Sériecalement Vôtre

25 avr. 15

SERIES MANIA S6 : GALLIPOLI

 

gallipoli 1

 

Le samedi 18 avril 2015, je me suis rendue à la projection des deux premiers épisodes de la série australienne Gallipoli. Son synopsis ? Lors de la première guerre mondiale, le jeune Tolly et son frère Bevan s’engagent pour combattre dans les troupes de l’empire britannique. Avec de nombreux australiens (et néo-zélandais et anglais), ils sont envoyés à Gallipoli, dans l’actuelle Turquie, pour contrer l’empire ottoman, alors allié de l’Allemagne.

 

A la base, c’est une série de guerre, un peu dans la veine des Band of Brothers, Generation War, la série française diffusée par France 3 il y a peu (vraiment désolée, son titre m’échappe…), et autres fictions de divers pays qui existeraient. Des séries qui ne traitent pas des mêmes conflits, mais qui présentent l’enfer vécu par des milliers d’hommes lors des deux évènements majeurs, dramatiques et à résonnance mondiale du XXème siècle. En elle-même, Gallipoli n’est qu’une « énième » histoire de guerre. Ce qu’elle a de particulier, c’est qu’elle présente le point de vue des australiens et qu’elle se focalise sur un épisode de la guerre qui n’est pas forcément connu de tous. A commencer par moi (cet article ne servira pas à grand-chose pour les plus experts^^). De mes vieux cours d’histoire, je savais qu’il y avait eu la bataille des Dardanelles, en Turquie. Sans rappels, je ne saurai vous en dire plus. Alors Gallipoli, ça ne me disait rien du tout.
Au cinéma, vous pouvez regarder La promesse d’une vie (qui entre nous, fait plus titre de film romantique à l’eau de rose que drame), avec Russell Crowe, qui a en toile de fond la bataille des Dardanelles, aussi nommée campagne de Gallipoli.

Quelques recherches et explications avant la projection des épisodes (puis après) nous font réaliser le traumatisme de cette campagne sur l’Australie : les Dardanelles fut rude et longue, et se solda par une déroute pour les pays engagés contre les ottomans et les allemands. Pour l’Australie (et la Nouvelle Zélande), Gallipoli a été un évènement fondateur de son identité nationale, jusqu’alors sous le joug de l’empire britannique. Le jour du débarquement sur Gallipoli, le 25 avril, est une date de commémoration majeure en Australie (idem en Nouvelle Zélande). Elle surpasse même le 11 novembre ! D’ailleurs, la saison 1 de la série avait été mise en téléchargement légal quelques jours avant sa diffusion à la télévision. Dès ce stade, elle a eu un succès énorme. La bataille a également forgé l’identité turque.

 

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Quid du contenu de la série ? Je ne pourrai parler que pour le pilote, ayant dû écourter ma projection pour ne pas me retrouver à la fin de la longue file d’attente de la séance Empire avec l’interview de Lee Daniels, son créateur (article à paraître prochainement). Le pilote alterne entre séquences de guerre et souvenirs de la vie paisible d’avant. Le spectateur suit des jeunes hommes, engagés dans un conflit dont ils ignoraient la violence, la portée, dans un pays qu’ils ne connaissaient que de nom (et encore…). Il n’y a rien de « palpitant » dans l’épisode. Ce n’est pas, par exemple, des tableaux majestueux (artistiquement, mais reflétant la réalité) de combats tels que ceux représentés dans Band of Brothers. C’est l’histoire de types ordinaires devenus soldats qui débarquent puis avancent sur une colline, rencontrent des soldats turcs, se font refouler, puis contre attaquent et gagnent du terrain, avant d’être à nouveau repoussés par l’ennemi. Entretemps, un grand nombre tombe sous les balles. En parallèle, l’état-major discute des actions à mener, et semble parfois tout aussi désorienté que les troupes sur les collines.

On ressent tout à fait l’absurdité de la guerre. Les soldats grimpent sur une colline, avancent de quelques mètres au prix de lourdes pertes. Ils continuent en espérant des renforts, qui viennent au compte-goutte et peu nombreux. Ils se perdent en cours de route. Ils passent des heures à errer dans un paysage, presque sans but, et rien ne se produit à part des morts et des valses j’avance-je tire-je recule-je tire-j’avance. On est choqué également par le décalage entre ce que les soldats vivent et le train de vie des officiers supérieurs, qui semblent s’être enfermés dans une bulle spatio-temporelle digne de la haute société britannique : dîners en uniforme de cérémonie, dans des paquebots au décor 1ère classe du Titanic. On sent en outre le sentiment de confusion parmi les différentes strates : les soldats : que faut-il faire ?; les officiers : où en est-on ? (mauvais relai de l’information), que décider ?.

Le point de vue ottoman est moins représenté, c’est plutôt logique si la production est australienne et qu’elle montre le camp britannique. Toutefois, il y a bien quelques scènes. Celles-ci montrent la détermination de l’ennemi de l’époque, l’influence des officiers sur leurs hommes, les poussant à se battre jusqu’à la mort. Au premier abord, cela ressemble presqu’à du fanatisme et rappelle la mentalité des forces japonaises de la seconde guerre mondiale. Comparaison à prendre avec des pincettes, évidemment : ce n’est qu’une impression que j’ai eue quand j’ai vu l’épisode. A étayer avec plus de documentation. C’est ma lecture de Mémoires de nos pères (James Bradley, à lire si vous êtes intéressé(e) par la bataille du Pacifique WWII) qui m’a fait penser à ce rapide rapprochement.

 

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L’arrière se manifeste par de courts flashbacks. Au-delà de leur objectif de proposer une pause nostalgique et heureuse au milieu des combats, dans le pilote, ces extraits dressent le tableau d’un triangle amoureux en formation. Je n’ai pas d’avis particulier à émettre, car il aurait fallu que j’en voie plus pour me faire une meilleure idée. En soi, l’idée du triangle amoureux peut être intéressante, comme énervante et sans intérêt (histoire de combler l’épisode).

 

Comme d'autres séries du genre, Gallipoli abordera certainement la brutalité de la guerre et des hommes, le questionnement des soldats face à cette impasse, la fraternité avec les compagnons d'armes et le camp d'en face lors de trèves, le dur retour au pays. La série convaincra par son point de vue sur un sujet connu. Le rythme n’est pas rapide, il pourra en rebuter certains. Il est à l’image de cette guerre qui s’est enlisée, avec des conséquences désastreuses (dans quel but ?). Enfin, le très jeune âge de certains combattants m’émouvra toujours.

 

A lire prochainement :
Séries Mania S6 : Empire, avec Lee Daniels
Séries Mania S6 : Tellus, avec JP Siili
Séries Mania S6 : Web séries, Canalplay

N'hésitez pas à (re)découvrir mes articles des précédentes saisons !

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK


28 mars 15

DOWNTON ABBEY, SAISONS 3 A 5

 

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Je me permets un one shot avec cet article couvrant les saisons 3 à 5 de Downton Abbey, les saisons étant courtes et relativement sans évènements explosifs. Ce n’est pas la seule justification, en fait, ayant vu la saison 3 il y a très longtemps et les deux suivantes, l’une à la suite de l’autre, dans un passé récent (sur TMC), j’ai décidé de traiter le tout en même temps, pour éviter les erreurs d’association intrigue/saison.

De façon générale, plus les saisons avancent et plus je trouve la série meilleure. On aurait pu craindre une lassitude au bout d’un certain temps. Car qu’est-ce que vraiment Downton Abbey ? Si on devait la décrire en une phrase maximum, la série nous montre ni plus ni moins des chroniques d’une famille de la haute société britannique et celles de ses domestiques. En somme : les journées réglées par l’étiquette, les évènements mondains s’enchaînant les uns après les autres, de même que les jours ordinaires mais (trop) chargés en besognes des servants qui se répètent avec peu d’opportunités d’évolution. Downton Abbey suit ce réglage, mais en réussissant à nous fasciner : qui ne s’est pas imaginé avoir ce train de vie ? ; et surtout, à faire évoluer ses personnages dans un monde qui change (la guerre, le refus de la hiérarchie de la société telle qu’elle est depuis des siècles…). La série donne l’impression, d’un point de vue macro, que « rien » ne passe. Il n’y a pas d’enquêtes, de scènes d’action, de complots. Malgré tout, on se rend compte après cinq saisons que le domaine de Downton en a vu défiler, des histoires ! Même si certaines m’ont ennuyée, je suis charmée par ce que la série propose. 

