Sériecalement Vôtre

11 mai 15

SERIES MANIA S6 : WEB SERIES

 

En cette sixième saison du festival, Ex-Model a été sacrée meilleure web série. J’en suis contente car j’ai eu un coup de cœur pour elle, lors de sa projection (le 24 avril). Invitée par Canalplay, je me suis laissée guider par ma curiosité pour les web séries, genre dont je ne suis pas très familière (ah, série, quand tu nous tiens…). J’ai pu découvrir plusieurs d’entre elles lors de la séance : Ex-Model, donc, Neffy, L’équipe, Haphead, Sanfranland, Thomas et Thomas s’en vont au Groenland, Umm Abdo Al-Halabiya (liste non exhaustive car je suis arrivée un peu en retard). Certaines d’entre elles sont disponibles sur Canalplay.

 

Equipe Umm Abdo Al-Halabiya

 

Présentation de ces web séries :

Les résumés, en italique, sont issus du site Séries Mania. La suite provient des échanges avec le public après la projection, avec les équipes de Thomas et Thomas, Ex-Model et Umn Abdo Al-Halabiya.

Neffy :

« Immigrée nigérienne, Neffy habite depuis trois ans à Nottingham et mène une vie solitaire. Ses journées sont partagées entre son travail dans les toilettes d’une boîte de nuit et des longues heures de désœuvrement. Elle ne croit plus à nouveau départ : après avoir quitté son pays natal pour de mystérieuses raisons, ses espoirs se sont mués en une muette résignation. C’est alors que son chemin croise celui d’Allie, la fille de son insupportable voisine. Leurs secrets respectifs vont les rapprocher… Une chronique sociale et une histoire d’amitié dans la tradition du cinéma britannique engagé. »

Umm Abdo Al-Halabiya :

« Tournée à Alep entre novembre 2013 et juin 2014, "Umm Abdo" est une série syrienne dont le personnage principal est une mère de famille… interprétée par une petite fille de treize ans ! Vivant dans les quartiers contrôlés par l’opposition au régime officiel, l’héroïne tente tant bien que mal de continuer à gérer son foyer en dépit du contexte politique. Un feuilleton Youtube militant, drôle et surprenant sur un pays divisé par la guerre. »
Dans cette web série, des enfants interprètent des personnages adultes. Ce choix de la production a été critiquée. Elle a été accusée de manque d’éthique, d’utiliser des enfants pour gagner en célébrité. En fait, lors du casting, étant donné les conditions de tournage rudes, peu de femmes ont souhaité jouer dans la série. Comme des enfants voulaient participer, la production a choisi de les prendre et de les faire interpréter des personnages adultes. Au-delà de la raison pratique, la production souhaitait montrer la réalité d’enfants vivant dans une zone de conflit.

Thomas et Thomas s’en vont au Groenland :

« Thomas et Thomas sont deux amis trentenaires qui doivent partir au Groenland, dans le village de Kullorsuaq. Ils vont retrouver le père de Thomas B ainsi que leurs amis inuit Ole et Adam. Une comédie coréalisée par Hugo Jouxtel et Sébastien Betbeder (2 automnes, 3 hivers) dans le cadre d’un grand projet transmédia construit autour d’un site internet et comprenant également deux moyens métrages sortis en salles le 25 février : "Le film que nous tournerons au Groenland" et "Inupiluk". »
Cette web série se divise en deux parties égales de cinq épisodes chacune : la première moitié centrée sur la préparation du voyage, la seconde se déroulant au Groenland. La web série constitue un complément hors champ de ce que l’on verra dans le film en préparation.

 

Equipe Ex-Model

 

Ex-Model :

« Xin Xin, mannequin d’origine chinoise vivant à Paris, découvre soudainement qu’elle est trop vieille pour travailler alors qu’elle n’a même pas trente ans. Paniquée à l’idée de se reconvertir, elle s’essaye à divers métiers qui l’empêcheront de finir pauvre ou pire… dans l’anonymat ! Sur le chemin de sa nouvelle vie, Xin Xin va faire face aux dures réalités : payer pour aller au restaurant, ne plus être invitée en soirée, se lever tôt, prendre du poids, avoir des rides… Bref, être une femme normale. Une comédie chinoise qui décrit de façon décapante le milieu de la mode. »
La web série compte déjà deux saisons. Elle a été diffusée sur Youku, le youtube chinois et coproducteur de la série,  et a rencontré un immense succès : 80 millions de vues ! Elle a été tournée à Paris, Pékin et dans la ville natale de l’actrice principale Xin Wang. Au départ, la web série était prévue sur le mannequinat, mais la production était plus intéressée par la vie après mannequinat.

Sanfranland :

« Sanfranland fait la chronique des vies légèrement borderline de trois copines pré-trentenaires. Les plans de Bobbi pour une vie rangée explosent soudain quand elle découvre son fiancé au lit avec une dominatrice. Encouragée à se joindre à ses deux meilleures amies à San Francisco, elle laisse sa petite ville de Géorgie pour emménager dans un tout nouvel environnement. Les trois héroïnes vivent alors au gré de leurs aventures nocturnes et de leurs soirées, et Bobbi commence à découvrir ce qu’elle désire vraiment. »

L’Equipe :

« Paris 2015, le lieutenant Maxime Mougeot a été choisi pour infiltrer une organisation criminelle appelée : "L’ E.Q.U.I.P.E.". Derrière ce vaste réseau mafieux se cache une puissante secte aux origines mystiques, comptant des adeptes dans tous les milieux sociaux, y compris dans le gouvernement… Une web-série musclée, entre Braquo et Mafiosa. »

Haphead :

« "Haphead" est une web-série canadienne racontant l’histoire d’une fille sous l’emprise totale des jeux vidéo. En 2025, les jeux sont tellement immersifs que les adolescents acquièrent leurs compétences en jouant. Maxine découvre ainsi que son jeu préféré agit directement sur sa mémoire musculaire et peut la punir selon le niveau de ses performances… Un récit d’aventures dans un monde dystopique aux accents cyberpunks. »

 

Equipe Thomas & Thomas

 

Mon avis ?

J’ai clairement été plus attirée par les web séries sur le ton de l’humour : Thomas et Thomas, Sanfranland, et Ex-Model que j’ai beaucoup aimé. Quand il s’agit de séries TV, c’est plutôt l’inverse : en général, je préfère les drama que les comédies (celles de 26 min). Dans ce cas, je pense que j’ai aimé parce qu’on comprenait vite et efficacement le sujet de l’histoire. Les deux Thomas préparent leur voyage au Groenland. Ex-Model : ce sont les tribulations d’un ex mannequin, ex gloire, qui essaie de s’en sortir dans sa nouvelle vie normale. Sanrfanland : c’est l’histoire d’une jeune femme trompée par son fiancé qui retrouve ses amies délurées à San Francisco et évidemment, cette équipe va faire des étincelles.

Ex-Model est celle qui se démarque du lot, à mes yeux. Question de goût et de couleur. Parce qu’elle traite du revers de la médaille de la mode : quand on est mannequin, c’est beauté, gloire, paillettes ; quand on ne l’est plus (assez rapidement car les carrières ne sont pas très longues), et bien… c’est la « déchéance ». Ex-Model montre cette vie-là, au travers d’un personnage qui, dans la 2nde saison (diffusée lors du festival), prend avec décalage, détachement sa nouvelle condition. Elle vit des situations cocasses (voire humiliantes^^), elle se moque d’elle-même et avance, trouve de nouveaux plans (plus ou moins foireux) pour gagner sa vie. La réalisation, l’écriture jouent beaucoup au charme de la web série. L’héroïne nous confie en voix off ses déboires, ses commentaires ; les situations s’enchaînent, on ne s’ennuie pas ; les idées fusent et sont originales (j’adore le « chow chow panda », cette race de chien est trop chou !!). J’espère qu’elle pourra être diffusée en France !

