu plus d’insight sur ce groupe. Attente très bien servie lors des flashbacks sur Collier, à la fois touchants et révélateurs des dérives de la surveillance, de l’obsession de la protection des intérêts nationaux, de l’interprétation des données. Sans adhérer aux méthodes, on avait de la compréhension pour les motivations de cet homme et le groupe. L’épisode d’introduction de Vigilance, celui où le POI dirige une société de collecte et revente de données privées était intelligent et inquiétant. En effet, on voyait les abus de ce système (surtout quand des gens peu scrupuleux le contrôlent) et on ne pouvait s’empêcher de penser à ce qui se fait aujourd’hui (publicités ciblées, vente de données…).

Décima, quant à elle, s’est érigée comme le nouveau méchant de l’histoire. Une fois de plus, on retrouve les thèmes sur les ratés de la surveillance, le pouvoir que confère un tel système à celui qui en est à sa tête. L’organisation a désormais Finch, Reese, Shaw et Root dans le collimateur, et s’est débarrassée de Vigilance, ce qui est un peu dommage car après les flashbacks sur Collier, j’avais envie de revoir ce mouvement qui aurait pu devenir un allié ambigu de Finch & Co. Il ne reste plus qu’à découvrir ce qui va advenir dans la quatrième saison.

C’était une excellente idée de relancer la dynamique avec l’introduction de Samaritan, la Machine n°2. On a désormais deux systèmes utilisés par deux camps aux motivations opposées.

 

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Maintenant, quid des épisodes en eux-mêmes ? Certains m’ont particulièrement marquée (liste dans le désordre) :

Je répète : ATTENTION SPOILERS

1/ L’épisode 2, avec le directeur de l’entreprise collectant les données personnelles :

Comme écrit plus haut, cet épisode a adressé avec justesse et réalisme des problématiques relatives à certains usages d’aujourd’hui. Si on peut taxer les défenseurs de la protection de la vie privée de gens qui ont peur de l’évolution, ont forcément quelque chose à cacher, cet épisode montre qu’il y aura tôt ou tard un couac aux lourdes conséquences si on fait n’importe quoi. D’ailleurs, quand on pense au nombre de sites (officiels : banques, entreprises…) et organismes à qui on a communiqué des données privées, on peut aussi s’interroger sur le problème des usurpations d’identité… Les grandes interrogations est : que collecter ? comment utiliser et sécuriser ce qui a été collecté ?

2/ Les épisodes 9 et 10 :

Vous pouvez lire les review que j’ai faites : épisode 9, épisode 10. En quelques mots : tristes, choquants, et magnifique jeu de Jim Caviezel (il lui faudrait un Emmy rien que pour son jeu facial).

 

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3/ L’épisode 16 :

On découvre qu’il y a eu un John Reese n°1 ! Quel cachotier, ce Finch. Un John Reese n°1 qui a conduit Harold sur la route du John Reese n°2 et toujours en service à ce jour. Sauf que le premier, Dillinger, était différent du second. Devant les secrets de Finch, Dillinger a préféré déguerpir en se servant au passage. Attitude qu’on peut nous-mêmes comprendre, vu le caractère opaque de Finch. L’aventure a, pour le second, réveillé une parcelle d’humanité et de justice. John Reese n’a plus été qu’un simple tueur : son geste (laisser fuir Daniel Casey) a fait tilt dans l’esprit de Finch. Plus tard, Reese, le tueur brisé, trouvera une véritable seconde chance auprès de Finch. En outre, John était plus disposé à travailler avec un associé très secret.

A noter que j’apprécie particulièrement le personnage de Kara Stanton, revue dans les flashbacks. Je la préfère même à Shaw. Stanton est la version féminine de Reese, en plus endurcie dans l’exécution des ordres sans broncher d’un poil. Je lui trouve un quelque chose qui me fait avoir plus d’affinité pour ce personnage que pour certains autres féminins. Dommage qu’elle soit décédée car j’avais bien aimé le fil rouge qui lui avait été concocté. Pour revenir à l’épisode : un bon mélange d’humour, de rencontres mouvementées et de théories du complot.

 

4/ L’épisode 5 :

Une histoire très sympathique entre Shaw et la jeune POI. On découvrait, en même temps que Shaw elle-même, une nouvelle facette de ce personnage dont on ignorait l’existence. Shaw était challengée par ce POI. Shaw s’est démenée avec une ferveur et une fibre maternelle (pour Shaw, on va dire ce qui se rapproche de ce qu'on appelle fibre maternelle)  inhabituelles : ce n’était pas qu’une simple POI à sauver en déployant toutes ses compétences.

5/ L’épisode 21 :

Beaucoup d’émotion et de tristesse dans cet épisode où Finch se sacrifie pour Grace et où les deux se croisent sur le pont sans que Grace puisse comprendre qu’elle vient de « revoir » l’homme qu’elle aime. Cette fois-ci, par sa requête à Reese et Shaw, Finch est prêt à franchir par amour un cap qu’il a toujours refusé de faire : attaquer physiquement une personne.

 

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6/ Les épisodes 22 + 23 :

L’étau se resserre sur Finch, Reese, Shaw et Root, et également sur les dirigeants du projet de la Machine. Quant à Collier, au cours de son parcours, il s’est extrémisé. Dommage que Vigilance ait été anéantie dans la fin de la saison 3. A mettre sur le compte de la nécessité de faire un peu le ménage pour insuffler une nouvelle dynamique et développer tout son potentiel dans la saison 4. Cependant, je ne serai pas contre un retour ponctuel de Vigilance : en flashbacks par exemple, ou plus tard. Peut-être que cette page Vigilance n’est pas totalement tournée ? Les flashbacks sur Collier et la raison pour laquelle il a rejoint ce groupe étaient très intéressants et donnaient de la profondeur au personnage et au mouvement.

Samaritan semble nettement plus dangereux que la création de Finch, davantage à cause de la personne qui contrôle ce nouveau système, à savoir Greer. Comme Dillinger et Stanton peuvent constituer à bien des égards un parallèle/antagonisme avec John, Greer est le reflet maléfique de Finch. Pour la première comparaison : à l’inverse de John, Kara n’a jamais flanché par compassion quand il s’agissait d’exécuter un ordre et a choisi la vengeance quand le gouvernement l’a trahi. Reese a fait preuve d’humanité et a choisi la rédemption, l’aide aux personnes en danger. Il a choisi d’avancer sans oublier l’homme qu’il a été. On peut parler aussi de reconversion professionnelle puisque Reese réutilise ses compétences non plus pour tuer mais éviter les drames.  A l’inverse de John, le premier homme en costume préférait ses intérêts personnels. Greer, quant à lui, est l’homme puissant, distingué, cultivé comme Harold, mais voit en la technologie une arme de pouvoir. Harold est conscient de ce point et a choisi d’agir pour éviter que cette technologie ne soit utilisée à des fins destructrices. Greer est lui aussi mystérieux : d’où vient-il ? quel est son parcours ? 

