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Sériecalement Vôtre
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12 mars 2013

ONCE UPON A TIME, SAISON 1

 

Once Upon a Time, ou OUAT pour les intimes, fut une agréable surprise. Je n’y avais pas tellement prêté attention lors de son apparition sur ABC l’année dernière, mais on va dire que je me suis rattrapée lors de son passage sur M6 (j’avoue aussi que je peux parfois me montrer paresseuse quant à découvrir de nouvelles séries). Si je peux résumer en une phrase : OUAT m’a rendue accro. J’en suis tombée sous le charme, à tel point que j’ai enchaîné avec le premier épisode de la saison 2 le lendemain du final de la une sur M6. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, ça veut dire que Once Upon a Time est devenue une série que je suivrai avec attention (c’était ma dédicace musicale^^). Maintenant, essayons de passer en revue cette saison, dont il m’est difficile de commenter épisode par épisode tant ils sont plus ou moins fortement liés les uns aux autres.

 

OUAT m’a charmée par son côté mélange conte/réalité/mystères. La série me permet de m’évader. Non pas que j’ai tant de soucis dans ma vie que j’ai besoin de m’évader pour les oublier (et heureusement pour moi, tout roule), mais j’aime bien cette offre d’évasion dans un monde où règnent magie et autres éléments moins terre à terre. Ceci dit, au départ, en voyant le thème de OUAT, j’étais un peu perplexe : le monde des contes revisité par une série ? Je m’imaginais déjà un truc pour enfants, un peu niais. Une histoire de princesse innocente trouvant son prince charmant avec des dialogues à l’eau de rose. Mais je me suis ravisée en regardant la saison 1. Car si OUAT reprend les contes qui ont bercé notre enfance (avec parfois des phrases bluettes, mais elles sont présentes en quantité raisonnable), ceux-ci s’inscrivent dans une vision plus adulte et dans une bonne intrigue reposant sur une malédiction. L’ambiance mystères et relations des histoires les unes aux autres sont cohérentes et assez haletantes, que ce soit du côté Storybrooke que du côté monde magique. C’est une série feuilletonnante dont le degré de complexité reste abordable, en ce sens qu’on n’est pas obligé de regarder avec une concentration extrême, qu’on peut louper des épisodes sans que cela ne nous éjecte définitivement de la série (car la perte est irréversible), et cet aspect m’est agréable. C’est divertissant sans être non plus du divertissement bête : certains sujets nous parlent (la famille, pour citer un exemple).

 

Il y a quand même quelques éléments qui m’ont surprise et ennuyée. Comme ces personnages qui tombent amoureux en même pas l’espace d’une journée et savent déjà que l’autre sera l’amour de leur vie. Comme Blanche et Charmant, alias Mary Margaret et David dans Storybrooke. Leur relation m’a soulée à un moment, entre leur valse incessante de "je t’aime mais on ne peut pas être ensemble", "maintenant nous pouvons être ensemble", "un drame vient de mettre fin à notre relation", "tu m’as menti, alors il faut nous séparer", "je te veux, mais il vaut mieux ne pas nous mettre ensemble", etc. Il faudrait savoir : soit tu veux être avec quelqu’un, soit tu ne veux pas, et assumer. Je veux dire par là qu’à chaque fois qu’ils s’apprêtaient à se mettre ensemble, il se produisait toujours quelque chose qui les amenait à annuler leur projet, et ce, parfois sans raison valable.

 

OUAT

 

Les personnages sont tous intéressants et ont tous du caractère, comme par exemple Blanche Neige et le petit chaperon rouge qui sont des "guerrières" (comprenez : "si on les cherche, on les trouve"). Mention spéciale cependant aux méchants, Regina et Gold, qui ne sont pas des méchants purs et durs, et cette coexistence entre cœur de pierre et drames personnels ne fait que les rendre attachants. Ils cultivent l’ambivalence, et j’aime ça. Voir que Gold garde une simple tasse cassée à première vue mais synonyme d’un amour profond est touchant. Voir Gold déboussolé entre son amour pour Belle et ses manipulations l’est tout aussi. De même pour Regina, qui en réalité, se venge par amour. A noter tout de même que la pauvre, le père de Blanche Neige n’y est pas allé de main morte : il la demande carrément en mariage alors qu’il ne la connaît ni d’Eve ni d’Adam, "juste" par gratitude ! Ces méchants gardent en eux des blessures. Quant à Emma, elle en a mis du temps pour accepter la vérité, et quand elle l’a acceptée, j’ai souri devant la rapidité de cette acceptation. Pendant une vingtaine d’épisodes, on la voit vivre à Storybrooke sans vraiment y croire (voire carrément pas du tout) et puis hop, quand elle touche le livre d’Henry, elle est subitement assaillie par des flashs et ça y est, elle y croit ! Je pense que cette révélation était trop rapide. Elle aurait dû se faire graduellement, sans pour autant durer dix épisodes, mais elle aurait dû se faire par paliers pour rester en cohérence avec la longueur de l’errance d’Emma.

 

En ce qui concerne le monde magique, j’ai encore du mal à cerner ce qu’il est réellement. Au départ, je pensais qu’il se trouvait dans une époque appartenant au passé. Regina avait alors fait voyager tout le monde dans le futur et du coup, une fois la malédiction brisée, tout ce monde serait retourné dans le passé. Or cette hypothèse est contredite par l’existence de la mine, vestige de l’autre monde. Alors du coup, est-ce que le monde des personnages de contes est un monde parallèle ? Encore une fois, à cause de la mine, ce n’est pas possible non plus. D’ailleurs, ce serait assez compliqué car dans ce cas, si Regina & Cie. venaient d’un monde parallèle, où seraient passés ceux du monde vers lequel ils ont été transférés ? Mon esprit rationnel ne peut s’empêcher de se poser cette question. Je ne suis pas fermée aux possibilités, mais je les préfère quand elles gardent une certaine cohérence. Là, j’aimerais savoir quel est ce monde où ont évolué les personnages avant la malédiction. Et pitié, que ce monde ne vienne pas d’un livre sinon ce serait trop tiré par les cheveux. Surtout pour Emma : vous imaginez, "au fait, tu viens d’un livre, donc à l’origine, tu n’es même pas censée être réelle" (bonjour les conséquences psychologiques). Et enfin, qui est l’auteur du livre d’Henry ?

 

Globalement, Once Upon a Time est une réussite, tant au niveau des intrigues, du rythme, que des costumes. Ce concept de personnages de conte victimes d’une malédiction et propulsés dans le monde contemporain peut paraître au premier abord étrange, mais une fois qu’on a adhéré au concept, ça passe et ça se regarde avec beaucoup de plaisir.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Séreicalement vôtre,

VK

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13 octobre 2013

GENERATION WAR

Unsere Mütter Unsere Väter

 

Après avoir regardé The Pacific (rediffusé sur France 2 il y a quelque temps), le Band of Brothers version bataille du Pacifique, j’ai eu envie de continuer sur ma lancée des mini-séries sur la seconde guerre mondiale avec Generation War, ou Unsere Mütter Unsere Väter pour son titre original. Ce qui est intéressant avec cette série, c’est qu’elle traite de ce conflit du côté allemand (et est une production allemande). Je n’ai jamais vu de films ou séries abordant le point de vue allemand et Generation War était un bon moyen pour le découvrir.

Je vais d’abord commencer par une incertitude quant à la nature de cette fiction : est-elle basée sur des faits réels ou non ? Si quelqu’un a une réponse claire et certaine, je prends ! Je pense qu’il s’agit d’une histoire vraie car à la fin de la série, on nous donne les dates de naissance et de décès des différents protagonistes (je doute que les scénaristes aient poussé le délire jusqu’à inventer des dates fictives). D’un autre côté, j’ai trouvé à la fois des sources disant qu’il s’agit d’une histoire vraie, des sources ne disant rien du tout, et des sources abordant les changements scénaristiques ayant été opérés. J’en arrive à penser que cette fiction mêle à la fois des faits réels et des faits imaginés ou édulcorés. Quoi qu’il en soit, gardez à l’esprit mon flou sur cette question car elle a influencé certains de mes propos suivants.

 

generation war 1

 

Generation War nous montre le destin de cinq amis berlinois, les deux frères Wilhelm et Friedhelm, Charlie, Viktor et Greta, dont la vie sera bouleversée par cet épisode sombre de l’Histoire. Generation War nous montre qu'il y avait une jeunesse insouciante, pleine d’espoir, patriote, galvanisée par de belles promesses de leurs dirigeants. Il y avait donc d’un côté, des citoyens qui n’avaient rien demandé et qui ont été abreuvés par les messages de gloire et haineux de la propagande nazie et de l’autre côté, des citoyens qui adhéraient totalement au noir dessein d’Hitler et étaient pleinement conscients de ce qu’ils faisaient. Ainsi, au tout début, les cinq amis sont confiants sur la rapidité du conflit (ils se promettent de se retrouver dans quelques mois, à Noël), sont convaincus que la guerre sert une noble cause, i.e, la grandeur de leur pays. L’insouciance se reflète dans cette ambiance festive ; l’usage d’une musique interdite par le régime ; le fait que Viktor, juif, fait la fête avec ses amis le soir alors qu’il n’est pas censé le faire ; le rêve de Greta de devenir une star.

 

Ensuite, Wilhelm et Friedhelm partent sur le front de l’Est, de même que Charlie qui s’est engagée comme infirmière. Au départ, tout va bien pour les troupes allemandes : elles avancent, elles triomphent. Toutefois, au fur et à mesure des victoires et plus tard, vers la fin de la guerre, des défaites, Wilhelm et Friedhelm réalisent l’absurdité de cette guerre et les atrocités qu’ils (les soldats) ont commis : les exécutions de prisonniers, de civils, de juifs. Wilhelm l’exprime bien : au départ des héros, ils sont devenus des meurtriers. Ils sont aussi devenus de la chair à canon. On voit toute l’absurdité et la cruauté des instances supérieures qui envoient des troupes prendre un lieu alors qu’elles n’ont rien pour faire face à la résistance farouche des Russes, et que ces instances supérieures les envoient éternellement combattre sans relâche. On comprend l’impuissance, la détresse, la lassitude de Wilhelm, chef de l’une de ces troupes, face au mur des supérieurs. On comprend mieux pourquoi il a choisi d’abandonner le combat, non pas par lâcheté, mais parce qu’il n’en peut plus de ces horreurs. On voit la cruauté de certains soldats envers leurs semblables. Je pense à cette scène qui m’a choquée. Friedhelm, devenu chauffeur pour un officier haut gradé, et ce dernier, viennent d’échapper à un piège. Le soldat assis à côté de Friedhelm est mort. L’officier pousse son cadavre hors de la voiture et ordonne à Friedhelm de partir. Ce geste m’a choquée en ce sens que cet officier abandonne le corps de l’un de ses camarades alors qu’il peut très bien le ramener à la base pour ensuite le rapatrier ou l’enterrer près de la base. Ici, non, il s’en débarrasse purement et simplement. La guerre fait (re)surgir ce qu’il y a de pire chez les hommes, comme le dit si bien Friedhelm au tout début de la série. Ce dernier est d’ailleurs la parfaite illustration. Au commencement soldat passif préférant attendre que les choses se passent (il se met à dos toute sa compagnie) ; il finit par devenir un soldat chevronné, un tueur qui participe même à l’exécution de villageois, et un soldat qui se rend compte du non-sens de la guerre. Il finit par se sacrifier pour éviter que d’autres hommes (dont un jeune adolescent) ne meurent inutilement pour une cause perdue d’avance. De son côté, Charlie est au début une infirmière toute souriante qui vient soigner les soldats, qui vient faire son devoir de femme allemande. Et en tant que bonne citoyenne allemande, elle dénonce une infirmière juive. Mais elle est consciente aussi de ce qu’elle a causé. Elle s’endurcit également au contact des blessés et de leurs souffrances.

 

Quant à ceux restés en Allemagne, soit Greta et Viktor, les choses changent aussi. A commencer par Viktor, qui voit la situation des juifs se détériorer. Son père, quant à lui, est persuadé qu’il s’agit d’une période temporaire. En tant que spectatrice, j’avais envie de crier « mais non, il faut que tu fuies ! ». La scène où il comprend enfin la vérité est poignante. Son amour pour son pays n’est absolument plus réciproque. Pour preuve, il va mourir dans un camp. L’histoire ne le montre pas clairement, mais cette perspective  est évidente et honteuse. Du côté de Greta, elle devient effectivement une star. Pendant quelques années, elle est en quelque sorte épargnée par la dure réalité de la guerre et de ses conséquences. Son destin n’en est pas moins tragique pour autant. Je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle périsse. Je pensais qu’elle aurait plus de chances de survivre. Sa mort est une autre expression de la cruauté de la guerre. En effet, elle est exécutée à cause d’un pauvre commentaire jugé défaitiste et démagogique. De star élégante menant un bon train de vie, elle passe en cinq secondes à reine déchue croupissant au fond d’une cellule pour une phrase prononcée. Hitler et ses sbires s’en prennent également à leurs propres compatriotes et ce, sans aucun état d’âme. On voit en outre toute l’ironie de cette guerre : alors que des milliers d’innocents meurent, des acteurs de cette barbarie s’en sortent indemnes et continuent leur vie tranquillement, comme l’officier qui a fait déporter Viktor.

 

generation war 3

 

Concentrons-nous maintenant sur les éléments que j’aurais souhaité voir approfondis. Je trouve qu’on aurait pu accentuer la transformation de Friedhelm. On a l’impression qu’il passe subitement de honte de la compagnie à soldat émérite. Le début décrit bien sa situation de soldat passif, mais on ne ressent pas très bien à quel moment il a changé. Cette mutation a du certainement se faire dans la durée, mais j’aurais souhaité que la série présente une scène significative de cette mutation, comme par exemple un combat où Friedhelm s’illustre particulièrement en sauvant un camarade ou en arrêtant l’avancée de soldats russes. Pour Greta, j’aurais souhaité qu’on insiste un peu plus sur sa montée en puissance, sur son quotidien en tant qu’allemande qui profite encore de la vie à Berlin. Plus généralement, insister sur les civils restés au pays qui sont convaincus que tout va bien alors que tout va mal et qui méprisent ceux qui protestent, le tout avec l’aide de la propagande (on aurait pu suivre un officier formulant cette propagande…). Ceci aurait permis l’accent sur le contraste avec le dénuement dans lequel vivent les soldats et les civils sur les zones de combat, et le renforcement du choc que Greta a lorsqu’elle se retrouve en concert sur le front de l’est. L’histoire de la déportation de Viktor aurait pu elle aussi être plus explorée, sans nécessairement détailler l’horreur des camps (apparemment, j’ai lu quelque part qu’il était censé s’échapper à New York et revenir en soldat de l’US Army, mais cette idée n’a pas été retenue…). Son passage chez la résistance montre bien l’indifférence des gens, quel que soit leur statut, face au sort des juifs. Personnellement, voir que personne ne daigne s’intéresser aux prisonniers dans le train m’a attristée, et la femme qui prétend n’avoir rien contre ceux (les parents de Viktor) qui occupaient « son » appartement m’a horripilée. J’aurais aussi souhaité voir le retour de Wilhelm chez lui et la réaction du père face à la mort du frère cadet. J’ai eu pitié pour Friedhelm quand son père était limite déçu de le voir en vie quelque temps plus tôt. Je pense qu’un ou deux épisodes supplémentaires auraient suffi pour aller plus loin dans l’exploration. Enfin, j’aurais bien voulu savoir ce qu’étaient devenus les protagonistes, parce que connaître uniquement leurs dates de naissance et de décès est bien trop mince à mon goût…

Globalement, cette histoire est touchante. Elle témoigne de la stupidité de la guerre, la perte des illusions d’une génération, le sacrifice d’une génération qui aurait pu réaliser de belles choses au lieu de participer à une destruction massive orchestrée par la folie de certains. La série engendre aussi la réflexion sur le degré de culpabilité (comment a-t-on pu en arriver à cet extrême ?). Pour finir, Generation War est une expérience à tenter.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

1 mars 2016

[EN] MONTE CARLO 2015: "GREY'S ANATOMY", SARAH DREW (interview, English)

 

Sarah Drew, who portrays Dr. April Kepner in Grey’s Anatomy (ABC), went to Monaco in June 2015 with her husband and their two kids. The actress spent some time to answer journalists’ questions about season 12, her character, fans’ passion for the show… (I'm not a native English speaker, so my apologies if there are English mistakes in the actress's answers)

 

— Patrick Dempsey’s character has died, so what’s going to happen in next season? Do you think another character’s going to appear?

