Sériecalement Vôtre

24 août 19

ENNEMI PUBLIC, SAISON 2

 

Je viens de terminer la saison 2 d’Ennemi Public, diffusée sur TF1 Séries Films. Dire que j’ai failli la manquer ! En effet, c’est en consultant mon programme TV pour passer le temps que j’ai découvert le passage d’Ennemi Public sur cette chaîne pendant l’été. S’il y a eu une communication autre (via des publicités), dans ce cas j’ai dû la rater… et je dirai que c’est un peu dommage de ne pas avoir des campagnes de promotion avec un peu plus d’envergure (à moins que l’inattention vienne de moi bien sûr).

Cela fait aussi un bon bout de temps que je n’avais pas publié sur ce blog (et oui, d’autres projets sont arrivés entre-temps^^). Ennemi Public m’a donné envie d’écrire cet article. Sachez que j’en avais déjà partagé un, suite au festival Séries Mania, disponible ici.

 

J’ai, pour utiliser un terme familier, kiffé la saison 2. Je l’ai préférée à la première. Cette dernière m'avait intéressée, pas captivée. La deuxième m'a charmée. Tant mieux, mon enthousiasme s'est renforcé au fil des saisons.

La saison 1, telle qu’elle avait été construite, était cependant nécessaire pour cette seconde saison, suite logique avec de nouveaux éléments.

 

Attention, la suite contient des spoilers.

 

 

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La saison 1 posait les bases. Pour développer l’univers de la série, elle proposait une intrigue policière assez classique sur le thème du ‘’whodunnit ?’’. Un tueur en liberté conditionnelle qui s’installait dans un village paisible et perdu dans la nature. Un enfant qui disparaissait ensuite. Forcément, tout le monde accusait le tueur. S’enchaînaient alors plusieurs pistes, des déchirements entre les villageois dont la vie sans histoires était désormais bousculée par l’arrivée de cet individu odieux dont on ne voulait pas la présence. On arrivait enfin à la découverte de la vérité et un cliffhanger pour accrocher le téléspectateur à une éventuelle saison 2.

Avec cette deuxième salve d’épisodes, on retournait au village. On y retrouvait les mêmes personnages. Certains en reconstruction, d'autres en tentative d’imposer de nouvelles règles du jeu après les événements tragiques. On replongeait dans une enquête policière intimement liée au passé de Chloé Muller, pour rester dans le domaine du polar.

 

 

Même si tous les personnages n'étaient pas liés à l’enquête, j’ai bien aimé suivre leur évolution.

Comment le père et le fils Stassart survivaient dans un village qui les considérait maintenant comme des pestiférés, alors que techniquement ils n’avaient rien fait (puisque c’est la mère la meurtrière). La détresse du jeune Emile était touchante. On était aussi sensible au père qui faisait son possible, avec parfois maladresse, pour continuer à vivre ; et qui éprouvait un sentiment de culpabilité (qu’aurait-il fait si ça avait été lui ?).

L’acceptation de Lana, puisqu’elle revenait travailler avec l’époux de celle qui a assassiné son fils, était touchante aussi. A l’inverse de son mari, elle avait choisi d'avancer malgré tout.

Comment Béranger apprenait à revivre en liberté avec toute la méfiance des locaux. Méfiance tout à fait compréhensible au vu de ses crimes horribles. Comment Béranger se bonifiait pour Mona, pour lui permettre de s’envoler alors qu’elle n’avait reçu que du mépris de la part de son entourage. A noter que son frère est une véritable ordure… la scène du rasage était choquante, d’une violence psychologique et morale. Scène dure mais bien pensée.

Il était intéressant de se replacer dans le même environnement et de voir les conséquences des événements passés et la reconstruction des victimes, ancien bourreau, policiers ; mais également de suivre de nouveaux personnages. 

 

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Quid de l’enquête policière ? Haletante. Le suspens grandissait d’épisode en épisode. Les étapes de l’enquête et les rebondissements étaient bien dosés à chaque épisode. Je n’ai pas vraiment de critiques à faire car franchement, le déroulement de l’enquête m’a plu.

On repartait sur le traumatisme de Chloé, à savoir la disparition de sa sœur Jessica. Comme on savait qu’elle était encore en vie depuis le cliffhanger de la saison 1, il était évident que sa recherche serait l’investigation qui mènerait la saison 2. On ne pouvait pas répéter une saison 1 avec une nouvelle disparition d’enfants, ça aurait été sans valeur ajoutée. On aurait pu penser à un autre crime, mais comment expliquer le retour de Chloé ?

La recherche de Jessica était par conséquent la piste la plus cohérente. D’une part parce qu’elle faisait écho à Chloé, d’autre part parce qu’elle concernait le kidnapping d’enfants, donc justifiait la présence de Béranger et permettait la replongée dans Vielsart. D’ailleurs, j’y pense, il n’est plus le seul ennemi public, il partage la vedette avec Van Acker… donc si un de ces personnages devait disparaître, le titre de la série resterait logique^^

 

 

J’ai bien aimé le focus sur la vie en communauté de Paul et "ses" filles. Son délire, malsain, était scénaristiquement singulier.

On aurait pu s’attendre à un énième pervers enlevant des petites filles pour assouvir des désirs répugnants et les tuant une fois ces désirs assouvis ou parce qu’elles avaient dépassé un certain âge et de ce fait ne l’intéressaient plus.

On se rendait compte qu’en fait, son but était de protéger ces filles d’un monde dangereux. Pour cela, il les avait préparées au combat et préservées dans un "paradis". On aurait pu s’attendre à ce que ce groupe soit une secte avec des membres masculins servant de soldats et des membres féminins réduits aux tâches ménagères et formant le harem du leader. On découvrait qu’il s’agissait d’une secte à 99% féminine, le 1% étant représenté par Paul, et que lui-même ne les touchait pas. Il s’agissait d’une secte à caractère religieux, avec un chef se prenant pour Jésus ("look Jésus" quand tu nous tiens)...

Bien qu’ayant subi un lavage de cerveau, les victimes n’avaient pas pour autant tout oublié de leur vie d’avant, et en grandissant, commençaient inconsciemment ou non à développer des signes de rébellion (aller au-delà de la clôture, etc.).

Evidemment, le raisonnement de Paul restait tout autant pernicieux, mais il différait d’autres cas vus dans des séries télévisées.

