Sériecalement Vôtre

jeudi 11 septembre 2014

PERSON OF INTEREST, SAISON 3

Diff US, AVEC SPOILERS

Quel chemin parcouru depuis la saison 1 ! La série a su habilement explorer la mythologie relative à la Machine, Decima et le passé des personnages sans tirer un trait sur les épisodes « POI de la semaine ». Sur ce dernier point : oui, il y a eu de temps en temps des moments moins palpitants que les autres de la saison 3 et des précédentes, cependant, j’ai envie de garder à l’esprit qu’avec une vingtaine d’épisodes à faire par année, il n’est pas facile de toujours être parfait. Alors soyons indulgents et réalistes, d’autant plus que ces épisodes « moins » sont contrebalancés par les autres « plus », la mythologie et la tournure qu’a prise POI.

 

Au cours des saisons, les intrigues hors POI du jour se sont nettement enrichies tout en gardant une cohérence remarquable entre les dizaines et dizaines d’évènements et de personnages. La série a mué au fil du temps. D’une saison 1 davantage centrée sur les cas POI avec des étincelles de mythologie, la série est passée à une saison 2 où cette mythologie a pris de l’importance, avant de s’imposer encore plus dans la saison 3 et d’amener les héros dans une autre direction pour la saison 4. De sauveteurs œuvrant dans l’ombre dans une relative tranquillité, les héros de Person Of Interest sont désormais eux-mêmes traqués par Decima. On a clôt le chapitre HR assez tragiquement pour se consacrer à d’autres menaces : Decima et Vigilance.

 

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Je dois avouer qu’au départ, je trouvais l’intrigue Vigilance ennuyeuse. On avait toujours le même refrain : un groupe radical de la protection de la vie privée qui ne fait que débarquer, tirer dans le tas et s’évanouir dans la nature, à un moment, ça a fini par devenir redondant et franchement pas captivant. J’attendais un peu plus d’insight sur ce groupe. Attente très bien servie lors des flashbacks sur Collier, à la fois touchants et révélateurs des dérives de la surveillance, de l’obsession de la protection des intérêts nationaux, de l’interprétation des données. Sans adhérer aux méthodes, on avait de la compréhension pour les motivations de cet homme et le groupe. L’épisode d’introduction de Vigilance, celui où le POI dirige une société de collecte et revente de données privées était intelligent et inquiétant. En effet, on voyait les abus de ce système (surtout quand des gens peu scrupuleux le contrôlent) et on ne pouvait s’empêcher de penser à ce qui se fait aujourd’hui (publicités ciblées, vente de données…).

Décima, quant à elle, s’est érigée comme le nouveau méchant de l’histoire. Une fois de plus, on retrouve les thèmes sur les ratés de la surveillance, le pouvoir que confère un tel système à celui qui en est à sa tête. L’organisation a désormais Finch, Reese, Shaw et Root dans le collimateur, et s’est débarrassée de Vigilance, ce qui est un peu dommage car après les flashbacks sur Collier, j’avais envie de revoir ce mouvement qui aurait pu devenir un allié ambigu de Finch & Co. Il ne reste plus qu’à découvrir ce qui va advenir dans la quatrième saison.

C’était une excellente idée de relancer la dynamique avec l’introduction de Samaritan, la Machine n°2. On a désormais deux systèmes utilisés par deux camps aux motivations opposées.

 

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Maintenant, quid des épisodes en eux-mêmes ? Certains m’ont particulièrement marquée (liste dans le désordre) :

Je répète : ATTENTION SPOILERS

1/ L’épisode 2, avec le directeur de l’entreprise collectant les données personnelles :

Comme écrit plus haut, cet épisode a adressé avec justesse et réalisme des problématiques relatives à certains usages d’aujourd’hui. Si on peut taxer les défenseurs de la protection de la vie privée de gens qui ont peur de l’évolution, ont forcément quelque chose à cacher, cet épisode montre qu’il y aura tôt ou tard un couac aux lourdes conséquences si on fait n’importe quoi. D’ailleurs, quand on pense au nombre de sites (officiels : banques, entreprises…) et organismes à qui on a communiqué des données privées, on peut aussi s’interroger sur le problème des usurpations d’identité… Les grandes interrogations est : que collecter ? comment utiliser et sécuriser ce qui a été collecté ?

2/ Les épisodes 9 et 10 :

Vous pouvez lire les review que j’ai faites : épisode 9, épisode 10. En quelques mots : tristes, choquants, et magnifique jeu de Jim Caviezel (il lui faudrait un Emmy rien que pour son jeu facial).

 

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3/ L’épisode 16 :

On découvre qu’il y a eu un John Reese n°1 ! Quel cachotier, ce Finch. Un John Reese n°1 qui a conduit Harold sur la route du John Reese n°2 et toujours en service à ce jour. Sauf que le premier, Dillinger, était différent du second. Devant les secrets de Finch, Dillinger a préféré déguerpir en se servant au passage. Attitude qu’on peut nous-mêmes comprendre, vu le caractère opaque de Finch. L’aventure a, pour le second, réveillé une parcelle d’humanité et de justice. John Reese n’a plus été qu’un simple tueur : son geste (laisser fuir Daniel Casey) a fait tilt dans l’esprit de Finch. Plus tard, Reese, le tueur brisé, trouvera une véritable seconde chance auprès de Finch. En outre, John était plus disposé à travailler avec un associé très secret.

A noter que j’apprécie particulièrement le personnage de Kara Stanton, revue dans les flashbacks. Je la préfère même à Shaw. Stanton est la version féminine de Reese, en plus endurcie dans l’exécution des ordres sans broncher d’un poil. Je lui trouve un quelque chose qui me fait avoir plus d’affinité pour ce personnage que pour certains autres féminins. Dommage qu’elle soit décédée car j’avais bien aimé le fil rouge qui lui avait été concocté. Pour revenir à l’épisode : un bon mélange d’humour, de rencontres mouvementées et de théories du complot.

 

4/ L’épisode 5 :

Une histoire très sympathique entre Shaw et la jeune POI. On découvrait, en même temps que Shaw elle-même, une nouvelle facette de ce personnage dont on ignorait l’existence. Shaw était challengée par ce POI. Shaw s’est démenée avec une ferveur et une fibre maternelle (pour Shaw, on va dire ce qui se rapproche de ce qu'on appelle fibre maternelle)  inhabituelles : ce n’était pas qu’une simple POI à sauver en déployant toutes ses compétences.

5/ L’épisode 21 :

Beaucoup d’émotion et de tristesse dans cet épisode où Finch se sacrifie pour Grace et où les deux se croisent sur le pont sans que Grace puisse comprendre qu’elle vient de « revoir » l’homme qu’elle aime. Cette fois-ci, par sa requête à Reese et Shaw, Finch est prêt à franchir par amour un cap qu’il a toujours refusé de faire : attaquer physiquement une personne.

 

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6/ Les épisodes 22 + 23 :

L’étau se resserre sur Finch, Reese, Shaw et Root, et également sur les dirigeants du projet de la Machine. Quant à Collier, au cours de son parcours, il s’est extrémisé. Dommage que Vigilance ait été anéantie dans la fin de la saison 3. A mettre sur le compte de la nécessité de faire un peu le ménage pour insuffler une nouvelle dynamique et développer tout son potentiel dans la saison 4. Cependant, je ne serai pas contre un retour ponctuel de Vigilance : en flashbacks par exemple, ou plus tard. Peut-être que cette page Vigilance n’est pas totalement tournée ? Les flashbacks sur Collier et la raison pour laquelle il a rejoint ce groupe étaient très intéressants et donnaient de la profondeur au personnage et au mouvement.

Samaritan semble nettement plus dangereux que la création de Finch, davantage à cause de la personne qui contrôle ce nouveau système, à savoir Greer. Comme Dillinger et Stanton peuvent constituer à bien des égards un parallèle/antagonisme avec John, Greer est le reflet maléfique de Finch. Pour la première comparaison : à l’inverse de John, Kara n’a jamais flanché par compassion quand il s’agissait d’exécuter un ordre et a choisi la vengeance quand le gouvernement l’a trahi. Reese a fait preuve d’humanité et a choisi la rédemption, l’aide aux personnes en danger. Il a choisi d’avancer sans oublier l’homme qu’il a été. On peut parler aussi de reconversion professionnelle puisque Reese réutilise ses compétences non plus pour tuer mais éviter les drames.  A l’inverse de John, le premier homme en costume préférait ses intérêts personnels. Greer, quant à lui, est l’homme puissant, distingué, cultivé comme Harold, mais voit en la technologie une arme de pouvoir. Harold est conscient de ce point et a choisi d’agir pour éviter que cette technologie ne soit utilisée à des fins destructrices. Greer est lui aussi mystérieux : d’où vient-il ? quel est son parcours ? 

 

7/ L’épisode 11 :

On s’aperçoit qu’Harold Finch, avant d’être Harod Finch, a été un adolescent comme les autres ! On aurait pu s’attendre au portrait traditionnel du jeune garçon maigrichon, les cheveux gominés, énormes lunettes hideuses, dans son monde et souffre-douleur de ses camarades. Et bien non, surprise ! Harold avait des potes, faisaient les 400 coups, n’était pas du tout renfermé. Sa relation avec son père et ce qui lui arrive sont très touchants. D’une certaine façon, Harold était déjà seul dès sa plus tendre enfance, avec un père atteint d’Alzheimer. Vraiment bien joué de la part des scénaristes de nous avoir pris à contrepied.