Sarah Drew: I just found out today (NB: the collective interview took place on Tuesday 16 June) that Martin Henderson is coming on to the show, which I’m very excited about because he was… I did a pilot with him for Shonda Rhimes that actually didn’t go a couple of years ago, so I’m very excited. But nobody can replace "McDreamy". "McDreamy" is "McDreamy", you know! (laughter)

— What’s next for you in season 12, if you can give us some keys?

Sarah Drew: I do know that my character has gone through a significant change, had this crazy experience on the battle front as surgeon at war. And now, I’m back and I’m a new person who’s coming into conflict with my relationship with Jackson, and we’re gonna see she’s super badass now. She’s a very very different person. I think everybody’s really excited because there’s a new vamp of the show, and we found Debbie Allen (NB: Dr. Catherine Avery in the series) as one of our producers now. We’ll see, it’s gonna be fun.

— Your character is very different from what she was at the beginning: the shy one, and now, she’s tough.

Sarah Drew: Yes. April has evolved quite a bit. I mean, it’s a real gift to get to play this character because I feel like I’ve played four different characters over the course of this one show. She’s changed so much, she’s grown and matured. She really kind of started off like a teenager. She wasn’t a teenager, but that’s sort of how she behaved and now she’s really mature and now I feel like she’s a real grown-up, very deep grown-up stuff, it’s been cool to get to see that happen.

— Why do you think people are attracted so much by the show?

Sarah Drew: I think people relate to these characters. An then you have the heightened experience of life-and-death situations of being in a hospital, trying to save lives and is the patient gonna live? is the patient gonna die? But everything relates back to these relationships, and people see themselves in these relationships, and they fall in love with these relationships, and they hope for love. It’s a very hopeful show, I find, there’s a lot of hope that I think people are drawn to as well. Especially in an era where there are a lot of dark shows out right now. There’s like a levity and a lightness, it’s about people trying to do the right thing and sometimes it’s failing.

— But in the show, there are some dark situations.

Sarah Drew: Absolutely. There are absolutely dark situations on the show, but I think it’s about people inherently trying to overcome it, trying to do the right thing, you know.

— How do you connect with fans who watch the show? Social networks?

Sarah Drew: Twitter, Instagram. I don’t meet fans very often. I mean, I’m kind of a homebody, I stay with my family. I live in a part of LA where celebrities don’t hang out. I don’t ever do my hair, make-up so often, so when I get recognized, it’s because people think they met me at the gym!

— Do you think it’s important to have feedbacks from the people who watch the show?

Sarah Drew: Absolutely!

— How do you have that? Is it social network ?

Sarah Drew: We get feedbacks through Twitter. I live-tweet a lot. And the fans have kept the show going. I mean, it’s… We won a People’s Choice Award for Best Drama in the States this year and, I guess that was everywhere, I don’t know, but for a show to win People’s Choice Awards in its eleventh season, it’s really because the fans have just embraced it and loved it and kept it going, and I… We’re so grateful, grateful to fans.

— Why do you think the public like the hospital TV shows?

Sarah Drew: I think it’s because of the heightened stakes, like we’re dealing with life-and-death situations. So you get invested in the characters on the show, and then you get invested in the patients, and then you see how the patients’ lives are connected to the doctors’. And so, there are a lot of ways to connect. I think it’s all about connection.

 

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— When you’re going to an hospital right now, do you see things differently?

Sarah Drew: Absolutely. Yeah. This season, my character… I was pregnant while my character was pregnant, and we shot my labor and delivery scene, and then I went into labor ten hours later. So I was literally in the labor and delivery scene and then ten hours later, in real labor, real delivery room, dealing with nurses, it was pretty crazy.

— Did you do like a boot camp in a hospital before?

Sarah Drew: I think probably the original cast members in the first few seasons actually went and observed surgeries, and that’s always been available to us, but I have not done it yet. I know I should, it’s ridiculous that I haven’t. I’m going to, I need to do it. I would like to go.

— Is it because you’re afraid?

Sarah Drew: No. No. I think it would be really interesting. I would be fascinated, actually. It’s a matter of finding the time in my life to go.

— April is a very religious person. What is your relationship with religion yourself?

Sarah Drew: My father is a minister. I grew up in a Christian household, so my faith has always been a part of my life, a very, very important part of my life. And it was really interesting because when they decided that my character would become a Christian, Shonda Rhimes invited me into her office and said: "we know that you know a lot about this world, and we want to tell an authentic story, so you pitch us ideas, and any time it doesn’t feel right, come and tell us, we want to tell a true story". It’s been an honor to get to collaborate in that way.

— Could you describe us a typical day on the set?

Sarah Drew: Typical day on set… You show up, you go in the trailer, go to hair and make-up, hang out with your hair maker folks. You go to rehearse the scenes, so you see the crew. And then they settle the lightings, you go back to the trailer, you get dressed and you finish getting ready. And then, you go back and you shoot, and it’s just take after take after take. And you hang out with the actors and between takes, we like to watch YouTube videos, or just read, it’s just silly stuff: cats, babies going though tunnels, that’s my favorite one right now (laughter)

— Did you watch the show?

Sarah Drew: Yes, and I watched it from the beginning. It’s the one show that my husband and I watch since the beginning. So it was really exciting when I got to come and be a part of the show.

— Some of the major characters died. Do you fear that Shonda Rhimes could kill your character?

Sarah Drew: Oh, we could all be killed off. Anybody could go at any time, so I’m just embracing the present for what the present is. I would love to stay on the show, but I know there’s a lot of chances I can go.

— Do you have a plan B, just in case?

Sarah Drew: When this ends, I’ll just move on to the next thing. I’ll just start auditioning again, and be so grateful for what this experience has been.

— You’re doing this for such a long time and might have missed opportunities. Like you said, you’ll have to do it all over again.

Sarah Drew: You can’t spend to much time mourning the missed opportunities when you are in the middle of a greatest opportunity you can ever ask for, you know what I mean? I got the chance, like I got to do a movie two summers ago and then got to promote it last summer and… It’s such a full-time job, we do 24 episodes a year, it’s hard. When you do have that break you kinda want to take that break. I mean, it’s fun to work sometimes, but I think… When I get concerned about "oh to get to do this, I need to go do this"... I think about what Chandra Wilson (NB: Dr. Bailey in the series) actually said to me. She said: "why are you worrying about that right now? You have a job, just enjoy the fact you have a job right now. You’ve got a job. This job will eventually end and you go find the next job". I think it’s a very healthy attitude.

 

Check out the other articles about the 2015 edition:
Criminal Minds
How To Get Away With Murder
(If you read French, you can find more articles here)

Check out the photo gallery.

 

Seriecalement vôtre,

VK

 

19 avril 2016

SERIES MANIA S7 : FOUR SEASONS IN HAVANA

 

Havana

 

"Cuba, dans les années 90 ("période spéciale"). Conde, lieutenant de police mélancolique et désabusé, enquête sur l’assassinat d’une jeune professeure de lycée, militante de la Jeunesse communiste. Une série fidèle au roman noir de Padura, pour goûter l’atmosphère du pays et lever le voile sur les contradictions de la société cubaine." (Résumé Séries Mania)

 

Les deux épisodes diffusés lors du festival sont tirés du livre Vents de Carême (1994), deuxième volet du cycle des Quatre Saisons de Leonardo Padura. Ces épisodes relèvent de l’enquête policière classique. Il y a un meurtre, les policiers alternent entre différentes pistes et finalement, le coupable et le mobile restent classiques. A côté de l’enquête, on suit le personnage principal, Conde, dans ses mésaventures existentielles. Rien qui révolutionne le genre, donc. Ce qui est le plus intéressant, pour un spectateur européen, c’est le cadre géographique dans lequel se déroule l’histoire, à savoir La Havane. La série nous propose un voyage authentique dans la ville et la société cubaine que l’on n’a pas l’habitude de voir en série ou film, que l’on ne connaît pas sauf si on s’y est déjà rendu pour les vacances. Autre argument : la série est une bonne occasion de se familiariser avec la littérature de Padura, d’ailleurs, l’auteur a contribué activement à l’écriture de la série. Une série agréable à suivre pour la découverte de nouveaux horizons et un personnage principal attachant.

 

Le saviez-vous ?

Jorge Perugorría, qui interprète Conde, est lui-même originaire de la Havane et un acteur connu dans son pays. Il a notamment joué dans le film Fraise et Chocolat (1993) qui fut nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger.

 

Si la série était diffusée en France ?

Ma première réaction fut de penser à France Ô, à cause de Cuba, destination lointaine et insulaire, avant de me rappeler subitement que France Ô célèbre l’Outre-Mer. Choix pas très logique de ma part, donc, mais si jamais une entorse était envisageable… Sinon, option plus probable : la SVOD. 

 

Retrouvez les autres articles sur Séries Mania ici.

 

Sériecalement vôtre,

 

4 octobre 2014

GOTHAM (PILOTE 2014)

Avec SPOILERS

 

Synopsis : Nouveau venu dans la police de Gotham, James Gordon doit enquêter, avec son coéquipier Harvey Bullock, sur le meurtre des parents de Bruce Wayne, le futur Batman.

 

gotham 1

 

Je ne suis pas une adepte des comics et de l’univers de Batman. De ce dernier, je ne connais que les 1er et 3ème films avec Christian Bale, et le nom de quelques personnages. Je ne fais donc pas vraiment partie de la cible visée par la série, ni n’attendais avec impatience et grandes attentes cette série. En outre, un prequel, encore un ! Pourtant, ayant été séduite par les films mentionnés plus haut, le pilote de Gotham a suscité ma curiosité. Peut-être parce que ce n’était, d’après le synopsis, pas un prequel centré sur Batman, mais sur un autre personnage, James Gordon. Alors je me suis dite : « why not ? ».

 

J’ai regardé le pilote et voici ce que j’en ai pensé : l’épisode est bon ; le cast colle aux personnages ; le travail sur l’aspect visuel fait ressortir l’obscurité qui englobe Gotham et cette atmosphère de corruption, violence et guerres entre organisations criminelles.

Les acteurs choisis se fondent efficacement dans les personnages. Benjamin McKenzie en James Gordon droit, discret mais qui n’en pense pas moins ; contrairement à son collègue Harvey Bullock joué par Donal Logue, flic plutôt grande gueule, désinvolte, acceptant sans crise de conscience de jouer le jeu avec les chefs criminels. Mention spéciale à Robin Lord Taylor qui interprète le Pingouin, totalement fou, sociopathe et manipulateur.

L’histoire du pilote, sans être d’une originalité folle, se suit sans irritation et remplit son rôle de pose des fondations. Il introduit les différents protagonistes principaux (et par la même occasion, les futurs vilains), aussi bien ceux qui viennent de l’univers Batman que ceux créés pour la série. Au vu du contenu, je soupçonne la série de se diriger vers le schéma suivant : une enquête de la semaine (typique du procedural) avec, en fond, un développement pas à pas de la mythologie : la relation James/Bruce, le cheminement des méchants du stade de personne « normale » à criminel notoire de Gotham city.

 

gotham 2

 

J’aurai juste une remarque à faire, sur le meurtre des parents de Bruce, dont je trouve les circonstances totalement loufoques, scénaristiquement parlant. En effet :

1/ Les Wayne sont une famille très fortunée

2/ qui se baladent sur leur 31 avec, pour madame, des bijoux de grande valeur,

3/ seuls,

4/ en pleine nuit,

5/ dans une ruelle sombre, vide et qui a l’air plutôt mal famée,

alors qu’ils auraient très bien pu prendre un taxi ou appeler leur majordome pour venir les chercher. Ou bien même si c’était pour faire genre qu’ils ne refusent pas de se mêler aux personnes moins fortunées qu’eux : prendre les transports en commun comme les gens normaux le font. Et bien là, rien du tout, ils choisissent le chemin le plus risqué, normal, quoi… C’est un peu comme la jeune femme dans des films/séries qui va faire son jogging en solo sans prévenir personne dans les bois la nuit, puis qui se fait kidnapper par un pervers qui rôdait dans le coin, trucider et dont on retrouve le corps dans les fougères… Evidemment, sans ce meurtre, Batman n’existerait pas. Voilà juste mon petit commentaire sur ce détail qui me fait sourire, mais que j'ai accepté.

 

Au niveau de la mythologie, il y a beaucoup à faire et l’évolution des personnages autres que Bruce Wayne lui-même sera alléchante à suivre. Car Gotham ne semble pas être centrée sur Bruce Wayne, mais sur ce qui l’entoure et qui sera directement et indirectement lié à lui des années plus tard. Bien sûr, on le reverra, mais on verra d’abord l'inspecteur Gordon. Un flic intègre qui se retrouve au milieu d’une ville pourrie. On aura peut-être droit au thème classique du policier honnête qui essaie de lutter contre sa hiérarchie corrompue. Sauf qu’à l’inverse d’autres fictions où le bon flic gagne, il serait plus cohérent ici, par rapport à la noirceur qui se dégage de Gotham, que Gordon ne puisse rien changer. Il finirait par s’avouer vaincu  pour cet objectif : quand on est seul, on ne peut pas déplacer des montagnes. Néanmoins, il rebondirait en choisissant de rester dans la police pour rendre justice aux victimes du mieux qu’il peut, au milieu de ces autorités compromises.

 

gotham 3

 

Je ne sais pas ce que les habitués de Batman ont ressenti devant ce pilote, en tout cas, la non initiée que je suis a apprécié. Peut-être que Gotham n’apporterait rien de surprenant aux fans de Batman étant donné qu’ils connaissent déjà bien l’univers et que l’avant-Batman a sûrement dû être traité sur d’autres formats. Il attirerait plus l’attention de ceux qui ne maîtrisent pas le sujet et qui profiteront de la série pour s’y familiariser. Quoi qu’il puisse étonner les afficionados par des développements qui s’éloignent un peu mais sans contredire l’univers Batman, en s’appuyant sur les personnages inventés. Connaisseurs de Batman, partagez vos impressions ;-).

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK Serie

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5 décembre 2013

DADS (PILOTE 2013/2014)

Synopsis : Warner et Eli, développeurs de jeux vidéos, voient leur vie chamboulée lorsque leurs pères viennent s’installer chez eux…

 

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La comédie joue sur le registre de la relation père-fils, un thème propice aux situations conflictuelles et comiques, à la nostalgie et à la tendresse. D’ailleurs, le générique transmet cette ambiance de souvenir des moments précieux passés avec un père et de bons sentiments. Quand on regarde le pilote, on se dit (en tout cas, je me dis) qu’il aurait été franchement sympathique s’il n’était pas autant flanqué de connotations raciales et sexuelles. Une, à la limite, ça passe. Le problème de ce pilote, c’est qu’on en a trop (Hitler, l’écolière asiatique au rire idiot, les hispaniques domestiques…) et au bout d’un moment, ça devient carrément lourd et ça enlève le charme du thème père-enfant. Quant à nos zygomatiques, ils peuvent se reposer : s’il y avait des moments drôles, je n’ai pas ri, tout simplement parce que je ne voyais rien de drôle dans la situation (si ce n’est que certaines étaient grotesques). Ajouté à cela des rires en fond sonore qui nous martèlent toutes les deux minutes et qui accompagnent les moments supposés drôles, on finit par s’en lasser. Pour être honnête, ils m’ont irritée. Certes, c’est courant pour une comédie, mais si au moins c’était comique… En résumé : « blagues » sur les communautés + situations pas comiques du tout + fond sonore forçant le tout = un pilote qui manque le coche par rapport à son thème principal qui s’efface devant ces derniers éléments. Il y a un décalage entre le générique et le contenu : on s’attend à voir quelque chose et on en voit une autre. Si le coeur nous en dit, on peut accorder à Dads le bénéfice du doute, mais si ça continue sur la même lancée que le pilote, on s’en détournera…

 

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

25 septembre 2013

[EN] ORANGE IS THE NEW BLACK - PILOT REVIEW (2012/2013)

Synopsis : Piper Chapman has to spend one year in a female correctional facility.