 

Sanfranland est drôle aussi, mais disons que son thème me paraît moins frais. Si les situations peuvent se réinventer, c’est un peu la même chanson : la jeune femme va se remettre en question, entre virées folles, pyjama partys avec ses copines, et sûrement des garçons vont s’immiscer dans cette affaire… Un genre de Sex and the City sous le soleil de Californie et plus soft…

J’ai eu un peu de mal à me plonger dans d’autres web séries. L’absence des sous-titres, bien que je me débrouille en anglais, a peut-être joué. De même la succession des sujets les uns à la suite des autres sans pause n’était peut-être pas une condition idéale pour bien s’imprégner de chaque projet. Pour L’Equipe, d’habitude, je suis fan du policier/espionnage/organisation criminelle, mais là, j’ai moins accroché. Des situations/personnages prévisibles ? comme la tueuse professionnelle sexy, le flic infiltré et son rite de passage ? J’aurai plus vu un tel thème traité dans un format plus long, pour développer les protagonistes et évènements. Pour Haphead, même si j’avais compris que les jeux vidéo étaient au cœur de l’histoire, au début, j’ai cru que la société était divisée en plusieurs castes, notamment à cause du tatouage du père, « outcast ». Donc oui, cette fois-ci, l’humour m’a davantage captivée. En ce qui concerne Neffy, elle joue sur un autre registre : poignante, chronique sociale, rencontre entre deux êtres résignés, perdus. Elle est plus dure et relate une réalité qui émeut.

Les web séries se défendent bien. Elles proposent des sujets intéressants et variés. Elles ont l’avantage d’être courtes. Un genre prometteur !

 

A lire également :
Séries Mania S6 : Gallipoli
Séries Mania S6 : Tellus

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Séries Mania S6 : Empire, avec Lee Daniels

Tous les articles de cette saison et des précédentes

 

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Sériecalement vôtre,
VK

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03 mai 15

BROADCHURCH, SAISON 2

 

Pour tout vous dire, je suis partagée par cette saison 2, à laquelle j’ai préféré la première. Pris individuellement, le second cru de Broadchurch n’est pas si mal : une enquête et en parallèle, un procès, suite logique d’une précédente affaire, avec un très beau travail de réalisation et de lumière. Pris dans la globalité de la série, les effets de surprise et de charme se sont estompés par rapport au premier millésime. On avait déjà vu une enquête auparavant, on avait déjà vu les mêmes rouages en termes de composition visuelle, on avait déjà eu le même cadre (Broadchurch, même si quelques nouveaux lieux sont apparus). Surtout, la deuxième saison m’a parue n’être qu’un prétexte pour développer l’affaire Sandbrook. Affaire dont l’origine se rapproche de celle de Dany Latimer : un malheureux accident, dû à une situation inopportune et une vive réaction. Il n’y a pas de préméditation (enfin si, pour le second meurtre Sandbrook), de plan machiavélique, ces drames se sont produits comme ça, sans que l’on s’y attende, et c’est réaliste.

 

Boradchurch 2

 

On peut souligner l’effort de la série à présenter la deuxième partie tu traitement judiciaire du meurtre du jeune Latimer, à savoir le procès. La relation/le duel entre les deux avocates était intéressant. Souvent, on s’attarde sur le déroulement de l’enquête, puis quand le coupable est démasqué, tout s’arrête. On ne voit pas le procès, ses conséquences sur la famille qui a la sensation de revivre le calvaire encore et encore. Ou alors, on voit un procès, mais ce dernier sert à découvrir que l’enquête n’a pas cerné le vrai coupable, et les protagonistes creusent pour révéler la vérité. Dans Broadchurch, la partie procès n’est pas mise en silence. J’avoue que c’est plutôt bien joué qu’il se soit conclu par l’innocence de Joe, bien que coupable, à cause du doute raisonnable instillé par son avocate parmi les jurés. On comprend la complexité du travail de l’accusation et la défense. On reste dans la dure réalité : parfois, justice n'est pas rendue.

A part cela, ce n’est pas l’intrigue qui puisse donner lieu à un large panel de possibilités… Que dire/faire de plus, si ce n’est apporter des éléments nouveaux qui vont tout remettre en question ? Il fallait donc associer le procès à une autre histoire, sinon la série ne durait pas plusieurs épisodes. C’est Sandbrook qui a fait office d’accompagnant, et qui m’a fait sentir qu’elle était la principale motivation de cette saison 2. Mais la une passée, et à mes yeux, suffisante et satisfaisante en elle-même, l’envoûtement effacé, je me suis moins captivée pour cette nouvelle enquête. Signe alarmant : j’ai même manqué un ou deux épisodes sans en ressentir de culpabilité, sans chercher à les rattraper alors que le replay existe !!

Néanmoins, je reconnais l’excellent jeu des acteurs : principaux et secondaires, anciens (i.e, présents en saison 1) et nouveaux. Les échanges Ellie/Alec, toujours aussi doux^^. Deux personnalités en totale contradiction qui forment un duo parfait. J’apprécie la place accordée aux femmes dans des rôles clés : les deux barristers, la juge (bien qu’elle ne soit pas un personnage majeur). On aurait pu tout attribuer à des acteurs masculins, ou avoir une majorité de ces rôles donnée à des hommes. N’allez pas croire que je suis une féministe radicale, loin de moi cette idée, mais disons que ça fait plaisir de voir cela quand, à côté, trois quart des personnages principaux de séries sont des hommes… Et même parfois, je pense par exemple à la franchise Law & Order, quand une femme est présente dans l’équipe des procureurs/avocats de la défense, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une stratégie pour prouver qu’on a bien respecté le quota minimum des rôles féminins…

 

Broadchurch 1

 

Maintenant qu’une saison 3 est confirmée, je ne peux que demeurer perplexe. De quoi va-t-on discuter ? Il me semble qu’on a fait le tour des questions.

L’affaire Latimer est terminée. On pourrait imaginer le meurtre de Joe et rebelote, plusieurs habitants de Broadchurch seraient suspectés chacun leur tour. On inventerait des coïncidences par lesquelles plusieurs d’entre eux auraient été plus ou moins proches géographiquement de Joe à un moment donné. Encore une fois, point de nouvelles surprises à l’horizon, et pourquoi ressasser cette histoire ? Même raisonnement si les suspects sont totalement étrangers à Broadchurch : ce serait le même schéma narratif.

Un nouveau meurtre à Broadchurch ? Euh… personnellement, non, on a déjà assez donné. Et ficelles narratives déjà éprouvées...

Un deuxième procès de Joe, suite à l’émergence d’éléments accablants ? Non merci. Un seul procès a été suffisant. « Trop de procès tuent le procès »… Un chemin de croix de Joe vers la repentence et un pardon de Beth ? Possible, mais est-ce le thème de base de Broadchurch ? Je n'en suis pas très convaincue... 

Un focus sur le duo formé par les deux avocates qui rouvrent l’affaire pour laquelle le fils de l’une d’elles est sous les verrous, avec l’appui d’Alex et Ellie ? Envisageable. Mais ne s’éloignerait-on pas alors de Broadchurch, et dans ce cas-là, l’écart entre le titre de la série et le contenu réel de la saison 3 ne me paraîtrait pas cohérent… A l’instar du Paris-Dakar qui se déroule en Amérique du Sud (mais ce n’est pas la faute des organisateurs), ou du jeu télévisé Pékin Express qui se déplace de continent en continent… Ce n’est qu’un détail, mais j’aime bien m’arrêter dessus^^.