 

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Cependant, voici ma première doléance : j’ai l’impression que les domestiques sont encore trop réduits à leur simple statut, par rapport aux Grantham et Crawley. Qu’est-ce que j’entends par là ? Cela m’a frappée tardivement, mais quand vous regardez les intrigues autour des non domestiques, ceux-ci évoluent au-delà de Downton. Ils interagissent avec le monde : ils vont à Londres, sont invités par d’autres gens de leur classe, ont des histoires d’amour et d’amitié, ont des problèmes, etc. Les intrigues sur les domestiques, en dehors du cadre professionnel, sont plus limitées, restent à leur relation avec les Grantham, Crawley et autres lords. On les voit moins interagir avec le monde extérieur de façon indépendante et aussi, leurs histoires sont moins poussées. Par exemple, Mary va à Londres pour faire telle ou telle chose toute seule, si elle est accompagnée de sa femme de chambre, on ne voit pas/très peu ce que cette dernière fait. Si un domestique va à Londres, il y a toujours un fil qui le ramène vers sa condition/la famille qu’il sert ou alors ce voyage est ellipsé et on le revoit de retour à Downton. Ainsi, Thomas est parti à Londres pour suivre un traitement, j’aurais bien voulu avoir quelques scènes où on voit de quoi il retourne, avant d’apprendre à Downton le véritable but du voyage. Ou autre exemple : Spratt est allé au mariage de sa nièce (si ma mémoire est bonne), on ne l’a pas vu dans la sphère privée mais on l’a vu en ville parce qu’il a aperçu Mary et son amant sortir de l’hôtel. De temps en temps, il y a des histoires qui n’ont rien à voir avec Downton, mais c’est rare et assez vite expédié.

Je parle de façon générale, je me rappelle encore du triste destin de la servante ayant eu un enfant avec un officier dans les premières années, pour le coup, c’était assez indépendant du cadre de Downton/de la domesticité. Après, il y aussi une contrainte de temps et de personnages : il y a peu d’épisodes par saison, on ne peut pas faire évoluer tout le monde avec la même intensité, il faut trancher. Néanmoins, quelques rééquilibrages seraient les bienvenus…

 

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Je poursuis donc avec un paragraphe sur ces rééquilibrages et les points qui n’apportent plus d’intérêt. On pourrait en parler de temps en temps, mais selon moi, ils ont pris une importance inutile.

Commençons par Mary. Dans une précédente critique, j’avais dit que son « je t’aime, moi non plus » avec Matthieu et la succession d’obstacles sur leur relation, au détriment d’autres personnages qui auraient gagné à être davantage explorés, avaient fini par m’exaspérer. Aujourd’hui, je suis toujours sous le coup de l’exaspération. Mary est un personnage qui stagne. On dirait que son rôle se borne à être la fille ainée à marier à un riche héritier pour assurer la pérennité de Downton. Après la mort de Matthew, j’espérais la voir se révéler en femme d’affaires gérant avec brio le domaine. Défi d’autant plus intéressant qu’elle vit dans un monde dirigé par les hommes. Qu’est-ce qu’on a eu ? Certes, quelques moments avec son beau-frère pour parler gestion de patrimoine. Principalement, à peine Matthew disparu, voilà qu’on nous sort aussitôt deux prétendants !! Même si Mary répète qu’elle n’est pas prête et ne succombe pas pour un temps, le spectateur est toujours en face d’une situation déjà vue : quel parti va choisir Mary ? Comment va-t-elle traverser cette situation ?

D’autre part, Mary n’a pas mûri, contrairement à sa sœur Edith : elle reste la « pourrie gâtée », autocentrée sur elle-même et son domaine, sans compassion quand il s’agit d’Edith. A la confirmation de la mort de Gregson, bien qu’on n’avait plus d’espoir depuis longtemps, Mary envoie Edith bouler. Très sympathique de la part d’une sœur qui ayant perdu elle-même l’amour de sa vie, aurait dû être la première à soutenir Edith et à la comprendre…

 

Après Mary, parlons d’Anna et de John Bates. A l’instar de Mary et sa situation répétitive d’élégante jeune lady sur le marché de l’amour, les Bates entretiennent des liens étroits avec la justice, plus précisément la prison. Après son mari, Anna fait un séjour derrière les barreaux, et ce dernier, pour la sauver, s’accuse du meurtre dont son épouse est soupçonnée et se retrouve de nouveau recherché pour homicide. Pitié… La première fois s’était éternisée, et ça recommence… J’aurais préféré le développement suivant : suite à son viol, Anna porte plainte. Cela aurait été une très bonne occasion de montrer comment les affaires de viol étaient traitées à l’époque, les injustices envers les victimes et en filigrane, la difficile condition des femmes à l’époque (sans nécessairement s’enliser dans le pathos). Ou alors, en choisissant l’intrigue autour de la mort du violeur, qu’on y mette un terme : qu’Anna soit vite innocentée grâce à un témoignage, voire qu’elle ne soit pas du tout arrêtée car la police aurait classé l’affaire. Ceci aurait permis l’approfondissement d’autres personnages, restés en retrait. Au choix : madame Hughes visitant sa sœur handicappée (la révélation tombe comme un cheveu sur la soupe…), Thomas et son traitement, l’émancipation de Daisy, Baxter qui retombe sur celui pour lequel elle a volé, etc. Dans le même état d’esprit, on aurait pu enlever/raccourcir cette histoire de prétendants pour Mary et mettre en valeur le couple Rose/Atticus. En effet, leur romance avant le mariage fut rapide ! N’avait-on pas attendu trois ans avant de voir Mary et Matthew sceller leur union ?

 

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L’abandon de poste de madame O’Brien fut inattendu et réglé à la vitesse de la lumière… Ce n’est pas la première fois qu’un domestique quitte les Grantham. On a bien eu, au tout début de la série, la femme de ménage devenant secrétaire, puis le valet traumatisé par la première guerre mondiale, et après O’Brien, le valet surpris en situation scandaleuse et celui accepté dans un hôtel de prestige. Au moins, pour ces personnes, un contexte a été développé, et le départ suivait une logique. Avec O’Brien, on a compris que la mère de Rose l’appréciait. Toutefois, sa fuite sonnait comme une solution qu’on avait dû trouver pour se débarrasser du personnage en urgence, sans réflexion (conflit entre la production et l’actrice ?).

 

Certains bonds dans le temps me paraissent inappropriés. Parfois on s’attarde sur des intrigues qui ne sont pas les plus excitantes (ex : Mary et ses amours). Puis tout à coup, on fait un saut en zappant des histoires qui auraient été intéressantes à voir (ex : la fin de la grossesse d’Edith). Nous sommes partis de 1912 et cinq saisons plus tard, nous sommes déjà dans le milieu des années 20 (il me semble). Les acteurs risquent de ne pas coller au rythme de vieillesse de leur personnage... (ok, il y a la magie du maquillage, mais cela ne fait pas tout).