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I really liked this episode. It’s a blend of freshness, fun characters and situations. It balances comedy and drama. It made me laugh and have a great time. Piper had to enter a brand new world for her. Seeing the candid Piper acting like she was living in a hotel; discovering and adjusting to the harsh reality, the rules of the facility and the wide range of different but not so sweet/sophisticated partners was so delightful. Even if Piper’s character is at the center of the storyline (well, her situation kicks off the story), you feel the other inmates won’t be denied or stuck in the role of “the inmate who happens to walk in the corridor”. Of course, due to the number of prisoners, it is normal that everybody can’t benefit from a deep dive into the personal background, but there’s a lot of possibilities. Finally, there’s another point that makes this series different from the others: women are the main characters and represent the majority of these main characters. Instead of following one strong female character leaving her mark in a male-dominated world, here, we focus on several women. Men are also around, but women are the core subject. And it’s good to see a series relying on women.

 

Seriecalement vôtre,

VK

2 janvier 2014

TOP OF THE LAKE



Top of the Lake est une expérience télévisuelle, assurément. Le résultat : satisfaction, déception, métamorphose, nonchalance, émerveillement peut diverger selon chacun, mais on ne ressort pas de Top of the Lake indifférent. La minisérie nous fait voyager dans la magnificence des paysages sauvages de la Nouvelle Zélande. Paradise est un paradis à première vue où on serait bien tenté d’y aller pour échapper à la brutalité du monde, aux problèmes personnels. En réalité, Paradise est un paradis pour mieux cacher l’enfer. Plus le cadre est idyllique, et apparemment, plus les hommes qui y vivent soit ont des secrets, soit sont cassés, soit sont barges, soit sont des pervers.

 

Tout commence avec la disparition d’une fillette de douze ans, rien de choquant jusque là. Ce qui l’est, c’est qu’elle est enceinte ! On se doute donc qu’il lui est arrivé quelque chose de terrible. Qui est le coupable ? Telle est la question. Toutefois, la dimension enquête n’est pas le principal sujet de Top of the Lake. D’ailleurs, si on fait attention au générique et au décor dans la série, on y trouve la réponse (je n’y prêtais moi-même pas plus d’attention jusqu’au moment où ça m’a fait tilt). Ce n’est pas non plus un sujet bâclé. C’est un prétexte pour explorer, accompagner d’autres histoires (et celles-ci accompagnent celle autour de l’enquête). C’est une enquête qui prend du temps, ce qui lui confère un côté réaliste, pour laquelle les autorités ne bénéficient pas de moyens énormes, et non pas une enquête résolue en quarante minutes avec une myriade de gadgets. La mini-série s'attache à poser les éléments.

 

Top of the lake


Pour ma part, je diviserai la série en deux parties. La première, constituée de trois épisodes, m’a moins enthousiasmée que la seconde, les trois derniers épisodes, donc (diffusion Arte). Il se passait plus de choses, il y avait plus d’avancée dans l’enquête dans ces trois derniers épisodes. Les trois premiers paraissaient plus lents. Je ne dis pas qu’il n’y avait rien : il y avait des choses, mais leur développement était moins palpitant que celui des évènements dans les épisodes suivants.

 

Ce qui est intéressant, ce sont les personnalités des différents protagonistes, chacun un peu bizarre à sa façon. Entre le patriarche Mitcham roi de Paradise et aux multiples descendants, violent, caractériel, ambigu ; ses deux fils paumés avec lesquels il « travaille » ; le capitaine de police qui se la coule douce et sort une demande en mariage étonnante (ça m’a frappée^^) ; l’héroïne Robin qui semble être la seule à se soucier de Tui, la disparue, et se trouve à la croisée des chemins ; Tui, jeune fille grandissant au milieu d’hommes peu recommandables ; tous ces hommes peu recommandables qui traînent au bar en pleine journée ; la gourou GJ à la chevelure de sorcière, qui a l’air de planer en permanence (ce personnage ne sert pas vraiment à grand chose, à part lancer des phrases pseudo philosophiques) et ses suiveuses ne sachant pas trop où aller ; il y a vraiment de tout pour faire un monde.
Plus on avance dans cette minisérie, et plus l’on se rend compte que cette nature apaisante n’a rien de quoi apaiser notre âme et nos inquiétudes face à la violence de ce monde.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,
VK

27 octobre 2013

THE BLACKLIST (PILOTE 2013/2014)

Synopsis : Raymond Reddington, homme recherché par le FBI, se rend de lui-même à l’agence et l’aide à arrêter un criminel qui vient de kidnapper la fille d’un général, à la condition de travailler avec l’agent Elizabeth Keen.

 

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The Blacklist surfe sur la vague des duos improbables représentant des forces de l’ordre-personne extérieure atypique. Dans notre cas, cette personne atypique l’est assurément car il ne s’agit ni plus ni moins d’un dangereux criminel, Raymond Reddington, figurant sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI ! Atypique par son identité et son excentricité, son goût pour les belles choses. En face, Elizabeth Keen, jeune profiler du FBI, à première vue épouse menant une vie normale et personnage de moindre envergure à côté de Reddington, se révèle bien plus complexe et intéressant. Grâce à sa cicatrice, signe physique rare à l’écran pour un héros féminin qui apporte ainsi à Keen une singularité par rapport aux personnages féminins au physique parfait. Grâce à la révélation sur la double face de son mari. Heureusement que ces deux éléments ont été introduits dès le pilote sinon j’aurais trouvé (à tort pour le coup) cette héroïne un peu banale par rapport à l’exubérance de son nouveau partenaire.

 

Le thème de la série est intéressant, intrigant. On a envie de savoir pourquoi Reddington veut collaborer avec le FBI et pourquoi il tient tellement à le faire avec Elizabeth. Quel est le lien entre ces deux protagonistes ? Quelle est véritablement cette fameuse liste ? Reddington veut-il mettre à l’ombre les gens qui se trouvent sur cette liste pour faire le ménage et s’imposer comme le plus puissant criminel ? The Blacklist contient les ingrédients qui feront d’elle un mélange de divertissement, de procedural (le « méchant du jour »), d’intrigues secondaires à moyen/long terme s’entremêlant les unes aux autres, de fantaisie (et que je t’en mette plein la vue au risque d’en faire parfois un peu trop, comme pour la scène de l’enlèvement), et d’humour.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

1 septembre 2013

PROFILAGE, SAISON 3

 

Alors que la saison 4 arrive à grands pas, je vous propose un moment nostalgie avec cette review de la saison 3. J’avais écrit un retour sur cette saison 3 l’année dernière, mais je l’ai perdue… Qu’importe, je me relance avec plaisir dans cet exercice, même sans mémoire exhaustive de cette saison.

Après la mort de Pérac, je craignais ne pas m’habituer à Rocher. Fort heureusement, les auteurs ont très bien introduit ce nouveau personnage et la  dynamique Chloé/Rocher, grâce à l’élaboration d’une personnalité et d’une dynamique différentes par rapport à ce qui existait sous l’ère Pérac. Sous ses airs de flic de terrain, expérimenté, dur et efficace, Rocher est pragmatique et ne néglige pas la criminologie dans une enquête. Il étonne par ce contraste et évite l’installation d’un déjà-vu, i.e. un personnage comme Pérac réfractaire à l’arrivée de Chloé. Il y a donc un renouveau. La relation entre Chloé et Rocher est attachante, les deux se respectant et se souciant de l’autre sans effusion de sentiments.

 

Concernant la qualité des enquêtes, je n’ai rien de particulier à dire, si ce n’est qu’elles continuent à être menées d’une main de maître.  En tant que fan de séries policières, je suis très satisfaite de celles que je vois dans Profilage, et elles n’ont rien à envier à Castle, Les Enquêtes de Murdoch, Mentalist, Esprits Criminels, etc. Il y a des rebondissements, de la réflexion (on ne s’appuie pas uniquement sur les analyses scientifiques d’indices), de l’humour, des images illustratives du ressenti des criminels (éventuellement d’autres personnages). La qualité est toujours au rendez-vous.  Les histoires hors-enquêtes continuent à être développées : la recherche de l’assassin de la femme de Rocher, la relation de Chloé avec le juge. D’ailleurs, cette dernière fut extrêmement rapide. Je ne m’attendais pas du tout à ce que Chloé succombe au juge aussi rapidement (à la fin de l’épisode où elle le rencontre pour la première fois). Ceci contraste avec sa réserve, sa difficulté à se montrer sociale. Ou alors ceci est le signe d’une évolution de Chloé : elle s’ouvre, montre ses sentiments, n’a plus peur. Malheureusement pour elle, les choses sont loin d’être simples… Alors que je ne m’attendais pas à cette relation, je m’attendais encore moins à ce que Chloé tombe enceinte et encore moins à ce qu’elle perde son enfant. Ce dernier point fut la surprise totale. J’étais vraiment persuadée qu’elle allait écrire une nouvelle page de sa vie, à savoir être mère, et à nous faire profiter de scènes comiques inoubliables avec son bébé. Son attitude face à l’arrivée du bébé dans l’épisode sur le journaliste retenu par les farcs était déjà prometteuse : voire Chloé s’écarter du bébé comme s’il était un produit radioactif était hilarant.

 

profilage

 

J’émettrai juste une réserve sur la machination de l’avocate se rapprochant de Rocher pour atteindre Lamarck. Il m’a semblé qu’elle s’était compliquée la vie en montant son coup. En effet, elle avait commencé par intimider Rocher concernant le meurtre de sa femme, ce qui avait profondément agacé le commandant. Par conséquent, il n’était pas certain que celui-ci entame une relation avec elle et donc, qu’elle puisse être en mesure d’approcher Lamarck. Même si parfois des personnages qui se détestent au début finissent par entamer une liaison, cette tactique relevait du pile ou face. Néanmoins, un deuxième visionnage serait bienvenu : j’ai peut-être raté des éléments. D’autre part, l’accident de Chloé et Rocher dans le double épisode final paraissait bien fade. Je m’explique : le complice de l’avocate percute la voiture de Rocher et Chloé par l’arrière et cette dernière finit sa course dans un petit fossé. Frustrée, j’imaginais une course poursuite sur la route (avec collisions latérales entre les voitures), avant que le véhicule de Rocher et Chloé sorte de la route, fasse quelques tonneaux et s’écrase lourdement sur le sol. Par contre, j’ai bien aimé cette façon de mener l’enquête à travers l’inconscient de Chloé, et la scène où Rocher fait mine de connaître le prénom de la légiste (grand moment de solitude^^). Mis à part le détail sur l’accident, le double épisode final était excellent. 

 

Enfin, c’est dommage de ne pas savoir exactement ce qu’est devenue cette fameuse Louise : est-elle en prison (ou dans un centre psychiatrique) ? Je suppose que oui, mais on n’en a jamais vraiment eu la confirmation. C’est un détail qui me turlupine… car un léger flou peut ouvrir la porte à des idées… Et que signifie cet appel qu’a reçu Chloé en fin de saison ? Est-ce que sa mère est bel et bien en vie, ou est-ce une machination d’une personne malfaisante ? Si c’est bien sa mère qui était au téléphone, quelle sombre histoire se cache derrière son prétendu assassinat par le père de Chloé ? Lamarck jouait-il un rôle dans tout ceci ? Etait-ce un complot pour mettre hors jeu le père de Chloé ? Etait-ce une tactique pour protéger la mère de Chloé de quelque chose ou quelqu’un (une sorte de protection de témoin)? On attend avec impatience la saison 4 !

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

21 octobre 2022

[FR/EN] STARGATE PARTY VENDREDI 2 DECEMBRE / FRIDAY 2 DECEMBER 2022

 

SG FR

 

Bonjour,

A l'occasion du Paris Manga & SciFi Show en décembre et de la venue de 2 acteurs de la série Stargate SG-1 : Richard Dean Anderson et Amanda Tapping, je lance cette initiative :

Fans de la franchise Stargate, de séries TV, ou juste curieux, venez à la Stargate Party pour partager un moment de convivialité autour d'un verre et faire connaissance !

  • Quand? Vendredi 2 décembre (la veille du Paris Manga), à partir de 18h
  • Où? Paris, près de Châtelet les Halles

L'adresse exacte sera communiquée aux inscrit(e)s. Pour le faire, c'est ICI.

Stargate SG-1, Stargate Atlantis, Stargate Universe, et plein d'autres sujets à discuter !

A bientôt,

 

SG EN

 

Hello,

As Stargate SG-1's Richard Dean Anderson and Amanda Tapping are coming to Paris Manga this December:

Stargate fans, TV series fans, or if you're just curious, come to the Stargate party to share a great moment all together around drinks and get to know each other!

  • When? Friday 2 December (the day before Paris Manga), from 6 p.m. onwards
  • Where? Paris, near Châtelet les Halles

Exact address will be communicated to the people who register HERE.

Stargate SG-1, Stargate Atlantis, Stargate Universe, and many other topics to discuss!

See you soon,

 

Sériecalement Vôtre

 

19 octobre 2014

CANALPLAY, PRESENTATION SERIE DIGITALE "H+"

Le 7 octobre, Canalplay organisait une présentation de son catalogue de séries digitales et la projection de l’une d’entre elles, H+, en présence de ses créateurs, John Cabrera et Cosimo de Tommaso. L’évènement s’est déroulé au Kitchen Studio à Boulogne Billancourt.

Canalplay s’est lancée dans les séries digitales dans une volonté d’accompagner les auteurs et de partager avec le public des histoires différentes. Plusieurs genres sont présents dans le corner canalplay : SF, fantastique, action, humour (via le label Studio Bagel), horreur.

 

digital series

 

Quelques mots sur H+ :

- Synopsis : Un virus décime la population mondiale, connectée en permanence à internet grâce à un dispositif implanté dans le corps. Ceux qui ont échappé à ce virus luttent désormais pour leur survie.

- La genèse de la série remonte à 2006. L’idée d’un monde où les gens seraient déconnectés est venue à John Cabrera alors qu’il conduisait dans un parking à Los Angeles et que la radio de sa voiture s’est éteinte. Il a ensuite appelé Cosimo de Tommaso pour développer cette idée.

- C’est après avoir appris qu’une agence à L.A cherchait les réalisateurs de demain que les créateurs ont commencé à rencontrer les studios, parmi lesquels Warner Bros, qui a été intéressé et a amené le producteur Bryan Singer (X-Men, Dr House) sur le projet.

- L’histoire suit une dizaine de personnages à différentes périodes et se déroule sur plusieurs lieux à travers le monde. Les créateurs souhaitaient ne pas se limiter à un point de vue uniquement américain.

- Le spectateur peut regarder les épisodes dans l’ordre qu’il souhaite.

- John Cabrera et Cosimo de Tommaso ont écrit tous les épisodes. Ils sont au nombre de 48, d’une durée de 5 minutes chacun. La série est toujours en cours de production.

- Pour John Cabrera, la concurrence accrue a favorisé la qualité des contenus proposés.