 

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Après les épisodes, quelques remarques sur les personnages :

Je m’attarderai sur deux protagonistes en particulier : Lionel Fusco et Root.

Le développement des intrigues autour de la Machine a un inconvénient majeur : elle censure le rôle de Lionel Fusco, maintenant cantonné aux apparitions ponctuelles pour donner un coup de pouce à Reese. Ces apparitions sont toujours les bienvenues, cependant, j’ai plus l’impression que Fusco a été rétrogradé au rôle de guest qui apporte la touche comique du jour. On avait déjà le même problème avec Carter (quand elle n’avait pas ses propres combats à mener) et si elle n’avait pas été éliminée en même temps que HR, je me demande comment son évolution aurait pu s’intégrer au reste des intrigues. Bien que triste, son départ était cohérent, au vu de la place de Fusco aujourd’hui. C’est un personnage désormais très secondaire, en ce sens qu’il n’est pas personnellement impacté par la Machine comme le sont les autres personnages. Il n’a pas été trahi par le gouvernement lui-même à l’origine du projet de la Machine. Il n’est pas un fanatique de la technologie. Il a juste un lien indirect (à travers les autres protagonistes). Ce lien peut tout à fait rester indirect, mais comme je me suis habituée à ce personnage, pourquoi ne pas l’inclure plus souvent en tant que support important ? Par exemple, pour aider Finch et le reste de la bande dans leur fuite face à Decima. Ou alors l’impliquer un peu plus dans la mythologie.

Au contraire de Lionel, Root a fait son chemin dans la série et est devenue une alliée de Finch. Ce personnage reste néanmoins ambigu : son parcours n’est pas forcément clair. Dit autrement : j’ai du mal à la cerner, mais je suis sûre d’au moins une chose : elle veut protéger la création de Finch. Sinon, j’ai un peu de mal à adhérer au fait que la Machine lui parle, mais bon, passons… Autre point à considérer : les scénaristes ont-ils prévu quelque chose de plus ambitieux pour Root et son groupe ? Si oui, comment cela va-t-il impacter le reste des héros ? Ce groupe va-t-il épauler Finch, Reese et Shaw dans leurs missions POI dans un avenir proche ? Ou va-t-il se dévouer au combat contre le gouvernement ?

 

En trois années, Person Of Interest a réussi à entraîner le spectateur dans un univers complexe et passionnant, et à ouvrir de nouvelles portes pour la saison 4, qu’il nous tarde de savourer. Si vous ne connaissez pas encore, il n'est pas trop tard : TF1 rediffuse en ce moment la série le dimanche après-midi.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK


samedi 23 août 2014

THE KILLING, SAISON 3

(Danemark)

 

The klling 1

Promesse faite à moi-même : la prochaine fois qu’Arte (ou toute autre chaîne française) diffusera une série nordique, je la regarderai dès la première saison. A l’instar de Borgen, j’ai plongé dans et adhéré à The Killing lors de sa troisième et dernière (pas de chance) saison. En réalité, rater les deux premières ne s’est pas avéré si handicapant, on comprenait sans trop de difficulté les enjeux/le contexte de la série. Il est vrai cependant que c’est une partie de l’expérience que j’ai manquée.

 

The Killing, plus exactement des épisodes que j’ai vus, est passionnante. Elle a ce charme, ce quelque chose qui fait qu’on est subjugué, qu’on a envie de connaître la suite à la fin de chaque volet de l’intrigue (j'ai eu le même sentiment avec la suédoise Real Humans). Le spectateur est baladé sans ennui d’une piste à l’autre tout au long de l’histoire. Une intrigue maîtrisée, qui alterne entre points de vue de divers protagonistes d’horizons différents : policiers, politiciens, cadres exécutifs ; mais finalement ceux-ci sont reliés les uns aux autres. Aussi bien par l’enquête que des intérêts communs. Une intrigue où chaque cliffhanger ne passe pas pour un subterfuge parachuté là dans le seul but d’ajouter un nouvel épisode, mais donne une autre tournure à l’enquête. Et un cliffhanger parfaitement accompagné d’une bande son rock.

Je n’aurai qu’un seul point de discorde : l’aisance du meurtrier à mener la police par le bout du nez et à s’échapper alors qu’elle l’a déjà encerclé. Sérieusement, blessé sur le quai et avec Sarah et Borch à un mètre de lui, il réussit à s’évaporer sous leur nez ? Sarah et Borch, vous avez été nuls sur ce coup.

 

Ce qui frappe dans The Killing, c’est sa noirceur et la vision pessimiste du pouvoir qu’elle brosse. Les puissants s’en sortent toujours et aussi bien qu’eux que d’autres préfèrent s’écraser quand il s’agit de protéger une situation confortable.

the killing 3

Kristian Kamper est sincèrement affecté par l’affaire et le silence dupouvoir judiciaire qui a entouré certains éléments. Toutefois, quand la vérité éclate, il choisit finalement de ne rien dire et fêter sa victoire aux élections à cause du lien entre le financement de son ancienne campagne et l’une des entreprises les plus puissantes du Danemark. Même au détriment de la vérité sur le « suicide » de son fils. Seule son aide de camp semble vouloir réagir. De même, Robert Zeuthen, le patron de cette entreprise, cède aux remarques d’un des membres du top management. On sent qu’il n’y aura aucune suite à ce scandale. Pour Zeuthen, on comprend qu’il préfère d’abord s’occuper de sa famille après l’épreuve qu’elle vient de vivre. Les services spéciaux, le frère de Kamper et le ministre de Kamper ont eux aussi préféré le silence, en se cachant derrière l’excuse de la protection d’intérêts supérieurs. C’est d’ailleurs cette absence d’action qui a conforté un sadique dans ses abus meurtriers sur des mineurs qu’il était censé aider…

 

Les seuls à tenter d’inverser cette tendance sont le tueur (hé, mais ce n’est pas le père des hubots de Real Humans ?) et Sarah Lund. Malheureusement de façon radicale, mais quand on regarde le tableau dressé dans The Killing, on se demande s’il y avait vraiment une autre solution… La fin de la série est choquante. Non seulement elle est choquante par la scène où Lund exécute l’assistant de Zeuthen, mais aussi par les autres scènes où on comprend que le changement ne passera pas par les autres personnages. Franchement, je ne m’attendais pas du tout à l’acte de Lund, surtout qu’elle venait d’être grand-mère ! Quel contrecoup et frustration ! Sentiments exacerbés par l’absence d’une suite… Sarah Lund est un protagoniste maudit, solitaire, qui semble ne pouvoir jamais trouver la quiétude.  (sinon, j’adore son pull bleu^^ ! vraiment, c'est impeccable pour l'hiver)

 

The Killing aborde, de façon très intéressante et captivante la politique, la corruption, les liens économie-politique, sur fond de kidnapping et meurtres dont le déroulement est excellent. Le portrait qui en est dressé est aussi réaliste : il est difficile de penser que tout est soit blanc, soit noir. Peut-on quand même garder espoir ?

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

vendredi 11 juillet 2014

REAL HUMANS, SAISON 2

 

Je ne vais pas mentir : quand bien même cette série est fascinante, originale, de très bonne qualité visuelle, j’ai préféré la saison 1 à la saison 2. Je ressors de cette dernière avec un étrange sentiment. Effet de lassitude ? Je ne pense pas car on en est qu’à la saison 2. Enthousiasme évaporé comme un ballon qui se dégonfle ? Non plus, car j’ai vraiment envie qu’il y ait une saison 3. Alors qu’est-ce qui m’est arrivée ? Je pencherai plutôt pour une sensation de surdose à certains moments au cours de cette saison. Le challenge avec cette série, et c’est d’ailleurs l’un des éléments qui fait son charme, est la vaste étendue des thèmes que l’on peut aborder. C’est à la fois une opportunité et une menace.

 

J’ai eu la sensation que l’on parlait de beaucoup de choses dans cette saison 2 alors que l’on s’en tenait à moins d’arcs narratifs dans la première où, finalement, il y avait plusieurs lignes mais elles convergeaient vers un même point : le code. Avant d’atteindre ce point, elles poursuivaient leur propre trajectoire sans qu’il y ait trop de déviations. La recherche du code est toujours d’actualité dans la saison 2, mais il s’accompagne d’un foisonnement de situations qui m’a déstabilisée par instants. Ceci est une impression, je n’ai pas cherché à la confirmer ou l’infirmer avec des preuves concrètes. Je peux avoir tort. C’est juste que c’est ce que j’ai ressenti à la fin du dernier épisode et que je ressens encore aujourd’hui, donc je me dis que ça doit bien vouloir signifier quelque chose…

 

real humans 2

 

Je ne remets pas en cause les questions de société soulevées par Real Humans, intelligentes. Les hubots sont une source incroyable pour poser de telles interrogations. On est allé plus loin dans cette seconde salve d’épisodes. On a mis en parallèle le désir de certains hommes à accéder à une sorte d’immortalité, à ressembler aux hubots et le désir de certains hubots à vivre comme des êtres humains. Florentine en est le parfait exemple. Figure de la peste dans la saison 1, elle n’en est devenue que plus attachante dans la 2 par son humanité, son souhait si simple de vivre heureuse avec une famille. Hélas, être un humain fait aussi mal. On s’en prend plein la tronche au moment où tout va pour le mieux, à cause d’une injustice, à cause aussi de l’hypocrisie d’autres humains, à cause d’un enchainement de circonstances dont on perd la logique.