Bref, quelles seraient les autres hypothèses ? Une saison dédiée à une enquête menée par Miller en inspecteur principal ? Mais sur quoi ? Et encore à Broadchurch ? Et avec la même réalisation ? Déjà vu…

 

Sériecalement vôtre,

VK Série

26 avr. 15

SERIES MANIA S6 : TELLUS

avec spoilers

 

Le dimanche 19 avril 2015, Séries Mania présentait les deux premiers épisodes de la série Tellus, puis proposait une séance de questions/réponses avec son créateur, réalisateur et scénariste Jukka-Pekka Siili, communément appelé JP. Cette série finlandaise suit les actions d’un groupe de jeunes éco-saboteurs, répondant au nom de Tellus (terre mère en latin). Ils frappent depuis plusieurs années les installations des organisations non respectueuses de l’environnement, jusqu’au jour où l’une de leurs interventions fait une victime. Leurs actions font l’objet d’une enquête policière. La saison 1 compte 6 épisodes, elle a été diffusée en novembre-décembre 2014. La saison 2 en comptera 12, son écriture est en cours de finalisation et sa production commencera en janvier 2016. Tellus est un coproduction finlandaise, suédoise, norvégienne et allemande.

 

La série aborde un thème intéressant, d’actualité et important : l’environnement, par le biais de l’éco-terrorisme. Pendant les échanges avec Siili, un spectateur considérait cette question non prioritaire par rapport à la montée de l’extrémisme religieux, pour ne citer que cet exemple. Avis auquel Siili a répondu qu’au contraire, les questions sur l’environnement sont essentielles. Si on n’agit pas aujourd’hui pour préserver la Terre, la situation sera catastrophique pour les générations futures. Je rejoins tout à fait cette réponse. Je suis persuadée que si l’homme continue à piller les ressources de la terre pour le profit et le confort immédiat, sans penser aux conséquences, un jour ou l’autre, la nature se retournera contre lui. On fore à 3000 mètres de profondeur sous la mer parce qu’il y a d’incroyables ressources. On détruit le riche écosystème qui y vit depuis des millénaires. Et après, on s’émeut que des espèces animales disparaissent, que les fonds marins en ressortent ravagés. Et on fera quoi, quand il n’y aura plus de ressources parce que la Terre aura été vidée sans ménagement ? On pollue, et après, on s’émeut du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. On détruit notre habitation et après, on se demande ce que l’on va faire… Je parais assez critique, c’est vrai. Je ne nie pas non plus l’amélioration des conditions de vie permise par ces ressources, mais il faudra bien se poser la question un jour.

 

Jukka-Pekka

 

Bref, revenons à la série. Elle a l’avantage de s’aventurer dans un thème peu représenté à la télévision (en fiction), et de montrer des personnages qui détruisent les installations des entreprises qui, selon eux, sont des ennemis de l’environnement. JP a choisi de raconter cette histoire après avoir réalisé qu’il ne s’était jamais intéressé à ces questions. La série est devenue sa façon d’apporter sa contribution. En cette diffusion à Séries Mania, il était ravi de rencontrer un public plus nombreux : en effet, il était venu présenter un projet à Shanghai quelques années auparavant, et dans la salle, il n’y avait que… 12 personnes… Il s’est intéressé à un groupe qui a décidé de réagir, en franchissant la ligne jaune, et a avoué qu’il comprenait les personnes qui le faisaient dans la vie réelle. JP a choisi le format policier (les actions de Tellus sont suivies par les policiers) afin que l’histoire parle au plus grand nombre.

 

L’histoire n’est pas mal, même si je n’ai pas eu un coup de cœur pour cette série. Question de feeling. La froideur et la distance règnent dans cette série, notamment au niveau des personnages qui font partie du groupe d’éco-saboteurs. Ils sont solitaires, mènent une vie ascétique, à l’image de l’héroïne principale, Eevi. Celle-ci ne fréquente personne. Lors de prises de décision, elle imagine des discussions avec des personnes de son entourage (dont sa mère défunte) qui l’aident à arrêter un choix. Elle ne fréquente personne, enfin, jusqu’au jour où elle rencontre Alex, le leader d’une association écologique modérée, qui se contente de manifestations. Elle voudrait aller plus loin, mais cette relation ne ferait que l’éloigner de son objectif. On sent qu’au fur et à mesure des épisodes, il va y avoir une confrontation entre ces deux points. Eevi pourra-t-elle mener une double vie ? Va-t-elle arrêter ses actions par amour ? De son côté, Alex a des liens étroits avec le policier chargé d’enquêter sur les actions de Tellus. Les membres de Tellus se soutiennent afin qu’aucun ne sombre. Là encore, il y a une sorte de distance entre eux. Même si on les voit « décompresser » ensemble, ce n’est pas non plus ambiance colonie de vacances. La distance et la rigueur sont les conditions nécessaires à la réussite de leur projet et leur sauvegarde. Ils se sont fixés une mission et restent concentrés pour ne pas s’en détourner, quitte à vivre comme des fantômes et à tout sacrifier. D'ailleurs, à plusieurs reprises, Eevi justifie (en voix off) ce choix de vie.

De l’autre côté, on a un policier, Taneli Lokka, dont la mission est d’arrêter Tellus. Il ne ressemble pas à l’image traditionnelle du flic que l’on peut voir dans une fiction, comme l'a fait remarquer une spectatrice après la projection. Il est vieillissant et handicapé de surcroît ! Il sort en effet d’une convalescence suite à un AVC qui l’a privé de son œil droit. Pas du tout le jeune homme en plein force de l’âge et beau gosse… Lui aussi se soucie de l’environnement, du gaspillage. J’ai adoré ses colères face à ses enfants qui ne respectent rien du tout : que je jette la moitié de mon assiette par-ci, que je ne trie pas les poubelles par-là… Lui aussi semble solitaire, dans un sens : ses relations avec celle qui l’a remplacé pendant son congé sont très neutres, minimum syndical^^.

 

DSC02912

 

Les deux épisodes ont aussi leurs défauts. J’ai eu du mal à tisser un lien avec les personnages, à cause de ce sentiment d’éloignement, de l’ambiance polaire. Les éco-terroristes ne sont pas vraiment chaleureux et extravertis, mais c’est cohérent avec leur ligne de conduite. Alex m’a peut-être été plus abordable. Le rythme a du mal à s’intensifier, bien que certains éléments donnent envie d’en savoir plus. Le groupe va-t-il aller beaucoup plus loin dans son action ? Après la victime accidentelle, les membres réfléchissent à frapper plus fort, mais décident de conserver pour l’instant leur méthodologie de destruction matérielle. Le membre que Lokka va interroger va-t-il craquer ? Quelles motivations ont poussé ses membres à agir de la sorte ? Leur mode de vie va-t-il peser sur eux ? etc. Aussi, la musique est parfois de trop dans plusieurs scènes.

 

Je souligne encore une fois l’intérêt du sujet qui, hélas, n’a pas eu de retentissement auprès du public finlandais après la diffusion de la saison 1 même si elle a été bien accueillie. Comme l’a expliqué Siili, ce sujet ne fait pas partie des priorités pour les politiques. Notamment en cette récente période d’élections parlementaires qui ont eu lieu dans son pays : les questions économiques et de politique étrangère ont été mises au cœur des discours. Par ailleurs, la désobéissance civile n’est pas autant répandue dans les pays nordiques. Si Tellus devait passer en France, ce serait mission à accepter pour Arte, c’est évident. Ou alors, sur une chaîne diffusant déjà des documentaires orientés univers, nature, mais serai-t-elle enclin à faire de la place à ce genre ?

 

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Sériecalement vôtre,
VK

25 avr. 15

SERIES MANIA S6 : GALLIPOLI

avec spoilers

 

gallipoli 1

 

Le samedi 18 avril 2015, je me suis rendue à la projection des deux premiers épisodes de la série australienne Gallipoli. Son synopsis ? Lors de la première guerre mondiale, le jeune Tolly et son frère Bevan s’engagent pour combattre dans les troupes de l’empire britannique. Avec de nombreux australiens (et néo-zélandais et anglais), ils sont envoyés à Gallipoli, dans l’actuelle Turquie, pour contrer l’empire ottoman, alors allié de l’Allemagne.