 

Mon avis :

Bien que n’ayant pas tout suivi ; partagée entre discussions avec les autres invités, visionnage et collation ; je trouve que la série ne manque pas de qualités. Déjà par son thème : être connecté partout, tout le temps, qui caractérise bien notre société actuelle. Que devient-on lorsqu’on perd cette connexion ? Ajouté à cela l’intrigue autour du virus, le panel de personnages et de lieux, il y a vraiment beaucoup de possibilités. En plus, le spectateur peut constituer sa propre "playlist", ce qui, pour le visionnage d'une série, est vraiment original. Ensuite, par la qualité de l’image : H+ est bien faite et égale une série qui passerait à la TV. Elle est juste plus courte. C’est une expérience à tenter.

 

Sériecalement vôtre,

VK

24 novembre 2015

MONTE CARLO 2015 : "EMPIRE", DANNY STRONG, TARAJI P. HENSON, TERRENCE HOWARD (conférence de presse)

 

Danny Strong, co-créateur d’Empire avec Lee Daniels, et le couple vedette de la série, Terrence Howard, Lucious, et Taraji P. Henson, Cookie, ont participé à une conférence de presse lors du festival et ont partagé avec les personnes présentes quelques anecdotes sur la série.

Le Cookie-ism préféré de Taraji est "Boo boo kitty". Taraji n’a pas inventé ce terme:  "Je ne l’ai pas créé. On avait l’habitude de beaucoup l’utiliser à l’université". Elle a employé cette expression lors de la première prise, il n’apparaissait pas dans le scénario, et selon Danny Strong, "C’était un millier de fois mieux que toutes les idées que j’avais imaginées jusqu’alors". Taraji a insisté pour que ce soit Terrence qui joue le rôle de Lucious. "J’ai appelé Lee. Tu sais, ce script est incroyable. Cookie est incroyable, mais je ne suis pas intéressée sauf si tu engages Terrence pour le rôle de Lucious". Car si le tandem Cookie/Lucious ne fonctionne pas, Empire ne pourra pas marcher. Il fallait une connexion très forte entre les deux personnages. En ce qui concerne le personnage de Cookie, Taraji avait, au départ, peur qu'il ne soit pas apprécié. Or Cookie est devenu un symbole grâce à sa sincérité quelle que soit la situation, "Cookie dit la vérité" (Henson). Beaucoup de femmes ont félicité Taraji pour ce personnage qui est un exemple de femme forte.

 

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On pourrait penser que Joe Jackson a inspiré les scénaristes pour dépeindre le personnage de Lucious, mais il n’en est rien. Lee et Strong ont plutôt pensé à Jay-Z, Puffy. Les invités ont ensuite avoué qu'il n’a pas été facile de faire participer des artistes dans Empire. "On a connu des temps difficiles pour faire venir les gens", a révélé Danny Strong. Maintenant que le succès s’est confirmé, beaucoup d’artistes se sont bousculés pour apparaître dans la saison 2. Cependant, la série se veut aussi dénicheuse de nouveaux talents et non pas uniquement une série qui ne fait que montrer des artistes déjà bien installés, comme l’a expliqué Terrence: "Nous ouvrons la porte aux talents du monde entier pour qu’ils viennent". Ces derniers peuvent d’ailleurs soumettre leur candidature, un peu dans l’esprit de American Idol (décliné en France en: A la recherche de la nouvelle star), idée qui a été proposée par l’acteur.

Taraji a raconté une anecdote sur sa rencontre avec Joan Collins quand un journaliste a évoqué la ressemblance d’Empire avec Dynastie (Joan Collins a été l'un des personanges principaux du soap pendant plusieurs saisons). Les deux femmes se sont vues dans l’avion et Joan Collins a twitté en premier cette rencontre. Enfin, pendant longtemps, le père de Danny Strong préférait qu’André prenne les rennes d’Empire et puis vers l’épisode 8, il s’est mis à envisager Jamal. Malheureusement, au cours de la saison 1, l’homosexualité de Jamal reste un frein...

 

Quelques mois auparavant, Lee Daniels et Taraji P. Henson étaient venus au festival Séries Mania à Paris, vous pouvez lire leur interview ici.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde Esprits Criminels
Table ronde How To Get Away With Murder
Table ronde Grey’s Anatomy (Sarah Drew)

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

VK

12 juillet 2015

MONTE CARLO 2015 : "ESPRITS CRIMINELS", MATTHEW GRAY GUBLER (table ronde)

 

Un des moments savoureux de ce festival pour moi fut ma table ronde avec Matthew Gray Gubler, l’interprète de Spencer Reid dans Esprits Criminels (Criminal Minds en VO, diffusée sur TF1). Cette série est un des milestones de mon parcours de sériephile (j’ai même eu l’idée folle de faire le fan film, Agents du diable). Alors pouvoir échanger avec Matthew en personne, c’était la cerise sur le gâteau. Je rassure, j’ai su rester professionnelle. La discussion fut agréable, vous en trouverez le contenu ci-dessous.

 

— Vous avez suivi des études en réalisation, et puis vous avez été mannequin pour plusieurs marques, et puis vous avez atterri dans Esprits Criminels. Qu’avez-vous appris de ces différentes expériences, et orienter votre carrière vers ces différentes expériences était-il intentionnel ?

MGG : Vous savez, j’ai été très chanceux et je n’ai jamais vraiment… intentionnellement (NB : à ce moment, MGG a fait un commentaire sur les chaussettes d’une des personnes présentes) J’ai eu une carrière chanceuse et je ne l’ai pas orientée de façon particulière. J’ai juste été très chanceux. J’ai fait des études en réalisation et je pensais que cela allait me propulser vers Hollywood, et c’était mon objectif dans la vie, et ça m’a, d’une étrange façon, conduit vers le cinéaste Wes Anderson, pour lequel j’ai fait un stage dans le cadre de mes études, et puis il m’a retenu pour jouer dans un film dont le titre est "La vie Aquatique". Ca a été ma première expérience en tant qu’acteur, elle m’a finalement conduit à faire un documentaire sur le film et à obtenir un agent qui m’a envoyé aux auditions pour Esprits Criminels. J’ai toujours essayé de… J’adore les personnes du monde du divertissement, qu’ils soient acteurs, réalisateurs, réalisateurs de clips YouTube, et j’essaie juste de faire ça chaque jour.

 

— Est-ce que ça a été difficile pour vous d’être acteur ? Parce que vous n’aviez pas, peu d’expériences avant Esprits Criminels.

MGG : Bonne question… Je pense qu’en fait, ça a été plus facile. Mon type d’acteurs et mon type d’artistes préférés sont les personnes qui n’ont pas beaucoup d’expériences, parce que cela les force à être authentique et sincère. C’est… Dans n’importe quel domaine, que vous soyez peintre ou vous savez, danseur, je pense que quand vous travaillez sans cadre et technique, vous êtes forcé de composer de la façon la plus authentique qui soit. Même si je réalise des épisodes ou autre chose, je cherche toujours les personnes qui… elles n’interprètent pas seulement, c’est comme si elles existaient, et ces personnes-là sont la catégorie d’artistes de que je préfère.

— Cela signifie-t-il que vous n’avez eu aucune préparation pour interpréter le rôle ?

MGG : Etant donné que je n’ai jamais suivi de cours de façon classique, mon process d’interprétation est, je pense, différent de celui des autres. J’essaie de… J’étudie… C’est difficile pour moi d’expliquer… Je souhaitais que le personnage ait le syndrome d’Asperger, c’est une forme d’autisme, alors j’ai fait des recherches et je voulais qu’il soit une sorte d’agent du FBI improbable, atypique, alors je me suis libéré de ce processus pour n’avoir aucune connaissance sur le FBI. Je ne voulais pas savoir comment tenir un pistolet, je voulais juste rendre ce personnage unique. C’est comme prendre les parties que je préfère de mes nombreux héros et personnes que je connais dans la vie réelle. Je ne sais pas comment expliquer cela. Je n’ai pas vraiment de méthode. C’est bizarre, je ne sais pas, je ne sais pas, mon processus est décousu, désolé…

 

— Pourquoi votre personnage parle aussi vite ?

MGG : Bonne question… Vous savez, je n’avais jamais pensé qu’il parlait vite !

— Ou c’est peut-être parce que je suis française…

MGG : Non, c’est vrai, il parle vite.  C’est venu naturellement quand j’ai voulu créer Reid, et ça s’est concrétisé sous la forme d’une rapidité de la pensée. Je pense qu’il a l’habitude que les gens l’ignorent et lui manifestent de l’indifférence, mais il a une incapacité… Il sait tout et doit le dire tout le temps, alors la meilleure façon de le faire sans être interrompu est de parler très vite, pour éviter que quiconque ne le coupe.

 

MGG

 

— Quels sont vos épisodes préférés ?

MGG : Je suis très fier de ceux que j’ai réalisés, ça c’est sûr.

— L’un de mes préférés est "Lauren".

MGG : Oh, merci !

— Parce que j’adorais le personnage de Paget Brewster (NB : Emily Prentiss) aussi, alors…

MGG : Elle est super. Merci. C’était un épisode amusant à faire. Mon préféré est probablement "The Lesson". C’était pendant la saison 8, et il s’agissait de l’homme qui transformait les êtres humains en marionnettes, et j’ai beaucoup aimé ça. (…) Et j’aime beaucoup "Mosley Lane".

 

— Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos du cast ?

MGG : Ouais ! On se sent tous comme une famille, et je suis très chanceux de travailler avec eux. Je les aime tous. Shemar est comme mon frère, Joe est comme mon père de Los Angeles, les filles sont comme mes sœurs. On forme un super groupe. Tout le monde a le meilleur sens de l’humour qui soit.

 

— Esprits Criminels montre des meurtres très noirs. Avez-vous pensé que cela puisse avoir une influence sur certaines personnes qui regardent la série, parce que nous voyons toujours des tueurs en série et des modi operandi très effrayants ?

MGG : C’est drôle, je pense que… En fait, je vois… Je pense que c’est un peu comme un test, où lorsque vous regardez quelque chose, vous ne voyez que ce que vous voulez voir. Quand je regarde la série, les personnes qui m’abordent dans la rue me disent souvent que la série les a inspirés à s’engager dans les forces de l’ordre, ou leur a donné envie de devenir un agent du FBI, ou leur a a donné envie de mettre fin à la criminalité. Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui était en mode "ça m’a donné envie de tuer des gens !" (rires). J’aime imaginer que cela insuffle de l’inspiration pour faire le bien dans le monde, et pour moi, c’est une série qui n’est pas centrée sur le meurtre et la mort, mais une série centrée sur l’espoir et le bien, mais ce n’est juste que mon point de vue. (rires) Je ne sais pas, peut-être que je suis fou…

— Non…

MGG : Je suis sûr que je le suis…

 

— Et quels sont vos projets maintenant ?

MGG : Je tourne cette série onze mois par an, mais pendant chaque mois de pause, je fais un film. Actuellement, je tourne "Alvin et les chipmunks 4", et j’ai terminé la production d’une adaptation contemporaine de Tom Saywer et Huckeberry Finn dans laquelle j’ai joué, et dont je suis très fier. L’avant-première s’est déroulée il y a trois jours en Amérique. Et je viens de finir un film dont le titre est "Suburban Gothic", qui est une comédie, un film d’horreur qui sort, je pense, en Europe, le mois prochain.

— Comment faîtes-vous pour jongler entre tout ça ?

MGG : Je sais, je sais… Bonne question… J’ai besoin de faire une pause… Cette année, pendant que je tournais dans Esprits Criminels, je tournais aussi dans "Band of Robbers" et "Life After Beth", un film sur les zombies, et c’était beaucoup de travail.

— Donc vous jouez et vous réalisez. Que préférez-vous ?

MGG : J’adore les artistes quel que soit le domaine. Les choses que je préfère dans la vie sont jouer dans des comédies et n’importe quel type de réalisation.

 

La version VO est également disponible.

Retrouvez les autres articles de l’édition 2015 :
Journal de bord
Table ronde Profilage
Table ronde How To Get Away With Murder
Conférence de presse Empire
Table ronde Grey’s Anatomy

Retrouvez les photos dans la galerie.

 

Sériecalement vôtre,

28 mars 2013

THE FOLLOWING (2012/2013)

Synopsis : Lorsque le serial killer Joe Caroll s’évade de la prison dans laquelle il avait été incarcéré, l’ex-agent du FBI qui l’avait arrêté, Ryan Hardy, est rappelé sur le terrain pour le retrouver…

 

The following

 

Une nouvelle série traitant des serials killers ? Impossible pour moi de faire l’impasse. Même pas en rêve. The Following était déjà dans ma ligne de mire depuis le printemps 2012. Non seulement parce qu’elle traiterait de tueurs en séries, mais parce qu’elle traiterait d’un tueur en série ayant réussi à former autour de lui un cercle d’adeptes prêts à tuer. La série promettait une bonne dose de meurtres et de fil rouge. Donc je me suis lancée dans le pilote, et franchement, il ne m’a pas déçue. Je n’ai pas encore eu le déclic qui fait que The Following sera MA série fétiche, mais c’est normal, car une série s’apprécie (ou non) sur la durée. Quoi qu’il en soit, le pilote est bon, je ne vais pas dire le contraire. On entre sans difficulté dans le sujet, les enjeux de l’intrigue, l’ambiance. On a un « cliffhanger » qui nous donne envie de continuer la série. James Purefoy fait un parfait tueur en série : le « I removed each eye individually » (si je ne me trompe pas) était dit avec une telle intonation, naturel… Kevin Bacon fait un bon agent du FBI. Le duo, ou plutôt l’affrontement, est prometteur. Le thème rappelle celui de Criminal Minds (Esprits Criminels), mais personnellement, en tant que fan de Criminal Minds, je trouve que The Following se différencie nettement. Ce n’est pas le même angle d’attaque du sujet. On aura certainement le « tueur en série de la semaine », ce qui me paraît normal (il faut bien nourrir la série), mais je pense vraiment que toute comparaison avec Criminal Minds s’arrêtera là. De plus, il y a un fil conducteur dans The Following qui occupe une place majeure dans l’intrigue, donc il y a de fortes chances qu’il ne soit pas traité de manière annexe. Par annexe, j’entends des éléments pondus par-ci, par-là qui en définitive, ne deviennent plus qu’un mince prétexte pour justifier l’existence d’un fil conducteur. Enfin, je dis ça, mais je peux aussi me tromper royalement sur le cas de The Following (j'invite les personnes ayant vu les volets suivants à le confirmer ou l'infirmer)… Quoi qu’il en soit, j’attends beaucoup de The Following qu’elle nous entraîne dans les plus sombres recoins de l’esprit des adeptes de Caroll (et le sien y compris) et qu’elle explore avec profondeur le pourquoi et le comment de la construction de ce réseau : comment un tueur peut convaincre des gens ? Pourquoi des gens acceptent de suivre un tel être? Parce que c’est un sujet qui est très intéressant.