De l’autre côté, des humains essaient de prolonger leur passage sur terre via une machine, comme Lennart et Jonas. Etre immortel est-il aussi bien que cela ? Peut-on vraiment retrouver toutes les facettes d’une personne dans une machine, aussi sophistiquée soit-elle ? N’est-ce pas une forme d’individualisme, de mégalomanie que penser que « moi » je peux transcender le temps et l’espace ? Et psychologiquement, quelles conséquences peuvent avoir ce procédé sur nos proches, toujours en vie ? Personnellement, j’aurais un peu du mal à converser avec le clone robotique d’un proche défunt, c’en serait même malsain : on pourrait se couper du monde, vivre dans une bulle et oublier que par essence, on vit et on meurt, c’est tout à fait dans l’ordre des choses.

 

real humans 3

 

La saison 2 pose également la question de la responsabilité de l’homme dans ses créations et la perte de l’humanité, du lien qui unit les êtres humains. Le groupe des jeunes Real Humans illustre parfaitement ce point. Au-delà de la présentation qui peut être caricaturale du groupe réactionnaire, radicale qui en est fait (les chemises colorées, les bretelles et les expéditions punitives), ce groupe de jeunes défend des idées pleine de sens. Les hommes ont créé les hubots à leur image (une autre preuve de mégalomanie ?) : c’est extraordinaire, ces robots vont pouvoir faire beaucoup de choses à la place des hommes. Cependant : quid de l’après ? Comment gérer cette cohabitation hubots/hommes ? Cohabitation qui va forcément faire naître des tensions, la haine des hommes face à ces machines qu’ils ont créé eux-mêmes. Les notions d’amour, d’amitié, de partage, d’entraide, d’altruisme tombent sous la menace et peuvent se perdre à la faveur de la technologie et de la recherche de la performance. On conçoit des hubots pour se délester des tâches ingrates (le ménage), faciliter et accélérer la production (dans les usines), mais ne finit-on pas par ne plus se soucier des hommes, par tuer la capacité des hommes à se surpasser/se construire dans l’effort ? Les hubots les remplacent dans les usines et également dans les bureaux. Comme Mimi dans le cabinet de Claes : elle accomplit des tâches que des heures de brainstorming entre collègues auraient nécessité. Alors oui, c’est génial, le problème est rapidement réglé, mais on prive ces collègues de ce labeur commun et d’une satisfaction intellectuelle (et personnelle) d’être venus ensemble à bout d’une difficulté. Il y a aussi la jalousie face à cette menace d’hubot performant qui devient un substitut de l’employé moins rapide, moins performant et plus cher !

Cette disparition du liant se voit dans l’histoire de la mère de David Eisher et son hubot aide à domicile, le compère de Bea et Roger de la saison 1 l’ayant déjà souligné. On finit par confier des personnes, des êtres chers à des robots : on ne s’en occupe plus, ils deviennent des charges auxquelles il faut trouver une solution. Je ne nie pas qu’il est difficile de s’occuper de parents âgés quand on doit soi-même nourrir ses propres enfants. Je m’intéresse à la désolidarisation qui en résulte. En poussant jusqu’à l’extrême, l’homme devient lui-même qu’une simple pièce qu’on peut remplacer par un robot et il ne serait pas étonnant que cette avancée technologique provoque un conflit.

Aussi, quid du recyclage des éléments des machines cassées ? En creusant plus loin, on arrive à la question de l’environnement.
Le progrès a du bon, c’est vrai, toutefois, il faut faire preuve de prudence.

 

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A côté de tous ces sujets riches, il y a eu quelques longueurs et raccourcis (à l’origine de mon ressenti sur cette saison) :  la rébellion de Rick qui s’éternisait ; l’histoire de Mimi et son modèle humain coréen qui sortait de nulle part, histoire de jouer un petit rôle dans le procès de Florentine (j’aurais préféré qu’on prouve son humanité avec d’autres faits) ; le retour inattendu et inutile du type des services secrets que j’avais définitivement enterré depuis longtemps. Entre tout cela et les différentes histoires : le grand-père, Florentine et Douglas ; Mimi juriste ; les hubies ; le hub battle land ; Bea ; Jonas, son projet fou et sa mère ; les jeunes du Real Humans club ; le virus ; il y en avait peut-être un tout petit peu trop pour moi. Peut-être que la saison 1 avait un côté plus thriller et jetait les bases de la série, par conséquent, on devait se contenir dans le nombre de développements. Une fois l’univers installé, la saison 2 permettait de se lâcher, d’où un tourbillon d’évènements, dont plus de violence de la part des hubots en révolte (le passage de Gordon d’ange à extrémiste, quel choc !) et des humains (les jeunes Real Humans). Il faudrait canaliser tout cela dans la saison 3 : se focaliser davantage sur Bea et son groupe de robots libérés qui ne va sûrement pas plaire à Conny et la résolution de ce problème de virus (que je pensais voir avancé dès la saison 2, mais bon…). En tout cas, je ne peux pas enlever à cette seconde saison le fait qu’elle bougeait.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

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jeudi 19 juin 2014

GLEE, SAISON 4

 

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La saison 3 s’était terminée sur la remise de diplôme de fin d’études pour une majeure partie du glee club. La saison 4 avait donc le défi suivant : comment suivre plusieurs personnages principaux dans leur vie post lycée et en même temps, attacher le public à de nouveaux membres du glee club et aux anciens encore au lycée ? Sans encore entrer dans les détails, j’ai été satisfaite par la saison 4 sur ce sujet-là. J’ai trouvé qu’il y avait eu un bon équilibre entre les différentes catégories de protagonistes. Certains anciens ont été moins présents à l’écran, d’autres un peu plus après avoir été relayés au rang de rôles tertiaires pendant les trois premières années. Les scénaristes ne pouvaient pas tout gérer en même temps, il a fallu faire des choix et les assumer. Sur cela, ça ne m’a pas choquée, bien que je comprenne que les fans de Quinn ont pu/du être outrés…

 

Maintenant, passons en revue les troupes (celles qui m’ont marquée).

Les anciens du glee club :

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Rachel : Je n’ai jamais été une super fan de ce personnage. Son « je t’aime, moi non plus » avec Finn m’avait lassée à un certain moment. Son attitude égoïste m’avait agacée à plusieurs reprises, de même que son monopole des solos et chansons, alors que Glee compte de nombreuses belles voix. Mais ça, c’était la Rachel d’avant New York. Dans la saison 4, il n’y en n’avait pas uniquement que pour Rachel, ce que j’ai apprécié, et il y avait aussi un gain en maturité, ce qui était intéressant. On sentait beaucoup moins le côté égocentrique de Rachel. Ce qui ne veut pas dire qu’elle a perdu son ambition et ses petites manies de star, mais c’était moins puéril, violent et redondant qu’au lycée. Rachel s’est confrontée à la dureté (bienfaisante) de sa prof de danse, à l’environnement différent de New York. Elle a failli faire une connerie (jouer une scène en nu intégral) mais s’est ravisée grâce à Quinn, Santana et Kurt, est redescendue de son nuage lors du duel avec Kurt (justice !). Elle s’est accrochée à son rêve malgré les difficultés, et surtout, a changé sa garde robe !! Elle est devenue plus adulte.
J’aime son amitié avec Kurt, avec des hauts et des bas, mais en définitive, quoi qu’il arrive, ils se soutiennent. Ce que j’ai trouvé un peu loufoque par contre, c’est leur apparente facilité à trouver : 1/ un appartement à New York + 2/ un appartement très vaste + 3/ un appartement sachant qu’ils ne sont qu’étudiants, donc par définition, pas blindés de tune (même en admettant la caution des parents, quand même…) + 4/ un appartement en si peu de temps. En tout cas, on n’a pas l’impression qu’ils ont galéré.  Ca aurait été une piste à explorer, rien que pour le côté comique : imaginez les 2 en train de visiter avec un proprio pas très net un appart miteux et voir une souris faire un sprint en plein milieu du semblant de salon^^.

Du côté de McKinley, Blaine a succédé à Rachel. Plus flagrant dans la première moitié de la saison. Au bout d’un moment, j’en avais marre : on voyait Blaine par ci, Blaine par là, on entendait Blaine chanter presque toutes les chansons. Comme le « trop de Rachel tue Rachel », « trop de Blaine tue Blaine ». Je n’ai rien contre ce personnage ni contre la voix de Darren Criss (j’ai adoré ses reprises de Grease), c’est juste qu’à un moment, c’en était trop, on n’en profitait plus.