 

A la base, c’est une série de guerre, un peu dans la veine des Band of Brothers, Generation War, la série française diffusée par France 3 il y a peu (vraiment désolée, son titre m’échappe…), et autres fictions de divers pays qui existeraient. Des séries qui ne traitent pas des mêmes conflits, mais qui présentent l’enfer vécu par des milliers d’hommes lors des deux évènements majeurs, dramatiques et à résonnance mondiale du XXème siècle. En elle-même, Gallipoli n’est qu’une « énième » histoire de guerre. Ce qu’elle a de particulier, c’est qu’elle présente le point de vue des australiens et qu’elle se focalise sur un épisode de la guerre qui n’est pas forcément connu de tous. A commencer par moi (cet article ne servira pas à grand-chose pour les plus experts^^). De mes vieux cours d’histoire, je savais qu’il y avait eu la bataille des Dardanelles, en Turquie. Sans rappels, je ne saurai vous en dire plus. Alors Gallipoli, ça ne me disait rien du tout.
Au cinéma, vous pouvez regarder La promesse d’une vie (qui entre nous, fait plus titre de film romantique à l’eau de rose que drame), avec Russell Crowe, qui a en toile de fond la bataille des Dardanelles, aussi nommée campagne de Gallipoli.

Quelques recherches et explications avant la projection des épisodes (puis après) nous font réaliser le traumatisme de cette campagne sur l’Australie : les Dardanelles fut rude et longue, et se solda par une déroute pour les pays engagés contre les ottomans et les allemands. Pour l’Australie (et la Nouvelle Zélande), Gallipoli a été un évènement fondateur de son identité nationale, jusqu’alors sous le joug de l’empire britannique. Le jour du débarquement sur Gallipoli, le 25 avril, est une date de commémoration majeure en Australie (idem en Nouvelle Zélande). Elle surpasse même le 11 novembre ! D’ailleurs, la saison 1 de la série avait été mise en téléchargement légal quelques jours avant sa diffusion à la télévision. Dès ce stade, elle a eu un succès énorme. La bataille a également forgé l’identité turque.

 

gallipoli 2

 

Quid du contenu de la série ? Je ne pourrai parler que pour le pilote, ayant dû écourter ma projection pour ne pas me retrouver à la fin de la longue file d’attente de la séance Empire avec l’interview de Lee Daniels, son créateur (article à paraître prochainement). Le pilote alterne entre séquences de guerre et souvenirs de la vie paisible d’avant. Le spectateur suit des jeunes hommes, engagés dans un conflit dont ils ignoraient la violence, la portée, dans un pays qu’ils ne connaissaient que de nom (et encore…). Il n’y a rien de « palpitant » dans l’épisode. Ce n’est pas, par exemple, des tableaux majestueux (artistiquement, mais reflétant la réalité) de combats tels que ceux représentés dans Band of Brothers. C’est l’histoire de types ordinaires devenus soldats qui débarquent puis avancent sur une colline, rencontrent des soldats turcs, se font refouler, puis contre attaquent et gagnent du terrain, avant d’être à nouveau repoussés par l’ennemi. Entretemps, un grand nombre tombe sous les balles. En parallèle, l’état-major discute des actions à mener, et semble parfois tout aussi désorienté que les troupes sur les collines.

On ressent tout à fait l’absurdité de la guerre. Les soldats grimpent sur une colline, avancent de quelques mètres au prix de lourdes pertes. Ils continuent en espérant des renforts, qui viennent au compte-goutte et peu nombreux. Ils se perdent en cours de route. Ils passent des heures à errer dans un paysage, presque sans but, et rien ne se produit à part des morts et des valses j’avance-je tire-je recule-je tire-j’avance. On est choqué également par le décalage entre ce que les soldats vivent et le train de vie des officiers supérieurs, qui semblent s’être enfermés dans une bulle spatio-temporelle digne de la haute société britannique : dîners en uniforme de cérémonie, dans des paquebots au décor 1ère classe du Titanic. On sent en outre le sentiment de confusion parmi les différentes strates : les soldats : que faut-il faire ?; les officiers : où en est-on ? (mauvais relai de l’information), que décider ?.

Le point de vue ottoman est moins représenté, c’est plutôt logique si la production est australienne et qu’elle montre le camp britannique. Toutefois, il y a bien quelques scènes. Celles-ci montrent la détermination de l’ennemi de l’époque, l’influence des officiers sur leurs hommes, les poussant à se battre jusqu’à la mort. Au premier abord, cela ressemble presqu’à du fanatisme et rappelle la mentalité des forces japonaises de la seconde guerre mondiale. Comparaison à prendre avec des pincettes, évidemment : ce n’est qu’une impression que j’ai eue quand j’ai vu l’épisode. A étayer avec plus de documentation. C’est ma lecture de Mémoires de nos pères (James Bradley, à lire si vous êtes intéressé(e) par la bataille du Pacifique WWII) qui m’a fait penser à ce rapide rapprochement.

 

gallipoli 3

 

L’arrière se manifeste par de courts flashbacks. Au-delà de leur objectif de proposer une pause nostalgique et heureuse au milieu des combats, dans le pilote, ces extraits dressent le tableau d’un triangle amoureux en formation. Je n’ai pas d’avis particulier à émettre, car il aurait fallu que j’en voie plus pour me faire une meilleure idée. En soi, l’idée du triangle amoureux peut être intéressante, comme énervante et sans intérêt (histoire de combler l’épisode).

 

Comme d'autres séries du genre, Gallipoli abordera certainement la brutalité de la guerre et des hommes, le questionnement des soldats face à cette impasse, la fraternité avec les compagnons d'armes et le camp d'en face lors de trèves, le dur retour au pays. La série convaincra par son point de vue sur un sujet connu. Le rythme n’est pas rapide, il pourra en rebuter certains. Il est à l’image de cette guerre qui s’est enlisée, avec des conséquences désastreuses (dans quel but ?). Enfin, le très jeune âge de certains combattants m’émouvra toujours.

 

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Sériecalement vôtre,
VK

28 mars 15

DOWNTON ABBEY, SAISONS 3 A 5

 

downton 2

 

Je me permets un one shot avec cet article couvrant les saisons 3 à 5 de Downton Abbey, les saisons étant courtes et relativement sans évènements explosifs. Ce n’est pas la seule justification, en fait, ayant vu la saison 3 il y a très longtemps et les deux suivantes, l’une à la suite de l’autre, dans un passé récent (sur TMC), j’ai décidé de traiter le tout en même temps, pour éviter les erreurs d’association intrigue/saison.

De façon générale, plus les saisons avancent et plus je trouve la série meilleure. On aurait pu craindre une lassitude au bout d’un certain temps. Car qu’est-ce que vraiment Downton Abbey ? Si on devait la décrire en une phrase maximum, la série nous montre ni plus ni moins des chroniques d’une famille de la haute société britannique et celles de ses domestiques. En somme : les journées réglées par l’étiquette, les évènements mondains s’enchaînant les uns après les autres, de même que les jours ordinaires mais (trop) chargés en besognes des servants qui se répètent avec peu d’opportunités d’évolution. Downton Abbey suit ce réglage, mais en réussissant à nous fasciner : qui ne s’est pas imaginé avoir ce train de vie ? ; et surtout, à faire évoluer ses personnages dans un monde qui change (la guerre, le refus de la hiérarchie de la société telle qu’elle est depuis des siècles…). La série donne l’impression, d’un point de vue macro, que « rien » ne passe. Il n’y a pas d’enquêtes, de scènes d’action, de complots. Malgré tout, on se rend compte après cinq saisons que le domaine de Downton en a vu défiler, des histoires ! Même si certaines m’ont ennuyée, je suis charmée par ce que la série propose. 