 

On notera cependant quelques petits points faibles (mon moment rabat-joie) : le cliché de l’agent du FBI devenu alcoolique, ou le serial killer qui s’évade de la prison avec autant de facilité (mais finalement, elle s’explique plus tard dans le pilote, donc pourquoi pas ?). D’ailleurs, à part vers la fin, Caroll m’a semblé un peu en retrait : on ne le suivait pas assez dans son escapade… Quant aux flashbacks, ils étaient peut-être, à un moment, un peu trop nombreux et ils étaient présentés dans un laps de temps assez court : on en découvrait un peu trop si tôt et si vite. Ce trop-plein de révélations du passé a failli atténuer mon enthousiasme. Heureusement, la cadence s’est estompée. Quant aux agents qui gravitent autour de Ryan, ils m’ont semblé un peu fades, neutres (quoique le personnage de Shawn Ashmoore m’a plus tapée dans l’œil). Néanmoins, malgré ces quelques points faibles, The Following m’a vraiment intéressée et est prometteuse. Ne me reste plus qu’à continuer… et ça, c’est une autre histoire…

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

3 février 2013

MURDOCH MYSTERIES, SAISON 5

(diff fr)

J’avais fait une éloge de la saison 4 de cette série, et je vais continuer cette éloge avec cette saison 5. Je vous assure que j’ai beau essayer de trouver une critique acerbe sur cette série, je n’y arrive pas. Ou autre solution : comme le dit l’adage, l’amour rend aveugle et dans le cas de Murdoch, peut-être suis-je tellement obnubilée par cette série que j’en ai perdu toute capacité à prendre du recul. Toujours est-il que tout comme pour la saison 4 (et en fait, pour toutes les précédentes), je ne suis jamais sortie déçue des épisodes de la saison 5. Enquêtes toujours aussi complexes, inattendues, résolues avec brio grâce au sens du détail et de la réflexion de Murdoch et ses trouvailles technologiques. Mention spéciale à l’épisode sur la mort de l’inventeur, et surtout celui du tueur aux poupées, qui avait le point très positif de confronter Murdoch à un ennemi redoutable qui je pense, nous fera le plaisir de revenir dans un futur épisode, étant donné le sort qui lui a été réservé à la fin de celui cité. Surtout, ce volet avait l’avantage de nous montrer une Julia Ogden en danger et heureusement sauvée in extremis par notre inspecteur Murdoch ! Quant à l’épisode sur le groupe expérimentant le passage vers l’au-delà, il nous plaçait dans une ambiance étrange, déstabilisante (je l’ai moins aimé que les autres, mais passons), et pour le dernier de la saison, il m’a fait un peu peur à un moment, quand William déclarait avoir voyagé dans le futur. Je me disais « WTF ?!?! , Murdoch Mysteries abandonne la rationalité scientifique qui fait tout son charme ? Ça ne va plus du tout ! » Heureusement, plus de peur que de mal, tout s’expliquait …

 

Faisons halte sur le docteur Ogden… Non, en fait il y a quand même quelque chose que j’ai moins apprécié cette saison, à savoir le retrait du docteur Ogden. Une fois mariée, celle-ci se retire pour ouvrir son cabinet, et donc on la voit beaucoup moins qu’auparavant. J’exagère car on la voit dans quelques épisodes, mais voilà, elle revient histoire de revenir de temps en temps. A croire que c’était vraiment fini entre elle et Murdoch (ce que je croyais avant de voir le season finale). Je ne sais pas si cette diminution de présence à l’écran relevait d’un choix personnel de l’actrice ou de celui des scénaristes, et pour être honnête, je n’en ai pas cherché la raison. Au départ, j’étais ravie de voir le docteur Grace se joindre au docteur Ogden. D’une part parce qu’on avait un deuxième personnage féminin, ce qui est agréable ; et d’autre part, parce que ce personnage, étant elle aussi médecin, allait pouvoir être intéressant. J’avais pensé que les deux femmes formeraient un duo, un peu à la manière de Ducky et Palmer dans NCIS, avec la dynamique mentor/élève Mais non, Murdoch Mysteries a évincé Ogden de la morgue. Je suis persuadée qu’on aurait pu développer un peu plus sa « nouvelle vie ». Chose qui avait été plutôt bien entamée avec son combat pour la contraception, mais qui a soudainement disparu (j’imaginais déjà une intrigue avec l’homme anti-contraception auquel Julia avait affaire). On a quand même revu Julia, mais c’était globalement moyennement intéressant. J’espère qu’elle reprendra une place importante, parce que j’ai l’impression que Grace a pris la place du personnage féminin principal, or je préfèrerais qu’il y en ai deux. En tout cas, la nouvelle orientation professionnelle de Julia au season finale a l’air prometteur pour un nouveau souffle à la série. Vous aurez remarqué le nombre d’orientations professionnelles qu’elle a pris en un temps relativement court : en deux ans, elle officie dans un hôpital pour enfants, revient à la morgue pour ensuite ouvrir un cabinet avant de se diriger vers la psychiatrie ! Elle pourrait être l’ancêtre des profilers… Sinon, autre retournement de situation qui m’a étonnée : je pensais vraiment que Crabtree allait prendre du grade, or cela n’a duré qu’un temps. Peut-être que ce sera pour une prochaine fois. En tout cas, cette situation serait très intéressante à explorer et développer : elle permettrait de secouer la série en lui insufflant une nouvelle dynamique. Crabtree deviendrait le disciple de Murdoch…

 

murdoch 2

 

Toutefois, on oublie vite ces petits points négatifs que j’ai soulevés ci-dessus pour retenir les retrouvailles entre Julia et William !! Hourrah !! Victoire !! J’étais trop contente !! Il faut dire que je trouve ces deux-là tellement bien ensemble, intellectuellement et sentimentalement. D’habitude, je ne suis pas trop pour les relations entre collègues, mais je trouve que Murdoch Mysteries a bien développé cette relation. Il y a quelque chose dans cette série qui fait que ce ship ne dérange pas, n’est pas soulant. C’est d’abord un ship intellectuel : ils discutent des cas, font des hypothèses, se stimulent réciproquement en faisant des suggestions, etc. On ne nous abreuve pas de scènes du style « ils se sont retrouvés seuls quelque part, et séparés par seulement quelques centimètres, ils se sont embrassés fougueusement et ont fini au lit ensemble ». Enfin, je n’ai pas le souvenir d’une telle scène, mais si elle s’est produite, veuillez m’excuser de cet oubli et ignorez les quatre lignes d’en haut. Quand même, ils en auront mis du temps, ces deux-là ! D’abord Julia qui part pour officier à l’hôpital pour enfants malades, puis qui revient fiancée (pourquoi s’est-elle fiancée si vite, pardi ?!?!?), et Murdoch, qui la laisse épouser Darcy alors qu’elle lui avait laissé la porte grande ouverte pour la reprendre ! Finalement, tout est bien qui finit bien : ils s’aiment et se dévoilent au commencement de l’année 1900. J’ai bien ri à la manière dont Julia annonçait à William sa séparation avec Darcy. Encore heureux que Murdoch ait compris que sa venue était motivée par un autre sujet que celui de sa énième reconversion… Autre ship mignon à voir, celui entre Grace et Crabtree. Ils sont pas mal, ces deux-là.

 

Autre point agréable : les rencontres de Murdoch avec les divers hommes illustres, tels Jack London, Henry Ford, Bell. C’était sympathique de la part des scénaristes d’imaginer que William avait inspiré London pour son célèbre L’appel de la forêt (découvrir William en chercheur d’or au début de la saison était surprenant), tout comme l’était d’écrire une histoire de concurrence entre Ford et Pendrick sur la voiture à essence vs la voiture électrique. Finalement, l’idéal de Pendrick s’est concrétisé, mais bien plus tard que prévu… Même si c’est une fiction, je pense tout de même que certains hommes à cette époque ont du avoir ce même état d’esprit visionnaire que Pendrick. Quant à Murdoch, le voir s’éclater comme un gamin de 10 ans avec le bolide de Pendrick était tout simplement hilarant. De même pour l’affaire de la rage de dents de Brackenreid et son stratagème pour éviter le dentiste qui échoue, grâce à l’ingéniosité de Crabtree ; ou l’espionnage de l’équipe de base ball du poste concurrent par Brackenreid et Crabtree. Les histoires hors enquêtes sont fort divertissantes et contrebalancent bien avec la complexité de certaines affaires. En fin de compte, on a eu des investigations brillantes ; des moments de tension et rebondissements de situation, notamment avec Anna Fulford (j’ai vraiment cru qu’elle était morte) ; des retours de personnages rencontrés dans des épisodes précédents (comme Pendrick). Et ce dernier point contribue à apprécier Les Enquêtes de Murdoch car ces retours donnent une certaine continuité à la série, i.e., elle ne se réduit pas qu’à une simple succession d’investigations totalement indépendantes les unes des autres. Avec l’apparition de personnages historiques dont la présence est utilisée de façon crédible, cela confère à la série un charme indéniable.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Sériecalement vôtre,

VK

17 mars 2016

TREPALIUM

 

J’ai terminé il y a quelques jours mon visionnage de Trepalium, la série d’anticipation d’Arte. A vrai dire, le visionnage ne fut pas très habituel. J’avais enregistré les trois premiers épisodes, car je n’étais pas disponible le soir de sa première diffusion. De plus, je doutais avoir le temps de regarder le replay, donc autant prendre ses précautions et enregistrer. J’avais eu raison, parce que je n’ai, en effet, pas eu le temps pour regarder le replay dans la limite des 7 jours. J’étais à la moitié du second épisode quand arrivaient les trois derniers. Et rebelotte, pas disponible non plus pour regarder en live, alors cette fois-ci, je décidai de regarder les replays des derniers épisodes puis de finir mon enregistrement. J'aurai pu enregistrer les derniers épisodes, mais les enregistrements s'accumulant... Oui, c’est un peu compliqué tout cela, mais bon… C’est pourquoi, en tant que fan de séries, je trouve dommage de ne faire que deux diffusions, qui plus est pour une série made in France, au sujet intéressant, et avec cette caractéristique de se vouloir être une série d’anticipation ! C'en est frustrant...

J’aime les séries produites par Arte.  J’avais trouvé 'Ainsi soient-ils' d’une grande classe, servie par des dialogues d’une telle beauté et profondeur et des acteurs transfigurés par et transfigurant leur rôle. Pas facile avec le pitch de départ : suivre des séminaristes. Mouais, que dire, à part qu’ils aiment prier ? Un peu caricatural, mais vous voyez où je veux en venir : il n'était pas évident d'imaginer qu'il puisse y avoir beaucoup à raconter. Et comment parler à un public pas forcément sensible à la religion ? 'Ainsi soient-ils' fut un petit bijou, une série de qualité, il faut le lui accorder, qu’on soit intéressé ou non par les questions religieuses (peu importe le culte).

 

trepalium 2

 

Trepalium, dans un registre totalement différent, fut une réussite elle aussi. Thème interpellant et d’actualité, peut-être poussé à l’extrême mais pour mieux servir le propos. Série visuellement belle, avec des décors, des costumes, un style rétro-futuriste recherchés, qui illustrent bien la rigueur et l’asservissement de l’homme par le travail. La question de la série demeure : faut-il avoir un travail pour être considéré comme un être humain ? Se réaliser par le travail reste-t-il un mythe ?

Je dois avouer que le premier épisode m’a un peu surprise. C’était même presqu’un choc, tant j’avais été décontenancée par la froideur des personnages interprétant les actifs, le caractère robotique de leurs échanges verbaux et leur gestuelle. Je les trouvais au premier abord raides, sans charisme, sans émotion. Je ne sais pas si c’était involontaire ou conseillé par le réalisateur, en y réfléchissant, j’ai trouvé que ce jeu collait parfaitement à l’atmosphère de la série. Trepalium a livré une vision brutale et pessimiste du travail et du non travail.

 

On se rend compte que la situation des habitants d’Aquaville n’est pas plus enviable que celle des habitants de la Zone. Dans cette dernière, les gens n’ont pas de travail, doivent se battre pour survivre, errent dans la misère. A Aquaville, les gens ont peut-être tout : travail, maison confortable, accès à toutes les infrastructures. Cependant, cette ville et ses règles ont totalement déshumanisé l’homme.

On le comprend dès les premières minutes, quand Ruben découvre son chef mort. Au lieu d’appeler les secours, et bien il ne perd pas le sens des priorités, il appelle son père pour candidater à la succession de feu son supérieur. Sympa, quoi… Certaines tâches sont loin d’être intéressantes, comme par exemple celle de Thaïs qui lui fait passer la journée à "jouer" à une sorte de tétris. Tout est bon pour s’épier, s’écraser les uns les autres pour servir ses intérêts. Il n’y a plus de compassion, d’altruisme, il n’y a que peur, égoïsme, dégoût pour ceux qui n’ont pas de travail alors que cela n’est pas de leur ressort (oui, le type crachant sur Izia et les attitudes des actifs face aux inactifs sont restés gravés dans mon esprit). Le travail a engendré un monde froid et cruel. Le titre de la série donnait déjà le ton : le travail est devenu une souffrance. On ne voit plus l’homme que comme quelqu’un qui doit être utile et performant, et qui n’a plus le droit de ressentir. Les humains sont des pièces qu’on remplace dès qu’il y a un défaut. Toutes ces idées passent par les décors et costumes, très bien choisis : maisons à l’intérieur high-tech mais totalement impersonnel, habits qui sont plus des uniformes que des habits pour exprimer sa personnalité et qui contribuent à la raideur des personnages, tout est millimétré.

On parle d’Aquaville, mais du côté de la Zone, les rapports humains ne laissent pas tellement la place à la compassion. On voit Izia et son fils voler d’autres zonards (premier épisode) et franchement, on n’a pas vu beaucoup de moments d’entraide entre les zonards. Il y a évidemment l’espoir de passer le mur, mais c’est pour se rendre compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs malgré les avantages certains.

 

trepalium 1

 

Du côté des intrigues : elles étaient logiques et je ne pense pas qu’il y avait beaucoup d’options. Il fallait confronter les deux mondes et l’idée des solidaires, avec l’histoire d’amour, était le choix adéquat. Bien évidemment, il fallait aussi bousculer l’ordre établi via l’histoire avec les activistes.

Je trouve étrange que Ruben ne se soit pas plus posé de questions quant au sort de sa femme. Il n’avait pas l’air d’en être fou amoureux, mais cela me paraissait logique qu’il cherche à en savoir plus, même s’il n’avait pas obtenu de réponse. D’ailleurs, Maël n’avait pas l’air déstabilisé par ce remplacement de mère… Toutefois, j’ai bien aimé sa révolte à la présentation Phoenix. Il n’y avait pas besoin de plus, c’était parfait.

Quant à Jeff, dommage qu’il n’ait pas survécu. Je pense qu’il était le personnage qui croyait le plus à une réconciliation actifs/zonards. Son sort démontrait une fois encore la fourberie des actifs et accentuait peut-être le pessimisme de la série : la cohabitation sera dure...

Enfin, je me pose la question : quel était le but recherché par le faux assassinat de la première ministre ? On a compris que la révélation finale amorçait une suite potentielle au cas où il y en aurait eu une, mais pourquoi ce stratagème ?

 

A noter aussi qu’Arte a lancé un dispositif transmédia pour compléter la série, intitulé A l’ombre du mur - Journal d’un inutile. Il s’agit ici d’une sorte de prequel où les spectateurs découvrent, à travers l’histoire d’un personnage, ce qu’était le monde avant la construction du mur. Initiative qui appuie la volonté d'Arte d'être une chaîne sur laquelle on peut compter pour les séries TV. Et merci aux auteurs et producteurs de nous proposer de leurs histoires.

 

Sériecalement vôtre,

VK

12 juillet 2015

[EN] MONTE CARLO 2015: "CRIMINAL MINDS", MATTHEW GRAY GUBLER (interview)

 

Matthew Gray Gubler, as known as Spencer Reid, represented the CBS hit show Criminal Minds this year at the festival, and this was not his first time. As a big fan of the show, I can say it was one of the series that made me what I am today as a series fan (I even made a fan film, "Devil's Agents"), I couldn’t wait to interview Matthew. With another person, we had a nice conversation with him (sorry if I misunderstood some words, not a native English speaker, so I tried to do my best^^):

 

— You studied film directing and then, you worked as a model for several brands, and then, you jumped into Criminal Minds. What did you learn from these experiences, and was it intentional to orient your career towards those different experiences?

MGG: You know, I’ve been very lucky and I haven’t really… intentionally… (NB: MGG made a comment about an interviewer’s socks before continuing) I have a very fortunate career and I haven’t intentionally guided it in any way in particular. I’ve just been very lucky. I studied film directing and I thought it would rock me to Hollywood, and that was my goal in life, and it, in a weird way, led me towards a filmmaker named Wes Anderson, who I interned for in film school, and then, he cast me in a film called “The Aquatic Life with Steve Zissou”. And that was my first acting job, which ultimately led me to making a documentary about that movie and getting a directing agent who sent me to the audition for Criminal Minds. I’ve always tried to… I love entertaining people, in any way, whether it is acting or directing, making YouTube clips, and I just try to do that every day.