D’autre part, certaines conclusions d’intrigues me paraissent encore politiquement correctes. Certains personnages s’en sortent dans la douceur malgré la gravité, pour l’époque, de leurs actions. Par exemple Rose et son chanteur de jazz noir qui ne vont pas au bout de leur relation, ou Edith qui peut compter sur la compassion de ses parents et sa tante. Peut-être est-ce compliqué d’un point de vue scénaristique de s’aventurer sur des questions scandaleuses pour l’époque considérée ? Moi, j’aimerai bien qu’on secoue de temps en temps le sac : que la vérité sur Edith soit révélée au grand jour et qu’elle affronte les médisances de la société conservatrice…

 

downton 1

 

Après cette proposition de points négatifs, voici les éléments qui ont rendu Downton Abbey plus forte :

Les drames qui ont bouleversé la série : la disparition, la même saison, de Sybil et Matthew. Deux jeunes protagonistes partis subitement dans la force de l’âge, alors qu’ils avaient tout pour être heureux. Ces sorties choquantes étaient ancrées dans la « réalité » : la mortalité des femmes lors de l’accouchement encore présente à l’époque et un « banal » accident de voiture s’annonçant à l’improviste.

L’arrivée de la jeune et audacieuse cousine Rose. Je l’aurais bien vue en femme moderne. Soit célibataire et vivant des aventures palpitantes (comme faire de l’aviation), soit en épouse qui travaille.

L’amitié entre Lady Violet et Isobel Crawley : une agréable surprise, une belle amitié, des discussions tintées de répliques savoureuses. Comme le dit l’adage, les contraires s’attirent. Malgré leurs divergences, ces deux femmes se respectent et tiennent à l’autre (même si elles refusent de l’admettre). Lady Violet était drôle et émouvante quand elle jouait les entremetteuses puis avait peur de finir toute seule une fois Isabelle mariée.

Le secret de Lady Violet : Absolutely outrageous !!^^ Qui l’eut cru ? Cela a l’avantage de casser son image. La comtesse douairière apparaît plus contemporaine, humaine, moins sévère.

Les histoires de cœur de Lady Violet et Isobel : plus exaltantes que celles de certains plus jeunes et proposant aux spectateurs une histoire d’amour du point de vue d’aînés (parce qu’à un moment, y en a marre des amourettes d’ados avec des pseudos obstacles…).

Le majordome de Lady Violet, Spratt : Curieux bonhomme, encore plus conservateur qu’un conservateur !

Les confrontations entre Robert et l’institutrice : explosives. Ceci-dit, l’institutrice, au-delà de ne pas avoir froid aux yeux, était bien culottée de provoquer des crises sous le toit de celui qui l’invitait…

 

Tom Branson et l’après Sybil, ou comment cohabiter avec la haute société anglaise sans oublier d’où on vient et qui on est. Ce personnage fut « torturé » par ses doutes, son sentiment de trahir ses principes. Je l’aurais bien vu reprendre la politique, poussé par l’institutrice, mais je reste satisfaite de ce qu’on lui a concocté. La femme de chambre lui tournant autour était une parfaite manipulatrice, cette histoire apportait un peu de piment. Au final, Tom a réussi à s’intégrer dans la famille Grantham et son univers, mais est resté humble. Il a su conjuguer ses deux mondes. Cracher sur cette nouvelle situation sociale et cette famille aurait été hypocrite. Il me manquera.

 

L’évolution d’Edith : Si on la compare à celle de sa sœur ainée, la progression d’Edith est de loin la plus attrayante et émouvante. C’est un des rares personnages qui a connu une nette transformation. Au départ peste et malheureuse en amour, Edith est toujours malchanceuse en amour, mais a grandi, s’est assagie. Les scénaristes ne l’ont pas ménagée, en lui faisant perdre les hommes de sa vie et en la mettant enceinte, hors mariage !! Je regrette de ne pas avoir vu une scène où Edith se sépare de sa fille à sa naissance, l’accent ayant été mis sur d’autres intrigues alors qu’il me semblait plus opportun de le réserver au moins pour ce type de scène clé. Heureusement, le déchirement et la souffrance d’Edith furent montrés lors de ses visites chez le fermier, pour voir la fille de son « amie ». Ce stratagème ne pouvait pas du tout fonctionner à court terme. Il était impossible qu’Edith garde son sang-froid. De même, si sa fille avait été éloignée, Edith aurait eu un comportement, peut-être à moyen terme, qui aurait soulevé des questions. Quoi qu’il en soit, cette facette d’Edith était touchante, challenging.

 

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Madame Hughes et monsieur Carson : Sérieusement, la demande de mariage fut inattendue et un peu « bizarre ». Bizarre dans le sens où je ne voyais pas du tout Carson initier ce genre de proposition, où je ne voyais pas du tout Hugues et Carson comme un couple, bien qu’on ait eu une scène sur la plage de ces derniers avançant dans l’eau main dans la main. Une amie me soufflait, devant ma perplexité, qu’il s’agissait plus d’un mariage de raison que d’amour, avis que je rejoins. On est plus fort ensemble. Carson et Hughes s’apprécient et se respectent beaucoup, ils n’ont pas forcément besoin d’être fous amoureux l’un de l’autre pour se marier. Il y a quand même de l’amour, mais sous une autre forme, plus nuancée. Cette union leur permettra de s’accompagner dans leurs vieux jours, de se soutenir en cas de difficultés, d’être tout simplement avec une personne dont ils se soucient.

 

La crise de couple Cora/Robert. Rien de révolutionnaire, mais un bon coup de fouet pour rappeler à Robert que rien n’est jamais acquis. Pour Cora, une petite aventure pour rendre sa vie monotone de comtesse moins morne, le temps de quelques épisodes. Surtout, on a la sensation que Cora ne fait pratiquement pas grand-chose, à part organiser des réceptions…

 

L’agression d’Anna. Contrairement à certains, cela ne m’a pas choquée. Non pas que le sort d’Anna me laisse totalement indifférente. J’avais lu, avant de regarder la scène en question, que celle-ci en avait bouleversé/dérangé beaucoup. J’imaginais alors que la scène avait été d’une violence inouïe. Mais rien de tel ne s’est produit. Le traitement à l’écran de l’agression fut soft (ou ça a été censuré pour la diffusion française ?). Elle est choquante dans le sens où elle se démarque du ton de la série, plutôt léger même si celle-ci traite d’évènements tragiques. On n’est pas non plus dans le film Lawless où les scènes violentes ne ménagent pas le spectateur… Cette agression reste réaliste : c’est une chose qui, hélas, peut frapper n’importe quelle femme.

 

Downton Abbey continue à faire son bonhomme de chemin dans l’univers des séries, en dressant le déclin de l’aristocratie britannique face aux nouvelles modes, mœurs et tragédies humaines.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

21 mars 15

CHEFS, SAISON 1

 

chefs 1

 

Série poétique, délicieuse, qui nous plonge dans un agréable voyage des sens. Menu parfait… enfin, jusqu’au moment où le chef a été remplacé… Mais chaque chose en son temps, je reviendrai sur ce point plus tard.

Avec Chefs, on plonge avec gourmandise dans les coulisses d’un restaurant parisien haut de gamme. Le travail y est difficile, rigoureux, parfois ingrat, mais les assiettes qui ressortent sont une œuvre d’art, une récompensent au dur labeur. Personnellement, je me sentirai coupable de détruire une si belle harmonie. La poésie et l’invitation au voyage sont indissociables de la série. A travers les images traduisant les émotions ressenties par les personnages lorsqu’ils préparent et/ou dégustent un plat. A travers la présence de la mère de Romain qui guide ses gestes quand celui-ci concocte un mets, personnifiant ainsi ce souffle invisible qui pousse le jeune homme au meilleur. A travers la musique, douce, relaxante.

Le générique de début, très beau visuellement, met lui aussi tout de suite dans cette ambiance. On y voit défiler les personnages et décors : ils superposent avec fluidité et discrétion, dans des couleurs ni sombres ni aveuglantes, dont le jeu donne la sensation qu’elles s’effacent sous le poids du temps. Le générique me fait penser à un tableau impressionniste par moments. Mon seul hic est la bande son, qui, je ne sais pourquoi, est assez stressante, noire, et correspond davantage à une bande son de polar, thriller, alors que le sujet est tout autre (on aurait pu imaginer une enquête sur le meurtre d’un grand chef, lol). Même raisonnement avec l’affiche promotionnelle, où l’on voit le chef, Romain et Delphine.