 

Petite parenthèse sur le juge d’instruction ou procureur (je ne me souviens plus du terme exact), très pragmatique : ni en désaccord perpétuel avec la police, ni en supporter aveugle de celle-ci. J’ai trop adoré sa réponse à Michaël quand celui-ci justifie sa démission par le fait qu’il n’a rien pu faire : ‘’Je n’ai rien fait.’’ ‘’Peut-être parce qu’il n’y avait rien à faire !’’ (arrête tes jérémiades et retourne bosser).

  

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Que dire du dernier épisode de cette saison ? Diablement frustrant… parce qu’une saison 3 devient absolument nécessaire pour connaître le fin mot de toute cette histoire !

J’ai eu de la peine pour Chloé qui n’a pas encore pu sauver sa sœur mais l’a aperçue (savait-elle que c’était Jessica ?). Elle aura eu pour lot de consolation : une lettre écrite par sa sœur qui montre qu’elle ne l’a pas oublié, le sauvetage de Jasmine et Nelly (sa réadaptation sera dure). J’ai eu de la peine pour le copain de Jessica. Comment sa relation avec Paul va-t-elle évoluer ? Il ne manquerait plus qu’elle découvre qu’elle est enceinte…

 

Des questions restent en suspens. Il est certain que la traque de Paul va continuer dans la saison 3. Je vois mal comment et pourquoi on n'irait pas dans ce sens.

Où va-t-elle nous mener ? Va-t-on quitter Vielsart pour un autre lieu ou va-t-on alterner entre Vielsart et un autre endroit ?

Les filles vont-elles se rebeller ensemble ? L’équilibre du groupe me semble sur le point d’être remis en question… Que va faire Paul en découvrant ce qu'il considère comme "déviances" ?

Qui des personnages de Vielsart ? Comment continuer à les faire évoluer s’ils ne sont pas impliqués de près ou de loin par cette traque ? Par rapport à Béranger ? Lui-même, a-t-il succombé à ses vieux démons ou n’a-t-il fait que jouer la comédie pour mieux duper tout le monde ? Est-il la bête évoquée par Nelly ? J’ai aussitôt pensé à lui quand Nelly en a parlé (je ne sais plus si ce surnom avait été introduit en saison 1…). A-t-il un lien plus étroit avec Paul ?

Reverra-t-on Mona maintenant qu’elle poursuit son chemin dans le domaine du droit ? Moi, ça m’intéresserait. Par exemple en tant que stagiaire qui serait amenée à travailler sur l’enquête. Ou qui découvrirait le subterfuge de Béranger (voire tomber sous sa coupe ?).

Si on retrouve les habitants de Vielsart, il y a un autre que j’aimerais revoir : Judith. A condition que sa présence reste pertinente par rapport à l’histoire, mais pourquoi pas ? On l’avait recroisée une fois dans la seconde saison. Ma foi, elle avait une sale mine. Je serai curieuse de connaître ses galères en prison : s’est-elle fait tabassée par ses codétenues à cause de la nature de ses crimes ? C’est ce que j’avais déduis en voyant ses bleus lors de la visite de Patrick et Emile. En tout cas, s'ils restent dans les parages (quid de la décision de l’assistante sociale ?), cela me semblerait possible de faire allusion à Judith une fois. D’ailleurs, Patrick, avec d’autres habitants, va-t-il s’interroger de la disparition d’un des leurs, même si c’était un voyou ?

 

Bref, s’il vous plaît donnez-nous une saison 3.

  

Sériecalement Vôtre,

VK

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DOWNTON ABBEY, AU REVOIR

 

Downton Abbey a fait ses adieux aux téléspectateurs français le 2 janvier 2016 avec son ultime Christmas special. Cet épisode a offert un sympathique et happy end à tous les personnages... enfin, presque tous les personnages car en ce qui concerne Carson, je dirai que sa fin heureuse ne l'est pas entièrement.

Je garderai de bons souvenirs de cette série raffinée. Elle nous a présenté avec brio une belle reconstitution de la société britannique du début du XXème siècle, de l'aristocratie aux personnes dévouées à leur service, avec une galerie de personnages élégants et bienveillants. Je citerai en exemple Lord Grantham, un homme qui s'est montré loyal envers ses domestiques (Carson, Mrs. Padmore, Bates...), qui n'a jamais fait preuve de méchanceté ou d'indélicatesse envers qui que ce soit. Il était un véritable gentleman. Downton Abbey a créé un environnement où l'amour a coexisté avec les tragédies (comment oublier la mort de Matthew et Sybil le jour où ils ont accueilli leur nouveau-né ?), les bouleversements socio-économiques inévitables ou amplifiés par les évènements historiques et l'acceptation de ces changements (Tom, le chauffeur qui s'est marié avec la cadette d'un compte, shocking^^ ! etc.), l'humour (Denker vs. Spratt, les remarques de la comtesse douairière...). Je dirai qu'il a toujours été question d'amour dans Downton Abbey. Mary/Matthew et finalement Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, et toutes les autres relations qui n'ont pas abouti.

 

 

Pour ma part, je dois avouer que certaines histoires d'amour ainsi que certains protagonistes m'ont ennuyée. Mary a été la plus décevante. Elle a été tout le long l'enfant gâtée d'une famille aisée. Ayant pour objectif d'épouser un homme avec une excellente situation. Bien qu'elle ait accepté Henry à la fin, je n'ai pas été très convaincue par sa démonstration de fierté en apprenant la reconversion d'Henry en vendeur de voitures. Cruelle envers sa propre sœur Edith, se pavanant avec sa nouvelle coupe de cheveux alors qu'Edith venait de recevoir la confirmation du décès de Michael, et lui témoignant presque de l'exaspération. Il était vrai qu'on se doutait qu'il n'y avait plus d'espoir de revoir Michael en vie, mais bon, Mary, il y a des limites... Sur un forum, un internaute me disait qu'avec un tel ego, Mary se devait de se la péter un max... Ce qu'elle a fait avec succès. Pourtant, Mary a montré une autre facette, inattendue et voire incompatible avec ce à quoi elle nous avait habitués... Peste avec sa sœur, l'aînée du comte était très proche de sa femme de chambre et du majordome, et de façon générale, faisait preuve de bonté envers les es sociales en dessous de la sienne.