 

downton 3

 

Cependant, voici ma première doléance : j’ai l’impression que les domestiques sont encore trop réduits à leur simple statut, par rapport aux Grantham et Crawley. Qu’est-ce que j’entends par là ? Cela m’a frappée tardivement, mais quand vous regardez les intrigues autour des non domestiques, ceux-ci évoluent au-delà de Downton. Ils interagissent avec le monde : ils vont à Londres, sont invités par d’autres gens de leur classe, ont des histoires d’amour et d’amitié, ont des problèmes, etc. Les intrigues sur les domestiques, en dehors du cadre professionnel, sont plus limitées, restent à leur relation avec les Grantham, Crawley et autres lords. On les voit moins interagir avec le monde extérieur de façon indépendante et aussi, leurs histoires sont moins poussées. Par exemple, Mary va à Londres pour faire telle ou telle chose toute seule, si elle est accompagnée de sa femme de chambre, on ne voit pas/très peu ce que cette dernière fait. Si un domestique va à Londres, il y a toujours un fil qui le ramène vers sa condition/la famille qu’il sert ou alors ce voyage est ellipsé et on le revoit de retour à Downton. Ainsi, Thomas est parti à Londres pour suivre un traitement, j’aurais bien voulu avoir quelques scènes où on voit de quoi il retourne, avant d’apprendre à Downton le véritable but du voyage. Ou autre exemple : Spratt est allé au mariage de sa nièce (si ma mémoire est bonne), on ne l’a pas vu dans la sphère privée mais on l’a vu en ville parce qu’il a aperçu Mary et son amant sortir de l’hôtel. De temps en temps, il y a des histoires qui n’ont rien à voir avec Downton, mais c’est rare et assez vite expédié.

Je parle de façon générale, je me rappelle encore du triste destin de la servante ayant eu un enfant avec un officier dans les premières années, pour le coup, c’était assez indépendant du cadre de Downton/de la domesticité. Après, il y aussi une contrainte de temps et de personnages : il y a peu d’épisodes par saison, on ne peut pas faire évoluer tout le monde avec la même intensité, il faut trancher. Néanmoins, quelques rééquilibrages seraient les bienvenus…

 

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Je poursuis donc avec un paragraphe sur ces rééquilibrages et les points qui n’apportent plus d’intérêt. On pourrait en parler de temps en temps, mais selon moi, ils ont pris une importance inutile.

Commençons par Mary. Dans une précédente critique, j’avais dit que son « je t’aime, moi non plus » avec Matthieu et la succession d’obstacles sur leur relation, au détriment d’autres personnages qui auraient gagné à être davantage explorés, avaient fini par m’exaspérer. Aujourd’hui, je suis toujours sous le coup de l’exaspération. Mary est un personnage qui stagne. On dirait que son rôle se borne à être la fille ainée à marier à un riche héritier pour assurer la pérennité de Downton. Après la mort de Matthew, j’espérais la voir se révéler en femme d’affaires gérant avec brio le domaine. Défi d’autant plus intéressant qu’elle vit dans un monde dirigé par les hommes. Qu’est-ce qu’on a eu ? Certes, quelques moments avec son beau-frère pour parler gestion de patrimoine. Principalement, à peine Matthew disparu, voilà qu’on nous sort aussitôt deux prétendants !! Même si Mary répète qu’elle n’est pas prête et ne succombe pas pour un temps, le spectateur est toujours en face d’une situation déjà vue : quel parti va choisir Mary ? Comment va-t-elle traverser cette situation ?

D’autre part, Mary n’a pas mûri, contrairement à sa sœur Edith : elle reste la « pourrie gâtée », autocentrée sur elle-même et son domaine, sans compassion quand il s’agit d’Edith. A la confirmation de la mort de Gregson, bien qu’on n’avait plus d’espoir depuis longtemps, Mary envoie Edith bouler. Très sympathique de la part d’une sœur qui ayant perdu elle-même l’amour de sa vie, aurait dû être la première à soutenir Edith et à la comprendre…

 

Après Mary, parlons d’Anna et de John Bates. A l’instar de Mary et sa situation répétitive d’élégante jeune lady sur le marché de l’amour, les Bates entretiennent des liens étroits avec la justice, plus précisément la prison. Après son mari, Anna fait un séjour derrière les barreaux, et ce dernier, pour la sauver, s’accuse du meurtre dont son épouse est soupçonnée et se retrouve de nouveau recherché pour homicide. Pitié… La première fois s’était éternisée, et ça recommence… J’aurais préféré le développement suivant : suite à son viol, Anna porte plainte. Cela aurait été une très bonne occasion de montrer comment les affaires de viol étaient traitées à l’époque, les injustices envers les victimes et en filigrane, la difficile condition des femmes à l’époque (sans nécessairement s’enliser dans le pathos). Ou alors, en choisissant l’intrigue autour de la mort du violeur, qu’on y mette un terme : qu’Anna soit vite innocentée grâce à un témoignage, voire qu’elle ne soit pas du tout arrêtée car la police aurait classé l’affaire. Ceci aurait permis l’approfondissement d’autres personnages, restés en retrait. Au choix : madame Hughes visitant sa sœur handicappée (la révélation tombe comme un cheveu sur la soupe…), Thomas et son traitement, l’émancipation de Daisy, Baxter qui retombe sur celui pour lequel elle a volé, etc. Dans le même état d’esprit, on aurait pu enlever/raccourcir cette histoire de prétendants pour Mary et mettre en valeur le couple Rose/Atticus. En effet, leur romance avant le mariage fut rapide ! N’avait-on pas attendu trois ans avant de voir Mary et Matthew sceller leur union ?

 

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L’abandon de poste de madame O’Brien fut inattendu et réglé à la vitesse de la lumière… Ce n’est pas la première fois qu’un domestique quitte les Grantham. On a bien eu, au tout début de la série, la femme de ménage devenant secrétaire, puis le valet traumatisé par la première guerre mondiale, et après O’Brien, le valet surpris en situation scandaleuse et celui accepté dans un hôtel de prestige. Au moins, pour ces personnes, un contexte a été développé, et le départ suivait une logique. Avec O’Brien, on a compris que la mère de Rose l’appréciait. Toutefois, sa fuite sonnait comme une solution qu’on avait dû trouver pour se débarrasser du personnage en urgence, sans réflexion (conflit entre la production et l’actrice ?).

 

Certains bonds dans le temps me paraissent inappropriés. Parfois on s’attarde sur des intrigues qui ne sont pas les plus excitantes (ex : Mary et ses amours). Puis tout à coup, on fait un saut en zappant des histoires qui auraient été intéressantes à voir (ex : la fin de la grossesse d’Edith). Nous sommes partis de 1912 et cinq saisons plus tard, nous sommes déjà dans le milieu des années 20 (il me semble). Les acteurs risquent de ne pas coller au rythme de vieillesse de leur personnage... (ok, il y a la magie du maquillage, mais cela ne fait pas tout).

D’autre part, certaines conclusions d’intrigues me paraissent encore politiquement correctes. Certains personnages s’en sortent dans la douceur malgré la gravité, pour l’époque, de leurs actions. Par exemple Rose et son chanteur de jazz noir qui ne vont pas au bout de leur relation, ou Edith qui peut compter sur la compassion de ses parents et sa tante. Peut-être est-ce compliqué d’un point de vue scénaristique de s’aventurer sur des questions scandaleuses pour l’époque considérée ? Moi, j’aimerai bien qu’on secoue de temps en temps le sac : que la vérité sur Edith soit révélée au grand jour et qu’elle affronte les médisances de la société conservatrice…

 

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Après cette proposition de points négatifs, voici les éléments qui ont rendu Downton Abbey plus forte :

Les drames qui ont bouleversé la série : la disparition, la même saison, de Sybil et Matthew. Deux jeunes protagonistes partis subitement dans la force de l’âge, alors qu’ils avaient tout pour être heureux. Ces sorties choquantes étaient ancrées dans la « réalité » : la mortalité des femmes lors de l’accouchement encore présente à l’époque et un « banal » accident de voiture s’annonçant à l’improviste.

