Course contre la montre à Avignon…

 

Comme un feu d’artifice, Inquisitio s’est conclue avec un très beau bouquet final. Les héros se retrouvaient engagés dans une course contre la montre pour conter le plan machiavélique de Catherine de Sienne et Francesco, tout en esquivant l’obstacle Turenne. Il y avait également de belles évolutions de certains personnages. A noter en premier lieu celui de Barnal, qui me bouleversa lorsqu’il s’écroula en sanglots devant Samuel, dans le cachot. C’était tout simplement magnifique et émouvant de voir le grand inquisiteur, puissant, dur, tomber à genoux, brisé par le fardeau qu’il portait, la culpabilité et le bonheur d’avoir retrouvé son frère. Barnal laissait tomber son masque d’inquisiteur et devenait un simple homme tourmenté, sensible, désolé. Ce fut un moment magique. Ensuite, on le voyait choqué par la décision du pape d’Avignon à condamner Madeleine au bûcher malgré son innocence indiscutable. Barnal était bousculé dans ses croyances, sa volonté de rendre justice. Il était dans l’incompréhension la plus totale face à ce pape qui de toute évidence, ne faisait que recourir à la solution de facilité. Et Barnal finissait par se détourner de celui qu’il servait, préférant s’attirer ses foudres plutôt que de se perdre dans la soif de pouvoir. A bien des égards, Barnal fut le personnage le plus complexe et intéressant de la série. Il y avait un mélange de sévérité, et de profonde humanité en lui. Il était capable des deux extrêmes, en fin de compte. J’ai préféré ce personnage à Samuel qui s’apparentait plus au gentil de l’histoire, toujours rempli de bonnes intentions. Je ne cherche pas non plus à le dénigrer, mais personnellement, j’ai préféré Barnal justement par son côté ambigu dans ses intentions, sa façon de procéder, ses sentiments. Pour Samuel, j’ai été touchée par sa relation forte avec son père adoptif, David.

 

Le deuxième personnage à avoir fait la paix avec lui-même et son entourage fut bien sûr le grand-père d'Aurore. Ce dernier, après avoir renié purement et simplement, sans appel, sa propre petite fille, se racheta dans ces derniers chapitres. Evidemment, le réveil se fit avec l’aide des réflexions de son ami. J’étais contente de voir l'homme reprendre le « droit chemin » et sauver Aurore. Ensuite, j’étais naturellement triste de le voir être tué par Francesco et ses sbires. J’aurais voulu qu’il survive, pour accompagner Aurore et Samuel dans leur vie. Mais hélas, ce n’est pas moi qui décide… C’était quand même beau de le voir regretter son comportement et se racheter auprès de Samuel et Aurore. S’il était mort sans avoir pu le faire, j’en serais ressortie un peu amère. Quant à Silas, on le voyait un peu plus présent, en tout cas, plus présent en dehors de son maître. Dommage qu’il n’y ait pas eu de rapprochement entre Aurore et lui, cela aurait pu conduire à une évolution intéressante, quand on repense à son mensonge devant Barnal dans la cave de Samuel et en présence d’Aurore. Silas prenait enfin une initiative, même si c’était sous la menace (accompagner Madeleine au cachot, par exemple), trahissait même son maître. Mais comme tout être humain, Silas était lui aussi amené à avoir peur, et à agir comme n’importe qui aurait pu agir. Néanmoins, il fut agréable de ne pas le voir simplement comme suiveur, toujours collé à la cape de Barnal à dire « oui maître ».

 

inquisitio

 

A côté de cela, le rythme reprenait dans ces deux dernières parties. Un danger de peste, une fille malade, une sorcière rattrapée mais de nouveau en fuite, une trahison, un enlèvement, un doute, une perte de confiance, beaucoup d’éléments étaient réunis pour terminer la série en beauté. Je me surprenais à craindre le pire pour les protagonistes, à avoir mal pour Silas quand celui-ci subissait la colère de Barnal, à redouter le pire pour Pierre. Heureusement, tout est bien qui se finit bien. Samuel, Madeleine et Barnal purent finalement mettre fin aux agissements des méchants et éviter la propagation de la peste à Avignon. Maintenant, ce que je regrette, c’est de ne pas avoir pu en savoir plus sur le passé de Madeleine et Turenne. Peut-être n’était-ce pas le sujet principal, mais j’aurais été curieuse de connaître le pourquoi du comment. Dans quelles circonstances ces deux personnages s’étaient rencontrés avant d’en arriver au viol. Mais en y réfléchissant, peut-être est-ce aussi intéressant de ne pas donner toutes les clés, en définitive. Mais personnellement, j’aime bien quand on développe un personnage. J’aurais également souhaité comprendre un peu plus Silas : pourquoi il s’était tu devant Barnal alors qu’il avait vu la sorcière dans la cave de Samuel, notamment. Et j’aurais aimé comprendre la raison de l’installation de Catherine et ses complices dans l’ancienne maison de Samuel et Barnal. Etait-ce parce que la maison était la seule à ne pas être occupée dans Avignon ou y avait-il une signification particulière ? Une signification symbolique peut y être vue : c’est de cette maison que tout a commencé, et donc, cette demeure est à l’origine de tout et surtout, c’est de là qu’est partie la peste il y a plusieurs années. Sans le petit Nicolas malade, il n’y aurait pas eu ni de Samuel, ni de Barnal inquisiteur. Par conséquent, on peut dire que la boucle est bouclée. On revenait au point de départ, mais au lieu que tout se termine dans la tragédie, l’histoire trouve une fin moins noire. Il est néanmoins dommage que Barnal et Samuel ne se soient plus revus car il aurait été heureux de les revoir à nouveau réunis en tant que frères, après tant d’années de séparation, pour reconstruire leur lien et débuter ensemble une nouvelle vie.

 

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir suivi Inquisitio. Cette série a été une réussite, et n’a rien à envier à d’autres. Elle a proposé d’excellentes intrigues jouissant de retournements de situation, ainsi que de beaux personnages.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

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