 

Après la mort de Matthew (je n'ai jamais accroché à l'incessante valse de ces deux-là), je souhaitais que Mary sorte des sentiers battus et entame de nouveaux défis. Gérer le domaine, se réaliser dans une activité, peu importe laquelle. On l'a en effet vue s'impliquer dans la gestion de Downton, mais le sujet était traité à sa surface (une scène de temps à autre). Au lieu de voir des arches narratives percutantes, qu'a-t-on vu ? Et bien, Mary en hésitation face à de nouveaux prétendants, encore et encore... On a l'impression que caser Mary était la seule finalité réservée à ce personnage. Ainsi que la montrer sous son plus mauvais jour uniquement avec sa sœur, et ce, jusqu'à la fin. Prenez par exemple l'affaire Marigold et Mary clamant qu'elle ignorait qu'Edith n'avait encore rien révélé à Bertie... Mouais, mon œil... A mes yeux, Mary a été le personnage le moins passionnant. Je ne sais pas si elle était censée être l'héroïne que les téléspectateurs détesteraient ou envers laquelle ils éprouveraient des sentiments partagés, si c'est le cas, l'entreprise a été réussie.

 

 

A l'inverse, l'évolution de la malchanceuse (pour plusieurs années) Edith a été remarquable. Aux débuts de Downton Abbey, Edith restait un personnage discret, voire presqu'insignifiant. Je crois même que je n'ai jamais fait attention à elle pendant la première saison. Malgré tout, elle a réussi au fil des saisons à devenir une femme mature, moderne, brave. Elle me rappelle un peu la jeune, effrontée, et passionnée Sybil, qui fut la première à bousculer les codes. Edith a en quelque sorte repris le flambeau. Tout comme Mary, Edith a eu de nombreuses aventures de cœur. Au contraire de Mary, ces intrigues ont été un cortège d'épreuves bien plus intéressantes. Edith a été abandonnée à l'autel le jour de son mariage, a eu un enfant en dehors des liens du mariage (totalement ordinaire pour nous aujourd'hui, totalement scandaleux à l'époque !), a dirigé un magazine. La jeune femme en est ressortie plus forte. Elle a complètement mérité une fin joyeuse, et heureusement d'ailleurs, sinon j'en serai restée amère.

 

 

L'amour a donc été un sujet indissociable de Downton, en parallèle du portrait d'une certaine Grande Bretagne d'avant. Si, au départ de ma réflexion je me suis légèrement emportée devant ces amours à répétition, en définitive, elles se comprennent quand on se replace dans le contexte de l'époque où en général, finir vieille fille n'était pas considéré comme situation idéale... L'une des sœurs aurait pu terminer la série en demeurant indépendante et continuer ce rôle de femme avant-gardiste, finalement, les voir heureuses en couple ne me déçoit pas, c'est une fin positive.

Je regrette la relation entre les Bates et la justice : était-ce nécessaire de voir à la fois John et Anna accusés de meurtre deux années de suite ? Je regrette le fait que plusieurs intrigues autour des domestiques aient existé parque qu'elles étaient directement liées à la famille Crawley. Par exemple, on voyait le domestique Y affairé dans la ville W car il/elle accompagnait un membre de la famille Crawley dans la ville W. Toutefois, je ne regrette pas d'avoir vu ces personnages poursuivre/concrétiser leurs rêves : Mrs. Padmore et son Bed & Breakfast, Daisy réussissant ses examens (je la voyais même aller plus loin car elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire entendre ses opinions), Spratt et sa rubrique dans le magazine d'Edith ("et dire que nous avions un expert en bas !" pour reprendre Lady Violet, franchement, je ne m'y attendais pas), Molesley devenant instituteur... Les temps changent, et les personnes également. Autre amertume : quelques intrigues peu approfondies, où on est passé d'un commencement étonnant à un développement et une conclusion trop rapides, alors qu'on perdait du temps sur des histoires pour lesquelles on éprouvait une sensation de déjà-vu. L'implication malencontreuse des Bates dans des affaires criminelles est l'exemple le plus parlant.

 

Voilà des éléments sur lesquels je souhaitais revenir, parmi d'autres en tête, oubliés, ou qui traverseront mon esprit plus tard... Downton Abbey a été une série savoureuse. Avec elle, il ne fallait pas s'attendre à des péripéties grandiloquentes, de prise de position sur des sujets sociétaux ou politiques, seulement au quotidien (presqu'ordinaire) de personnes ordinaires de passage dans un monde en transition, raconté avec douceur et charme (les scènes véritablement violentes se comptent sur les doigts de la main). Certains personnages ont eu une place plus évidente que d'autres mais tous ont connu leurs aventures. Même si j'aurai aimé passer davantage de moments agréables grâce à cette fiction, comme l'a dit Thomas Barrow, l'homme mystérieux avec une sensibilité insoupçonnée, "même les bonnes choses ont une fin". 

 

 

Sériecalement vôtre,

VK

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DOWNTON ABBEY, AU REVOIR

 

Downton Abbey a fait ses adieux aux téléspectateurs français le 2 janvier 2016 avec son ultime Christmas special. Cet épisode a offert un sympathique et happy end à tous les personnages... enfin, presque tous les personnages car en ce qui concerne Carson, je dirai que sa fin heureuse ne l'est pas entièrement.

Je garderai de bons souvenirs de cette série raffinée. Elle nous a présenté avec brio une belle reconstitution de la société britannique du début du XXème siècle, de l'aristocratie aux personnes dévouées à leur service, avec une galerie de personnages élégants et bienveillants. Je citerai en exemple Lord Grantham, un homme qui s'est montré loyal envers ses domestiques (Carson, Mrs. Padmore, Bates...), qui n'a jamais fait preuve de méchanceté ou d'indélicatesse envers qui que ce soit. Il était un véritable gentleman. Downton Abbey a créé un environnement où l'amour a coexisté avec les tragédies (comment oublier la mort de Matthew et Sybil le jour où ils ont accueilli leur nouveau-né ?), les bouleversements socio-économiques inévitables ou amplifiés par les évènements historiques et l'acceptation de ces changements (Tom, le chauffeur qui s'est marié avec la cadette d'un compte, shocking^^ ! etc.), l'humour (Denker vs. Spratt, les remarques de la comtesse douairière...). Je dirai qu'il a toujours été question d'amour dans Downton Abbey. Mary/Matthew et finalement Mary/Henry, Edith/Michael, Edith/Bertie, Tom/Sybil, Isobel/Lord Merton, Anna/John Bates, et toutes les autres relations qui n'ont pas abouti.