 

7/ L’épisode 11 :

On s’aperçoit qu’Harold Finch, avant d’être Harod Finch, a été un adolescent comme les autres ! On aurait pu s’attendre au portrait traditionnel du jeune garçon maigrichon, les cheveux gominés, énormes lunettes hideuses, dans son monde et souffre-douleur de ses camarades. Et bien non, surprise ! Harold avait des potes, faisaient les 400 coups, n’était pas du tout renfermé. Sa relation avec son père et ce qui lui arrive sont très touchants. D’une certaine façon, Harold était déjà seul dès sa plus tendre enfance, avec un père atteint d’Alzheimer. Vraiment bien joué de la part des scénaristes de nous avoir pris à contrepied.

 

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Après les épisodes, quelques remarques sur les personnages :

Je m’attarderai sur deux protagonistes en particulier : Lionel Fusco et Root.

Le développement des intrigues autour de la Machine a un inconvénient majeur : elle censure le rôle de Lionel Fusco, maintenant cantonné aux apparitions ponctuelles pour donner un coup de pouce à Reese. Ces apparitions sont toujours les bienvenues, cependant, j’ai plus l’impression que Fusco a été rétrogradé au rôle de guest qui apporte la touche comique du jour. On avait déjà le même problème avec Carter (quand elle n’avait pas ses propres combats à mener) et si elle n’avait pas été éliminée en même temps que HR, je me demande comment son évolution aurait pu s’intégrer au reste des intrigues. Bien que triste, son départ était cohérent, au vu de la place de Fusco aujourd’hui. C’est un personnage désormais très secondaire, en ce sens qu’il n’est pas personnellement impacté par la Machine comme le sont les autres personnages. Il n’a pas été trahi par le gouvernement lui-même à l’origine du projet de la Machine. Il n’est pas un fanatique de la technologie. Il a juste un lien indirect (à travers les autres protagonistes). Ce lien peut tout à fait rester indirect, mais comme je me suis habituée à ce personnage, pourquoi ne pas l’inclure plus souvent en tant que support important ? Par exemple, pour aider Finch et le reste de la bande dans leur fuite face à Decima. Ou alors l’impliquer un peu plus dans la mythologie.

Au contraire de Lionel, Root a fait son chemin dans la série et est devenue une alliée de Finch. Ce personnage reste néanmoins ambigu : son parcours n’est pas forcément clair. Dit autrement : j’ai du mal à la cerner, mais je suis sûre d’au moins une chose : elle veut protéger la création de Finch. Sinon, j’ai un peu de mal à adhérer au fait que la Machine lui parle, mais bon, passons… Autre point à considérer : les scénaristes ont-ils prévu quelque chose de plus ambitieux pour Root et son groupe ? Si oui, comment cela va-t-il impacter le reste des héros ? Ce groupe va-t-il épauler Finch, Reese et Shaw dans leurs missions POI dans un avenir proche ? Ou va-t-il se dévouer au combat contre le gouvernement ?

 

En trois années, Person Of Interest a réussi à entraîner le spectateur dans un univers complexe et passionnant, et à ouvrir de nouvelles portes pour la saison 4, qu’il nous tarde de savourer. Si vous ne connaissez pas encore, il n'est pas trop tard : TF1 rediffuse en ce moment la série le dimanche après-midi.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

samedi 23 août 2014

THE KILLING, SAISON 3

(Danemark)

 

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Promesse faite à moi-même : la prochaine fois qu’Arte (ou toute autre chaîne française) diffusera une série nordique, je la regarderai dès la première saison. A l’instar de Borgen, j’ai plongé dans et adhéré à The Killing lors de sa troisième et dernière (pas de chance) saison. En réalité, rater les deux premières ne s’est pas avéré si handicapant, on comprenait sans trop de difficulté les enjeux/le contexte de la série. Il est vrai cependant que c’est une partie de l’expérience que j’ai manquée.

 

The Killing, plus exactement des épisodes que j’ai vus, est passionnante. Elle a ce charme, ce quelque chose qui fait qu’on est subjugué, qu’on a envie de connaître la suite à la fin de chaque volet de l’intrigue (j'ai eu le même sentiment avec la suédoise Real Humans). Le spectateur est baladé sans ennui d’une piste à l’autre tout au long de l’histoire. Une intrigue maîtrisée, qui alterne entre points de vue de divers protagonistes d’horizons différents : policiers, politiciens, cadres exécutifs ; mais finalement ceux-ci sont reliés les uns aux autres. Aussi bien par l’enquête que des intérêts communs. Une intrigue où chaque cliffhanger ne passe pas pour un subterfuge parachuté là dans le seul but d’ajouter un nouvel épisode, mais donne une autre tournure à l’enquête. Et un cliffhanger parfaitement accompagné d’une bande son rock.

Je n’aurai qu’un seul point de discorde : l’aisance du meurtrier à mener la police par le bout du nez et à s’échapper alors qu’elle l’a déjà encerclé. Sérieusement, blessé sur le quai et avec Sarah et Borch à un mètre de lui, il réussit à s’évaporer sous leur nez ? Sarah et Borch, vous avez été nuls sur ce coup.

 

Ce qui frappe dans The Killing, c’est sa noirceur et la vision pessimiste du pouvoir qu’elle brosse. Les puissants s’en sortent toujours et aussi bien qu’eux que d’autres préfèrent s’écraser quand il s’agit de protéger une situation confortable.