Tina : dans la saison 3, Rachel lui avait dit qu’elle aurait tout le loisir d’être sur le devant de la scène l’année d’après. Qu’en fut-il dans la saison 4 ? Raté. On a toujours une Tina dans l’ombre, j’entends au niveau des solos, même si elle a quelques coups d’éclat (Madonna et Gangnam Style). Au niveau des intrigues, il y a eu un effort par rapport aux trois précédentes saisons. J’ai apprécié celle autour de son crush pour Blaine. Inattendu et sympathique. De quoi de développer les amitiés entre membres du glee club qu’on n’avait pas forcément vus en interaction auparavant. J’ai rigolé en voyant son assistante. Dommage de ne pas avoir poussé ce délire plus loin : c’était l’occasion rêvée pour qu’un gagnant des nationales prenne la grosse tête pendant un certain temps.
L’évolution de Tina reste encore inégal. Elle flotte entre le « je veux être au premier plan » et « je prends des décisions qui au final, me desservent » (en gros, je me tire une balle dans le pied).  

 

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Sam + Brittany : je vais traiter ces deux personnages en même temps car ils sont clairement ceux dont j’ai le moins adhéré aux intrigues.
Commençons par Sam. Ok, il peut ne pas être très futé, être la version masculine de Brittany. Sauf qu’après les épreuves qu’il a traversées avec sa famille, j’aurais pensé qu’il serait devenu plus mûr, et même, le plus mature de tous les autres ados (on salue néanmoins ses éclairs de leadership). Dans la saison 4, il est juste le beau gosse qui fait rire les filles, qui se marie sur un coup de tête à cause d’une prédiction maya. Serait-ce un moyen de décompresser et d’oublier les difficultés qu’il a vécues ? Ceci me paraît bizarre et trop absurde pour que ce le soit… Qu’il soit drôle, oui, mais aussi loufoque que ça, je n’achète pas. Par contre, j'ai été sensible à sa détresse vis-à-vis de ses capacités (qu'il pensait uniquement corporelles).
Quant à Brittany, son évolution n’est absolument pas logique. Pendant quatre ans on nous la présente comme la parfaite idiote irrécupérable (n’oublions pas son zéro de moyenne l’an passé) et tout à coup, elle devient un génie et entre illico au MIT ?!??! Ce pseudo remake de Will Hunting est totalement incompréhensible, donc pour moi, zéro pointé pour Brittany, ça me dépasse.

Finn + Santana : deux jeunes au grand potentiel qui s’égarent. La vie réserve parfois de mauvaises surprises (et tristesse en voyant Cory Monteith dans cette saison sachant qu’il nous a quittés). Finn et Santana connaissent des échecs, empruntent des chemins qui s’avèrent ne pas leur correspondre, se remettent en question, s’avouent vaincus, mais finissent par se relever. Ce n’est pas facile de savoir ce que l’on veut vraiment faire à la sortie du lycée. Cela peut prendre quelques années (moi-même j’ai un peu erré). Les bifurcations qui n’aboutissent pas ne sont pas que des échecs, elles deviennent des expériences de vie qui nous façonnent. Bonne idée, qui plus est, très crédible, que de nous présenter des héros qui ne réussissent pas pour un temps. Tout le monde n’est pas comme Rachel, on ne brille pas toujours du premier coup (mais on le peut en s’acharnant comme Kurt) et parfois, ils faut du temps pour trouver sa propre voie.  

 

Les nouveaux membres du glee club :

 

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On notera des ressemblances entre quelques nouveaux et les anciens partis. Il y a eu comme une transposition des caractéristiques de Finn, Quinn et Noah sur Ryder, Kitty et Jake. Finn et Ryder : deux joueurs de football américain légèrement perdus et découverts un peu par hasard. Quinn et Kitty : deux pom pom girls pestes à souhait (quoique Kitty soit pire que Quinn et se rapproche plus de Santana sur ce point),  blondes et portées sur la religion (enfin, plus ou moins…). Noah et Jake : comme par hasard, deux frères qui ignoraient l’existence de l’autre et qui ont exactement la même appétence pour la gente féminine, même si Jake s’est assagi plus rapidement que son frangin (en tout cas, pour le moment). A noter que Jacob Artist a une très belle voix. Ces nouveaux personnages ne brillent pas par leur personnalité, contrairement à d’autres qui auraient été plus intéressants à développer. Je pense notamment à Unique, resté un peu en retrait. Comme on l’avait déjà vu en saison 3, ce retrait en saison 4 peut se justifier. C’est quand même dommage de s’être contenté de copies des champions des nationales. L’ajout de sang neuf aurait du s’accompagner d’une proposition différente.

Je remercie les scénaristes de Glee de ne pas avoir fait trop de vagues sur le triangle amoureux Jake-Marley-Ryder. Je ne doute pas qu’il y aura sûrement des rebondissements dans la saison 5, mais ce qui a été fait dans la 4 était suffisant.

Traiter des problèmes d’anorexie de Marley était intéressant au début, ensuite, ça a été complètement gâché. La fille s’évanouit en plein milieu de la prestation des communales, mais bizarrement, personne ne semble s’en inquiéter davantage. Un des chanteurs révèle au glee club que Marley a sauté les repas le jour même, mais personne ne demande à Marley la raison de cette action. Santana accuse Kitty, mais personne ne répond à Santana « pourquoi tu accuses Kitty ? c’est quoi, cette histoire d’anorexie ? ». Je me serai posée des questions. Même après les communales, aucune réaction d’inquiétude : personne ne se soucie de savoir comment Marley se porte, pas même Ryder qui a été le témoin oculaire de sa séance de dégobillage forcé, pas même Santana qui a chopé les substances que Kitty avait données à Marley. Or je m’attendais à ce que Santana soit la première à essayer de trouver le fin mot de cette embrouille. Elle peut se comporter comme la pire des pestes, d’un autre côté, ça cache son souci pour les autres. Je m’attendais à ce qu’on passe un sacré savon à Kitty. Rien de tout cela ne s’est produit. L’histoire s’est terminée en pétard mouillé pour qu’on passe vite à autre chose.

 

Et les adultes dans tout ça ?

Ce fut le syndrome One Tree Hill (Les frères Scott) où une fois le lycée terminé, les adultes ont été évincés (à part le maléfique Dan). Les professeurs officient toujours à McKinley, mais leur présence en devient presqu’anecdotique. Will absent pendant plusieurs épisodes, Emma qui s’enfuit le jour du mariage, un mariage capoté à cause d’un autre problème dont ont fait des tonnes alors qu’il n’est pas aussi dramatique que cela, Sue en baisse de régime d’attaques corrosives (et pourquoi n'a-t-on pas abordé son nouveau rôle de mère, elle qui est habituée aux coups bas et à une ambition arrogante ?), ça se regardait, sans plus. Heureusement que le coach Washington est revenu, même si elle n'est juste qu'une Sue bis.

On a essayé d’ajouter une touche tragique et d’aborder par cela le problème épineux des armes à feu chez l’Oncle Sam. L’intention était bonne, le résultat, mauvais. Peut-être parce que Glee est une série, à la base, légère et non un drama ? Cette histoire de coups de feu qui ne dure que 10 minutes pour qu’on découvre qu’en plus, il ne s’agit que d’un tir accidentel, c’était moyen. Encore une histoire qui aurait pu être forte mais s’est finalement dégonflée.

 

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Pour finir, j’ai l’impression que les reprises se multiplient dans Glee pour se multiplier, elles appuient de moins en moins les intrigues. On chante histoire de montrer que Glee est un show musical. Je préfère moins de chansons, cependant mieux réparties en fonction des développements.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

 

jeudi 12 juin 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "ECRIRE UNE SAISON 2, QUELS ENJEUX & RISQUES ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite)

Olivier Dujols + Clothilde Jamin, auteurs sur Falco (TF1)
Solen Roy-Pagenault, créatrice de Candice Renoir (France 2)
Marie Guilmineau, coauteure sur Les hommes de l’ombre (France 2)
Marie-Anne Le Pezennec, SACD
Vincent Poymiro + David Elkaïm, auteurs d’Ainsi soient-ils (Arte)

Table ronde animée par Marie-Anne Le Pezennec

 

Thèmes évoqués lors de la table ronde :

— L’écriture d’une saison 2 est motivée par la passion portée aux personnages et l’opportunité de développer des points sur eux qui n’avaient pas pu l’être en saison 1. Pour Marie Guilmineau qui n’a pas écrit la saison 1 des Hommes de l’ombre, officier sur la saison 2 était un défi, c’était la première fois qu’elle travaillait sur des personnages qu’elle n’avait pas imaginés. Elle n’a pas ressenti la pression de faire mieux ou la peur de faire moins bien que ses prédécesseurs, le challenge résidait dans l’offre d’une proposition différente.
— Après la saison 1, il y a une plus grande confiance entre le diffuseur et la production. Néanmoins, les audiences réalisées en saison 1 ont une certaine influence sur l’écriture de la 2. La nature du diffuseur (chaîne privée/publique) a également un impact sur la relation diffuseur/auteurs et l’écriture.
— Les éléments importants de la deuxième saison de Candice Renoir avaient déjà été réfléchis en amont, facilitant l’écriture de cette saison quand la chaîne l’a commandée. Ainsi soient-ils a été marquée par le changement des interlocuteurs d’Arte entre les saisons 1 et 2 : les auteurs ont du établir une nouvelle relation de travail avec leurs partenaires. 