 

 

Pour ma part, je dois avouer que certaines histoires d'amour ainsi que certains protagonistes m'ont ennuyée. Mary a été la plus décevante. Elle a été tout le long l'enfant gâtée d'une famille aisée. Ayant pour objectif d'épouser un homme avec une excellente situation. Bien qu'elle ait accepté Henry à la fin, je n'ai pas été très convaincue par sa démonstration de fierté en apprenant la reconversion d'Henry en vendeur de voitures. Cruelle envers sa propre sœur Edith, se pavanant avec sa nouvelle coupe de cheveux alors qu'Edith venait de recevoir la confirmation du décès de Michael, et lui témoignant presque de l'exaspération. Il était vrai qu'on se doutait qu'il n'y avait plus d'espoir de revoir Michael en vie, mais bon, Mary, il y a des limites... Sur un forum, un internaute me disait qu'avec un tel ego, Mary se devait de se la péter un max... Ce qu'elle a fait avec succès. Pourtant, Mary a montré une autre facette, inattendue et voire incompatible avec ce à quoi elle nous avait habitués... Peste avec sa sœur, l'aînée du comte était très proche de sa femme de chambre et du majordome, et de façon générale, faisait preuve de bonté envers les es sociales en dessous de la sienne.

 

Après la mort de Matthew (je n'ai jamais accroché à l'incessante valse de ces deux-là), je souhaitais que Mary sorte des sentiers battus et entame de nouveaux défis. Gérer le domaine, se réaliser dans une activité, peu importe laquelle. On l'a en effet vue s'impliquer dans la gestion de Downton, mais le sujet était traité à sa surface (une scène de temps à autre). Au lieu de voir des arches narratives percutantes, qu'a-t-on vu ? Et bien, Mary en hésitation face à de nouveaux prétendants, encore et encore... On a l'impression que caser Mary était la seule finalité réservée à ce personnage. Ainsi que la montrer sous son plus mauvais jour uniquement avec sa sœur, et ce, jusqu'à la fin. Prenez par exemple l'affaire Marigold et Mary clamant qu'elle ignorait qu'Edith n'avait encore rien révélé à Bertie... Mouais, mon œil... A mes yeux, Mary a été le personnage le moins passionnant. Je ne sais pas si elle était censée être l'héroïne que les téléspectateurs détesteraient ou envers laquelle ils éprouveraient des sentiments partagés, si c'est le cas, l'entreprise a été réussie.

 

 

A l'inverse, l'évolution de la malchanceuse (pour plusieurs années) Edith a été remarquable. Aux débuts de Downton Abbey, Edith restait un personnage discret, voire presqu'insignifiant. Je crois même que je n'ai jamais fait attention à elle pendant la première saison. Malgré tout, elle a réussi au fil des saisons à devenir une femme mature, moderne, brave. Elle me rappelle un peu la jeune, effrontée, et passionnée Sybil, qui fut la première à bousculer les codes. Edith a en quelque sorte repris le flambeau. Tout comme Mary, Edith a eu de nombreuses aventures de cœur. Au contraire de Mary, ces intrigues ont été un cortège d'épreuves bien plus intéressantes. Edith a été abandonnée à l'autel le jour de son mariage, a eu un enfant en dehors des liens du mariage (totalement ordinaire pour nous aujourd'hui, totalement scandaleux à l'époque !), a dirigé un magazine. La jeune femme en est ressortie plus forte. Elle a complètement mérité une fin joyeuse, et heureusement d'ailleurs, sinon j'en serai restée amère.

 

 

L'amour a donc été un sujet indissociable de Downton, en parallèle du portrait d'une certaine Grande Bretagne d'avant. Si, au départ de ma réflexion je me suis légèrement emportée devant ces amours à répétition, en définitive, elles se comprennent quand on se replace dans le contexte de l'époque où en général, finir vieille fille n'était pas considéré comme situation idéale... L'une des sœurs aurait pu terminer la série en demeurant indépendante et continuer ce rôle de femme avant-gardiste, finalement, les voir heureuses en couple ne me déçoit pas, c'est une fin positive.

 

 

 

Je regrette la relation entre les Bates et la justice : était-ce nécessaire de voir à la fois John et Anna accusés de meurtre deux années de suite ? Je regrette le fait que plusieurs intrigues autour des domestiques aient existé parque qu'elles étaient directement liées à la famille Crawley. Par exemple, on voyait le domestique Y affairé dans la ville W car il/elle accompagnait un membre de la famille Crawley dans la ville W. Toutefois, je ne regrette pas d'avoir vu ces personnages poursuivre/concrétiser leurs rêves : Mrs. Padmore et son Bed & Breakfast, Daisy réussissant ses examens (je la voyais même aller plus loin car elle n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de faire entendre ses opinions), Spratt et sa rubrique dans le magazine d'Edith ("et dire que nous avions un expert en bas !" pour reprendre Lady Violet, franchement, je ne m'y attendais pas), Molesley devenant instituteur... Les temps changent, et les personnes également. Autre amertume : quelques intrigues peu approfondies, où on est passé d'un commencement étonnant à un développement et une conclusion trop rapides, alors qu'on perdait du temps sur des histoires pour lesquelles on éprouvait une sensation de déjà-vu. L'implication malencontreuse des Bates dans des affaires criminelles est l'exemple le plus parlant.

 

Voilà des éléments sur lesquels je souhaitais revenir, parmi d'autres en tête, oubliés, ou qui traverseront mon esprit plus tard... Downton Abbey a été une série savoureuse. Avec elle, il ne fallait pas s'attendre à des péripéties grandiloquentes, de prise de position sur des sujets sociétaux ou politiques, seulement au quotidien (presqu'ordinaire) de personnes ordinaires de passage dans un monde en transition, raconté avec douceur et charme (les scènes véritablement violentes se comptent sur les doigts de la main). Certains personnages ont eu une place plus évidente que d'autres mais tous ont connu leurs aventures. Même si j'aurai aimé passer davantage de moments agréables grâce à cette fiction, comme l'a dit Thomas Barrow, l'homme mystérieux avec une sensibilité insoupçonnée, "même les bonnes choses ont une fin". 

 

 

Sériecalement vôtre,

VK

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20 juin 16

MONTE CARLO 2016 : JOURNAL DE BORD

 

Festival Monaco

Cette année, je retourne au Festival de Télévision de Monte Carlo (Monaco), qui se déroulera du dimanche 12 au jeudi 16 juin. Au programme : rencontres avec acteurs et ConTech Academy. Retrouvez dans ce journal de bord mes péripéties et photos (à la fin de l'article) ;-).