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Kristian Kamper est sincèrement affecté par l’affaire et le silence dupouvoir judiciaire qui a entouré certains éléments. Toutefois, quand la vérité éclate, il choisit finalement de ne rien dire et fêter sa victoire aux élections à cause du lien entre le financement de son ancienne campagne et l’une des entreprises les plus puissantes du Danemark. Même au détriment de la vérité sur le « suicide » de son fils. Seule son aide de camp semble vouloir réagir. De même, Robert Zeuthen, le patron de cette entreprise, cède aux remarques d’un des membres du top management. On sent qu’il n’y aura aucune suite à ce scandale. Pour Zeuthen, on comprend qu’il préfère d’abord s’occuper de sa famille après l’épreuve qu’elle vient de vivre. Les services spéciaux, le frère de Kamper et le ministre de Kamper ont eux aussi préféré le silence, en se cachant derrière l’excuse de la protection d’intérêts supérieurs. C’est d’ailleurs cette absence d’action qui a conforté un sadique dans ses abus meurtriers sur des mineurs qu’il était censé aider…

 

Les seuls à tenter d’inverser cette tendance sont le tueur (hé, mais ce n’est pas le père des hubots de Real Humans ?) et Sarah Lund. Malheureusement de façon radicale, mais quand on regarde le tableau dressé dans The Killing, on se demande s’il y avait vraiment une autre solution… La fin de la série est choquante. Non seulement elle est choquante par la scène où Lund exécute l’assistant de Zeuthen, mais aussi par les autres scènes où on comprend que le changement ne passera pas par les autres personnages. Franchement, je ne m’attendais pas du tout à l’acte de Lund, surtout qu’elle venait d’être grand-mère ! Quel contrecoup et frustration ! Sentiments exacerbés par l’absence d’une suite… Sarah Lund est un protagoniste maudit, solitaire, qui semble ne pouvoir jamais trouver la quiétude.  (sinon, j’adore son pull bleu^^ ! vraiment, c'est impeccable pour l'hiver)

 

The Killing aborde, de façon très intéressante et captivante la politique, la corruption, les liens économie-politique, sur fond de kidnapping et meurtres dont le déroulement est excellent. Le portrait qui en est dressé est aussi réaliste : il est difficile de penser que tout est soit blanc, soit noir. Peut-on quand même garder espoir ?

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK



vendredi 11 juillet 2014

REAL HUMANS, SAISON 2

 

Je ne vais pas mentir : quand bien même cette série est fascinante, originale, de très bonne qualité visuelle, j’ai préféré la saison 1 à la saison 2. Je ressors de cette dernière avec un étrange sentiment. Effet de lassitude ? Je ne pense pas car on en est qu’à la saison 2. Enthousiasme évaporé comme un ballon qui se dégonfle ? Non plus, car j’ai vraiment envie qu’il y ait une saison 3. Alors qu’est-ce qui m’est arrivée ? Je pencherai plutôt pour une sensation de surdose à certains moments au cours de cette saison. Le challenge avec cette série, et c’est d’ailleurs l’un des éléments qui fait son charme, est la vaste étendue des thèmes que l’on peut aborder. C’est à la fois une opportunité et une menace.

 

J’ai eu la sensation que l’on parlait de beaucoup de choses dans cette saison 2 alors que l’on s’en tenait à moins d’arcs narratifs dans la première où, finalement, il y avait plusieurs lignes mais elles convergeaient vers un même point : le code. Avant d’atteindre ce point, elles poursuivaient leur propre trajectoire sans qu’il y ait trop de déviations. La recherche du code est toujours d’actualité dans la saison 2, mais il s’accompagne d’un foisonnement de situations qui m’a déstabilisée par instants. Ceci est une impression, je n’ai pas cherché à la confirmer ou l’infirmer avec des preuves concrètes. Je peux avoir tort. C’est juste que c’est ce que j’ai ressenti à la fin du dernier épisode et que je ressens encore aujourd’hui, donc je me dis que ça doit bien vouloir signifier quelque chose…

 

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Je ne remets pas en cause les questions de société soulevées par Real Humans, intelligentes. Les hubots sont une source incroyable pour poser de telles interrogations. On est allé plus loin dans cette seconde salve d’épisodes. On a mis en parallèle le désir de certains hommes à accéder à une sorte d’immortalité, à ressembler aux hubots et le désir de certains hubots à vivre comme des êtres humains. Florentine en est le parfait exemple. Figure de la peste dans la saison 1, elle n’en est devenue que plus attachante dans la 2 par son humanité, son souhait si simple de vivre heureuse avec une famille. Hélas, être un humain fait aussi mal. On s’en prend plein la tronche au moment où tout va pour le mieux, à cause d’une injustice, à cause aussi de l’hypocrisie d’autres humains, à cause d’un enchainement de circonstances dont on perd la logique.

De l’autre côté, des humains essaient de prolonger leur passage sur terre via une machine, comme Lennart et Jonas. Etre immortel est-il aussi bien que cela ? Peut-on vraiment retrouver toutes les facettes d’une personne dans une machine, aussi sophistiquée soit-elle ? N’est-ce pas une forme d’individualisme, de mégalomanie que penser que « moi » je peux transcender le temps et l’espace ? Et psychologiquement, quelles conséquences peuvent avoir ce procédé sur nos proches, toujours en vie ? Personnellement, j’aurais un peu du mal à converser avec le clone robotique d’un proche défunt, c’en serait même malsain : on pourrait se couper du monde, vivre dans une bulle et oublier que par essence, on vit et on meurt, c’est tout à fait dans l’ordre des choses.

 

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La saison 2 pose également la question de la responsabilité de l’homme dans ses créations et la perte de l’humanité, du lien qui unit les êtres humains. Le groupe des jeunes Real Humans illustre parfaitement ce point. Au-delà de la présentation qui peut être caricaturale du groupe réactionnaire, radicale qui en est fait (les chemises colorées, les bretelles et les expéditions punitives), ce groupe de jeunes défend des idées pleine de sens. Les hommes ont créé les hubots à leur image (une autre preuve de mégalomanie ?) : c’est extraordinaire, ces robots vont pouvoir faire beaucoup de choses à la place des hommes. Cependant : quid de l’après ? Comment gérer cette cohabitation hubots/hommes ? Cohabitation qui va forcément faire naître des tensions, la haine des hommes face à ces machines qu’ils ont créé eux-mêmes. Les notions d’amour, d’amitié, de partage, d’entraide, d’altruisme tombent sous la menace et peuvent se perdre à la faveur de la technologie et de la recherche de la performance. On conçoit des hubots pour se délester des tâches ingrates (le ménage), faciliter et accélérer la production (dans les usines), mais ne finit-on pas par ne plus se soucier des hommes, par tuer la capacité des hommes à se surpasser/se construire dans l’effort ? Les hubots les remplacent dans les usines et également dans les bureaux. Comme Mimi dans le cabinet de Claes : elle accomplit des tâches que des heures de brainstorming entre collègues auraient nécessité. Alors oui, c’est génial, le problème est rapidement réglé, mais on prive ces collègues de ce labeur commun et d’une satisfaction intellectuelle (et personnelle) d’être venus ensemble à bout d’une difficulté. Il y a aussi la jalousie face à cette menace d’hubot performant qui devient un substitut de l’employé moins rapide, moins performant et plus cher !