— Marie Guilmineau préfère écrire directement des scénarios dialogués, sans passer par la case séquencier. Pour la saison 1 de Falco, les auteurs devaient livrer un séquencier. A partir de la 2, il y a eu une plus grande confiance de TF1 : les auteurs présentaient un pitch de quelques lignes et passaient aux scénarios dialogués, le process d’écriture était plus allégé.
— Les comédiens interviennent dans l’écriture, par le biais de retours, de propositions d’idées (c’est le cas de Sagamore Stévenin, alias Falco). Il y a un dialogue entre auteurs et comédiens : les auteurs surprennent les comédiens avec les textes, et les comédiens surprennent les auteurs avec leur interprétation.
— En général, les acteurs s’engagent sur une saison. Sur Les hommes de l’ombre, Carole Bouquet sera présente dans la seconde saison : une porte de sortie a été prévue pour son personnage à la fin de la saison, de même qu’une solution de retour sera possible si Carole Bouquet souhaite revenir dans la troisième saison.
— Olivier Dujols suit ce qui se dit sur twitter. Les scénaristes peuvent jauger les avis des fans, en tenir compte, mais l’intérêt réside aussi dans le fait de prendre les fans à contrepied et proposer des orientations inattendues.

— La méthodologie d’écriture et de production des séries en France pour proposer des saisons plus longues et diminuer le temps d’attente entre la diffusion d’une saison et de la suivante a engendré un vif débat.
Une révision du statut d’auteur s’est posée (les échanges ont du être redirigés car on s’éloignait du sujet actuel^^).
En France, le métier de scénariste est encore trop isolé : les scénaristes travaillent principalement chez eux et se réunissent de temps en temps en atelier d’écriture. Cependant, l’atelier serait plus rentable pour les séries avec au moins 12 épisodes par saison.
En outre, la France se caractérise par un long héritage du 90 minutes. Le 52 minutes est relativement récent. Les chaînes ont l’habitude de diffuser 2/3 épisodes d’une même série par soir (sauf exception de France 2 qui a consacré le vendredi soir à trois séries par le passé).
Autre point de blocage, le tournage en cross boarding, où il est découpé selon les lieux : on tourne toutes les scènes se déroulant dans un même lieu ensemble (que la scène se déroule dans l’épisode 2, 5 ou 7). En conséquence, le tournage ne peut débuter qu’à partir du moment où l’écriture de la saison est achevée. Cette méthodologie allonge le temps entre la diffusion de deux saisons consécutives. Ainsi soient-ils fonctionne selon ce process : la fabrication (écriture + tournage + post-production) d’une saison nécessite une année !
L’enjeu n’est pas de copier le modèle américain, car il y a de grandes différences : les USA sont un continent, la France non ; les USA disposent de moyens considérables et peuvent s’appuyer sur la vente à l’international.

— Quid d’un engagement des auteurs sur plusieurs années ?
Certains intervenants seraient prêts à s’engager dans la mesure où chaque saison est un nouveau défi. Quelques uns préfèrent décider selon l’envie à continuer sur le projet jusqu’à ce qu’un autre se présente. D’autres sont enthousiastes à cette longévité mais entrevoient la méthode actuelle de travail en France comme un possible frein à la capacité de durer.

 

Indiscrétions post table ronde :

J’ai pu poser quelques questions à Vincent Poymiro et David Elkaïm (Ainsi soient-ils) à la fin du débat.
— Le producteur a proposé aux auteurs d’écrire sur le thème de jeunes séminaristes. Les auteurs ont accepté car ils étaient eux aussi curieux d’explorer ce thème, peu approfondi à la télévision.
— Les instances officielles de l’Eglise se sont positionnées en défaveur de la série à cause de la vision du pouvoir au sein de l’Eglise présentée dans la fiction. Paradoxalement, ce n’est pas le thème de l’homosexualité qui a été problématique.
— Le tournage de la saison 2 est terminé, elle devrait être diffusée à la rentrée prochaine. La saison 3 est déjà en cours d’écriture.

 

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Les séries low-budget"
Table ronde "Exportation des séries et le format"

N’hésitez pas à découvrir les photos du festival : Galerie photo

 

Sériecalement vôtre,
VK

 

 



mardi 6 mai 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "EXPORTATION DES SERIES : LE FORMAT, UNE OPPORTUNITE A SAISIR ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite) :

François-Pier Pelinard-Lambert, Le film français
Ruth McCance, Eccho Rights
Avi Armoza, Armoza Formats
Pilar Perez, DCD Rights
Marc Nowak, Zodiak Rights
Matthieu Béjot, TVFI

Table ronde animée par François-Pier Pelinard-Lambert

 

Avant de commencer le résumé de la table ronde, petit rappel sur ce qu’on entend par format :
Le marché du format concerne la vente et l’exploitation des droits d’un programme TV qui sera adapté pour un marché local par une chaîne TV de ce marché.

 

Thèmes abordés :

— Le format est un gage de sécurité pour l’acheteur puisqu’il y a l’apport d’une expérience de production.
— La création n’est pas menacée par le format. Par exemple, pour Hostages (Armoza Formats), la version israélienne privilégie l’aspect espionnage tandis que la version américaine développe l’aspect drame familial.
— Les demandeurs de format sont ouverts aux propositions. La tendance va plus vers le « what’s new ? » que l’uniformisation.
— De plus en plus de petits pays entrent sur le marché du format.
— Certains éléments sont difficiles à adapter. Ce fut le cas pour The Slap (La Gifle en VF, DCD Rights) en Russie avec le sujet de l’allaitement et Hostages dans certains pays où l’idée d’assassiner le premier ministre est impensable.
Hostages a connu un parcours un peu particulier : CBS avait acheté les droits pour l’adaptation US avant même que le projet soit mis en oeuvre en Israël. A cause de la compétitivité accrue aux US, les chaînes n’hésitent pas à faire de la veille à l’étranger, à la recherche de projets, et à les acheter quand ceux-ci présentent une proposition claire, même sans épisode tourné.
— Les Etats-Unis ont optionné plusieurs séries françaises : Braquo, Les hommes de l’ombre, Jeff et Léo, Hénaut président. Pour l’instant, seule l’adaptation de Hénaut président a été diffusée aux USA sur Comedy Central, sous la web série The Handlers, avec en vedette Bryan Cranston (Breaking Bad) ! En définitive, il faut rester prudent : il y a beaucoup d’options, mais en réalité, peu de projets optionnés aboutissent.

— Le drama a un peu plus de succès que la comédie. Les codes de l’humour voyagent moins bien que ceux du drama. Marc Nowak a cité l’exemple de Solsidan, une comédie suédoise sur une famille s’installant dans un quartier bourgeois. Malgré l’universalité du thème, Zodiak Rights a du mal à imposer cette série, malgré l’argument marketing des 50% de part d’audience en Suède. Ils ont néanmoins réussi à pénétrer sur le marché américain. Du côté de la France, la comédie s’exporte plutôt bien. Caméra Café a été adaptée dans 26 pays ; Fais pas ci fais pas ça, en Pologne.
— Contrairement à Solsidan, The Slap a été adaptée plus facilement. Même si la base de l’histoire est très ancrée dans la culture australienne, une adaptation étrangère est plus aisée pour deux raisons : beaucoup de sociétés sont multiculturelles et la prémisse est plutôt simple (quarantenaires qui se retrouvent à un moment critique de leur vie). Les auteurs originaux ont été impliqués dans le processus d’adaptation. Il y aura une version américaine sur NBC.
— Eccho Rights a vendu à Shine France la série turque The End, dans laquelle une femme tente de découvrir la raison pour laquelle son mari ne se trouvait pas à bord de l’avion qu’il était supposé prendre et qui s’est écrasé. Il y a eu une première adaptation en Suède, sur SVT2. Elle a rencontré le succès auprès des femmes. Les Etats-Unis se sont ensuite intéressés. FOX prépare la version US (les scénarios sont déjà écrits). A la différence de la version originale qui est une mini-série, l’adaptation US a été conçue pour durer plusieurs saisons.

 

Echanges avec le public :

— Certaines chaînes produisent une version adaptée en plus de la diffusion de la série originale pour des raisons scénaristiques : l’adaptation permet de changer la fin, par exemple.
— Il vaut mieux vendre le format à quelques pays avant de s’attaquer aux Etats-Unis. Ce pays disposant d’un second marché, il y a le risque de demandes plus contraignantes qui s’avéreraient désavantageuses pour les auteurs.

 

N’hésitez pas à découvrir les reviews des autres séances :
Master class Nic Pizzolatto, "True Detective"
Table ronde "Les séries low-budget"
Table ronde "Ecrire une saison 2 : enjeux & risques ?"

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VK

dimanche 4 mai 2014

SERIES MANIA SAISON 5, TABLE RONDE "LES SERIES LOW-BUDGET, UNE CONTRAINTE STIMULANTE ?"