 

A bientôt ! 

 

 

 

 

Dimanche 12 juin, Cérémonie d'ouverture :

Les festivités débutèrent officiellement ce dimanche soir, avec la cérémonie d'ouverture, précédée d'un long défilé de stars. On put compter sur la présence de, entre autres : Matthew Modine, Jane Seymour, Marg Helgenberger, Jason Priestley, président du Jury Fictions, et Danny Glover, celui du Jury Actualités, Thomas Gibson de Criminal Minds (Esprits Criminels), le majordome et le Riddler de Gotham, en les personnes de Sean Pertwee et Cory Michael Smith, les acteurs d’Amour, Gloire et Beauté (The Bold and the Beatiful), dont : John McCook, Rena Sofer, Jacqueline Mac Innes Wood (déjà venue en 2015).

La branche médicale fut bien représentée par Chicago Med et trois de ses acteurs et son producteur, Dick Wolf, et par Grey’s Anatomy, avec Kevin McKidd et Martin Henderson. Quant aux séries françaises, elles furent bien là elles aussi, avec : le cast de Nina, celui de Cassandre, Jean Luc Reichmann de Léo Matteï, et des membres du Bureau des Légendes, parmi lesquels Alexandre Brasseur et Michaël Abiteboul.

Alex Goude commenta l’arrivée au compte-goutte des vedettes et motiva le public présent autour du tapis rouge, notamment en essayent de lui faire entonner le générique français d’Amour, Gloire et Beauté, avec plus ou moins de succès'. "Amour, Gloire et Beauté, des mots qui font rêver. Amour, Gloire et Beauté, des têtes qui font tourner, depuis l’éternité…"

La cérémonie commença par l'ouverture officielle du festival avec un discours de S.A.S Princesse Charlène de Monaco, en présence de S.A.S Prince Albert II de Monaco. Puis suivit la présentation des membres des jurys. Enfin, Marg Helgenberger reçut une Nymphe de Crystal en reconnaissance de son parcours cinématographique et télévisuel. La cérémonie se termina avec l'arrivée de Dick Wolf et des acteurs Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee, venus représenter la dernière née de la franchise Chicago, Chicago Med, dont le premier épisode fut diffusé.

 

Marg Helgenberger ©Sériecalement Vôtre

 

Lundi 13 juin : 

Ce Lundi fut une journée calme, ce qui me permit de sortir de Monaco et profiter des villages alentours. La journée se termina en beauté avec la Soirée des Séries TV dans les jardins du Monte Carlo Bay, situé en bord de mer. Un évènement dans un cadre magique...

Je pus, au cours de la soirée, retrouver des journalistes/blogueurs, photographes et professionnel de l’industrie rencontrés au fil des années et évènements séries, discuter avec certains comédiens venus au festival et déguster les mets du buffet. Les convives purent choisir entre plusieurs plats : bourride provençale (plat de poissons), nouilles sautées aux légumes, tranches de veau, taboulé, gratin d’aubergines, tartes aux blettes, mignardises : citron meringué, tarte tropézienne…

Je félicitai Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour leur travail sur Gotham. J’appris que la série était tournée à New York et que des effets étaient ajoutés en post-production pour conférer à Gotham l’ambiance qui la rend si particulière et réussie. Avec d’autres journalistes/blogueurs, nous  tombions d’accord avec Robin la qualité de la production, parlâmes de la tendance des séries à tuer des personnages principaux, de The Walking Dead (Robin suit en effet la série). Avec Cory, il fut davantage question du monde de Broadway.

Je croisai Jesse Spencer de Chicago Fire en grande discussion avec son ancienne partenaire de Dr House, Lisa Edelstein, maintenant dans Girlfriend’s Guide to Divorce, et lui confiai ma récente affection pour la série sur les pompiers une fois qu’il eut terminé avec Lisa.

John McCook, le patriarche d’Amour, Gloire et Beauté, dina à quelques centimètres de moi au comptoir des boissons. Cette difficulté à trouver une meilleure place lança quelques échanges sur le fait qu’il était originaire de Los Angeles et avait toujours vécu là-bas, et qu’il en était à sa cinquième participation au festival (pas cinq années de suite).

Je racontai à Jack Falahee mon désespoir concernant l’attente de la diffusion de la saison 2 de How To Get Away With Murder en France et mon bon souvenir de ma table ronde avec son collègue Alfred Enoch l’année dernière. Je remerciai Laurent Puons pour le festival.

J’aperçus également, au cours de la soirée : Marg Helgenberger, Jayne Seymour, Julie Benz, Danny Glover, Victor Garber, Elyes Gabel et Katharine McPhee (Scorpion), Sean Pertwee, comparse de Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith, Jeffrey Tambor (Transparent), Jason Priestley, Stella Maeve et Jason Ralph (The Magicians), Françoise Laborde, Alex Goude… Hélas, ni de Grey’s Anatomy ni d’Esprits Criminels…

Merci à l’organisation pour cette soirée, et à NBCUniversal pour m'y avoir invitée !

 

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Mardi 14 juin :

J’eus l’occasion d’apercevoir en photocall des acteurs de trois séries que je suis régulièrement : Grey’s Anatomy, Esprits Criminels et Gotham. Avec Martin Henderson et Kevin McKidd pour la première, Sean Pertwee, Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith pour la seconde, et Thomas Gibson pour la troisième. Cette année, chaque acteur/actrice était invité à écrire un mot sur un fauteuil installé dans l’espace réservé au photocall. Ces messieurs se plièrent à l’exercice. McKidd souffla avec humour "I’m too old for this" ("je suis trop vieux pour ça") quand il se baissa pour écrire. Martin demanda l’aide des photographes pour accorder des articles en fonction de certains mots, notamment pour France. Sean Pertwee s’amusa à prendre une pose de boxeur, prêt à en découdre, quand il posa seul après la pose de groupe avec ses deux collègues. Il faut reconnaître qu'il y a une belle alchimie entre les trois acteurs de Gotham.

 

Ensuite, j’enchaînai les conférences de presse Grey’s Anatomy et Gotham, et pu poser une question dans chaque.

On aborda les sujets suivants dans Grey’s Anatomy, parmi d’autres :

— Ecrire un épisode après en avoir réalisé plusieurs, pour Kevin ? L’homme ne se considère pas comme scénariste, être acteur a toujours été son premier amour. Par contre, il ne dit pas non à l’éventualité de devenir réalisateur, mais plutôt sur la scène européenne.