— Was it difficult for you to be an actor? Because you didn’t have any, many experiences before Criminal Minds.

MGG: Good question. I think it actually made it easier. My favorite type of actors and my favorite type of artists are people that don’t have training, because it forces them to be genuine and sincere. It’s… in anything, whether it’s a painter or you know, a dancer, I think if you’re doing it without form and without technique, you’re forced to do it in an incredibly genuine way. Even if I’m directing episodes or anything, I always look for the people who… they aren’t acting, they’re just sort of existing, and those are my favorite type of performers.

— Does it mean you didn’t have any preparation to play the role?

MGG: Yeah, I did. Because I never studied acting classically, so my process of acting is, I think, different than others, I try to… I study… It’s hard for me to explain… I wanted the character to have Asperger syndrome, it’s a form of autism, so I researched that eventually and I wanted him to be sort of unlike, untypical FBI person, so I went out of my way to know nothing about the FBI. I didn’t want to know how to hold a gun, I wanted to make him just a sort of… a unique character. It’s sort of taking my favorite parts of many of my heroes and people that I’ve known in real life. I don’t know how to explain it. I don’t really have a method. It’s weird, I don’t know, I don’t know, my process is rambling, sorry…

— Why does your character speak so fast?

MGG: Good question… You know, I never thought that he spoke fast!

— Or maybe because I’m French…

MGG: No, he does. No he does speak very fast. It’s just a sort of natural in taking everything that I wanted to create Reid, putting it inside, it just manifested itself as a rapid thought. I think he’s used to people ignoring him and zoning him out, but he has an inability… he knows everything and he must say it at all times, so the best way to do that without being interrupted is to speak very fast, to prevent anyone from cutting him off.

 

MGG

 

— What are your favorite episodes?

MGG: I’m very proud of the ones I directed, for sure.

— One of my favorites is “Lauren”.

MGG: Uh, thank you!

— Because I loved Paget Brewster’s character (NB: Emily Prentiss) too, so…

MGG: She’s great. Thank you. That was a fun one to direct. My favorite one is probably “The lesson”. It was in season 8, and it was the man turning human beings into puppets, and I love that. And I love “Mosley Lane”.

— Could you tell us few words about the cast?

MGG: Yeah! We all feel like family, and I’m so lucky to get to work with them. I love them all. Shemar is like my brother, Joe is like my Los Angeles father, the girls are like my sisters. It’s a great ensemble. Everyone has the best sense of humor.

— Criminal Minds is about very dark murders. Have you ever thought it could have an influence on some people who watch it, because we always see serial killers and very scary modi operandi?

MGG: It’s funny, I think… I actually see… I think it’s a bit like a horror shark test, where you look at something and you see what you want to see. When I see the show, it seems that people walk to me in the streets often tell me that the show inspired them to go into law enforcement, or made them want to be an FBI agent, or made them want to stop crime. I haven’t met anyone yet that was like “it made me want to kill people”. (laughter) I like to imagine it’s doing more to inspire good in the world, and to me it’s a show not about murder and death, but a show about hope and goodness, but it is just from my perspective. (laughter) So I don’t know, maybe I’m crazy…

— No

MGG: I’m sure I am…

— And what are your projects now?

MGG: I shoot this show eleven months out of the year, but every month off a year, I make a movie. Right now, I’m filming “Alvin And The Chimp Monks part 4”, and I just finished producing and acting in a modern day adaptation of Tom Sawyer and Huckleberry Finn, which I’m very proud of, that just premiered three days ago in America. And I just filmed a movie called “Suburban Gothic”, which is a comedy, horror movie that’s coming out, I think in Europe, in the next month.

— How could you manage to do everything?

MGG: I know, I know… Good question, I know… I need a stop… This year, I was filming Criminal Minds as well filming “Band of Robbers” and “Life After Beth”, the zombie movie, and it was a lot work.

— So you play and you direct. What do you prefer?

MGG: I love the entertaining people in any way. My favorite things in life are comedy acting and any type of directing.

 

Check out the other articles about the 2015 edition:
How To Get Away With Murder
Grey’s Anatomy
(If you read French, you can find more articles here)

Check out the photo gallery.

 

Seriecalement vôtre,

26 avril 2015

SERIES MANIA S6 : TELLUS

avec spoilers

 

Le dimanche 19 avril 2015, Séries Mania présentait les deux premiers épisodes de la série Tellus, puis proposait une séance de questions/réponses avec son créateur, réalisateur et scénariste Jukka-Pekka Siili, communément appelé JP. Cette série finlandaise suit les actions d’un groupe de jeunes éco-saboteurs, répondant au nom de Tellus (terre mère en latin). Ils frappent depuis plusieurs années les installations des organisations non respectueuses de l’environnement, jusqu’au jour où l’une de leurs interventions fait une victime. Leurs actions font l’objet d’une enquête policière. La saison 1 compte 6 épisodes, elle a été diffusée en novembre-décembre 2014. La saison 2 en comptera 12, son écriture est en cours de finalisation et sa production commencera en janvier 2016. Tellus est un coproduction finlandaise, suédoise, norvégienne et allemande.

 

La série aborde un thème intéressant, d’actualité et important : l’environnement, par le biais de l’éco-terrorisme. Pendant les échanges avec Siili, un spectateur considérait cette question non prioritaire par rapport à la montée de l’extrémisme religieux, pour ne citer que cet exemple. Avis auquel Siili a répondu qu’au contraire, les questions sur l’environnement sont essentielles. Si on n’agit pas aujourd’hui pour préserver la Terre, la situation sera catastrophique pour les générations futures. Je rejoins tout à fait cette réponse. Je suis persuadée que si l’homme continue à piller les ressources de la terre pour le profit et le confort immédiat, sans penser aux conséquences, un jour ou l’autre, la nature se retournera contre lui. On fore à 3000 mètres de profondeur sous la mer parce qu’il y a d’incroyables ressources. On détruit le riche écosystème qui y vit depuis des millénaires. Et après, on s’émeut que des espèces animales disparaissent, que les fonds marins en ressortent ravagés. Et on fera quoi, quand il n’y aura plus de ressources parce que la Terre aura été vidée sans ménagement ? On pollue, et après, on s’émeut du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. On détruit notre habitation et après, on se demande ce que l’on va faire… Je parais assez critique, c’est vrai. Je ne nie pas non plus l’amélioration des conditions de vie permise par ces ressources, mais il faudra bien se poser la question un jour.

 

Jukka-Pekka

 

Bref, revenons à la série. Elle a l’avantage de s’aventurer dans un thème peu représenté à la télévision (en fiction), et de montrer des personnages qui détruisent les installations des entreprises qui, selon eux, sont des ennemis de l’environnement. JP a choisi de raconter cette histoire après avoir réalisé qu’il ne s’était jamais intéressé à ces questions. La série est devenue sa façon d’apporter sa contribution. En cette diffusion à Séries Mania, il était ravi de rencontrer un public plus nombreux : en effet, il était venu présenter un projet à Shanghai quelques années auparavant, et dans la salle, il n’y avait que… 12 personnes… Il s’est intéressé à un groupe qui a décidé de réagir, en franchissant la ligne jaune, et a avoué qu’il comprenait les personnes qui le faisaient dans la vie réelle. JP a choisi le format policier (les actions de Tellus sont suivies par les policiers) afin que l’histoire parle au plus grand nombre.

 

L’histoire n’est pas mal, même si je n’ai pas eu un coup de cœur pour cette série. Question de feeling. La froideur et la distance règnent dans cette série, notamment au niveau des personnages qui font partie du groupe d’éco-saboteurs. Ils sont solitaires, mènent une vie ascétique, à l’image de l’héroïne principale, Eevi. Celle-ci ne fréquente personne. Lors de prises de décision, elle imagine des discussions avec des personnes de son entourage (dont sa mère défunte) qui l’aident à arrêter un choix. Elle ne fréquente personne, enfin, jusqu’au jour où elle rencontre Alex, le leader d’une association écologique modérée, qui se contente de manifestations. Elle voudrait aller plus loin, mais cette relation ne ferait que l’éloigner de son objectif. On sent qu’au fur et à mesure des épisodes, il va y avoir une confrontation entre ces deux points. Eevi pourra-t-elle mener une double vie ? Va-t-elle arrêter ses actions par amour ? De son côté, Alex a des liens étroits avec le policier chargé d’enquêter sur les actions de Tellus. Les membres de Tellus se soutiennent afin qu’aucun ne sombre. Là encore, il y a une sorte de distance entre eux. Même si on les voit « décompresser » ensemble, ce n’est pas non plus ambiance colonie de vacances. La distance et la rigueur sont les conditions nécessaires à la réussite de leur projet et leur sauvegarde. Ils se sont fixés une mission et restent concentrés pour ne pas s’en détourner, quitte à vivre comme des fantômes et à tout sacrifier. D'ailleurs, à plusieurs reprises, Eevi justifie (en voix off) ce choix de vie.

De l’autre côté, on a un policier, Taneli Lokka, dont la mission est d’arrêter Tellus. Il ne ressemble pas à l’image traditionnelle du flic que l’on peut voir dans une fiction, comme l'a fait remarquer une spectatrice après la projection. Il est vieillissant et handicapé de surcroît ! Il sort en effet d’une convalescence suite à un AVC qui l’a privé de son œil droit. Pas du tout le jeune homme en plein force de l’âge et beau gosse… Lui aussi se soucie de l’environnement, du gaspillage. J’ai adoré ses colères face à ses enfants qui ne respectent rien du tout : que je jette la moitié de mon assiette par-ci, que je ne trie pas les poubelles par-là… Lui aussi semble solitaire, dans un sens : ses relations avec celle qui l’a remplacé pendant son congé sont très neutres, minimum syndical^^.

 

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Les deux épisodes ont aussi leurs défauts. J’ai eu du mal à tisser un lien avec les personnages, à cause de ce sentiment d’éloignement, de l’ambiance polaire. Les éco-terroristes ne sont pas vraiment chaleureux et extravertis, mais c’est cohérent avec leur ligne de conduite. Alex m’a peut-être été plus abordable. Le rythme a du mal à s’intensifier, bien que certains éléments donnent envie d’en savoir plus. Le groupe va-t-il aller beaucoup plus loin dans son action ? Après la victime accidentelle, les membres réfléchissent à frapper plus fort, mais décident de conserver pour l’instant leur méthodologie de destruction matérielle. Le membre que Lokka va interroger va-t-il craquer ? Quelles motivations ont poussé ses membres à agir de la sorte ? Leur mode de vie va-t-il peser sur eux ? etc. Aussi, la musique est parfois de trop dans plusieurs scènes.

 

Je souligne encore une fois l’intérêt du sujet qui, hélas, n’a pas eu de retentissement auprès du public finlandais après la diffusion de la saison 1 même si elle a été bien accueillie. Comme l’a expliqué Siili, ce sujet ne fait pas partie des priorités pour les politiques. Notamment en cette récente période d’élections parlementaires qui ont eu lieu dans son pays : les questions économiques et de politique étrangère ont été mises au cœur des discours. Par ailleurs, la désobéissance civile n’est pas autant répandue dans les pays nordiques. Si Tellus devait passer en France, ce serait mission à accepter pour Arte, c’est évident. Ou alors, sur une chaîne diffusant déjà des documentaires orientés univers, nature, mais serai-t-elle enclin à faire de la place à ce genre ?

 

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VK

25 avril 2015

SERIES MANIA S6 : GALLIPOLI

avec spoilers

 

gallipoli 1

 

Le samedi 18 avril 2015, je me suis rendue à la projection des deux premiers épisodes de la série australienne Gallipoli. Son synopsis ? Lors de la première guerre mondiale, le jeune Tolly et son frère Bevan s’engagent pour combattre dans les troupes de l’empire britannique. Avec de nombreux australiens (et néo-zélandais et anglais), ils sont envoyés à Gallipoli, dans l’actuelle Turquie, pour contrer l’empire ottoman, alors allié de l’Allemagne.

 

A la base, c’est une série de guerre, un peu dans la veine des Band of Brothers, Generation War, la série française diffusée par France 3 il y a peu (vraiment désolée, son titre m’échappe…), et autres fictions de divers pays qui existeraient. Des séries qui ne traitent pas des mêmes conflits, mais qui présentent l’enfer vécu par des milliers d’hommes lors des deux évènements majeurs, dramatiques et à résonnance mondiale du XXème siècle. En elle-même, Gallipoli n’est qu’une « énième » histoire de guerre. Ce qu’elle a de particulier, c’est qu’elle présente le point de vue des australiens et qu’elle se focalise sur un épisode de la guerre qui n’est pas forcément connu de tous. A commencer par moi (cet article ne servira pas à grand-chose pour les plus experts^^). De mes vieux cours d’histoire, je savais qu’il y avait eu la bataille des Dardanelles, en Turquie. Sans rappels, je ne saurai vous en dire plus. Alors Gallipoli, ça ne me disait rien du tout.
Au cinéma, vous pouvez regarder La promesse d’une vie (qui entre nous, fait plus titre de film romantique à l’eau de rose que drame), avec Russell Crowe, qui a en toile de fond la bataille des Dardanelles, aussi nommée campagne de Gallipoli.

Quelques recherches et explications avant la projection des épisodes (puis après) nous font réaliser le traumatisme de cette campagne sur l’Australie : les Dardanelles fut rude et longue, et se solda par une déroute pour les pays engagés contre les ottomans et les allemands. Pour l’Australie (et la Nouvelle Zélande), Gallipoli a été un évènement fondateur de son identité nationale, jusqu’alors sous le joug de l’empire britannique. Le jour du débarquement sur Gallipoli, le 25 avril, est une date de commémoration majeure en Australie (idem en Nouvelle Zélande). Elle surpasse même le 11 novembre ! D’ailleurs, la saison 1 de la série avait été mise en téléchargement légal quelques jours avant sa diffusion à la télévision. Dès ce stade, elle a eu un succès énorme. La bataille a également forgé l’identité turque.

 

gallipoli 2

 

Quid du contenu de la série ? Je ne pourrai parler que pour le pilote, ayant dû écourter ma projection pour ne pas me retrouver à la fin de la longue file d’attente de la séance Empire avec l’interview de Lee Daniels, son créateur (article à paraître prochainement). Le pilote alterne entre séquences de guerre et souvenirs de la vie paisible d’avant. Le spectateur suit des jeunes hommes, engagés dans un conflit dont ils ignoraient la violence, la portée, dans un pays qu’ils ne connaissaient que de nom (et encore…). Il n’y a rien de « palpitant » dans l’épisode. Ce n’est pas, par exemple, des tableaux majestueux (artistiquement, mais reflétant la réalité) de combats tels que ceux représentés dans Band of Brothers. C’est l’histoire de types ordinaires devenus soldats qui débarquent puis avancent sur une colline, rencontrent des soldats turcs, se font refouler, puis contre attaquent et gagnent du terrain, avant d’être à nouveau repoussés par l’ennemi. Entretemps, un grand nombre tombe sous les balles. En parallèle, l’état-major discute des actions à mener, et semble parfois tout aussi désorienté que les troupes sur les collines.

On ressent tout à fait l’absurdité de la guerre. Les soldats grimpent sur une colline, avancent de quelques mètres au prix de lourdes pertes. Ils continuent en espérant des renforts, qui viennent au compte-goutte et peu nombreux. Ils se perdent en cours de route. Ils passent des heures à errer dans un paysage, presque sans but, et rien ne se produit à part des morts et des valses j’avance-je tire-je recule-je tire-j’avance. On est choqué également par le décalage entre ce que les soldats vivent et le train de vie des officiers supérieurs, qui semblent s’être enfermés dans une bulle spatio-temporelle digne de la haute société britannique : dîners en uniforme de cérémonie, dans des paquebots au décor 1ère classe du Titanic. On sent en outre le sentiment de confusion parmi les différentes strates : les soldats : que faut-il faire ?; les officiers : où en est-on ? (mauvais relai de l’information), que décider ?.