 

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Intervenants (de gauche à droite) :

Paul Marquess, Newman Street => "Suspects", diffusée sur Channel 5 (UK)
Bertrand Cohen, Terence Films => "Cut", diffusée sur France Ô
Marie-Agnès Bruneau, C21
Agatha Walkosz, Media Brigade => "The Deep End", diffusée sur TVP (Pologne)
Stéphane Drouet, Making Prod => In America, diffusée sur OCS

Table ronde animée par Marie-Agnès Bruneau

 

Le marché de la fiction a connu un essor considérable depuis ces dernières années. En 2013, la France comptabilisait 782 heures de fictions produites, dont 678 heures de séries. Pour ces dernières, le nombre a connu une hausse de 50% par rapport à 2012.
Les chaînes de la TNT et les chaînes thématiques s’attaquent également à ce marché : 45 heures en première diffusion pour la TNT, 32 pour les chaînes historiques. Néanmoins, il ne s’agit que de diffusion, ces acteurs n’ont pas encore de stratégie claire, exception faite pour OCS, TMC.
Cette embellie pour la fiction n’est pas sans pression budgétaire. En effet, la fiction représente le genre le plus cher : en moyenne 900 mille euros par heure (CNC, 2013). Cependant il faut se rappeler que les fictions occupent en général les cases du prime time, ceci a donc un impact sur le coût.
Avec les enjeux en termes d’audiences, le risque pris avec les projets qui peuvent ne pas marcher auprès du public, on comprend les réserves des acteurs du marché aux investissements conséquents. Se pose alors la question suivante : peut-on faire des séries à faible coût, des séries low-budget, sans pour autant renier sur la qualité (en cela, il ne faut pas confondre série low-budget avec série low-cost !) ?

 

Quelques mots d’introduction sur les séries :

Suspects :

La série fait les beaux jours de Channel 5, chaîne tournant autour des 4% de pda et n’ayant pas une forte tradition dans la commande de séries. Par le passé, le Royaume Uni se distinguait par une pléthore de séries à moyen/faible budget, mais elles ont toutes disparues depuis. Subsistent les drama à grand budget. Dans le cas de Suspects, Paul Marquess a eu l’idée de produire un drama sans dépenser une fortune, persuadé qu’un drama n’avait pas forcément besoin d’être cher. Il a été sollicité par Channel 5, qui n’avait pas commandé de drama pendant une dizaine d’années.
Suspects a été une belle surprise autant par l’accueil positif qu’elle a reçu lors de la projection presse que par son coût qui s’est avéré moindre que celui que la chaîne avait envisagé.
Cette série a la particularité de s’appuyer sur l’improvisation des acteurs. Toutefois, chaque épisode repose sur un script avec une intrigue dont les étapes sont définies à l’avance : l’improvisation intervient au niveau des dialogues.
Le tournage des scènes ne dépasse pas trois prises pour chacune.

Cut :

La série est diffusée sur France Ô, la chaîne de France Télévisions ayant le moins de moyens. Terence Films devait donc proposer un projet cohérent et de qualité face à cette contrainte budgétaire, et également un projet qui puisse être exporté. Terence Films réalisant une grande part de marge à l’étranger, la capacité à l’exportation entrait en jeu dans l’élaboration du projet.
La série s’appuie sur un dispositif transmédia : les personnages ont une page Facebook alimentée pendant et en dehors de la diffusion, pour donner une dimension de réalité. Ce dispositif présente un autre avantage : vérifier l’adhésion du public à la série. Vous trouverez plus d’informations sur ce dispositif sur Bigger Than Fiction.
Une saison 2 a déjà été commandée.

The Deep End :

La série compte deux saisons à ce jour, une troisième est en préparation. Elle est née à l’occasion d’un concours organisé par le Ministère des Finances et du Travail polonais, dans le cadre de la promotion des métiers des services sociaux. Le ministère a contribué au financement, de même que l’Union Européenne.
The Deep End a connu un succès critique et à l’international : elle a été récompensée aux festivals de Monte Carlo, Chicago, Turin, et a été vendue à 10 pays.
Les soap opéras sont plus fréquents dans le paysage télévisuel polonais, il y a très peu de drama en prime time.

In America :

In America est une idée des comédiens principaux. Ils ont soumis le projet à Making Prod qui l’a proposé à OCS. La chaîne a signé sur la base d’une bible et d’un épisode dialogué (ses modalités de sélection des projets diffèrent de celles des autres chaînes).
La série a été réalisée en 15 jours aux Etats-Unis et 6 en France. Pour les Etats-Unis, l’équipe a tourné à Las Vegas, au Grand Canyon, il y a vraiment eu une possibilité de voyager à travers le pays (sauf pour certains lieux : par exemple, les scènes à Chicago n’ont pas été faites à Chicago). Elle compte à ce jour 10 épisodes de 20-26 minutes.

 

Autres éléments abordés :

— Le rythme de tournage des séries low-budget est intensif. La réussite du tournage repose sur une excellente préparation en amont.
— La participation des acteurs n’est pas forcément subordonnée au cachet. Ils sont d’abord intéressés (en général) par la valeur du projet : si l’histoire, l’équipe leur plait, ils acceptent de mettre au second plan la question de la rémunération. Ainsi, série low-budget ne signifie pas automatiquement impossibilité d’avoir d’un acteur, réalisateur ou producteur renommé. Par exemple, The Deep End compte parmi son équipe un acteur connu en Pologne.
— Au niveau de la liberté de création, In America a eu les mains libres. Sur Cut, il y a eu des aller-retour, mais les décisions ont été prises rapidement étant donné le rythme intensif de la production. Pour The Deep End, le Ministère des Finances et du Travail a lu les scripts et a demandé à la production de réduire le nombre de mots vulgaires, demande que la production a suivie.
— A la question de savoir si un faible budget est uniquement une contrainte ou peut, à l’inverse, être un levier de création, Stéphane Drouet a confié que sur In America, conçue comme un road movie, les contraintes ont plus été liées aux lieux de tournage qu’au budget.
— Un budget moindre est compensé par une augmentation de la productivité : chacun doit faire des efforts au niveau de la rémunération et de la charge de travail.
— La contrainte budgétaire a des répercussions sur la façon de produire : aucune lumière n’a été utilisée sur Suspects. Paul Marquess n’aurait jamais cru cela possible avant de travailler sur Suspects. Ce genre de projet amène à tout remettre en question et favorise le dialogue entre la production cinématographique et la production de séries low-budget, car même avec peu, ces séries arrivent à conserver une qualité artistique.
— Cut a bénéficié du financement de France Ô, du CNC, de la région où la série est tournée, et de la marge du distributeur. On peut évaluer le coût de la saison 1 à 4/6 millions d’euros pour 70 épisodes. Chaque épisode de In America a nécessité 50 mille euros. OCS, le CNC et le distributeur ont participé au financement. Le budget de la saison 2 sera plus élevé. Le budget alloué à The Deep End s’élève à 1,5 million d’euros pour 13 épisodes.

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vendredi 2 mai 2014

SERIES MANIA SAISON 5, MASTER CLASS NIC PIZZOLATTO

 

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Nic Pizzolatto a honoré le festival de sa présence lors de la master class du 23 avril animée par Pierre Serisier, pour partager son expérience de True Detective, qu’il a créée et écrite, et qui a ensuite été diffusée sur HBO. La série présente une enquête différente à chaque saison. Dans la première, nous suivons les inspecteurs Marty Hart (Woody Harrelson) et Rust Cohle (Matthew McConaughey) dans leur investigation sur des meurtres en série commis en Louisiane. La saison alterne entre témoignages du présent de ces deux protagonistes et évènements du passé.

 

Quelques mots sur l’homme

Nic Pizzolatto est né en 1975 à la Nouvelle Orléans, en Louisiane, et a grandi à Lake Charles. Il a participé à l’écriture de la série The Killing, alors qu’il était encore assistant à l’université. En 2010, il connaît un franc succès avec la publication de son roman, Galveston.
Pizzolatto a toujours été attiré par les histoires et a toujours eu un profil artistique. C’est ainsi qu’il s’est naturellement lancé dans l’écriture, après la fac. A la question sur la raison du choix du genre policier, Pizzolatto a répondu ne pas être attiré par un genre en particulier. Il est d’abord intéressé par les personnages au bord du gouffre. Il s’est avéré que le crime était une opportunité pour développer les personnages ainsi que les différentes facettes de la société : le policier permettait de croiser ces divers éléments.
Nic Pizzolatto est venu au festival avec son ancien professeur de littérature, devenu un ami proche. Ce dernier l’a guidé dans ses expériences littéraires. Pizzolatto a aussi été serveur pendant quatre ans.

 

Génèse de True Detective

Nic Pizzolato souhaitait percer dans la télévision car à ses yeux, la télévision offre de très bonnes opportunités en termes de projets, d’idées. Les scénaristes avec lesquels Pizzolatto a échangé lui ont conseillé d’écrire un bon pilote pour se frayer un chemin. S’en est suivi l’écriture de six scénarii, dont celui du pilote de True Detective. Nic a vendu plusieurs projets, sauf celui de True Detective car il voulait mener par lui-même son propre projet. True Detective a véritablement décollé lorsque Matthew McConaughey a lu le script et a tout de suite voulu incarner Rust Cohle. Pizzolatto s’est orienté vers McConaughey pour les anciens rôles qu’il avait joués et aussi parce qu’il voulait un acteur avec une dimension physique, un « physical man » en plus de l’épaisseur psychologique. Pour le second protagoniste principal, Marty Hart, c’est Matthew McConaughey qui a soufflé le nom de Woody Harrelson.

La réalisation de la saison 1 a été confiée à un seul homme, Cary Fukunaga. Ceci a pour avantage de mettre les acteurs plus à l’aise dans la mesure où ils n’enchaînent pas les tournages sous la houlette de plusieurs réalisateurs, de faciliter le dialogue entre membres d’une même équipe. Les choses changeront pour la saison 2.