L’arrivée de la jeune et audacieuse cousine Rose. Je l’aurais bien vue en femme moderne. Soit célibataire et vivant des aventures palpitantes (comme faire de l’aviation), soit en épouse qui travaille.

L’amitié entre Lady Violet et Isobel Crawley : une agréable surprise, une belle amitié, des discussions tintées de répliques savoureuses. Comme le dit l’adage, les contraires s’attirent. Malgré leurs divergences, ces deux femmes se respectent et tiennent à l’autre (même si elles refusent de l’admettre). Lady Violet était drôle et émouvante quand elle jouait les entremetteuses puis avait peur de finir toute seule une fois Isabelle mariée.

Le secret de Lady Violet : Absolutely outrageous !!^^ Qui l’eut cru ? Cela a l’avantage de casser son image. La comtesse douairière apparaît plus contemporaine, humaine, moins sévère.

Les histoires de cœur de Lady Violet et Isobel : plus exaltantes que celles de certains plus jeunes et proposant aux spectateurs une histoire d’amour du point de vue d’aînés (parce qu’à un moment, y en a marre des amourettes d’ados avec des pseudos obstacles…).

Le majordome de Lady Violet, Spratt : Curieux bonhomme, encore plus conservateur qu’un conservateur !

Les confrontations entre Robert et l’institutrice : explosives. Ceci-dit, l’institutrice, au-delà de ne pas avoir froid aux yeux, était bien culottée de provoquer des crises sous le toit de celui qui l’invitait…

 

Tom Branson et l’après Sybil, ou comment cohabiter avec la haute société anglaise sans oublier d’où on vient et qui on est. Ce personnage fut « torturé » par ses doutes, son sentiment de trahir ses principes. Je l’aurais bien vu reprendre la politique, poussé par l’institutrice, mais je reste satisfaite de ce qu’on lui a concocté. La femme de chambre lui tournant autour était une parfaite manipulatrice, cette histoire apportait un peu de piment. Au final, Tom a réussi à s’intégrer dans la famille Grantham et son univers, mais est resté humble. Il a su conjuguer ses deux mondes. Cracher sur cette nouvelle situation sociale et cette famille aurait été hypocrite. Il me manquera.

 

L’évolution d’Edith : Si on la compare à celle de sa sœur ainée, la progression d’Edith est de loin la plus attrayante et émouvante. C’est un des rares personnages qui a connu une nette transformation. Au départ peste et malheureuse en amour, Edith est toujours malchanceuse en amour, mais a grandi, s’est assagie. Les scénaristes ne l’ont pas ménagée, en lui faisant perdre les hommes de sa vie et en la mettant enceinte, hors mariage !! Je regrette de ne pas avoir vu une scène où Edith se sépare de sa fille à sa naissance, l’accent ayant été mis sur d’autres intrigues alors qu’il me semblait plus opportun de le réserver au moins pour ce type de scène clé. Heureusement, le déchirement et la souffrance d’Edith furent montrés lors de ses visites chez le fermier, pour voir la fille de son « amie ». Ce stratagème ne pouvait pas du tout fonctionner à court terme. Il était impossible qu’Edith garde son sang-froid. De même, si sa fille avait été éloignée, Edith aurait eu un comportement, peut-être à moyen terme, qui aurait soulevé des questions. Quoi qu’il en soit, cette facette d’Edith était touchante, challenging.

 

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Madame Hughes et monsieur Carson : Sérieusement, la demande de mariage fut inattendue et un peu « bizarre ». Bizarre dans le sens où je ne voyais pas du tout Carson initier ce genre de proposition, où je ne voyais pas du tout Hugues et Carson comme un couple, bien qu’on ait eu une scène sur la plage de ces derniers avançant dans l’eau main dans la main. Une amie me soufflait, devant ma perplexité, qu’il s’agissait plus d’un mariage de raison que d’amour, avis que je rejoins. On est plus fort ensemble. Carson et Hughes s’apprécient et se respectent beaucoup, ils n’ont pas forcément besoin d’être fous amoureux l’un de l’autre pour se marier. Il y a quand même de l’amour, mais sous une autre forme, plus nuancée. Cette union leur permettra de s’accompagner dans leurs vieux jours, de se soutenir en cas de difficultés, d’être tout simplement avec une personne dont ils se soucient.

 

La crise de couple Cora/Robert. Rien de révolutionnaire, mais un bon coup de fouet pour rappeler à Robert que rien n’est jamais acquis. Pour Cora, une petite aventure pour rendre sa vie monotone de comtesse moins morne, le temps de quelques épisodes. Surtout, on a la sensation que Cora ne fait pratiquement pas grand-chose, à part organiser des réceptions…

 

L’agression d’Anna. Contrairement à certains, cela ne m’a pas choquée. Non pas que le sort d’Anna me laisse totalement indifférente. J’avais lu, avant de regarder la scène en question, que celle-ci en avait bouleversé/dérangé beaucoup. J’imaginais alors que la scène avait été d’une violence inouïe. Mais rien de tel ne s’est produit. Le traitement à l’écran de l’agression fut soft (ou ça a été censuré pour la diffusion française ?). Elle est choquante dans le sens où elle se démarque du ton de la série, plutôt léger même si celle-ci traite d’évènements tragiques. On n’est pas non plus dans le film Lawless où les scènes violentes ne ménagent pas le spectateur… Cette agression reste réaliste : c’est une chose qui, hélas, peut frapper n’importe quelle femme.

 

Downton Abbey continue à faire son bonhomme de chemin dans l’univers des séries, en dressant le déclin de l’aristocratie britannique face aux nouvelles modes, mœurs et tragédies humaines.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK



21 mars 15

CHEFS, SAISON 1

 

chefs 1

 

Série poétique, délicieuse, qui nous plonge dans un agréable voyage des sens. Menu parfait… enfin, jusqu’au moment où le chef a été remplacé… Mais chaque chose en son temps, je reviendrai sur ce point plus tard.

Avec Chefs, on plonge avec gourmandise dans les coulisses d’un restaurant parisien haut de gamme. Le travail y est difficile, rigoureux, parfois ingrat, mais les assiettes qui ressortent sont une œuvre d’art, une récompensent au dur labeur. Personnellement, je me sentirai coupable de détruire une si belle harmonie. La poésie et l’invitation au voyage sont indissociables de la série. A travers les images traduisant les émotions ressenties par les personnages lorsqu’ils préparent et/ou dégustent un plat. A travers la présence de la mère de Romain qui guide ses gestes quand celui-ci concocte un mets, personnifiant ainsi ce souffle invisible qui pousse le jeune homme au meilleur. A travers la musique, douce, relaxante.

Le générique de début, très beau visuellement, met lui aussi tout de suite dans cette ambiance. On y voit défiler les personnages et décors : ils superposent avec fluidité et discrétion, dans des couleurs ni sombres ni aveuglantes, dont le jeu donne la sensation qu’elles s’effacent sous le poids du temps. Le générique me fait penser à un tableau impressionniste par moments. Mon seul hic est la bande son, qui, je ne sais pourquoi, est assez stressante, noire, et correspond davantage à une bande son de polar, thriller, alors que le sujet est tout autre (on aurait pu imaginer une enquête sur le meurtre d’un grand chef, lol). Même raisonnement avec l’affiche promotionnelle, où l’on voit le chef, Romain et Delphine.

 

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Quid des personnages et intrigues ? La saison 1 est tout à fait satisfaisante. Pas trop d’histoires d’amour virant au feuilleton ou prenant toute la place. Pas d’histoires alambiquées pour finir en pétard mouillé ou cliffhanger pour faire genre. C’est simple, efficace, on ne s’ennuie pas, la cuisine est bien le sujet principal. Cependant, on se doutait bien que Romain était le fils du chef. Et question aux internautes, car j’ai un gros doute : est-ce que le chef a vraiment transformé le vendeur de truffes aux allures de dealer de drogue en pâté ??