Le point de vue ottoman est moins représenté, c’est plutôt logique si la production est australienne et qu’elle montre le camp britannique. Toutefois, il y a bien quelques scènes. Celles-ci montrent la détermination de l’ennemi de l’époque, l’influence des officiers sur leurs hommes, les poussant à se battre jusqu’à la mort. Au premier abord, cela ressemble presqu’à du fanatisme et rappelle la mentalité des forces japonaises de la seconde guerre mondiale. Comparaison à prendre avec des pincettes, évidemment : ce n’est qu’une impression que j’ai eue quand j’ai vu l’épisode. A étayer avec plus de documentation. C’est ma lecture de Mémoires de nos pères (James Bradley, à lire si vous êtes intéressé(e) par la bataille du Pacifique WWII) qui m’a fait penser à ce rapide rapprochement.

 

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L’arrière se manifeste par de courts flashbacks. Au-delà de leur objectif de proposer une pause nostalgique et heureuse au milieu des combats, dans le pilote, ces extraits dressent le tableau d’un triangle amoureux en formation. Je n’ai pas d’avis particulier à émettre, car il aurait fallu que j’en voie plus pour me faire une meilleure idée. En soi, l’idée du triangle amoureux peut être intéressante, comme énervante et sans intérêt (histoire de combler l’épisode).

 

Comme d'autres séries du genre, Gallipoli abordera certainement la brutalité de la guerre et des hommes, le questionnement des soldats face à cette impasse, la fraternité avec les compagnons d'armes et le camp d'en face lors de trèves, le dur retour au pays. La série convaincra par son point de vue sur un sujet connu. Le rythme n’est pas rapide, il pourra en rebuter certains. Il est à l’image de cette guerre qui s’est enlisée, avec des conséquences désastreuses (dans quel but ?). Enfin, le très jeune âge de certains combattants m’émouvra toujours.

 

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VK

23 août 2014

THE KILLING, SAISON 3

(Danemark)

 

The klling 1

Promesse faite à moi-même : la prochaine fois qu’Arte (ou toute autre chaîne française) diffusera une série nordique, je la regarderai dès la première saison. A l’instar de Borgen, j’ai plongé dans et adhéré à The Killing lors de sa troisième et dernière (pas de chance) saison. En réalité, rater les deux premières ne s’est pas avéré si handicapant, on comprenait sans trop de difficulté les enjeux/le contexte de la série. Il est vrai cependant que c’est une partie de l’expérience que j’ai manquée.

 

The Killing, plus exactement des épisodes que j’ai vus, est passionnante. Elle a ce charme, ce quelque chose qui fait qu’on est subjugué, qu’on a envie de connaître la suite à la fin de chaque volet de l’intrigue (j'ai eu le même sentiment avec la suédoise Real Humans). Le spectateur est baladé sans ennui d’une piste à l’autre tout au long de l’histoire. Une intrigue maîtrisée, qui alterne entre points de vue de divers protagonistes d’horizons différents : policiers, politiciens, cadres exécutifs ; mais finalement ceux-ci sont reliés les uns aux autres. Aussi bien par l’enquête que des intérêts communs. Une intrigue où chaque cliffhanger ne passe pas pour un subterfuge parachuté là dans le seul but d’ajouter un nouvel épisode, mais donne une autre tournure à l’enquête. Et un cliffhanger parfaitement accompagné d’une bande son rock.

Je n’aurai qu’un seul point de discorde : l’aisance du meurtrier à mener la police par le bout du nez et à s’échapper alors qu’elle l’a déjà encerclé. Sérieusement, blessé sur le quai et avec Sarah et Borch à un mètre de lui, il réussit à s’évaporer sous leur nez ? Sarah et Borch, vous avez été nuls sur ce coup.

 

Ce qui frappe dans The Killing, c’est sa noirceur et la vision pessimiste du pouvoir qu’elle brosse. Les puissants s’en sortent toujours et aussi bien qu’eux que d’autres préfèrent s’écraser quand il s’agit de protéger une situation confortable.

the killing 3

Kristian Kamper est sincèrement affecté par l’affaire et le silence dupouvoir judiciaire qui a entouré certains éléments. Toutefois, quand la vérité éclate, il choisit finalement de ne rien dire et fêter sa victoire aux élections à cause du lien entre le financement de son ancienne campagne et l’une des entreprises les plus puissantes du Danemark. Même au détriment de la vérité sur le « suicide » de son fils. Seule son aide de camp semble vouloir réagir. De même, Robert Zeuthen, le patron de cette entreprise, cède aux remarques d’un des membres du top management. On sent qu’il n’y aura aucune suite à ce scandale. Pour Zeuthen, on comprend qu’il préfère d’abord s’occuper de sa famille après l’épreuve qu’elle vient de vivre. Les services spéciaux, le frère de Kamper et le ministre de Kamper ont eux aussi préféré le silence, en se cachant derrière l’excuse de la protection d’intérêts supérieurs. C’est d’ailleurs cette absence d’action qui a conforté un sadique dans ses abus meurtriers sur des mineurs qu’il était censé aider…

 

Les seuls à tenter d’inverser cette tendance sont le tueur (hé, mais ce n’est pas le père des hubots de Real Humans ?) et Sarah Lund. Malheureusement de façon radicale, mais quand on regarde le tableau dressé dans The Killing, on se demande s’il y avait vraiment une autre solution… La fin de la série est choquante. Non seulement elle est choquante par la scène où Lund exécute l’assistant de Zeuthen, mais aussi par les autres scènes où on comprend que le changement ne passera pas par les autres personnages. Franchement, je ne m’attendais pas du tout à l’acte de Lund, surtout qu’elle venait d’être grand-mère ! Quel contrecoup et frustration ! Sentiments exacerbés par l’absence d’une suite… Sarah Lund est un protagoniste maudit, solitaire, qui semble ne pouvoir jamais trouver la quiétude.  (sinon, j’adore son pull bleu^^ ! vraiment, c'est impeccable pour l'hiver)

 

The Killing aborde, de façon très intéressante et captivante la politique, la corruption, les liens économie-politique, sur fond de kidnapping et meurtres dont le déroulement est excellent. Le portrait qui en est dressé est aussi réaliste : il est difficile de penser que tout est soit blanc, soit noir. Peut-on quand même garder espoir ?

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,

VK

25 septembre 2013

[EN] HANNIBAL - PILOT REVIEW (2012/2013)

Synopsis : The show explores the relationship between Hannibal Lecter and Will Graham, a FBI profiler.

hannibal

This pilot stands out by the quality of the direction and the introduction of the two fascinating personalities of Lecter and Graham. These elements are even more interesting than the story about the serial killings itself. The first scene is quite fascinating, and quickly and efficiently makes the viewer jump in the atmosphere of the show: dark, violent, bloody, and unreal. This atmosphere keeps on surrounding the viewer during the rest of the episode, through the rewinds, the scenes where Graham “relives” the modus operandi. You feel like you’re trapped in a nightmare, trying to run away. However, you always face a dead-end, no matter what you do. Graham and Lecter contribute to this atmosphere, by their loneliness, smartness and complexity. Graham appears to be the guy who acts weird and therefore, attracts people’s attention; whereas Lecter is the guy above all doubts, the handsome, educated and enigmatic gentleman people respect. Mads Mikkelsen was a good choice and plays doctor Lecter perfectly. Graham’s empathy ability is certainly a useful advantage, but can also turn into a curse that can damage him. Hugh Dancy’s acting totally brings to life the different characteristics of his character.

The pilot is very satisfying and opens the door to interesting episodes. That’s great a network like NBC greenlit this project.

 

Sériecalement vôtre,

VK

10 décembre 2013

AVANT-PREMIERE "LEO MATTEI", 4/12/2013

 

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Ce mercredi 4 décembre, j’ai été invitée à l’avant-première de Léo Mattéï, nouvelle fiction de TF1, qui a eu lieu dans les locaux de la chaîne. La série est intéressante car elle s’articule autour des enquêtes de Léo Mattéï, chef de la brigade de protection des mineurs (et ancien de la BAC). Le personnage est joué par Jean-Luc Reichmann (oui, oui, vous avez bien lu !). Un rôle à contre emploi pour l’homme que nous sommes habitués à voir dans un registre plus léger. Après un cocktail alléchant, direction la salle de projection pour la découverte du premier épisode, en présence de Jean-Luc Reichmann. A noter d’autres invités : l’acteur interprétant Matthis, l’enfant faisant l’objet de la première enquête de Matteï, Pascal Légitimus et des membres d’une vraie brigade de protection des mineurs avec laquelle Reichmann s’est préparé (si j’ai bien suivi…). L’épisode entraîne Matteï sur le cas du jeune Matthis, victime d’un empoisonnement. Qui des parents, de la baby sitter ou des cambrioleurs qui commettaient leur forfait quand Mathis a manifesté les symptômes de l’empoisonnement alors qu’ils commettaient leur forfait est le coupable ?


Quid de cet épisode ? Il s’en sort avec les honneurs. Il est bien, vraiment. L’enquête est prenante, bien ficelée (quoique personnellement, j’avais songé à l’hypothèse du syndrome quand on apprend l’information sur le premier enfant, mais aussi grâce au souvenir d’un téléfilm US, j’étais fière !), il y a du rythme, de l’humour. Les acteurs ont fait du bon travail. Jean-Luc Reichmann s’en sort plutôt pas mal dans ce rôle dramatique de flic. Son personnage a un côté docteur House dans sa façon d’entrer chez les gens pour fouiller leur appartement à la recherche d’indices, sa préférence pour les déplacements à moto, son art d’interrompre ses collègues pour tester une hypothèse qu’il finit par valider lui-même. Il suffit juste de passer outre les prestations de Reichmann dans des registres bien plus légers et on l’accepte (qu’on aime ou pas, c’est une autre question). Après tout, pourquoi ne pas lui accorder le bénéfice du doute pour ce défi ? J’étais dubitative au début, mais me suis laissée prendre au jeu, pour voir. Le seul hic, c’est qu’on a parfois l’impression que Reichmann force un peu le trait : quand il parle de cette voix grave, on dirait qu’il essaie de paraître le plus sérieux possible et donc garde une voix grave. En définitive, ça manquerait presque de naturel. Ses deux subordonnés sont assez sympathiques, il règne un jeu du chat et de la souris bon enfant entre eux (néanmoins, attention à ce que cela ne devienne pas lourd).
Léo Matteï est un cop show avec du potentiel. On pourrait même lui envisager une intrigue sur le moyen/long terme, tournant autour des raisons qui ont poussé Matteï à rejoindre la brigade des mineurs (du style drame et le flic finit par se lancer dans une quête personnelle), en parallèle des enquêtes.


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Avant et après la projection, Jean Luc Reichmann est venu échanger avec le public. Léo Matteï est un projet personnel sur lequel il travaille depuis deux ans et dont il a eu l’idée avec Nathalie Lecoultre, sa compagne. Ils souhaitaient une fiction permettant la création et le maintien du lien, des échanges au quotidien entre les générations, à l’ère des nouvelles technologies et nouveaux usages : portables, tablettes, multi-écrans, réseaux sociaux… (Reichmann a même avoué en être au niveau 97 de Candy Crush) La notion de contact entre les générations est l’idée centrale qui a guidé ce projet : même si on n’est pas à proximité les uns des autres (notamment parce qu’on est obnubilé par sa tablette, ses échanges sur le net, son portable…), on est toujours là les uns pour les autres, quoi qu’il arrive.

Après avoir soumis ce projet à TF1, Reichmann et Lecoultre ont fait appel à LGM pour concrétiser l’idée. Ils ont aussi travaillé avec Yann Le Gal, auteur, pour mettre au point cette fiction, en respectant la contrainte suivante : que les histoires ne soient pas violentes, trash, qu’elles soient tout public pour que les adolescents puissent en parler entre eux après.

Les membres de la réelle brigade de protection des mineurs ont nourri cet échange de leurs remarques : une a remercié l’équipe de la série pour avoir traité le syndrome mis en lumière dans le pilote et de son aspect psychologique car il est peu abordé médiatiquement ; un autre a qualifié avec humour la perquisition de « perquisition mexicaine » ; et tous se sont accordés pour réprimander avec le sourire la tendance de Matteï à jouer avec la légalité pour mener ses enquêtes, mais bon, comme c’est de la fiction, on le lui pardonnera de bon coeur.

Un spectateur a demandé combien d’épisodes compte Léo Matteï. La fiction n’en compte pour l’instant que deux, le deuxième étant centré sur la fugue de trois adolescents (on finit par n’en retrouver que deux). La suite dépendra des résultats. Je dois dire que deux épisodes pour une première saison, c’est trop peu, voire ridicule. Autant faire un téléfilm en deux parties. Ou alors faire une saison digne de ce nom, avec au moins six épisodes (parce qu’une série avec une saison de deux épisodes n’est pas une série^^), histoire de pouvoir poser des bases plus solides d’un univers et, pour le téléspectateur, de se faire sa propre idée sur plus de matière. A part ce dernier détail, je vous encourage à essayer Léo Matteï, dans la soirée du 12 décembre sur TF1 (comme l’a fait remarquer une spectatrice, 12 décembre comme les 12 coups de Jean-Luc^^). En attendant, vous pouvez parcourir les photos de l’avant-première dans la galerie.

 

Et vous, qu’en avez-vous/qu’en penserez-vous ?

 

Sériecalement vôtre,
VK

3 mai 2012

COLD CASE, EPISODE 7*14, "METAMORPHOSIS"

Ce que j'en ai pensé...


Episode diffusé en France le lundi le 30 Avril 2012

 


Cette fois-ci, Lilly Rush s'octroyait une petite plongée dans le monde fermé du cirque pour enquêter sur la mort, survenue dans les années 70, d'une étoile montante du chapiteau, Mia. Celle-ci avait été déclarée morte à la suite d'une chute alors qu'elle s'apprêtait à effectuer son numéro, Métamorphose, perchée à plusieurs mètres du sol et retenue par des draps de soie.


L'enquête était intéressante et agréable à suivre. Cold Case s'invitait dans un univers peu exploité à la télévision et qui émerveille les petits de 7 à 77 ans. L'épisode du 30 Avril présentait des personnages atypiques: une lanceuse de couteaux faisant du charme à Nick, un patron de cirque de taille modeste et son acolyte à la carrure bien plus imposante, jouant la comédie à la perfection. D'ailleurs, j'ai été surprise par l'identité de l'assassin. Globalement, j'ai apprécié l'investigation.


cold case 2


Maintenant, passons au hors enquête. Alors que l'affaire m'avait plue, l'intrigue sur Lilly Rush et Moe Kitchener (en photo ci-dessus) m'a, à l'inverse, rendue moins enthousiaste. Elle a été traitée d'une façon bien trop rapide et frustrante. Rappelons tout d'abord la relation entre Lilly et Moe avant de nous étaler sur l'épisode du lundi soir. Dans le final en deux parties de la saison 6, Lilly et ses coéquipiers avaient du se pencher sur la mort d'une cadette de l'école militaire de Pennsylvanie. Cette jeune femme, Kate Butler, avait été la première fille à intégrer cette école militaire. Evidemment, son passage dans l'académie s'était accompagné de jalousie de la part de ses camarades masculins, d'autant plus qu'elle faisait partie des meilleurs cadets. Moe, quant à lui, était un des responsables de cette école. Lilly découvrait ensuite la vérité: un camarade de Kate, dans un accès de colère mêlé à la jalousie l'avait assommée, en provoquant son décès par la même occasion. Il avait ensuite avoué son geste à l'officier Moe qui, pour ne pas ternir la réputation de l'institution, avait caché le corps de la victime et l'arme du crime dans une cantine avant d'enterrer le tout dans un cimetière, se rendant ainsi complice. Au cours de l'enquête, Moe avait suivi la voiture de Lilly et l'avait poussée dans le fleuve. Heureusement pour Lilly, elle avait survécu à cet accident.