 

Chefs 3

 

Quid des personnages et intrigues ? La saison 1 est tout à fait satisfaisante. Pas trop d’histoires d’amour virant au feuilleton ou prenant toute la place. Pas d’histoires alambiquées pour finir en pétard mouillé ou cliffhanger pour faire genre. C’est simple, efficace, on ne s’ennuie pas, la cuisine est bien le sujet principal. Cependant, on se doutait bien que Romain était le fils du chef. Et question aux internautes, car j’ai un gros doute : est-ce que le chef a vraiment transformé le vendeur de truffes aux allures de dealer de drogue en pâté ??

Mention spéciale à Anne Charrier, alias Delphine, et Clovis Cornillac, le chef. La première est bluffante dans son interprétation de femme ambitieuse, directe, obstinée, à l’élégant dress code. Ses discussions houleuses avec le chef, sa façon de dire ses quatre vérités à Matsumoto et la critique culinaire étaient irrévérencieuses et tellement hilarantes. Merci pour ces moments de légèreté (et les répliques). Le deuxième est très bon dans son personnage de chef mystérieux, têtu, fier, attendant le meilleur de sa brigade avec à la fois la fermeté et la bienveillance d’un chef de famille. Malgré leurs divergences, Delphine et le chef se rejoignent pour former un duo de choc, improbable, épicé. L’un gérant l’aspect business, l’autre l’aspect créatif. Les deux toujours en contradiction pour mieux avancer.

Hugo Becker est pas mal dans son rôle de jeune en rédemption, en colère contre lui-même et le monde entier, cherchant sa place, obstiné, se révélant dans la cuisine avec le souvenir d’une mère prodige et meurtrie. Yann, le second, incarné par Nicolas Gob, se défend tout aussi bien en emmerdeur de première, provocateur, sans gêne, délaissé par son mentor. Son incompréhension face à cet « abandon » est assez justifiée, ma foi.

 

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Je reviens maintenant sur le remplacement du chef qui m’a quelque peu gênée. J’ai trouvé cette conclusion culottée, pas super crédible. Bon, ça pourrait se faire dans la réalité. Personnellement, je trouve ça un peu « foutage de gueule », pardonnez l’expression. J’ai l’impression que la prise de fonction de Romain est un braquage culinaire et professionnel. Ceci fera beaucoup d’envieux, ce qui est tout à fait normal et humain. Je voyais davantage cette fin de saison 1 en belle conclusion de la série, quand tout est pardonné et que le père et le fils scellent une véritable relation père/fils. Le père tirant sa révérence après tant de labeur et succès, le fils prenant la relève, après des années d’apprentissage et de réalisation, pour une nouvelle aventure. Ou alors, en conclusion d’une saison ultérieure (mais à partir de la saison 3). La fin proposée en 1ère saison est certes une vengeance assouvie, mais pour moi, ça ressemble à du vol. Ok, le chef a basé son premier succès sur une imposture. Ce qui en a suivi après pour sa fiancée (la mère de Romain) est injuste, cruel. Il n’en reste pas moins que le chef a tout de même, pendant les vingt années suivantes, développé ses recettes, prouvé son talent, mené sa brigade. Il n’est pas devenu chef par magie. Il a bossé dur. Il aurait très bien pu se vautrer rapidement après ses débuts glorieux, mais non.

 

Et là, d’accord, Romain venge sa mère en prenant la place du chef. Sauf que le jeune homme n’a travaillé qu’une année, et encore ! J’ai le sentiment qu’avant de rejoindre le restaurant, Romain n’avait aucune, ou alors une expérience très limitée de la cuisine. Remarque : ayant manqué un passage, je ne peux que faire des hypothèses. Romain a beau être un génie, il faut quand même du temps pour faire ses preuves. Par conséquent, je l’imaginais reprendre le flambeau/vengeant sa mère après quelques années pendant lesquelles il aurait brillé dans des concours et auprès de critiques culinaires (la vengeance est un plat qui se mange froid...). Cette progression aurait été plus logique, à mon sens. Par ailleurs, n’oublions pas le reste de la brigade, à commencer par le second, qui pourrait très bien et légitimement se rebeller face à ce coup d’éclat. Elle travaille avec acharnement et passion depuis plusieurs années avec le chef, et voilà qu’un jeune cuisto, ex taulard, vient lui ravir la place. Incompréhension d’autant plus totale que personne ne sait le lien qui relie le chef et Romain. Même en connaissant ce lien, il y aurait eu des réactions.

 

Malgré ce point qui me reste en travers de la gorge, j’ai passé d’agréables soirées avec Chefs. Cette série a du potentiel. Que cherche monsieur Edouard ? Comment va rebondir le chef ? Et surtout, quel est son nom ?? car ce n’est pas possible de faire durer le mystère^^  Comment Romain va-t-il gérer son nouveau statut, ses détracteurs ? La saison 2 est prometteuse en batailles, manigances et savoureux plats.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

07 mars 15

EMPIRE (PILOTE 2015)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : Lucious Lyon, à la tête d’un puissant label de hip hop, est atteint d’une grave maladie. Il doit maintenant choisir pami ses fils celui qui reprendra les rênes de l’entreprise.

 

empire

 

Il y a deux weekends de cela, je me suis laissée tenter par Empire, depuis le temps que j’en entendais parler. Croyez-le ou non, j’ai bien aimé. Je n’ai pas non plus surkiffé, le pilote n’a pas non plus été ma révélation, j’ai tout simplement passé un bon moment sans voir le temps passer. Et ce n’était pas gagné car à la base, je ne suis pas fan de hip hop. Cela n’a rien de personnel, ce n’est juste pas le genre musical qui me fait vibrer. Néanmoins, je me suis dite qu’il fallait essayer, sans faire une fixation sur la musique.

 

Oui, clairement, le pilote d’Empire annonce une nouvelle série musicale, genre à la mode. FOX a lancé la tendance avec Glee et ses histoires/personnages aussi loufoques les uns que les autres, mais qui vident bien la tête. NBC a contre-attaqué avec Smash, nettement plus adulte et ancré dans les coulisses du business des comédies musicales (désolée, mais même l’art est devenu un business). S’est immiscée ABC avec Nashville, empruntant la voie du soap et focalisée sur la musique country, genre moins représenté (en tout cas pas encore très branché en France). Cette année, la fin de Glee approchant, FOX récidive avec Empire. Série premièrement, centrée sur le hip hop, deuxièmement, sur une famille Afro-Américaine. Toutes les combinaisons sont possibles… 

 

empire 5

 

En se basant uniquement sur le pilote, Empire ressemble à un soap musical, et me rappelle vaguement Nashville. Par l’aspect feuilleton et coulisses de l’industrie musicale, après, toute comparaison s’arrête là. Dès cet épisode, on a tous les ingrédients du soap : une famille friquée à la tête d’un empire musical ; des héritiers aux profils divers : Andre, l’homme d’affaire se donnant à fond pour l’entreprise, rapidement embué par Hakeem, le frère gâté pourri chanteur et glandeur, suit un troisième fils, Jamal, artiste libre, tempéré et homosexuel (orientation encore mal acceptée dans le monde du hip hop). En outre, on a Lucious, le patriarche autoritaire, mourant et pour cela, craignant pour l’avenir de son empire, et Cookie, la matriarche tout juste sortie de prison pour bousculer cet univers en apparence tranquille. A travers ces deux personnages sont instillées les questions centrales de la série : pourquoi Cookie est-elle allée en prison ? Que cherche-t-elle par son retour ? Qui va reprendre les rênes de l’entreprise après Lucious et qui va se révéler (en bon ou mauvais) ? Personnellement, je prendrai Andre. Même s’il n’a pas la fibre musicale, il connaît les rouages d’une grande boîte, contrairement à ses frères… Cet ensemble est le parfait départ pour une succession de jeux de pouvoir en latence avec leurs lots de complots, trahisons, déchirements. Bref, tout est là pour que ça tourne Feux de l’Amour ou Amour, Gloire et Beauté, avec les clichés traditionnels des feuilletons. Soit, si ça fonctionne, je n’ai rien contre. 