 

Débat autour des extraits

Extraits diffusés :
* La discussion entre Hart et Cohle dans la voiture sur la longue route (épisode 3).
* Le témoignage de Cohle + l’arrivée de Cohle et Hart chez Reggie Ledoux.
2 courts passages, dont l’interrogatoire dans la caravane des prostituées.

— Rust Cohle est l’archétype du flic dur auquel Pizzolatto a ajouté la capacité à philosopher. La comparaison de Hart  en représentation de l’américain moyen qui joue au football, se marie et fonde une famille a été soulevée, mais Pizzolatto ne le voit pas en unique image d’épinal de l’américain moyen.
— L’investigation permet à Rust et Cohle d’atteindre deux objectifs : la résolution de l’enquête et la recherche d’une façon de vivre. La quête de la justice sert de prétexte pour justifier la façon dont ils travaillent et vivent au quotidien dans un premier temps. Au fur et à mesure de l’enquête, il va s’agir de trouver une façon de vivre.
— La relation entre Hart et Cohle n’est pas à concevoir comme une relation avec des antagonismes. Au contraire, il y a des symétries entre ces personnages. Ils sont intimement liés. Tout commence par la simple relation de travail : ils sont coéquipiers, puis tout au long des épisodes, ils deviennent indispensables l’un pour l’autre. Ils partagent un lourd secret (cf. Reggie Ledoux). A la fin, chacun est la seule personne qui connaisse vraiment l’autre. Ainsi, la réplique « without me there is no you » prend tout son sens.
— True Detective peut être comparée à un voyage qui se matérialise par les fréquentes scènes dans la voiture sur la route. Le thème de la rédemption imprègne également la série et est un thème cher à Nic Pizzolatto. La série est aussi marquée par le thème du souvenir, de la mémoire : le témoignage de Marty et Rust et leur partage d’une histoire commune dans ses moindres détails bien des années après les évènements, les représentations visuelles (ex : le panneau « who killed me ? » - qui m’a tuée ? -). Pour Pizzolatto, les hommes se définissent par l’histoire qu’ils racontent, d’où cette notion de storytelling essentielle et très présente dans l’oeuvre.
— Certaines critiques US ont désigné True Detective comme série anti-religieuse. Pizzolatto la considère comme un show qui ne se limite pas à la simple confrontation pro-religieux / anti-religieux, ou toute autre confrontation. Néanmoins, il est vrai que sans être anti-religieuse, elle n’est pas non plus pro-religieuse. True Detective est avant tout un show qui s’oppose au « not thinking », l’absence de réflexion.

 

Pour la saison 2 :

— Elle se déroulera en Californie. Elle nous montrera une image de cet état différente de celle qu’on a habituellement en tête.
— Il y aura trois personnages principaux.

 

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mardi 29 avril 2014

BAND OF BROTHERS (FRERES D'ARMES)

 

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Je peux affirmer que je ne me lasserai pas de regarder cette mini-série (diffusée jusqu'à présent sur France Télévisions puis 6ter en France). Emouvante et magistrale. A commencer par le générique qui prend aux tripes (et est l’un de mes préférés) : il nous plonge immédiatement dans le souvenir, l’émotion, le respect, qui nous accompagneront tout au long des épisodes. 

Générique

Les témoignages des vétérans renforcent ces sensations. On s’attache aux hommes qui se sont portés volontaires pour combattre, on est reconnaissant pour ce courage et sacrifice, et on ne veut plus qu’une telle absurdité se reproduise. Les hommes sont doués pour s’autodétruire. Heureusement, ils apprennent aussi des tragédies du passé (pourquoi faut-il une tragédie pour que les consciences s’éveillent ?).

 

Je ne vais pas faire un retour sur le contenu des épisodes car ce serait absurde, bien qu’en fouillant un peu, il y avait quelques raccourcis historiques (je suppose que ce n’est pas la seule fiction à en faire). J’ai plutôt envie de m’attarder sur la réalisation, la mise en scène, incroyable. La production y est allée fort et le résultat est époustouflant. Je ne connais rien en stratégie militaire, mais je trouve que les scènes de combat sont réalistes (parfois rendues plus courtes pour la télévision par rapport à la réalité, les impératifs de durée d’épisode ne permettant pas de les éterniser). Le téléspectateur est immergé au coeur de l’action, comme s’il était lui-même un des soldats. Il y a une telle précision, maîtrise dans la capture des déplacements des soldats, des échanges de coups de feu et des explosions des obus. Cette précision se retrouve dans les décors : villages en ruines, forêt de Bastogne, camp de concentration (jusqu’à l’allure squelettique des prisonniers et les charniers). Tous ces éléments confèrent à la série une grande force : pour moi, c’est une des plus belles séries.

 

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On pourrait se poser la question : est-ce que Band Of Brothers glorifie l’armée américaine ? Il doit y avoir un petit peu de cela tout de même (volontairement ou non). Cependant, cette idée vient en dernier, voire pas du tout à l’esprit (je me la suis posée bien des années après la première diffusion en France). A chaque fois que je regarde cette série, je suis avant tout saisie par le retour sur ce pan de l’Histoire et la qualité de la réalisation. C’est d’abord un hommage et un travail de mémoire. On suit des hommes qui se sont battus pour mettre fin à cette guerre. On admire leur bravoure, leur sens de la fraternité quand ils doivent supporter le froid et les bombes alors qu’ils sont dénués de tout et perdent leurs camarades. Cela nous donne à réfléchir quand on sait que beaucoup d’entre eux étaient très jeunes et qu’ils se sont portés volontaires. Le monde a bien changé depuis : les générations d’aujourd’hui baignent dans l’insouciance, ont des désirs matériel (parfois futiles…).
On salue ces hommes et on est également écoeuré par ce chaos mondial orchestré par la folie et cruauté d’une poignée d’individus. En cela, l’avant-dernier épisode sur la découverte des camps est le plus dur, choquant de tous les épisodes. Cette découverte occupe le tiers de l’épisode, mais comme je le disais plus haut, le soin apporté à la reconstitution est tel que cela suffit pour nous imprégner de la barbarie des hommes.

 

J’aime le fait d’avoir vu la Easy Company dans différents contextes : l’entraînement à Toccoa pour la préparation aux futures opérations ; le front en Normandie, aux Pays-Bas et en Belgique ; puis la fin de la guerre où les hommes redécouvrent les joies d’un monde sans combats (saisissant contraste entre le paysage idyllique en Bavière et les champs de bataille). J’aime aussi qu’on ait suivi la Easy dans sa collectivité, ce qui, parfois, fut un peu difficile, étant donné le grand nombre de soldats : combien de fois me suis-je retrouvée perdue parmi les noms. Un suivi collectif reposant plusieurs fois sur le point de vue d’un membre (Richard Winters, Carwood Lipton, Albert Blythe, le doc…), donnant l’occasion d’une plongée intimiste, d’un regard sur les conséquences (physiques et psychologiques) d’une telle épreuve.

 

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Quid des allemands ? Bien que l’un des protagonistes cite une phrase d’un journal catégorisant les allemands de « mauvais », il y a une volonté dans Band Of Brothers de ne pas stigmatiser ce peuple. Certes, en période de bataille, les soldats d’en face sont les ennemis, on a envie de les détester et de leur rendre la monnaie de leur pièce. Avec le recul, on se rend compte que ces soldats allemands faisaient eux aussi leur devoir (les SS n’entrent pas dans mon propos). Ils n’étaient pas si différents des autres soldats (américains, britanniques ou autres) : ils avaient une famille, un métier avant le conflit. Les vétérans le disent bien : ils partageaient certainement des points communs et dans d’autres circonstances, ils auraient pu être de très bons amis. Le monde a voulu que dans les années 1940, ils soient ennemis et s’entretuent.

Le discours de l’officier allemand montre le parallèle entre ses hommes et lui et les armées alliées : chaque clan s’est battu avec honneur et courage, a surmonté soudé les pires épreuves. Le capitaine Winters hésite avant de tuer le jeune soldat allemand. Il le fallait parce que c’était soit lui, soit ce soldat, mais on voit bien que le soldat n’est qu’un petit jeune qui aurait pu vivre une belle vie mais s’est retrouvé piégé dans un contexte politique et historique. La remise du Luger de l’officier allemand à Winters, la discussion entre le soldat US et le soldat allemand au poste de garde symbolisent la fin du conflit, le partage de valeurs (respect entre soldats), le dialogue entre deux anciens ennemis.

Je vous propose de regarder la mini-série Generation War qui repose sur le point de vue de soldats allemands, très intéressante. D’une part, parce qu’on suit de jeunes berlinois pris dans la tourmente de cette guerre : d’abord confiants et exaltés par les promesses d’un monde meilleur, ils découvrent l’horreur du front et de l’âme humaine. D’autre part, parce que c’est une production allemande.

 

Pour résumer :
Band Of Brothers : une magnifique série, un superbe travail de réalisation, un très bon équilibre en scènes de bataille, moments de repos des soldats et témoignages d’évènements (découverte des camps, rasage du crâne des femmes ayant eu une liaison avec des allemands…).