Mention spéciale à Anne Charrier, alias Delphine, et Clovis Cornillac, le chef. La première est bluffante dans son interprétation de femme ambitieuse, directe, obstinée, à l’élégant dress code. Ses discussions houleuses avec le chef, sa façon de dire ses quatre vérités à Matsumoto et la critique culinaire étaient irrévérencieuses et tellement hilarantes. Merci pour ces moments de légèreté (et les répliques). Le deuxième est très bon dans son personnage de chef mystérieux, têtu, fier, attendant le meilleur de sa brigade avec à la fois la fermeté et la bienveillance d’un chef de famille. Malgré leurs divergences, Delphine et le chef se rejoignent pour former un duo de choc, improbable, épicé. L’un gérant l’aspect business, l’autre l’aspect créatif. Les deux toujours en contradiction pour mieux avancer.

Hugo Becker est pas mal dans son rôle de jeune en rédemption, en colère contre lui-même et le monde entier, cherchant sa place, obstiné, se révélant dans la cuisine avec le souvenir d’une mère prodige et meurtrie. Yann, le second, incarné par Nicolas Gob, se défend tout aussi bien en emmerdeur de première, provocateur, sans gêne, délaissé par son mentor. Son incompréhension face à cet « abandon » est assez justifiée, ma foi.

 

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Je reviens maintenant sur le remplacement du chef qui m’a quelque peu gênée. J’ai trouvé cette conclusion culottée, pas super crédible. Bon, ça pourrait se faire dans la réalité. Personnellement, je trouve ça un peu « foutage de gueule », pardonnez l’expression. J’ai l’impression que la prise de fonction de Romain est un braquage culinaire et professionnel. Ceci fera beaucoup d’envieux, ce qui est tout à fait normal et humain. Je voyais davantage cette fin de saison 1 en belle conclusion de la série, quand tout est pardonné et que le père et le fils scellent une véritable relation père/fils. Le père tirant sa révérence après tant de labeur et succès, le fils prenant la relève, après des années d’apprentissage et de réalisation, pour une nouvelle aventure. Ou alors, en conclusion d’une saison ultérieure (mais à partir de la saison 3). La fin proposée en 1ère saison est certes une vengeance assouvie, mais pour moi, ça ressemble à du vol. Ok, le chef a basé son premier succès sur une imposture. Ce qui en a suivi après pour sa fiancée (la mère de Romain) est injuste, cruel. Il n’en reste pas moins que le chef a tout de même, pendant les vingt années suivantes, développé ses recettes, prouvé son talent, mené sa brigade. Il n’est pas devenu chef par magie. Il a bossé dur. Il aurait très bien pu se vautrer rapidement après ses débuts glorieux, mais non.

 

Et là, d’accord, Romain venge sa mère en prenant la place du chef. Sauf que le jeune homme n’a travaillé qu’une année, et encore ! J’ai le sentiment qu’avant de rejoindre le restaurant, Romain n’avait aucune, ou alors une expérience très limitée de la cuisine. Remarque : ayant manqué un passage, je ne peux que faire des hypothèses. Romain a beau être un génie, il faut quand même du temps pour faire ses preuves. Par conséquent, je l’imaginais reprendre le flambeau/vengeant sa mère après quelques années pendant lesquelles il aurait brillé dans des concours et auprès de critiques culinaires (la vengeance est un plat qui se mange froid...). Cette progression aurait été plus logique, à mon sens. Par ailleurs, n’oublions pas le reste de la brigade, à commencer par le second, qui pourrait très bien et légitimement se rebeller face à ce coup d’éclat. Elle travaille avec acharnement et passion depuis plusieurs années avec le chef, et voilà qu’un jeune cuisto, ex taulard, vient lui ravir la place. Incompréhension d’autant plus totale que personne ne sait le lien qui relie le chef et Romain. Même en connaissant ce lien, il y aurait eu des réactions.

 

Malgré ce point qui me reste en travers de la gorge, j’ai passé d’agréables soirées avec Chefs. Cette série a du potentiel. Que cherche monsieur Edouard ? Comment va rebondir le chef ? Et surtout, quel est son nom ?? car ce n’est pas possible de faire durer le mystère^^  Comment Romain va-t-il gérer son nouveau statut, ses détracteurs ? La saison 2 est prometteuse en batailles, manigances et savoureux plats.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

07 mars 15

EMPIRE (PILOTE 2015)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : Lucious Lyon, à la tête d’un puissant label de hip hop, est atteint d’une grave maladie. Il doit maintenant choisir pami ses fils celui qui reprendra les rênes de l’entreprise.

 

empire

 

Il y a deux weekends de cela, je me suis laissée tenter par Empire, depuis le temps que j’en entendais parler. Croyez-le ou non, j’ai bien aimé. Je n’ai pas non plus surkiffé, le pilote n’a pas non plus été ma révélation, j’ai tout simplement passé un bon moment sans voir le temps passer. Et ce n’était pas gagné car à la base, je ne suis pas fan de hip hop. Cela n’a rien de personnel, ce n’est juste pas le genre musical qui me fait vibrer. Néanmoins, je me suis dite qu’il fallait essayer, sans faire une fixation sur la musique.

 

Oui, clairement, le pilote d’Empire annonce une nouvelle série musicale, genre à la mode. FOX a lancé la tendance avec Glee et ses histoires/personnages aussi loufoques les uns que les autres, mais qui vident bien la tête. NBC a contre-attaqué avec Smash, nettement plus adulte et ancré dans les coulisses du business des comédies musicales (désolée, mais même l’art est devenu un business). S’est immiscée ABC avec Nashville, empruntant la voie du soap et focalisée sur la musique country, genre moins représenté (en tout cas pas encore très branché en France). Cette année, la fin de Glee approchant, FOX récidive avec Empire. Série premièrement, centrée sur le hip hop, deuxièmement, sur une famille Afro-Américaine. Toutes les combinaisons sont possibles… 

 

empire 5

 

En se basant uniquement sur le pilote, Empire ressemble à un soap musical, et me rappelle vaguement Nashville. Par l’aspect feuilleton et coulisses de l’industrie musicale, après, toute comparaison s’arrête là. Dès cet épisode, on a tous les ingrédients du soap : une famille friquée à la tête d’un empire musical ; des héritiers aux profils divers : Andre, l’homme d’affaire se donnant à fond pour l’entreprise, rapidement embué par Hakeem, le frère gâté pourri chanteur et glandeur, suit un troisième fils, Jamal, artiste libre, tempéré et homosexuel (orientation encore mal acceptée dans le monde du hip hop). En outre, on a Lucious, le patriarche autoritaire, mourant et pour cela, craignant pour l’avenir de son empire, et Cookie, la matriarche tout juste sortie de prison pour bousculer cet univers en apparence tranquille. A travers ces deux personnages sont instillées les questions centrales de la série : pourquoi Cookie est-elle allée en prison ? Que cherche-t-elle par son retour ? Qui va reprendre les rênes de l’entreprise après Lucious et qui va se révéler (en bon ou mauvais) ? Personnellement, je prendrai Andre. Même s’il n’a pas la fibre musicale, il connaît les rouages d’une grande boîte, contrairement à ses frères… Cet ensemble est le parfait départ pour une succession de jeux de pouvoir en latence avec leurs lots de complots, trahisons, déchirements. Bref, tout est là pour que ça tourne Feux de l’Amour ou Amour, Gloire et Beauté, avec les clichés traditionnels des feuilletons. Soit, si ça fonctionne, je n’ai rien contre. 