 

Ce qui m’a intéressée dans le pilote, c’est qu’en définitive, je n’en suis pas sortie horripilée. J’ai envie de continuer pour connaître la suite. Pas forcément de façon régulière, mais voilà, je suis curieuse de voir quelle tournure tout cela va prendre, pour quelques épisodes au moins. Certains trouvent la réalisation, mise en scène du premier épisode brouillon, moi, au contraire, je trouve que c’était efficace. On a à la fois le présent et des flashbacks qui durent juste ce qu’il faut pour comprendre un personnage, les blessures du passé et le truc qui fait que Lucious a de lourds squelettes dans le placard qu’on aimerait comprendre de A à Z un de ces quatre (néanmoins, avant la saison 37 svp). 

 

empire 2

 

Je parlais de clichés plus haut et la personnalité des protagonistes en est un. Le père se montre à la fois aimant, dur et violent. Les fils représentent chacun un type : le fils à papa, le fils qui a réussi et le talentueux qui s’ignore et traîne derrière lui des traumatismes. La mère, quant à elle, est totalement « barrée » : politiquement incorrecte. C’est d’ailleurs elle, et par la même occasion son interprète, Taraji P. Henson (l’ancienne lieutenant Carter de Person of Interest) qui se détache du lot. Provocante, vulgaire, forte, protectrice, Cookie détonne (déjà, rien qu’à ce prénom hors de l’ordinaire). Terrence Howard fait le job dans le rôle du père qui n’est pas très attachant en fin de compte. Quant à Andre, Jamal et Hakeem, ils ne m’ont fait aucun effet. A la rigueur, la femme d’Andre est le réel moteur de son mari, le poussant à se battre. Peut-être excellera-t-elle dans l’art d’arriver à ses fins par tous les subterfuges ? Pour l’instant, vraiment, c’est Cookie qui remporte la palme. On d'autres thèmes déjà explorés : une bataille féroce pour la succession et évidemment, l'étalage de richesse et pouvoir...

 

Sinon, point que je trouve peu crédible : les versions Lucious et Cookie jeunes, dans les flashbacks. On peut imaginer qu’ils ont eu leurs enfants assez tôt, vers le début de la vingtaine. Le souci, c’est que d’autres acteurs auraient dû être choisis pour jouer les versions jeunes des parents. En effet, reprendre les mêmes acteurs et les affubler d’une coupe différente et d’un bandana n’est pas très réaliste. En vingt ans, tu changes quand même un peu, notamment niveau corpulence… Du coup, ça fait un peu bizarre. 

 

Je pense qu’Empire peut proposer des tensions familiales auxquelles on peut devenir addicted. Peut-être pas des complots aussi tarabiscotés que ceux de Dallas (à quoi carburaient les scénaristes ??), mais on peut avoir des bases qui, si elles sont bien articulées et pas exagérément repérables à des kilomètres (ou répétitives), entraîneront le spectateur malgré lui. Quant à la musique, je n’ai pas spécialement d’avis, vu que je n’y connais rien, mais rien n’empêche d’ouvrir son horizon musical…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre

VK

 

22 févr. 15

[FAN FICTION] PERSON OF INTEREST, "PERIPLE INATTENDU"

 

POI 2

 

Bonjour,

Voici une fan fiction que j'ai écrite sur la série Person Of Interest.

Titre : Périple inattendu.

Sysnopsis : Une simple promenade en ville ne le reste jamais vraiment quand elle est troublée par l'homme en costume.

Liens :



21 févr. 15

PARIS

 

Paris

 

Essai réussi pour Arte. J’étais déjà tombée sous le charme d’Ainsi soient-ils, j’étais curieuse de découvrir Paris, et je n’ai pas été déçue. La série propose une plongée de courte durée dans le quotidien de plusieurs protagonistes évoluant dans la belle ville de Paris. La série chorale fonctionne sur le même principe que les films Babel et Collision, avec une galerie de personnages venus d’horizons socioéconomiques très divers qui s’entrechoqueront à un moment ou un autre. Ainsi voit-on défiler un voyou endetté rêvant d’évasion, un chanteur transexuel, des chauffeurs de bus, un procureur, un premier ministre aux portes du scandale, une ancienne droguée… La série a réussi à présenter ces personnages, à les rendre attachants (j’ai adoré le panache de Cathy Penmarch et la crise d'Yvon), à nous pousser à vouloir découvrir ce qui les relient/vont les relier les uns aux autres, grâce à une vitesse de croisière modérée et un croisement habile des histoires.

 

Contrairement à ce qu'évoque son titre, Paris n’est pas du tout le personnage principal. La série ne propose guère un voyage dans les lieux symboliques et pittoresques de la ville, ce n’est pas un étalage chauvin de la capitale. L’histoire aurait très bien pu prendre place à Lyon, Bordeaux ou n’importe quelle autre grande ville de France (ça aurait été tout aussi charmant). Paris n'est qu'une toile de fond, les lieux plus ou moins célèbres montrés servent l'histoire. C’est une série sur des personnages qui se trouvent à un carrefour de leur vie, qui aspirent à un nouveau bonheur, qui dissimulent des failles et des secrets. Il y a aussi de l’hypocrisie et de la faiblesse. Comme lorsque le premier ministre succombe à la tentation d’utiliser Cathy pour redorer son blason au lieu de lui avouer la mort de son fils militaire, et plus tard, se sépare sans vergogne de son bras droit pour ensuite le rappeler en pleine nuit quand il a à nouveau besoin de lui, ou elle pour être exacte. J’ai bien aimé la décision de cette collaboratrice qui décide alors de penser d’abord à elle et non plus de se dévouer corps et âme comme elle l’a fait depuis des années, pour ne recevoir qu'ingratitude. On a aussi à travers ce ministre et son ami procureur, de manière discrète, une image peu reluisante du pouvoir. Cet univers semble, dans les fictions, ne jamais trouver la grâce… à part dans Borgen (excellente série danoise). J’ai en outre trouvé bien construit le passage du pistolet entre les mains des personnages. Les cheminements des protagonistes sont ce que j’ai retenu de la série. Egalement une belle musique avec un morceau récurrent tout au long de la série, et un générique agréable et créatif pour introduire les épisodes.

 

Les deux points que je regrette résident dans le développement de certains héros et les séquences finales de la série. Pour le premier, Leïla et Mansour m'ont paru plus en retrait que les autres. Un arc sommaire sur Mansour et son ami blessé gisant devant sa porte aurait été bienvenue. En outre, Mansour quitte son appartement tel un homme en situation de danger extrême et somme sa femme de rester là où elle est et de l'attendre. Etrangement, le jeune homme reste dans Paris, on n'en sait pas plus, l'intrigue est mise en sourdine. Pour le deuxième point, les séquences de fin : je les aurais souhaitées un peu plus développées. Que l’on quitte Leïla sur une scène avec son mari et leur nouveau-né (ou alors qu'on ait au moins une courte conclusion par rapport aux éléments décrits plus hauts), que l’on ait une image de Cathy et Yvon (ensemble dans la douleur ou ayant atteint le point de non-retour). Le plan sur le procureur Lanvin et Alexia traversant, heureux d’être ensemble, les champs Elysées, bien que d’un romantisme cliché, était grisant et finalement, c'était la scène la plus adéquate pour conclure Paris.

Malgré ces légers détails, Paris s’ajoute à la liste des séries qui prouvent que la fiction française connaît un renouveau et sait se défendre.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

06 févr. 15

WEB-SERIE "VESTIAIRES LIBERES"

 

vestiaires

 

Amateurs de web-séries, voici, si vous ne la connaissez pas déjà, "Vestiaires libérés" : voir les épisodes

Il s'agit de la web-série de "Vestiaires", programme court autour du handicap que vous avez déjà pu voir sur France 2.

Réalisé par Maxime PotheratFeaturing Nicolas Martinez, Sébastien Lalanne, et l’équipe de “On habite au 65”.