La saison 7 s'intéressait donc aux conséquences de cette tentative de meurtre sur Rush. Le début voyait une Lilly révoltée quand le juge fit relâcher Moe contre caution, malgré les preuves flagrantes. La justice n'avait nullement été rendue à Lilly qui développa rapidement une obsession malsaine pour Kitchener. Par malsaine, comprenez qu'au fur et à mesure que les épisodes se suivaient, les scénaristes nous montraient une Lilly épiant les moindres faits et gestes de Moe. Elle manigançait pour l'empêcher d'avoir un prêt ou quelque chose de cet ordre, puis elle l'observait en train de boire dans un bar et appelait la police pour signaler une future conduite en état d'ivresse, puisque Moe, en effet, s'apprêtait à prendre sa voiture alors qu'il n'était pas vraiment en état. De courts extraits sur une Lilly cherchant presqu'à provoquer Moe, à saisir le moindre écart de conduite pour lui nuire avaient été distillés au début de la saison 7, sur plusieurs épisodes. Oui, Lilly voulait détruire Moe, parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi il était en liberté après tout ce qu'il avait fait. Il n'était pas question de lui rendre la vie facile. Une Lilly trahie par la justice qu'elle rendait tous les jours aux victimes, institution qui, aujourd'hui, la laissait tomber. Une Lilly obsédée par Moe et qui, à force de le suivre, s'engageait sur un terrain dangereux. Moe avait entretemps porté plainte contre elle, mais elle continuait ce jeu qui pouvait lui coûter sa carrière, et apparemment, c’était le cadet de ses soucis face à cette injustice.


Pendant plusieurs épisodes, on avait pu suivre les tourments de Lilly, tourments qui prirent fin dans l'épisode 13, sur le jeune taggueur. La scène finale offrait une vision effrayante: Moe, assis dans sa voiture, la tête ensanglantée sur le volant, mort. Il avait été tout simplement abattu. Et là, on était angoissé. Lilly était-elle passée à cet acte irréversible qui la conduirait en prison ? On se doutait bien que non, sinon la série n’aurait plus eu de sens. Mais il était toujours intéressant de voir comment Lilly allait vivre et se sortir de cette grave situation. C'est alors que la vérité éclatait dans l'épisode du 30 Avril. Une affaire traitée à la va-vite, pas assez exploitée comme l'avait été ce jeu du chat et de la souris entre Lilly et Moe depuis le premier épisode de la saison 7. Alors que ce duel s'était étalé sur plusieurs épisodes, pour insister sur l'état d'esprit de Lilly et la satisfaction de Moe à la pousser dans ses retranchements (à noter l’impeccable interprétation de Daniel Baldwin en Moe : les regards, les sourires provocateurs, tout y est), sa conclusion n'avait droit qu'à 3-4 scènes dans le volet « Metamorphosis ». Autrement dit, on en ressortait avec un profond sentiment d'inachevé.


On avait l'impression que Cold Case avait fini par s'ennuyer de cette histoire et s'était dépêchée d'y trouver une fin pour s'en débarrasser et passer à autre chose. J'aurais nettement souhaité que cette affaire se conclue en au moins deux épisodes au lieu d'un, afin de rester dans la continuité de la durée de l'installation de cette intrigue. Or ici, on voit un Moe mort, une Lilly choquée par la nouvelle, un interrogatoire de Lilly par les inspecteurs chargés de l'enquête et finalement, l'aveu du père de Kate qui se trouve être le véritable assassin. Alors me direz-vous, au lieu de critiquer sans cesse, qu'est-ce qu'on aurait pu faire? Une question bien naturelle, je vous l'accorde. Avant de commencer ma réponse, faisons une parenthèse sur la loyauté de Scotty Valens envers Lilly. Le jeune inspecteur n'hésite pas une seule seconde à lui offrir un alibi (il était « passé » chez elle pour lui remettre un dossier), sans même lui poser de questions. Bien sûr, l'alibi est caduque, dans la mesure où il ne peut prouver la présence de Lilly chez elle au moment du meurtre. C'est la situation délicate où Lilly était seule à son domicile, mais personne, à part ses chats, ne peut le confirmer. Or les chats ne sont malheureusement pas doués de la faculté de parler... Donc comment aurait-on pu faire durer cette conclusion sur deux épisodes ? On aurait pu terminer le volet du 30 Avril sur un Stillman et les inspecteurs chargés de lever le voile sur la mort de Moe annoncer à Lilly qu'elle était suspendue, parce qu'ils avaient découvert que celle-ci avait menti sur son alibi (cf. la visite de Scotty chez elle). Ainsi, non seulement ce faux témoignage aggravait la situation de Lilly et la rendait encore plus suspecte, mais également mettait Scotty en danger pour sa participation à ce mensonge. Dans l'épisode d'après, Lilly aurait été cuisinée par les affaires internes, ainsi que Scotty (il aurait même pu être accusé de complicité). La presse aurait eu vent de l'affaire, puis publié un article, du genre « un inspecteur de police impliqué dans le meurtre d'un officier de l'armée ». Le père de Kate, Hank, aurait lu l'article et c'est à la suite de cette lecture qu'il se serait livré et aurait révélé la vérité. A la fin, Lilly et Scotty auraient été blanchis avec, cependant, un avertissement. Oui, ce serait injuste qu'ils s'en sortent sans rien alors qu'ils ont commis une grave erreur. Je n'aime pas quand on pardonne tout et n'importe quoi aux héros : il faut savoir assumer les conséquences de ses actes. On ne peut pas tout se permettre, même pour la bonne cause. Cela aurait pu tenir sur quelques scènes partagées entre deux épisodes se juxtaposant, tandis que le reste de l’équipe se penchait sur une ancienne affaire. Ou alors, deuxième proposition : on aurait pu, à la suite du quatorzième volet, consacrer le suivant sur la résolution du meurtre, en reprenant les codes de Cold Case, et développer l’histoire. Par flashbacks, Lilly et Hank Butler auraient été suspectés, mais les enquêteurs auraient découvert qu’une autre personne avait elle aussi des comptes à régler avec Moe, et aurait pris des mesures draconiennes pour mettre fin à ce différent. L’espionnage de Lilly n’aurait été qu’une pure coïncidence. Les enquêteurs auraient pu rester sur leur position (Lilly est la coupable), et ce seraient les collègues de la jeune femme qui auraient étudié les autres pistes en solo pour découvrir le fin mot de l’histoire, avec un arc narratif habituel de la série. Ce n'est pas tant la nature de la conclusion que je remets en question, mais plutôt son dosage dans les épisodes. Quand vous regardez, par exemple, six épisodes dans lesquels on vous présente une intrigue secondaire centrée sur un personnage, et que la fin de l'histoire ne dure qu'un épisode, vous en ressortez forcément un peu déçu, parce que vous auriez préféré une fin moins rapide, moins abrupte. C'est en tout cas mon opinion. Evidemment, il ne s'agit pas non plus de faire traîner les choses sur vingt chapitres, mais de rester logique dans la durée de l'introduction, l'élément déclencheur, les péripéties et la fin.

 

cold case 3


Mis à part cette affaire Moe, j'ai apprécié la relation entre Scotty et Lilly. Scotty lui apporte son soutien indéfectible alors qu'il serait parfaitement en droit de se poser des questions sur l'implication de Lilly dans le meurtre. Mais il est difficile d'imaginer la personne avec laquelle vous faites équipe depuis tant d'années pour rendre justice aux victimes oubliées devenir tout d'un coup un meurtrier. Scotty est présent pour Lilly alors que lui-même doit faire face à un drame ayant touché sa mère. Et Lilly, elle, accepte d'aider Scotty le jour où il aura besoin d'elle. La scène dans laquelle ils se confient l’un à l’autre autour d’une bière est d’une force et d’une tendresse qui prouvent leur profonde et sincère amitié. De même qu’ils se soucient l’un de l’autre, ils n’en oublient pas leurs coéquipiers et sont là pour eux, comme Scotty qui est venu chercher Nick dans un bar alors que ce dernier était dans un piteux état.

 

 

Conclusion :

Mes + : Un Cold Case dans l'univers du cirque/ La relation entre Lilly et Scotty/ Scotty buvant sa bière avec son blouson et son sweat à capuche
Mes - : Un meurtre de Moe trop vite élucidé

 


Sériecalement Vôtre,
VK

11 juillet 2014

REAL HUMANS, SAISON 2

 

Je ne vais pas mentir : quand bien même cette série est fascinante, originale, de très bonne qualité visuelle, j’ai préféré la saison 1 à la saison 2. Je ressors de cette dernière avec un étrange sentiment. Effet de lassitude ? Je ne pense pas car on en est qu’à la saison 2. Enthousiasme évaporé comme un ballon qui se dégonfle ? Non plus, car j’ai vraiment envie qu’il y ait une saison 3. Alors qu’est-ce qui m’est arrivée ? Je pencherai plutôt pour une sensation de surdose à certains moments au cours de cette saison. Le challenge avec cette série, et c’est d’ailleurs l’un des éléments qui fait son charme, est la vaste étendue des thèmes que l’on peut aborder. C’est à la fois une opportunité et une menace.

 

J’ai eu la sensation que l’on parlait de beaucoup de choses dans cette saison 2 alors que l’on s’en tenait à moins d’arcs narratifs dans la première où, finalement, il y avait plusieurs lignes mais elles convergeaient vers un même point : le code. Avant d’atteindre ce point, elles poursuivaient leur propre trajectoire sans qu’il y ait trop de déviations. La recherche du code est toujours d’actualité dans la saison 2, mais il s’accompagne d’un foisonnement de situations qui m’a déstabilisée par instants. Ceci est une impression, je n’ai pas cherché à la confirmer ou l’infirmer avec des preuves concrètes. Je peux avoir tort. C’est juste que c’est ce que j’ai ressenti à la fin du dernier épisode et que je ressens encore aujourd’hui, donc je me dis que ça doit bien vouloir signifier quelque chose…

 

real humans 2

 

Je ne remets pas en cause les questions de société soulevées par Real Humans, intelligentes. Les hubots sont une source incroyable pour poser de telles interrogations. On est allé plus loin dans cette seconde salve d’épisodes. On a mis en parallèle le désir de certains hommes à accéder à une sorte d’immortalité, à ressembler aux hubots et le désir de certains hubots à vivre comme des êtres humains. Florentine en est le parfait exemple. Figure de la peste dans la saison 1, elle n’en est devenue que plus attachante dans la 2 par son humanité, son souhait si simple de vivre heureuse avec une famille. Hélas, être un humain fait aussi mal. On s’en prend plein la tronche au moment où tout va pour le mieux, à cause d’une injustice, à cause aussi de l’hypocrisie d’autres humains, à cause d’un enchainement de circonstances dont on perd la logique.

De l’autre côté, des humains essaient de prolonger leur passage sur terre via une machine, comme Lennart et Jonas. Etre immortel est-il aussi bien que cela ? Peut-on vraiment retrouver toutes les facettes d’une personne dans une machine, aussi sophistiquée soit-elle ? N’est-ce pas une forme d’individualisme, de mégalomanie que penser que « moi » je peux transcender le temps et l’espace ? Et psychologiquement, quelles conséquences peuvent avoir ce procédé sur nos proches, toujours en vie ? Personnellement, j’aurais un peu du mal à converser avec le clone robotique d’un proche défunt, c’en serait même malsain : on pourrait se couper du monde, vivre dans une bulle et oublier que par essence, on vit et on meurt, c’est tout à fait dans l’ordre des choses.

 

real humans 3

 

La saison 2 pose également la question de la responsabilité de l’homme dans ses créations et la perte de l’humanité, du lien qui unit les êtres humains. Le groupe des jeunes Real Humans illustre parfaitement ce point. Au-delà de la présentation qui peut être caricaturale du groupe réactionnaire, radicale qui en est fait (les chemises colorées, les bretelles et les expéditions punitives), ce groupe de jeunes défend des idées pleine de sens. Les hommes ont créé les hubots à leur image (une autre preuve de mégalomanie ?) : c’est extraordinaire, ces robots vont pouvoir faire beaucoup de choses à la place des hommes. Cependant : quid de l’après ? Comment gérer cette cohabitation hubots/hommes ? Cohabitation qui va forcément faire naître des tensions, la haine des hommes face à ces machines qu’ils ont créé eux-mêmes. Les notions d’amour, d’amitié, de partage, d’entraide, d’altruisme tombent sous la menace et peuvent se perdre à la faveur de la technologie et de la recherche de la performance. On conçoit des hubots pour se délester des tâches ingrates (le ménage), faciliter et accélérer la production (dans les usines), mais ne finit-on pas par ne plus se soucier des hommes, par tuer la capacité des hommes à se surpasser/se construire dans l’effort ? Les hubots les remplacent dans les usines et également dans les bureaux. Comme Mimi dans le cabinet de Claes : elle accomplit des tâches que des heures de brainstorming entre collègues auraient nécessité. Alors oui, c’est génial, le problème est rapidement réglé, mais on prive ces collègues de ce labeur commun et d’une satisfaction intellectuelle (et personnelle) d’être venus ensemble à bout d’une difficulté. Il y a aussi la jalousie face à cette menace d’hubot performant qui devient un substitut de l’employé moins rapide, moins performant et plus cher !

Cette disparition du liant se voit dans l’histoire de la mère de David Eisher et son hubot aide à domicile, le compère de Bea et Roger de la saison 1 l’ayant déjà souligné. On finit par confier des personnes, des êtres chers à des robots : on ne s’en occupe plus, ils deviennent des charges auxquelles il faut trouver une solution. Je ne nie pas qu’il est difficile de s’occuper de parents âgés quand on doit soi-même nourrir ses propres enfants. Je m’intéresse à la désolidarisation qui en résulte. En poussant jusqu’à l’extrême, l’homme devient lui-même qu’une simple pièce qu’on peut remplacer par un robot et il ne serait pas étonnant que cette avancée technologique provoque un conflit.

Aussi, quid du recyclage des éléments des machines cassées ? En creusant plus loin, on arrive à la question de l’environnement.
Le progrès a du bon, c’est vrai, toutefois, il faut faire preuve de prudence.

 

real humans 2

 

A côté de tous ces sujets riches, il y a eu quelques longueurs et raccourcis (à l’origine de mon ressenti sur cette saison) :  la rébellion de Rick qui s’éternisait ; l’histoire de Mimi et son modèle humain coréen qui sortait de nulle part, histoire de jouer un petit rôle dans le procès de Florentine (j’aurais préféré qu’on prouve son humanité avec d’autres faits) ; le retour inattendu et inutile du type des services secrets que j’avais définitivement enterré depuis longtemps. Entre tout cela et les différentes histoires : le grand-père, Florentine et Douglas ; Mimi juriste ; les hubies ; le hub battle land ; Bea ; Jonas, son projet fou et sa mère ; les jeunes du Real Humans club ; le virus ; il y en avait peut-être un tout petit peu trop pour moi. Peut-être que la saison 1 avait un côté plus thriller et jetait les bases de la série, par conséquent, on devait se contenir dans le nombre de développements. Une fois l’univers installé, la saison 2 permettait de se lâcher, d’où un tourbillon d’évènements, dont plus de violence de la part des hubots en révolte (le passage de Gordon d’ange à extrémiste, quel choc !) et des humains (les jeunes Real Humans). Il faudrait canaliser tout cela dans la saison 3 : se focaliser davantage sur Bea et son groupe de robots libérés qui ne va sûrement pas plaire à Conny et la résolution de ce problème de virus (que je pensais voir avancé dès la saison 2, mais bon…). En tout cas, je ne peux pas enlever à cette seconde saison le fait qu’elle bougeait.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Sériecalement vôtre,
VK

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