— Un surnom pour Nathan Riggs ? Martin Henderson n’ayant pas d’idée, la journaliste qui posa la question proposa "McSexy", ce surnom ayant l’avantage d’être facilement compris en français.

— Avec ses liens forts avec l’armée, Owen est-il un soldat ou un médecin en premier ? Selon Kevin, Owen est avant tout un médecin car ce qui compte, ce sont les patients. La question militaire est secondaire.

— Kevin trouverait le retour de Cristina Yang alors qu’Owen est marié avec Amélia "explosif" et "fun".

— Martin aime les triangles amoureux. Il répondit avec humour s’il pouvait avoir les deux soeurs (Meredith et Maggie) quand une journaliste lui demanda avec laquelle il souhaitait être. Il ignorait d’ailleurs que son personnage allait finir avec Meredith. Shonda Rimes avait décidé la relation avec Maggie en constatant la bonne alchimie entre Martin et Kelly (McCreary).

— Si on faisait un crossover entre Grey’s Anatomy et un autre show de Shonda ? Martin se verrait bien médecin à la Maison Blanche, dans Scandal, et Kevin se verrait dans How To Get Away With Murder au vu des compétences de son personnage en chirurgie traumatique qui collerait bien avec une série avec des meurtres…

— Martin avoua qu’il fut choqué quand Kevin lui apprit qu’il était stressé quand il réalisait un épisode, à cause notamment de la charge de travail à fournir en plus. En effet, Kevin ne laissait rien transparaître pendant le tournage. Celui-ci commenta avec humour qu’en réalité, il faisait l’acteur quand il réalisait.

Kevin est devenu citoyen américain en 2015.

 

A noter que McKidd et Henderson s’entendent très bien dans la vraie vie !

 

Kevin McKidd, Martin Henderson ©Sériecalement Vôtre  Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

Nous abordâmes les sujets suivants, avec l’équipe de Gotham :

— Initialement, le personnage de Bruce Wayne n’était pas censé acquérir une telle importance.

— La saison 1 était davantage centrée sur les personnages de Gordon et Bullock, avec des épisodes standalone (qu’on peut regarder indépendamment), puis la série a évolué vers une saison 2 plus organique. 

— On retrouvera dans la saison 3 un écho aux élections présidentielles américaines.

— Pour cette saison, Robin, alias Oswald le Pinguoin, souhaiterait voir son personnage devenir enfin le vrai maître de Gotham, et se montrer encore plus vicieux et cruel. Cory Michael Smith, alias Ed Nygma, a, quant à lui, proposé une option plus originale : faire venir Ed à Monaco.

— Sean Pertwee a reconnu qu’il ne serait pas aussi bon majordome que son personnage dans la vraie vie.

— Revoir Fish Money revenue de l’au-delà (final de la saison 2) a fait comprendre à Oswald qu’il n’avait le contrôle sur rien, or son désir est de tout contrôler, tout comme Fish, a expliqué Robin. Il a d’ailleurs qualifié son évolution de "montagnes russes", en écho aux multiples épreuves que son personnage avait traversées.

— La série n’exagère pas la violence et la corruption comme on pourrait le penser car on les retrouve bien ancrées dans la vie réelle. 

— Le tatouage que Sean a sur son bras gauche a été repris comme motif pour la chevalière d’Alfred. Cette attention au détail portée par la production a beaucoup touché Sean au point qu’il a versé quelques larmes le premier jour du tournage.

— Quid de réactions étranges de la part des fans ? Robin a raconté que certains lui disaient qu’ils le pensaient beaucoup plus grand en réalité que dans Gotham… 

 

Mercredi 15 juin :

J’assistai au panel dédié à la franchise Chicago de Dick Wolf, en présence du producteur et des comédiens de deux de ces séries : Taylor Kinney et Jesse Spencer pour Chicago Fire ; Torrey DeVitto, Colin Donnell et Brian Tee pour Chicago Med (dont on avait découvert le pilote au cours de la cérémonie d’ouverture). Ce panel fut ouvert au public détenteur de la carte #OMG et organisé par la ConTech Academy. Ce fut un panel fort agréable, avec des acteurs et producteur très complices et généreux avec le public venu les écouter. 

 

 Brian Tee, Jesse Spencer, Dick Wolf, Taylor Kinney, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre

 

Voici ce qui s’est dit pendant la séance, modérée par Anna Carugati Guise (World Screen) :

— A peine un mois s’était écoulé depuis la diffusion du pilote de Chicago Fire que Dick Wolf avait déjà l'idée de lancer la franchise. 

— La franchise accueillera un nouveau venu : Chicago Justice.

— Chicago Fire, Med et P.D. bénéficient des conseils de vrais pompiers, médecins et policiers. D’ailleurs, dans Chicago Fire, certains pompiers que l’on voit à l’écran sont de vrais pompiers, et les équipements utilisés (ex : les tenues de protection) sont authentiques.

— Le frère de Brian Tee est médecin. Si le personnage de Brian (Dr Choi) ressemble à son frère, dans la vraie vie, les deux frères sont totalement différents.

— "Les professions que l’ont exerce dans les séries Chicago sont nobles" a déclaré Jesse Spencer (Casey).

— Faire un crossover demande "beaucoup de homework" a indiqué Taylor Kinney (Severide). En effet, il y a environ 50 pages de script pour un épisode, et par conséquent, en fonction du nombre de crossovers, il peut y avoir jusqu’à pas moins de 150 pages à lire ! Néanmoins, l’acteur adore tourner dans ces épisodes crossovers : "Je trouve ça fun (…) J’apprécie vraiment ces crossovers" a-t-il dit, les crossovers lui permettent de rencontrer des acteurs avec lesquels il n’a pas l’habitude de travailler.

— Selon Torrey (Dr Manning), Chicago Med montre l’humanité des médecins : ils ne sont pas uniquement "blancs ou noirs". 

— Pour Taylor, il est bénéfique pour un acteur de regarder les oeuvres dans lesquelles il a joué pour s’améliorer, en apprenant de ses partenaires à l’écran. Jesse éprouverait une étrange sensation en regardant Chicago Fire car l’australien y parle avec un accent américain.

— Colin Donnell (Dr Rhodes) a montré ses talents de chanteur en interprétant une chanson d’un spectacle dans lequel il avait joué à Broadway, très fortement encouragé par Taylor à le faire.

— Torrey joue du violon, Jesse, du piano et de la guitare.