 

Sériecalement vôtre,

VK

 

 

 

 

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19 déc. 14

PROFILAGE, SAISONS 4 & 5

 

profilage guerre

 

J’ai globalement préféré la saison 4 à la 5. Niveau enquêtes, j’ai trouvé certains épisodes de la saison 5 un peu confus, des éléments n’étaient pas clairs pour moi, des affaires m’ont moins captivée alors que chaque épisode de la 4 était excellent.

Je garde encore en mémoire :

- Le militaire sniper en série (tiens, une femme commandant des forces spéciales, ça existe ??).

- Le pétage de plomb du commandant Garrel. Un personnage secondaire bad boy autodestructeur qui m’a plu. Entre nous, je doute qu’il soit vraiment mort.

- Le tueur en série du cirque, et ses dents…

- L’épisode « cold case » : sérieux, même la scène finale avec la musique + la silhouette de la victime s’effaçant + les versions présentes et passées des protagonistes (et petite parenthèse pour dire que j’aimais beaucoup Cold Case). A regarder aussi pour le repas de famille chez les Courtennes, avec une mère qui ferait fuir Bree Van de Kamp^^.

- La fin de saison avec le retour de la mère de Chloé (et la confirmation de l’une de mes théories : saison 3).

- La chanteuse martyrisée par sa belle-mère.

- L’épisode sur fond d’après-guerre, très réussi niveau costumes. Dommage qu’on n’ait pas « vu » Vanessa Valence et Raphaël Ferret en 1945.

- La femme battue qui ne l’était pas vraiment : j’ai eu peur lors de la 1ère chute que ça allait se terminer là, mais Profilage nous a surpris. Un très bon épisode original sur un sujet grave.

- Le jeune homme schizophrène abusé par son propre frère pour payer son crime à sa place. TF1 l’avait projeté en avant-première dans sa « tour », dont vous pouvez lire le résumé.

- Rocher inscrit malgré lui en solitaire cherchant l’âme sœur.

- Les confrontations équipe / IGS pour le jeu de lumières + les fantasmes d’Hyppo en plein interrogatoire (« fais-moi l’amour comme une bête », « lieutenant Kancel, vous n’y pensez pas ?!? » m’ont bien fait exploser de rires).

- La naissance de la relation Chloé/Lilly.

Bref, j’avais adoré chacun des épisodes. Un sans-faute (ou suis-je aveuglée par ma passion ?).

 

profilage rocher

 

Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai détesté certaines enquêtes de la saison 5. J’ai juste des interrogations :

- Dans l’épisode où Chloé revoit l’homme atteint d’asperger qui l’avait côtoyée dans l’hôpital psychiatrique en saison 3 : il me semble que cet homme avait beaucoup de mal avec les contacts physiques, regardez comment il salue son fils. Du coup, comment a-t-il pu avoir des relations physiques avec la mère ? C’est possible, mais disons qu’il y a un énorme écart entre serrer la main de son fils et concevoir un enfant (ou ai-je raté qu’il a été drogué ?)…

- Dans le volet où la tueuse tire sur les gens sur un coup de dé : vous allez me prendre pour une folle, mais je bloque toujours sur son frigo rempli d’œufs. Pourquoi y en avait-il autant ? Est-ce qu’elle s’est dit un truc du genre : « si ça tombe sur 6, j’achète tous les œufs du rayon » ? Son comportement était irrationnel dans le sens où toutes ses décisions dépendaient du dé, pour autant, je comprendrais plus qu’elle dévalise des magasins de vêtements qu’un rayon d’œufs…

- Il y a aussi eu le grand retour de Louise, mais bizarrement, je m’attendais à un come back plus explosif. Parce qu’à partir du moment où elle partait en cavale avec Adèle (enfin, plutôt Adèle entraînant Louise dans son road trip), son plan dépendait plus de la situation que de sa propre volonté. Elle ne pouvait pas vraiment maîtriser un minimum les évènements, contrairement à son plan de profiter de la détresse du prof de Chloé pour le pousser à commettre des meurtres et les mettre sur le dos de Chloé. Par conséquent, son plan en paraissait moins machiavélique et pensé, c’en était presque de l’improvisation. Et moi, j’imaginais plus de cette furie.

- Je regrette en outre le fait qu’on n’ait pas eu plus de scènes de retrouvailles entre Chloé et sa mère. Certes, on a compris le bonheur retrouvé avec la scène sur la plage au tout début de la saison (ça m’a rappelée la scène finale de l’épisode « A perfect Day » de Cold Case, pour les thèmes retrouvailles mère/fille et plage). Seulement voilà, la fausse mort de la mère de Chloé était un élément majeur. A part quelques apparitions, la maman ne faisait pas grand-chose. La vie reprenait son cours comme si de rien n’était, alors que c’était tout le contraire. Ce n’est pas rien de retrouver sa mère qu’on croyait morte après autant d’années et de secrets. J’aurais souhaité aussi une scène Chloé+sa mère+son père, parce que cette famille a été en partie détruite.

 

Profilage 7

 

- Adèle : le personnage sur lequel je reste mitigée. Elle m’avait fait bonne impression dans la saison 4 : rebelle, solitaire, asociale, directe et brillante. Son interrogatoire de la femme du préfet : « quel est votre revenu ? » « bon, on va dire, inférieur », m’avait fait trop rire. Des points communs avec Chloé, mais une réaction face au monde qui l’entoure différente. A bien des égards, Adèle est un reflet « sombre » de Chloé : plus agressive, moins pimpante vestimentairement parlant, repliée sur elle-même, sur la défensive alors que Chloé s’est ouverte. Encore souvent un peu gauche, mais elle fait des efforts.

Quid d’Adèle dans la saison 5 ? Toujours borderline et ne faisant confiance à personne. Mais pour moi, elle flottait, elle n’arrivait pas à trouver sa place dans la société, ce qui reste dans le prolongement de sa personnalité. En fait, contrairement à la fin de la saison 4 où elle apportait sa pierre à l’édifice (enquête + sauvetage de Chloé), ses actions ont été moins significatives dans la saison 5. Sauf dans une certaine mesure lors de sa virée avec Louise. Mais là encore, la pertinence et la violence de son initiative restent floues pour moi. Adèle avait l’air d’improviser totalement, obéissant uniquement à sa vision, puis déstabilisée par Louise, tandis que cette dernière me paraissait beaucoup plus posée. J’aurais voulu aussi que le mystère sur sa sœur jumelle soit résolu, ou qu’il y ait une piste qui l’envoie enquêter ailleurs. Je vous avoue qu’à un moment, j’ai cru que Louise était sa sœur, avant de me rappeler qu’il s’agissait d’une sœur jumelle… Quoi que Louise aurait très bien pu se transformer grâce à la chirurgie esthétique…

A côté de cela, ce qui m’a le plus décontenancée, c’est la relation Adèle/Rocher prenant la direction d’une relation entre amants d’une nuit. Je voyais davantage Rocher en figure paternelle, apportant à Adèle une parenthèse de stabilité, qu’en coup d’un soir. Je voulais qu’il résiste car Adèle n’avait pas forcément les idées claires. Enfin, Adèle étant Adèle, elle reste un personnage à part… Reviendra-t-elle après le départ de Saint-Laurent pour assurer la relève, cette fois-ci, plus assagie ?

 

Profilage 3

 

- Fred Kancel : Euh… Comment avez-vous osé ??? Je commençais à apprécier la part qu’elle prenait dans les intrigues feuilletonnantes. Bon, ok, presque toujours en lien avec Hyppolite, mais ça prenait de l’épaisseur. Alors qu’on aurait pu avoir un développement des séquelles physiques et psychologiques de son kidnapping, voilà qu’on y met un terme de façon radicale. Je voulais en savoir plus, sur son alcoolisme, sa mère (wow, madame Kancel n’a pas froid aux yeux !!)… Egalement la voir plus lors d’interrogatoires, en duo avec Rocher et/ou Saint-Laurent, sans casser le tandem Rocher/Saint Laurent. Voilà, juste un regret sur les possibilités d’histoires qu’aurait pu vivre ce personnage.