Cette disparition du liant se voit dans l’histoire de la mère de David Eisher et son hubot aide à domicile, le compère de Bea et Roger de la saison 1 l’ayant déjà souligné. On finit par confier des personnes, des êtres chers à des robots : on ne s’en occupe plus, ils deviennent des charges auxquelles il faut trouver une solution. Je ne nie pas qu’il est difficile de s’occuper de parents âgés quand on doit soi-même nourrir ses propres enfants. Je m’intéresse à la désolidarisation qui en résulte. En poussant jusqu’à l’extrême, l’homme devient lui-même qu’une simple pièce qu’on peut remplacer par un robot et il ne serait pas étonnant que cette avancée technologique provoque un conflit.

Aussi, quid du recyclage des éléments des machines cassées ? En creusant plus loin, on arrive à la question de l’environnement.
Le progrès a du bon, c’est vrai, toutefois, il faut faire preuve de prudence.

 

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A côté de tous ces sujets riches, il y a eu quelques longueurs et raccourcis (à l’origine de mon ressenti sur cette saison) :  la rébellion de Rick qui s’éternisait ; l’histoire de Mimi et son modèle humain coréen qui sortait de nulle part, histoire de jouer un petit rôle dans le procès de Florentine (j’aurais préféré qu’on prouve son humanité avec d’autres faits) ; le retour inattendu et inutile du type des services secrets que j’avais définitivement enterré depuis longtemps. Entre tout cela et les différentes histoires : le grand-père, Florentine et Douglas ; Mimi juriste ; les hubies ; le hub battle land ; Bea ; Jonas, son projet fou et sa mère ; les jeunes du Real Humans club ; le virus ; il y en avait peut-être un tout petit peu trop pour moi. Peut-être que la saison 1 avait un côté plus thriller et jetait les bases de la série, par conséquent, on devait se contenir dans le nombre de développements. Une fois l’univers installé, la saison 2 permettait de se lâcher, d’où un tourbillon d’évènements, dont plus de violence de la part des hubots en révolte (le passage de Gordon d’ange à extrémiste, quel choc !) et des humains (les jeunes Real Humans). Il faudrait canaliser tout cela dans la saison 3 : se focaliser davantage sur Bea et son groupe de robots libérés qui ne va sûrement pas plaire à Conny et la résolution de ce problème de virus (que je pensais voir avancé dès la saison 2, mais bon…). En tout cas, je ne peux pas enlever à cette seconde saison le fait qu’elle bougeait.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

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jeudi 19 juin 2014

GLEE, SAISON 4

 

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La saison 3 s’était terminée sur la remise de diplôme de fin d’études pour une majeure partie du glee club. La saison 4 avait donc le défi suivant : comment suivre plusieurs personnages principaux dans leur vie post lycée et en même temps, attacher le public à de nouveaux membres du glee club et aux anciens encore au lycée ? Sans encore entrer dans les détails, j’ai été satisfaite par la saison 4 sur ce sujet-là. J’ai trouvé qu’il y avait eu un bon équilibre entre les différentes catégories de protagonistes. Certains anciens ont été moins présents à l’écran, d’autres un peu plus après avoir été relayés au rang de rôles tertiaires pendant les trois premières années. Les scénaristes ne pouvaient pas tout gérer en même temps, il a fallu faire des choix et les assumer. Sur cela, ça ne m’a pas choquée, bien que je comprenne que les fans de Quinn ont pu/du être outrés…

 

Maintenant, passons en revue les troupes (celles qui m’ont marquée).

Les anciens du glee club :

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Rachel : Je n’ai jamais été une super fan de ce personnage. Son « je t’aime, moi non plus » avec Finn m’avait lassée à un certain moment. Son attitude égoïste m’avait agacée à plusieurs reprises, de même que son monopole des solos et chansons, alors que Glee compte de nombreuses belles voix. Mais ça, c’était la Rachel d’avant New York. Dans la saison 4, il n’y en n’avait pas uniquement que pour Rachel, ce que j’ai apprécié, et il y avait aussi un gain en maturité, ce qui était intéressant. On sentait beaucoup moins le côté égocentrique de Rachel. Ce qui ne veut pas dire qu’elle a perdu son ambition et ses petites manies de star, mais c’était moins puéril, violent et redondant qu’au lycée. Rachel s’est confrontée à la dureté (bienfaisante) de sa prof de danse, à l’environnement différent de New York. Elle a failli faire une connerie (jouer une scène en nu intégral) mais s’est ravisée grâce à Quinn, Santana et Kurt, est redescendue de son nuage lors du duel avec Kurt (justice !). Elle s’est accrochée à son rêve malgré les difficultés, et surtout, a changé sa garde robe !! Elle est devenue plus adulte.
J’aime son amitié avec Kurt, avec des hauts et des bas, mais en définitive, quoi qu’il arrive, ils se soutiennent. Ce que j’ai trouvé un peu loufoque par contre, c’est leur apparente facilité à trouver : 1/ un appartement à New York + 2/ un appartement très vaste + 3/ un appartement sachant qu’ils ne sont qu’étudiants, donc par définition, pas blindés de tune (même en admettant la caution des parents, quand même…) + 4/ un appartement en si peu de temps. En tout cas, on n’a pas l’impression qu’ils ont galéré.  Ca aurait été une piste à explorer, rien que pour le côté comique : imaginez les 2 en train de visiter avec un proprio pas très net un appart miteux et voir une souris faire un sprint en plein milieu du semblant de salon^^.

Du côté de McKinley, Blaine a succédé à Rachel. Plus flagrant dans la première moitié de la saison. Au bout d’un moment, j’en avais marre : on voyait Blaine par ci, Blaine par là, on entendait Blaine chanter presque toutes les chansons. Comme le « trop de Rachel tue Rachel », « trop de Blaine tue Blaine ». Je n’ai rien contre ce personnage ni contre la voix de Darren Criss (j’ai adoré ses reprises de Grease), c’est juste qu’à un moment, c’en était trop, on n’en profitait plus.