— Pas moins de 40 mille acteurs ont joué un rôle parlé dans les deux franchises de Dick Wolf, Law & Order (New York...) et Chicago.

 

Sinon, autres faits marquants de ma journée : le passage de Sarah Clarke (NCIS) au photocall, ma photo avec Taylor Kinney après le panel, et Jack Falahee (How to Get Away With Murder) se prêtant au jeu des autographes et selfies avec le public au sortir du Grimaldi forum.

Rendez-vous à une prochaine édition du festival !

Lire les autres articles relatifs au festival ici.

 

Retrouvez ci-dessous les photos du festival (cliquez pour agrandir) 

John McCook ©Sériecalement Vôtre Thomas Gibson ©Sériecalement Vôtre Sonia Rolland ©Sériecalement Vôtre

Jane Seymour ©Sériecalement VôtreMartin Henderson ©Sériecalement Vôtre Jack Falahee ©Sériecalement Vôtre Jean Luc Reichmann ©Sériecalement Vôtre

Taylor Kinney ©Sériecalement Vôtre Stella Maeve, Jason Ralph ©Sériecalement Vôtre Emilie Gavois Kahn, Gwendoline Hamon, Dominique Pinon ©Sériecalement Vôtre Jesse Spencer ©Sériecalement Vôtre

Kevin McKidd ©Sériecalement Vôtre Dick Wolf, Brian Tee, Torrey DeVitto, Colin Donnell ©Sériecalement Vôtre Sean Pertwee, Cory Michael Smith, Robin Lord Taylor ©Sériecalement Vôtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

23 avr. 16

SERIES MANIA S7 : NSU GERMAN HISTORY X

 

NSU

 

"Une vague de crimes racistes a secoué l’Allemagne au début des années 2000. À travers le portrait d’une adolescente désabusée attirée par les idéaux de l’extrême droite, NSU German History X revient sur ces tragiques événements. En trois épisodes aux points de vue complémentaires, la série retrace sur deux décennies la radicalisation d’une certaine jeunesse allemande, après la chute du mur de Berlin. Glaçant." (Résumé Séries Mania)

 

Cette série est particulière par son sujet et sa construction narrative en trois temps, chaque temps représentant cette affaire tragique selon un point de vue différent. NSU est l’acronyme de National Socialism Underground. Le premier épisode relate le cheminement vers la haine de Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt et Beate Zschäpe, trois jeunes adolescents de l’ex Allemagne de l’Est dans les années 90, jusqu’à leur folie meurtrière. Si vous ne le saviez pas, la série est basée sur des faits réels tragiques qui se sont produits en Allemagne dans les années 2000, et connus sous le terme des "meurtres kebabs". Pour résumer rapidement, un groupe de trois extrémistes se sont illustrés par une série d'assassinats de personnes d’origine turque et lorsque l’affaire a été dévoilée, elle a profondément secoué l’Allemagne.

Le seul premier épisode ne permet pas de comprendre à lui seul cette onde de choc et c’est pour cela que la série est constituée de trois parties qui apportent des éclairages complémentaires sur l’affaire. Il faut aussi connaître un peu le contexte de cette affaire pour mieux saisir la série. Pendant longtemps, les autorités étaient persuadées que les victimes avaient été exécutées suite à un règlement de comptes entre groupes criminels. Le choc est arrivé quand on a finalement découvert que les coupables étaient en réalité des membres d’un mouvement néo-nazi qui agissaient dans la clandestinité et qui n’avaient jamais été inquiétés par les autorités. On s’est rendu compte que cette mouvance néo-nazie était beaucoup plus forte et organisée qu’on ne le pensait, et pendant de nombreuses années, ce phénomène avait été complètement sous-estimé (d'où le underground du titre).

 

Dans le cas de NSU German History X, on saisit la gravité de ce phénomène : les trois jeunes de l’est ont évolué dans un groupuscule néo-nazi qui manifestait sa haine au yeux et vu de tous et n’avait pas peur de porter des uniformes de cette époque sombre. Quant aux adultes, ils étaient complètement largués. L’équipe venue présenter la série l’a d’ailleurs bien expliqué cet abandon par les adultes et cette radicalisation des jeunes : à la suite de la chute du mur, beaucoup d’habitants de l’Est ont perdu subitement leur travail et ont dû faire face à une nouvelle situation qu’ils ne maîtrisaient plus. Beaucoup de jeunes ont assisté à la déchéance de leurs parents et se sont retrouvés confrontés à eux-mêmes. Ils étaient donc une cible idéale pour l'endoctrinement. L’équipe a parlé d’une génération perdue, désabusée, qui, sans repères, a vu certains de ses membres se réfugier dans les valeurs néo-nazies. Et on a laissé faire… La série essaie ainsi de s’interroger sur cette génération perdue et sur les raisons qui ont fait que ces mouvements d’extrême droite ont pu croître dans l’ombre.

La série montre aussi l'amie de Beate qui, contrairement à elle, refuse ce fanatisme. On la voit pendant peu de scènes, mais elles sont suffisantes pour saisir le drame de cette jeunesse et d'une amitié perdue.

Du côté de la réalisation, j’ai eu un peu de mal à accrocher au rythme saccadé du premier volet, similaire au style documentaire, qui capte des moments de vie normale et du cheminement de ces jeunes vers la haine. Néanmoins, je pense que c’était la meilleure façon d’aborder la réalisation, au vu de la gravité du propos et du but recherché. On ressent un malaise certain vis-à-vis de ces évènements : comment des enfants ordinaires ont-ils pu basculer dans une telle haine ?, un malaise face à leurs propos sur l'Holocoste, leur violence. Les acteurs qui ont endossé ces rôles sont fascinants : Albrecht Schuch, Uwe Mundlos ; Sebastian Urzendowsky, Uwe Böhnhardt ; et Anna Maria Mühe, Beate. Un premier épisode glaçant comme le dit si bien le résumé de Séries Mania.

 

NSU 2

 

Echanges avec l’équipe de la série :

Sont venus Thomas Wendrich, le créateur ; Gabriela Sperl, la productrice ; et Sebastian Urzendowsky (Uwe Böhnhardt). Ils ont partagé avec le public que la série avait pour objectif de s’intéresser à la génération perdue, à travers l’affaire des "meurtres kebabs". Bien que la série rappelle à plusieurs reprises que certains passages/évènements peuvent ne pas correspondre totalement aux faits tels qu’ils se sont produits, elle cherche à comprendre les racines et conséquences des actions des différents protagonistes. Thomas Wendrich s’est volontiers reconnu comme faisant partie de cette génération perdue, mais heureusement, il a fait des choix différents de ceux des tueurs.