Sinon, j’aime bien la réaction face à Roze que les scénaristes nous ont montrée : humaine. Ma réaction à chaud fut de regretter que Fred, dans un élan de volonté féroce de survie et ce, malgré ses blessures, ne se soit pas redressée et jetée sur Roze pour se battre. Sursaut tout à fait crédible : en tant que flic, elle avait les moyens de réagir et se défendre face à un assaillant. Je regrettai de l’avoir vue en situation de supplication et non d’affirmation/de lutte. En y réfléchissant le lendemain, je me suis dite qu’en définitive, c’était pas si mal non plus. On avait eu une réaction d’un être humain désorienté, terrorisé dans un contexte d’extrême violence. Même en ayant reçu une formation pour faire face à des situations périlleuses, on n’en est pas pour autant immunisé. Cette réaction rendait Fred encore plus touchante, et la situation encore plus déchirante.

 

Il y a des épisodes que j’ai vraiment appréciés : l’affaire avec l’allemande, que j’ai trouvée originale puisqu’on n’avait pas le schéma traditionnel cadavre + investigation ; le serial killer tuant les modèles de virilité (punaise, Rocher a failli y passer ! je me disais bien que le jeune était « bizarre », j’ai même envisagé qu’il était homosexuel et essayait de draguer Rocher) ; l’épisode avec le casino/l’asperger, sur le modèle du reportage TV. Pour ce dernier, rien d’extraordinaire, mais c’était plaisant de voir une autre façon de tourner l’épisode. Surtout, les répliques et pitreries d’Hyppolite, et la scène trop classe de la sortie de voiture ! Pour l’épisode Eyes Wide Shut, à la vue du château et du marquis de Saade, on pressentait déjà que ça allait tourner Eyes Wide Shut. Un peu trop ressemblant. Même si l’énigme des œufs m’a marquée, j’ai bien aimé le retournement de situation dès le début de l’épisode avec Julie Gayet : on s’attendait à une enquête sur la fusillade dans la fac (y avait-il un complice qui s’était échappé ?), finalement, on avait une affaire à 360°. Le premier volet de la saison 5 différait par son côté secte à l’intérieur même d’une famille. Et que dire du final, joyeux pendant deux secondes, puis stressant, triste, pervers et cruel, mais aussi léger grâce à la présence d’Esra.

 

Profilage 4

 

Sans entrer dans les détails, Profilage reste pour moi une série française de très bonne qualité, au niveau des enquêtes, de la réalisation, des intrigues feuilletonnantes qui concourent fortement à nous faire aimer les personnages. On sent qu’il y a quelque chose de différent. Bien sûr, on revoit dans Profilage des mécanismes qu’on a déjà vus dans d’autres films/séries. Toutefois, c’est bien exploité dans Profilage : ça se marie bien avec l’enquête du jour. Par ailleurs, on ne va pas cracher dans la soupe : ces procédés ne nous ont pas dérangé avant, pourquoi ça commencerait aujourd’hui, juste parce que c’est une série française ? Les histoires sont bonnes, non ?

 

On sent aussi que plus la série avance, plus elle devient sombre, même « gore » dans le sens où les assassins ont des motivations/problèmes psychiatriques très inquiétants/graves et où les modus operandi sont effroyables. Certains suivront, d’autres préfèreront revenir aux bases : des enquêtes coriaces, de la folie douce et du comique. Pour ma part, j’adhère jusqu’ici. Par moments, Profilage se rapproche beaucoup d’Esprits Criminels, autre série dont je suis fan. S’il devait y avoir un crossover US/France en matière de séries, un mélange Profilage/Esprits Criminels serait loin d’être absurde. Imaginez le topo : des meurtres en série aux US, à Washington DC, puis traversée de l’Atlantique parce qu’on retrouve des cas similaires à Paris. Pour satisfaire mon imagination et parce que j’adore ce personnage, Emily Prentiss arriverait de Londres pour retrouver le BAU + Chloé & co. à Paris car Londres est également touchée (un serial killer diplomate ?). Et hop, on se ferait 3 capitales en 3 épisodes ! Et bien sûr, Hyppolite rencontrerait son homologue Garcia, lol. Soit ça, soit un crossover Crossing Lines/Profilage, vu qu’on a souvent des affaires de meurtriers en série dans Crossing Lines et que ce serait plus facile pour cette série de tourner à Paris.

 

Plus sérieusement, Profilage s’obscurcit tout en gardant des moments de légèreté (heureusement !). La pente avait été amorcée en saison 4, elle s’accentue dans la 5. On avait vu Saint-Laurent se pendre et à cette époque, je me disais « wow, mais où est-ce qu’on va ?? c’est quoi, ce cliffhanger déprimant ? ». Quand je vois le dernier épisode de la saison 5, et qu’on sait qu’Odile Vuillemin partira à la fin de la 6, j’ai vraiment peur pour ce prochain cru. Je m’attends à tout : Hyppo en prison car jugé coupable de l’exécution de Roze, limite alcoolique/drogué avec des problèmes d’anger management, ayant des hallucinations sur Fred ; Rocher paraplégique (les ciseaux m’avaient l’air bien plantés entre deux vertèbres…), reniant son amitié avec Chloé (pour un temps au moins) ; Chloé folle, faisant une fusillade en pleine DPJ et abattue par le GIPN/GIGN…  

 

Profilage 2

 

A coup sûr, la vie des personnages qui restent et leur relations ne vont plus du tout être les mêmes dans la future saison. Pour Hyppolite, le changement de registre est prometteur, voire le cas le plus intéressant. Jusqu’ici abonné aux situations comiques, il (plutôt son interprète) va pouvoir exceller dans le dramatique, montrer toute sa douleur après la perte de Fred. Quelque chose s’est brisée en lui et il ne va certainement pas ressortir des vannes aussi tôt. Alors oui, ça va être un peu difficile de ne plus voir Hyppo dans son registre habituel, mais le personnage ne stagnera pas dans un seul thème. J’attends de voir une nouvelle facette de ce protagoniste. Déjà, quel regard de tueur quand il se retourne et voit Roze !

Pour continuer avec Hyppolite, et en même temps reparler de Fred, j’ai bien ri à sa réaction en apprenant qu’il était père (le mec qui met un siècle à capter et s’évanouit…), j’ai pesté quand il a annoncé son mariage avec Jess, une femme qu’il n’aime pas. Non mais, franchement, Hyppolite, tu nous as fait quoi, là ?! J’étais contente quand Fred et lui se sont mariés, et je suis restée sans voix au décès de Fred. J’ai pensé : « non, elle va juste s’évanouir à cause de la douleur et on la reverra à l’hôpital l’année prochaine ». Quand j’ai vu qu’elle avait les yeux grands ouverts, ça a été le choc. Et c’est là qu’on se rend compte que mine de rien, on s’est attaché à ce personnage. J’ai également trouvé que c’était atroce de les avoir maintenus mari et femme pendant cinq minutes. Ne pouvait-on pas les laisser heureux pour un épisode entier ?? Et the one million dollar question : c’est qui, ce « la » dont parlait Hyppo en disant « je vais la retrouver » ? Une enfant abandonnée ?

Encore une fois, triste que Fred ne soit plus là. Longtemps, Hyppolite et elle me faisaient penser au duo Ryan/Esposito de Castle (on en revient toujours aux comparaisons avec les US…) : un tandem en retrait par rapport à un autre fort, et qui se démarquait par la touche de légèreté qu’il apportait. Vers la saison 4, le couple Fred/Hyppolite commençait à gagner du terrain, et je voyais cette tendance s’accentuer dans la saison 6. Et vlan, je me retrouve l’herbe coupée sous le pied…

Pour Chloé, comme mentionné plus haut, je crains beaucoup pour elle. Connaîtra-t-elle le bonheur un jour ? Après la « mort »  de sa mère, son père interné, Louise, la disparition de Pérac, le secret du juge, sa fausse couche, sa relation dangereuse avec Garrel, sa tentative de suicide, j’espérais qu’elle trouverait enfin la paix avec le retour de sa mère et l’arrivée de Lilly. Et voilà qu’elle devient schizophrène et qu’elle poignarde Thomas !! Faudrait peut-être arrêter de la malmener, non ? J’en profite pour saluer le jeu impressionnant d’Odile Vuillemin. Excellente en : comique, délurée, effrayée, triste, psychotique, dans une excellente série.