Tina : dans la saison 3, Rachel lui avait dit qu’elle aurait tout le loisir d’être sur le devant de la scène l’année d’après. Qu’en fut-il dans la saison 4 ? Raté. On a toujours une Tina dans l’ombre, j’entends au niveau des solos, même si elle a quelques coups d’éclat (Madonna et Gangnam Style). Au niveau des intrigues, il y a eu un effort par rapport aux trois précédentes saisons. J’ai apprécié celle autour de son crush pour Blaine. Inattendu et sympathique. De quoi de développer les amitiés entre membres du glee club qu’on n’avait pas forcément vus en interaction auparavant. J’ai rigolé en voyant son assistante. Dommage de ne pas avoir poussé ce délire plus loin : c’était l’occasion rêvée pour qu’un gagnant des nationales prenne la grosse tête pendant un certain temps.
L’évolution de Tina reste encore inégal. Elle flotte entre le « je veux être au premier plan » et « je prends des décisions qui au final, me desservent » (en gros, je me tire une balle dans le pied).  

 

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Sam + Brittany : je vais traiter ces deux personnages en même temps car ils sont clairement ceux dont j’ai le moins adhéré aux intrigues.
Commençons par Sam. Ok, il peut ne pas être très futé, être la version masculine de Brittany. Sauf qu’après les épreuves qu’il a traversées avec sa famille, j’aurais pensé qu’il serait devenu plus mûr, et même, le plus mature de tous les autres ados (on salue néanmoins ses éclairs de leadership). Dans la saison 4, il est juste le beau gosse qui fait rire les filles, qui se marie sur un coup de tête à cause d’une prédiction maya. Serait-ce un moyen de décompresser et d’oublier les difficultés qu’il a vécues ? Ceci me paraît bizarre et trop absurde pour que ce le soit… Qu’il soit drôle, oui, mais aussi loufoque que ça, je n’achète pas. Par contre, j'ai été sensible à sa détresse vis-à-vis de ses capacités (qu'il pensait uniquement corporelles).
Quant à Brittany, son évolution n’est absolument pas logique. Pendant quatre ans on nous la présente comme la parfaite idiote irrécupérable (n’oublions pas son zéro de moyenne l’an passé) et tout à coup, elle devient un génie et entre illico au MIT ?!??! Ce pseudo remake de Will Hunting est totalement incompréhensible, donc pour moi, zéro pointé pour Brittany, ça me dépasse.

Finn + Santana : deux jeunes au grand potentiel qui s’égarent. La vie réserve parfois de mauvaises surprises (et tristesse en voyant Cory Monteith dans cette saison sachant qu’il nous a quittés). Finn et Santana connaissent des échecs, empruntent des chemins qui s’avèrent ne pas leur correspondre, se remettent en question, s’avouent vaincus, mais finissent par se relever. Ce n’est pas facile de savoir ce que l’on veut vraiment faire à la sortie du lycée. Cela peut prendre quelques années (moi-même j’ai un peu erré). Les bifurcations qui n’aboutissent pas ne sont pas que des échecs, elles deviennent des expériences de vie qui nous façonnent. Bonne idée, qui plus est, très crédible, que de nous présenter des héros qui ne réussissent pas pour un temps. Tout le monde n’est pas comme Rachel, on ne brille pas toujours du premier coup (mais on le peut en s’acharnant comme Kurt) et parfois, ils faut du temps pour trouver sa propre voie.  

 

Les nouveaux membres du glee club :

 

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On notera des ressemblances entre quelques nouveaux et les anciens partis. Il y a eu comme une transposition des caractéristiques de Finn, Quinn et Noah sur Ryder, Kitty et Jake. Finn et Ryder : deux joueurs de football américain légèrement perdus et découverts un peu par hasard. Quinn et Kitty : deux pom pom girls pestes à souhait (quoique Kitty soit pire que Quinn et se rapproche plus de Santana sur ce point),  blondes et portées sur la religion (enfin, plus ou moins…). Noah et Jake : comme par hasard, deux frères qui ignoraient l’existence de l’autre et qui ont exactement la même appétence pour la gente féminine, même si Jake s’est assagi plus rapidement que son frangin (en tout cas, pour le moment). A noter que Jacob Artist a une très belle voix. Ces nouveaux personnages ne brillent pas par leur personnalité, contrairement à d’autres qui auraient été plus intéressants à développer. Je pense notamment à Unique, resté un peu en retrait. Comme on l’avait déjà vu en saison 3, ce retrait en saison 4 peut se justifier. C’est quand même dommage de s’être contenté de copies des champions des nationales. L’ajout de sang neuf aurait du s’accompagner d’une proposition différente.

Je remercie les scénaristes de Glee de ne pas avoir fait trop de vagues sur le triangle amoureux Jake-Marley-Ryder. Je ne doute pas qu’il y aura sûrement des rebondissements dans la saison 5, mais ce qui a été fait dans la 4 était suffisant.

Traiter des problèmes d’anorexie de Marley était intéressant au début, ensuite, ça a été complètement gâché. La fille s’évanouit en plein milieu de la prestation des communales, mais bizarrement, personne ne semble s’en inquiéter davantage. Un des chanteurs révèle au glee club que Marley a sauté les repas le jour même, mais personne ne demande à Marley la raison de cette action. Santana accuse Kitty, mais personne ne répond à Santana « pourquoi tu accuses Kitty ? c’est quoi, cette histoire d’anorexie ? ». Je me serai posée des questions. Même après les communales, aucune réaction d’inquiétude : personne ne se soucie de savoir comment Marley se porte, pas même Ryder qui a été le témoin oculaire de sa séance de dégobillage forcé, pas même Santana qui a chopé les substances que Kitty avait données à Marley. Or je m’attendais à ce que Santana soit la première à essayer de trouver le fin mot de cette embrouille. Elle peut se comporter comme la pire des pestes, d’un autre côté, ça cache son souci pour les autres. Je m’attendais à ce qu’on passe un sacré savon à Kitty. Rien de tout cela ne s’est produit. L’histoire s’est terminée en pétard mouillé pour qu’on passe vite à autre chose.

 

Et les adultes dans tout ça ?