Le deuxième volet de la série est centré sur la famille des victimes, tandis que le troisième, sur les inspecteurs en charge de l’affaire.

La série a été écrite entre 2011 et 2012, et tournée en 2015.

Le créateur connaissait Sebastian Urzendowsky d’un ancien projet, et ne l’imaginait pas du tout incarner une personne telle que Uwe Böhnhardt. Il a changé d’avis après avoir vu son interprétation dans un autre film.

La productrice aurait souhaité que les trois épisodes soient diffusés en Allemagne les uns à la suite des autres pour permettre aux spectateurs de ne pas perdre le fil de l’histoire. L’argument fait sens, mais je pense que le public aurait du mal à tenir car rien que le premier volet dure 1h30 !

 

Si la série était diffusée en France ?

Qui dit œuvre allemande dit Arte, donc oui, c’est la première option la plus naturelle. Toutefois, la série peut être un parfait complément à un débat, son sujet étant d’actualité. Pour cela, je pense aux soirées proposées par France 2 autour d’un thème, dont la diffusion d’une fiction se prolonge d’un débat. A la différence qu’ici, il s’agit d’une production allemande et non française. On aurait trois parties qui pourraient être suivies d’un débat avec un sujet précis : la radicalisation des jeunes pour le premier volet, l'enfer vécu par les proches de victimes de crimes pour le second volet, et les obstacles auxquels se heurtent la police ainsi que les difficultés de communication entre services pour le dernier volet.

Je pense également à LCP. Pas vraiment orientée série, certes, mais la chaîne décrypte les sujets politiques nationaux et internationaux. Les mouvements extrêmistes et leur stratégie d'endoctrinement, ainsi que les moyens de lutte contre ces derniers correspondent à cette ligne.

 

Retrouvez les autres articles sur Séries Mania ici.

 

Sériecalement vôtre

22 avr. 16

SERIES MANIA S7 : ENNEMI PUBLIC

 

Ennemi Public

 

Libéré après 20 ans de réclusion, le tueur d’enfants Guy Béranger trouve refuge auprès des moines de Vielsart, un petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une inspectrice de la police fédérale. Quelques jours après, une fillette disparaît. Un polar oppressant, inspiré de faits divers ayant traumatisé la Belgique." (Résumé Séries Mania)

 

J’ai été agréablement surprise par cette série angoissante, sombre, qui joue avec nos nerfs. Le cadre est parfait pour une telle histoire : un village entouré d'une forêt aussi magnifique que terrifiante, les habitants y vivent en vase clos et deviennent les cibles/victimes de tout dérapage/méfiance quand un drame se produit.

Ennemi Public m'a rappelé, dans une certaine mesure, de Broadchurch. Pour le côté "Qui a tué Danny ?" car ici, on a également : le meurtre d’un enfant dont le corps a été retrouvé dans un endroit censé être un lieu de refuge, de réconfort ; le drame se déroule au sein d’une petite communauté, donc on anticipe qu’il ébranlera cette communauté à première vue soudée et sans histoires et fera jaillir des secrets inavouables, des tensions et de la suspicion des uns envers les autres. Ajoutez à cela la présence d’un tueur d’enfants aux penchants sataniques et toutes les tensions sont exacerbées (l'interprète du tueur est saisissant dans son rôle). Une scène m’a fait rapidement penser au film "Prisoners" (avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal). Il s’agit de celle où la policière poursuit le suspect lorsqu’il vient se "recueillir" avec les autres habitants sur les lieux du drame.

 

Du côté des personnages, on retrouve les classiques : une policière hantée par un traumatisme, un homme d'affaire ambitieux dont le projet de développement économique se retrouve menacé par l’arrivée du tueur d’enfants et la découverte du corps de la nouvelle victime, un policier de campagne dont le calme routinier vole en éclats, un tueur d’enfants satanique et pervers narcissique capable d’une intelligence et d’un calme redoutables, un homme avec un casier judiciaire non vierge, donc second suspect idéal, et des villageois et moines qui s’entredéchirent au premier obstacle.

La série se démarque par le fait qu’ici, le tueur vient passer sa conditionnelle dans un monastère pour commencer son noviciat. Est-ce sincère ? Un tel être peut-il vraiment être sauvé ? Comment vivre à proximité d’une telle personne ? Et en tant que religieux, peut-on concilier sa foi avec une telle personnalité ?

Les deux premiers épisodes donnent envie de connaître la suite car le rythme n'est ni trop lent ni trop rapide, les éléments s'installent au moment opportun et maintiennent le spectateur en éveil sans le brusquer et l'ennuyer.

 

NB : On remarquera la présence de Clément Manuel dans le rôle d'un religieux, une fois de plus après Ainsi soient-ils ;-). Décidement, cet acteur enchaîne les rôles dans les séries (avec Falco), et c'est sympathique de le revoir.


Le saviez-vous ?

Le projet d’Ennemi Public a remporté le concours de scénario organisé par la RTBF en association avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et c’est ainsi que la série a vu le jour. Pour le point de départ de la série, les auteurs se sont inspirés de l’histoire de Michelle Martin, ex-femme du meurtrier pédophile Marc Dutroux, qui après avoir obtenu la liberté conditionnelle au terme de la moitié de sa peine, s’est installée dans un couvent, dans la région de Namur. La série a disposé d'un budget de 300 mille euros par épisode.

 

Si la série était diffusée en France ?

Je dirai sans hésiter qu’Arte, France 2 ou France 3 seraient les candidates idéales en ce qui concerne les chaînes nationales/gratuites. Arte : parce qu’elle a déjà proposé des séries sombres, angoissantes (notamment bien illustrées par les séries scandinaves). France 2 et France 3 : parce qu’elles sont capables d’inviter leurs téléspectateurs à sortir des sentiers battus avec Broadchurch ou The Missing, par exemple. Une diffusion le lundi soir pour France 2 ou le jeudi soir pour France 3 serait tout à fait envisageable. Je pense également à 13ème Rue, spécialisée dans le policier et les thrillers, et ici, on a tous les éléments nécessaires : un homicide, une enquête, une pléthore de suspects potentiels, un meurtrier en série qui, je pense, appréciera défier les autorités et habitants, et un cadre géographique à la fois paisible et oppressant... 

 

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Sériecalement vôtre,