 

Pour résumer : la série s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité et n’épargne plus ses protagonistes, entre des enquêtes toujours intéressantes et une part de feuilletonnant qui s’affirme de plus en plus. Le final de la saison 5 marque un tournant dans la vie des personnages et de la DPJ. La bonne humeur, la complicité entre les héros et l’efficacité de l’équipe seront chamboulées pendant un certain temps, ce qui donnera un nouveau souffle dans la sixième saison.

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

19 oct. 14

CANALPLAY, PRESENTATION SERIE DIGITALE "H+"

Le 7 octobre, Canalplay organisait une présentation de son catalogue de séries digitales et la projection de l’une d’entre elles, H+, en présence de ses créateurs, John Cabrera et Cosimo de Tommaso. L’évènement s’est déroulé au Kitchen Studio à Boulogne Billancourt.

Canalplay s’est lancée dans les séries digitales dans une volonté d’accompagner les auteurs et de partager avec le public des histoires différentes. Plusieurs genres sont présents dans le corner canalplay : SF, fantastique, action, humour (via le label Studio Bagel), horreur.

 

digital series

 

Quelques mots sur H+ :

- Synopsis : Un virus décime la population mondiale, connectée en permanence à internet grâce à un dispositif implanté dans le corps. Ceux qui ont échappé à ce virus luttent désormais pour leur survie.

- La genèse de la série remonte à 2006. L’idée d’un monde où les gens seraient déconnectés est venue à John Cabrera alors qu’il conduisait dans un parking à Los Angeles et que la radio de sa voiture s’est éteinte. Il a ensuite appelé Cosimo de Tommaso pour développer cette idée.

- C’est après avoir appris qu’une agence à L.A cherchait les réalisateurs de demain que les créateurs ont commencé à rencontrer les studios, parmi lesquels Warner Bros, qui a été intéressé et a amené le producteur Bryan Singer (X-Men, Dr House) sur le projet.

- L’histoire suit une dizaine de personnages à différentes périodes et se déroule sur plusieurs lieux à travers le monde. Les créateurs souhaitaient ne pas se limiter à un point de vue uniquement américain.

- Le spectateur peut regarder les épisodes dans l’ordre qu’il souhaite.

- John Cabrera et Cosimo de Tommaso ont écrit tous les épisodes. Ils sont au nombre de 48, d’une durée de 5 minutes chacun. La série est toujours en cours de production.

- Pour John Cabrera, la concurrence accrue a favorisé la qualité des contenus proposés.

 

Mon avis :

Bien que n’ayant pas tout suivi ; partagée entre discussions avec les autres invités, visionnage et collation ; je trouve que la série ne manque pas de qualités. Déjà par son thème : être connecté partout, tout le temps, qui caractérise bien notre société actuelle. Que devient-on lorsqu’on perd cette connexion ? Ajouté à cela l’intrigue autour du virus, le panel de personnages et de lieux, il y a vraiment beaucoup de possibilités. En plus, le spectateur peut constituer sa propre "playlist", ce qui, pour le visionnage d'une série, est vraiment original. Ensuite, par la qualité de l’image : H+ est bien faite et égale une série qui passerait à la TV. Elle est juste plus courte. C’est une expérience à tenter.

 

Sériecalement vôtre,

VK

11 oct. 14

HOW TO GET AWAY WITH MURDER (PILOTE 2014)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : La série suit un groupe d’étudiants en droit et leur professeur, qui se retrouveront impliqués dans une affaire criminelle.

 

how to get away1

 

Après Grey’s Anatomy, Private Practice et Scandal, Shonda Rhimes récidive avec How To Get Away With Murder. Assurément, c’était un pilote qui allait à coup sûr attirer l’attention et accroître les attentes. Et franchement, je ne suis pas déçue. Ce premier épisode est réussi. Il contient tous les ingrédients pour faire de HTGAWM le nouveau succès de Shonda Rhimes (si tout se passe bien par la suite). Elle n’est pas devenue la femme la plus puissante du petit écran pour rien.

 

On retrouve les thèmes habituels des séries signées Rhimes : liaisons dangereuses, secrets, concurrence entre étudiants ambitieux... Côté personnages, bien que les principaux sont la professeur et le groupe de cinq étudiants ayant obtenu le graal de faire un stage avec elle, deux se démarquent du lot. Evidemment, le premier est la professeur Keating, dynamique, assurée, au verbe aussi virevoltant que dans Scandal, autoritaire et avec des failles (à découvrir). Elle s’impose à l’écran, mais le gap entre elle et les autres personnages n’est pas abyssal, ce que j’apprécie. On ne ressent pas trop le fait qu’il y ait un héros qui écrase tous les autres qui finissent par n’être que de simples faire valoir, protagonistes de décor subissant les évènements, n’ayant pas d’objectifs et de conflits captivants.

Le deuxième est le jeune Wes, sympathique, à l’air naïf, et surtout témoin d’évènements perturbants. Les nostalgiques des films Harry Potter reconnaîtront en lui Dean Thomas. Pour ma part, quand je l’ai vu, sa tête me disait quelqu’un, je ne savais pas qui mais j’étais sûre de l’avoir déjà vu quelque part. Et puis merci imdb grâce auquel j’ai percuté que l’acteur avait joué dans Harry Potter. Les deux autres jeunes hommes qui font partie des stagiaires de Keating apparaissent plus calculateurs et prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Les connaisseurs identifieront l’un d’entre eux comme étant le gardien John Bennett d’Orange Is The New Black (OITNB), qui ici, incarne un personnage imbu de lui-même.

 

how to get away2

 

Un fil rouge vient pimenter l’histoire et sert à maintenir en haleine le téléspectateur pour qu’il revienne semaine après semaine. Un fil rouge sur fond de meurtre que le petit groupe d’étudiants, sauf l’ancien John Bennett, essaie de dissimuler au mieux. Des flashforwards sur leurs actions et leur peur viennent instiller le suspens. Comment et pourquoi le mari de Keating a été tué ? L’a-t-il été par les étudiants volontairement ou était-ce une confrontation qui a mal tourné, en d’autres termes, un accident ? Vont-ils tenir leur pacte ?

Je verrai bien le mari avoir eu une liaison avec l’associée de Keating (parce qu’à un moment, la fille le regarde bizarrement) et être plus ou moins lié à la disparition de l’étudiante dans le pilote (car c’était son professeur, il me semble, en tout cas, il la connaissait). Au vu de la réaction de Michaela, je penche moins pour un meurtre prémédité. Et je verrai bien l’étudiant absent des flashs (l’acteur de OITNB), cafter au sujet de ce secret ou faire du chantage au groupe après avoir fouiné pour découvrir ce qu’ils cachaient.

L’autre question intéressante est : Keating a-t-elle manigancé le meurtre de son mari en utilisant les étudiants (et ceux-ci se retrouvent dans la difficile situation de la couvrir) ? Car elle-même n’est pas totalement clean vis-à-vis de son époux. Au vu de ce dont elle est capable, j’émets de sérieux doutes sur son explication d’avoir succombé à la tentation à cause de la pression que son projet de fonder une famille a entraînée. Est-elle à l’origine d’un stratagème reposant sur ses trois règles ? Discréditer les témoins, proposer un autre coupable et enterrer les preuves. Sa liaison avec le flic est-elle un moyen d’avoir un pied dans la police et donc, la future enquête sur la disparition et meurtre de son mari ? Avec toutes ces questions, How To Get Away With Murder a de quoi devenir addictive.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK Serie