Ce fut le syndrome One Tree Hill (Les frères Scott) où une fois le lycée terminé, les adultes ont été évincés (à part le maléfique Dan). Les professeurs officient toujours à McKinley, mais leur présence en devient presqu’anecdotique. Will absent pendant plusieurs épisodes, Emma qui s’enfuit le jour du mariage, un mariage capoté à cause d’un autre problème dont ont fait des tonnes alors qu’il n’est pas aussi dramatique que cela, Sue en baisse de régime d’attaques corrosives (et pourquoi n'a-t-on pas abordé son nouveau rôle de mère, elle qui est habituée aux coups bas et à une ambition arrogante ?), ça se regardait, sans plus. Heureusement que le coach Washington est revenu, même si elle n'est juste qu'une Sue bis.

On a essayé d’ajouter une touche tragique et d’aborder par cela le problème épineux des armes à feu chez l’Oncle Sam. L’intention était bonne, le résultat, mauvais. Peut-être parce que Glee est une série, à la base, légère et non un drama ? Cette histoire de coups de feu qui ne dure que 10 minutes pour qu’on découvre qu’en plus, il ne s’agit que d’un tir accidentel, c’était moyen. Encore une histoire qui aurait pu être forte mais s’est finalement dégonflée.

 

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Pour finir, j’ai l’impression que les reprises se multiplient dans Glee pour se multiplier, elles appuient de moins en moins les intrigues. On chante histoire de montrer que Glee est un show musical. Je préfère moins de chansons, cependant mieux réparties en fonction des développements.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

 

jeudi 12 juin 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "ECRIRE UNE SAISON 2, QUELS ENJEUX & RISQUES ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite)

Olivier Dujols + Clothilde Jamin, auteurs sur Falco (TF1)
Solen Roy-Pagenault, créatrice de Candice Renoir (France 2)
Marie Guilmineau, coauteure sur Les hommes de l’ombre (France 2)
Marie-Anne Le Pezennec, SACD
Vincent Poymiro + David Elkaïm, auteurs d’Ainsi soient-ils (Arte)

Table ronde animée par Marie-Anne Le Pezennec

 

Thèmes évoqués lors de la table ronde :

— L’écriture d’une saison 2 est motivée par la passion portée aux personnages et l’opportunité de développer des points sur eux qui n’avaient pas pu l’être en saison 1. Pour Marie Guilmineau qui n’a pas écrit la saison 1 des Hommes de l’ombre, officier sur la saison 2 était un défi, c’était la première fois qu’elle travaillait sur des personnages qu’elle n’avait pas imaginés. Elle n’a pas ressenti la pression de faire mieux ou la peur de faire moins bien que ses prédécesseurs, le challenge résidait dans l’offre d’une proposition différente.
— Après la saison 1, il y a une plus grande confiance entre le diffuseur et la production. Néanmoins, les audiences réalisées en saison 1 ont une certaine influence sur l’écriture de la 2. La nature du diffuseur (chaîne privée/publique) a également un impact sur la relation diffuseur/auteurs et l’écriture.
— Les éléments importants de la deuxième saison de Candice Renoir avaient déjà été réfléchis en amont, facilitant l’écriture de cette saison quand la chaîne l’a commandée. Ainsi soient-ils a été marquée par le changement des interlocuteurs d’Arte entre les saisons 1 et 2 : les auteurs ont du établir une nouvelle relation de travail avec leurs partenaires. 

— Marie Guilmineau préfère écrire directement des scénarios dialogués, sans passer par la case séquencier. Pour la saison 1 de Falco, les auteurs devaient livrer un séquencier. A partir de la 2, il y a eu une plus grande confiance de TF1 : les auteurs présentaient un pitch de quelques lignes et passaient aux scénarios dialogués, le process d’écriture était plus allégé.
— Les comédiens interviennent dans l’écriture, par le biais de retours, de propositions d’idées (c’est le cas de Sagamore Stévenin, alias Falco). Il y a un dialogue entre auteurs et comédiens : les auteurs surprennent les comédiens avec les textes, et les comédiens surprennent les auteurs avec leur interprétation.
— En général, les acteurs s’engagent sur une saison. Sur Les hommes de l’ombre, Carole Bouquet sera présente dans la seconde saison : une porte de sortie a été prévue pour son personnage à la fin de la saison, de même qu’une solution de retour sera possible si Carole Bouquet souhaite revenir dans la troisième saison.
— Olivier Dujols suit ce qui se dit sur twitter. Les scénaristes peuvent jauger les avis des fans, en tenir compte, mais l’intérêt réside aussi dans le fait de prendre les fans à contrepied et proposer des orientations inattendues.

— La méthodologie d’écriture et de production des séries en France pour proposer des saisons plus longues et diminuer le temps d’attente entre la diffusion d’une saison et de la suivante a engendré un vif débat.
Une révision du statut d’auteur s’est posée (les échanges ont du être redirigés car on s’éloignait du sujet actuel^^).
En France, le métier de scénariste est encore trop isolé : les scénaristes travaillent principalement chez eux et se réunissent de temps en temps en atelier d’écriture. Cependant, l’atelier serait plus rentable pour les séries avec au moins 12 épisodes par saison.
En outre, la France se caractérise par un long héritage du 90 minutes. Le 52 minutes est relativement récent. Les chaînes ont l’habitude de diffuser 2/3 épisodes d’une même série par soir (sauf exception de France 2 qui a consacré le vendredi soir à trois séries par le passé).
Autre point de blocage, le tournage en cross boarding, où il est découpé selon les lieux : on tourne toutes les scènes se déroulant dans un même lieu ensemble (que la scène se déroule dans l’épisode 2, 5 ou 7). En conséquence, le tournage ne peut débuter qu’à partir du moment où l’écriture de la saison est achevée. Cette méthodologie allonge le temps entre la diffusion de deux saisons consécutives. Ainsi soient-ils fonctionne selon ce process : la fabrication (écriture + tournage + post-production) d’une saison nécessite une année !
L’enjeu n’est pas de copier le modèle américain, car il y a de grandes différences : les USA sont un continent, la France non ; les USA disposent de moyens considérables et peuvent s’appuyer sur la vente à l’international.

— Quid d’un engagement des auteurs sur plusieurs années ?
Certains intervenants seraient prêts à s’engager dans la mesure où chaque saison est un nouveau défi. Quelques uns préfèrent décider selon l’envie à continuer sur le projet jusqu’à ce qu’un autre se présente. D’autres sont enthousiastes à cette longévité mais entrevoient la méthode actuelle de travail en France comme un possible frein à la capacité de durer.