 

Ce qui m’a intéressée dans le pilote, c’est qu’en définitive, je n’en suis pas sortie horripilée. J’ai envie de continuer pour connaître la suite. Pas forcément de façon régulière, mais voilà, je suis curieuse de voir quelle tournure tout cela va prendre, pour quelques épisodes au moins. Certains trouvent la réalisation, mise en scène du premier épisode brouillon, moi, au contraire, je trouve que c’était efficace. On a à la fois le présent et des flashbacks qui durent juste ce qu’il faut pour comprendre un personnage, les blessures du passé et le truc qui fait que Lucious a de lourds squelettes dans le placard qu’on aimerait comprendre de A à Z un de ces quatre (néanmoins, avant la saison 37 svp). 

 

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Je parlais de clichés plus haut et la personnalité des protagonistes en est un. Le père se montre à la fois aimant, dur et violent. Les fils représentent chacun un type : le fils à papa, le fils qui a réussi et le talentueux qui s’ignore et traîne derrière lui des traumatismes. La mère, quant à elle, est totalement « barrée » : politiquement incorrecte. C’est d’ailleurs elle, et par la même occasion son interprète, Taraji P. Henson (l’ancienne lieutenant Carter de Person of Interest) qui se détache du lot. Provocante, vulgaire, forte, protectrice, Cookie détonne (déjà, rien qu’à ce prénom hors de l’ordinaire). Terrence Howard fait le job dans le rôle du père qui n’est pas très attachant en fin de compte. Quant à Andre, Jamal et Hakeem, ils ne m’ont fait aucun effet. A la rigueur, la femme d’Andre est le réel moteur de son mari, le poussant à se battre. Peut-être excellera-t-elle dans l’art d’arriver à ses fins par tous les subterfuges ? Pour l’instant, vraiment, c’est Cookie qui remporte la palme. On d'autres thèmes déjà explorés : une bataille féroce pour la succession et évidemment, l'étalage de richesse et pouvoir...

 

Sinon, point que je trouve peu crédible : les versions Lucious et Cookie jeunes, dans les flashbacks. On peut imaginer qu’ils ont eu leurs enfants assez tôt, vers le début de la vingtaine. Le souci, c’est que d’autres acteurs auraient dû être choisis pour jouer les versions jeunes des parents. En effet, reprendre les mêmes acteurs et les affubler d’une coupe différente et d’un bandana n’est pas très réaliste. En vingt ans, tu changes quand même un peu, notamment niveau corpulence… Du coup, ça fait un peu bizarre. 

 

Je pense qu’Empire peut proposer des tensions familiales auxquelles on peut devenir addicted. Peut-être pas des complots aussi tarabiscotés que ceux de Dallas (à quoi carburaient les scénaristes ??), mais on peut avoir des bases qui, si elles sont bien articulées et pas exagérément repérables à des kilomètres (ou répétitives), entraîneront le spectateur malgré lui. Quant à la musique, je n’ai pas spécialement d’avis, vu que je n’y connais rien, mais rien n’empêche d’ouvrir son horizon musical…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre

VK

 

22 févr. 15

[FAN FICTION] PERSON OF INTEREST, "PERIPLE INATTENDU"

 

POI 2

 

Bonjour,

Voici une fan fiction que j'ai écrite sur la série Person Of Interest.

Titre : Périple inattendu.

Sysnopsis : Une simple promenade en ville ne le reste jamais vraiment quand elle est troublée par l'homme en costume.

Liens :

21 févr. 15

PARIS

 

Paris

 

Essai réussi pour Arte. J’étais déjà tombée sous le charme d’Ainsi soient-ils, j’étais curieuse de découvrir Paris, et je n’ai pas été déçue. La série propose une plongée de courte durée dans le quotidien de plusieurs protagonistes évoluant dans la belle ville de Paris. La série chorale fonctionne sur le même principe que les films Babel et Collision, avec une galerie de personnages venus d’horizons socioéconomiques très divers qui s’entrechoqueront à un moment ou un autre. Ainsi voit-on défiler un voyou endetté rêvant d’évasion, un chanteur transexuel, des chauffeurs de bus, un procureur, un premier ministre aux portes du scandale, une ancienne droguée… La série a réussi à présenter ces personnages, à les rendre attachants (j’ai adoré le panache de Cathy Penmarch et la crise d'Yvon), à nous pousser à vouloir découvrir ce qui les relient/vont les relier les uns aux autres, grâce à une vitesse de croisière modérée et un croisement habile des histoires.

 

Contrairement à ce qu'évoque son titre, Paris n’est pas du tout le personnage principal. La série ne propose guère un voyage dans les lieux symboliques et pittoresques de la ville, ce n’est pas un étalage chauvin de la capitale. L’histoire aurait très bien pu prendre place à Lyon, Bordeaux ou n’importe quelle autre grande ville de France (ça aurait été tout aussi charmant). Paris n'est qu'une toile de fond, les lieux plus ou moins célèbres montrés servent l'histoire. C’est une série sur des personnages qui se trouvent à un carrefour de leur vie, qui aspirent à un nouveau bonheur, qui dissimulent des failles et des secrets. Il y a aussi de l’hypocrisie et de la faiblesse. Comme lorsque le premier ministre succombe à la tentation d’utiliser Cathy pour redorer son blason au lieu de lui avouer la mort de son fils militaire, et plus tard, se sépare sans vergogne de son bras droit pour ensuite le rappeler en pleine nuit quand il a à nouveau besoin de lui, ou elle pour être exacte. J’ai bien aimé la décision de cette collaboratrice qui décide alors de penser d’abord à elle et non plus de se dévouer corps et âme comme elle l’a fait depuis des années, pour ne recevoir qu'ingratitude. On a aussi à travers ce ministre et son ami procureur, de manière discrète, une image peu reluisante du pouvoir. Cet univers semble, dans les fictions, ne jamais trouver la grâce… à part dans Borgen (excellente série danoise). J’ai en outre trouvé bien construit le passage du pistolet entre les mains des personnages. Les cheminements des protagonistes sont ce que j’ai retenu de la série. Egalement une belle musique avec un morceau récurrent tout au long de la série, et un générique agréable et créatif pour introduire les épisodes.

 

Les deux points que je regrette résident dans le développement de certains héros et les séquences finales de la série. Pour le premier, Leïla et Mansour m'ont paru plus en retrait que les autres. Un arc sommaire sur Mansour et son ami blessé gisant devant sa porte aurait été bienvenue. En outre, Mansour quitte son appartement tel un homme en situation de danger extrême et somme sa femme de rester là où elle est et de l'attendre. Etrangement, le jeune homme reste dans Paris, on n'en sait pas plus, l'intrigue est mise en sourdine. Pour le deuxième point, les séquences de fin : je les aurais souhaitées un peu plus développées. Que l’on quitte Leïla sur une scène avec son mari et leur nouveau-né (ou alors qu'on ait au moins une courte conclusion par rapport aux éléments décrits plus hauts), que l’on ait une image de Cathy et Yvon (ensemble dans la douleur ou ayant atteint le point de non-retour). Le plan sur le procureur Lanvin et Alexia traversant, heureux d’être ensemble, les champs Elysées, bien que d’un romantisme cliché, était grisant et finalement, c'était la scène la plus adéquate pour conclure Paris.

Malgré ces légers détails, Paris s’ajoute à la liste des séries qui prouvent que la fiction française connaît un renouveau et sait se défendre.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

06 févr. 15

WEB-SERIE "VESTIAIRES LIBERES"

 

vestiaires

 

Amateurs de web-séries, voici, si vous ne la connaissez pas déjà, "Vestiaires libérés" : voir les épisodes

Il s'agit de la web-série de "Vestiaires", programme court autour du handicap que vous avez déjà pu voir sur France 2.

Réalisé par Maxime PotheratFeaturing Nicolas Martinez, Sébastien Lalanne, et l’équipe de “On habite au 65”.

 

Sériecalement vôtre,

VK

 

 

 

 

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