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

dimanche 23 mars 2014

BROADCHURCH, SAISON 1

 

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Comme beaucoup d’entre vous certainement, je me suis laissée tenter par l’expérience Broadchurch, à la vue des bandes annonces de France 2 et d’échos positifs lus par ci, par là. Impossible de regarder cette série sans être subjugué par la mise en scène, le jeu de lumière, l’alternance entre scènes au ralenti et scènes au rythme normal, la beauté des paysages et la musique. Sur ces points là, Broadchurch est un petit bijou. Les caméras nous promènent dans un petit coin de paradis avec l’aide d’une lumière presqu’aveuglante pour mieux entrer en collision avec la noirceur de l’histoire. Enfin, les acteurs sont parfaits dans leur jeu.

 

En y réfléchissant bien, Broadchurch présente une intrigue policière plutôt classique, je pousserai même jusqu’à l’extrême en disant qu’il n’y a rien de formidable. Les étapes de son traitement sont classiques, elles aussi. On part en effet d’un crime choquant qui ébranle toute une petite communauté jusqu’alors soudée et paisible. Ensuite viennent les doutes sur plusieurs protagonistes : chacun cache un secret plus ou moins lourd derrière une vie rangée. Arrive la révélation de l’identité du coupable qu’on pouvait soupçonner (une de mes hypothèses vers le deuxième tiers de la série) car c’était le seul à ne pas avoir été inquiété par les scénaristes. D’ailleurs, le mobile du meurtre n’a rien de nouveau. La victime connaissait bien son bourreau, celui-ci faisant partie de son cercle proche : ceci reste commun. Ces différents éléments s’installant avec lenteur. C’est un leitmotiv qu’on rencontre dans pas mal de séries : un endroit paradisiaque qui vole soudainement en éclats à cause d’un crime violent et incompréhensible, puis se transforme en boîte de pandore des bassesses, hypocrisies de l’âme humaine.
La pédophilie est également un thème récurrent. Peut-être trop d’ailleurs dans le sens où on aurait pu utiliser d’autres thèmes sombres, néanmoins, pourquoi pas, car la série a présenté différentes manifestations de cette perversité. Toujours est-il que ce thème se retrouve dans d’autres fictions (Top of The Lake par exemple).

 

Là où Broadchurch est intéressante, c’est dans sa mise en scène qui lui confère une beauté et un charmé indéniable. L’autre intérêt réside dans sa façon de s’attarder sur les conséquences de la perte de Danny sur sa famille et sur la communauté. Bien qu’il y ait eu le meurtre, la découverte du corps, la perte met du temps à s’imprégner dans l’esprit de la famille. Elle prend « pleinement conscience » de la réalité une fois qu’elle sait qui a tué Danny et que l’enterrement a eu lieu. Jusqu’alors, le fait de ne pas connaître le coupable et de ne pas avoir mis en terre Danny semblait rendre ce décès brutal irréel. Il le devient une fois les circonstances éclaircies. C’était intéressant de voir cette famille flotter pendant tout le long de la série avant de se lâcher.
En outre, j’ai apprécié cette idée d’introduire une nouvelle grossesse et de voir la réaction des parents face à cet heureux évènement qui coïncide avec un drame : le sentiment de culpabilité, l’impression de remplacer un enfant perdu par un autre, la peur de ne plus être à la hauteur.

 

 

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L’affaire n’épargne pas non plus les habitants de la station balnéaire : le choc et l’incompréhension d’un tel acte précèdent une suite de suspicions, de rumeurs qui mettent le feu aux poudres. Le dégoût et la haine  s’emparent de la collectivité qui condamne sans procès celui qui est l’objet de ces rumeurs. Même si elles sont véridiques pour une partie de l’histoire, Broadchurch montre bien qu’il suffit de peu pour qu’on en vienne à juger et vouloir punir quelqu’un sans chercher à avoir sa version des faits, approfondir l’histoire pour en saisir tous les tenants et aboutissants. Les chasses aux sorcières arrivent très vite.
Oui, le vendeur de journaux a eu une liaison avec une mineure, ceci est tout à fait répressible, mais on découvre plus tard que cette liaison a abouti sur une autre histoire qui s’est terminée en drame familial. Au dégoût initial pour ce genre de personnage, on finit par le regarder autrement quand on apprend qu’il a par la suite perdu toute sa famille.
En réalité, on est tous ambivalent : une part d’ombre (plus ou moins discutable) côtoie une part de lumière. Ceci s’applique aussi bien aux personnages que l’on range dans la catégorie des personnages douteux : le vendeur de journaux, Susan, qu’aux personnages considérés comme étant les gentils : Alec Hardy, Mark Latimer, pour citer des exemples. Quelle que soit son évolution, l’homme est un mélange d’arômes. 

 

Cette ambiguité n’est pas automatiquement visible, et la série l’a subtilement démontrée. On ne connaît jamais vraiment quelqu’un, qu’il soit un ami, un parent, un voisin. La pédophilie est fortement présente : le vendeur de journaux, le mari de Susan, le mari d’Ellie Miller. Personne ne connait leur histoire. C’est le meurtre de Danny qui déclenche tout : sans cet évènement, la vie aurait continué sans que personne ne devine ces secrets sombres. J’ai trouvé très intelligent de mettre en parallèle la situation de Miller avec celle de Susan. Au début, Miller critique Susan : pour Miller, Susan aurait du se rendre compte de la nature de son mari. Puis coup de théâtre, Miller vit cette situation avec son propre époux. Or, elle-même n’a rien vu. Et elle-même est critiquée par la mère de Danny qui lui demande comment elle a fait pour ne rien voir.
Cette question est compréhensible et tout à fait naturelle : comment peut-on ne rien soupçonner d’une personne avec laquelle on vit depuis des années, qu’on connaît intimement ? Sauf que la réponse à cette question est loin d’être évidente. On peut le sentir et on peut très bien aussi ne rien sentir, non pas parce qu’on ne veut pas voir, qu’on n’est pas intelligent, mais simplement parce qu’il est impossible de l’envisager, et on se retrouve totalement démuni quand la vérité éclate. On le voit ici avec Susan, Ellie, et également la mère de Danny. Elle aussi pose la question à Ellie, cependant, elle aussi n’a pas vu que son mari avait une liaison. Par ces face-à-face et renversements de situation, Broadchurch nous fait réfléchir sur ce thème du « quand un proche a un secret, on doit le savoir ».

 

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Passons maintenant à la relation Alec Hardy / Ellie Miller que j’ai trouvée excellente, de même pour leur personnalité. Les deux n’étaient pas faits pour travailler ensemble mais y arrivent finalement. Hardy est le flic de la grande ville, rompu aux enquêtes d’envergure. Il débarque dans un trou paumé, méprise ces habitants de ce genre de patelin où tout le monde se connaît, s’épie, où tout le monde paraît tout beau, tout gentil, mais où en réalité n’hésiterait pas à renier son prochain au moindre petit écart de conduite. Hardy n’est pas dupe, il est conscient que n’importe qui peut être le coupable. Il est habitué aux enjeux des enquêtes criminelles et peste contre la police de Broadchurch loin d’être familière de ce genre d’affaires. Il peste  contre Miller qui est tout son contraire. Cette dernière veut voir la bonté en chacun des habitants, plus généralement, a confiance en l’être humain. Elle vit dans une sorte d’innocence. Elle ne manque pas cependant de caractère : ses répliques piquantes à destination de Hardy apportent une grande touche de légèreté.
Au cours de l’enquête, chacun des deux évolue : Miller perd ses illusions de bonté de l’âme humaine tandis que Hardy se rachète de son précédent échec sur le meurtre de Sandbrook (et on en revient au fait que chaque protagoniste cache quelque chose : pour Hardy, c’est cette blessure de ne pas avoir pu arrêter un assassin), devient plus conciliant envers Miller et la soutient dans l’épreuve qu’elle traverse. A noter également ces scènes très fortes dans lesquelles Miller apprend la vérité et déverse sa colère sur son mari : Olivia Colman était incroyable.

 

Quant à la saison 2 qui, aux dernières nouvelles, se précise : personnellement, je ne suis pas très emballée. Je peux tout aussi bien me tromper. Cependant, à l’heure actuelle, j’ai été satisfaite de cette saison 1. Pour moi, Broadchurch est, à la base, une mini-série. Elle est complète, se suffit à elle même : il y a un début, des péripéties et une conclusion nette et propre. Elle n’a pas besoin d’un approfondissement qui aurait le danger de nuire à la qualité de cette saison 1.
Où se déroulerait la saison 2 ? Si à Broadchurch, de quoi parlerait-on ? Un second meurtre serait répétitif et on tirerait de ce nouveau cas qu’il ne fait pas bon côtoyer Broadchurch. Présenter l’après Danny Latimer serait une possibilité, mais de quoi discuterait-on ? Je trouve que la première saison a fait le tour de la question, qu’ajouter de plus ? En outre, n’oublions pas qu’en premier lieu, Broadchurch est un polar, pas une étude de moeurs… Même combat si on suit la famille Miller dans sa nouvelle vie… Faire une deuxième saison dans une autre ville que Broadchurch me paraîtrait incongrue : garderait-on Broadchurch en titre alors que l’action s’y déroule ailleurs ? (à la manière du Dakar qui a déménagé en Amérique du Sud…). Et ressortir les mêmes ficelles scénaristiques nous mettrait en face d’un déjà vu bien connu.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK



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