 

Indiscrétions post table ronde :

J’ai pu poser quelques questions à Vincent Poymiro et David Elkaïm (Ainsi soient-ils) à la fin du débat.
— Le producteur a proposé aux auteurs d’écrire sur le thème de jeunes séminaristes. Les auteurs ont accepté car ils étaient eux aussi curieux d’explorer ce thème, peu approfondi à la télévision.
— Les instances officielles de l’Eglise se sont positionnées en défaveur de la série à cause de la vision du pouvoir au sein de l’Eglise présentée dans la fiction. Paradoxalement, ce n’est pas le thème de l’homosexualité qui a été problématique.
— Le tournage de la saison 2 est terminé, elle devrait être diffusée à la rentrée prochaine. La saison 3 est déjà en cours d’écriture.

 

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Les séries low-budget"
Table ronde "Exportation des séries et le format"

N’hésitez pas à découvrir les photos du festival : Galerie photo

 

Sériecalement vôtre,
VK

 

 

mardi 6 mai 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "EXPORTATION DES SERIES : LE FORMAT, UNE OPPORTUNITE A SAISIR ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite) :

François-Pier Pelinard-Lambert, Le film français
Ruth McCance, Eccho Rights
Avi Armoza, Armoza Formats
Pilar Perez, DCD Rights
Marc Nowak, Zodiak Rights
Matthieu Béjot, TVFI

Table ronde animée par François-Pier Pelinard-Lambert

 

Avant de commencer le résumé de la table ronde, petit rappel sur ce qu’on entend par format :
Le marché du format concerne la vente et l’exploitation des droits d’un programme TV qui sera adapté pour un marché local par une chaîne TV de ce marché.

 

Thèmes abordés :

— Le format est un gage de sécurité pour l’acheteur puisqu’il y a l’apport d’une expérience de production.
— La création n’est pas menacée par le format. Par exemple, pour Hostages (Armoza Formats), la version israélienne privilégie l’aspect espionnage tandis que la version américaine développe l’aspect drame familial.
— Les demandeurs de format sont ouverts aux propositions. La tendance va plus vers le « what’s new ? » que l’uniformisation.
— De plus en plus de petits pays entrent sur le marché du format.
— Certains éléments sont difficiles à adapter. Ce fut le cas pour The Slap (La Gifle en VF, DCD Rights) en Russie avec le sujet de l’allaitement et Hostages dans certains pays où l’idée d’assassiner le premier ministre est impensable.
Hostages a connu un parcours un peu particulier : CBS avait acheté les droits pour l’adaptation US avant même que le projet soit mis en oeuvre en Israël. A cause de la compétitivité accrue aux US, les chaînes n’hésitent pas à faire de la veille à l’étranger, à la recherche de projets, et à les acheter quand ceux-ci présentent une proposition claire, même sans épisode tourné.
— Les Etats-Unis ont optionné plusieurs séries françaises : Braquo, Les hommes de l’ombre, Jeff et Léo, Hénaut président. Pour l’instant, seule l’adaptation de Hénaut président a été diffusée aux USA sur Comedy Central, sous la web série The Handlers, avec en vedette Bryan Cranston (Breaking Bad) ! En définitive, il faut rester prudent : il y a beaucoup d’options, mais en réalité, peu de projets optionnés aboutissent.

— Le drama a un peu plus de succès que la comédie. Les codes de l’humour voyagent moins bien que ceux du drama. Marc Nowak a cité l’exemple de Solsidan, une comédie suédoise sur une famille s’installant dans un quartier bourgeois. Malgré l’universalité du thème, Zodiak Rights a du mal à imposer cette série, malgré l’argument marketing des 50% de part d’audience en Suède. Ils ont néanmoins réussi à pénétrer sur le marché américain. Du côté de la France, la comédie s’exporte plutôt bien. Caméra Café a été adaptée dans 26 pays ; Fais pas ci fais pas ça, en Pologne.
— Contrairement à Solsidan, The Slap a été adaptée plus facilement. Même si la base de l’histoire est très ancrée dans la culture australienne, une adaptation étrangère est plus aisée pour deux raisons : beaucoup de sociétés sont multiculturelles et la prémisse est plutôt simple (quarantenaires qui se retrouvent à un moment critique de leur vie). Les auteurs originaux ont été impliqués dans le processus d’adaptation. Il y aura une version américaine sur NBC.
— Eccho Rights a vendu à Shine France la série turque The End, dans laquelle une femme tente de découvrir la raison pour laquelle son mari ne se trouvait pas à bord de l’avion qu’il était supposé prendre et qui s’est écrasé. Il y a eu une première adaptation en Suède, sur SVT2. Elle a rencontré le succès auprès des femmes. Les Etats-Unis se sont ensuite intéressés. FOX prépare la version US (les scénarios sont déjà écrits). A la différence de la version originale qui est une mini-série, l’adaptation US a été conçue pour durer plusieurs saisons.

 

Echanges avec le public :

— Certaines chaînes produisent une version adaptée en plus de la diffusion de la série originale pour des raisons scénaristiques : l’adaptation permet de changer la fin, par exemple.
— Il vaut mieux vendre le format à quelques pays avant de s’attaquer aux Etats-Unis. Ce pays disposant d’un second marché, il y a le risque de demandes plus contraignantes qui s’avéreraient désavantageuses pour les auteurs.

 

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Les séries low-budget"
Table ronde "Ecrire une saison 2 : enjeux & risques ?"

N’hésitez pas à découvrir les photos du festival : Galerie photo

 

Sériecalement vôtre,
VK

dimanche 4 mai 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "LES SERIES LOW-BUDGET, UNE CONTRAINTE STIMULANTE ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite) :

Paul Marquess, Newman Street => "Suspects", diffusée sur Channel 5 (UK)
Bertrand Cohen, Terence Films => "Cut", diffusée sur France Ô
Marie-Agnès Bruneau, C21
Agatha Walkosz, Media Brigade => "The Deep End", diffusée sur TVP (Pologne)
Stéphane Drouet, Making Prod => In America, diffusée sur OCS

Table ronde animée par Marie-Agnès Bruneau

 

Le marché de la fiction a connu un essor considérable depuis ces dernières années. En 2013, la France comptabilisait 782 heures de fictions produites, dont 678 heures de séries. Pour ces dernières, le nombre a connu une hausse de 50% par rapport à 2012.
Les chaînes de la TNT et les chaînes thématiques s’attaquent également à ce marché : 45 heures en première diffusion pour la TNT, 32 pour les chaînes historiques. Néanmoins, il ne s’agit que de diffusion, ces acteurs n’ont pas encore de stratégie claire, exception faite pour OCS, TMC.
Cette embellie pour la fiction n’est pas sans pression budgétaire. En effet, la fiction représente le genre le plus cher : en moyenne 900 mille euros par heure (CNC, 2013). Cependant il faut se rappeler que les fictions occupent en général les cases du prime time, ceci a donc un impact sur le coût.
Avec les enjeux en termes d’audiences, le risque pris avec les projets qui peuvent ne pas marcher auprès du public, on comprend les réserves des acteurs du marché aux investissements conséquents. Se pose alors la question suivante : peut-on faire des séries à faible coût, des séries low-budget, sans pour autant renier sur la qualité (en cela, il ne faut pas confondre série low-budget avec série low-cost !) ?

 

Quelques mots d’introduction sur les séries :

Suspects :

La série fait les beaux jours de Channel 5, chaîne tournant autour des 4% de pda et n’ayant pas une forte tradition dans la commande de séries. Par le passé, le Royaume Uni se distinguait par une pléthore de séries à moyen/faible budget, mais elles ont toutes disparues depuis. Subsistent les drama à grand budget. Dans le cas de Suspects, Paul Marquess a eu l’idée de produire un drama sans dépenser une fortune, persuadé qu’un drama n’avait pas forcément besoin d’être cher. Il a été sollicité par Channel 5, qui n’avait pas commandé de drama pendant une dizaine d’années.
Suspects a été une belle surprise autant par l’accueil positif qu’elle a reçu lors de la projection presse que par son coût qui s’est avéré moindre que celui que la chaîne avait envisagé.
Cette série a la particularité de s’appuyer sur l’improvisation des acteurs. Toutefois, chaque épisode repose sur un script avec une intrigue dont les étapes sont définies à l’avance : l’improvisation intervient au niveau des dialogues.
Le tournage des scènes ne dépasse pas trois prises pour chacune.

Cut :

La série est diffusée sur France Ô, la chaîne de France Télévisions ayant le moins de moyens. Terence Films devait donc proposer un projet cohérent et de qualité face à cette contrainte budgétaire, et également un projet qui puisse être exporté. Terence Films réalisant une grande part de marge à l’étranger, la capacité à l’exportation entrait en jeu dans l’élaboration du projet.
La série s’appuie sur un dispositif transmédia : les personnages ont une page Facebook alimentée pendant et en dehors de la diffusion, pour donner une dimension de réalité. Ce dispositif présente un autre avantage : vérifier l’adhésion du public à la série. Vous trouverez plus d’informations sur ce dispositif sur Bigger Than Fiction.
Une saison 2 a déjà été commandée.

The Deep End :

La série compte deux saisons à ce jour, une troisième est en préparation. Elle est née à l’occasion d’un concours organisé par le Ministère des Finances et du Travail polonais, dans le cadre de la promotion des métiers des services sociaux. Le ministère a contribué au financement, de même que l’Union Européenne.
The Deep End a connu un succès critique et à l’international : elle a été récompensée aux festivals de Monte Carlo, Chicago, Turin, et a été vendue à 10 pays.
Les soap opéras sont plus fréquents dans le paysage télévisuel polonais, il y a très peu de drama en prime time.

In America :

In America est une idée des comédiens principaux. Ils ont soumis le projet à Making Prod qui l’a proposé à OCS. La chaîne a signé sur la base d’une bible et d’un épisode dialogué (ses modalités de sélection des projets diffèrent de celles des autres chaînes).
La série a été réalisée en 15 jours aux Etats-Unis et 6 en France. Pour les Etats-Unis, l’équipe a tourné à Las Vegas, au Grand Canyon, il y a vraiment eu une possibilité de voyager à travers le pays (sauf pour certains lieux : par exemple, les scènes à Chicago n’ont pas été faites à Chicago). Elle compte à ce jour 10 épisodes de 20-26 minutes.

 

Autres éléments abordés :

— Le rythme de tournage des séries low-budget est intensif. La réussite du tournage repose sur une excellente préparation en amont.
— La participation des acteurs n’est pas forcément subordonnée au cachet. Ils sont d’abord intéressés (en général) par la valeur du projet : si l’histoire, l’équipe leur plait, ils acceptent de mettre au second plan la question de la rémunération. Ainsi, série low-budget ne signifie pas automatiquement impossibilité d’avoir d’un acteur, réalisateur ou producteur renommé. Par exemple, The Deep End compte parmi son équipe un acteur connu en Pologne.
— Au niveau de la liberté de création, In America a eu les mains libres. Sur Cut, il y a eu des aller-retour, mais les décisions ont été prises rapidement étant donné le rythme intensif de la production. Pour The Deep End, le Ministère des Finances et du Travail a lu les scripts et a demandé à la production de réduire le nombre de mots vulgaires, demande que la production a suivie.
— A la question de savoir si un faible budget est uniquement une contrainte ou peut, à l’inverse, être un levier de création, Stéphane Drouet a confié que sur In America, conçue comme un road movie, les contraintes ont plus été liées aux lieux de tournage qu’au budget.
— Un budget moindre est compensé par une augmentation de la productivité : chacun doit faire des efforts au niveau de la rémunération et de la charge de travail.
— La contrainte budgétaire a des répercussions sur la façon de produire : aucune lumière n’a été utilisée sur Suspects. Paul Marquess n’aurait jamais cru cela possible avant de travailler sur Suspects. Ce genre de projet amène à tout remettre en question et favorise le dialogue entre la production cinématographique et la production de séries low-budget, car même avec peu, ces séries arrivent à conserver une qualité artistique.
— Cut a bénéficié du financement de France Ô, du CNC, de la région où la série est tournée, et de la marge du distributeur. On peut évaluer le coût de la saison 1 à 4/6 millions d’euros pour 70 épisodes. Chaque épisode de In America a nécessité 50 mille euros. OCS, le CNC et le distributeur ont participé au financement. Le budget de la saison 2 sera plus élevé. Le budget alloué à The Deep End s’élève à 1,5 million d’euros pour 13 épisodes.

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Table ronde "Exportation des séries et le format"
Table ronde "Ecrire une saison 2 : quels enjeux & risques ?"

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Sériecalement vôtre,
VK



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